QCM : Droit du numérique et plateformes (45 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Une plateforme personnalise fortement les fils d’actualité d’une utilisatrice. Quel effet démocratique peut résulter de ce profilage ?

Il peut porter atteinte à la confidentialité, sans affecter la confrontation des opinions.
Il peut multiplier les confrontations aux opinions divergentes et renforcer le débat démocratique.
Il peut améliorer la qualité du débat démocratique en neutralisant les opinions opposées.
Il peut réduire la confrontation aux opinions divergentes et altérer le débat démocratique.

Il peut réduire la confrontation aux opinions divergentes et altérer le débat démocratique.

Explication

En enfermant l’usager dans une bulle de filtres, le profilage peut réduire l’exposition aux opinions divergentes et nuire au débat démocratique. L’amplification des opinions divergentes inverse l’effet décrit, l’amélioration garantie du débat lui est contraire, et la seule confidentialité omet les conséquences civiques.

2. Quelle date correspond à l’adoption de la directive 95/46/CE sur la protection des données personnelles ?

Le 19 octobre 2022.
Le 24 octobre 1995.
Le 25 mai 2018.
Le 27 avril 2016.

Le 24 octobre 1995.

Explication

La directive 95/46/CE a été adoptée le 24 octobre 1995. Le 27 avril 2016 est la date d’adoption du RGPD, le 25 mai 2018 son début d’application directe, et le 19 octobre 2022 celle de l’adoption des règlements DSA et DMA.

3. Un État membre estime qu’une loi nationale de transposition est nécessaire pour rendre le RGPD applicable. Quel principe s’applique ?

Le RGPD s’applique directement, sans loi nationale de transposition.
Le RGPD s’applique après une décision distincte de chaque État.
Le RGPD exige une loi nationale qui transpose ses dispositions.
Le RGPD fixe des objectifs que chaque État reprend dans son droit.

Le RGPD s’applique directement, sans loi nationale de transposition.

Explication

En tant que règlement européen, le RGPD est directement applicable dans les États membres sans loi de transposition, ce qui favorise l’uniformité des droits fondamentaux. La transposition concerne la logique d’une directive, tandis que l’application après décision nationale méconnaît le caractère direct du règlement.

4. Un service en ligne choisit et organise les articles affichés sous sa ligne éditoriale, tandis qu’un autre met à disposition un espace de stockage pour les contenus publiés par ses utilisateurs. Quelle qualification distingue correctement leurs rôles ?

Les deux sont éditeurs, puisqu’ils rendent des contenus accessibles.
Les deux sont hébergeurs, puisqu’ils utilisent une infrastructure technique.
Le premier est hébergeur, le second éditeur.
Le premier est éditeur, le second hébergeur.

Le premier est éditeur, le second hébergeur.

Explication

L’éditeur crée, sélectionne ou orchestre les contenus sous sa maîtrise éditoriale, tandis que l’hébergeur assure le stockage technique passif et neutre de contenus publiés par des tiers. Qualifier le premier d’hébergeur confond maîtrise et stockage; qualifier le second d’éditeur lui attribue une sélection éditoriale absente; les fonctions techniques ne suffisent pas à rendre les deux rôles identiques.

5. Quelles dispositions garantissent notamment la vie privée et la protection des données personnelles ?

L’article 114 du TFUE et les articles 7 et 8 de la Charte de l’Union européenne.
L’article 11 de la Charte de l’Union européenne et l’article 9 du Code civil.
L’article 9 du Code civil et les articles 7 et 8 de la Charte de l’Union européenne.
La directive européenne sur le secret des affaires et l’article 11 de la Charte.

L’article 9 du Code civil et les articles 7 et 8 de la Charte de l’Union européenne.

Explication

La vie privée et la protection des données personnelles sont garanties notamment par l’article 9 du Code civil et les articles 7 et 8 de la Charte de l’Union européenne. L’article 11 concerne la liberté d’expression et l’information; le secret des affaires et l’article 114 du TFUE répondent à d’autres objets.

6. Une personne constate qu’une donnée personnelle la concernant est inexacte et souhaite aussi la faire transférer à un autre service. Quels droits correspondent à ces demandes ?

L’accès et l’effacement.
La rectification et la portabilité.
L’opposition et la rectification.
L’effacement et l’opposition.

La rectification et la portabilité.

