QCM : Droits et libertés fondamentaux (40 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quel processus a contribué à faire du droit des libertés fondamentales une discipline autonome, après son rattachement prolongé au droit administratif en France ?

L’internationalisation des droits et des libertés
La codification du droit pénal et de la procédure pénale
La spécialisation des juridictions civiles et commerciales
La décentralisation des compétences administratives

L’internationalisation des droits et des libertés

Explication

L’internationalisation des droits et des libertés a participé à la constitution de cette discipline autonome, auparavant rattachée au droit administratif en France. La spécialisation des juridictions civiles et commerciales ne correspond pas au processus mentionné.

2. Quelle conception de la loi caractérise le légicentrisme ?

La loi tire sa validité du contrôle exercé par un juge international.
La loi protège les libertés en étant soumise au principe de légalité administrative.
La loi est soumise aux droits supérieurs qui encadrent son contenu.
La loi est placée au sommet de la hiérarchie et garantit les droits et libertés.

La loi est placée au sommet de la hiérarchie et garantit les droits et libertés.

Explication

Le légicentrisme place la loi au sommet de la hiérarchie et en fait la source et la garantie des droits et libertés. L’idée que des droits supérieurs bornent la loi correspond plutôt au modèle constitutionnel et conventionnel.

3. Quelle conséquence la décision Liberté d’association du 16 juillet 1971 a-t-elle produite ?

Elle a placé la Convention européenne des droits de l’homme sous l’autorité du juge constitutionnel.
Elle a instauré la question prioritaire de constitutionnalité pour les justiciables.
Elle a reconnu une valeur juridique contraignante au préambule de la Constitution de 1958.
Elle a donné une valeur législative au bloc de constitutionnalité.

Elle a reconnu une valeur juridique contraignante au préambule de la Constitution de 1958.

Explication

Par cette décision, le Conseil constitutionnel a reconnu une valeur juridique contraignante au préambule de la Constitution de 1958. La QPC a été instaurée bien plus tard, par la révision constitutionnelle de 2008.

4. Quel mécanisme institutionnel la Convention européenne des droits de l’homme met-elle en place pour protéger les libertés fondamentales ?

La garantie d’un juge international
La garantie d’un recours devant les juridictions administratives nationales
La garantie d’une médiation entre les gouvernements signataires
La garantie d’un contrôle parlementaire européen

La garantie d’un juge international

Explication

La Convention place la protection des libertés fondamentales sous la garantie d’un juge international. Un contrôle parlementaire européen ne constitue pas le mécanisme de garantie décrit.

5. Quelle caractéristique exprime la transversalité du droit des libertés fondamentales ?

Il porte sur les rapports privés, tandis que l’action publique dépend de règles séparées.
Il franchit les frontières entre droit public et droit privé, ainsi qu’entre droit interne et droit international.
Il relève principalement du droit public et s’applique aux rapports entre institutions nationales.
Il concerne le droit interne, tandis que les relations internationales relèvent d’un régime distinct.

Il franchit les frontières entre droit public et droit privé, ainsi qu’entre droit interne et droit international.

Explication

Le droit des libertés fondamentales dépasse à la fois la distinction entre droit public et droit privé et celle entre droit interne et droit international. Le limiter aux rapports entre institutions nationales néglige précisément cette transversalité.

6. Une justiciable estime qu’une loi porte atteinte aux droits garantis par la Constitution : quel mécanisme, instauré en 2008, peut-elle mobiliser pour en contester la conformité ?

La saisine de la Cour européenne des droits de l’homme contre la loi
La demande de contrôle de légalité adressée au préfet
Le recours pour excès de pouvoir devant le juge administratif
La question prioritaire de constitutionnalité devant le Conseil constitutionnel

La question prioritaire de constitutionnalité devant le Conseil constitutionnel

Explication

La révision constitutionnelle du 23 juillet 2008 a instauré la QPC, qui permet à tout justiciable de contester devant le Conseil constitutionnel la conformité d’une loi aux droits et libertés garantis par la Constitution. Le recours pour excès de pouvoir vise le contrôle juridictionnel d’actes administratifs, non ce mécanisme de contrôle de la loi.

7. Lorsqu’un citoyen conteste une mesure de police administrative, par quel moyen le droit administratif contribue-t-il à protéger ses libertés ?

