QCM : Fondements du droit administratif (63 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quelle définition correspond au droit administratif ?

Il désigne les règles constitutionnelles organisant les pouvoirs des autorités publiques.
Il regroupe les règles applicables à l’administration, principalement forgées par le juge administratif.
Il regroupe les règles applicables aux relations privées, principalement forgées par le juge judiciaire.
Il rassemble les règles appliquées par l’administration sans constituer un droit spécial.

Il regroupe les règles applicables à l’administration, principalement forgées par le juge administratif.

Explication

Le droit administratif comprend les règles applicables à l’administration et constitue principalement un droit spécial élaboré par le juge administratif. Le droit privé régit plutôt les relations entre personnes privées et ne correspond pas à cette définition.

2. Quelle institution se trouve au sommet de l’ordre administratif français ?

Le Conseil d’État
Le Conseil constitutionnel
Le Tribunal des conflits
La Cour de cassation

Le Conseil d’État

Explication

Le Conseil d’État est placé au sommet de l’ordre administratif français. La Cour de cassation domine l’ordre judiciaire, tandis que le Tribunal des conflits départage les deux ordres.

3. Comment l’approche fonctionnelle définit-elle l’administration ?

Par les décisions rendues par les juridictions dans les litiges administratifs.
Par les organes, institutions et autorités qui composent la personne publique.
Par les activités exercées en vue de l’intérêt général par une personne publique.
Par les prérogatives exorbitantes utilisées dans les relations entre particuliers.

Par les activités exercées en vue de l’intérêt général par une personne publique.

Explication

L’approche fonctionnelle s’intéresse aux activités prises en charge par une personne publique afin de poursuivre l’intérêt général. La définition par les organes et les autorités relève de l’approche organique.

4. Quelle différence caractérise l’administration dans un État de droit par rapport à un État de police ?

Elle exerce ses compétences sans être limitée par des règles de droit.
Elle est soumise à la légalité et contrôlée par une juridiction administrative.
Elle agit selon son appréciation propre et échappe au contrôle juridictionnel.
Elle dépend des juridictions judiciaires pour toutes ses décisions administratives.

Elle est soumise à la légalité et contrôlée par une juridiction administrative.

Explication

Dans un État de droit, l’administration respecte le principe de légalité et peut être contrôlée par une juridiction administrative. L’absence de contrôle et l’affranchissement de la règle de droit caractérisent l’État de police.

5. Quel effet l’article 13 de la loi des 16-24 août 1790 produit-il sur les juges judiciaires ?

Il leur interdit de troubler les opérations administratives et de citer les administrateurs pour leurs fonctions.
Il leur attribue le pouvoir de juger la responsabilité de l’État dans les services publics.
Il leur confie le contrôle général des actes administratifs et la sanction des administrateurs.
Il leur permet de régler les conflits entre les ordres judiciaire et administratif.

Il leur interdit de troubler les opérations administratives et de citer les administrateurs pour leurs fonctions.

Explication

L’article 13 sépare les fonctions judiciaires et administratives et interdit aux juges judiciaires d’intervenir dans les opérations administratives. Le règlement des conflits entre ordres relève plutôt du Tribunal des conflits.

6. Que désigne la justice retenue dans l’histoire du contentieux administratif ?

Un système où le Tribunal des conflits tranche les litiges entre les deux ordres.
Un système où le Conseil d’État rend des décisions juridictionnelles au nom du peuple français.
Un système où l’administration se juge elle-même selon la théorie du ministre-juge.
Un système où les juges judiciaires contrôlent les actes pris par les administrateurs.

Un système où l’administration se juge elle-même selon la théorie du ministre-juge.

Explication

La justice retenue correspond à une période où l’administration conservait le pouvoir de se juger elle-même, selon la théorie du ministre-juge. La justice déléguée repose au contraire sur l’intervention d’un véritable juge administratif.

7. Quelle transformation la loi du 24 mai 1872 a-t-elle apportée à la justice administrative ?

Elle a rétabli la justice retenue et renforcé le rôle du ministre-juge.
Elle a supprimé le Conseil d’État et confié les litiges administratifs à la Cour de cassation.
Elle a interdit aux juridictions administratives de connaître des actes de l’administration.
Elle a donné des compétences juridictionnelles au Conseil d’État et créé le Tribunal des conflits.

Elle a donné des compétences juridictionnelles au Conseil d’État et créé le Tribunal des conflits.

Explication

La loi du 24 mai 1872 a accordé des compétences juridictionnelles au Conseil d’État et institué le Tribunal des conflits. Elle marque ainsi le passage de la justice retenue à la justice déléguée.

8. Quel apport essentiel l’arrêt Blanco du 8 février 1873 reconnaît-il ?

Les litiges administratifs doivent être soumis à la Cour de cassation selon les règles ordinaires.
Les services publics échappent à toute responsabilité lorsque leur fonctionnement cause un dommage.
La responsabilité de l’État relève du droit civil et doit être jugée par les tribunaux judiciaires.
La responsabilité de l’État liée au fonctionnement des services publics relève de règles spéciales et du juge administratif.

La responsabilité de l’État liée au fonctionnement des services publics relève de règles spéciales et du juge administratif.

Explication

L’arrêt Blanco reconnaît une responsabilité de l’État liée au fonctionnement des services publics, soumise à des règles spéciales et relevant du juge administratif. Il ne soumet donc pas ce contentieux aux règles ordinaires du droit civil.

9. Pourquoi le droit administratif est-il qualifié d’autonome ?

Il applique aux autorités publiques les mêmes règles que celles régissant les relations privées.
Il repose sur des règles élaborées par le juge judiciaire pour les contrats administratifs.
Il permet à l’administration d’agir en dehors de toute règle constitutionnelle ou internationale.
Il soumet l’administration à un droit spécial distinct du droit commun, sous certaines limites.