Explication

La rectification permet de corriger une donnée inexacte et la portabilité de la transférer. L’effacement vise la suppression, l’opposition concerne le traitement, et l’accès permet de consulter les données plutôt que de les corriger ou de les transférer.

7. Pour lutter contre la cybercriminalité, une autorité conserve des données de connexion, puis propose d’étendre cette mesure à toute la population sans distinction. Quelle appréciation respecte l’équilibre entre sécurité et droits fondamentaux ?

La conservation ciblée équivaut à une surveillance massive et indifférenciée.
La conservation est interdite, tandis que l’extension massive peut être justifiée.
La conservation peut être justifiée, mais l’extension massive et indifférenciée ne l’est pas.
La conservation et son extension massive sont justifiées par l’objectif de sécurité.

La conservation peut être justifiée, mais l’extension massive et indifférenciée ne l’est pas.

Explication

La sécurité nationale et la lutte contre la cybercriminalité peuvent justifier la conservation de données de connexion, sans autoriser une surveillance massive, aveugle et indifférenciée. Considérer que l’objectif de sécurité justifie toute extension confond conservation et surveillance généralisée; interdire toute conservation écarte la justification prévue; assimiler une mesure ciblée à une mesure massive confond leur portée.

8. Quelle typologie décrit les grandes catégories de plateformes numériques ?

Intermédiation commerciale et commerce électronique, services et économie collaborative, biens communs et savoirs partagés
Commerce électronique, réseaux sociaux et moteurs de recherche, autorités de contrôle
Intermédiation commerciale, services publics numériques et protection des données
Économie collaborative, publicité ciblée et hébergement de contenus

Intermédiation commerciale et commerce électronique, services et économie collaborative, biens communs et savoirs partagés

Explication

Les plateformes comprennent notamment l’intermédiation commerciale et le commerce électronique, les services et l’économie collaborative, ainsi que les biens communs et les savoirs partagés. Les autorités de contrôle relèvent de l’action publique, tandis que la publicité ciblée décrit un modèle économique.

9. Une entreprise met professionnellement en relation des vendeurs tiers et des acheteurs en ligne afin qu’ils concluent des ventes. Quelle qualification correspond à la définition juridique d’une plateforme numérique ?

Une personne physique ou morale proposant professionnellement un service en ligne de mise en relation pour une vente
Un prestataire technique qui stocke les contenus transmis par les utilisateurs
Un vendeur professionnel qui commercialise ses propres biens sur Internet
Une autorité publique qui contrôle les échanges et protège les consommateurs

Une personne physique ou morale proposant professionnellement un service en ligne de mise en relation pour une vente

Explication

La définition englobe une personne physique ou morale qui propose professionnellement un service en ligne mettant des parties en relation en vue d’une vente. Le vendeur de ses propres biens n’est pas défini par cette mise en relation, et le stockage technique relève de l’hébergement.

10. Un moteur de recherche propose gratuitement son service et tire ses revenus de la publicité fondée sur l’exploitation des données personnelles. Quel modèle économique applique-t-il ?

La fourniture gratuite du service financée par l’exploitation publicitaire des données personnelles
La facturation directe de l’accès au service aux personnes qui effectuent une recherche
Le financement du service par des contributions publiques liées à la protection des données
La perception d’une commission sur chaque transaction réalisée entre vendeurs et acheteurs

La fourniture gratuite du service financée par l’exploitation publicitaire des données personnelles

Explication

Les réseaux sociaux et moteurs de recherche proposent des services gratuits financés par l’exploitation publicitaire des données personnelles. Les commissions sur les transactions caractérisent plutôt les plateformes de commerce électronique.

11. Une autorité examine les pratiques d’un service numérique, réalise un audit sur place et peut lui adresser une injonction ou une sanction financière pour protéger les données personnelles. De quelle autorité s’agit-il ?

Le Conseil national du numérique
Le ministère chargé de l’économie numérique
La Commission nationale de l’informatique et des libertés
Une juridiction civile spécialisée dans les données

La Commission nationale de l’informatique et des libertés

Explication

La CNIL veille à la vie privée et à la protection des données, notamment par des audits sur place, des injonctions et des sanctions financières. Le Conseil national du numérique a un rôle consultatif, et une juridiction ne désigne pas cette autorité indépendante.

