Fiche de révision : Droit international économique

Plan du Cours

  1. Origines et tensions contemporaines
  2. Définir et délimiter le droit économique
  3. Branches, sources et institutions
  4. Définition et sources du droit économique
  5. Commerce international et investissements
  6. Unilatéralisme et tensions commerciales
  7. Finalités et définition du droit économique
  8. Droit économique et entreprises transnationales
  9. Investissements et autonomie juridique
  10. Autonomie et finalités du droit économique
  11. Mondialisation et gagnants-perdants
  12. Occultation des valeurs non marchandes
  13. École de Genève et justice sociale
  14. Commerce et justice sociale
  15. Commerce et protection environnementale
  16. Subventions à la pêche et biens communs
  17. L’OMC face aux enjeux environnementaux
  18. Le règlement européen sur la déforestation

Repères chronologiques

  1. 1926La sentence Neer c. Mexique a formulé une conception particulièrement stricte du seuil auquel le comportement d’un État envers un étranger engage sa responsabilité internationale.
  2. 1972Au tournant des années 1970, notamment dans la perspective de la Conférence de Stockholm sur l’environnement, la question environnementale émerge institutionnellement dans le cadre du GATT.
  3. 1972Le GATT crée un Groupe sur les mesures relatives à l’environnement et le commerce international.
  4. 1996La Déclaration ministérielle de Singapour affirme l’attachement des membres de l’OMC aux normes fondamentales du travail et désigne l’Organisation internationale du travail comme compétente pour les établir et les traiter.
  5. 27 janvier 2000Le rapport du groupe spécial dans l’affaire relative à la Section 301 indique que le système de l’OMC n’a pas créé un nouvel ordre juridique dont les sujets seraient à la fois les États membres et leurs ressortissants.
  6. juin 2022L’Accord de l’OMC sur les subventions à la pêche a été adopté lors de la douzième Conférence ministérielle de l’OMC.
  7. 27 décembre 2023Le règlement (UE) 2023/2675 relatif à la protection de l’Union et de ses États membres contre la coercition économique exercée par des pays tiers est entré en vigueur.
  8. 15 septembre 2025L’Accord de l’OMC sur les subventions à la pêche est entré en vigueur après que deux tiers des membres de l’OMC eurent déposé leur instrument d’acceptation.
  9. 1er janvier 2026Le régime définitif du MACF est devenu applicable.

1. Origines et tensions contemporaines

Notions clés & Définitions

  • Externalité : Un effet positif ou négatif de l’activité d’un acteur économique sur d’autres personnes, qui n’est pas pleinement intégré dans le prix de marché.
  • Marchandises fictives : Karl Polanyi, La Grande Transformation - La terre et le travail, que le marché traite comme des marchandises alors qu’ils n’ont pas été produits à l’origine pour être vendus comme tels.
  • Désencastrement de l’économie : Karl Polanyi, La Grande Transformation - Son autonomisation progressive par rapport à la société avec le développement du marché autorégulateur, alors que l’activité économique était auparavant largement intégrée aux rapports sociaux et politiques.

★ À maîtriser

  • Le droit international économique s’est structuré comme discipline universitaire dans les années 1970, notamment autour de Dominique Carreau et de l’ouvrage Droit international économique, publié en 1978 avec Thiébaut Flory et Patrick Juillard.

📌 Le droit international économique s’est d’abord organisé autour du système du GATT pour les échanges commerciaux et du droit des investissements étrangers.

  • Lorsqu’un traité applicable le prévoit, un investisseur étranger peut contester devant un mécanisme d’arbitrage certaines mesures de l’État d’accueil en invoquant les protections garanties par ce traité.

  • Une réglementation environnementale peut être contestée en arbitrage lorsqu’un traité protège l’investisseur, ce qui peut mettre en tension les obligations environnementales de l’État et ses obligations de protection envers l’investisseur, voire conduire à sa responsabilité internationale et à une indemnisation.

  • L’analyse économique distingue le facteur L pour le travail, le facteur K pour le capital et le facteur T pour la terre et les ressources naturelles.

📌 Historiquement, le droit international économique s’est surtout concentré sur la circulation et la protection du capital, tandis que le droit social porte principalement sur le travail et le droit de l’environnement sur les ressources naturelles.

Compléments

  • La CIJ, dans son avis consultatif du 23 juillet 2025 sur le changement climatique, a rappelé les obligations internationales des États en matière de protection du système climatique, dont une obligation de diligence requise visant à prévenir les atteintes significatives au climat.

  • Il existe environ 2 200 traités bilatéraux d’investissement en vigueur, auxquels s’ajoutent d’autres accords internationaux comportant des dispositions sur les investissements.

  • La création d’emplois constitue un exemple d’externalité positive, tandis que les émissions de gaz à effet de serre et les dommages environnementaux sont des exemples d’externalités négatives.

  • La conférence organisée à Santa Marta en 2026 s’inscrit dans les réflexions sur la compatibilité entre protection des investissements et transition énergétique, notamment dans les secteurs liés aux combustibles fossiles.

  • La conférence Santa Marta est présentée comme s’inscrivant dans une remise en question, par plusieurs États notamment du Sud, de certaines protections des investissements dans les secteurs liés aux combustibles fossiles.

