★ À maîtriser
📌 Le caractère international d’une opération se caractérise par un faisceau d’indices et non par un critère unique.
📌 Le conflit de juridictions détermine le juge compétent, tandis que le conflit de lois détermine la loi applicable à la relation juridique.
Compléments
En principe, les arbitres appliquent les règles de droit, mais les parties peuvent les autoriser à statuer comme amiables compositeurs en prenant davantage en considération l’équité.
Les arbitres ne disposant pas eux-mêmes de moyens de contrainte, l’exécution forcée d’une sentence arbitrale nécessite le concours des États.
Juge compétent ≠ loi applicable
★ À maîtriser
📌 Les conventions de droit matériel uniforme unifient directement des règles de fond, tandis que les conventions de droit international privé harmonisent les règles permettant de déterminer la loi applicable.
Les règles étatiques restent prépondérantes dans le commerce international, même si les conventions internationales et les sources régionales y occupent une place importante.
La Convention de Vienne du 11 avril 1980 établit des règles matérielles communes applicables à certaines ventes internationales de marchandises.
La Convention de New York du 10 juin 1958 facilite la reconnaissance et l’exécution, dans un État partie, des sentences arbitrales rendues dans un autre État partie.
Le règlement Rome I du 17 juin 2008 porte sur la loi applicable aux obligations contractuelles, tandis que le règlement Rome II du 11 juillet 2007 concerne les obligations non contractuelles.
Compléments
📌 L’article 9 de la Convention de Vienne de 1980 lie les parties aux usages auxquels elles ont consenti et, sous certaines conditions, aux usages largement connus et régulièrement observés dans le commerce international, dont elles avaient ou auraient dû avoir connaissance.
📌 L’article 1511 du Code de procédure civile impose au tribunal arbitral de tenir compte des usages du commerce dans tous les cas.
Le règlement d’arbitrage de la CCI devient applicable lorsque les parties choisissent de soumettre leur litige à l’arbitrage de la CCI, et sa force obligatoire provient alors principalement de leur choix contractuel.
La Loi type de la CNUDCI sur l’arbitrage commercial international, adoptée en 1985 et modifiée en 2006, a inspiré les législations relatives à l’arbitrage de nombreux États.
Soft law choisie, usage parfois applicable sans incorporation expresse
★ À maîtriser
Compléments
La dimension normative de la lex mercatoria comprendrait les usages, des principes généraux comme pacta sunt servanda et la bonne foi, ainsi que des codifications professionnelles et des contrats types.
Dans la conception de la lex mercatoria, les organismes professionnels contribueraient à élaborer des règles et les arbitres à les révéler ou les préciser par leurs sentences.
Paul Lagarde a publié en 1982 l’article « Approche critique de la lex mercatoria » dans les Mélanges offerts à Berthold Goldman.
Une société de marchands bâtissant ses propres règles et institutions
★ À maîtriser
Les critiques de la lex mercatoria soulignent que ses usages et contrats types sont souvent sectoriels ou facultatifs et que ses institutions forment un ensemble dispersé plutôt qu’un système cohérent.
L’arbitre tire initialement son pouvoir de la convention d’arbitrage, tandis que le juge étatique exerce une fonction fondée sur l’ordre juridique de l’État.
Devant un juge étatique appliquant Rome I, les parties doivent choisir un droit étatique comme loi applicable, mais elles peuvent incorporer des règles non étatiques au contrat comme stipulations contractuelles.
En arbitrage international, les parties peuvent choisir des règles non étatiques, des principes généraux du commerce international ou la lex mercatoria pour régir leur litige.
Compléments
Devant le juge, droit étatique ; en arbitrage, règles non étatiques possibles
★ À maîtriser
📌 La validation d’une sentence fondée sur la lex mercatoria ne reconnaît pas nécessairement un ordre juridique transnational autonome, car elle peut s’expliquer par le contrôle limité du juge étatique sur les sentences internationales.
📌 Devant un juge étatique appliquant Rome I, les parties ne peuvent choisir comme loi applicable au contrat qu’un droit étatique, mais peuvent incorporer des règles non étatiques comme stipulations contractuelles dans les limites de la loi applicable.
