QCM : Fondements du droit administratif — 62 questions

Questions et réponses du QCM

1. Quel est l’objet principal du droit administratif ?

Encadrer l’organisation, l’action et le contrôle de l’administration
Organiser les relations internationales entre les États
Déterminer les règles pénales applicables aux infractions
Régler les relations privées entre les personnes physiques

Encadrer l’organisation, l’action et le contrôle de l’administration

Explication

Le droit administratif regroupe les règles spécifiques qui encadrent l’organisation, l’action et le contrôle de l’administration. Le droit privé concerne plutôt les relations entre personnes privées, ce qui ne correspond pas à cet objet.

2. Pourquoi le droit administratif est-il qualifié d’essentiellement jurisprudentiel ?

Parce qu’il découle principalement des usages professionnels privés
Parce qu’il repose sur de nombreuses décisions des juridictions administratives
Parce qu’il est fixé par les seules décisions du Parlement
Parce qu’il est constitué par des règlements pris par les administrations

Parce qu’il repose sur de nombreuses décisions des juridictions administratives

Explication

Le droit administratif s’est largement construit à partir des décisions du Conseil d’État, des tribunaux administratifs, des cours administratives d’appel et du Tribunal des conflits. Il ne repose donc pas sur les seuls textes législatifs.

3. Dans quelle situation l’administration peut-elle confier une mission d’ordre public à une personne privée ?

Lorsqu’une collectivité territoriale approuve cette décision
Lorsqu’un contrat privé est plus pratique pour l’administration
Lorsqu’une exception prévue par le droit l’autorise
Lorsqu’une personne privée dispose de moyens financiers suffisants

Lorsqu’une exception prévue par le droit l’autorise

Explication

Les missions d’ordre public ne peuvent en principe pas être déléguées à des personnes privées, sauf lorsqu’une exception juridique l’autorise. La simple commodité administrative ou l’existence d’un contrat privé ne suffit pas.

4. Quelle caractéristique définit l’État de droit ?

L’administration et l’État sont soumis au droit et peuvent être sanctionnés
Les juridictions appliquent les décisions de l’administration sans contrôle
L’autorité publique choisit librement les moyens nécessaires à son action
Le Parlement exerce directement toutes les fonctions administratives

L’administration et l’État sont soumis au droit et peuvent être sanctionnés

Explication

Dans un État de droit, l’État et l’administration doivent respecter les normes juridiques et peuvent être sanctionnés en cas de violation. La liberté d’action de l’autorité publique sans véritable contrainte correspond davantage à l’État de police.

5. Quelle opposition distingue principalement l’État de police de l’État légal ?

L’État de police renforce le Parlement, tandis que l’État légal écarte les règles parlementaires
L’État de police repose sur une hiérarchie des normes, tandis que l’État légal supprime le contrôle juridique
L’État de police privilégie l’arbitraire administratif, tandis que l’État légal soumet l’administration à la loi
L’État de police protège l’indépendance judiciaire, tandis que l’État légal confie les litiges à l’administration

L’État de police privilégie l’arbitraire administratif, tandis que l’État légal soumet l’administration à la loi

Explication

L’État de police laisse l’autorité publique largement libre de ses moyens, alors que l’État légal soumet l’administration à la loi votée par le Parlement. La hiérarchie des normes et l’indépendance judiciaire relèvent plutôt des garanties de l’État de droit.

6. Quel ensemble de garanties caractérise l’État de droit ?

Une hiérarchie des normes, une justice indépendante et un contrôle de constitutionnalité
Une concentration des pouvoirs, une justice consultative et une constitution symbolique
Une administration autonome, un Parlement sans contrôle et des juges révocables
Une autorité administrative dominante, une justice dépendante et une loi sans contrôle

Une hiérarchie des normes, une justice indépendante et un contrôle de constitutionnalité

Explication

L’État de droit suppose notamment une hiérarchie des normes, une justice indépendante et impartiale, ainsi qu’un contrôle de constitutionnalité. Une justice dépendante ou une concentration des pouvoirs contredirait ces exigences.

7. Quelle réforme a instauré la question prioritaire de constitutionnalité, entrée en vigueur en 2010 ?

La révision constitutionnelle de 2008
La loi des 16 et 24 août 1790
La révision constitutionnelle de 1958
La réforme constitutionnelle des années 1970

La révision constitutionnelle de 2008

Explication

La révision constitutionnelle de 2008 a créé la question prioritaire de constitutionnalité, qui est entrée en vigueur en 2010. Les autres dates renvoient à la Constitution de la Ve République, à la séparation des autorités ou à la reconnaissance de droits constitutionnels.

8. Que désigne le dualisme juridictionnel ?

La coexistence de règles civiles et pénales dans un même code
La séparation entre l’ordre judiciaire et l’ordre administratif
La distinction entre le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif
La séparation entre les droits individuels et les droits collectifs

La séparation entre l’ordre judiciaire et l’ordre administratif

Explication

Le dualisme juridictionnel désigne l’existence de deux ordres de juridiction, judiciaire et administratif, auxquels correspondent des juges différents. Il ne faut pas le confondre avec le dualisme juridique, qui concerne la distinction entre des règles substantielles.