Il soumet l’administration à un droit spécial distinct du droit commun, sous certaines limites.

Explication

Le droit administratif est autonome parce qu’il soumet l’administration à un droit spécial distinct du droit commun depuis l’arrêt Blanco. Cette autonomie demeure toutefois tempérée par le droit constitutionnel et le droit international.

10. Pourquoi le droit administratif est-il qualifié de fondamentalement jurisprudentiel ?

Les règles administratives proviennent principalement des usages suivis par les personnes publiques.
Le Parlement a retiré aux juridictions tout pouvoir d’interprétation en matière administrative.
Les codes sectoriels ont fixé dès l’origine toutes les règles applicables à l’administration.
Le juge administratif a élaboré une grande partie de ses règles spéciales dans ses décisions.

Le juge administratif a élaboré une grande partie de ses règles spéciales dans ses décisions.

Explication

Le droit administratif est fondamentalement jurisprudentiel parce que le juge administratif a construit ses règles spéciales à travers ses décisions. Les codes sectoriels ont ensuite codifié progressivement une partie de cette jurisprudence, sans en être l’origine première.

11. Quelle évolution oppose le droit administratif de privilège au droit administratif d’équilibre ?

Le second cherche à concilier les prérogatives de l’administration avec les droits des administrés.
Le second renforce les avantages de l’administration en écartant les droits des administrés.
Le premier protège les administrés en limitant les prérogatives reconnues à l’administration.
Le premier et le second désignent deux juridictions chargées de contrôler les actes administratifs.

Le second cherche à concilier les prérogatives de l’administration avec les droits des administrés.

Explication

Le droit administratif contemporain recherche davantage un équilibre entre les prérogatives de l’administration et les droits des administrés. Le droit administratif de privilège met au contraire l’accent sur les avantages et pouvoirs exorbitants de l’administration.

12. Avant la révision constitutionnelle de 2008 et l’introduction de la QPC, quelle était la situation du juge administratif dans la Constitution française ?

Il y était défini comme une juridiction constitutionnelle
Il y était rattaché à l’autorité exécutive
Il n’y était pas mentionné comme juridiction
Il y était présenté comme une juridiction judiciaire

Il n’y était pas mentionné comme juridiction

Explication

Avant 2008, la Constitution ne mentionnait pas le juge administratif en tant que juridiction. La QPC et l’article 61-1 ont ensuite contribué à faire apparaître cette référence constitutionnelle.

13. Quel principe le Conseil constitutionnel a-t-il reconnu dans la décision Loi de validation du 22 juillet 1980 ?

La primauté des avis du Conseil d’État
La compétence générale du juge judiciaire
La publicité obligatoire de tous les délibérés
L’indépendance du juge administratif

L’indépendance du juge administratif

Explication

La décision Loi de validation a reconnu l’indépendance du juge administratif comme principe fondamental reconnu par les lois de la République. La compétence du juge administratif relève principalement de la décision Conseil de la concurrence de 1987.

14. Quelle garantie concernant le juge administratif résulte principalement de la décision Conseil de la concurrence du 23 janvier 1987 ?

Sa compétence pour annuler ou réformer les actes administratifs
Sa compétence pour juger les infractions pénales commises par les agents publics
Son indépendance comme principe fondamental reconnu par les lois de la République
Son pouvoir de conseiller le Parlement sur chaque proposition de loi

Sa compétence pour annuler ou réformer les actes administratifs

Explication

En 1987, le Conseil constitutionnel a garanti la compétence du juge administratif pour annuler ou réformer les actes administratifs, avec certaines réserves. La reconnaissance de son indépendance correspond à la décision de 1980.

15. Quelle double fonction caractérise le Conseil d’État dans l’ordre administratif français ?

Une fonction consultative et une fonction juridictionnelle
Une fonction policière et une fonction réglementaire
Une fonction administrative et une fonction diplomatique
Une fonction législative et une fonction exclusivement judiciaire

Une fonction consultative et une fonction juridictionnelle

Explication

Le Conseil d’État conseille le Gouvernement et le Parlement tout en étant la juridiction suprême de l’ordre administratif. Les autres juridictions administratives exercent principalement une fonction contentieuse.

16. Que prévoit l’article 39 de la Constitution concernant les avis du Conseil d’État sur les projets de loi ?

Le Conseil d’État doit être consulté, mais le Gouvernement peut ne pas suivre son avis
Le Conseil d’État intervient après le vote pour contrôler le contenu de la loi
Le Conseil d’État doit être consulté et le Gouvernement doit reprendre son avis
Le Conseil d’État peut être consulté, mais le Gouvernement doit obtenir son accord

Le Conseil d’État doit être consulté, mais le Gouvernement peut ne pas suivre son avis

Explication

L’article 39 impose la consultation du Conseil d’État sur les projets de loi et certains décrets, sans rendre son avis contraignant pour le Gouvernement. Le pouvoir exécutif conserve donc la possibilité de s’en écarter.

17. Dans quelle situation le Conseil d’État statue-t-il en premier et dernier ressort ?

Pour les appels formés contre toutes les décisions judiciaires
Pour certains actes importants, notamment des décrets présidentiels ou gouvernementaux
Pour chaque décision rendue par un tribunal administratif
Pour tout litige indemnitaire opposant deux particuliers

Pour certains actes importants, notamment des décrets présidentiels ou gouvernementaux

Explication

Le Conseil d’État juge en premier et dernier ressort certains actes importants, notamment les décrets du Président de la République ou du Premier ministre. Il exerce par ailleurs des fonctions de cassation et d’appel dans des matières déterminées.