12. Une personne morale choisit les contenus publiés sur son service en ligne et en organise la diffusion par un contrôle préalable. Quel statut décrit cette activité ?

Celui d’éditeur en ligne
Celui d’hébergeur technique
Celui d’autorité administrative indépendante
Celui de plateforme d’intermédiation commerciale

Celui d’éditeur en ligne

Explication

L’éditeur en ligne choisit les contenus diffusés et exerce un contrôle préalable ou une maîtrise structurante sur leur publication. Le stockage neutre relève de l’hébergeur, tandis que l’intermédiation et la régulation correspondent à d’autres fonctions.

13. Un prestataire stocke directement et durablement des images fournies par les utilisateurs, sans intervenir dans leur contenu. Quel rôle remplit-il ?

Celui de directeur de publication
Celui d’hébergeur
Celui d’éditeur en ligne
Celui d’intermédiaire commercial

Celui d’hébergeur

Explication

L’hébergeur est un prestataire technique qui stocke directement, de manière permanente et neutre, les contenus fournis par les utilisateurs. La sélection ou la maîtrise de ces contenus caractérise l’éditeur, et non le simple stockage.

14. À quelle date l’article 6-I-2 de la LCEN a-t-il transposé le régime d’exonération conditionnelle de responsabilité des hébergeurs ?

Le 21 juin 2004
Le 29 juillet 1881
Le 19 octobre 2022
Le 6 janvier 1978

Le 21 juin 2004

Explication

Le 21 juin 2004, l’article 6-I-2 de la LCEN a transposé le régime d’exonération conditionnelle de responsabilité des hébergeurs. Les autres dates renvoient notamment à la loi sur la presse, au règlement européen sur les services numériques et à la loi instituant la CNIL.

15. Un blogueur non professionnel veut que ses nom, prénom et domicile ne soient pas accessibles au public. Quelle démarche doit-il respecter vis-à-vis de son hébergeur ?

Rendre publics son état civil et ses coordonnées sur le site
Lui transmettre exactement son état civil et ses coordonnées téléphoniques et postales
Lui communiquer un pseudonyme sans autre renseignement personnel
Lui transmettre ses coordonnées téléphoniques, sans son état civil ni son adresse postale

Lui transmettre exactement son état civil et ses coordonnées téléphoniques et postales

Explication

L’éditeur non professionnel peut dissimuler au public son nom, son prénom et son domicile, mais il doit transmettre exactement ses données d’état civil et ses coordonnées téléphoniques et postales à l’hébergeur. La confidentialité à l’égard du public ne signifie donc pas l’anonymat auprès de celui-ci.

16. Quel critère permet à une œuvre numérique d’être protégée par le droit d’auteur au titre de son originalité ?

La forme binaire de la création, indépendamment des choix de l’auteur
L’empreinte de la personnalité de l’auteur dans des choix créatifs libres
Le mérite artistique de l’œuvre et son utilité pour le public
La nouveauté technique de la création, même sans choix créatifs

L’empreinte de la personnalité de l’auteur dans des choix créatifs libres

Explication

L’originalité exige que l’œuvre porte l’empreinte de la personnalité de son auteur à travers des choix créatifs libres et arbitraires. La nouveauté technique ne suffit pas, le mérite ou l’utilité ne constituent pas le critère, et la forme binaire caractérise le support numérique plutôt que l’originalité.

17. Une développeuse conçoit une solution technique nouvelle, mais ne fait aucun choix créatif personnel dans son expression. La nouveauté technique suffit-elle à protéger cette création par le droit d’auteur ?

Oui, car toute innovation technique constitue une œuvre originale
Non, car le droit d’auteur dépend de la destination commerciale
Oui, dès lors que la solution présente un mérite technique reconnu
Non, car la nouveauté technique ne remplace pas l’empreinte personnelle

Non, car la nouveauté technique ne remplace pas l’empreinte personnelle

Explication

La protection par le droit d’auteur exige l’empreinte de la personnalité de l’auteur ; une nouveauté technique ne suffit donc pas. L’innovation technique ne vaut pas automatiquement originalité, le mérite technique n’est pas déterminant et la destination commerciale n’est pas le critère.

18. Un tribunal examine une création de faible mérite esthétique, conçue pour une destination commerciale et exprimée sous une forme inhabituelle. Quel principe de l’article L. 112-1 du CPI doit-il appliquer pour déterminer si elle entre dans le champ des créations protégées ?

