Fiche de révision : Fondements des relations internationales

Plan du Cours

  1. Évolution historique des relations internationales
  2. Définir les relations internationales
  3. Approche réaliste des relations internationales
  4. Approche idéaliste et paix par le droit
  5. Interdépendance et approche marxiste
  6. Rupture sino-soviétique et visions du monde
  7. Théorie de la dépendance et critiques
  8. État et acquisition des territoires
  9. Délimitation de l’espace terrestre
  10. Zones de l’espace maritime
  11. Espaces maritimes et aériens
  12. Population et nationalité
  13. Nation et principe des nationalités
  14. Ethnie et sentiment d’appartenance
  15. Sécurité collective et guerre
  16. Non-ingérence et assistance humanitaire
  17. Égalité juridique et puissance des États

Repères chronologiques

  1. 1648Les traités de Westphalie contribuent à établir un ordre politique fondé sur la reconnaissance mutuelle des souverainetés étatiques, l’indépendance politique et le respect de l’intégrité territoriale.
  2. 27 août 1928Le pacte Briand-Kellogg met la guerre hors la loi.
  3. 29 septembre 1938Les accords de Munich sont signés dans le but d’éviter la guerre, mais cette diplomatie d’accommodement échoue.
  4. 26 juin 1945La Charte des Nations Unies est signée à San Francisco.
  5. 1949Les communistes chinois remportent la guerre civile contre les nationalistes de Chang Kai-Chek, qui se réfugient à Taïwan avec le soutien des États-Unis.
  6. 1955La conférence de Bandung réunit les premiers États du tiers monde, en présence du ministre chinois des Affaires étrangères Zhou Enlai.
  7. 1959Le traité de Washington suspend les revendications nationales sur l’Antarctique et institue un espace internationalisé et démilitarisé.
  8. 1963La rupture officielle entre l’URSS et la Chine communiste débouche sur des affrontements armés.
  9. 1963La conférence d’Addis-Abeba réunit 30 États africains et donne naissance à l’Organisation de l’unité africaine, qui affirme notamment le principe de l’intangibilité des frontières héritées.

1. Évolution historique des relations internationales

★ À maîtriser

  • Les échanges internationaux se sont intensifiés, particulièrement au cours des deux derniers siècles, sous l’effet des progrès technologiques et du développement économique.

  • À partir du 15e siècle, l’affirmation de l’État moderne s’accompagne du développement d’ambassades permanentes et d’une plus grande régularité des relations internationales.

  • Au 19e siècle, la révolution industrielle améliore les communications et les transports, tandis que la colonisation contribue à une première phase de mondialisation.

  • Au 20e siècle, les progrès technologiques, les armes capables d’atteindre les grandes puissances et la bombe atomique renforcent l’interdépendance des États et la préoccupation pour la maîtrise des conflits armés.

Compléments

  • Dans l’Antiquité, les relations internationales sont surtout des relations de voisinage entre États d’un même ensemble régional, souvent dominé par une puissance hégémonique.

  • La conquête d’Alexandre le Grand établit une communication entre l’Europe et l’Asie.

  • En 476, la chute de l’Empire romain d’Occident met fin à un empire qui avait favorisé les communications et les échanges commerciaux et culturels entre l’Europe latine et l’Afrique du Nord.

  • Du 11e au 13e siècle, les croisades répondent aux conquêtes musulmanes commencées au 7e siècle, dans un contexte mêlant conflits, échanges culturels et transmission en Occident de savoirs islamiques.

2. Définir les relations internationales

Notions clés & Définitions

  • Relations internationales : L’ensemble des relations et des liens, notamment les alliances, noués par-delà les frontières entre des acteurs publics et privés et susceptibles d’avoir une dimension politique en exprimant des rapports de force.

★ À maîtriser

📌 La définition classique réduit les relations internationales aux liens entre États relevant de leur politique étrangère, tandis que la définition actualisée inclut les relations transfrontières impliquant aussi des acteurs non étatiques.

  • La mondialisation, accélérée à partir de la fin de la Seconde Guerre mondiale, accompagne la montée en puissance des organisations internationales gouvernementales, des ONG et des entreprises multinationales et transnationales.

Compléments

  • La diversité des approches théoriques des relations internationales tient aux controverses politiques qu’elles suscitent et conduit à considérer les vérités scientifiques comme relatives et parfois provisoires.

