QCM : Fondements du droit administratif — 45 questions

Questions et réponses du QCM

1. Quelle branche du droit régit l’administration et les actions des personnes publiques au moyen de règles spécifiques ?

Le droit commercial, branche du droit économique
Le droit civil, branche du droit privé
Le droit constitutionnel, branche du droit institutionnel
Le droit administratif, branche du droit public

Le droit administratif, branche du droit public

Explication

Le droit administratif appartient au droit public et encadre l’administration ainsi que les actions des personnes publiques par des règles spécifiques. Le droit civil concerne principalement les rapports entre personnes privées et ne constitue pas le droit propre de l’administration.

2. Quelle formulation distingue correctement les deux sens du terme « administration » ?

Le sens matériel désigne une activité, tandis que le sens organique désigne les personnes qui l’exercent.
Le sens matériel désigne les tribunaux, tandis que le sens organique désigne les contrats conclus par l’administration.
Le sens matériel concerne les règles applicables, tandis que le sens organique concerne les sanctions administratives.
Le sens matériel désigne les personnes publiques, tandis que le sens organique désigne leurs activités quotidiennes.

Le sens matériel désigne une activité, tandis que le sens organique désigne les personnes qui l’exercent.

Explication

Au sens matériel, l’administration correspond à l’activité d’administrer ; au sens organique, elle désigne les personnes publiques et autorités exerçant cette fonction. Inverser ces deux sens conduit à confondre l’activité avec les organes qui la mettent en œuvre.

3. Dans quelle situation une personne privée peut-elle relever du droit administratif ?

Lorsqu’elle conclut un contrat de travail avec une autre personne privée
Lorsqu’elle est délégataire d’une mission de service public poursuivant un intérêt général
Lorsqu’elle participe à une association sans exercer de mission d’intérêt général
Lorsqu’elle exerce une activité commerciale destinée à accroître ses bénéfices privés

Lorsqu’elle est délégataire d’une mission de service public poursuivant un intérêt général

Explication

Une personne privée peut être soumise au droit administratif lorsqu’elle reçoit la charge d’un service public orienté vers l’intérêt général. Une activité commerciale ou associative privée ne suffit pas, à elle seule, à produire ce rattachement.

4. Qu’est-ce qui caractérise l’intérêt général par rapport à l’intérêt privé ?

Il protège les avantages personnels recherchés par un membre de la société.
Il désigne les objectifs particuliers poursuivis par une autorité dans sa vie privée.
Il répond à des besoins communs qui dépassent les possibilités d’un particulier.
Il correspond aux préférences économiques d’une entreprise face à ses concurrents.

Il répond à des besoins communs qui dépassent les possibilités d’un particulier.

Explication

L’intérêt général concerne des besoins communs à l’ensemble de la société, tels que la sécurité ou la justice, qui excèdent les capacités d’un particulier. L’intérêt privé se rapporte au contraire à la situation ou aux objectifs d’une personne déterminée.

5. Quelle différence oppose les rapports privés aux rapports entre l’administration et les administrés ?

Les rapports privés excluent toute obligation juridique, tandis que l’administration agit dans un cadre dépourvu de règles.
Les rapports privés concernent l’intérêt général, tandis que l’administration protège les intérêts individuels de ses agents.
Les rapports privés reposent sur une autorité publique, tandis que l’administration dépend d’un accord entre particuliers.
Les rapports privés reposent sur l’égalité et le consentement, tandis que l’administration peut imposer sa volonté.

Les rapports privés reposent sur l’égalité et le consentement, tandis que l’administration peut imposer sa volonté.

Explication

Les relations privées sont fondées sur l’égalité juridique et le consentement mutuel, alors que l’administration dispose de moyens juridiques pour imposer certaines obligations. La présence de règles ne disparaît dans aucun des deux domaines, mais leur logique de pouvoir diffère.