9. Quelle règle a été posée par la loi des 16 et 24 août 1790 ?

Elle a créé les tribunaux administratifs et organisé leurs appels devant le Conseil d’État
Elle a séparé les fonctions judiciaires et administratives et interdit aux juges de troubler l’action administrative
Elle a confié aux tribunaux judiciaires le jugement des actes administratifs
Elle a interdit au Parlement de s’immiscer dans les affaires de l’État et de l’administration

Elle a séparé les fonctions judiciaires et administratives et interdit aux juges de troubler l’action administrative

Explication

La loi des 16 et 24 août 1790 sépare strictement les fonctions judiciaires et administratives et interdit aux juges de perturber les opérations des corps administratifs. Elle ne crée pas directement l’organisation moderne des tribunaux administratifs.

10. Quel texte a interdit aux tribunaux judiciaires de connaître des actes d’administration, quelle qu’en soit l’espèce ?

La loi des 16 et 24 août 1790
Le décret du 16 fructidor an III
La révision constitutionnelle de 2008
L’édit du 24 juillet 1527

Le décret du 16 fructidor an III

Explication

Le décret du 16 fructidor an III interdit aux tribunaux judiciaires de connaître des actes d’administration. La loi de 1790 avait déjà posé une séparation des fonctions, mais le décret a précisé cette interdiction à l’égard des actes administratifs.

11. Quelle évolution historique explique principalement la formation du dualisme juridictionnel français ?

La décentralisation des collectivités et la fusion progressive des juridictions
La centralisation progressive de l’État et la séparation des autorités administratives et judiciaires
La suppression du pouvoir exécutif et l’unification des fonctions juridictionnelles
La privatisation des services publics et la disparition des autorités administratives

La centralisation progressive de l’État et la séparation des autorités administratives et judiciaires

Explication

Le dualisme juridictionnel français résulte de la centralisation progressive de l’État et de la séparation entre autorités administratives et judiciaires. Il ne provient pas d’une fusion des juridictions ni d’une disparition de l’autorité administrative.

12. Dans le système du ministre juge, qui statue sur les litiges relevant d’un ministère ?

Le Conseil d’État, après une délégation du Parlement
Le ministre lui-même, en tant qu’autorité administrative
Une juridiction indépendante composée de magistrats
Le préfet, après consultation du tribunal administratif

Le ministre lui-même, en tant qu’autorité administrative

Explication

Le ministre juge désigne le système dans lequel le ministre tranche lui-même les litiges de son ministère. Cette organisation ne repose donc pas sur une juridiction indépendante séparée de l’administration.

13. Quelle institution la Constitution du 22 frimaire an VIII, en 1799, a-t-elle créée ?

Les cours administratives d’appel, chargées de juger les appels
Le Conseil d’État, chargé notamment de conseiller le Gouvernement
Les tribunaux administratifs, compétents pour tous les recours
Le Tribunal des conflits, chargé de départager les deux ordres

Le Conseil d’État, chargé notamment de conseiller le Gouvernement

Explication

La Constitution du 22 frimaire an VIII a créé le Conseil d’État, qui conseillait le Gouvernement et proposait des solutions aux litiges administratifs. Les autres institutions citées sont apparues à d’autres périodes ou poursuivent une fonction différente.

14. Quel effet la loi du 24 mai 1872 a-t-elle produit sur le Conseil d’État ?

Elle lui a permis de rendre souverainement ses propres décisions
Elle a supprimé sa fonction consultative auprès du Gouvernement
Elle a limité ses décisions aux litiges expressément prévus par la loi
Elle l’a chargé de transmettre ses projets aux ministres compétents

Elle lui a permis de rendre souverainement ses propres décisions

Explication

La loi du 24 mai 1872 a instauré la justice déléguée, donnant au Conseil d’État le pouvoir de statuer lui-même sans signature ministérielle. Elle n’a pas supprimé sa fonction consultative ni réduit sa compétence à quelques litiges attribués.

15. Quelle transformation l’arrêt Cadot du 13 décembre 1889 a-t-il consacrée ?

La fin du ministre juge et la compétence de droit commun du Conseil d’État
La substitution des tribunaux administratifs aux cours administratives d’appel
La reconnaissance d’une justice administrative dépendante de la signature ministérielle
La création des préfets et des conseils de préfecture dans chaque département

La fin du ministre juge et la compétence de droit commun du Conseil d’État

Explication

L’arrêt Cadot a mis fin au système du ministre juge et reconnu au Conseil d’État une compétence de droit commun en premier et dernier ressort. Les autres propositions renvoient à des institutions ou à des évolutions qui ne correspondent pas à cet arrêt.

16. Que reconnaît la décision du Conseil constitutionnel du 22 juillet 1980 ?

La création des cours administratives d’appel en matière contentieuse
Le filtrage des questions prioritaires de constitutionnalité
L’indépendance de la juridiction administrative comme principe fondamental
La compétence administrative pour les actes de puissance publique

L’indépendance de la juridiction administrative comme principe fondamental

Explication

La décision de 1980 reconnaît l’indépendance de la juridiction administrative comme principe fondamental reconnu par les lois de la République. La compétence liée aux prérogatives de puissance publique relève principalement de la décision de 1987.