Astuce mémo

Relations interétatiques : les États seuls ; relations transfrontières : acteurs publics et privés.

3. Approche réaliste des relations internationales

Notions clés & Définitions

  • État de nature : Thomas HOBBES, le léviathan, 1651 - Une situation hors du pouvoir étatique où règne la guerre de tous contre tous.
  • Anarchie internationale : L’absence d’une autorité politique supérieure aux États capable de leur imposer la paix.

★ À maîtriser

  • Thucydide, auteur de l’histoire de la guerre du Péloponnèse, explique les motivations des cités par la crainte, l’intérêt et le goût de la gloire. - l'histoire de la guerre du Péloponnèse

  • 🔄 La dynamique de puissance décrite par Thucydide suit cette chaîne :

    1. La crainte et la recherche de sécurité poussent les cités à s’armer.
    2. L’armement favorise l’usage de la force.
    3. Les alliances élargissent le conflit.
    4. Une cité impose son hégémonie et une paix précaire.
    5. L’épuisement de la cité dominante entraîne l’effondrement de l’empire et le retour de la guerre.
  • Dans La politique des nations (1948), Hans Morgenthau présente les États comme des acteurs recherchant la puissance et la sécurité, et la politique internationale comme une lutte pour maintenir et accroître la puissance nationale.

📌 Raymond Aron distingue la réalité intraétatique, où l’État peut imposer la paix aux particuliers, de la réalité interétatique, où les États peuvent se faire justice eux-mêmes par la force. - Paix et guerre entre les nations, 1962

Compléments

  • Dans la guerre du Péloponnèse décrite par Thucydide, deux coalitions s’affrontent, l’une dirigée par Athènes et l’autre par Sparte, qui cherche à contester la prééminence athénienne. - l'histoire de la guerre du Péloponnèse

  • Dans Le Léviathan (1651), Thomas Hobbes attribue au pouvoir politique absolu la fonction d’imposer la paix et de protéger l’intérêt des individus.

  • Hans Morgenthau considère que la diplomatie peut rechercher un équilibre des puissances et une pacification, parce qu’une guerre permanente ne sert pas l’intérêt des États. - politique des nations, 1948

  • Kenneth Waltz reprend l’idée réaliste d’une scène internationale anarchique, sans autorité supérieure aux États, et souligne que les chocs pétroliers de 1973 et 1979 contribuent à l’insécurité énergétique et à l’instabilité politique internationale.

  • Le néoréalisme décrit les États comme soucieux de leurs intérêts et souligne que les transformations technologiques et économiques peuvent accroître l’incertitude et déstabiliser les rapports de force internationaux.

Astuce mémo

Crainte et recherche de puissance → armement → conflit → hégémonie précaire.

4. Approche idéaliste et paix par le droit

Notions clés & Définitions

  • Approche idéaliste : Une approche normative des relations internationales qui s’appuie sur des règles morales présentées comme universelles et sur la philosophie politique et du droit.

★ À maîtriser

  • Dans Droit de la guerre et de la paix (1625), Grotius présente les traités internationaux, expression de la volonté des États, comme une source du droit international qui doit respecter le droit naturel et ses principes universels. - Hugo de Groot, Grotius

  • Dans ses Quatorze Points de 1918, Woodrow Wilson recommande notamment la liberté économique et de navigation, le règlement des conflits territoriaux selon la volonté des peuples, le désarmement généralisé et une association des nations. - Thomas Woodrow Wilson, 14points

📌 Le pacte Briand-Kellogg, signé le 27 août 1928, engage ses signataires à régler pacifiquement leurs différends et à ne pas recourir à la force armée, sauf en cas de légitime défense, mais ne prévoit pas de sanction et ne lie pas les États non signataires.

Compléments

  • Dans Vers une société des nations (1910), Léon Bourgeois défend le développement du droit international, la prise en compte des besoins communs à l’humanité et la mobilisation d’une opinion mondiale contre les risques de guerre.

  • La Société des Nations est décidée par les Alliés à la conférence de la paix de 1919, avec une vocation lointaine à l’universalité dans un contexte colonial.

📌 Adoptée par les États-Unis en janvier 1932, la doctrine Stimson refuse de reconnaître une modification territoriale résultant de l’emploi de la force armée, notamment la création du Mandchoukouo par le Japon.