Astuce mémo

Capital mobile face au travail et à la terre

2. Définir et délimiter le droit économique

Notions clés & Définitions

  • Définition macroéconomique : Dominique Carreau, Patrick Juillard, Régis Bismuth et Andrea Hamann, Droit international économique - L’ensemble des règles régissant les mouvements internationaux des facteurs de production qui ont un caractère macroéconomique.
  • Droit international économique : Réglemente les activités économiques productives internationalisées, soit parce qu’elles donnent lieu à des échanges internationaux, soit parce qu’elles sont réalisées avec l’appui de capitaux étrangers.
  • Définition fonctionnelle : Caractérise le droit international économique par sa fonction d’organisation de la gouvernance et de la régulation de l’économie mondiale.

★ À maîtriser

📌 Une définition neutre combine un critère formel, l’origine internationale des règles, et un critère matériel, leur objet de réglementation des activités économiques internationalisées.

📌 La conception du droit international économique comme discipline autonome s’oppose à celle qui le considère comme une branche spécialisée du droit international public.

Compléments

📌 Une définition large du droit international économique couvre toutes les opérations économiques internationales, des ventes privées aux échanges entre États, mais son seul critère matériel est jugé trop vaste et doit être complété par un critère fonctionnel.

  • Les phénomènes de circulation principalement étudiés sont :

    • la circulation des opérateurs économiques
    • la circulation des marchandises
    • la circulation des services
    • la circulation des capitaux
  • Dominique Carreau met l’accent sur la finalité spécifique du droit international économique, qui est d’organiser juridiquement l’économie mondiale.

  • Florian Couveinhes Matsumoto critique une conception centrée sur la protection et la fructification du capital privé, qui exclut le travail et les services écosystémiques comme facteurs de production fondamentaux.

3. Branches, sources et institutions

Notions clés & Définitions

  • Standard juridique : Une norme dont le contenu n’est pas entièrement déterminé à l’avance et dont l’application dépend d’une appréciation concrète des circonstances, laissant une marge d’appréciation au juge ou à l’arbitre.
  • Traitement juste et équitable : Un standard important du droit international des investissements, dont la portée dépend du texte du traité concerné.
  • Standard minimum de traitement des étrangers : Impose à l’État un niveau minimal de protection des ressortissants étrangers présents sur son territoire.

★ À maîtriser

📌 Le droit international économique comprend les branches commerciale, des investissements étrangers et monétaire et financière, cette dernière étant notamment structurée autour du FMI et de la Banque mondiale.

  • Les obligations du droit international économique sont principalement adressées aux États et trouvent leurs sources surtout dans les traités internationaux.

  • Dans le domaine commercial, les obligations figurent notamment dans le GATT et les accords de l’Organisation mondiale du commerce, tandis que les obligations relatives aux investissements figurent notamment dans les traités bilatéraux d’investissement.

  • Le système commercial multilatéral s’est développé à partir du GATT de 1947, puis l’Accord de Marrakech de 1994 a créé l’OMC, entrée en fonction le 1er janvier 1995.

Compléments

  • Les agences Fitch Ratings, Standard & Poor’s et Moody’s évaluent le risque associé à la dette des États, mais ne sont pas des sources juridiques du droit international économique.

📌 Le multilatéralisme commercial cohabite avec le préférentialisme, le régionalisme, le bilatéralisme et l’unilatéralisme, ce qui contribue à fragmenter le paysage juridique du commerce international.

  • Les politiques commerciales peuvent servir des objectifs géopolitiques et géostratégiques, comme l’illustrent les tensions liées aux droits de douane et aux executive orders de l’administration Trump.

4. Définition et sources du droit économique

Notions clés & Définitions

  • Droit international économique : L’ensemble des règles internationales adoptées par les États et applicables aux activités productives de biens et de services destinées aux échanges internationaux ou contrôlées par des investisseurs étrangers.

★ À maîtriser

📌 Le critère formel du droit international économique porte sur l’origine internationale des règles, tandis que le critère matériel porte sur les activités économiques qu’elles réglementent.

  • L’article 38 du Statut de la Cour internationale de Justice mentionne les sources et moyens suivants : les conventions internationales, la coutume internationale, les principes généraux de droit, la jurisprudence comme moyen auxiliaire de détermination des règles de droit, la doctrine comme moyen auxiliaire de détermination des règles de droit

📌 Dans l’affaire CE – Hormones, l’Organe d’appel a rappelé que les principes coutumiers d’interprétation doivent être pris en compte pour interpréter les accords de l’OMC, mais qu’un principe invoqué ne suffit pas à écarter les dispositions conventionnelles applicables.

📌 Le droit international économique peut poursuivre une finalité libre-échangiste de suppression ou de limitation des obstacles aux échanges, ou une finalité interventionniste de protection de valeurs sociales, sanitaires ou environnementales.

Compléments

  • Parce qu’il utilise les sources classiques du droit international et impose largement des obligations aux États, le droit international économique peut être considéré comme une branche spécialisée du droit international public.

  • La Convention de Vienne sur le droit des traités du 23 mai 1969 est un instrument central d’interprétation des traités, et ses articles 31 et 32 sont considérés comme reflétant le droit international coutumier.

  • Dans l’affaire CE – Hormones, les États-Unis et le Canada contestaient l’interdiction européenne de certaines viandes produites à l’aide d’hormones, tandis que l’Union européenne invoquait notamment le principe de précaution.

  • Dans l’affaire CE – Hormones, l’Organe d’appel de l’OMC n’a pas tranché définitivement la question de savoir si le principe de précaution constituait une règle générale du droit international coutumier.

  • En droit des investissements, les arbitres peuvent mobiliser le droit international général et les règles coutumières pour interpréter les obligations inscrites dans les traités d’investissement.

  • Le système commercial multilatéral cherche à concilier la libéralisation des échanges avec des réglementations nationales protégeant notamment les droits sociaux fondamentaux, les droits humains et l’environnement.