En déterminant les conditions d’une atteinte à la liberté individuelle pendant une garde à vue
En permettant au justiciable de contester une loi devant le Conseil constitutionnel
En garantissant aux droits un contrôle par un juge international
En soumettant l’administration au principe de légalité et en permettant le contrôle juridictionnel de ses actes

En soumettant l’administration au principe de légalité et en permettant le contrôle juridictionnel de ses actes

Explication

Le droit administratif protège les libertés en soumettant l’administration au principe de légalité et en permettant le contrôle juridictionnel de ses actes, notamment ceux de police. Les conditions d’une atteinte à la liberté individuelle lors d’une garde à vue relèvent du droit pénal et de la procédure pénale.

8. Dans quel domaine le droit pénal et la procédure pénale déterminent-ils les conditions auxquelles une atteinte à la liberté individuelle peut être portée ?

Lors de la garantie internationale des libertés fondamentales
Lors du contrôle juridictionnel d’une mesure de police administrative
Lors de l’examen d’une loi par le Conseil constitutionnel
Lors d’une garde à vue

Lors d’une garde à vue

Explication

Le droit pénal et la procédure pénale encadrent les conditions d’atteinte à la liberté individuelle, notamment lors d’une garde à vue. Le contrôle juridictionnel des mesures de police administrative relève plutôt du droit administratif.

9. Comment l’étude des libertés aide-t-elle à comprendre les conflits entre droits concurrents ?

Elle éclaire leur coexistence et les techniques permettant de les concilier.
Elle sépare les rapports entre individus de ceux qui unissent les individus aux pouvoirs.
Elle établit une hiérarchie définitive qui élimine les conflits entre libertés.
Elle transforme les conquêtes historiques en droits définitivement garantis.

Elle éclaire leur coexistence et les techniques permettant de les concilier.

Explication

L’étude des libertés permet de comprendre leur coexistence, les rapports entre individus et pouvoirs, ainsi que les techniques de conciliation des droits concurrents. Elle ne supprime pas les conflits en établissant une hiérarchie définitive entre les libertés.

10. Pourquoi les droits ne peuvent-ils pas être considérés comme définitivement acquis ?

Parce que leur reconnaissance dépend exclusivement de l’arbitrage entre libertés concurrentes.
Parce que leur évolution se limite à l’apparition de droits liés aux nouvelles technologies.
Parce qu’ils sont protégés par des normes susceptibles d’être remplacées par des accords privés.
Parce qu’ils résultent de conquêtes historiques et restent exposés à la régression ou à l’extinction.

Parce qu’ils résultent de conquêtes historiques et restent exposés à la régression ou à l’extinction.

Explication

Les droits résultent de conquêtes historiques et peuvent connaître une régression ou une extinction. L’apparition de droits liés aux nouvelles technologies est une évolution possible, mais n’explique pas à elle seule la fragilité générale des droits acquis.

11. Un juriste doit analyser un conflit entre liberté d’expression, liberté religieuse, vie privée et ordre public : en quoi la connaissance des libertés lui est-elle utile ?

Elle l’aide à réfléchir aux arbitrages entre ces droits et intérêts concurrents.
Elle lui indique que les libertés concernées relèvent de branches du droit sans lien entre elles.
Elle lui permet de faire prévaloir l’ordre public sur les libertés en conflit.
Elle lui permet de déterminer si une liberté a été reconnue ou remise en cause, sans examiner de conflits.

Elle l’aide à réfléchir aux arbitrages entre ces droits et intérêts concurrents.

Explication

La connaissance des libertés aide le juriste à réfléchir aux arbitrages entre des droits et intérêts tels que l’expression, la religion, la vie privée et l’ordre public. Repérer la reconnaissance ou la remise en cause d’une liberté est utile au citoyen, mais ne remplace pas l’analyse des arbitrages demandée ici.

12. Comment définir la liberté comme faculté individuelle ?

Le pouvoir d’obtenir des prestations financées par la collectivité
L’obligation de conformer son comportement aux décisions publiques
La garantie juridique d’exercer des droits organisés par l’État
La capacité d’agir de manière autonome et de choisir son comportement

La capacité d’agir de manière autonome et de choisir son comportement

Explication

La liberté désigne la capacité de la personne à agir de façon autonome et à choisir son propre comportement. La garantie juridique organisée par l’État caractérise plutôt les libertés publiques.

