QCM : Histoire de la pensée juridique (37 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Que désigne la pensée juridique ?

L’ensemble des règles adoptées par les autorités publiques
La réflexion qui prend le droit pour objet
L’étude des décisions rendues par les tribunaux
La pratique professionnelle des avocats et des magistrats

La réflexion qui prend le droit pour objet

Explication

La pensée juridique correspond à une réflexion dont le droit constitue l’objet. L’étude des seules décisions judiciaires est plus étroite et ne définit pas l’ensemble de cette réflexion.

2. Quelle distinction caractérise la doctrine et la pensée juridique depuis la fin du XIXe siècle ?

La doctrine désigne les règles obligatoires, tandis que la pensée juridique rassemble les commentaires de ces règles.
La doctrine regroupe les opinions de juristes, tandis que la pensée juridique inclut aussi celles d’autres acteurs sociaux.
La doctrine comprend les idées de tous les acteurs sociaux, tandis que la pensée juridique se limite aux universitaires.
La doctrine regroupe les décisions des tribunaux, tandis que la pensée juridique désigne les lois votées.

La doctrine regroupe les opinions de juristes, tandis que la pensée juridique inclut aussi celles d’autres acteurs sociaux.

Explication

La doctrine est associée aux opinions de juristes, alors que la pensée juridique s’étend également aux réflexions d’autres acteurs sociaux. La confondre avec l’ensemble des idées sociales inverse la distinction entre les deux notions.

3. Quel élément contribue à déterminer si une idée est qualifiée de doctrine ?

La date à laquelle cette idée est publiée
Le sujet juridique auquel cette idée se rapporte
Le nombre de personnes qui partagent cette idée
Le statut de la personne qui exprime cette idée

Le statut de la personne qui exprime cette idée

Explication

La qualification de doctrine dépend notamment du statut de la personne qui formule l’idée, et elle est principalement associée aux universitaires en droit. Le thème abordé, à lui seul, ne détermine pas cette qualification.

4. Quel est le statut juridique de la doctrine, même lorsqu’elle influence l’évolution du droit ?

Elle constitue une source formelle dès qu’un juriste reconnu la publie.
Elle devient obligatoire lorsqu’elle est reprise par plusieurs universitaires.
Elle peut inspirer le droit sans constituer une source formelle ni une règle obligatoire.
Elle remplace les règles juridiques lorsqu’elle propose une interprétation nouvelle.

Elle peut inspirer le droit sans constituer une source formelle ni une règle obligatoire.

Explication

La doctrine peut inspirer le droit, mais elle n’est ni une source formelle du droit ni une règle obligatoire. Son influence éventuelle ne suffit donc pas à lui conférer une force contraignante.

5. Quelle relation existe entre la pensée juridique et la formation du droit ?

La pensée juridique contribue à former le droit, sans en être entièrement séparée.
Le droit forme la pensée juridique, sans être influencé par elle.
La pensée juridique décrit le droit, mais ne contribue pas à sa formation.
La pensée juridique et le droit évoluent dans des domaines sans rapport.

La pensée juridique contribue à former le droit, sans en être entièrement séparée.

Explication

La pensée juridique influence le droit et participe à sa formation, ce qui exclut une frontière étanche entre les deux. La réduire à une simple description néglige son rôle dans l’évolution du droit.

6. Pourquoi la pensée juridique varie-t-elle selon les sociétés et les périodes ?

Parce qu’elle se développe indépendamment des conditions économiques et politiques.
Parce qu’elle dépend du seul vocabulaire employé par les juristes.
Parce qu’elle résulte principalement de règles identiques dans toutes les sociétés.
Parce qu’elle est un produit de la société et dépend de son contexte politique et économique.

Parce qu’elle est un produit de la société et dépend de son contexte politique et économique.

Explication

La pensée juridique est produite par la société et dépend de son environnement politique et économique. La présenter comme indépendante de ces conditions contredit son ancrage social.

7. Quelles catégories de règles secondaires Hart distingue-t-il ?

Les règles constitutionnelles, législatives et administratives
Les règles de reconnaissance, de changement et d’adjudication
Les règles de validité, de preuve et de responsabilité
Les règles de conduite, de sanction et d’interprétation

Les règles de reconnaissance, de changement et d’adjudication

Explication

Hart distingue trois catégories de règles secondaires : reconnaissance, changement et adjudication. Les règles de conduite et de sanction ne correspondent pas à cette classification.