Astuce mémo

Formel : origine des règles ; matériel : activités réglementées

5. Commerce international et investissements

Notions clés & Définitions

  • Libre-échange : L’idéal d’un marché mondial progressivement libéré des obstacles à la circulation des richesses, afin de favoriser la circulation internationale des biens et des services et l’ouverture des marchés nationaux à la concurrence internationale.
  • Préférentialisme : Le fait, pour plusieurs États, de s’accorder des avantages commerciaux particuliers qui ne bénéficient pas nécessairement aux États tiers, notamment en réduisant ou supprimant les obstacles aux échanges au sein d’une zone privilégiée.
  • Traité bilatéral d’investissement : Un accord conclu entre l’État d’origine de l’investisseur et l’État d’accueil de l’investissement, qui établit des protections destinées à sécuriser les capitaux investis et à favoriser leur fructification.

★ À maîtriser

📌 Les obstacles tarifaires aux échanges comprennent principalement les droits de douane, tandis que les obstacles non tarifaires peuvent résulter de réglementations nationales techniques, sanitaires ou administratives qui compliquent l’accès des marchandises étrangères au marché.

  • L’Accord de Marrakech de 1994 a créé l’Organisation mondiale du commerce, entrée en fonction le 1er janvier 1995.

  • Le RCEP réunit les 15 États suivants :

    • les dix États membres de l’ASEAN
    • l’Australie
    • la Chine
    • le Japon
    • la Corée du Sud
    • la Nouvelle-Zélande
  • Certains accords préférentiels contemporains dépassent la libéralisation des échanges et réglementent aussi les conditions de production, notamment par des dispositions sur le développement durable, l’environnement et les droits sociaux.

  • La protection des investissements étrangers repose largement sur les traités bilatéraux d’investissement, et le cours estime à environ 2 200 le nombre de TBI en vigueur, auxquels s’ajoutent d’autres accords internationaux comportant des protections des investissements.

Compléments

  • Le droit des échanges internationaux appréhende principalement les échanges sous un angle macroéconomique et porte sur le régime général des importations et des exportations, non sur un contrat de vente déterminé entre deux entreprises.

  • Le système commercial multilatéral s’est développé à partir du GATT de 1947, puis a été profondément institutionnalisé par l’Accord de Marrakech de 1994 et la création de l’OMC.

  • Les accords commerciaux préférentiels prennent notamment la forme d’accords de libre-échange ou d’accords commerciaux régionaux et peuvent organiser les relations entre deux ou plusieurs États ou ensembles régionaux.

  • L’Union européenne constitue une forme d’intégration économique particulièrement poussée et a conclu de nombreux accords commerciaux préférentiels avec des États tiers.

  • Une application provisoire permet de mettre en œuvre une partie des dispositions d’un accord avant l’achèvement de toutes les procédures nationales de ratification.

  • Le RCEP constitue l’une des plus grandes zones de libre-échange au monde, et la présence de la Chine, du Japon, de la Corée du Sud et des États de l’ASEAN lui confère une importance économique considérable.

  • La réduction des obstacles commerciaux au sein du RCEP favorise l’intégration des chaînes de production régionales et la circulation des marchandises produites dans ses États membres.

  • Le PTPGP, appelé CPTPP en anglais, est un accord majeur de libre-échange dans la région indo-pacifique auquel participe notamment le Canada.

Astuce mémo

Commerce multilatéral centralisé ; investissements largement bilatéraux

6. Unilatéralisme et tensions commerciales

Notions clés & Définitions

  • Unilatéralisme économique : Des législations ou des actes adoptés unilatéralement par des États ou ensembles régionaux assez puissants économiquement pour influencer les comportements des opérateurs étrangers.
  • Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières : Un mécanisme qui fait supporter à certaines importations une charge liée au contenu carbone de leur production afin de rapprocher les conditions supportées par les producteurs étrangers de celles des producteurs européens.
  • Mercantilisme : Une conception selon laquelle un État doit favoriser ses exportations et limiter ses importations afin d’accumuler des richesses, notamment des métaux précieux comme l’or dans sa conception historique.

★ À maîtriser

📌 L’unilatéralisme offensif recourt à des mesures nationales qui imposent des coûts ou des restrictions aux échanges, tandis que l’unilatéralisme persuasif conditionne l’accès à un marché au respect de certaines exigences réglementaires.

  • L’Union européenne utilise l’accès à son marché pour influencer les méthodes de production des entreprises établies à l’étranger, en intégrant notamment le travail et l’environnement, désignés par les facteurs L et T.

  • Les réglementations unilatérales européennes peuvent être contestées par des États tiers qui les considèrent comme des obstacles injustifiés aux échanges ou comme incompatibles avec les engagements pris dans le cadre de l’OMC.

  • La coexistence du multilatéralisme avec les accords préférentiels, les systèmes régionaux et les mesures unilatérales fragmente le droit international économique et peut rendre les échanges moins prévisibles.

  • À partir de décembre 2019, le blocage des nominations a privé l’Organe d’appel de l’OMC du nombre suffisant de membres pour fonctionner.

  • La paralysie de l’Organe d’appel n’a pas supprimé le système de règlement des différends de l’OMC : les groupes spéciaux continuent de fonctionner et certains membres ont instauré des mécanismes provisoires d’arbitrage d’appel.

Compléments

  • À partir de 2025, l’administration Trump a adopté plusieurs mesures présidentielles augmentant fortement les droits de douane sur différentes catégories d’importations américaines.