6. Que sont les prérogatives de puissance publique ?

Des compétences politiques générales permettant au Parlement de modifier les relations civiles
Des garanties procédurales accordées aux entreprises pour écarter les décisions administratives
Des droits patrimoniaux ordinaires permettant aux particuliers de négocier leurs contrats privés
Des pouvoirs juridiques spécifiques permettant à l’administration d’imposer sa volonté au nom de l’intérêt général

Des pouvoirs juridiques spécifiques permettant à l’administration d’imposer sa volonté au nom de l’intérêt général

Explication

Les prérogatives de puissance publique sont des pouvoirs juridiques particuliers dont l’administration dispose pour poursuivre l’intérêt général et imposer certaines décisions. Elles se distinguent des droits ordinaires des particuliers dans les relations de droit privé.

7. Pourquoi le droit administratif est-il principalement qualifié de construction jurisprudentielle ?

Parce que le Conseil d’État a élaboré une grande partie de ses règles, notamment en responsabilité et en matière de services publics.
Parce que les juridictions judiciaires ont défini les règles administratives en appliquant le droit civil.
Parce que le législateur a rassemblé toutes ses règles dans un code unique dès la Révolution française.
Parce que les autorités administratives ont fixé ces règles par des pratiques dépourvues d’intervention juridictionnelle.

Parce que le Conseil d’État a élaboré une grande partie de ses règles, notamment en responsabilité et en matière de services publics.

Explication

Le Conseil d’État a construit une part essentielle du droit administratif par sa jurisprudence, notamment dans les domaines de la responsabilité administrative et des services publics. Il ne s’agit donc pas d’un ensemble entièrement codifié par le législateur.

8. Quelle conséquence la loi des 16 et 24 août 1790 attache-t-elle à la séparation entre administration et justice judiciaire ?

Elle autorise le juge judiciaire à annuler les actes administratifs contraires aux intérêts d’un particulier.
Elle interdit au juge judiciaire de contrôler l’administration dans l’exercice de ses fonctions professionnelles.
Elle confie aux tribunaux judiciaires le règlement des litiges relatifs à tous les services publics.
Elle permet au juge judiciaire de convoquer un administrateur pour examiner ses actes professionnels.

Elle interdit au juge judiciaire de contrôler l’administration dans l’exercice de ses fonctions professionnelles.

Explication

La loi des 16 et 24 août 1790 interdit au juge judiciaire d’intervenir dans l’activité administrative et de convoquer un administrateur pour ses actes professionnels. Cette règle distingue sa compétence de celle du juge administratif dans les litiges administratifs.

9. À quelle date le Tribunal des conflits a-t-il consacré l’autonomie du droit administratif dans l’affaire Blanco ?

Le 8 février 1873
Le 24 août 1790
Le 8 février 1853
Le 16 août 1790

Le 8 février 1873

Explication

L’arrêt Blanco, rendu par le Tribunal des conflits le 8 février 1873, consacre l’autonomie du droit administratif. Les dates de 1790 renvoient à la loi séparant l’administration de l’autorité judiciaire, et non à cette décision.

10. Que signifie la liaison de la compétence et du fond en droit administratif ?

La juridiction compétente dépend principalement du statut professionnel de l’agent concerné.
La juridiction compétente est déterminée par les règles de droit applicables au litige.
La juridiction compétente est choisie librement par le demandeur selon la nature de son préjudice.
La juridiction compétente est fixée par la date à laquelle l’administration a pris sa décision.

La juridiction compétente est déterminée par les règles de droit applicables au litige.

Explication

La liaison de la compétence et du fond signifie que la détermination du juge dépend du régime juridique applicable au litige, notamment lorsque l’administration agit dans le cadre d’un service public. Elle ne repose donc pas sur le seul choix du demandeur ou sur la date de la décision.

11. Quelle activité vise à prévenir les atteintes à l’ordre public et à maintenir la sécurité des personnes ?

La police administrative
La police judiciaire
La justice administrative
La sanction administrative

La police administrative

Explication

La police administrative intervient préventivement pour éviter les troubles à l’ordre public et protéger les personnes. La police judiciaire recherche les infractions et leurs auteurs dans une perspective répressive.

12. Quels éléments composent l’ordre public matériel ?

La sécurité, la justice et l’égalité publiques
La tranquillité, la moralité et la dignité publiques
La dignité, la moralité et la liberté publiques
La sécurité, la tranquillité et la salubrité publiques

La sécurité, la tranquillité et la salubrité publiques

Explication

L’ordre public matériel désigne un état de fait opposé au désordre, constitué par la sécurité, la tranquillité et la salubrité publiques. La dignité humaine relève notamment de l’ordre public immatériel.