Astuce mémo

Là où le réalisme mise sur la puissance, l’idéalisme mise sur le droit et la coopération.

5. Interdépendance et approche marxiste

★ À maîtriser

  • Dans L’Esprit des lois (1748), Montesquieu expose la théorie du doux commerce, selon laquelle les échanges rendent les nations réciproquement dépendantes et portent à la paix. - L'esprit des lois

  • En 1946, Mitrany défend une coopération fonctionnelle entre États, notamment économique et technologique, comme base d’un système international intégré et organisé. - Un système de paix efficace . Un argument pour le développement fonctionnel de l'organisation internationale

  • L’approche de l’interdépendance estime que la dépendance croissante des politiques intérieures aux politiques extérieures réduit la marge de liberté des États et rend nécessaires des instances internationales ou transnationales de régulation.

  • Dans L’Impérialisme, stade suprême du capitalisme (1916), Lénine présente l’impérialisme comme le produit de l’évolution du capitalisme commercial et industriel vers un capitalisme financier dominé par les banques et les monopoles.

  • Selon l’explication léniniste, la concentration capitaliste et la concurrence poussent les grandes puissances à contrôler les matières premières et à conquérir des marchés pour écouler la surproduction ; le partage forcé des zones d’influence contribue aux guerres. - Lénine, 1916

Compléments

  • À partir des années 1960, des politologues étudient les organisations internationales et les relations Nord-Sud, notamment dans le contexte de l’affirmation des nouveaux États issus de la décolonisation.

  • L’approche fonctionnaliste associe la mondialisation et la transnationalisation à la montée des échanges commerciaux, des investissements directs à l’étranger et des entreprises multinationales.

📌 L’approche de l’interdépendance valorise le multilatéralisme, qui implique plusieurs États dans les instances de régulation, plutôt que le bilatéralisme, qui repose sur des relations entre deux États.

  • L’approche fonctionnaliste est critiquée pour confondre interdépendance et coopération et pour minimiser le poids des États, leurs rivalités et leur tendance belliciste, notamment autour des richesses et des ressources naturelles.

  • Selon la théorie marxiste présentée, la politique extérieure des États capitalistes est orientée par les intérêts de la bourgeoisie et de groupes d’intérêts constitués par des capitalistes.

  • Selon la théorie marxiste présentée, la victoire du socialisme devait supprimer le capitalisme, considéré comme une source essentielle des conflits, et instaurer une paix durable.

  • À partir des années 1960, le camp socialiste se divise notamment en raison de la concurrence entre l’Union soviétique et la Chine populaire pour le leadership international.

6. Rupture sino-soviétique et visions du monde

★ À maîtriser

  • En 1956, le rapport Khrouchtchev présenté au deuxième congrès du Parti communiste de l’Union soviétique amorce la déstalinisation, critiquée par les communistes chinois comme du révisionnisme.

📌 Pour l’URSS, le monde oppose l’impérialisme capitaliste dirigé par les États-Unis à l’internationalisme prolétarien dirigé par l’Union soviétique.

  • La Chine communiste distingue trois groupes d’États :
    • les États hégémoniques : les États-Unis et l’URSS
    • les puissances industrielles capitalistes : l’Europe occidentale et le Japon
    • le tiers monde, placé sous l’impulsion de la Chine populaire

Compléments

  • La Chine populaire se rapproche des États-Unis face à l’URSS, obtient un siège aux Nations unies en 1971 et reçoit la visite officielle de Richard Nixon en 1972.

Astuce mémo

Deux blocs soviétiques, trois mondes chinois

7. Théorie de la dépendance et critiques

Notions clés & Définitions

  • Théorie de la dépendance : Explication du sous-développement des pays du tiers monde par l’exploitation de la périphérie par les États capitalistes placés au centre du système mondial.
  • Néo-colonialisme : Mécanismes de dépendance économique qui persistent alors que les États du tiers monde sont officiellement indépendants.

★ À maîtriser

📌 La théorie de la dépendance est critiquée pour négliger les facteurs socioculturels locaux, notamment les rivalités ethniques, claniques et tribales, ainsi que pour réduire le sous-développement à un facteur explicatif privilégié.