  • La Chine a engagé plusieurs procédures à l’OMC contre des droits de douane additionnels américains adoptés en 2025.

  • L’Union européenne a mis en place des règles destinées à interdire ou restreindre la commercialisation de produits issus du travail forcé.

  • L’Union européenne a adopté des mesures portant sur les produits associés à la déforestation.

  • L’unilatéralisme persuasif de l’Union européenne n’impose pas directement ses règles à l’usine étrangère, mais subordonne l’accès à son marché au respect de certaines conditions de production.

  • En mai 2025, la Russie a engagé un différend à l’OMC contre le MACF européen et certaines règles liées au système européen d’échange de quotas d’émission.

  • Les actes unilatéraux des États sont des manifestations des sources du droit international au sens large, mais leur opposabilité internationale et leur compatibilité avec les obligations conventionnelles doivent être appréciées au regard du droit international.

Astuce mémo

Unilatéralisme offensif américain ; unilatéralisme persuasif européen

7. Finalités et définition du droit économique

Notions clés & Définitions

  • Droit international économique : Combinaison d’un critère matériel, celui des activités productives internationales, et d’un critère formel, celui des règles internationales qui les encadrent.

★ À maîtriser

📌 Le droit international économique met en tension la logique libre-échangiste, qui vise à empêcher les obstacles injustifiés aux échanges, et la logique interventionniste, qui protège des intérêts sociaux, sanitaires ou environnementaux.

  • Depuis décembre 2019, l’Organe d’appel de l’OMC ne dispose plus du quorum nécessaire pour examiner les recours, après le blocage des nominations de nouveaux membres.

  • Le droit international économique poursuit plusieurs finalités concurrentes : libéraliser les échanges, protéger les investissements, préserver la souveraineté réglementaire des États et intégrer des considérations sociales et environnementales.

Compléments

  • Une réglementation contre le travail forcé doit être conciliée avec les disciplines commerciales internationales qui visent la libéralisation des échanges.

  • Les groupes spéciaux de l’OMC continuent de fonctionner et certains membres ont établi des mécanismes provisoires d’arbitrage d’appel, mais l’absence d’un Organe d’appel opérationnel réduit l’unité et la prévisibilité du système.

  • Friedrich Hayek présente la justice sociale comme un « mirage » et considère que la coordination spontanée du marché est préférable à une répartition politiquement organisée des richesses.

  • La prise de conscience de la crise climatique et de la finitude des ressources naturelles fait progressivement entrer les préoccupations environnementales dans le droit international économique, bien que cette évolution reste récente et timide.

  • Les relations économiques, financières et monétaires peuvent être influencées par des sources transnationales qui ne relèvent pas exclusivement des sources classiques du droit international public.

Astuce mémo

Libre-échange contre protection des valeurs non marchandes

8. Droit économique et entreprises transnationales

★ À maîtriser

📌 Le droit du commerce international privé détermine notamment la loi applicable aux relations commerciales entre personnes privées, tandis que le droit international économique adopte principalement une perspective macroéconomique centrée sur les rapports entre États et organisations internationales.

  • Les entreprises, notamment les firmes transnationales, bénéficient économiquement de la réduction des obstacles tarifaires et non tarifaires, mais les accords de l’OMC établissent principalement des obligations entre États membres.

  • Les firmes transnationales répartissent les étapes de leurs chaînes de valeur entre plusieurs États, par exemple la recherche et développement, la production des intrants, l’assemblage et la commercialisation, en fonction des coûts du travail, des intrants et des conditions de production.

📌 Les entreprises privées ne peuvent pas saisir directement l’OMC : une firme transnationale doit convaincre son État d’origine d’engager une procédure, et cet État reste souverain dans sa décision.

Compléments

  • Dans une vente internationale conclue entre deux entreprises établies dans des États différents, le droit du commerce international peut déterminer si le contrat relève de la loi de l’État du vendeur ou de celle de l’État de l’acheteur.

📌 Les sociétés d’une firme transnationale peuvent être reliées par des contrats commerciaux formant un réseau, par des liens capitalistiques entre société mère et filiales, ou par la combinaison des deux formes.

  • Les différends Kodak/Fuji, Airbus/Boeing et Canada-Brésil au sujet des soutiens publics à Bombardier et Embraer illustrent des contentieux juridiquement interétatiques qui recouvrent les intérêts économiques de grandes entreprises.

Astuce mémo

OMC : États parties ; investissement : investisseur demandeur

9. Investissements et autonomie juridique

Notions clés & Définitions

  • Flux de trésorerie actualisés : La méthode des flux de trésorerie actualisés, ou discounted cash flow (DCF), évalue la valeur actuelle d’un investissement à partir des revenus futurs qu’il aurait pu générer.

★ À maîtriser

  • Les traités bilatéraux d’investissement sont conclus entre l’État d’origine de l’investisseur et l’État d’accueil de l’investissement et peuvent accorder directement des protections à l’investisseur étranger.

  • Les protections accordées à l’investisseur étranger peuvent comprendre le droit de ne pas être exproprié sans indemnisation et des garanties de stabilité, de prévisibilité et d’équité, notamment le traitement juste et équitable.

  • Lorsqu’un traité comporte une clause d’arbitrage investisseur-État, l’investisseur peut engager directement une procédure arbitrale contre l’État d’accueil pour violation des droits reconnus par le traité.

  • Si le tribunal arbitral constate une violation des obligations internationales par l’État d’accueil, celui-ci peut être condamné à indemniser l’investisseur pour ses pertes et, dans certaines hypothèses, pour les profits futurs démontrés.