13. Quelle affirmation distingue la liberté personnelle de sa reconnaissance comme liberté publique ?

La liberté naît avec la loi, tandis qu’une liberté publique existe avant toute intervention institutionnelle
La liberté et la liberté publique sont toutes deux indépendantes de la reconnaissance juridique
La liberté préexiste au droit, tandis qu’une liberté publique est reconnue et organisée par les pouvoirs publics
La liberté est accordée par les pouvoirs publics, tandis qu’une liberté publique découle de la vie sociale

La liberté préexiste au droit, tandis qu’une liberté publique est reconnue et organisée par les pouvoirs publics

Explication

La liberté est une capacité de la personne antérieure à sa reconnaissance juridique, alors que la liberté publique suppose une reconnaissance et une organisation par les pouvoirs publics. L’idée que la liberté naît avec la loi inverse cette distinction.

14. Selon l’article 4 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, comment l’exercice de la liberté est-il encadré ?

Il est limité par les exigences économiques, définies par les accords entre citoyens
Il est limité par les décisions administratives, qui déterminent les droits de chacun
Il est limité par la nécessité de ne pas nuire à autrui, et la loi en fixe les bornes
Il est limité par les convictions individuelles, qui déterminent les règles communes

Il est limité par la nécessité de ne pas nuire à autrui, et la loi en fixe les bornes

Explication

L’article 4 définit la liberté comme le pouvoir de faire tout ce qui ne nuit pas à autrui et confie à la loi la détermination des bornes de son exercice. Les décisions administratives ne sont pas présentées comme l’autorité chargée de fixer ces bornes.

15. Quelle distinction permet de reconnaître un droit-créance par rapport à une liberté publique ?

Un droit-créance protège la réunion et la pensée, tandis qu’une liberté publique garantit le logement et la santé
Un droit-créance permet l’autodétermination, tandis qu’une liberté publique requiert une prestation collective
Un droit-créance requiert l’intervention de la collectivité, tandis qu’une liberté publique permet l’autodétermination
Un droit-créance relève de la loi pénale, tandis qu’une liberté publique dépend d’un financement social

Un droit-créance requiert l’intervention de la collectivité, tandis qu’une liberté publique permet l’autodétermination

Explication

Les droits-créances, tels que le droit au logement ou à la santé, nécessitent l’intervention de la collectivité pour être mis en œuvre, contrairement aux pouvoirs d’autodétermination associés aux libertés publiques. La pensée et la réunion sont des exemples de libertés publiques, et non de droits-créances.

16. Quelle proposition distingue les droits de l’Homme des libertés publiques quant à leur fondement ?

Les droits de l’Homme dépendent des pouvoirs publics, tandis que les libertés publiques relèvent du droit naturel
Les droits de l’Homme et les libertés publiques sont tous deux conçus comme antérieurs au droit positif
Les droits de l’Homme sont garantis par le droit positif, tandis que les libertés publiques sont inhérentes à la personne
Les droits de l’Homme sont inhérents à la personne, tandis que les libertés publiques sont garanties par le droit positif

Les droits de l’Homme sont inhérents à la personne, tandis que les libertés publiques sont garanties par le droit positif

Explication

Les droits de l’Homme sont conçus comme inhérents à la personne, indépendamment de leur reconnaissance publique, tandis que les libertés publiques sont saisies et garanties par le droit positif. La proposition inverse ces deux fondements.

17. À quelle date l’Assemblée générale des Nations unies a-t-elle adopté la Déclaration universelle des droits de l’Homme à Paris ?

Le 10 décembre 1948
Le 24 octobre 1945
Le 10 décembre 1958
Le 10 décembre 1966

Le 10 décembre 1948

Explication

L’Assemblée générale des Nations unies a adopté la Déclaration universelle à Paris le 10 décembre 1948. Le 10 décembre 1966 correspond à une autre période de développement des instruments internationaux, et non à l’adoption de cette Déclaration.