Compléments

  • La théorie de la dépendance dénonce l’appui des États capitalistes sur les multinationales, les organisations internationales et les élites corrompues du tiers monde.

  • La théorie de la dépendance accuse les multinationales de profiter des bas salaires et de l’absence de protection sociale dans le tiers monde, puis de rapatrier les bénéfices vers leur siège social.

  • La théorie de la dépendance critique les aides humanitaires lorsqu’elles créent une dépendance aux biens des pays capitalistes et des habitudes de consommation favorables aux pays du Nord.

  • Pierre Jalée publie « Le Pillage du Tiers Monde » en 1965. - Pilage du Tiers Monde

Astuce mémo

Centre qui exploite la périphérie → dépendance

8. État et acquisition des territoires

Notions clés & Définitions

  • État : Collectivité composée d’un territoire, d’une population qui y réside et d’un pouvoir politique souverain.
  • Territoire étatique : Espace de compétence du pouvoir politique, sans lequel aucun État ne peut exister.

★ À maîtriser

  • La fixation conventionnelle d’une frontière repose sur un accord entre les États concernés, la représentation de la frontière sur une carte annexée au traité, puis la démarcation sur le terrain par des repères matériels.

  • La cession transfère à un autre État les droits qu’un État décide librement d’abandonner sur un territoire, tandis que la fusion réunit librement au moins deux territoires pour former un seul État.

  • La Charte des Nations unies interdit à ses membres de menacer ou d’employer la force contre l’intégrité territoriale d’un État, et l’article 51 maintient l’exception de légitime défense.

  • La résolution 2625 de l’Assemblée générale des Nations unies, adoptée en 1970, affirme qu’aucune acquisition territoriale obtenue par la menace ou l’emploi de la force ne sera reconnue comme légale.

Compléments

📌 En droit, une frontière doit être stable et définitive afin de garantir la stabilité et la sécurité politico-juridique.

  • En cas de conflit frontalier, les États peuvent saisir un tribunal international ou une cour arbitrale pour faire interpréter les traités existants et examiner leurs actes et comportements au regard de l’effectivité de leur autorité souveraine.

  • La décolonisation a laissé en Afrique des frontières souvent artificielles, tracées par les puissances coloniales sans tenir compte de la volonté des populations.

  • La conférence de Berlin pose trois principes d’appropriation coloniale :

    • l’occupation effective du territoire
    • la continuité géographique
    • la publicité de l’appropriation

9. Délimitation de l’espace terrestre

Notions clés & Définitions

  • Uti possidetis juris : Maintien, lors de l’indépendance d’un territoire, des frontières qu’il possédait auparavant.

Points essentiels

📌 Les frontières naturelles suivent notamment un fleuve ou une montagne, tandis que les frontières artificielles sont tracées sur une carte selon des règles topographiques sans suivre la géographie physique.

Astuce mémo

Frontière héritée stabilise, frontière arbitraire divise

10. Zones de l’espace maritime

Notions clés & Définitions

  • Zone contiguë : Zone qui s’étend sur 12 milles marins au-delà des eaux territoriales et donne à l’État des pouvoirs de police en matière douanière, sanitaire et d’immigration.
  • Zone économique exclusive : Zone qui peut s’étendre jusqu’à 200 milles marins à partir de la limite des eaux territoriales et confère à l’État des droits exclusifs de prospection des ressources naturelles, sans souveraineté sur la zone.

Points essentiels

📌 Dans les eaux intérieures, l’État exerce une compétence souveraine exclusive, tandis que les eaux territoriales prolongent l’espace terrestre sous souveraineté étatique.

  • La largeur maximale des eaux territoriales est de 12 milles marins, soit plus de 22 km, selon la conférence de Montego Bay de 1982.

📌 Dans les eaux territoriales, l’État exerce sa souveraineté mais doit autoriser le passage inoffensif, continu et rapide des navires étrangers.

11. Espaces maritimes et aériens

Notions clés & Définitions

  • Plateau continental : Le plateau continental comprend les fonds marins et le sous-sol au-delà de la mer territoriale et s’étend jusqu’à 200 milles marins à partir des lignes de base, voire au-delà sous certaines conditions.

★ À maîtriser

  • L’État côtier dispose sur son plateau continental d’un droit de prospection des ressources naturelles.