8. À quoi sert la littérature juridique ?

À conserver et transmettre la pensée juridique, qui est une science de texte
À trancher les litiges en se substituant aux institutions judiciaires
À recueillir les pratiques sociales sans transmettre de réflexion juridique
À remplacer les règles juridiques par des œuvres destinées au public

À conserver et transmettre la pensée juridique, qui est une science de texte

Explication

La littérature juridique désigne les écrits nécessaires à la conservation et à la transmission de la pensée juridique, conçue comme une science de texte. Elle ne se substitue pas aux institutions chargées de juger les litiges.

9. Quel rôle les juristes romains ont-ils joué dans la formation historique de la pensée juridique ?

Ils ont élaboré le droit romain à partir des universités médiévales italiennes.
Ils ont remplacé le droit romain par un droit privé moderne entièrement nouveau.
Ils ont limité leur réflexion aux institutions politiques sans influencer le droit privé.
Ils ont théorisé une pensée développée à Rome et ont inspiré le droit privé moderne.

Ils ont théorisé une pensée développée à Rome et ont inspiré le droit privé moderne.

Explication

Le droit et la pensée juridique se développent à Rome au Ve siècle av. J.-C.; les juristes romains les théorisent, et cette pensée inspire le droit privé moderne. Les universités médiévales italiennes apparaissent bien plus tard et ne sont pas à l’origine de ce développement romain.

10. Comment les juristes romains conçoivent-ils la découverte du droit ?

Comme une démarche partant de cas particuliers plutôt que comme une création entièrement nouvelle
Comme une déduction de principes abstraits sans examen de situations concrètes
Comme une reprise des usages médiévaux sans interprétation de cas particuliers
Comme une création reposant exclusivement sur des décisions législatives générales

Comme une démarche partant de cas particuliers plutôt que comme une création entièrement nouvelle

Explication

Pour les juristes romains, le droit se découvre à partir de cas particuliers plutôt qu’il ne se crée entièrement à neuf. L’assimiler à une création purement législative efface précisément cette démarche casuistique.

11. Quel changement accompagne l’apogée de la pensée juridique romaine en -27 ?

La rédaction du premier lexique et l’établissement de classifications juridiques
La redécouverte italienne du droit romain et l’ouverture des universités médiévales
La multiplication des ouvrages juridiques et la formation d’écoles au début de l’Empire
La diffusion d’avis gratuits par les jurisconsultes dans les places publiques

La multiplication des ouvrages juridiques et la formation d’écoles au début de l’Empire

Explication

Au début de l’Empire romain, en -27, la pensée juridique atteint son apogée avec la multiplication des ouvrages et la formation d’écoles. La redécouverte du droit romain en Italie relève du XIe siècle, et non de cette période.

12. Quelle évolution résulte de la redécouverte du droit romain en Italie au XIe siècle ?

La diffusion publique des avis des prudents et le développement des cas particuliers
La création d’universités médiévales et l’émergence des écoles des glossateurs puis des post-glossateurs
La fondation des écoles romaines et la multiplication des ouvrages au début de l’Empire
La rédaction du premier lexique et la création d’un traité juridique à Rome

La création d’universités médiévales et l’émergence des écoles des glossateurs puis des post-glossateurs

Explication

Au XIe siècle, la redécouverte du droit romain en Italie conduit à la création d’universités médiévales et à l’apparition des écoles des glossateurs puis des post-glossateurs. Les écoles du début de l’Empire romain appartiennent à une période historique antérieure.

13. Comment le droit romain est-il reçu dans le Midi de la France ?

Comme une législation royale applicable à tout le royaume
Comme un droit savant réservé aux tribunaux ecclésiastiques
Comme un ensemble de traditions locales sans autorité générale
Comme une coutume générale désignée par l’expression « ratio scripta »

Comme une coutume générale désignée par l’expression « ratio scripta »

Explication

Dans le Midi, le droit romain est largement reçu comme coutume générale et qualifié de « ratio scripta », c’est-à-dire de raison écrite. Les traditions locales relèvent plutôt du droit coutumier, et non de cette réception du droit romain.

14. Quel objectif l’article 125 de l’ordonnance de Montils-lès-Tours poursuit-il en exigeant la rédaction générale des coutumes ?