17. Quelle compétence la décision du Conseil constitutionnel du 23 janvier 1987 a-t-elle constitutionnalisée ?

Le contrôle consultatif des projets de loi soumis au Conseil d’État
Le jugement des actes administratifs pris dans l’exercice de prérogatives de puissance publique
La protection constitutionnelle de l’indépendance des magistrats judiciaires
Le filtrage des questions prioritaires par la Cour de cassation

Le jugement des actes administratifs pris dans l’exercice de prérogatives de puissance publique

Explication

La décision de 1987 protège la compétence de la juridiction administrative pour connaître des actes pris par les autorités administratives dans l’exercice de prérogatives de puissance publique. La décision de 1980 concerne principalement l’indépendance de cette juridiction.

18. Quel rôle l’article 61-1 de la Constitution et la décision du 3 décembre 2009 attribuent-ils au Conseil d’État et à la Cour de cassation ?

Un pouvoir de promulgation des lois déclarées conformes
Une compétence générale pour annuler les décisions administratives
Une mission de règlement des conflits entre les deux ordres
Un rôle de filtrage des questions prioritaires de constitutionnalité

Un rôle de filtrage des questions prioritaires de constitutionnalité

Explication

L’article 61-1 et la décision de 2009 reconnaissent au Conseil d’État et à la Cour de cassation un rôle de filtrage des questions prioritaires de constitutionnalité. Ils ne leur confient ni la promulgation des lois ni une compétence générale d’annulation administrative.

19. Quelle comparaison entre les modèles de juridiction est exacte ?

La France possède une juridiction suprême unique, tandis que l’Allemagne a un Conseil d’État consultatif
Le Royaume-Uni possède deux ordres autonomes, tandis que le Luxembourg a une juridiction suprême unique
L’Espagne repose sur deux ordres autonomes, tandis que la France a un seul ordre juridictionnel
La France a deux ordres autonomes, tandis que le modèle britannique repose sur une juridiction suprême unique

La France a deux ordres autonomes, tandis que le modèle britannique repose sur une juridiction suprême unique

Explication

Le modèle français repose sur deux ordres de juridictions autonomes, alors que le modèle britannique s’organise autour d’une juridiction suprême unique. Le modèle espagnol ou luxembourgeois est décrit comme doté d’un Conseil d’État seulement consultatif, et le modèle allemand comporte deux ordres.

20. Que désigne le dualisme juridique en droit administratif ?

La séparation entre les juridictions de première instance et les juridictions d’appel
L’existence de règles substantielles relevant du droit administratif et du droit privé
La distinction entre les fonctions consultatives et contentieuses du Conseil d’État
La coexistence de deux ordres de juges compétents pour les mêmes litiges

L’existence de règles substantielles relevant du droit administratif et du droit privé

Explication

Le dualisme juridique désigne la coexistence de deux types de règles substantielles applicables à l’action administrative : le droit administratif et le droit privé. Il ne doit pas être confondu avec le dualisme juridictionnel, qui concerne les ordres de juges.

21. Dans un système où le droit applicable dépend de la nature du litige, comment détermine-t-on le juge compétent ?

En fonction du montant financier demandé par le requérant
En fonction de la date à laquelle le recours a été introduit
En fonction de l’autorité qui a adopté la décision contestée
En fonction du droit substantiel applicable au fond du litige

En fonction du droit substantiel applicable au fond du litige

Explication

La compétence juridictionnelle est liée au fond du litige : le droit substantiel applicable permet de déterminer le juge compétent. L’autorité décisionnaire, la date du recours ou son montant ne constituent pas ici le critère général indiqué.

22. Quel principe l’arrêt Blanco du Tribunal des conflits, rendu le 8 février 1873, a-t-il consacré ?

Une responsabilité administrative distincte de la responsabilité civile entre particuliers
Une responsabilité civile identique pour l’État et les personnes privées
Une compétence judiciaire pour tous les dommages causés par un service public
Une immunité de l’État lorsque son activité répond à un besoin collectif

Une responsabilité administrative distincte de la responsabilité civile entre particuliers

Explication

L’arrêt Blanco a consacré le principe d’une responsabilité administrative distincte de la responsabilité civile entre particuliers. Il écarte l’application mécanique du Code civil à la responsabilité de l’État, sans instaurer une immunité générale.

23. Comment l’arrêt Blanco caractérise-t-il la responsabilité de l’État ?

Elle suit les règles civiles communes indépendamment de la nature du service
Elle exclut toute conciliation entre les droits de l’État et les droits privés
Elle dépend d’une faute personnelle identique à celle exigée pour un particulier
Elle obéit à des règles spéciales qui varient selon les besoins du service

Elle obéit à des règles spéciales qui varient selon les besoins du service

Explication

Selon Blanco, la responsabilité de l’État n’est ni générale ni absolue : elle obéit à des règles spéciales variant selon les besoins du service et l’équilibre entre droits publics et privés. Elle ne se confond donc pas avec le régime civil ordinaire applicable aux particuliers.

24. Quelle caractéristique définit une prérogative de puissance publique ?

Une liberté d’action reconnue aux entreprises privées dans leurs activités économiques
Une faculté contractuelle identique à celle dont disposent les particuliers
Une compétence juridictionnelle réservée aux tribunaux judiciaires
Un pouvoir exorbitant du droit commun accordé à l’administration pour l’intérêt général

Un pouvoir exorbitant du droit commun accordé à l’administration pour l’intérêt général

Explication

Une prérogative de puissance publique est un pouvoir exorbitant du droit commun attribué à l’administration pour accomplir ses missions d’intérêt général. Les particuliers disposent de pouvoirs ordinaires, mais ne bénéficient pas en principe de ces prérogatives administratives.