  • La haute mer est un espace maritime reconnu par la convention de Montego Bay sur lequel aucun État n’exerce de souveraineté.

  • Horizontalement, l’espace aérien d’un État correspond à ses limites terrestres et maritimes ainsi qu’à l’espace atmosphérique.

Compléments

  • Les fonds marins et leur sous-sol sont considérés comme le patrimoine commun de l’humanité, bien qu’ils soient prospectés et exploités par les États et les entreprises qui en ont les moyens.

  • La Suisse est un État enclavé qui ne possède pas d’espace maritime et n’a pas accès à la mer.

📌 Un État peut interdire le survol de son territoire dans son espace aérien.

  • L’espace aérien international n’est soumis à la souveraineté d’aucun État et est réglementé par l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), une organisation intergouvernementale à portée universelle appartenant au système des Nations Unies.

  • L’espace extra-atmosphérique, dépourvu d’oxygène, est internationalisé, tandis que les corps célestes sont considérés comme le patrimoine commun de l’humanité.

Astuce mémo

Dans la ZEE, l’État exploite des ressources ; en haute mer, aucun État n’est souverain.

12. Population et nationalité

Notions clés & Définitions

  • Population de l’État : Ensemble des habitants de son territoire.

★ À maîtriser

  • Sur le plan juridique, la population de l’État est un ensemble d’individus unis par des liens juridiques de nationalité, quel que soit son nombre.

  • L’État est souverain pour attribuer ou retirer la nationalité et peut choisir le droit du sang, le droit du sol ou leur combinaison comme critères d’attribution.

  • Le droit du sang attribue la nationalité par ascendance, tandis que le droit du sol l’attribue en fonction du lieu de naissance sur le territoire.

  • La nationalité originaire s’impose à l’individu, tandis que la nationalité acquise peut être demandée notamment par naturalisation après une certaine durée de séjour ou par mariage avec un titulaire de cette nationalité.

  • L’État décide souverainement des conditions d’accès à son territoire, mais la libre circulation des personnes dans l’espace européen, issue de l’accord de Schengen signé en 1985 et mise en place en 1995, peut être restreinte pour des raisons de sécurité intérieure.

Compléments

📌 Les ressortissants ou nationaux d’un État possèdent sa nationalité, tandis que les étrangers possèdent celle d’un autre État et restent soumis au droit de l’État sur le territoire duquel ils résident.

  • En 1955, la Cour internationale de justice a défini la nationalité comme un lien juridique fondé sur un fait social de rattachement, une solidarité effective d’existence, d’intérêts et de sentiments, ainsi que sur une solidarité de droits et de devoirs.

Astuce mémo

Le droit du sang rattache aux parents ; le droit du sol rattache au lieu de naissance.

13. Nation et principe des nationalités

★ À maîtriser

  • En 1789, la Révolution française affirme une conception de la nation comme collectivité librement constituée de citoyens détenteurs de droits et de libertés, en rupture avec la conception monarchique des sujets du roi.

  • L’article 3 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 affirme que toute souveraineté réside dans la nation, fondant le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

  • Le principe des nationalités affirme à la fois que toute nation a le droit de se constituer en État et qu’un État ne devrait comprendre qu’une seule nation.

  • La conception allemande objectiviste définit la nation par des critères communs comme la culture et la langue, tandis que la conception française subjectiviste la fonde sur une volonté partagée et le désir de vivre ensemble.

  • En 1882, Ernest Renan définit la nation par un passé commun et le « plébiscite de tous les jours », c’est-à-dire la volonté de vivre ensemble et de construire un avenir commun. - Qu'est ce qu'une nation

Compléments

  • La population de l’État comprend notamment les groupes secondaires suivants :

    • les familles
    • les clans
    • les villes
    • les groupes religieux
    • les groupes professionnels
  • Au XIIIe siècle, la nation désigne une nouvelle unité socio-politique réunissant les habitants de différentes provinces sous l’autorité du monarque.

  • Georges Duby souligne le rôle des conflits armés dans la construction du sentiment national français, notamment la bataille de Bouvines du 27 juillet 1214, remportée par Philippe Auguste contre les alliés du roi d’Angleterre.

  • La théorie du contrat social de Jean-Jacques Rousseau, publiée en 1762, est présentée comme un héritage de la Révolution française. - Jean Jacques Rousseau

  • La Première République française est instaurée par la Convention le 22 septembre 1792, après son élection au suffrage universel masculin.