18. Quelle différence oppose principalement le recours pour excès de pouvoir au recours de plein contentieux ?

Le premier permet au juge de fixer des dommages-intérêts, tandis que le second conduit à l’annulation de tout acte illégal
Le premier concerne les contrats, tandis que le second sert à contester les actes réglementaires dans un délai de deux mois
Le premier vise l’annulation d’un acte illégal, tandis que le second peut permettre une indemnisation ou une modification de la situation juridique
Le premier suspend automatiquement l’acte contesté, tandis que le second porte sur les libertés fondamentales en urgence

Le premier vise l’annulation d’un acte illégal, tandis que le second peut permettre une indemnisation ou une modification de la situation juridique

Explication

Le recours pour excès de pouvoir tend principalement à faire annuler un acte administratif illégal, généralement dans un délai de deux mois. Le plein contentieux donne au juge des pouvoirs plus étendus, notamment en matière indemnitaire, contractuelle ou de modification d’un acte.

19. Sur quoi repose l’appréciation de l’impartialité objective du juge ?

Sur la durée de la procédure et le nombre d’audiences tenues par la juridiction
Sur les caractéristiques structurelles ou organiques pouvant faire douter de l’impartialité de l’institution
Sur les convictions personnelles et les opinions intimes du magistrat concerné
Sur la gravité de la sanction demandée par l’administration dans le litige

Sur les caractéristiques structurelles ou organiques pouvant faire douter de l’impartialité de l’institution

Explication

L’impartialité objective s’apprécie à partir de la structure et du fonctionnement de l’institution, indépendamment de la personne du juge. Les convictions personnelles du magistrat relèvent plutôt de l’impartialité subjective.

20. Quelle limite l’arrêt Association Procola c/ Luxembourg a-t-il posée au dualisme fonctionnel ?

Un membre du Gouvernement ne peut participer à une procédure devant la Cour européenne
Un magistrat ne peut exercer aucune fonction consultative au sein d’une juridiction administrative
Une juridiction administrative ne peut rendre de décision après avoir consulté le Conseil d’État
Un même magistrat ne peut conseiller puis juger la même norme

Un même magistrat ne peut conseiller puis juger la même norme

Explication

Dans l’arrêt Association Procola, la Cour européenne a admis que le dualisme fonctionnel n’est pas en lui-même problématique. Elle a toutefois considéré qu’un même magistrat ne pouvait conseiller puis juger la même norme.

21. Quel est le rôle du rapporteur public au cours du procès administratif ?

Il contrôle la constitutionnalité de l’acte administratif contesté
Il rend la décision au nom de la formation de jugement
Il représente l’administration et soutient ses conclusions devant le tribunal
Il présente les faits, les règles applicables et la solution qu’il propose

Il présente les faits, les règles applicables et la solution qu’il propose

Explication

Le rapporteur public expose les faits, le droit applicable et la solution proposée dans ses conclusions. La décision appartient ensuite à la formation de jugement, qui n’est pas liée par cette proposition.

22. Quelle pratique concernant le rapporteur public a été condamnée par la Cour européenne dans l’arrêt Kress c/ France ?

L’exposé des règles de droit applicables au litige administratif
Sa participation au délibéré, au regard de la théorie des apparences
La possibilité pour les parties de connaître le sens de ses conclusions
La présentation orale de ses conclusions avant la décision des juges

Sa participation au délibéré, au regard de la théorie des apparences

Explication

Dans l’arrêt Kress, la Cour européenne a estimé que la participation du rapporteur public au délibéré pouvait faire naître un doute légitime sur l’impartialité de la juridiction. Elle n’a toutefois pas exigé la communication intégrale de ses conclusions.

23. Quelle caractéristique définit une personne morale de droit public ?

C’est une association privée chargée d’une mission d’intérêt général par contrat.
C’est une entité abstraite dotée de la personnalité juridique et soumise au droit public.
C’est un agent physique habilité à prendre des décisions au nom d’une collectivité.
C’est un organe dépourvu de personnalité juridique qui exerce une compétence administrative.

C’est une entité abstraite dotée de la personnalité juridique et soumise au droit public.

Explication

Une personne morale de droit public est une entité abstraite qui possède la personnalité juridique et relève du droit public. L’autorité administrative, contrairement à cette personne morale, est l’organe ou l’agent qui agit en son nom.

24. Quelle proposition décrit correctement le rapport entre l’État français et l’administration ?

L’administration est une personne souveraine dont l’État constitue une composante institutionnelle.
L’État est une autorité administrative chargée d’agir au nom d’une personne publique distincte.
L’État et l’administration sont deux personnes publiques séparées exerçant des compétences équivalentes.
L’État est une personne publique souveraine et indivisible, tandis que l’administration constitue l’un de ses modes d’action.

L’État est une personne publique souveraine et indivisible, tandis que l’administration constitue l’un de ses modes d’action.

Explication

L’État français est une personne publique souveraine et indivisible, et l’administration est l’un des moyens par lesquels il agit. L’administration ne possède donc pas une souveraineté distincte de celle de l’État.

25. Dans quelle qualité une autorité administrative intervient-elle ?

Elle exerce une mission publique sans être rattachée à une personne morale.
Elle agit au nom et pour le compte d’une personne morale de droit public.
Elle représente une personne privée dans l’exercice d’une activité économique générale.
Elle détient en propre la personnalité juridique de la personne publique concernée.

Elle agit au nom et pour le compte d’une personne morale de droit public.