Réduire les incertitudes et les contradictions afin de rendre la justice plus rapide, moins coûteuse et plus sûre
Confier aux tribunaux le pouvoir d’élaborer des règles générales adaptées à chaque affaire
Réserver la rédaction des coutumes aux provinces méridionales afin de préserver leurs particularités
Remplacer les coutumes par le droit romain afin d’unifier immédiatement toutes les règles du royaume

Réduire les incertitudes et les contradictions afin de rendre la justice plus rapide, moins coûteuse et plus sûre

Explication

L’article 125 vise à fixer les coutumes par écrit pour réduire les incertitudes et les contradictions, et améliorer la justice en rapidité, en coût et en sûreté. Il ne demande pas de remplacer les coutumes par le droit romain.

15. Quelle idée Charles Dumoulin puis Antoine Loysel défendent-ils au sujet des coutumes ?

Un droit français commun peut être recherché à travers les coutumes
Chaque coutume doit rester sans lien avec les autres traditions du royaume
Les coutumes doivent être écartées au profit du droit romain
Le droit commun doit être élaboré par les seules ordonnances royales

Un droit français commun peut être recherché à travers les coutumes

Explication

Dumoulin puis Loysel estiment qu’il est possible de dégager un droit français commun à partir des coutumes. L’abandon des coutumes au profit du droit romain ne correspond pas à leur projet.

16. Quelle distinction caractérise le mos italicus et le mos gallicus dans l’étude du droit romain ?

Le premier recherche la pureté historique du droit romain, tandis que le second l’adapte aux coutumes locales
Le premier défend les coutumes populaires, tandis que le second les remplace par le droit royal
Le premier commente et adapte le droit romain, tandis que le second en recherche la pureté historique
Le premier étudie le droit canonique, tandis que le second codifie les ordonnances royales

Le premier commente et adapte le droit romain, tandis que le second en recherche la pureté historique

Explication

Le mos italicus commente et adapte le droit romain, alors que le mos gallicus cherche à le retrouver dans sa pureté historique, comme droit propre à un peuple et à une époque. La recherche de la pureté historique est donc associée au mos gallicus, non au mos italicus.

17. En quoi l’école du droit naturel moderne se distingue-t-elle d’une approche fondée sur l’observation de la nature ?

Elle présente les règles naturelles comme des coutumes transmises par les communautés locales
Elle déduit les règles juridiques de l’observation des comportements des animaux et des humains
Elle fait découvrir par la raison humaine des règles naturelles pour organiser rationnellement la société
Elle considère que les règles sociales proviennent principalement des décisions des souverains

Elle fait découvrir par la raison humaine des règles naturelles pour organiser rationnellement la société

Explication

L’école du droit naturel moderne attribue à la raison humaine la découverte de règles naturelles permettant d’organiser la société de façon rationnelle. Elle ne se limite donc pas à déduire ces règles de l’observation de la nature.

18. Dans la distinction d’Ulpien, quelle catégorie de droit est propre à un peuple et établie par les hommes ?

Le droit civil
Le droit naturel
Le droit des gens
Le droit coutumier

Le droit civil

Explication

Ulpien définit le droit civil comme le droit établi par les hommes et propre à un peuple. Le droit des gens est commun aux humains, tandis que le droit naturel est inspiré par la nature et partagé avec les animaux.

19. Selon Hugo Grotius, comment les règles nécessaires à la vie en société peuvent-elles être découvertes ?

Par la raison humaine, qui permet aussi de concevoir les sociétés comme des constructions organisées par contrat social
Par l’autorité religieuse, qui impose directement aux États leurs règles d’organisation
Par les traditions des peuples, qui déterminent seules la forme des sociétés humaines
Par l’observation de la nature, qui fournit aux États des institutions déjà établies

Par la raison humaine, qui permet aussi de concevoir les sociétés comme des constructions organisées par contrat social

Explication

Pour Grotius, la raison humaine permet de découvrir les règles nécessaires à la vie sociale, et les sociétés comme les États sont des constructions humaines organisées rationnellement par le contrat social. Son approche ne fait pas dépendre directement l’organisation politique d’une imposition de l’autorité religieuse.

20. Comment Domat met-il en œuvre le mos geometricus pour organiser le raisonnement juridique ?

Il compare les coutumes locales, puis retient celles qui sont les plus anciennes
Il part de principes premiers, dont la loi chrétienne de l’amour, puis en déduit progressivement les règles juridiques
Il rassemble les décisions des tribunaux, puis généralise leurs solutions en règles juridiques
Il part des ordonnances royales, puis les corrige selon les besoins de chaque procès

Il part de principes premiers, dont la loi chrétienne de l’amour, puis en déduit progressivement les règles juridiques

Explication

Domat applique une démarche déductive : il part de principes premiers, notamment de la loi chrétienne de l’amour, pour en tirer progressivement les règles juridiques. La méthode ne consiste pas à généraliser d’abord les décisions judiciaires.