La protection vise les créations de l’esprit quels que soient leur genre, leur forme, leur mérite ou leur destination
La protection dépend du genre de l’œuvre et de son appréciation artistique
La protection concerne les formes d’expression habituelles et les créations utiles
La protection dépend du mérite esthétique et de la destination non commerciale

La protection vise les créations de l’esprit quels que soient leur genre, leur forme, leur mérite ou leur destination

Explication

L’article L. 112-1 du CPI couvre les créations de l’esprit sans distinction de genre, de forme d’expression, de mérite ou de destination. Faire du mérite esthétique une condition, écarter une forme inhabituelle ou exclure une destination commerciale contredit ce principe.

19. Un photographe enregistre une œuvre sur un support afin qu’elle puisse être communiquée indirectement au public. Quel droit patrimonial cette fixation met-elle en jeu ?

Le critère d’originalité
Le droit de représentation
Le droit de reproduction
Le droit de communication directe

Le droit de reproduction

Explication

Le droit de reproduction porte sur la fixation matérielle de l’œuvre par un procédé permettant sa communication indirecte au public. La communication directe relève du droit de représentation, l’originalité est un critère de protection et la diffusion n’est pas ici le fait déterminant.

20. Une plateforme diffuse une œuvre en direct à son public, sans que la situation porte sur la fixation de copies sur un support. Quel droit patrimonial est principalement concerné ?

Le droit de stockage numérique
Le droit de fixation matérielle
Le droit de reproduction
Le droit de représentation

Le droit de représentation

Explication

Le droit de représentation concerne la communication directe de l’œuvre au public par un procédé quelconque. La reproduction vise une fixation permettant une communication indirecte, tandis que la fixation et le stockage décrivent des actes de copie plutôt que la diffusion directe.

21. Quelle caractéristique décrit les licences Creative Commons ?

Des cessions payantes transférant définitivement les droits de l’auteur à un utilisateur
Des autorisations négociées séparément pour chaque réutilisation d’une création
Des contrats-types imposant une règle identique à toutes les créations réutilisées
Des contrats-types autorisant à l’avance la réutilisation gratuite selon plusieurs options modulables

Des contrats-types autorisant à l’avance la réutilisation gratuite selon plusieurs options modulables

Explication

Les licences Creative Commons sont des contrats-types de droit privé par lesquels l’auteur autorise par avance la réutilisation gratuite de sa création en combinant des options modulables. La cession payante évoque un transfert de droits, la négociation individuelle est précisément évitée et les options ne sont pas toutes identiques.

22. Une photographe autorise la réutilisation de son image à des fins commerciales, mais interdit toute retouche ou adaptation. Quelle option Creative Commons correspond à cette interdiction ?

SA
ND
NC
BY

ND

Explication

ND interdit de modifier, transformer ou adapter l’œuvre. BY impose l’attribution de la paternité, NC interdit l’exploitation commerciale et SA exige une licence identique pour les créations dérivées.

23. Un service en ligne fixe les règles applicables à son accès, à son fonctionnement et aux responsabilités des utilisateurs. De quel ensemble de stipulations s’agit-il ?

Une fonctionnalité de résiliation en ligne
Un consentement éclairé au traitement
Une procédure de double clic
Des conditions générales d’utilisation

Des conditions générales d’utilisation

Explication

Les CGU fixent unilatéralement les règles d’accès, de fonctionnement et de responsabilité applicables à un service en ligne. Le consentement éclairé porte sur l’acceptation d’un traitement ou d’un contrat, le double clic concerne la commande et la résiliation en ligne met fin à un abonnement.

24. Lors de son inscription, une plateforme présente ses CGU dans une langue claire et compréhensible, mais ne demande à l’utilisateur aucune acceptation expresse. Les CGU peuvent-elles être opposées à cet utilisateur ?

Non, car les CGU doivent être négociées individuellement
Non, car l’acceptation expresse lors de l’inscription manque
Oui, car toute inscription vaut acceptation expresse des clauses
Oui, car la présentation claire des clauses suffit

Non, car l’acceptation expresse lors de l’inscription manque

Explication

Pour être opposables, les CGU doivent être claires, accessibles et compréhensibles, et faire l’objet d’une acceptation expresse lors de l’inscription. La clarté seule ne remplace pas cette acceptation; l’inscription ne vaut pas automatiquement consentement exprès et une négociation individuelle n’est pas exigée.