13. Dans quelles conditions le maire peut-il interdire un film immoral selon l’arrêt Société des films Lutetia du 18 décembre 1959 ?

Dès que le film est jugé immoral par l’autorité municipale
Lorsque le film compromet les économies de carburant
Après qu’une infraction pénale a été constatée
En présence de circonstances locales particulières

En présence de circonstances locales particulières

Explication

Dans l’affaire Société des films Lutetia, le Conseil d’État admet l’interdiction municipale d’un film immoral lorsque des circonstances locales particulières la justifient. L’immoralité considérée isolément ne suffit pas à fonder cette mesure de police.

14. Quelle décision reconnaît le respect de la dignité humaine comme une composante autonome de l’ordre public ?

Une décision du Tribunal des conflits du 7 juin 1951
L’arrêt Société des films Lutetia du 18 décembre 1959
L’arrêt Commune de Morsang-sur-Orge du 27 octobre 1995
L’affaire de la Jungle de Calais

L’arrêt Commune de Morsang-sur-Orge du 27 octobre 1995

Explication

Dans l’arrêt Commune de Morsang-sur-Orge du 27 octobre 1995, le Conseil d’État reconnaît la dignité humaine comme une composante autonome de l’ordre public. L’arrêt Lutetia concerne plutôt l’immoralité liée à des circonstances locales particulières.

15. Quelle distinction décrit correctement les finalités de la police administrative et de la police judiciaire ?

La police administrative punit les fautes, tandis que la police judiciaire organise la circulation des personnes
La police administrative prévient les troubles, tandis que la police judiciaire recherche les infractions et leurs auteurs
La police administrative constate les infractions, tandis que la police judiciaire protège l’ordre public général
La police administrative rassemble les preuves, tandis que la police judiciaire prévient les nuisances sonores

La police administrative prévient les troubles, tandis que la police judiciaire recherche les infractions et leurs auteurs

Explication

La police administrative a une finalité préventive, alors que la police judiciaire constate les infractions, rassemble les preuves et recherche leurs auteurs. La recherche d’une infraction déterminée relève donc de la logique judiciaire.

16. Pour distinguer la police administrative de la police judiciaire, quel critère le juge privilégie-t-il ?

La finalité réelle de l’opération
La qualité statutaire de l’agent
La nature matérielle du dommage causé
L’apparence extérieure de la mesure

La finalité réelle de l’opération

Explication

Le juge examine le but réel poursuivi par l’opération pour déterminer sa nature juridique. Le statut de l’agent ou l’apparence de la mesure ne suffit pas à établir cette distinction.

17. Comment le juge qualifie-t-il une opération qui change de nature pendant son exécution ou poursuit plusieurs finalités ?

Il recherche le but essentiel de l’action pour déterminer l’ordre de juridiction compétent
Il attribue automatiquement l’ensemble de l’opération à la police administrative
Il retient la qualification donnée au début de l’opération par l’administration
Il se fonde sur le dernier acte matériel accompli par les agents

Il recherche le but essentiel de l’action pour déterminer l’ordre de juridiction compétent

Explication

Lorsqu’une opération évolue ou mêle plusieurs finalités, le juge recherche son but essentiel afin d’identifier le régime applicable et l’ordre de juridiction compétent. La qualification initiale ou le dernier acte accompli ne détermine pas nécessairement toute l’opération.

18. Quelle différence oppose principalement une mesure de police administrative à une sanction administrative ?

La mesure de police répare un dommage, tandis que la sanction administrative organise la circulation
La mesure de police prévient un trouble, tandis que la sanction administrative punit une faute déjà commise
La mesure de police rassemble des preuves, tandis que la sanction administrative recherche les auteurs d’une infraction
La mesure de police punit une faute, tandis que la sanction administrative prévient un trouble éventuel

La mesure de police prévient un trouble, tandis que la sanction administrative punit une faute déjà commise

Explication

Une mesure de police administrative est tournée vers la prévention d’un trouble à l’ordre public. Une sanction administrative intervient après une faute pour lui appliquer une conséquence punitive.