25. Quel effet produit le privilège du préalable sur une décision administrative ?

Elle reste suspendue jusqu’à l’accord exprès de la personne concernée
Elle exige la conclusion préalable d’un contrat avec chaque destinataire
Elle devient applicable sans consentement du destinataire ni saisine préalable du juge
Elle ne peut produire d’effet qu’après son homologation par un tribunal

Elle devient applicable sans consentement du destinataire ni saisine préalable du juge

Explication

Le privilège du préalable permet à l’administration de rendre sa décision unilatérale immédiatement applicable sans obtenir l’accord du destinataire ni saisir d’abord le juge. Le juge peut ensuite annuler cette décision, mais cette éventuelle annulation ne conditionne pas son entrée en vigueur.

26. Dans quelle situation y a-t-il expropriation ?

Un particulier transmet volontairement son logement à une association d’intérêt général
Une collectivité vend un terrain public à une entreprise au terme d’une procédure
Une autorité publique contraint un propriétaire à céder un immeuble pour l’utilité publique
Une administration loue un local privé après négociation avec son propriétaire

Une autorité publique contraint un propriétaire à céder un immeuble pour l’utilité publique

Explication

L’expropriation est une procédure par laquelle une autorité publique impose la cession d’un bien immobilier, généralement pour un motif d’utilité publique ou d’intérêt général. Une location négociée ou une cession volontaire ne présente pas ce caractère contraint.

27. Quelle proposition distingue correctement les prérogatives d’action et les prérogatives de protection ?

Le privilège de juridiction relève de l’action, tandis que l’expropriation protège l’administration
L’expropriation relève de l’action, tandis que l’insaisissabilité protège les biens publics
Le privilège du préalable protège les biens publics, tandis que l’insaisissabilité permet leur acquisition
L’insaisissabilité relève de l’action, tandis que l’expropriation protège les biens publics

L’expropriation relève de l’action, tandis que l’insaisissabilité protège les biens publics

Explication

Les prérogatives d’action permettent notamment d’agir sur les situations juridiques, comme avec l’expropriation ou le privilège du préalable, tandis que les prérogatives de protection incluent l’insaisissabilité des biens publics. Le privilège de juridiction appartient également à cette seconde catégorie.

28. Dans quelle situation l’administration relève-t-elle en principe du droit privé ?

Lorsqu’elle exerce une mission d’intérêt général avec ses prérogatives propres
Lorsqu’elle protège ses biens grâce à l’insaisissabilité publique
Lorsqu’elle adopte une décision unilatérale immédiatement applicable
Lorsqu’elle agit comme un particulier en dehors de la poursuite de l’intérêt général

Lorsqu’elle agit comme un particulier en dehors de la poursuite de l’intérêt général

Explication

L’administration relève du droit privé lorsqu’elle agit comme un particulier et ne poursuit pas l’intérêt général au moyen de ses procédés propres. L’exercice d’une mission d’intérêt général avec des moyens exorbitants rattache au contraire son action au droit administratif.

29. Quel apport l’arrêt Blanco a-t-il consacré concernant les rapports entre droit administratif et droit privé ?

Il a confirmé que les codes de droit privé ne s’appliquent pas de plein droit à l’administration
Il a soumis les collectivités territoriales aux mêmes règles que les particuliers
Il a établi que toute activité administrative relève automatiquement du Code civil
Il a supprimé la distinction entre les juridictions administratives et judiciaires

Il a confirmé que les codes de droit privé ne s’appliquent pas de plein droit à l’administration

Explication

L’arrêt Blanco confirme l’autonomie du droit administratif en affirmant que les codes de droit privé ne s’appliquent pas automatiquement à l’administration. Il n’a pas assimilé l’activité administrative à celle des particuliers ni supprimé le dualisme juridique.

30. Quelles conditions faut-il en principe réunir pour engager la responsabilité de l’administration ?

Obtenir l’accord préalable du juge, du destinataire et de l’autorité de tutelle
Établir une faute, un préjudice et un lien de causalité entre les deux
Démontrer une intention frauduleuse, un contrat administratif et une perte financière
Prouver une décision unilatérale, une expropriation et une atteinte patrimoniale

Établir une faute, un préjudice et un lien de causalité entre les deux

Explication

La responsabilité administrative exige en principe la démonstration d’une faute, d’un préjudice et d’un lien de causalité entre la faute et le dommage. Certains régimes de responsabilité sans faute constituent toutefois une exception à l’exigence de faute.

31. Quel élément appartient aux prérogatives de protection de l’administration ?

La conclusion volontaire d’un contrat entre deux personnes privées
La modification unilatérale de l’ordre juridique par une décision
La cession forcée d’un immeuble privé pour utilité publique
L’insaisissabilité des biens publics

L’insaisissabilité des biens publics

Explication

L’insaisissabilité protège les biens publics contre les mesures d’exécution forcée et constitue une prérogative de protection. L’expropriation est une prérogative d’action, car elle permet d’obtenir un bien privé pour répondre à l’intérêt général.

32. Sur quoi porte principalement l’approche organique de l’administration ?

Sur les organes et personnes qui assurent la fonction administrative
Sur les finalités et procédés employés par l’activité administrative
Sur les sanctions applicables aux contrats conclus par les particuliers
Sur la nature économique des opérations réalisées par les entreprises publiques

Sur les organes et personnes qui assurent la fonction administrative

Explication

L’approche organique identifie les organes et les personnes qui exercent la fonction administrative, y compris certaines personnes privées chargées d’un service public. L’approche matérielle se concentre plutôt sur l’activité exercée, ses finalités et ses procédés.