25. Une consommatrice reçoit un produit acheté à distance et souhaite se rétracter sans fournir de motif ni payer de pénalité. Quel délai lui est accordé ?

Quatorze jours ouvrés
Trente jours francs
Sept jours francs
Quatorze jours francs

Quatorze jours francs

Explication

Pour une vente à distance, le consommateur dispose de quatorze jours francs pour se rétracter sans motif ni pénalité financière. Sept jours et trente jours ne correspondent pas au délai indiqué, et des jours ouvrés ne sont pas des jours francs.

26. Quel rôle caractérise une plateforme numérique dans l’accès aux données ?

Mettre en relation plusieurs groupes sans orienter leur accès aux données
Mettre en relation plusieurs groupes d’utilisateurs et orienter leur accès aux données par des algorithmes
Stocker les données d’un seul groupe sans intervenir dans leur accès
Laisser les utilisateurs classer et recommander les données sans intermédiation

Mettre en relation plusieurs groupes d’utilisateurs et orienter leur accès aux données par des algorithmes

Explication

Une plateforme numérique utilise des algorithmes de classement, de filtrage et de recommandation pour relier au moins deux groupes et orienter leur accès aux données. L’hébergement passif néglige cette fonction, un groupe unique ne répond pas à la définition, et le classement délégué aux utilisateurs omet le rôle algorithmique de la plateforme.

27. Une plateforme automatise la mise en relation, mais choisit subjectivement certaines annonces et en modifie le contenu commercial. Quel régime de responsabilité peut alors s’appliquer ?

L’exonération conditionnelle de l’hébergeur
Le régime lié à la seule transparence des recommandations
Le régime applicable à un intermédiaire neutre
Le régime de responsabilité des éditeurs

Le régime de responsabilité des éditeurs

Explication

La sélection subjective des données ou l’altération de leur contenu commercial fait perdre à la plateforme sa neutralité et la place sous le régime de responsabilité des éditeurs. La modération automatisée ou la simple intermédiation ne suffit pas à établir cette perte de neutralité, tandis que la transparence des recommandations est une obligation distincte.

28. Quel cadre le DSA établit pour les intermédiaires en ligne ?

Un cadre consacré à la libre circulation des marchandises
Un cadre limité à la protection des données personnelles
Un cadre centré sur la responsabilité des éditeurs de contenus
Un cadre unifié de modération, de transparence et de responsabilisation

Un cadre unifié de modération, de transparence et de responsabilisation

Explication

Le DSA établit un cadre européen unifié portant sur la modération, la transparence et la responsabilisation des intermédiaires en ligne. La protection des données relève du RGPD, la responsabilité des éditeurs n’épuise pas les obligations du DSA, et la libre circulation des marchandises n’est pas son objet ici.

29. Une plateforme comptabilise 46 millions d’utilisateurs actifs mensuels dans l’Union européenne. Quel seuil du DSA permet de la qualifier de très grande plateforme en ligne ?

Plus de 45 millions d’utilisateurs actifs annuels dans l’Union européenne
Plus de 45 millions d’utilisateurs actifs mensuels dans l’Union européenne
Plus de 25 millions d’utilisateurs actifs mensuels dans l’Union européenne
Plus de 45 millions d’utilisateurs actifs mensuels dans le monde

Plus de 45 millions d’utilisateurs actifs mensuels dans l’Union européenne

Explication

Le DSA qualifie de très grandes plateformes en ligne celles qui dépassent 45 millions d’utilisateurs actifs mensuels dans l’Union européenne. Un décompte annuel, un seuil inférieur ou un périmètre mondial modifie le critère fixé.

30. Laquelle de ces informations constitue une donnée à caractère personnel au sens du RGPD ?

Un identifiant permettant de retrouver indirectement une personne physique
Le chiffre d’affaires d’une société sans lien avec une personne physique
Une donnée anonyme ne se rapportant à aucune personne identifiable
Une information permettant d’identifier une personne uniquement par son nom

Un identifiant permettant de retrouver indirectement une personne physique

Explication

Une donnée à caractère personnel se rapporte à une personne physique identifiée ou identifiable directement ou indirectement. Une information sur une société ne suffit pas, l’identification peut être indirecte, et une donnée véritablement anonyme ne permet pas d’identifier une personne.