19. Quelle distinction décrit correctement la police administrative générale et les polices administratives spéciales ?

La police générale concerne une activité déterminée, tandis que la police spéciale protège l’ordre public dans l’ensemble des situations.
La police générale protège l’ordre public dans toutes les situations, tandis que la police spéciale répond à un objet défini par un texte particulier.
La police générale relève d’une autorité nationale, tandis que la police spéciale relève d’une autorité municipale ou départementale.
La police générale vise une catégorie de personnes, tandis que la police spéciale s’applique aux activités présentant un risque collectif.

La police générale protège l’ordre public dans toutes les situations, tandis que la police spéciale répond à un objet défini par un texte particulier.

Explication

La police administrative générale possède un champ global de protection de l’ordre public, alors que la police spéciale est limitée à un objet, un lieu, une activité ou un intérêt déterminé. L’idée selon laquelle la police générale viserait une activité précise inverse les deux notions.

20. La réglementation de l’accès à un espace naturel protégé relève de quelle catégorie de police administrative reconnue par le Conseil d’État le 11 mars 1983 dans l’affaire Commune de Bures-sur-Yvette ?

D’une police administrative générale portant sur l’ensemble des activités de plein air
D’une police municipale limitée à la circulation dans les agglomérations
D’une police judiciaire destinée à rechercher les infractions environnementales
D’une police administrative spéciale portant sur l’accès aux espaces naturels protégés

D’une police administrative spéciale portant sur l’accès aux espaces naturels protégés

Explication

Le Conseil d’État a reconnu, le 11 mars 1983, une police spéciale de l’accès aux espaces naturels protégés dans l’affaire Commune de Bures-sur-Yvette. La police judiciaire et la police municipale ne correspondent pas à cette qualification jurisprudentielle.

21. Quelle autorité détient le pouvoir de police administrative générale au niveau national en vertu de ses pouvoirs propres ?

Le ministre de l’Intérieur, en raison de sa compétence sur la sécurité nationale
Le préfet, lorsqu’une mesure doit produire des effets sur tout le territoire
Le Premier ministre, même en l’absence d’une habilitation législative
Le président du conseil départemental, pour les risques touchant plusieurs communes

Le Premier ministre, même en l’absence d’une habilitation législative

Explication

Le Premier ministre dispose d’un pouvoir propre de police administrative générale à l’échelle nationale, même sans habilitation législative. Le ministre de l’Intérieur ne possède pas de pouvoir autonome équivalent, tandis que le préfet et le président du conseil départemental exercent leurs compétences à des niveaux territoriaux différents.

22. Lequel de ces ensembles réunit les principales autorités de police administrative générale ?

Le ministre de l’Intérieur, le préfet, le maire et le président du conseil régional
Le préfet, le maire, le président du conseil régional et le directeur départemental
Le Premier ministre, le préfet, le maire et le président du conseil départemental
Le Premier ministre, le ministre de la Justice, le maire et le président du conseil départemental

Le Premier ministre, le préfet, le maire et le président du conseil départemental

Explication

Les principales autorités de police administrative générale sont le Premier ministre, le préfet, le maire et le président du conseil départemental. Le ministre de l’Intérieur n’est pas présenté comme une autorité autonome de police administrative générale, et le président du conseil régional ne figure pas dans cette liste.

23. Quelle affirmation décrit correctement le pouvoir des ministres et des chefs de service en matière de police administrative ?

Ils disposent d’un pouvoir général de police nationale dès qu’une mesure concerne plusieurs services placés sous leur autorité.
Ils exercent un pouvoir de police générale comparable à celui du Premier ministre dans leur domaine ministériel.
Ils peuvent édicter des mesures de police générale dès lors qu’aucune intervention préfectorale n’est prévue par un texte.
Ils peuvent prendre les mesures nécessaires au fonctionnement de leurs services, sans disposer pour autant d’un pouvoir général de police.

Ils peuvent prendre les mesures nécessaires au fonctionnement de leurs services, sans disposer pour autant d’un pouvoir général de police.

Explication

Les ministres et les chefs de service peuvent adopter les mesures nécessaires au bon fonctionnement des services dont ils ont la charge, mais ce pouvoir réglementaire n’est pas un pouvoir général de police. Leur compétence fonctionnelle ne leur confère donc pas une autorité de police comparable à celle du Premier ministre.