33. Que caractérise l’approche matérielle du droit administratif ?

Le statut juridique des agents employés par les collectivités territoriales
L’organisation interne des ministères et des établissements publics
La liste des personnes publiques investies d’une compétence administrative
Le droit applicable à une action d’intérêt général utilisant des procédés exorbitants

Le droit applicable à une action d’intérêt général utilisant des procédés exorbitants

Explication

L’approche matérielle définit le droit administratif à partir de l’action administrative, de son but d’intérêt général et de l’utilisation de procédés exorbitants du droit commun. Elle ne cherche pas d’abord à identifier les organes ou les personnes qui agissent.

34. Laquelle de ces entités est une personne publique principale ?

Une société commerciale dépourvue de mission de service public
Une association privée sans délégation administrative
Un établissement public
Un particulier agissant pour son propre compte

Un établissement public

Explication

Les établissements publics figurent parmi les principales personnes publiques, avec l’État, les collectivités territoriales et les groupements d’intérêt public. Une société commerciale ou une association privée ne devient pas une personne publique du seul fait de son activité.

35. Comment une personne privée peut-elle être chargée d’une mission de service public ?

Par une délégation contractuelle ou unilatérale sous le contrôle d’une personne publique
Par sa seule décision d’exercer une activité présentant un intérêt pour les usagers
Par la conclusion d’un contrat privé sans intervention ni contrôle d’une personne publique
Par l’obtention automatique du statut d’établissement public après sa création

Par une délégation contractuelle ou unilatérale sous le contrôle d’une personne publique

Explication

Une personne privée peut recevoir une mission de service public par délégation contractuelle ou unilatérale et rester soumise au contrôle d’une personne publique. La simple utilité sociale de son activité ou un contrat privé isolé ne suffit pas à lui confier cette mission.

36. Quelles missions caractérisent principalement l’État minimal, ou État gendarme, depuis 1905 ?

La justice, la défense, la sécurité et la politique étrangère
La nationalisation des banques, des transports et des entreprises industrielles
La gestion directe de l’économie, de l’énergie et des communications
L’enseignement, la culture, l’emploi et le secteur agricole

La justice, la défense, la sécurité et la politique étrangère

Explication

L’État gendarme concentre son action sur des missions régaliennes comme la justice, la défense, la sécurité et la politique étrangère. La prise en charge directe de nombreux secteurs économiques correspond davantage à l’État providence.

37. Quelle évolution caractérise l’État français entre la Première Guerre mondiale et la fin des années 1980 ?

Il abandonne l’organisation de l’enseignement, de la culture et de l’emploi
Il réduit son action aux fonctions de justice et de défense nationale
Il devient interventionniste et développe de nombreux services publics
Il privatise progressivement les entreprises publiques et les banques

Il devient interventionniste et développe de nombreux services publics

Explication

Durant cette période, l’État intervient fortement dans l’économie et la société, notamment par la création de services publics et la nationalisation d’entreprises. La limitation aux fonctions régaliennes décrit plutôt l’État gendarme.

38. Quel double mouvement caractérise l’intervention de l’État depuis la fin des années 1980 ?

La privatisation de certaines entreprises et le retour de l’intervention lors des crises
La nationalisation générale des entreprises et le retrait de l’État des secteurs sociaux
La réduction des services publics et la disparition des politiques économiques
La délégation des missions régaliennes et l’abandon des interventions de crise

La privatisation de certaines entreprises et le retour de l’intervention lors des crises

Explication

La mondialisation et la concurrence européenne ont favorisé des privatisations, tandis que les crises sanitaire et énergétique ont renforcé l’intervention publique. Les autres réponses présentent soit un seul aspect, soit une évolution non établie.

39. Sur quel élément repose le critère de la puissance publique défendu par Maurice Hauriou ?

Les moyens exorbitants utilisés par l’administration pour agir
La finalité d’intérêt général poursuivie par chaque activité
La volonté du législateur de qualifier une activité de service public
La distinction entre les actes administratifs et les actes judiciaires

Les moyens exorbitants utilisés par l’administration pour agir

Explication

Pour Maurice Hauriou, le critère de la puissance publique s’appuie sur les moyens exorbitants dont dispose l’administration. Le critère du service public porte plutôt sur la mission et la finalité de l’activité.

40. Quelle distinction l’arrêt Bac d’Eloka du Tribunal des conflits, rendu le 22 janvier 1921, établit-il ?

Il distingue les services publics nationaux des services publics organisés par les communes
Il distingue les activités d’autorité des activités de gestion selon leur objet économique
Il distingue les missions régaliennes des activités sociales prises en charge par l’État
Il distingue les services publics administratifs des services publics industriels et commerciaux

Il distingue les services publics administratifs des services publics industriels et commerciaux

Explication

L’arrêt Bac d’Eloka distingue les services publics administratifs, principalement soumis au droit public, des services publics industriels et commerciaux, principalement soumis au droit privé. Les autres distinctions ne correspondent pas à la portée de cet arrêt.