Compléments
📌 L’application de la lex mercatoria par l’arbitre constitue une décision en droit, tandis que l’amiable composition autorise l’arbitre à introduire davantage d’équité et, dans certaines conditions, à s’écarter des effets d’une application rigoureuse du droit.
Devant le juge étatique, droit étatique choisi ; en arbitrage, lex mercatoria possible
★ À maîtriser
Compléments
La lex mercatoria ne domine pas le commerce international : les États continuent d’édicter des règles et les règles étatiques restent prépondérantes dans les opérations internationales.
Le Livre IV du Code de procédure civile distingue l’arbitrage interne de l’arbitrage international, et son article 1504 qualifie d’international l’arbitrage mettant en cause les intérêts du commerce international.
Règle interne ordinaire ou règle spécialement conçue pour l’international
★ À maîtriser
📌 Les conventions internationales de droit uniforme déterminent leurs propres critères d’application spatiale, qui peuvent dépendre ou non des règles de conflit de lois.
📌 Selon l’article 1er, paragraphe 1, de la CVIM, la Convention s’applique si les parties sont établies dans des États différents qui sont contractants ou si les règles de droit international privé conduisent à appliquer la loi d’un État contractant.
Compléments
Une juridiction britannique saisie d’un litige de vente internationale peut appliquer la CVIM selon ses critères propres ou appliquer ses règles de conflit, lesquelles peuvent désigner la loi d’un État partie à la Convention.
Dans la méthode des règles matérielles internationales illustrée par Messageries Maritimes, la règle spéciale peut s’appliquer même contrairement aux règles impératives de la loi interne appelée à régir la situation.
★ À maîtriser
📌 L’article 3, paragraphe 3, de Rome I permet un choix de loi étrangère dans un contrat dont tous les autres éléments sont localisés dans un même pays, mais ce choix ne peut écarter les dispositions impératives de la loi de ce pays.
Compléments
📌 Le critère juridique peut qualifier d’international un contrat dont le seul élément étranger est une nationalité, alors que l’opération économique se déroule entièrement dans un même pays.
★ À maîtriser
📌 La nationalité d’une société et sa lex societatis sont deux notions distinctes, même si elles se superposent fréquemment en pratique.
Compléments
L’étude des acteurs du commerce international porte notamment sur les sociétés dotées de la personnalité morale et sur les États lorsqu’ils interviennent comme acteurs commerciaux, par exemple en concluant des contrats de fourniture avec des entreprises étrangères.
La loi du 30 mai 1957 imposait aux sociétés anonymes étrangères, pour exercer certains droits en France dont celui d’ester en justice, de disposer d’un décret en Conseil d’État ou d’une convention diplomatique avec leur État d’origine.
Nationalité de la société ≠ loi qui la régit
★ À maîtriser
Le critère de l’incorporation rattache la société à l’ordre juridique dans lequel elle a été constituée et immatriculée, tandis que le critère du siège la rattache au lieu de son siège.
Le siège statutaire est celui qui figure dans les statuts, tandis que le siège réel est le lieu où la société est effectivement dirigée et administrée.
L’article 1837, alinéa 1er, du Code civil soumet à la loi française toute société dont le siège est situé en France, et une règle comparable figure à l’article L. 210-3 du Code de commerce.
Compléments
Le critère de l’incorporation respecte le choix des fondateurs, mais peut permettre de choisir un droit des sociétés libéral sans lien réel avec la société, comme au Delaware.
En droit français, les tiers peuvent invoquer le siège statutaire déclaré par la société et peuvent également opposer à celle-ci la localisation effective de son siège lorsque le siège réel diffère du siège statutaire.
Incorporation : choix des fondateurs ; siège réel : localisation effective
La lex societatis régit en principe les questions directement liées à l’existence et au fonctionnement de la société, sous réserve de l’intervention éventuelle de lois de police.
La lex societatis régit notamment :
★ À maîtriser
📌 En droit français, le critère du siège prévaut pour déterminer la lex societatis, avec des arguments en faveur du siège statutaire, tandis que la nationalité de la société peut davantage dépendre du siège réel.