31. Un organisme constitue un fichier papier structuré contenant des données sur des personnes physiques. Le traitement entre-t-il dans le champ matériel du RGPD ?

Oui, mais seulement si les personnes concernées résident dans l’Union
Non, car le RGPD concerne les traitements automatisés, même partiels
Non, car la protection s’étend aux seules personnes morales
Oui, car les données non automatisées figurent dans un fichier structuré

Oui, car les données non automatisées figurent dans un fichier structuré

Explication

Le RGPD couvre aussi les traitements non automatisés lorsque les données sont contenues ou destinées à figurer dans un fichier structuré. L’automatisation n’est donc pas indispensable dans ce cas, le règlement protège les personnes physiques et leur nationalité ou résidence ne conditionne pas cette protection.

32. Une entreprise établie hors de l’Union propose gratuitement un service à des personnes qui s’y trouvent et suit leur comportement en ligne dans l’Union. Le RGPD peut-il s’appliquer ?

Oui, à condition que les données soient stockées dans l’Union
Oui, en raison de l’offre de services ou du suivi comportemental dans l’Union
Non, car le service est proposé sans paiement
Non, car l’entreprise est établie hors de l’Union

Oui, en raison de l’offre de services ou du suivi comportemental dans l’Union

Explication

Le RGPD peut s’appliquer à un responsable hors de l’Union lorsque le traitement concerne des personnes qui s’y trouvent et est lié à l’offre de biens ou de services, même gratuits, ou au suivi de leur comportement dans l’Union. L’établissement hors de l’Union et l’absence de paiement n’écartent donc pas cette règle, qui ne dépend pas du lieu de stockage.

33. Quels sont les deux objectifs de valeur juridique égale poursuivis par le RGPD ?

Garantir la libre circulation des données et sécuriser les infrastructures numériques européennes
Protéger les consommateurs et uniformiser les règles commerciales du marché unique
Protéger les droits et libertés fondamentaux et garantir la libre circulation des données personnelles dans le marché unique
Protéger les droits fondamentaux et interdire la circulation des données personnelles entre États membres

Protéger les droits et libertés fondamentaux et garantir la libre circulation des données personnelles dans le marché unique

Explication

Le RGPD vise à la fois un niveau élevé de protection des droits et libertés fondamentaux des personnes physiques et la libre circulation des données personnelles dans le marché unique européen. Interdire cette circulation, réduire l’objectif à la sécurité des infrastructures ou le remplacer par la seule protection des consommateurs ne reprend pas ces deux finalités.

34. Une entreprise choisit les objectifs d’un fichier clients et décide quelles données y seront enregistrées. Quel rôle joue-t-elle au regard du RGPD ?

Responsable du traitement
Sous-traitant chargé du traitement
Personne concernée par le traitement
Autorité de contrôle du traitement

Responsable du traitement

Explication

L’organisme qui détermine les finalités et les moyens du traitement en est le responsable, seul ou conjointement. Le sous-traitant exécute le traitement pour son compte ; l’autorité de contrôle surveille le respect des règles ; la personne concernée est celle à laquelle les données se rapportent.

35. Une société héberge les données d’un client et les utilise conformément aux instructions écrites de celui-ci, sans décider des objectifs poursuivis. Quel est son rôle ?

Personne concernée par le traitement
Sous-traitant du responsable du traitement
Autorité de contrôle des données
Responsable conjoint du traitement

Sous-traitant du responsable du traitement

Explication

Le sous-traitant traite les données pour le compte du responsable et selon ses instructions exclusives et documentées. Le responsable détermine les finalités et les moyens ; l’autorité contrôle les traitements ; la personne concernée est celle à qui les données se rapportent.

36. Une entreprise veut traiter les coordonnées de ses clients pour remplir les commandes qu’ils ont passées. Quelle base légale peut justifier ce traitement ?

Le consentement des clients
L’exécution d’un contrat
L’accomplissement d’une mission d’intérêt public
Le respect d’une obligation légale

L’exécution d’un contrat

Explication

Le traitement nécessaire pour remplir une commande peut reposer sur l’exécution du contrat conclu avec le client. Le consentement est une base distincte ; l’obligation légale suppose une exigence juridique ; la mission d’intérêt public relève d’un autre fondement.