24. Quel office le juge administratif exerce-t-il face à une mesure de police administrative et face à une sanction administrative ?

Il statue comme juge de plein contentieux pour la mesure de police et comme juge de l’excès de pouvoir pour la sanction.
Il statue comme juge de l’excès de pouvoir pour la mesure de police et comme juge de plein contentieux pour la sanction.
Il statue comme juge judiciaire pour la mesure de police et comme juge constitutionnel pour la sanction.
Il statue comme juge de l’excès de pouvoir dans les deux cas, car toute décision administrative relève du même recours.

Il statue comme juge de l’excès de pouvoir pour la mesure de police et comme juge de plein contentieux pour la sanction.

Explication

Le recours contre une mesure de police administrative relève du juge de l’excès de pouvoir, tandis que le contentieux d’une sanction administrative relève du plein contentieux. Cette dernière compétence permet au juge d’aller au-delà de la simple annulation et de réformer ou rectifier la sanction.

25. Quelle différence caractérise le régime contradictoire applicable aux sanctions administratives et aux mesures de police administrative ?

Les sanctions administratives sont soumises au contradictoire, tandis que les mesures de police ne le sont pas nécessairement.
Les mesures de police sont soumises au contradictoire, tandis que les sanctions administratives peuvent en être dispensées.
Aucune des deux catégories n’est soumise au contradictoire, puisque l’administration agit dans l’intérêt général.
Les deux catégories sont soumises au contradictoire dans les mêmes conditions, car elles produisent un effet défavorable.

Les sanctions administratives sont soumises au contradictoire, tandis que les mesures de police ne le sont pas nécessairement.

Explication

Le principe du contradictoire s’applique aux sanctions administratives, alors que les mesures de police administrative n’y sont pas nécessairement soumises. La finalité préventive et la nécessité d’agir rapidement peuvent expliquer cette différence pour les mesures de police.

26. Quelle est la source des pouvoirs de police administrative générale du Premier ministre selon la décision du Conseil constitutionnel du 20 février 1987 ?

Une délégation permanente accordée par le préfet
Une habilitation législative adoptée pour chaque intervention
Ses pouvoirs propres, même sans habilitation législative
Les pouvoirs autonomes confiés à chaque ministre

Ses pouvoirs propres, même sans habilitation législative

Explication

Le Conseil constitutionnel a considéré que l’article 34 n’avait pas retiré au Premier ministre ses pouvoirs propres de police générale. L’habilitation législative n’est donc pas exigée pour chaque mesure prise dans ce cadre.

27. Dans quelle condition un ministre peut-il exercer un pouvoir de police administrative générale ?

Lorsqu’une commune lui demande de régler un trouble local
Lorsqu’il y est habilité par le Premier ministre ou par la loi
Lorsqu’il estime nécessaire de compléter un décret national
Lorsqu’il dirige un ministère chargé de la sécurité publique

Lorsqu’il y est habilité par le Premier ministre ou par la loi

Explication

Un ministre ne possède pas, en principe, de pouvoir autonome de police administrative générale. Il peut toutefois en exercer un lorsqu’une habilitation du Premier ministre ou de la loi le prévoit.

28. Quelle mesure relève du pouvoir réglementaire d’un chef de service plutôt que de la police administrative générale ?

Réglementer la circulation dans toute la commune
Imposer une mesure nationale de protection sanitaire
Organiser l’utilisation du service par ses usagers
Interdire une réunion pour préserver l’ordre public

Organiser l’utilisation du service par ses usagers

Explication

Le chef de service peut édicter les règles nécessaires au bon fonctionnement du service placé sous son autorité. Les autres mesures concernent la protection générale de l’ordre public ou une intervention dépassant l’organisation interne du service.

29. Dans le département, au nom de quelle entité le préfet exerce-t-il la police administrative générale ?

Au nom de l’État, notamment sur les routes nationales hors agglomération
Au nom des usagers, notamment pour organiser les services publics
Au nom de chaque commune, notamment pour les troubles de voisinage
Au nom du conseil municipal, notamment pour la circulation locale

Au nom de l’État, notamment sur les routes nationales hors agglomération

Explication

Le préfet exerce la police administrative générale au nom de l’État et intervient notamment sur les routes nationales situées hors agglomération. Le maire agit en principe au nom de la commune.