41. Que prend en considération le critère du service public pour définir le droit administratif ?

La qualification donnée par le juge judiciaire aux actes de l’administration
Les moyens exorbitants employés par l’administration dans toutes ses décisions
La nature commerciale des activités exercées par les personnes publiques
Une mission d’intérêt général assumée ou contrôlée par une personne publique

Une mission d’intérêt général assumée ou contrôlée par une personne publique

Explication

Le critère du service public se fonde sur une mission d’intérêt général assumée ou contrôlée par une personne publique. Les moyens exorbitants relèvent du critère de la puissance publique, tandis que la nature commerciale ne suffit pas à définir ce critère.

42. Pourquoi les critères de la puissance publique et du service public sont-ils considérés comme complémentaires ?

L’un concerne les moyens d’action et l’autre les missions de l’administration
L’un relève du juge judiciaire et l’autre des autorités administratives locales
L’un s’applique aux personnes publiques et l’autre aux personnes privées
L’un concerne les activités privées et l’autre les activités commerciales publiques

L’un concerne les moyens d’action et l’autre les missions de l’administration

Explication

Le critère de la puissance publique examine les moyens d’action, tandis que celui du service public examine les missions et l’objet de l’action administrative. Aucun de ces critères ne suffit à lui seul à expliquer la compétence du juge administratif.

43. Quelle définition correspond au service public dans son approche générale ?

Une activité d’intérêt général destinée à la population et soumise à un régime juridique
Une activité économique exercée par l’État avec des prérogatives particulières
Une décision administrative prise par une personne publique dans l’intérêt général
Toute activité privée utile à la collectivité et financée par des usagers

Une activité d’intérêt général destinée à la population et soumise à un régime juridique

Explication

Le service public est une activité d’intérêt général qui s’adresse à la population et qui relève d’un régime juridique applicable à cette activité. Toute activité d’intérêt général ne reçoit cependant pas nécessairement la qualification de service public.

44. Dans la conception formelle et subjective du service public, quel élément est déterminant ?

L’intention de la puissance publique, notamment celle du législateur
La réalisation de prestations commerciales destinées aux usagers
La présence de moyens exorbitants dans l’organisation de l’activité
Le caractère indispensable de l’activité à l’interdépendance sociale

L’intention de la puissance publique, notamment celle du législateur

Explication

La conception formelle et subjective fait de la volonté de la puissance publique, en particulier celle du législateur, le critère fondamental. Le rattachement à la nécessité sociale correspond plutôt à la conception matérielle associée à Duguit.

45. Laquelle de ces activités est expressément qualifiée de service public par le législateur ?

La production artistique indépendante
L’assainissement
La restauration commerciale
Le commerce de détail

L’assainissement

Explication

L’eau et l’assainissement figurent parmi les activités que le législateur qualifie notamment de services publics. Les autres activités citées ne correspondent pas à cette liste de qualifications législatives.

46. Lorsqu’une personne publique assure elle-même une activité d’intérêt général, quelle qualification s’applique en principe ?

L’activité est nécessairement considérée comme commerciale
L’activité est automatiquement qualifiée de police administrative
L’activité est présumée constituer un service public
L’activité est présumée relever du domaine privé

L’activité est présumée constituer un service public

Explication

Une activité d’intérêt général directement assurée par une personne publique bénéficie en principe d’une présomption de service public. Cette présomption peut toutefois être renversée si les circonstances montrent que l’activité ne présente pas cette qualification.

47. Quelle solution le Conseil d’État retient-il dans l’arrêt Astruc du 7 avril 1916 concernant l’activité liée à la construction du palais philharmonique de Paris ?

Il refuse de la qualifier de service public
Il la reconnaît comme une activité industrielle et commerciale
Il la qualifie de service public culturel
Il la rattache à une mission de police administrative

Il refuse de la qualifier de service public

Explication

Dans l’arrêt Astruc, le Conseil d’État refuse de reconnaître un service public dans l’activité d’amusement ou de loisir liée à la construction du palais philharmonique. Cette solution se distingue de l’arrêt Gheusi, qui admet ensuite l’intérêt général des théâtres.

48. Comment doit être recherchée la qualification d’une activité de service public assurée par une personne privée ?

Il faut appliquer les critères jurisprudentiels avant d’examiner une éventuelle qualification législative
Il faut retenir la qualification administrative choisie par la personne privée chargée de l’activité
Il faut déduire la qualification de la seule existence d’un financement public
Il faut consulter la loi puis, si elle est silencieuse, appliquer les critères jurisprudentiels

Il faut consulter la loi puis, si elle est silencieuse, appliquer les critères jurisprudentiels

Explication

La méthode impose de rechercher d’abord une qualification donnée par la loi, qui lie le juge. Lorsque la loi ne se prononce pas, l’identification repose alors sur les critères dégagés par la jurisprudence.

49. Quels arrêts ont consacré la possibilité pour une personne privée d’assurer une mission de service public ?

Les arrêts Établissement Vézia de 1935 et Caisse primaire « Aide et Protection » de 1938
Les arrêts Narcy de 1963 et APREI de 2007
Les arrêts Astruc de 1916 et Gheusi de 1923
Les arrêts Société boulangerie de Kourou de 1978 et APREI de 2007

Les arrêts Établissement Vézia de 1935 et Caisse primaire « Aide et Protection » de 1938

Explication

Les arrêts Établissement Vézia et Caisse primaire « Aide et Protection » ont reconnu que des personnes privées pouvaient se voir confier une mission de service public. Les autres décisions citées concernent soit d’autres étapes de la qualification, soit la portée de la loi.