21. Que déclare l’article 6 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen au sujet de la loi ?

La loi est l’expression de la volonté du juge
La loi est l’expression de la volonté générale
La loi est l’expression des coutumes de chaque province
La loi est l’expression des intérêts des corporations

La loi est l’expression de la volonté générale

Explication

L’article 6 affirme que la loi exprime la volonté générale. Il ne la présente pas comme l’expression de la volonté des juges ou des corporations.

22. Dans le légicentrisme révolutionnaire, quelle autorité est considérée comme créatrice du droit ?

Le juriste, au nom de son expertise doctrinale
La loi, au nom de la souveraineté nationale
La coutume, au nom des traditions locales
Le juge, au nom de son indépendance judiciaire

La loi, au nom de la souveraineté nationale

Explication

Le légicentrisme révolutionnaire fait de la loi l’autorité souveraine et la source créatrice du droit, au nom de la souveraineté nationale. Les juges et les juristes ne sont pas habilités à créer les règles générales dans cette conception.

23. Pourquoi les révolutionnaires estiment-ils que la loi ne doit pas être interprétée ?

Parce que l’interprétation empêcherait la publication des décisions judiciaires
Parce que l’interprétation risquerait de déformer la volonté générale exprimée par la loi
Parce que l’interprétation transférerait au juge le pouvoir de promulguer les lois
Parce que l’interprétation ferait prévaloir les coutumes provinciales sur la loi nationale

Parce que l’interprétation risquerait de déformer la volonté générale exprimée par la loi

Explication

Les révolutionnaires craignent que l’interprétation altère la volonté générale exprimée par la loi. Leur inquiétude porte sur la déformation de cette volonté, et non sur la publication des décisions.

24. Quelle fonction la loi des 16 et 24 août 1790 attribue-t-elle aux juges ?

Élaborer des normes concurrentes au nom de l’indépendance judiciaire
Créer des règles générales lorsque la loi ne précise pas la solution
Interpréter librement la loi pour adapter son sens aux affaires particulières
Appliquer la loi sous l’autorité du législatif, sans créer de règle générale

Appliquer la loi sous l’autorité du législatif, sans créer de règle générale

Explication

Cette loi subordonne les juges au législatif et réduit leur fonction à l’application de la loi, sans création de règles générales. La création de ces règles relève du législateur, et non du juge.

25. À quelle date le Code civil a-t-il été adopté après la rédaction d’un projet par une commission de quatre juristes nommés en 1800 ?

Le 30 ventôse an XIII, soit le 22 mars 1805
Le 22 mars 1804, soit le 30 ventôse an XII
Le 22 mars 1800, soit le 30 ventôse an VIII
Le 30 ventôse an XII, soit le 22 mars 1805

Le 22 mars 1804, soit le 30 ventôse an XII

Explication

Le Code civil est adopté le 22 mars 1804, correspondant au 30 ventôse an XII, après les travaux de la commission nommée en 1800. La date de 1800 correspond à la nomination des juristes, et non à l’adoption du Code.

26. Quels héritages juridiques ont contribué à la formation du Code civil ?

La doctrine de l’Ancien Régime, les lois révolutionnaires et les travaux de juristes comme Portalis, Aubry et Rau
Le droit romain seul, les ordonnances royales et les travaux de juristes comme Domat, Grotius et Montesquieu
Les coutumes françaises, le droit canonique et les travaux de juristes comme Savigny, Zachariae et Demolombe
La doctrine de l’Ancien Régime, les coutumes françaises et les travaux de juristes comme Dumoulin, Loysel et Pothier

La doctrine de l’Ancien Régime, les coutumes françaises et les travaux de juristes comme Dumoulin, Loysel et Pothier

Explication

Le Code civil reprend des éléments de la doctrine de l’Ancien Régime et des coutumes françaises, ainsi que les travaux de Dumoulin, Loysel et Pothier. Les références à Savigny et Zachariae renvoient plutôt à des influences allemandes associées à une autre approche de l’enseignement juridique.

27. Quel effet la loi du 30 ventôse an XII produit-elle sur les règles antérieures dans les matières traitées par le Code civil ?