Explication

Une autorité administrative est un organe ou un agent qui agit au nom et pour le compte d’une personne morale de droit public. Elle ne se confond donc pas avec la personne morale dont elle met en œuvre les compétences.

26. Quel élément caractérise une personne morale de droit public dans son rapport à l’intérêt général ?

Elle exerce une activité lucrative, relève du droit privé et représente ses membres.
Elle agit comme un agent public, sans disposer d’une personnalité juridique propre.
Elle possède la personnalité juridique, relève du droit public et poursuit l’intérêt général.
Elle intervient dans l’intérêt général, mais demeure soumise aux règles ordinaires du droit privé.

Elle possède la personnalité juridique, relève du droit public et poursuit l’intérêt général.

Explication

La personne morale de droit public est une entité juridiquement autonome soumise au droit public et orientée vers la poursuite de l’intérêt général. Une activité d’intérêt général ne suffit pas, à elle seule, à transformer une personne privée en personne morale de droit public.

27. Comment faut-il distinguer l’administration de l’autorité administrative ?

L’administration est l’ensemble des personnes morales publiques, tandis que l’autorité administrative agit pour cet ensemble.
L’administration est une personne privée délégataire, tandis que l’autorité administrative est son cocontractant public.
L’administration est une décision individuelle, tandis que l’autorité administrative correspond à la procédure qui la prépare.
L’administration est un agent physique, tandis que l’autorité administrative désigne la personne morale qu’il représente.

L’administration est l’ensemble des personnes morales publiques, tandis que l’autorité administrative agit pour cet ensemble.

Explication

L’administration désigne un ensemble institutionnel composé de personnes morales de droit public, au sein duquel interviennent des autorités administratives. Confondre l’ensemble institutionnel avec l’organe qui agit pour lui inverse ces deux notions.

28. Quel type d’acte adopté par une autorité administrative peut être contesté devant le juge administratif ?

Un acte administratif réglementaire ou individuel.
Une convention commerciale conclue entre deux entreprises privées.
Un contrat privé dépourvu de tout lien avec une mission publique.
Une décision interne d’une association sans pouvoir administratif.

Un acte administratif réglementaire ou individuel.

Explication

Les autorités administratives peuvent adopter des actes administratifs réglementaires ou individuels, susceptibles d’être contestés devant le juge administratif. Une convention purement privée entre entreprises ne relève pas, par sa seule nature, de cette catégorie.

29. Quelle différence oppose la régie à la délégation d’un service public ?

En régie, un juge organise le service ; en délégation, une personne publique renonce à toute compétence.
En régie, l’administration gère directement le service ; en délégation, elle le confie à une personne privée.
En régie, le service disparaît de l’action publique ; en délégation, il devient une activité sans intérêt général.
En régie, une personne privée exploite le service ; en délégation, l’administration en assure directement la gestion.

En régie, l’administration gère directement le service ; en délégation, elle le confie à une personne privée.

Explication

La régie correspond à une prise en charge directe du service public par l’administration, tandis que la délégation confie cette mission à une personne morale de droit privé. La délégation ne fait toutefois pas disparaître la nature de service public de l’activité.

30. Par quels moyens l’administration peut-elle déléguer une mission de service public à une personne privée ?

Par une loi pénale ou par une convention entre particuliers.
Par un contrat ou par un acte unilatéral.
Par une décision judiciaire ou par une simple tolérance administrative.
Par une élection locale ou par une autorisation délivrée par un usager.

Par un contrat ou par un acte unilatéral.

Explication

La délégation d’une mission de service public à une personne privée peut résulter d’un contrat ou d’un acte unilatéral. Le contrat repose sur un accord, tandis que l’acte unilatéral attribue la mission sans accord contractuel.

31. Quelle solution le Conseil d’État a-t-il consacrée dans l’arrêt Caisse primaire « Aide et protection » du 13 mai 1938 ?

L’interdiction de confier un service public à une entreprise privée par concession.
La compétence exclusive du juge judiciaire pour les litiges liés à un service public privé.
La soumission de toute personne privée chargée d’un service public au statut de fonctionnaire.
La possibilité d’investir unilatéralement une personne privée d’une mission de service public.

La possibilité d’investir unilatéralement une personne privée d’une mission de service public.

Explication

Dans l’arrêt Caisse primaire « Aide et protection » de 1938, le Conseil d’État admet qu’une personne privée puisse recevoir unilatéralement une mission de service public. Cette solution ne transforme pas pour autant cette personne en administration ou en fonctionnaire.

32. Dans quelle situation le juge administratif peut-il être compétent pour un litige concernant une personne privée ?

Lorsque la personne privée adopte une décision interne dépourvue de portée publique.
Lorsque la personne privée exerce une activité commerciale sans aucun lien avec une mission publique.
Lorsque le litige oppose deux particuliers au sujet de leurs intérêts personnels.
Lorsque le litige concerne une mission de service public ou l’exercice de prérogatives de puissance publique.

Lorsque le litige concerne une mission de service public ou l’exercice de prérogatives de puissance publique.

Explication

Une personne privée demeure en principe soumise au droit privé, mais le juge administratif peut intervenir si le litige se rattache à une mission de service public ou à des prérogatives de puissance publique. Une activité privée sans ce rattachement relève généralement d’un autre ordre de juridiction.

33. En vertu de l’article 21 de la Constitution, qui détient le pouvoir réglementaire de principe ?

Le Premier ministre
Le Conseil constitutionnel
Le ministre de l’Intérieur
Le Président de la République

Le Premier ministre

Explication

L’article 21 attribue au Premier ministre le pouvoir réglementaire de principe. Le Président de la République ne dispose que d’un pouvoir réglementaire d’attribution dans les cas prévus notamment par l’article 13.