📌 Selon l’arrêt Wunner du 15 juillet 2026, la responsabilité d’un dirigeant liée à ses fonctions sociales relève du droit des sociétés, tandis que celle découlant d’une obligation située en dehors de la vie de la société relève de la responsabilité extracontractuelle. - CJUE
📌 La lex societatis détermine en principe qui représente la société et l’étendue des pouvoirs de ses dirigeants, y compris dans leurs relations avec les tiers.
Compléments
📌 Selon l’arrêt Cour de cassation, 8 juillet 2009, Soerni, une société ne peut invoquer sa lex societatis pour invalider une clause d’arbitrage international signée en son nom lorsque le signataire était légitimement cru habilité à l’engager.
Le siège statutaire rend la loi prévisible ; le siège réel peut compter pour la nationalité.
★ À maîtriser
📌 Les règles de concurrence peuvent s’appliquer selon le critère des effets lorsqu’une opération produit ou peut produire des effets anticoncurrentiels sur un marché, même si l’État concerné n’est celui d’aucune des lex societatis en cause.
📌 Une société cotée sur le marché financier d’un État est soumise aux règles impératives de ce marché, même si sa lex societatis relève d’un autre État.
Compléments
📌 L’article L. 123-1 du Code de commerce impose l’immatriculation au RCS d’une société étrangère qui ouvre un établissement en France, et les éléments qui auraient dû être publiés ne sont pas opposables aux tiers si les formalités requises n’ont pas été accomplies.
Présence sur un marché → application de ses règles impératives.
★ À maîtriser
📌 Le transfert international du siège peut entraîner un changement de lex societatis sans imposer nécessairement la dissolution de la société ni la disparition de sa personnalité morale.
📌 La loi de l’État de départ détermine si la société peut transférer son siège à l’étranger et à quelles conditions, notamment pour protéger les associés minoritaires.
Compléments
📌 Les articles L. 222-9, alinéa 1er, et L. 223-30, alinéa 1er du Code de commerce soumettent à l’unanimité le changement de nationalité de la société, règle mobilisée pour le transfert international du siège.
📌 Pour une société anonyme, le changement de nationalité peut être décidé par l’assemblée générale extraordinaire sans unanimité si une convention spéciale avec l’État d’accueil permet l’acquisition de sa nationalité, le transfert du siège et le maintien de la personnalité juridique.
Départ autorisé → accueil organisé → personnalité maintenue.
★ À maîtriser
📌 Dans une fusion internationale, chaque lex societatis s’applique distributivement aux questions propres à la société qu’elle régit, tandis que les questions communes à plusieurs sociétés sont soumises cumulativement aux lois concernées.
Compléments
📌 La transmission du patrimoine lors d’une fusion est une opération insécable, car la sortie du patrimoine d’une société et son entrée dans celui de la société absorbante ne peuvent être artificiellement séparées entre les lois applicables.
Les lois nationales peuvent appréhender différemment la transmission issue d’une fusion, par exemple comme une transmission universelle du patrimoine ou comme le transfert distinct des éléments d’actif et de passif.
Le changement de loi applicable aux droits et obligations des associés, comparable à celui d’un transfert international de siège, a contribué à la rareté des fusions internationales.
Des instruments de l’Union européenne ont été mis en place afin de faciliter certaines opérations de mobilité des sociétés et les fusions transfrontalières.
Questions propres à une société : application distributive ; questions communes : application cumulative.
| Source | Mode d’application | Effet |
|---|---|---|
| Soft law | Choix ou incorporation par les parties | Valeur contractuelle en principe |
| Usage | Pratique reconnue dans un secteur | Peut s’appliquer sans incorporation expresse |
| Cadre | Choix possible | Portée |
|---|---|---|
| Juridiction étatique sous Rome I | Droit étatique comme loi applicable | Règles non étatiques incorporables au contrat |
| Arbitrage international | Droit étatique ou règles non étatiques | Choix possible de la lex mercatoria |
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1. Comment détermine-t-on le caractère international d’une opération juridique ?
2. Dans un litige international, que permet de distinguer la différence entre conflit de juridictions et conflit de lois ?
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Comment se caractérise le caractère international d’une opération ?
Par un faisceau d’indices, et non par un critère unique.
Que détermine un conflit de juridictions ?
Le juge compétent.
Que détermine un conflit de lois ?
La loi applicable à la relation juridique.
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