📌 L’arbitrage d’investissement vise notamment à indemniser l’investisseur privé, tandis que le règlement des différends de l’OMC vise principalement la mise en conformité ou le retrait de la mesure étatique incompatible avec les obligations commerciales.

Compléments

  • À partir des années 1980, le nombre de traités internationaux consacrés à la protection des investissements étrangers augmente fortement.

  • Le règlement (UE) 2023/2675, appelé instrument anti-coercition, permet à l’Union européenne de réagir lorsqu’un pays tiers utilise ou menace d’utiliser des mesures commerciales ou d’investissement pour influencer les choix souverains de l’Union ou d’un État membre.

  • Dominique Carreau est associé à la thèse selon laquelle le droit international économique peut s’autonomiser du droit international public, mais cette séparation est aujourd’hui plus difficile à maintenir car le droit économique utilise aussi les catégories et mécanismes du droit international public.

10. Autonomie et finalités du droit économique

Notions clés & Définitions

  • Désencastrement : Karl Polanyi, La Grande Transformation - Processus par lequel le marché tend à fonctionner selon ses propres mécanismes, au lieu de rester étroitement inséré dans les structures sociales et politiques.

★ À maîtriser

  • Le droit international économique est influencé par des considérations politiques, notamment par la question de la capacité des États à réglementer les activités productives mondialisées.

📌 Bien que l’État soit omniprésent en droit international économique, cette présence ne suffit pas à faire de cette discipline une branche totalement autonome du droit international public.

  • Le règlement (UE) 2023/2675, appelé instrument anti-coercition, protège l’Union européenne et ses États membres contre la coercition économique exercée par des pays tiers.

📌 L’Union européenne peut réagir lorsqu’un État tiers utilise ou menace d’utiliser des mesures affectant le commerce ou l’investissement pour influencer les choix souverains de l’Union ou d’un État membre, et elle peut adopter des mesures de riposte en dernier ressort.

📌 Le droit international économique doit concilier la libéralisation des échanges avec le pouvoir des États de réglementer pour protéger des intérêts sociaux, sanitaires ou environnementaux.

Compléments

  • Sylvain Bollée met en évidence la perspective essentiellement macroéconomique du droit international économique dans ses développements consacrés au droit du commerce international et des investissements étrangers.

  • Dominique Carreau est associé à une doctrine ayant longtemps présenté le droit international économique comme susceptible de s’autonomiser du droit international public.

📌 Le mécanisme anti-coercition européen se rapproche de la logique des contre-mesures du droit international public, mais son fonctionnement est organisé par un règlement européen.

  • À partir des années 1980, les réglementations étatiques ont fréquemment été analysées comme des obstacles possibles à la circulation des marchandises, des services et des capitaux.

  • Une réglementation étatique protégeant le travail ou l’environnement peut, selon sa conception et ses effets, être analysée comme une restriction au commerce international et confrontée aux disciplines de l’OMC.

  • Karl Polanyi situe l’émergence du marché autorégulateur au XIXe siècle, notamment en Angleterre. - La Grande Transformation

  • Friedrich Hayek et Wilhelm Röpke ont accordé une importance centrale à un cadre juridique stable protégeant le fonctionnement de l’économie de marché. - Friedrich Hayek ou Wilhelm Röpke

  • La conception d’une constitution économique internationale vise à imposer aux États des disciplines préservant le fonctionnement des marchés.

  • Dans la représentation favorable à la libéralisation, la concurrence internationale favorise la productivité et la croissance, ce qui doit contribuer à la prospérité.

Astuce mémo

Libéraliser les échanges, ou protéger les valeurs non marchandes

11. Mondialisation et gagnants-perdants

★ À maîtriser

📌 La concurrence entre entreprises ou produits peut stimuler la productivité, l’innovation et la baisse des prix, tandis que la concurrence entre systèmes normatifs peut avantager les entreprises soumises aux normes les moins exigeantes. - Alain Supiot

  • Lorsqu’une entreprise délocalise sa production vers un État aux normes sociales, fiscales ou environnementales moins exigeantes puis réimporte ses produits, elle peut réduire ses coûts et mettre en concurrence les systèmes normatifs.

  • Dans son article How Should We Think about the Winners and Losers from Globalization?, Nicolas Lamp distingue trois récits sur les gagnants et les perdants de la mondialisation.

📌 Le récit des grandes institutions économiques internationales considère que le commerce peut produire des gains agrégés, tout en créant des gagnants et des perdants au sein de chaque économie. - Nicolas Lamp, How Should We Think about the Winners and Losers from Globalization?

📌 Le récit critique examine la répartition des effets des accords économiques internationaux entre facteurs de production, notamment entre le capital et le travail. - Nicolas Lamp, How Should We Think about the Winners and Losers from Globalization?

  • Les règles du droit international économique peuvent affecter la capacité des États à poursuivre des objectifs environnementaux, sanitaires ou sociaux et à redistribuer les gains de la mondialisation. - Nicolas Lamp, How Should We Think about the Winners and Losers from Globalization?

  • Une conception hybride du droit international économique l’articule avec le droit international public et intègre la justice sociale, le travail, l’environnement, les impératifs sanitaires ainsi que les conséquences distributives et écologiques des activités productives internationalisées.

Compléments

  • Un investissement étranger peut créer des activités productives, procurer des emplois à la main-d’œuvre locale et contribuer à la croissance de l’État d’accueil.

  • La mobilité internationale des activités productives peut inciter certains États à alléger leurs réglementations pour attirer ou conserver des activités économiques.