34. Quelle distinction caractérise le pouvoir hiérarchique de l’administration ?

L’instruction crée une personne morale, tandis que la réformation transfère une compétence
L’instruction contrôle les élus, tandis que la réformation dirige les juridictions
L’instruction annule une décision, tandis que la réformation organise un service
L’instruction donne des ordres, tandis que la réformation modifie une décision déjà prise

L’instruction donne des ordres, tandis que la réformation modifie une décision déjà prise

Explication

Le pouvoir d’instruction permet au supérieur de donner des ordres et le pouvoir de réformation lui permet de modifier les décisions du subordonné. Ces prérogatives existent de plein droit, même en l’absence de texte.

35. Quelle caractéristique définit une autorité administrative indépendante ?

Elle applique des décisions judiciaires, reçoit des ordres gouvernementaux et contrôle les tribunaux
Elle dispose de pouvoirs contraignants, échappe au pouvoir hiérarchique du gouvernement et reste contrôlée par le juge
Elle exerce une mission consultative, dépend d’un ministre et échappe au contrôle juridictionnel
Elle adopte des lois, dirige les collectivités et relève directement du Parlement

Elle dispose de pouvoirs contraignants, échappe au pouvoir hiérarchique du gouvernement et reste contrôlée par le juge

Explication

Une autorité administrative indépendante possède des pouvoirs contraignants tout en étant soustraite au pouvoir hiérarchique du gouvernement. Cette indépendance n’exclut pas le contrôle exercé par le juge.

36. Quelle situation correspond à la déconcentration administrative ?

L’État confie une compétence à un représentant local qui reste soumis à sa hiérarchie
Le Parlement confie une compétence juridictionnelle à une juridiction spécialisée
Une collectivité délègue une compétence à une association privée indépendante
L’État transfère une compétence à une collectivité dotée d’une personnalité morale distincte

L’État confie une compétence à un représentant local qui reste soumis à sa hiérarchie

Explication

La déconcentration consiste à confier des compétences à des représentants locaux de l’État qui demeurent dans sa chaîne hiérarchique. Elle conserve donc l’État comme personne morale, contrairement à la décentralisation.

37. Quelle orientation la loi du 6 février 1992 a-t-elle consacrée dans l’organisation administrative française ?

La régionalisation supprime l’autorité des représentants de l’État
La centralisation devient la règle et la déconcentration l’exception
La décentralisation remplace les services territoriaux de l’État
La déconcentration devient la règle et la centralisation l’exception

La déconcentration devient la règle et la centralisation l’exception

Explication

La loi du 6 février 1992 a fait de la déconcentration le principe ordinaire d’organisation administrative. La centralisation y est présentée comme une exception.

38. Quel ensemble de fonctions relève du préfet de département en tant que représentant de l’État ?

Voter le budget départemental, diriger le conseil régional et exercer la justice administrative
Gérer les communes, modifier les lois et représenter les collectivités devant le Parlement
Représenter l’État, exercer la police administrative et contrôler administrativement les collectivités locales
Élire les conseillers locaux, adopter les règlements nationaux et contrôler les juridictions

Représenter l’État, exercer la police administrative et contrôler administrativement les collectivités locales

Explication

Le préfet de département représente l’État, exerce des fonctions de police administrative et assure le contrôle administratif des collectivités locales. Il agit donc au nom de l’État et non au nom d’une collectivité décentralisée.

39. Quel élément distingue juridiquement la décentralisation de la déconcentration ?

La décentralisation remplace une compétence législative par une compétence judiciaire
La décentralisation confie des compétences à un agent qui reste soumis à la hiérarchie de l’État
La décentralisation transfère des compétences à une personne morale distincte de l’État
La décentralisation maintient les compétences dans les services centraux de l’État

La décentralisation transfère des compétences à une personne morale distincte de l’État

Explication

La décentralisation transfère des compétences à des institutions juridiquement distinctes de l’État et dotées de la personnalité morale. La déconcentration organise, quant à elle, une répartition interne des compétences au sein de l’État.

40. Quelles catégories de collectivités territoriales l’article 72 de la Constitution distingue-t-il ?

Les collectivités de droit commun, les collectivités à statut particulier et celles régies par l’article 74
Les collectivités métropolitaines, les régions autonomes et les juridictions territoriales
Les communes, les établissements publics et les autorités administratives indépendantes
Les départements, les ministères déconcentrés et les territoires placés sous tutelle

Les collectivités de droit commun, les collectivités à statut particulier et celles régies par l’article 74

Explication

L’article 72 distingue les collectivités de droit commun, les collectivités à statut particulier et les collectivités d’outre-mer prévues par l’article 74. Les services déconcentrés de l’État ne constituent pas une catégorie de collectivités territoriales.

41. Quelle transformation les lois Defferre du 2 mars 1982 ont-elles produite ?

Elles ont supprimé la tutelle de l’État, instauré le déféré préfectoral et fait de la région une collectivité territoriale
Elles ont renforcé la tutelle de l’État, supprimé le contrôle préfectoral et créé les collectivités d’outre-mer
Elles ont créé la clause générale régionale, supprimé le préfet et réservé les compétences locales au Parlement
Elles ont supprimé les conseils élus, transféré la justice aux régions et placé les communes sous administration directe

Elles ont supprimé la tutelle de l’État, instauré le déféré préfectoral et fait de la région une collectivité territoriale

Explication

Les lois Defferre ont supprimé la tutelle de l’État sur les collectivités, instauré le déféré préfectoral et érigé la région en collectivité territoriale. Elles ont donc renforcé l’autonomie locale tout en maintenant un contrôle juridictionnel par l’intermédiaire du préfet.