  • En 1794, la France annexe la future Belgique en invoquant la théorie des frontières naturelles, en contradiction avec le principe du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

  • Herder, associé au mouvement allemand « Sturm und Drang », critique l’universalisme des Lumières et met en avant les racines, la culture et la langue comme fondements de la nation.

  • Le pangermanisme vise à rassembler toute la population germanique dans une seule unité et a été invoqué pour justifier l’annexion de l’Alsace-Lorraine par l’Allemagne en 1871.

  • Dans les États démocratiques modernes souvent hétérogènes sur les plans culturel, linguistique et religieux, la volonté de vivre ensemble est présentée comme un élément déterminant de l’unité nationale.

Astuce mémo

La conception allemande ancre la nation dans des critères objectifs ; la conception française dans une volonté partagée.

14. Ethnie et sentiment d’appartenance

Notions clés & Définitions

  • Ethnie : Claude Rivière - Population désignée par un nom, composée d’individus se réclamant d’une origine commune, partageant des traditions culturelles et une conscience d’appartenance à un groupe distinct, généralement associé à une langue, une histoire et un territoire.

★ À maîtriser

  • La définition de l’ethnie est contestée, car le nom du groupe peut différer selon qu’il est choisi par ses membres ou attribué par les groupes voisins, sa langue peut être celle d’un sous-groupe dominant et son histoire peut être manipulée pour justifier une domination.

  • Dans certains nouveaux États du Sud, les conflits intraétatiques qualifiés de tribaux ou d’ethniques révèlent la difficulté de construire un sentiment d’appartenance national et d’unifier la population, parfois au point de faire parler de quasi-État.

Compléments

  • Le terme « ethnie », issu du grec « ethnos », a d’abord désigné les peuples grecs non organisés en cités, puis les peuples non chrétiens au Moyen Âge, avant de réapparaître au XIXe siècle pour désigner des populations non occidentales considérées comme primitives.

  • En 1932, Bose dénonce la dérive raciste qui établit un lien entre faits culturels et faits biologiques et affirme que les matériaux anthropologiques ne justifient pas l’existence d’une relation entre type biologique et forme de culture.

  • Plusieurs ethnies peuvent cohabiter sur un même territoire, tandis qu’un même groupe ethnique peut être dispersé sur plusieurs territoires.

  • Les anthropologues ne s’accordent pas sur la notion d’ethnie : Vansina refuse de l’employer, Godelier juge le fait ethnique incontournable, et Balandier n’utilise pas le mot dans son ouvrage « Anthropologie économique ».

  • Les populations locales peuvent mobiliser l’identité ethnique à des fins politiques pour justifier la conquête du pouvoir ou disqualifier leurs adversaires.

15. Sécurité collective et guerre

★ À maîtriser

  • À l’issue de la Première Guerre mondiale, le pacte de la Société des Nations de 1919 introduit la notion de sécurité collective, selon laquelle la SDN doit désigner l’État agresseur en cas de conflit armé.

  • L’article 1 de la Charte des Nations Unies fixe comme objectif primordial le maintien de la paix et de la sécurité internationales.

  • L’article 2, paragraphe 4, de la Charte interdit aux États membres de recourir à la menace ou à l’emploi de la force contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique d’un État, ou de toute autre manière incompatible avec les buts des Nations Unies.

  • La Charte reconnaît deux exceptions au principe de non-recours à la force : l’action collective décidée par le Conseil de sécurité dans le cadre du chapitre VII et la légitime défense prévue à l’article 51 en cas d’agression armée.

  • Les représailles armées sont condamnées, tandis que les actes de contrainte non militaires, comme la rupture des relations diplomatiques ou le boycott, sont admis s’ils ne menacent pas la survie de l’État.

Compléments

  • En 1986, la Cour internationale de justice affirme que le principe de non-emploi de la force peut être considéré comme une règle de droit international coutumier opposable aux États non membres des Nations Unies.