  • À partir des années 2000, la croyance en une « mondialisation heureuse » est de plus en plus discutée.

📌 Le récit trumpien présente principalement la concurrence entre travailleurs américains et travailleurs étrangers comme un jeu à somme nulle pour l’emploi. - Nicolas Lamp, How Should We Think about the Winners and Losers from Globalization?

  • Dans le récit trumpien, les accords tels que l’ALENA et ceux de l’OMC sont accusés d’avoir favorisé la captation d’emplois américains par des États étrangers recourant à des pratiques jugées déloyales. - Nicolas Lamp, How Should We Think about the Winners and Losers from Globalization?

  • Les pratiques considérées comme déloyales comprennent (Nicolas Lamp) : les subventions à l’exportation, la manipulation monétaire, des niveaux de protection sociale ou environnementale plus faibles, des différences de droits de douane

  • La réponse associée au récit trumpien consiste à remettre en cause certaines formes de libéralisation commerciale et à utiliser notamment les droits de douane pour renchérir les produits étrangers et protéger la production nationale. - Nicolas Lamp, How Should We Think about the Winners and Losers from Globalization?

  • Dans les économies développées, les travailleurs hautement qualifiés peuvent bénéficier de l’ouverture commerciale en se spécialisant dans des activités à forte valeur ajoutée.

  • Certains travailleurs relativement peu qualifiés des économies développées peuvent subir une baisse de la demande de travail lorsque les entreprises accèdent à une main-d’œuvre moins coûteuse dans d’autres États.

12. Occultation des valeurs non marchandes

★ À maîtriser

  • Le droit international économique a longtemps privilégié la libéralisation des échanges, la circulation des capitaux et la protection des activités économiques, occultant les valeurs non marchandes.

📌 Le GATT puis l’OMC ont longtemps refusé d’intégrer directement dans leurs disciplines commerciales les conditions d’emploi des travailleurs participant à la production des marchandises.

📌 Historiquement, le droit commercial s’est davantage intéressé au produit échangé qu’aux conditions sociales ou environnementales de sa production.

Compléments

  • Dans le cadre du GATT, la question environnementale a d’abord été traitée principalement pour éviter que les politiques environnementales des États ne deviennent des obstacles injustifiés au commerce international.

  • Du point de vue des règles commerciales relatives aux produits similaires, un tapis fabriqué avec le travail des enfants peut devoir être traité comme un autre tapis présentant les mêmes caractéristiques physiques, indépendamment de ses conditions sociales de production.

  • Un biocarburant produit à partir d’huile de palme peut être mis en concurrence avec un biocarburant produit à partir de colza malgré les différences possibles de méthodes de production et de conséquences environnementales.

Astuce mémo

Le produit échangé, contrairement à ses conditions de production

13. École de Genève et justice sociale

Points essentiels

  • Les membres cités de l’École de Genève comprennent (Quinn Slobodian) :
    • Friedrich Hayek
    • Wilhelm Röpke
    • Ludwig von Mises
    • Ernst-Ulrich Petersmann

14. Commerce et justice sociale

Notions clés & Définitions

  • Libéralisme encastré : Le libéralisme encastré désigne la conception selon laquelle, après la Seconde Guerre mondiale, l’ouverture des marchés internationaux pouvait coexister avec le maintien de l’État-providence et l’autonomie nationale en matière sociale.
  • Course vers l’abîme : La course vers l’abîme désigne la crainte que la concurrence internationale pousse les États à diminuer leurs protections sociales pour réduire les coûts des entreprises et préserver leur compétitivité, entraînant un nivellement par le bas des systèmes sociaux.

★ À maîtriser

📌 Dans la conception de l’École de Genève, le néolibéralisme est aussi une théorie du droit et de l’État, et pas seulement une théorie économique, car les institutions juridiques doivent construire et protéger le marché.

📌 Dans cette conception, les règles commerciales de justice sociale sont jugées soit inutiles parce que la croissance est supposée améliorer les conditions sociales, soit dangereuses si elles perturbent le marché.

  • Le droit international économique n’a pas initialement construit un véritable droit du juste échange portant à la fois sur la circulation des marchandises et sur leurs conditions sociales de production.

📌 Dans le système commercial, la figure du consommateur bénéficiant de produits plus nombreux et moins coûteux tend à gagner en importance par rapport à celle du travailleur protégé par l’État-providence.

  • Les États du Sud invoquent la logique ricardienne des avantages comparatifs : les différences de coûts de production, notamment celles dues au coût du travail, contribuent aux avantages permettant aux États de participer au commerce international.

  • La question sociale demeure principalement renvoyée vers l’OIT plutôt qu’intégrée au programme normatif de l’OMC.

📌 Les travailleurs sont beaucoup moins mobiles que le capital et restent largement tributaires du niveau de protection sociale offert par leur État.

  • Le système commercial multilatéral organise principalement la circulation des marchandises et lutte contre les discriminations qui pourraient frapper les produits à l’entrée des marchés étrangers.

📌 Une réglementation poursuivant un objectif non marchand n’est pas automatiquement interdite, mais elle doit être conciliée avec les disciplines commerciales et, si elle est incompatible avec une obligation de l’OMC, relever éventuellement d’une exception prévue par les accords.

Compléments

  • Quinn Slobodian, notamment dans son ouvrage Globalists, a reconstitué l’histoire intellectuelle de l’École de Genève, qui rassemble des penseurs libéraux et néolibéraux, économistes et juristes, dont Friedrich Hayek, Wilhelm Röpke, Ludwig von Mises et, plus tard, Ernst-Ulrich Petersmann.