Elle transforme les dispositions antérieures en règles supplétives applicables en cas de silence du Code
Elle abolit les dispositions antérieures, notamment celles issues du droit romain et des ordonnances royales
Elle suspend les dispositions antérieures jusqu’à leur reprise dans la jurisprudence des tribunaux
Elle maintient les dispositions antérieures, notamment celles issues du droit romain et des ordonnances royales

Elle abolit les dispositions antérieures, notamment celles issues du droit romain et des ordonnances royales

Explication

Dans les matières couvertes par le Code civil, la loi du 30 ventôse an XII abolit les dispositions antérieures, notamment celles provenant du droit romain et des ordonnances royales. Leur maintien comme règles supplétives ne correspond pas à l’effet indiqué.

28. Quel rôle Portalis attribue-t-il aux juges et aux auteurs de doctrine dans ses discours de 1801 ?

Appliquer les textes à la lettre, puisque le législateur a prévu toutes les situations
Écarter la loi écrite, puisque les coutumes sont plus accessibles aux citoyens
Créer de nouvelles lois, puisque les textes existants ne peuvent guider les tribunaux
Interpréter la loi, puisqu’elle ne peut tout prévoir et n’est pas accessible à tous

Interpréter la loi, puisqu’elle ne peut tout prévoir et n’est pas accessible à tous

Explication

Portalis estime que les juges et les auteurs de doctrine doivent interpréter la loi, car celle-ci ne peut prévoir chaque situation et n’est pas accessible à tous. L’idée que le législateur a anticipé toutes les situations contredit précisément cette justification de l’interprétation.

29. Comment caractérise-t-on souvent l’école de l’exégèse, selon la mise en perspective historique de ce courant ?

Comme une école apparue avant 1804, dont la cohérence historique est généralement tenue pour établie
Comme un courant dominant de 1880 à 1914, principalement consacré à l’étude des arrêts
Comme un courant dominant de 1804 à 1880, largement présenté comme un mythe rétrospectif
Comme une école brève de 1804 à 1837, reconnue comme un mouvement doctrinal marginal

Comme un courant dominant de 1804 à 1880, largement présenté comme un mythe rétrospectif

Explication

L’école de l’exégèse est souvent présentée comme dominante entre 1804 et 1880, mais cette image est décrite en grande partie comme un mythe rétrospectif. La situer principalement après 1880 ne correspond pas à cette présentation historique.

30. Pour découvrir le sens du Code civil, quels types d’éléments les exégètes mobilisent-ils ?

Le but de la loi, l’esprit de la législation, les sources, les débats, la pratique, la coutume et la jurisprudence
Les principes généraux du droit allemand, en écartant les débats parlementaires et la jurisprudence française
La seule formulation littérale des articles, sans comparaison avec les sources ni avec la pratique
Les décisions des juridictions, en laissant de côté le but de la loi, les coutumes et les travaux préparatoires

Le but de la loi, l’esprit de la législation, les sources, les débats, la pratique, la coutume et la jurisprudence

Explication

Les exégètes recherchent le sens du Code en examinant notamment le but de la loi, l’esprit de la législation, les sources, les débats parlementaires, la pratique, la coutume et la jurisprudence. Une lecture limitée aux mots des articles laisse de côté plusieurs des outils d’interprétation qu’ils utilisent.

31. Quelle distinction Charles Demolombe établit-il en 1844 entre interpréter et modifier la loi ?

Interpréter et modifier sont deux méthodes équivalentes lorsque le texte comporte une lacune
Interpréter, c’est découvrir le sens véritable de la loi ; la modifier constitue une innovation interdite à l’interprète
Interpréter, c’est adapter la loi aux besoins nouveaux ; la modifier consiste à préciser son sens véritable
Interpréter, c’est suivre les débats parlementaires ; modifier, c’est rapprocher plusieurs dispositions du Code

Interpréter, c’est découvrir le sens véritable de la loi ; la modifier constitue une innovation interdite à l’interprète

Explication

Pour Demolombe, l’interprète doit découvrir le sens véritable de la loi, et non la modifier ou innover. Adapter le texte en fonction de besoins nouveaux relève justement de la modification qu’il distingue de l’interprétation.