18. Pourquoi la protection régionale des droits de l’Homme peut-elle être plus efficace que la protection universelle ?

Une plus grande homogénéité régionale peut faciliter l’efficacité de la protection
Une diversité culturelle accrue rend les conventions régionales plus faciles à harmoniser
Une autorité politique unique remplace les conventions dans les dispositifs régionaux
Une portée juridique plus large permet aux mécanismes régionaux de s’appliquer partout

Une plus grande homogénéité régionale peut faciliter l’efficacité de la protection

Explication

La protection internationale se développe aux niveaux universel et régional, et l’homogénéité plus grande des régions peut rendre la protection régionale plus efficace. Une portée géographique plus vaste caractériserait plutôt le niveau universel.

19. Que souligne la distinction entre l’expression « droits humains » et les conceptions culturelles asiatiques et africaines des droits ?

L’expression exclut les approches culturelles, tandis que ces conceptions reposent sur une définition juridique commune
L’expression renvoie à une notion morale difficile à cerner juridiquement, tandis que ces conceptions reflètent des logiques culturelles propres
L’expression traduit des droits propres à chaque région, tandis que ces conceptions renvoient à une morale universelle unique
L’expression désigne une catégorie juridique précise, tandis que ces conceptions reprennent une logique culturelle identique

L’expression renvoie à une notion morale difficile à cerner juridiquement, tandis que ces conceptions reflètent des logiques culturelles propres

Explication

L’expression « droits humains » renvoie à l’humanité, notion morale dont la définition juridique est difficile, tandis que les conceptions asiatiques et africaines reflètent des logiques culturelles propres. Cela ne signifie pas que ces conceptions culturelles soient identiques.

20. Sur quoi porte le débat entre universalisme et relativisme des droits ?

Sur l’opposition entre les droits individuels et les prestations fournies par les collectivités
Sur la tension entre une conception universelle des droits et leur diversité géographique et culturelle
Sur la différence entre les conventions internationales et les lois adoptées dans chaque région
Sur le choix entre des droits garantis par l’État et des libertés dépourvues de protection juridique

Sur la tension entre une conception universelle des droits et leur diversité géographique et culturelle

Explication

Le débat oppose la prétention à l’universalité des droits à la diversité géographique et culturelle que l’expression « droits humains » peut masquer. La distinction entre conventions internationales et lois régionales concerne les instruments juridiques, pas le cœur de ce débat.

21. Quelle décision du Conseil constitutionnel a reconnu la valeur juridique contraignante du préambule de la Constitution de 1958 et la valeur constitutionnelle des droits auxquels il renvoie ?

La décision du 26 août 1789
La décision du 24 octobre 1945
La décision du 16 juillet 1971
La décision du 4 octobre 1958

La décision du 16 juillet 1971

Explication

Le 16 juillet 1971, le Conseil constitutionnel a reconnu la portée contraignante du préambule et la valeur constitutionnelle des droits auxquels il renvoie. La date de 1958 correspond à l’adoption de la Constitution, et non à cette reconnaissance.

22. Quel principe gouverne le rapport entre liberté et restriction ?

La liberté est le principe et la restriction en constitue l’exception.
La restriction est le principe et la liberté en constitue l’exception.
La liberté et la restriction ont la même valeur de principe.
La restriction est le principe et la liberté dépend d’une autorisation.

La liberté est le principe et la restriction en constitue l’exception.

Explication

La liberté constitue la règle, tandis que sa restriction relève de l’exception. Considérer la restriction comme le principe inverse le rapport établi entre les deux.

23. Une autorité veut exiger une autorisation préalable pour qu’une liberté fondamentale puisse exister : quelle règle s’y oppose ?

L’exercice d’une liberté fondamentale requiert une validation préalable du juge.
L’existence d’une liberté fondamentale ne peut dépendre d’une autorisation préalable.
La reconnaissance d’une liberté fondamentale relève d’une décision préalable de l’administration.
L’existence d’une liberté fondamentale dépend d’une autorisation préalable du législateur.

L’existence d’une liberté fondamentale ne peut dépendre d’une autorisation préalable.

Explication

Une liberté fondamentale ne peut être subordonnée à l’obtention préalable d’une autorisation. L’idée d’une validation administrative préalable confond l’existence de la liberté avec les modalités de son exercice.

24. Quelle distinction caractérise les droits de l’Homme, les libertés publiques et les droits et libertés fondamentaux ?