  • L’article 33 recommande notamment les moyens suivants de règlement pacifique :

    • la négociation
    • l’enquête
    • la médiation
    • la conciliation
    • l’arbitrage

Astuce mémo

Interdiction du recours à la force, sauf légitime défense ou action collective

16. Non-ingérence et assistance humanitaire

Notions clés & Définitions

  • Non-ingérence : Principe qui protège l’intégrité territoriale et la compétence exclusive de l’État souverain sur son territoire, en interdisant les actions de force et les mesures de déstabilisation.

★ À maîtriser

  • En 1986, la Cour internationale de justice estime que l’assistance humanitaire doit se limiter à prévenir et alléger les souffrances humaines, protéger la vie et la santé et faire respecter la personne humaine, sans discrimination.

📌 Le couloir humanitaire accorde un droit de passage limité dans le temps à la durée nécessaire aux secours, dans l’espace à un parcours précis et dans son objet à l’assistance humanitaire.

  • L’article 2, paragraphe 7, de la Charte des Nations Unies interdit à l’Organisation d’intervenir dans les affaires relevant de la compétence nationale d’un État.

Compléments

  • Les campagnes d’agitation politique et sociale commandées depuis l’étranger, notamment l’organisation de grèves paralysant la production et la distribution ou la désinformation visant à affaiblir la légitimité d’un gouvernement, constituent des mesures de déstabilisation.

📌 Une intervention dans un autre État peut être sollicitée par son gouvernement, notamment en application d’un accord de défense mutuelle préalablement conclu.

  • En 1991, des enclaves humanitaires sont créées en Irak pour protéger la population kurde des armées irakiennes de Saddam Hussein.

Astuce mémo

Souveraineté de l’État, accès humanitaire encadré

17. Égalité juridique et puissance des États

★ À maîtriser

  • L’article 2, paragraphe 1, de la Charte des Nations Unies fonde l’Organisation sur l’égalité souveraine de tous ses membres.

  • L’égalité juridique des États leur garantit notamment le droit de conclure des traités, d’établir des relations diplomatiques et d’agir en justice devant les juridictions internationales.

📌 La puissance d’un État dépend notamment de facteurs militaires, démographiques, géographiques et de ressources naturelles, mais le développement économique et technologique est présenté comme déterminant.

📌 La puissance d’un État est relative à celle des autres acteurs et au champ stratégique considéré, et elle évolue avec les transformations de ses facteurs constitutifs.

Compléments

  • Les cinq membres permanents du Conseil de sécurité sont les États-Unis, la Fédération de Russie, la Chine populaire, la Grande-Bretagne et la France.

  • En 1964, la Conférence des Nations Unies pour le commerce et le développement adopte le principe de non-réciprocité, traduit par des réductions tarifaires et des traitements préférentiels en faveur des pays du Tiers monde.

  • Les catégories de puissance citées sont les superpuissances, les puissances régionales, les petites puissances et les micro-États.

Tableaux de synthèse

Prérogatives de l’État selon la zone maritime

ZoneStatutPrérogative
Eaux intérieuresSouveraineté pleineCompétence exclusive
Eaux territorialesSouverainetéPassage inoffensif des navires étrangers
Zone contiguëPas de souverainetéPolice douanière, sanitaire et migratoire
Zone économique exclusivePas de souverainetéDroits exclusifs sur les ressources naturelles

Deux conceptions de la nation

ConceptionFondementAppartenance
Allemande objectivisteCulture et langue communesCritères présentés comme objectifs
Française subjectivistePassé commun et volonté de vivre ensembleAdhésion volontaire au projet collectif

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Fondements des relations internationales avec 63 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Au XVe siècle, un souverain renforce l’État moderne et établit des représentations diplomatiques durables. Quelle évolution des relations internationales cela favorise-t-il ?

2. Au XIXe siècle, une région adopte le chemin de fer et le télégraphe tandis que les puissances étendent leur domination coloniale. Quelle dynamique historique ces changements contribuent-ils à produire ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Fondements des relations internationales avec 96 flashcards interactives.

Qu’est-ce qui a particulièrement intensifié les échanges internationaux au cours des deux derniers siècles ?

Les progrès technologiques et le développement économique.

À partir du 15e siècle, qu’accompagne l’affirmation de l’État moderne dans les relations internationales ?

Le développement d’ambassades permanentes et une plus grande régularité des relations internationales.

Au 19e siècle, à quoi la révolution industrielle contribue-t-elle en améliorant communications et transports ?

À une première phase de mondialisation, avec la colonisation.

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