Fiche de révision : Droits de la personnalité

Plan du Cours

  1. Nature des droits de la personnalité
  2. Inviolabilité du corps humain
  3. Consentement et actes médicaux
  4. Identité génétique et intégrité humaine
  5. Biomédecine et dignité humaine
  6. Autonomie corporelle et fin de vie
  7. Droit à l’honneur et diffamation
  8. Présomption d’innocence et médias
  9. Droit moral de l’auteur
  10. Notion de vie privée
  11. Atteintes et limites à la vie privée
  12. Sanctions de l’atteinte à la vie privée
  13. Droit à l’image
  14. Secret des correspondances

1. Nature des droits de la personnalité

Points essentiels

📌 Les droits de la personnalité sont des droits subjectifs extrapatrimoniaux, intransmissibles, insaisissables et non achetables, même s’ils peuvent avoir des implications financières.

  • Les droits de la personnalité se répartissent en trois axes :
    • Le respect de l’intégrité physique
    • Le respect de l’intégrité morale
    • Le respect de la vie privée

2. Inviolabilité du corps humain

★ À maîtriser

📌 L’article 16-1 du Code civil consacre l’inviolabilité du corps humain, qui interdit en principe toute atteinte physique à une personne.

Compléments

  • En droit pénal, blesser une personne constitue une infraction même si la blessure est involontaire.

📌 Une blessure causée dans le respect des règles d’un sport n’est pas fautive selon l’exemple.

Astuce mémo

Le consentement est nécessaire, mais pas toujours suffisant.

3. Consentement et actes médicaux

Points essentiels

📌 L’article 16-3 du Code civil autorise une atteinte médicale au corps si elle répond à une nécessité médicale pour la personne et si son consentement a été recueilli au préalable.

  • Depuis le 4 mars 2002, les bases de la démocratie sanitaire font du patient un acteur des décisions concernant sa santé et s’opposent au paternalisme médical.

📌 Toute personne a droit à l’information sur son état de santé, notamment sur les risques et les alternatives, afin de pouvoir consentir aux soins.

📌 Le refus d’un traitement doit être respecté, sauf notamment en cas d’urgence vitale permettant de réanimer la personne et de la stabiliser avant de consulter ses directives anticipées.

  • Depuis la loi Leonetti-Claeys de 2016, les directives anticipées exprimant un refus de soin s’imposent en principe aux médecins, qui peuvent les écarter si elles ne sont pas adaptées à la situation médicale.

Astuce mémo

Le paternalisme médical cède la place au patient acteur.

4. Identité génétique et intégrité humaine

★ À maîtriser

  • L’empreinte génétique sert notamment à identifier une personne ou à établir des liens de parenté, tandis que les caractéristiques génétiques renseignent notamment sur les maladies génétiques.

  • Le recueil de caractéristiques génétiques n’est permis qu’à des fins médicales ou de recherche scientifique et suppose le consentement de la personne ainsi que l’autorisation de la loi.

  • En matière civile, l’utilisation d’une empreinte génétique est limitée aux actions relatives à la filiation et le prélèvement sur une personne décédée exige son accord exprès manifesté de son vivant, conformément à l’article 16-11 du Code civil.

  • L’article 16-4 du Code civil protège l’intégrité de l’espèce humaine en interdisant les pratiques eugéniques et les modifications génétiques d’embryons in vitro.

Compléments

📌 Une analyse génétique après le décès n’est possible que si la personne ne s’y est pas opposée de son vivant et qu’un membre de la famille y consent, conformément à l’article L. 1130-4 du Code de la santé publique.

📌 Les résultats génétiques susceptibles d’intéresser la famille peuvent être communiqués aux personnes concernées de manière anonyme ou non, même si la personne testée ne souhaite pas connaître ses propres résultats.

Astuce mémo

L’empreinte identifie ; les caractéristiques renseignent sur la santé.

5. Biomédecine et dignité humaine

Notions clés & Définitions

  • Dignité humaine : Interdit de traiter une personne comme une chose et fonde la protection de l’être humain.

★ À maîtriser

  • Dans l’arrêt Commune de Morsang-sur-Orge du 27 octobre 1995, le Conseil d’État a jugé qu’un maire pouvait interdire un spectacle de lancer de nain au nom de la dignité humaine, même avec le consentement de la personne concernée.

  • Les trois principes fondamentaux encadrant les pratiques bioéthiques sont :

    • Le consentement libre, éclairé et révocable
    • La gratuité
    • L’anonymat

Compléments

  • La loi du 29 juillet 1994 relative à la protection du corps humain a introduit dans le Code civil les articles 16-1 et suivants et consacré la dignité humaine à l’article 16.

  • La loi bioéthique de 2021 permet aux femmes de conserver leurs ovocytes sans devoir en donner une partie, contrairement au dispositif en vigueur de 2011 à 2021.