Les droits de l’Homme sont créés par la loi française, les libertés publiques sont naturels, et les droits fondamentaux sont dépourvus de garantie juridique.
Les droits de l’Homme sont naturels, les libertés publiques sont saisis par le droit français, et les droits fondamentaux sont garantis au sommet des normes et opposables au législateur.
Les droits de l’Homme sont des droits issus du droit international, les libertés publiques sont constitutionnelles, et les droits fondamentaux sont définis par la seule loi.
Les droits de l’Homme sont garantis au sommet des normes, les libertés publiques sont opposables au législateur, et les droits fondamentaux désignent des droits naturels.

Les droits de l’Homme sont naturels, les libertés publiques sont saisis par le droit français, et les droits fondamentaux sont garantis au sommet des normes et opposables au législateur.

Explication

Les droits de l’Homme renvoient à des droits naturels, les libertés publiques à leur prise en compte par le droit français, et les droits fondamentaux à une garantie supérieure opposable au législateur. La réponse qui attribue aux libertés publiques le caractère naturel et aux droits de l’Homme la garantie suprême inverse ces notions.

25. Qui a popularisé la classification des droits en trois générations dans le cadre de l’Unesco au cours des années 1970 ?

Karel Vasak
Xavier Bioy
Hans Kelsen
René Cassin

Karel Vasak

Explication

Karel Vasak a popularisé cette classification dans le cadre de l’Unesco durant les années 1970. Xavier Bioy est associé à une classification fondée sur la nature des droits et leur mode d’exercice.

26. Pourquoi les droits civils et politiques de première génération sont-ils qualifiés de droits négatifs ?

Parce qu’ils exigent principalement que l’État fournisse des prestations sociales.
Parce qu’ils exigent principalement que l’État s’abstienne d’intervenir.
Parce qu’ils dépendent de leur inscription dans des textes internationaux récents.
Parce qu’ils protègent des intérêts collectifs au-delà des frontières nationales.

Parce qu’ils exigent principalement que l’État s’abstienne d’intervenir.

Explication

Les droits de première génération sont dits négatifs parce que leur garantie exige l’abstention de l’État. L’intervention étatique pour assurer des prestations caractérise plutôt les droits économiques, sociaux et culturels de deuxième génération.

27. Un droit nécessite une intervention de l’État pour être effectivement garanti : à quelle génération correspond-il généralement ?

À une catégorie extérieure aux générations de droits.
À la deuxième génération, celle des droits économiques, sociaux et culturels.
À la troisième génération, celle des droits de solidarité transnationaux.
À la première génération, celle des droits civils et politiques.

À la deuxième génération, celle des droits économiques, sociaux et culturels.

Explication

Les droits économiques, sociaux et culturels sont dits positifs car leur garantie appelle l’intervention de l’État. Les droits civils et politiques de première génération sont plutôt associés à l’abstention de l’État.

28. Quel ensemble caractérise les droits de troisième génération ?

Des droits économiques et sociaux nécessitant des prestations étatiques, comme l’accès aux services publics.
Des droits de solidarité protégeant des intérêts collectifs ou globaux, comme la paix et le développement.
Des libertés individuelles protégeant une personne contre l’arbitraire, comme la vie privée.
Des droits civils et politiques exigeant l’abstention de l’État, comme les garanties judiciaires.

Des droits de solidarité protégeant des intérêts collectifs ou globaux, comme la paix et le développement.

Explication

La troisième génération comprend des droits de solidarité, souvent transnationaux, visant des intérêts collectifs ou globaux, dont la paix et le développement. Les droits civils et politiques relèvent de la première génération, tandis que les droits économiques et sociaux relèvent de la deuxième.

29. Selon quel critère Xavier Bioy distingue-t-il les libertés individuelles, les libertés collectives et les droits de solidarité ?

Selon la nature des droits et leur mode d’exercice.
Selon leur titulaire individuel ou étatique et leur portée territoriale.
Selon leur caractère négatif ou positif et leur coût budgétaire.
Selon la date de reconnaissance et le rang de leur norme.

Selon la nature des droits et leur mode d’exercice.

Explication

Xavier Bioy distingue ces catégories en fonction de la nature des droits et de leur mode d’exercice. La distinction entre droits négatifs et positifs relève d’un autre classement, celui des générations.