  • Le projet de l’École de Genève consiste à construire des institutions juridiques internationales protégeant le fonctionnement du marché, sans nécessairement faire disparaître l’État.

  • Dans cette conception, les États doivent garantir les conditions du libre fonctionnement des marchés et de la concurrence entre produits nationaux et étrangers.

  • Une constitution économique internationale doit empêcher les États de remettre en cause les mécanismes du marché par des interventions jugées excessives.

Astuce mémo

Le consommateur bénéficie de l’ouverture, tandis que le travailleur dépend des protections sociales de son État.

15. Commerce et protection environnementale

Notions clés & Définitions

  • Développement durable : Cherche à concilier le développement économique, la protection sociale et la préservation de l’environnement.

★ À maîtriser

  • À ses débuts, l’approche environnementale du GATT vise surtout à éviter que les politiques contre la pollution ne créent de nouveaux obstacles au commerce ou ne deviennent du protectionnisme vert.

📌 L’article 3, paragraphe 5, de la CCNUCC prévoit que les mesures contre les changements climatiques, y compris unilatérales, ne doivent constituer ni une discrimination arbitraire ou injustifiable ni une restriction déguisée au commerce international.

📌 Le chapeau de l’article 20 du GATT exige que les mesures relevant de ses exceptions ne soient pas appliquées de manière à constituer une discrimination arbitraire ou injustifiable entre les pays où les mêmes conditions existent, ni une restriction déguisée au commerce international.

  • L’article 20 vise notamment les mesures relatives à : la protection de la moralité publique, la protection de la vie ou de la santé des personnes, des animaux ou des végétaux, la conservation des ressources naturelles épuisables

📌 La libéralisation des échanges repose historiquement sur l’augmentation des échanges, de la production et de la croissance, tandis que certaines conceptions de la protection environnementale appellent à réduire certaines productions, consommations de ressources et émissions.

  • L’écologisation du droit international économique suppose de mettre les disciplines économiques au service de la protection des biens communs et d’intégrer effectivement les conséquences sociales et environnementales de la production et des échanges.

Compléments

  • Les réflexions liées à la Conférence de Stockholm insistent sur le fait que les politiques environnementales ne doivent pas servir de prétexte à des discriminations commerciales ou à une réduction arbitraire de l’accès aux marchés.

  • La Convention de Rotterdam, relative à certains produits chimiques et pesticides dangereux faisant l’objet d’un commerce international, reconnaît que les politiques commerciales et environnementales doivent se soutenir mutuellement.

  • Le préambule du Protocole de Cartagena affirme que les accords commerciaux et environnementaux doivent être mutuellement complémentaires dans la perspective du développement durable.

📌 Le Protocole de Cartagena précise qu’il ne doit pas être interprété comme modifiant les droits et obligations découlant d’autres accords internationaux, sans que cette formulation subordonne le protocole à ces accords.

  • Dans une conception critique, le développement durable peut apparaître comme un oxymore lorsqu’il prétend résoudre les conséquences écologiques de la croissance par la poursuite indéfinie de cette même croissance.

  • La décroissance de certaines pressions environnementales ne peut pas nécessairement être obtenue par la seule augmentation quantitative de la production.

  • Le droit international de l’environnement a longtemps formulé ses normes en tenant compte de la nécessité de ne pas perturber excessivement le commerce international, ce qui révèle une prééminence fonctionnelle historique de la logique commerciale.

Astuce mémo

Le chapeau de l’article 20 protège l’espace des exceptions tout en interdisant les discriminations commerciales arbitraires.

16. Subventions à la pêche et biens communs

★ À maîtriser

  • L’Accord sur les subventions à la pêche est le premier accord multilatéral de l’OMC dont la durabilité environnementale constitue le cœur de l’objet.

  • L’Accord sur les subventions à la pêche établit des règles juridiquement contraignantes destinées à lutter contre certaines subventions contribuant à l’épuisement des ressources halieutiques.

📌 L’Accord sur les subventions à la pêche prohibe certaines subventions concernant l’exploitation de stocks surexploités et encadre celles relatives aux activités de pêche hors de la juridiction des États côtiers et de la compétence des organisations régionales de gestion des pêches.

📌 L’Accord sur les subventions à la pêche mobilise les disciplines commerciales pour lutter directement contre la surexploitation d’une ressource naturelle commune, au lieu de se limiter à déterminer si une mesure étatique entrave la circulation des marchandises.

  • Les subventions excessives des États à leurs flottes peuvent augmenter les capacités de pêche et contribuer ainsi à l’épuisement des stocks de poissons.

Compléments

  • La ressource halieutique est appréhendée par l’accord comme un bien commun environnemental dont la préservation justifie des obligations commerciales imposées aux États.

📌 Le droit des subventions, traditionnellement destiné à lutter contre les distorsions de concurrence dans le commerce international, est mobilisé par l’accord sur la pêche pour atteindre une finalité écologique.

  • Les pays en développement et les PMA peuvent dépendre fortement des ressources halieutiques et ne pas disposer des capacités financières, administratives ou techniques nécessaires pour transformer rapidement leurs politiques de pêche.

  • Un Fonds de l’OMC pour la pêche a été créé afin de fournir une assistance technique et un renforcement des capacités aux pays en développement et aux PMA.

Astuce mémo

Subventions excessives → capacités de pêche accrues → épuisement des stocks.