30. Dans quelle situation le préfet peut-il se substituer au maire ?

Lorsqu’une route nationale traverse une commune sans agglomération
Lorsqu’une commune souhaite transférer sa police municipale au département
Lorsque plusieurs communes sont menacées ou que le maire reste carent
Lorsqu’un conseil municipal conteste une décision de circulation locale

Lorsque plusieurs communes sont menacées ou que le maire reste carent

Explication

La substitution préfectorale répond à une menace affectant plusieurs communes ou à la carence du maire dans le rétablissement de l’ordre public. Elle constitue une intervention exceptionnelle et non l’exercice ordinaire de la police communale.

31. Quelle autorité exerce la police municipale au nom de la commune ?

Le préfet, conformément à l’article L. 2212-2 du CGCT
Le directeur des services municipaux, conformément à l’article L. 2212-2 du CGCT
Le maire, conformément à l’article L. 2212-2 du CGCT
Le conseil municipal, conformément à l’article L. 2212-2 du CGCT

Le maire, conformément à l’article L. 2212-2 du CGCT

Explication

La police municipale relève du maire, qui l’exerce au nom de la commune en vertu de l’article L. 2212-2 du Code général des collectivités territoriales. Le conseil municipal n’est pas l’autorité compétente pour exercer cette police.

32. Qui est compétent pour réglementer la circulation sur une route à grande circulation ?

Le chef de service municipal, au titre de l’organisation interne
Le maire, comme pour toute voie ouverte à la circulation
Le conseil municipal, après délibération sur le trafic local
Le préfet, en raison du régime particulier de cette voie

Le préfet, en raison du régime particulier de cette voie

Explication

Le maire est normalement compétent pour la circulation sur les voies publiques et privées ouvertes à la circulation, mais les routes à grande circulation relèvent de la compétence du préfet. Cette exception distingue ces voies du régime ordinaire de la police municipale.

33. Lorsqu’une autorité inférieure veut renforcer une mesure de police prise par une autorité supérieure, quelle condition doit-elle respecter ?

Elle doit remplacer la mesure supérieure par un régime différent
Elle doit obtenir l’accord préalable du conseil municipal
Elle doit démontrer que la mesure supérieure est illégale
Elle doit invoquer des circonstances locales particulières

Elle doit invoquer des circonstances locales particulières

Explication

En cas de concours entre polices administratives générales, l’autorité inférieure peut aggraver la mesure supérieure si des circonstances locales particulières le justifient. Elle ne peut pas écarter librement la mesure prise par l’autorité supérieure.

34. Quelle relation s’établit en principe entre une police administrative spéciale complète et une police administrative générale ?

La police spéciale cesse de s’appliquer dès qu’un maire intervient
La police générale prime lorsqu’elle est exercée par une autorité élue localement
La police spéciale prime lorsqu’elle protège de façon complète et uniforme un ordre spécifique
Les deux polices s’appliquent toujours ensemble sans condition particulière

La police spéciale prime lorsqu’elle protège de façon complète et uniforme un ordre spécifique

Explication

Une police spéciale complète, cohérente et uniforme prime en principe la police administrative générale pour l’ordre public qu’elle encadre. L’intervention d’une autorité générale n’est donc pas automatiquement possible dans ce domaine.

35. Dans quel cas le maire peut-il intervenir dans un domaine couvert par une police spéciale complète ?

Si des circonstances locales impérieuses rendent son intervention indispensable
Si le conseil municipal adopte une mesure plus sévère sans justification
Si le maire souhaite harmoniser la règle nationale avec les usages locaux
Si une association demande une protection différente dans la commune

Si des circonstances locales impérieuses rendent son intervention indispensable

Explication

Le maire ne peut intervenir que lorsque des circonstances locales impérieuses rendent cette intervention indispensable. Sa mesure doit en outre préserver la cohérence et l’efficacité du dispositif national de police spéciale.

36. Quelle distinction s’applique entre une tâche matérielle liée à la police et l’exercice d’une compétence de police administrative ?