30. Une liberté est exercée par plusieurs personnes réunies dans un cadre démocratique : comment se classe-t-elle selon la distinction entre libertés individuelles et collectives ?

Comme une liberté individuelle, protégeant une personne contre l’arbitraire.
Comme une liberté collective, exercée en groupe dans un cadre démocratique.
Comme un droit de solidarité, protégeant un intérêt global ou transnational.
Comme un droit formel, classé selon sa source internationale.

Comme une liberté collective, exercée en groupe dans un cadre démocratique.

Explication

Une liberté exercée en groupe dans un cadre démocratique relève des libertés collectives. La protection d’une personne contre l’arbitraire caractérise plutôt les libertés individuelles.

31. Sur quel critère repose la classification formelle des droits ?

Sur leur objet : protection contre l’arbitraire ou intérêt collectif.
Sur leur source : constitutionnelle, internationale régionale ou internationale universelle.
Sur leur effet : abstention de l’État ou intervention de l’État.
Sur leur mode d’exercice : individuel, collectif ou solidaire.

Sur leur source : constitutionnelle, internationale régionale ou internationale universelle.

Explication

La classification formelle répartit les droits dont ils sont issus, notamment constitutionnelle ou internationale, régionale ou universelle. Le mode d’exercice relève plutôt d’une classification fondée sur la nature des droits.

32. Quelle distinction caractérise les droits absolus et les droits relatifs ?

Les droits absolus et les droits relatifs peuvent être restreints selon la seule appréciation du législateur.
Les droits absolus et les droits relatifs bénéficient de la même protection contre toute restriction.
Les droits absolus ne peuvent être limités, tandis que les droits relatifs peuvent être restreints sous des conditions strictes.
Les droits absolus peuvent être restreints sous des conditions strictes, tandis que les droits relatifs ne peuvent être limités.

Les droits absolus ne peuvent être limités, tandis que les droits relatifs peuvent être restreints sous des conditions strictes.

Explication

Les droits absolus sont intangibles, alors que les droits relatifs peuvent faire l’objet de restrictions conditionnées. La confusion consiste à attribuer aux droits absolus la possibilité de restrictions encadrées.

33. Une autorité veut restreindre un droit protégé par la CEDH pour poursuivre un but légitime. Quelles conditions supplémentaires doit-elle respecter ?

La restriction doit être approuvée par le Parlement et conforme à l’intérêt général.
La restriction doit être nécessaire à la sécurité publique et appliquée de façon uniforme.
La restriction doit être prévue par la loi et proportionnée au but poursuivi.
La restriction doit être temporaire et validée par une juridiction européenne.

La restriction doit être prévue par la loi et proportionnée au but poursuivi.

Explication

Une restriction doit avoir une base légale, poursuivre un but légitime et être proportionnée à ce but. La poursuite d’un but légitime ne suffit pas si la mesure n’est pas prévue par la loi.

34. Quelle était la situation juridique des déclarations de droits avant 1958 ?

Leur valeur juridique était reconnue et leur application par le juge était systématique.
Leur valeur juridique était discutée et leur application par le juge demeurait incertaine.
Leur valeur juridique était rejetée et leur application était réservée au législateur.
Leur valeur juridique était fixée par la jurisprudence et leur application était uniforme.

Leur valeur juridique était discutée et leur application par le juge demeurait incertaine.

Explication

Avant 1958, la doctrine débattait de la valeur juridique des déclarations de droits et le rôle du juge dans leur application restait incertain. L’idée d’une application systématique par les juges ne correspond donc pas à cette situation.

35. Que décide le Conseil d’État dans l’arrêt Dehaene du 7 juillet 1950 à propos du droit de grève des agents publics ?

Il reconnaît ce droit au titre de la Déclaration de 1789 et confie au Parlement la fixation de ses limites sans contrôle du juge.
Il reconnaît ce droit au titre du préambule de 1946 et confie au gouvernement la fixation de ses limites sous le contrôle du juge.
Il refuse ce droit aux agents publics et charge le gouvernement de déterminer les exceptions sous le contrôle du juge.
Il reconnaît ce droit au titre du préambule de 1946 et confie au Conseil d’État la fixation de ses limites.

Il reconnaît ce droit au titre du préambule de 1946 et confie au gouvernement la fixation de ses limites sous le contrôle du juge.