42. Quel principe fait partie de la libre administration des collectivités territoriales ?

La présence de conseils élus, de ressources propres, d’un pouvoir réglementaire compétent et d’une capacité d’expérimentation
L’adoption des lois locales, la nomination des juges et la maîtrise des compétences régaliennes
La gestion des collectivités par les préfets, l’unification des budgets et l’interdiction des expérimentations
La nomination des conseils par le gouvernement, le financement ministériel et l’absence de pouvoir réglementaire local

La présence de conseils élus, de ressources propres, d’un pouvoir réglementaire compétent et d’une capacité d’expérimentation

Explication

La libre administration repose notamment sur des conseils élus, des ressources propres, un pouvoir réglementaire dans les domaines de compétence et une capacité d’expérimentation constitutionnellement prévue. Elle ne confère pas aux collectivités un pouvoir législatif ni la maîtrise des compétences régaliennes.

43. Quelle caractéristique définit un établissement public ?

C’est un service dépourvu de personnalité juridique, placé sous l’autorité directe d’une administration centrale.
C’est une personne morale de droit public autonome, rattachée à une autre personne publique et chargée d’une mission spécialisée d’intérêt général.
C’est une collectivité territoriale dotée d’une compétence générale et d’un pouvoir réglementaire propre.
C’est une personne morale de droit privé indépendante, chargée d’une mission générale de représentation des usagers.

C’est une personne morale de droit public autonome, rattachée à une autre personne publique et chargée d’une mission spécialisée d’intérêt général.

Explication

Un établissement public possède la personnalité morale de droit public, une autonomie, un rattachement à une autre personne publique et une mission spécialisée d’intérêt général. Une collectivité territoriale se distingue notamment par sa vocation territoriale et ses compétences propres.

44. Quelle distinction caractérise les établissements publics administratifs et les établissements publics industriels et commerciaux ?

Les premiers sont créés par règlement, tandis que les seconds sont créés par une convention entre personnes publiques.
Les premiers exercent une mission locale, tandis que les seconds exercent une mission nationale de défense.
Les premiers relèvent du droit privé, tandis que les seconds relèvent exclusivement du droit public administratif.
Les premiers gèrent un service public administratif, tandis que les seconds gèrent un service public industriel et commercial.

Les premiers gèrent un service public administratif, tandis que les seconds gèrent un service public industriel et commercial.

Explication

La distinction repose sur la nature du service public géré : administratif pour l’EPA et industriel et commercial pour l’EPIC. Le régime juridique ou le mode de création ne constitue pas le critère défini par cette distinction.

45. Qui peut créer un établissement public au sein d’une catégorie déjà définie par la loi ?

Le législateur doit intervenir pour créer chaque établissement, même dans une catégorie déjà définie.
Une convention entre partenaires publics et privés peut créer l’établissement sans intervention normative.
Le pouvoir réglementaire peut créer l’établissement en respectant les règles de la catégorie existante.
Une collectivité territoriale peut créer l’établissement sans respecter une catégorie prévue par la loi.

Le pouvoir réglementaire peut créer l’établissement en respectant les règles de la catégorie existante.

Explication

La loi fixe les catégories d’établissements publics et leurs règles constitutives, tandis que le pouvoir réglementaire peut créer un établissement à l’intérieur d’une catégorie existante. Confondre la création de la catégorie avec celle d’un établissement particulier conduit à attribuer au législateur une compétence plus large qu’indiquée.

46. Dans quelle situation une activité de diversification d’un établissement public respecte-t-elle le principe de spécialité ?

Lorsqu’elle constitue le complément normal et utile de la mission statutaire de l’établissement.
Lorsqu’elle est autorisée par un partenaire privé, même si elle dépasse les compétences confiées.
Lorsqu’elle permet à l’établissement d’intervenir dans tout secteur présentant un intérêt général.
Lorsqu’elle répond à une demande économique extérieure, même sans lien avec sa mission statutaire.

Lorsqu’elle constitue le complément normal et utile de la mission statutaire de l’établissement.

Explication

Le principe de spécialité limite l’action de l’établissement, mais admet les activités qui complètent normalement et utilement sa mission statutaire. Une activité sans lien avec cette mission dépasse le champ d’action autorisé, même si elle présente un intérêt économique ou général.

47. Quel est le statut juridique de la Banque de France ?

C’est une personne morale de droit public sui generis dont le capital appartient à l’État.
C’est une société de droit privé chargée d’une mission bancaire sous le contrôle de l’État.
C’est une collectivité publique autonome dont le capital est réparti entre plusieurs personnes publiques.
C’est un établissement public administratif classique dont le capital est détenu par les collectivités territoriales.

C’est une personne morale de droit public sui generis dont le capital appartient à l’État.

Explication

La Banque de France est qualifiée de personne morale de droit public sui generis et son capital appartient à l’État. Elle ne se confond donc pas avec un établissement public classique, même si elle exerce une mission d’intérêt général.

48. Sur quelle base la création d’un groupement d’intérêt public repose-t-elle ?

Elle repose sur une convention librement négociée entre les parties participantes.
Elle est fondée sur une loi qui fixe individuellement la composition de chaque groupement.
Elle découle d’un acte unilatéral de l’administration centrale imposé aux partenaires concernés.
Elle résulte d’une décision constitutionnelle qui institue directement la personnalité morale du groupement.

Elle repose sur une convention librement négociée entre les parties participantes.

Explication

Le groupement d’intérêt public trouve son origine dans une convention librement négociée entre ses partenaires, ce qui explique son caractère contractuel. Cette origine le distingue des personnes publiques instituées directement par la Constitution ou par la loi.