Une tâche matérielle détachable peut être confiée à une personne privée, mais la décision de police demeure publique
Une société privée peut exercer une compétence de police lorsqu’un contrat précise ses pouvoirs
Une tâche matérielle détachable reste réservée à l’autorité publique, tandis que la décision peut être privée
Une personne privée peut décider d’une mesure de police si elle agit sous le contrôle du maire

Une tâche matérielle détachable peut être confiée à une personne privée, mais la décision de police demeure publique

Explication

Les tâches matérielles détachables, comme la capture de chiens errants, peuvent être exécutées par une personne privée, tandis que la décision de police relève de la puissance publique. La surveillance et la décision de police ne deviennent pas privées du seul fait d’un contrat ou d’un contrôle administratif.

37. Pourquoi l’exercice des compétences de police administrative ne peut-il pas être délégué à une société privée ?

Parce qu’il suppose une autorisation judiciaire préalable qui ne peut viser une société
Parce qu’il exige une qualification professionnelle détenue par les agents publics
Parce qu’il relève des fonctions de souveraineté qui appartiennent aux autorités publiques
Parce qu’il concerne des activités commerciales incompatibles avec toute mission administrative

Parce qu’il relève des fonctions de souveraineté qui appartiennent aux autorités publiques

Explication

La compétence de police administrative relève des fonctions de souveraineté et ne peut donc pas être confiée à une personne privée. Une société privée peut toutefois recevoir une tâche matérielle détachable, sans exercer le pouvoir de décision policière.

38. Dans quelle situation une autorité de police est-elle en compétence liée ?

Lorsqu’un administré lui demande d’intervenir contre une gêne simplement hypothétique
Lorsqu’une loi lui impose d’intervenir face à un risque imminent ou dans une police spéciale
Lorsqu’elle estime librement qu’une mesure serait utile à la tranquillité publique
Lorsqu’une autorité privée lui recommande d’adopter une mesure de prévention

Lorsqu’une loi lui impose d’intervenir face à un risque imminent ou dans une police spéciale

Explication

L’autorité est en compétence liée lorsque la loi lui impose d’intervenir, notamment en présence d’un risque imminent ou dans certaines polices spéciales. Une demande ou une appréciation libre de l’autorité ne suffit pas à créer cette obligation juridique.

39. Selon l’arrêt Doublet du 14 décembre 1959, dans quel cas l’autorité de police doit-elle prendre les mesures nécessaires ?

Lorsqu’une plainte individuelle porte sur une gêne légère et ponctuelle
Lorsqu’une mesure préventive semble préférable sans menace caractérisée
Lorsqu’une menace suffisamment grave compromet le bon ordre, la sécurité, la tranquillité ou la salubrité publiques
Lorsqu’un désaccord politique local risque de nuire à l’image de la commune

Lorsqu’une menace suffisamment grave compromet le bon ordre, la sécurité, la tranquillité ou la salubrité publiques

Explication

L’arrêt Doublet impose une action lorsque la menace est suffisamment grave pour le bon ordre, la sécurité, la tranquillité ou la salubrité publiques. Une gêne légère ou une simple préférence pour la prévention ne suffit pas à établir cette obligation.

40. Quelle obligation incombe à l’autorité de police concernant les mesures déjà adoptées ?

Elle doit transmettre l’exécution des mesures à une juridiction avant toute intervention administrative
Elle doit contrôler les mesures prises par une autorité supérieure sans participer à leur exécution
Elle doit renégocier les mesures prises par une autorité supérieure avant d’en organiser l’application
Elle doit assurer l’exécution des mesures prises par elle-même ou par une autorité administrative supérieure

Elle doit assurer l’exécution des mesures prises par elle-même ou par une autorité administrative supérieure

Explication

L’autorité de police doit assurer l’exécution des mesures qu’elle a prises ou qui ont été adoptées par une autorité administrative supérieure. Elle ne peut donc pas se limiter à un contrôle formel ou subordonner leur application à une nouvelle négociation.

41. À quelles conditions le préfet peut-il se substituer au maire resté inactif ?