Astuce mémo

CGA : consentement, gratuité, anonymat.

6. Autonomie corporelle et fin de vie

★ À maîtriser

  • Le droit français ne reconnaît pas de droit général à disposer de son corps, même si l’automutilation et le suicide ne sont pas interdits en eux-mêmes.

  • Le droit français ne légalise pas l’euthanasie, définie comme la possibilité pour une personne de demander qu’une autre provoque sa mort.

  • L’obstination déraisonnable désigne un traitement inutile qui n’a d’autre objet que de maintenir artificiellement la vie et qui peut être arrêté après une décision médicale prise au terme d’une procédure collégiale.

  • Le droit français impose de soulager la douleur même si un soulagement efficace peut accélérer le décès, et la loi de 2016 reconnaît un droit à la sédation profonde et continue jusqu’au décès.

Compléments

  • Dans l’arrêt Pretty contre Royaume-Uni, la Cour européenne des droits de l’homme a jugé que l’article 2 de la Convention ne fonde pas un droit à mourir, sans interdire aux États de l’autoriser.

  • L’alimentation artificielle et l’hydratation artificielle sont des traitements au sens retenu par le Conseil d’État et repris par la loi de 2013.

Astuce mémo

Refuser un traitement est possible ; exiger l’euthanasie ne l’est pas.

7. Droit à l’honneur et diffamation

Notions clés & Définitions

  • Diffamation : Allégation ou imputation d’un fait portant atteinte à l’honneur ou à la considération d’une personne.

★ À maîtriser

  • Une information vraie peut aussi constituer une diffamation, après mise en balance de l’honneur et de la réputation avec la liberté d’information.

Compléments

📌 En matière civile, la victime d’une diffamation peut obtenir la cessation de la diffusion, des dommages et intérêts et la publication du jugement par la voie utilisée pour diffuser l’information.

📌 Le droit de réponse permet à une personne attaquée ou critiquée par voie de presse d’obtenir du média un espace pour rectifier, sans devoir engager une action en justice.

8. Présomption d’innocence et médias

Notions clés & Définitions

  • Présomption d’innocence : Impose de considérer toute personne comme innocente jusqu’à sa condamnation par une juridiction pénale compétente selon les règles procédurales.

Points essentiels

  • La loi du 4 janvier 1993 portant réforme de la procédure pénale a remplacé le terme « inculpé » par « mis en examen » et introduit l’article 9-1 du Code civil.

📌 Les médias peuvent informer sur des faits faisant l’objet d’une enquête, mais ne doivent pas présenter comme coupable une personne qui n’a pas été jugée coupable.

Astuce mémo

Informer sur une enquête est permis ; présenter la personne comme coupable ne l’est pas.

9. Droit moral de l’auteur

★ À maîtriser

📌 Le droit moral de l’auteur comprend le droit à la paternité ou à la maternité de l’œuvre et le droit de retrait, tandis que le droit de diffuser et d’exploiter l’œuvre est patrimonial et peut être cédé.

Compléments

  • La pratique du ghostwriting, appelée droit de la négritude littéraire dans le cours, entre en tension avec le droit de paternité ou de maternité de l’œuvre.

Astuce mémo

L’auteur conserve ses droits moraux, mais peut céder ses droits patrimoniaux.

10. Notion de vie privée

★ À maîtriser

📌 La vie privée protégée par l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme comprend une dimension familiale et le droit d’organiser sa vie privée et familiale, tandis que la notion française vise principalement l’intimité que la personne peut légitimement garder secrète.

  • Relèvent notamment de la vie privée les informations sur :
    • La vie sentimentale
    • La maternité
    • La paternité
    • La grossesse
    • La santé
    • L’adresse et le numéro de téléphone
    • Le domicile

📌 Un élément de la vie privée d’un salarié peut justifier un licenciement s’il contredit son contrat ou son travail, mais pas s’il est sans incidence sur l’entreprise.

Compléments

  • La révélation de l’exercice de responsabilités au titre d’une appartenance politique, religieuse ou philosophique ne constitue pas en soi une atteinte à la vie privée selon l’arrêt de la première chambre civile du 12 juillet 2005.

  • Les informations patrimoniales et salariales relèvent de la vie privée des personnes anonymes, mais pas nécessairement de celle des personnes exerçant des responsabilités politiques ou économiques.

  • L’appartenance syndicale d’un salarié peut être publique, mais relève de sa vie privée à l’égard de l’employeur s’il souhaite la garder secrète, selon l’arrêt du 8 juillet 2009.

Astuce mémo

La vie privée au sens de la Convention est plus large qu’en droit français interne.