50. Selon l’arrêt Narcy du 28 juin 1963, quels éléments permettent de qualifier une activité privée de service public ?

Un contrat administratif, une activité culturelle et une tarification réglementée
Une compétence législative, une gestion publique et un financement fiscal
Un intérêt général, un contrôle public et des prérogatives de puissance publique
Un intérêt général, une absence de contrôle public et une activité lucrative

Un intérêt général, un contrôle public et des prérogatives de puissance publique

Explication

L’arrêt Narcy associe trois éléments : la poursuite d’un intérêt général, le contrôle exercé par une personne publique et la détention de prérogatives de puissance publique. La seule utilité collective ou l’existence d’un contrat ne suffit pas à réunir ces critères.

51. Quelle distinction décrit correctement la régie et l’externalisation d’un service public ?

La régie repose sur une qualification judiciaire, tandis que l’externalisation repose sur une qualification législative
La régie concerne les activités privées, tandis que l’externalisation concerne les activités sans intérêt général
La régie confie l’exécution à une personne privée, tandis que l’externalisation maintient la gestion en interne
La régie implique une prise en charge interne, tandis que l’externalisation confie l’exécution à une autre personne

La régie implique une prise en charge interne, tandis que l’externalisation confie l’exécution à une autre personne

Explication

La régie correspond à une organisation interne par laquelle la personne publique prend directement en charge le service. L’externalisation consiste au contraire à confier son exécution matérielle à une autre personne, notamment privée.

52. Quelle méthode en deux temps l’arrêt APREI du 22 février 2007 retient-il pour qualifier un service public assuré par une personne privée ?

Vérifier d’abord le financement public, puis déterminer l’intérêt général de l’activité
Examiner d’abord les prérogatives de puissance publique, puis rechercher une éventuelle loi
Examiner d’abord la loi, puis utiliser les critères jurisprudentiels si elle reste silencieuse
Rechercher d’abord un contrat administratif, puis apprécier le contrôle exercé par le juge

Examiner d’abord la loi, puis utiliser les critères jurisprudentiels si elle reste silencieuse

Explication

L’arrêt APREI organise la qualification autour de deux étapes : la qualification législative doit être recherchée en premier, puis les critères jurisprudentiels interviennent lorsque la loi ne se prononce pas. Les autres démarches proposées inversent ou remplacent cette méthode.

53. Quelles sont les possibilités dont dispose le législateur concernant la qualification d’une activité privée ?

Il peut contrôler l’activité, lui attribuer des prérogatives ou organiser son financement
Il peut transmettre la qualification au juge, imposer une gestion publique ou supprimer l’activité
Il peut reconnaître un intérêt général, créer une régie ou fixer un tarif administratif
Il peut la qualifier de service public, exclure cette qualification ou ne pas se prononcer

Il peut la qualifier de service public, exclure cette qualification ou ne pas se prononcer

Explication

Le législateur peut reconnaître la qualité de service public, l’écarter pour une activité privée ou rester silencieux. Dans cette dernière hypothèse, le juge doit recourir à une méthode d’identification jurisprudentielle.

54. Pourquoi le juge administratif doit-il respecter la qualification législative d’une activité ?

Parce que les critères jurisprudentiels ne concernent pas les activités d’intérêt général
Parce que la hiérarchie des normes lui interdit d’adopter une solution frontalement contraire à la loi
Parce que toute activité privée bénéficie d’une présomption irréfragable de service public
Parce que les personnes privées disposent d’un pouvoir général de qualification administrative

Parce que la hiérarchie des normes lui interdit d’adopter une solution frontalement contraire à la loi

Explication

En raison de la hiérarchie des normes, le juge administratif est tenu par la qualification retenue par le législateur. Il ne peut donc pas lui substituer une solution frontalement contraire, même s’il apprécie ensuite les conséquences juridiques de cette qualification.

55. Selon l’arrêt CE, 28 juin 1963, « Narcy », quelles conditions doivent être réunies pour qu’une activité assurée par une personne privée soit qualifiée de service public ?

Une délégation contractuelle, un financement public et un contrôle juridictionnel
Une activité lucrative, une autonomie de gestion et un financement par les usagers
Une mission d’intérêt général, un contrôle public et des prérogatives de puissance publique
Une mission locale, une personnalité morale et une tarification réglementée

Une mission d’intérêt général, un contrôle public et des prérogatives de puissance publique

Explication

L’arrêt « Narcy » exige cumulativement une mission d’intérêt général, un contrôle exercé par une personne publique et des prérogatives de puissance publique. L’existence d’un financement public ou d’une délégation contractuelle ne suffit pas à elle seule à réunir ces critères.

56. Quel devoir incombe à la personne publique qui confie une mission de service public à une personne privée ?

Transférer toute responsabilité et renoncer à contrôler l’organisation du service
Conserver un droit de regard et veiller au bon accomplissement de l’activité
Assurer directement toutes les prestations et employer les agents de l’organisme
Garantir la rentabilité de l’activité et fixer librement les prix pratiqués

Conserver un droit de regard et veiller au bon accomplissement de l’activité

Explication

La personne publique doit conserver un droit de regard et surveiller le bon accomplissement de la mission confiée. Le transfert de la gestion à une personne privée ne fait donc pas disparaître toute responsabilité de contrôle.