17. L’OMC face aux enjeux environnementaux

★ À maîtriser

📌 L’Accord sur les subventions à la pêche interdit les subventions accordées à la pêche illicite, non déclarée et non réglementée, prohibe certaines subventions concernant les stocks surexploités et encadre certaines activités de pêche hors des juridictions côtières et de la compétence des organisations régionales de gestion des pêches.

  • Les subventions excessives peuvent accroître les capacités de pêche et contribuer à l’épuisement des stocks de poissons, ce qui mobilise le droit des subventions à des fins écologiques.

📌 L’Accord sur les subventions à la pêche relève du règlement des différends de l’OMC, qui vise principalement la mise en conformité, notamment le retrait ou la modification d’une mesure incompatible, et non l’indemnisation directe d’un dommage environnemental.

  • Les Discussions structurées sur le commerce et la durabilité environnementale sont informelles et ne créent pas de nouvelles obligations comparables à celles des accords de l’OMC.

Compléments

  • Le Fonds de l’OMC pour la pêche fournit une assistance technique et renforce les capacités des pays en développement et des PMA afin de les aider à appliquer leurs obligations et à gérer durablement leurs ressources halieutiques.

  • Les Discussions structurées sur le commerce et la durabilité environnementale réunissaient 76 membres de l’OMC représentant plus de 85 % du commerce mondial.

  • Les quatre groupes de travail portent sur :

    • les mesures commerciales liées au climat
    • les biens et services environnementaux
    • l’économie circulaire et la circularité
    • les subventions
  • Le Dialogue sur la pollution par les plastiques et le commerce des plastiques écologiquement durable a été lancé en novembre 2020 par plusieurs membres de l’OMC.

  • Le dialogue de l’OMC sur les plastiques vise à améliorer la transparence des flux commerciaux, renforcer la coopération réglementaire, identifier des politiques commerciales plus durables et coordonner les travaux de l’OMC avec d’autres initiatives internationales.

Astuce mémo

D’abord le commerce entrave-t-il l’environnement ? Puis comment le commerce peut-il le protéger ?

18. Le règlement européen sur la déforestation

Notions clés & Définitions

  • Règlement sur la déforestation importée : Instrument qui conditionne l’accès au marché de l’Union européenne au respect d’exigences visant à lutter contre la déforestation et la dégradation des forêts.
  • Fuite de carbone : Déplacement d’une production fortement émettrice vers un État moins contraignant, ou remplacement de produits européens par des importations plus intensives en carbone, en raison de normes climatiques européennes plus exigeantes.
  • Responsabilités communes mais différenciées : Principe selon lequel tous les États participent à la protection de l’environnement, mais que leur contribution peut varier selon leur situation économique et leur responsabilité historique dans les dégradations environnementales.
  • Avantages comparatifs : La spécialisation d’un État dans les productions pour lesquelles son coût d’opportunité est relativement le plus faible, suivie d’échanges avec les autres États.
  • Libre-échange : Le libre-échange apparaît au XVIIIe siècle comme une théorie d’économie politique développée notamment par Adam Smith dans Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations, publié en 1776, puis par Ricardo dans Principes de l’économie politique et de l’impôt, publié en 1817.
  • Mercantilisme : Une doctrine selon laquelle les États doivent maximiser leurs exportations et minimiser leurs importations afin d’accumuler des métaux précieux et des réserves monétaires.

Points essentiels

📌 Les produits concernés mis sur le marché de l’Union ou exportés depuis celui-ci doivent être exempts de déforestation et avoir été produits conformément à la législation pertinente du pays de production.

  • La diligence raisonnable impose aux opérateurs de collecter des informations sur la provenance des produits, notamment la géolocalisation des parcelles, puis de vérifier que les matières premières n’ont pas été produites sur des terres déboisées après le 31 décembre 2020.

  • Le MACF impose aux importateurs de certains produits un coût sur les émissions incorporées, équivalent à celui supporté par les producteurs européens dans le cadre du système européen d’échange de quotas d’émission.

  • Le MACF concerne six secteurs :

    • le ciment
    • le fer et l’acier
    • l’aluminium
    • les engrais
    • l’électricité
    • l’hydrogène

📌 Les obligations juridiques du MACF pèsent principalement sur l’importateur européen, même si le mécanisme incite indirectement les producteurs étrangers à réduire et documenter les émissions incorporées dans leurs produits.

📌 La compatibilité du MACF avec le droit de l’OMC demeure juridiquement discutée et ne permet pas d’affirmer que le mécanisme est contraire à ce droit.

  • Le principe des responsabilités communes mais différenciées affirme que tous les États doivent contribuer à la protection de l’environnement, mais que leur contribution peut différer selon leur situation économique et leur responsabilité historique dans les dégradations environnementales.

📌 Deux conceptions s’opposent : l’une utilise le commerce et sa réglementation pour protéger des valeurs non marchandes comme le climat, la biodiversité et les forêts, tandis que l’autre privilégie les caractéristiques des produits échangés et accorde moins d’importance à leurs méthodes de production.

  • Ricardo soutient que tous les pays peuvent avoir intérêt à participer aux échanges internationaux, même sans avantage absolu, en se spécialisant dans le secteur où leur productivité relative est la meilleure. - Principes de l’économie politique et de l’impôt, 1817

Tableaux de synthèse

Régimes du commerce et de l’investissement

DimensionCommerceInvestissements
Organisation dominanteOMC et système commercial multilatéralRéseau largement fragmenté de TBI
Accords fréquentsAccords multilatéraux et préférentielsTraités entre État d’origine et État d’accueil
Bénéficiaires des protectionsÉtats et acteurs concernés par les échangesInvestisseurs privés bénéficiant de droits réflexes

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