37. Un responsable découvre une violation de données présentant un risque élevé pour les personnes concernées. Quelles démarches doit-il entreprendre ?

Notifier la CNIL sous 72 heures et informer directement les personnes
Notifier la CNIL sous 72 heures sans informer directement les personnes
Informer directement les personnes sous 72 heures sans notifier la CNIL
Notifier la CNIL sous un mois et informer directement les personnes

Notifier la CNIL sous 72 heures et informer directement les personnes

Explication

Après avoir pris connaissance d’une violation, le responsable doit la notifier à la CNIL dans un délai maximal de 72 heures ; si le risque est élevé, il doit aussi informer directement les personnes concernées. Un délai d’un mois est erroné, et l’information des personnes ne remplace pas la notification à la CNIL.

38. Une personne conteste l’exactitude de ses données pendant leur vérification et souhaite en outre récupérer ses données dans un format structuré pour les transmettre à un autre prestataire. Quels droits correspondent à ces demandes ?

L’effacement et la rectification
La limitation et la portabilité
L’opposition et l’accès
La rectification et la limitation

La limitation et la portabilité

Explication

La limitation permet le gel temporaire de l’utilisation des données pendant la vérification d’une contestation, tandis que la portabilité permet de les récupérer dans un format structuré et lisible par machine pour les transférer. L’effacement supprime les données, la rectification les corrige et l’opposition vise le traitement.

39. Quel organisme indépendant veille en France au respect des libertés fondamentales et de la vie privée dans l’usage des technologies numériques ?

Le Comité européen de la protection des données
Le ministère chargé du numérique
Le Conseil d’État
La CNIL

La CNIL

Explication

La CNIL est l’autorité administrative indépendante française chargée de veiller au respect des libertés fondamentales et de la vie privée dans l’usage des technologies numériques. Le comité européen agit à l’échelle de l’Union, le Conseil d’État est une juridiction et le ministère appartient au gouvernement.

40. À la suite d’un manquement au RGPD, la CNIL envisage une sanction financière à l’encontre d’une entreprise. Quel plafond peut-elle atteindre ?

4 % du chiffre d’affaires annuel réalisé dans l’Union européenne
6 % du chiffre d’affaires annuel mondial
20 millions d’euros sans plafond lié au chiffre d’affaires
20 millions d’euros ou 4 % du chiffre d’affaires annuel mondial

20 millions d’euros ou 4 % du chiffre d’affaires annuel mondial

Explication

La sanction financière de la CNIL peut atteindre 20 millions d’euros ou 4 % du chiffre d’affaires annuel mondial. Le montant fixe de 20 millions n’exclut pas le plafond relatif ; le taux de 6 % ne correspond pas au plafond indiqué ; une astreinte journalière est une injonction distincte.

41. Quel système correspond à la définition d’un système d’intelligence artificielle ?

Un outil manuel qui produit des recommandations sans automatisation ni influence sur son environnement
Un système automatisé doté d’un certain niveau d’autonomie qui produit des prédictions, recommandations ou décisions influençant un environnement réel ou virtuel
Un générateur de contenus qui produit des textes ou des images sans agir sur un environnement
Un système automatisé qui conserve les données sans produire de prédictions, recommandations ou décisions

Un système automatisé doté d’un certain niveau d’autonomie qui produit des prédictions, recommandations ou décisions influençant un environnement réel ou virtuel

Explication

Un système d’IA est automatisé, possède un certain niveau d’autonomie et produit des résultats qui influencent des environnements réels ou virtuels. L’outil manuel confond automatisation et intervention humaine, le système de stockage omet la production de résultats décisionnels, et le générateur de contenus réduit la définition à une seule fonction.

42. Une autorité examine trois outils : un système de notation sociale, un outil d’aide à une décision présentant un risque élevé et un service qui produit des contenus artificiels. Quelle combinaison reflète l’approche graduée de l’AI Act ?