49. Quels instruments internationaux de protection des droits de l’homme s’imposent à l’administration française ?

Les circulaires administratives françaises adoptées par les ministères chargés des droits fondamentaux.
Les déclarations politiques nationales dépourvues de portée internationale et de portée juridique correspondante.
La Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 et les Pactes des Nations Unies de 1966.
Les règlements intérieurs des administrations françaises relatifs à la protection des libertés publiques.

La Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 et les Pactes des Nations Unies de 1966.

Explication

La Déclaration universelle de 1948 et les Pactes des Nations Unies de 1966 sont des instruments internationaux de protection des droits de l’homme qui s’imposent à l’administration française. Les circulaires et règlements intérieurs sont des actes administratifs nationaux d’une nature différente.

50. Quelle association entre une décision du Conseil d’État et une règle de droit international est exacte ?

Aquarone, en 1997, concerne l’invocabilité de la coutume internationale, tandis que Paulin, en 2000, concerne les principes généraux du droit international.
Aquarone, en 1997, concerne les principes généraux du droit international, tandis que Paulin, en 2000, concerne la coutume internationale.
Aquarone, en 1997, concerne les conventions bilatérales, tandis que Paulin, en 2000, concerne les accords internationaux sur le climat.
Aquarone, en 1997, concerne la Convention européenne des droits de l’homme, tandis que Paulin, en 2000, concerne les traités commerciaux.

Aquarone, en 1997, concerne l’invocabilité de la coutume internationale, tandis que Paulin, en 2000, concerne les principes généraux du droit international.

Explication

L’arrêt Aquarone de 1997 admet l’invocabilité de la coutume internationale, tandis que l’arrêt Paulin de 2000 concerne les principes généraux du droit international. Les deux décisions ne portent donc pas sur la même catégorie de norme internationale.

51. Quand la Convention européenne des droits de l’homme a-t-elle été signée et quand la France l’a-t-elle ratifiée ?

Elle a été signée à Rome le 4 novembre 1950 et ratifiée par la France par un décret du 3 mai 1974.
Elle a été signée à Rome le 3 mai 1974 et ratifiée par la France par un décret du 4 novembre 1950.
Elle a été signée à Paris le 3 mai 1974 et ratifiée par la France par un décret du 4 novembre 1950.
Elle a été signée à Genève le 4 novembre 1950 et ratifiée par la France par une loi du 3 mai 1974.

Elle a été signée à Rome le 4 novembre 1950 et ratifiée par la France par un décret du 3 mai 1974.

Explication

La Convention européenne des droits de l’homme a été signée à Rome le 4 novembre 1950, puis ratifiée par la France par un décret du 3 mai 1974. Les autres propositions inversent les dates, modifient le lieu de signature ou attribuent la ratification à un autre type d’acte.

52. Que désigne l’invocabilité d’une norme internationale par un requérant ?

Le pouvoir d’en contrôler la conformité à la Constitution
La possibilité de s’en prévaloir contre un acte administratif
La faculté de la modifier par une décision administrative
L’obligation de la transposer dans une loi nationale

La possibilité de s’en prévaloir contre un acte administratif

Explication

L’invocabilité permet à un requérant de se prévaloir d’une norme internationale dans un recours dirigé contre un acte administratif. Elle ne correspond ni à un pouvoir de modification ni à une obligation générale de transposition.

53. Quelles conditions l’article 55 de la Constitution pose-t-il pour qu’un traité ait une autorité supérieure à celle des lois ?

Une ratification ou approbation régulière, une publication et la réciprocité
Une adoption parlementaire, une publication et une application uniforme
Une ratification populaire, une publication et une application immédiate
Une signature présidentielle, une promulgation et un contrôle juridictionnel

Une ratification ou approbation régulière, une publication et la réciprocité

Explication

L’article 55 exige une ratification ou une approbation régulière, la publication du traité et son application réciproque par l’autre partie. L’effet direct constitue une exigence jurisprudentielle distincte, et non une condition textuelle de cet article.

54. Quelle évolution caractérise le contrôle de la réciprocité entre les arrêts Rekhou, Mme Chevrol et Mme Cheriet-Benseghir ?

Le contrôle est resté ministériel après la condamnation européenne de 2003
Le contrôle est passé d’une vérification directe à un refus par le Conseil d’État
Le contrôle a été confié à la Cour européenne après l’arrêt de 2010
Le contrôle est passé d’un refus à une vérification directe par le Conseil d’État

Le contrôle est passé d’un refus à une vérification directe par le Conseil d’État

Explication

L’arrêt Rekhou de 1981 marquait un refus de contrôle, puis la pratique a été condamnée par la Cour européenne en 2003, avant que le Conseil d’État ne vérifie lui-même la réciprocité dans Cheriet-Benseghir en 2010. L’arrêt Rekhou reposait au contraire sur la dépendance à l’avis ministériel.

55. Dans quelle situation une stipulation internationale est-elle considérée comme ayant un effet direct selon l’arrêt GISTI et FAPIL ?

Lorsqu’elle nécessite une loi nationale pour produire des effets individuels
Lorsqu’elle concerne les particuliers sans régir exclusivement les relations entre États
Lorsqu’elle concerne les particuliers tout en exigeant un acte réglementaire
Lorsqu’elle régit les relations entre États et exige un règlement d’application

Lorsqu’elle concerne les particuliers sans régir exclusivement les relations entre États

Explication

Selon l’arrêt GISTI et FAPIL, l’effet direct suppose que la stipulation ne régisse pas exclusivement les relations interétatiques et qu’elle puisse produire des effets envers les particuliers sans acte réglementaire. Une stipulation nécessitant un tel acte ne remplit donc pas ce critère.