32. Comment les exégètes construisent-ils une dogmatique juridique à partir du Code civil ?

En classant les arrêts par juridiction sans relier leurs solutions aux dispositions du Code
En remplaçant les dispositions du Code par des règles tirées des coutumes locales
En étudiant chaque article isolément afin de préserver l’absence de principes communs
En rapprochant plusieurs dispositions pour dégager des principes généraux et un système cohérent

En rapprochant plusieurs dispositions pour dégager des principes généraux et un système cohérent

Explication

La dogmatique juridique consiste ici à rapprocher différentes dispositions du Code civil afin d’en dégager des principes généraux et de bâtir un système cohérent. L’étude isolée de chaque article ne permettrait pas ce travail de mise en relation.

33. Pourquoi la motivation et la publication des arrêts favorisent-elles l’étude de la jurisprudence ?

La motivation rend les arrêts comparables, et leur publication confie l’interprétation de la loi au législateur
La motivation résume les faits sans exposer le raisonnement, et la publication uniformise les décisions entre juridictions
La motivation révèle les intentions du législateur, et la publication remplace les règles du Code par des précédents
La motivation rend le raisonnement des juges connaissable, et la publication permet de comparer les décisions et de suivre le droit

La motivation rend le raisonnement des juges connaissable, et la publication permet de comparer les décisions et de suivre le droit

Explication

La motivation rend le raisonnement judiciaire connaissable et donc étudiable, tandis que la publication permet de comparer les arrêts et de suivre l’évolution du droit. La publication n’a pas pour effet de transférer au législateur l’interprétation exprimée dans les décisions.

34. Quel changement la loi de 1837 apporte-t-elle concernant l’interprétation de la loi par les juridictions ?

Elle instaure le référé législatif et charge le législateur de trancher les difficultés d’interprétation
Elle supprime le référé législatif et reconnaît aux juridictions la possibilité d’interpréter la loi
Elle supprime la motivation des arrêts afin de confier l’interprétation aux auteurs de doctrine
Elle réserve l’interprétation de la loi aux juridictions supérieures sans abolir le référé législatif

Elle supprime le référé législatif et reconnaît aux juridictions la possibilité d’interpréter la loi

Explication

La loi de 1837 supprime le référé législatif et reconnaît aux juridictions la possibilité d’interpréter la loi. L’instauration de ce référé produirait l’effet inverse, en renvoyant l’interprétation au législateur.

35. En 1814, quelle solution Thibaut préconise-t-il pour réduire l’insécurité judiciaire et le morcellement du droit en Allemagne ?

Adopter un droit civil général codifié pour l’Allemagne
Rejeter toute codification afin de préserver les coutumes locales
Conserver les systèmes juridiques distincts de chaque État allemand
Remplacer le droit allemand par les règles du Code napoléonien

Adopter un droit civil général codifié pour l’Allemagne

Explication

Thibaut propose un droit civil général codifié pour réduire l’insécurité judiciaire, le morcellement du droit et la complexité des sources. Savigny défend plutôt le rejet d’une codification imposée, car il la considère comme politiquement dangereuse.

36. Dans son ouvrage publié en 1814, comment Savigny caractérise-t-il la codification ?

Comme une maladie politique et un instrument de despotisme
Comme l’expression nécessaire de la conscience populaire
Comme une solution pour unifier les systèmes de chaque État
Comme un moyen de réduire la complexité des sources juridiques

Comme une maladie politique et un instrument de despotisme

Explication

Dans De la vocation à notre temps pour la législation et la science du droit, Savigny s’oppose à la codification, qu’il voit comme une maladie politique et un instrument de despotisme. La réduction de la complexité des sources correspond plutôt aux motifs avancés par Thibaut en faveur d’un code général.

37. Que désigne le Volksgeist dans la pensée juridique de Savigny ?

L’ensemble des lois imposées par un pouvoir politique centralisé
La conscience populaire dont le droit se développe par les coutumes et les pratiques sociales
La doctrine des professeurs qui remplace les traditions juridiques locales
La volonté du législateur qui fixe les règles dans un code général

La conscience populaire dont le droit se développe par les coutumes et les pratiques sociales

Explication

Le Volksgeist désigne la conscience populaire, à travers laquelle le droit se forme progressivement par les coutumes, les mœurs et les pratiques sociales. La volonté du législateur exprimée dans un code renvoie à une conception que Savigny conteste dans la querelle de la codification.

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Qu’est-ce que la pensée juridique ?

La réflexion qui prend le droit pour objet.

Depuis quand la doctrine désigne-t-elle les opinions de juristes ?

Depuis la fin du XIXe siècle.

Qui la pensée juridique inclut-elle au-delà des juristes ?

Les autres acteurs sociaux.

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