Interdire la notation sociale, imposer des exigences renforcées au système à haut risque et signaler le caractère artificiel des contenus concernés
Autoriser la notation sociale, renforcer les exigences du système à haut risque et interdire le signalement des contenus artificiels
Interdire les trois outils, car ils présentent chacun un risque pour le public
Imposer les mêmes exigences renforcées aux trois outils, sans distinction de niveau de risque

Interdire la notation sociale, imposer des exigences renforcées au système à haut risque et signaler le caractère artificiel des contenus concernés

Explication

L’AI Act gradue les obligations selon le risque : certaines pratiques, comme la notation sociale, sont interdites, les systèmes à haut risque font l’objet d’exigences renforcées et certains systèmes doivent signaler leur caractère artificiel. Traiter tous les outils comme interdits ou soumis au même régime efface cette gradation; interdire le signalement confond transparence et interdiction.

43. Une équipe publie une recommandation morale sur l’usage d’un algorithme, tandis qu’une autorité impose une obligation légale et peut sanctionner son non-respect. Quelle distinction s’applique ?

L’éthique formule une réflexion morale sans sanction publique contraignante, tandis que le droit impose des obligations susceptibles de sanctions publiques
L’éthique crée des obligations juridiques, tandis que le droit repose sur une adhésion volontaire
L’éthique impose des sanctions publiques, tandis que le droit exprime une réflexion morale sans obligation
L’éthique et le droit sont deux recommandations morales dépourvues de sanctions publiques

L’éthique formule une réflexion morale sans sanction publique contraignante, tandis que le droit impose des obligations susceptibles de sanctions publiques

Explication

L’éthique numérique relève d’une réflexion morale sans sanction publique contraignante, alors que le droit établit des obligations que les autorités publiques peuvent sanctionner. Attribuer la sanction à l’éthique inverse les notions, réduire le droit à une réflexion morale lui retire sa force obligatoire, et l’adhésion volontaire ne décrit pas une obligation juridique.

44. Lors d’un achat en ligne, une consommatrice examine sa commande et son prix, corrige une erreur, puis clique pour confirmer son achat. Quelle est la portée de ces deux clics au regard de l’article 1127-2 du Code civil ?

Le premier permet la vérification et les corrections, le second sert à corriger la commande avant une confirmation ultérieure.
Le premier confirme définitivement l’acceptation, le second permet de vérifier la commande et d’en corriger les erreurs.
Le premier permet la vérification et les corrections, le second constitue à lui seul la signature électronique du contrat.
Le premier permet la vérification et les corrections, le second confirme définitivement l’acceptation sans constituer à lui seul une signature électronique.

Le premier permet la vérification et les corrections, le second confirme définitivement l’acceptation sans constituer à lui seul une signature électronique.

Explication

Le premier clic permet de vérifier la commande, son prix total et de corriger les erreurs ; le second confirme définitivement l’acceptation, sans valoir à lui seul signature électronique. Confondre le premier clic avec l’acceptation définitive inverse les fonctions ; assimiler la confirmation à une signature électronique ajoute un effet qu’elle n’a pas ; placer les corrections après le second clic inverse également leur ordre.

45. Quelle chronologie correspond à l’adoption de l’AI Act par les institutions européennes et à la date du règlement ?

Le Parlement l’a adopté le 13 juin 2024, le Conseil le 21 mai 2024 et le règlement est daté du 12 mars 2024.
Le Parlement l’a adopté le 12 mars 2024, le Conseil le 13 juin 2024 et le règlement est daté du 21 mai 2024.
Le Parlement l’a adopté le 21 mai 2024, le Conseil le 12 mars 2024 et le règlement est daté du 13 juin 2024.
Le Parlement l’a adopté le 12 mars 2024, le Conseil le 21 mai 2024 et le règlement est daté du 13 juin 2024.

Le Parlement l’a adopté le 12 mars 2024, le Conseil le 21 mai 2024 et le règlement est daté du 13 juin 2024.

Explication

Le Parlement européen a adopté l’AI Act le 12 mars 2024, le Conseil l’a adopté définitivement le 21 mai 2024, et le règlement est daté du 13 juin 2024. La date du Conseil ne doit pas être attribuée au Parlement ; la date du règlement ne se confond pas avec l’adoption définitive ; inverser les dates du Parlement et du Conseil confond leurs étapes respectives.

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Quels textes garantissent notamment la vie privée et les données personnelles ?

L’article 9 du Code civil et les articles 7 et 8 de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne.

Quels droits les personnes exercent-elles sur leurs données personnelles ?

Les droits d’accès, de rectification, d’opposition, d’effacement et de portabilité.

Que peut justifier la sécurité nationale face aux données de connexion ?

Leur conservation.

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