Explication

Le Conseil d’État rattache le droit de grève des agents publics à l’alinéa 7 du préambule de 1946 et confie au gouvernement le soin d’en fixer les limites, sous contrôle juridictionnel. L’arrêt ne charge pas le Conseil d’État lui-même de fixer ces limites.

36. À quelles déclarations ou textes renvoie le préambule de la Constitution du 4 octobre 1958 ?

À la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 et au préambule de la Constitution de 1946.
À la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 et à la Charte de l’environnement.
À la Charte de l’environnement et au préambule de la Constitution de 1946.
À la Constitution de 1946 et à la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948.

À la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 et au préambule de la Constitution de 1946.

Explication

Le préambule de 1958 renvoie à la Déclaration de 1789 et au préambule de 1946. La Charte de l’environnement a été ajoutée au préambule ultérieurement, lors de la révision de 2005.

37. Quelle portée la décision du Conseil constitutionnel du 16 juillet 1971 sur la liberté d’association a-t-elle eue ?

Elle a validé un contrôle préalable des associations et reconnu la liberté d’association comme principe fondamental reconnu par les lois de la République.
Elle a censuré un contrôle préalable des associations et reconnu la liberté d’association comme une liberté créée par la Constitution de 1958.
Elle a censuré un contrôle préalable des associations et reconnu la liberté d’association comme principe fondamental reconnu par les lois de la République.
Elle a censuré un contrôle préalable des associations et reconnu la liberté d’association comme un objectif à valeur constitutionnelle.

Elle a censuré un contrôle préalable des associations et reconnu la liberté d’association comme principe fondamental reconnu par les lois de la République.

Explication

Le Conseil constitutionnel a censuré la loi imposant un contrôle préalable et consacré la liberté d’association comme principe fondamental reconnu par les lois de la République. La décision n’a pas validé le contrôle préalable contesté.

38. Quel recours la révision constitutionnelle de 2008 a-t-elle introduit pour permettre à un justiciable de contester une atteinte à ses droits et libertés constitutionnels ?

La question préjudicielle de conventionalité.
Le recours pour excès de pouvoir.
La saisine préalable du Conseil constitutionnel.
La question prioritaire de constitutionnalité.

La question prioritaire de constitutionnalité.

Explication

La révision de 2008 a introduit la question prioritaire de constitutionnalité, qui permet à tout justiciable d’invoquer une atteinte à ses droits et libertés constitutionnels. Le recours pour excès de pouvoir porte sur la légalité d’un acte administratif et ne constitue pas ce mécanisme.

39. Quel principe la Charte de l’environnement consacre-t-elle à son article 5 ?

Le principe du développement durable
Le principe de précaution
Le droit à l’information du public
Le droit de vivre dans un environnement sain

Le principe de précaution

Explication

L’article 5 de la Charte consacre le principe de précaution. Le développement durable est associé à l’article 6, tandis que l’information du public relève de l’article 7.

40. Une mesure limite le droit de vivre dans un environnement respectueux de la santé garanti par l’article 1 de la Charte. Selon le Conseil constitutionnel, à quelle condition cette limitation peut-elle être admise ?

Elle doit poursuivre un objectif administratif et être appliquée de manière uniforme.
Elle doit prévenir un risque sanitaire et être définie par une autorité indépendante.
Elle doit répondre à une exigence constitutionnelle ou à un motif d’intérêt général et être proportionnée.
Elle doit être approuvée par le public et rester compatible avec le développement durable.

Elle doit répondre à une exigence constitutionnelle ou à un motif d’intérêt général et être proportionnée.

Explication

Le Conseil constitutionnel exige que la limitation soit liée à une exigence constitutionnelle ou justifiée par un motif d’intérêt général, et qu’elle soit proportionnée. Une mesure qui prévient un risque sanitaire ne répond pas, à elle seule, à ces conditions si sa justification et sa proportionnalité ne sont pas établies.

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Dans quel processus le droit des libertés fondamentales s’est-il constitué comme discipline autonome ?

Dans le processus d’internationalisation des droits et des libertés.

Que place le légicentrisme au sommet de la hiérarchie juridique ?

La loi.

Quelle décision le Conseil constitutionnel a-t-il rendue le 16 juillet 1971 ?

La décision Liberté d’association.

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