11. Atteintes et limites à la vie privée

★ À maîtriser

  • La divulgation sans autorisation d’une information relevant de la vie privée constitue une atteinte, et l’autorisation d’un mineur doit être donnée par ses représentants légaux.

  • L’autorisation de divulguer une information privée peut être tacite, mais elle doit être certaine et ne vaut pas renonciation générale au droit au respect de la vie privée.

  • Une première divulgation licite ne permet pas automatiquement toute nouvelle divulgation : la liberté d’informer peut la justifier selon le contexte et l’objectif, contrairement à une finalité purement commerciale.

  • Depuis l’arrêt du 5 avril 2012, une atteinte proportionnée à la vie privée peut être admise pour apporter une preuve lorsqu’elle constitue le seul moyen d’établir un fait en justice.

Compléments

  • La liberté artistique ne suffit pas à elle seule à justifier l’utilisation d’une information relevant de la vie privée, selon l’arrêt du 7 février 2006.

Astuce mémo

L’information peut justifier une nouvelle divulgation ; l’exploitation commerciale, non.

12. Sanctions de l’atteinte à la vie privée

★ À maîtriser

📌 En vertu de l’article 9, alinéa 2, du Code civil, le juge peut prescrire des mesures telles que le séquestre ou la saisie pour empêcher ou faire cesser une atteinte à la vie privée, sans préjudice de la réparation du dommage.

📌 Après le décès d’une personne, ses proches ne peuvent agir au titre de son droit personnel à la vie privée éteint, mais peuvent agir s’ils prouvent une atteinte qui leur est propre.

Compléments

  • Le seul constat d’une atteinte à la vie privée caractérise l’urgence permettant au juge d’intervenir et ouvre droit à réparation.

13. Droit à l’image

★ À maîtriser

  • Le droit à l’image et le droit au respect de la vie privée sont des droits distincts pouvant ouvrir droit à des réparations distinctes, selon l’arrêt du 12 décembre 2000.

  • La captation et la divulgation de l’image d’une personne nécessitent son consentement, lequel doit être spécifique à la finalité et au contexte de la diffusion.

  • La captation d’une image dans un lieu privé exige systématiquement le consentement, même lorsque la liberté d’information est invoquée.

  • Dans un lieu public, l’image captée pour illustrer un événement public, un fait d’actualité ou un débat d’intérêt général ne porte en principe pas atteinte au droit à l’image.

Compléments

📌 Lorsque l’autorité parentale est exercée conjointement, la captation et la divulgation de l’image d’un mineur exigent l’accord des deux parents.

  • La photographie du cadavre du préfet Claude Erignac a été jugée illicite en raison de son caractère indécent et de l’atteinte à la dignité humaine.

📌 Les proches peuvent s’opposer à la reproduction de l’image d’une personne décédée s’ils subissent une atteinte personnelle à leur mémoire du défunt ou au respect qui lui est dû.

Astuce mémo

Lieu privé : consentement systématique ; lieu public : mise en balance avec l’information.

14. Secret des correspondances

★ À maîtriser

  • Le secret des correspondances protège les échanges écrits et oraux, mais les correspondances écrites peuvent faire l’objet d’une mise en balance avec le droit à la preuve tandis que les conversations téléphoniques sont plus strictement encadrées.

  • En matière civile, une correspondance écrite peut être produite sans le consentement de son auteur si elle constitue le seul moyen de prouver un fait en justice.

  • Les messages échangés sur une messagerie professionnelle sont présumés professionnels et accessibles à l’employeur, tandis que les messages identifiés comme personnels sont protégés par le secret des correspondances.

Compléments

📌 La captation de conversations téléphoniques dans le cadre judiciaire exige en principe l’autorisation d’un juge d’instruction et le respect de règles strictes de transcription.

  • En cas de forte suspicion de terrorisme, l’administration peut écouter les conversations téléphoniques de l’intéressé sans autorisation d’un juge d’instruction.

Tableaux de synthèse

Droits moraux et patrimoniaux de l’auteur

DimensionDroits morauxDroits patrimoniaux
NatureExtrapatrimoniauxPatrimoniaux
ContenuPaternité ou maternité, retraitDiffusion et exploitation
CessionIncessiblesCessibles

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Droits de la personnalité avec 42 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Une personne reçoit une indemnisation après une atteinte à son droit à l’image. Quelle caractéristique de ce droit cette indemnisation ne remet-elle pas en cause ?

2. Quels sont les trois axes selon lesquels se répartissent les droits de la personnalité ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Droits de la personnalité avec 75 flashcards interactives.

Quelle est la nature patrimoniale des droits de la personnalité ?

Ce sont des droits extrapatrimoniaux.

Les droits de la personnalité peuvent-ils avoir des implications financières ?

Ils peuvent avoir des implications financières.

Les droits de la personnalité peuvent-ils être transmis ?

Ils sont intransmissibles.

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