56. Quelle distinction oppose le contrôle de conventionnalité au contrôle de constitutionnalité ?

Le premier examine un acte administratif, le second examine une décision judiciaire
Le premier vérifie un traité, le second vérifie une loi au regard d’un règlement
Le premier compare une loi à la Constitution, le second la compare à un traité
Le premier compare une loi à un traité, le second la compare à la Constitution

Le premier compare une loi à un traité, le second la compare à la Constitution

Explication

Le contrôle de conventionnalité vérifie la compatibilité d’une loi avec un traité, tandis que le contrôle de constitutionnalité vérifie sa conformité à la Constitution. Ils se distinguent donc par la norme supérieure utilisée comme référence.

57. Quelle solution l’arrêt Nicolo de 1989 a-t-il consacrée concernant une loi postérieure à un traité ?

Le Conseil d’État doit annuler la loi contraire au traité
Le Conseil d’État doit appliquer la loi postérieure malgré le traité
Le Conseil d’État peut écarter la loi si elle contredit le traité
Le Conseil d’État doit renvoyer le conflit au pouvoir constituant

Le Conseil d’État peut écarter la loi si elle contredit le traité

Explication

Avec l’arrêt Nicolo, le Conseil d’État reconnaît la supériorité des traités sur les lois, y compris les lois postérieures, et accepte d’écarter celles qui leur sont contraires. Il n’annule toutefois pas la loi, car ce contrôle intervient dans le litige.

58. Comment le contrôle concret de conventionnalité se distingue-t-il du contrôle abstrait ?

Il examine les conséquences de la loi dans la situation particulière du requérant
Il vérifie la procédure parlementaire ayant conduit à l’adoption de la loi
Il compare la loi au traité sans tenir compte des circonstances du litige
Il apprécie la compatibilité générale du traité avec la Constitution nationale

Il examine les conséquences de la loi dans la situation particulière du requérant

Explication

Le contrôle concret recherche si l’application de la loi entraîne, dans le cas particulier, des conséquences disproportionnées. Le contrôle abstrait confronte la loi au traité dans l’absolu, indépendamment d’une situation individuelle.

59. Que fait le juge administratif lorsqu’une loi applicable au litige est contraire à un traité ?

Il annule la loi avec un effet général pour tous les justiciables
Il suspend le traité jusqu’à la modification de la loi
Il écarte la loi dans le litige et applique le traité
Il transmet automatiquement la loi au Conseil constitutionnel

Il écarte la loi dans le litige et applique le traité

Explication

Le juge administratif fait prévaloir le traité dans le litige en écartant l’application de la loi incompatible. Cette solution n’entraîne pas l’annulation de la loi dans l’ordre juridique général.

60. Comment définir le droit primaire de l’Union européenne ?

L’ensemble des règles issues des traités fondateurs et modificatifs de l’Union
L’ensemble des règlements adoptés par les institutions de l’Union
L’ensemble des décisions rendues par la Cour de justice de l’Union
L’ensemble des recommandations adressées aux États membres par la Commission

L’ensemble des règles issues des traités fondateurs et modificatifs de l’Union

Explication

Le droit primaire regroupe les règles contenues dans les traités constitutifs et dans leurs traités modificatifs. Les actes adoptés par les institutions relèvent du droit dérivé, qui repose sur ces traités.

61. Quels textes composent le cadre juridique issu du traité de Lisbonne ?

La Charte des droits fondamentaux et le traité instituant la Communauté européenne
Le traité instituant la Communauté européenne et le traité de Maastricht
Le traité sur l’Union européenne et le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne
Le traité sur l’Union européenne et le traité instituant la Communauté européenne du charbon

Le traité sur l’Union européenne et le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne

Explication

Le traité de Lisbonne a transformé la Communauté européenne en Union européenne et comprend le traité sur l’Union européenne ainsi que le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. La Charte des droits fondamentaux ne constitue pas l’un des deux traités composant ce cadre.

62. À quelles conditions une stipulation du droit primaire de l’Union européenne peut-elle produire un effet direct selon Van Gend en Loos ?

Elle doit être détaillée et transposée par une directive
Elle doit être générale et approuvée par chaque parlement national
Elle doit être précise et inconditionnelle
Elle doit être réciproque et complétée par un règlement européen

Elle doit être précise et inconditionnelle

Explication

L’arrêt Van Gend en Loos reconnaît l’effet direct aux stipulations du droit primaire qui sont suffisamment précises et inconditionnelles. Une transposition par directive n’est donc pas exigée lorsque ces caractéristiques sont réunies.

63. Quelle règle de primauté l’arrêt Costa c/ Enel affirme-t-il dans l’ordre juridique de l’Union européenne ?

Les droits nationaux priment sur les actes des institutions européennes
Le droit de l’Union prime sur les droits nationaux
Le droit primaire prime sur le droit dérivé dans chaque conflit
Les directives priment sur les traités constitutifs de l’Union

Le droit de l’Union prime sur les droits nationaux

Explication

L’arrêt Costa c/ Enel affirme que le droit primaire et le droit dérivé de l’Union priment sur les droits nationaux dans l’ordre juridique de l’Union. Il ne pose pas une hiérarchie selon laquelle les directives primeraient sur les traités.

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Qu'est-ce que le droit administratif ?

L'ensemble des règles applicables à l'administration, principalement un droit spécial forgé par le juge administratif.

Quel modèle juridique français repose sur un dualisme juridictionnel ?

Le modèle juridique français repose sur un dualisme entre ordre judiciaire et ordre administratif.

Quelle juridiction est au sommet de l'ordre judiciaire français ?

La Cour de cassation.

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