La mesure doit être simplement utile et une mise en demeure doit être adressée dans tous les cas
La mesure doit concerner une liberté fondamentale et le maire doit avoir refusé toute consultation
La mesure doit être indispensable et une mise en demeure doit être restée sans effet, sauf urgence ou péril imminent
La mesure doit être décidée par le juge administratif après une demande préalable des habitants

La mesure doit être indispensable et une mise en demeure doit être restée sans effet, sauf urgence ou péril imminent

Explication

La substitution préfectorale suppose en principe l’inaction du maire, le caractère indispensable de la mesure et une mise en demeure restée sans effet. En cas d’urgence ou de péril imminent, cette mise en demeure préalable peut être écartée.

42. Que signifie le principe de proportionnalité dans l’exercice des pouvoirs de police ?

Une mesure de police est proportionnée lorsqu’elle reçoit l’accord préalable de la majorité des administrés
Toute atteinte à une liberté devient légitime dès qu’elle poursuit un objectif de sécurité publique
L’atteinte portée à une liberté doit rester proportionnée aux exigences de sauvegarde de l’ordre public
La protection de l’ordre public permet de privilégier la mesure la plus contraignante disponible

L’atteinte portée à une liberté doit rester proportionnée aux exigences de sauvegarde de l’ordre public

Explication

La proportionnalité exige que l’atteinte à une liberté soit mesurée au regard des nécessités de sauvegarde de l’ordre public. La seule existence d’un objectif de sécurité ou l’acceptation de la population ne suffit pas à justifier une restriction excessive.

43. Quelle leçon principale peut-on tirer de l’arrêt Benjamin du 19 mai 1933 ?

Une conférence peut être interdite dès lors que son sujet suscite une opposition parmi les habitants
L’interdiction d’une conférence est illégale lorsque la présence des forces de police suffit à prévenir les troubles
La présence des forces de police ne peut jamais remplacer une interdiction destinée à prévenir un trouble
L’interdiction d’une conférence est légale dès qu’une autorité invoque un risque général pour la sécurité publique

L’interdiction d’une conférence est illégale lorsque la présence des forces de police suffit à prévenir les troubles

Explication

L’arrêt Benjamin illustre l’exigence de choisir une mesure moins restrictive lorsque les forces de police suffisent à prévenir les troubles. Une crainte générale ou l’opposition d’une partie du public ne justifie donc pas à elle seule l’interdiction de la conférence.

44. Quels critères composent le triple test de proportionnalité applicable à une mesure de police ?

La mesure doit être préventive, générale et suffisamment dissuasive
La mesure doit être nécessaire, adaptée et strictement proportionnée
La mesure doit être urgente, consensuelle et approuvée par le juge
La mesure doit être temporaire, uniforme et fondée sur une compétence spéciale

La mesure doit être nécessaire, adaptée et strictement proportionnée

Explication

Le triple test vérifie successivement que la mesure répond à une nécessité, qu’elle est adaptée à la prévention du trouble et qu’elle reste strictement proportionnée. Les autres séries de critères ne correspondent pas à ce contrôle en trois étapes.

45. Une commune envisage d’interdire totalement un rassemblement alors qu’un dispositif ciblé de surveillance pourrait prévenir le trouble redouté. Quel critère de proportionnalité cette situation met-elle principalement en cause ?

La délégation de police, car un dispositif de surveillance doit être confié à une personne privée
La compétence liée, car toute mesure de rassemblement doit être imposée par la loi
L’adaptation, car une interdiction générale ne peut concerner aucun trouble réel
La stricte proportionnalité, car une mesure moins contraignante permettrait d’atteindre le même objectif

La stricte proportionnalité, car une mesure moins contraignante permettrait d’atteindre le même objectif

Explication

La stricte proportionnalité est en cause lorsqu’une mesure moins contraignante permet d’atteindre le même objectif de maintien de l’ordre. L’adaptation concerne plutôt l’aptitude de la mesure à empêcher le trouble, tandis que la délégation et la compétence liée portent sur d’autres questions.

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Qu'est-ce que le droit administratif ?

C'est la branche du droit public qui régit l’administration et les actions des personnes publiques par des règles spécifiques.

Que désigne matériellement l’administration ?

L’activité d’administrer.

Que désigne organiquement l’administration ?

L’ensemble des personnes publiques et autorités exerçant la fonction administrative.

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