57. Quelle évolution l’arrêt CE, 20 juillet 1990, « Ville de Melun », apporte-t-il aux critères de l’arrêt « Narcy » ?

Les prérogatives de puissance publique doivent être renforcées lorsque la mission est confiée à une association
Les prérogatives de puissance publique ne sont plus indispensables si le contrôle administratif révèle une intention de service public
Le contrôle administratif devient inutile dès qu’une activité poursuit un objectif d’intérêt général
Les trois critères de l’arrêt « Narcy » deviennent nécessaires dans toutes les situations de délégation

Les prérogatives de puissance publique ne sont plus indispensables si le contrôle administratif révèle une intention de service public

Explication

« Ville de Melun » admet qu’une mission puisse être qualifiée de service public sans prérogatives de puissance publique lorsque le contrôle administratif révèle l’intention de la personne publique. Cette solution assouplit donc l’exigence issue de « Narcy » sans supprimer l’importance du contrôle.

58. Dans quelle situation l’arrêt CE, 22 février 2007, « APREI », permet-il de reconnaître un service public exercé par une personne privée ?

Lorsque la personne privée dispose d’un pouvoir de décision équivalent à celui d’une autorité administrative
Lorsque l’activité est rentable et fonctionne dans des conditions proches de celles d’une entreprise privée
Lorsque l’intention de la personne publique ressort d’un faisceau d’indices malgré l’absence de prérogatives de puissance publique
Lorsque l’association agit à son initiative sans contrôle public, mais poursuit un objectif collectif

Lorsque l’intention de la personne publique ressort d’un faisceau d’indices malgré l’absence de prérogatives de puissance publique

Explication

L’arrêt « APREI » permet de retenir la qualification de service public sans prérogatives de puissance publique lorsque l’intention de la personne publique se déduit d’un faisceau d’indices. Une initiative purement privée sans contrôle public conduit au contraire à écarter cette qualification.

59. Depuis l’arrêt TC, 22 janvier 1921, « Bac d’Eloka », quelle est la principale distinction entre SPA et SPIC ?

Le SPA relève principalement du droit administratif et du juge administratif, tandis que le SPIC relève principalement du droit privé et du juge judiciaire
Le SPA relève principalement du droit privé et du juge judiciaire, tandis que le SPIC relève principalement du droit administratif et du juge administratif
Le SPA et le SPIC relèvent principalement du même droit, mais sont distingués selon leur mode de financement
Le SPA relève du juge judiciaire en matière contractuelle, tandis que le SPIC relève du juge administratif pour toute activité

Le SPA relève principalement du droit administratif et du juge administratif, tandis que le SPIC relève principalement du droit privé et du juge judiciaire

Explication

La distinction consacrée par « Bac d’Eloka » oppose principalement le régime administratif du SPA au régime privé du SPIC. Cette répartition concerne aussi la compétence juridictionnelle, avec une compétence administrative dominante pour le SPA et judiciaire pour le SPIC.

60. Quel exemple correspond le mieux à un service public administratif ?

Un réseau de transport exploité selon des méthodes commerciales et financé par les paiements des voyageurs
Une activité de distribution vendant ses prestations selon les règles ordinaires de la concurrence
Un service de police exerçant une activité principalement administrative et soumis traditionnellement au droit administratif
Un établissement marchand recherchant une activité rentable dans des conditions proches d’une entreprise privée

Un service de police exerçant une activité principalement administrative et soumis traditionnellement au droit administratif

Explication

La police constitue un exemple classique de SPA, car son activité est principalement administrative et relève traditionnellement du droit administratif. Les activités marchandes exercées dans des conditions proches de l’entreprise privée correspondent davantage à un SPIC.

61. Quel élément caractérise principalement un service public industriel et commercial ?

Une mission administrative exercée dans le cadre de prérogatives de puissance publique et financée par l’impôt
Une activité de réglementation générale organisée par une autorité publique sans objectif économique
Une vocation marchande et un fonctionnement proche de celui d’une entreprise privée recherchant une activité rentable
Une fonction de police ou d’enseignement soumise traditionnellement au droit administratif

Une vocation marchande et un fonctionnement proche de celui d’une entreprise privée recherchant une activité rentable

Explication

Le SPIC se reconnaît à sa vocation marchande, à ses méthodes proches de celles d’une entreprise privée et à la recherche d’une activité rentable. Les missions de police et d’enseignement illustrent plutôt le caractère administratif d’un SPA.

62. Lorsqu’aucune loi ne qualifie le service, quelle règle permet d’identifier un SPIC selon l’arrêt « Union syndicale des industries aéronautiques » de 1956 ?

Le service est présumé administratif, mais cette présomption peut être renversée par trois critères cumulatifs caractérisant un SPIC
Le service est présumé industriel et commercial, sauf si son financement provient principalement de l’impôt
Le service relève du droit privé dès qu’il est géré par une personne publique exerçant une activité économique
Le service est qualifié selon son nom, sans qu’il soit nécessaire d’examiner son activité ou ses ressources

Le service est présumé administratif, mais cette présomption peut être renversée par trois critères cumulatifs caractérisant un SPIC

Explication

En l’absence de qualification législative, l’arrêt de 1956 pose une présomption de SPA qui peut être renversée par l’examen cumulatif des critères du SPIC. La seule gestion publique ou l’existence d’une activité économique ne suffit donc pas à établir cette qualification.

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