QCM : Histoire du droit constitutionnel (11 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quel droit Jean Bodin associe-t-il à la souveraineté dans les Six livres de la République ?

Le droit de diriger l’administration et de maintenir l’ordre public
Le droit d’appliquer les décisions rendues par les juges
Le droit de faire appliquer les lois et les décisions de justice
Le droit de faire et de casser la loi

Le droit de faire et de casser la loi

Explication

Bodin définit la souveraineté comme le droit de faire et de casser la loi. L’exécution des décisions judiciaires et l’application des lois relèvent d’autres fonctions, tandis que la direction administrative intervient dans la définition de Weber.

2. Dans un régime où les autorités se contrôlent afin d’empêcher les abus de pouvoir, quel objectif la séparation des pouvoirs poursuit-elle ?

Protéger les droits des citoyens en contrôlant l’exercice du pouvoir
Assurer la stabilité institutionnelle en prolongeant les mandats
Accélérer l’action administrative en regroupant les décisions
Renforcer la décision politique en concentrant les compétences

Protéger les droits des citoyens en contrôlant l’exercice du pouvoir

Explication

La séparation des pouvoirs vise à contrôler l’exercice du pouvoir pour protéger les droits des citoyens. L’efficacité administrative, la stabilité institutionnelle et la concentration de la décision ne sont pas l’objectif indiqué.

3. Dans un système où les autorités législative, judiciaire et exécutive disposent de fonctions distinctes et se contrôlent mutuellement, quelle conception de la séparation des pouvoirs s’applique ?

Une subordination des autorités législative et judiciaire à l’exécutif
Une séparation équilibrée fondée sur la collaboration et le contrôle mutuel
Une indépendance stricte empêchant toute collaboration entre les autorités
Une fusion des fonctions au sein d’une autorité politique commune

Une séparation équilibrée fondée sur la collaboration et le contrôle mutuel

Explication

La séparation des pouvoirs distingue les fonctions sans imposer une indépendance stricte : les autorités collaborent pour se contrôler mutuellement. L’indépendance stricte exclut à tort cette collaboration, la fusion supprime la distinction et la subordination contredit l’équilibre entre autorités.

4. Quelle définition de l’État correspond à l’analyse de Max Weber dans *Économie et société* ?

Une institution juridique dont les tribunaux détiennent le monopole de la contrainte légitime sur les personnes placées sous leur autorité
Une entreprise politique dont les dirigeants revendiquent le monopole de la contrainte physique sur les individus, indépendamment du territoire
Une entreprise politique institutionnelle dont la direction administrative revendique avec succès le monopole de la contrainte physique légitime sur un territoire donné
Une organisation administrative qui exerce la contrainte physique légitime sans revendiquer de monopole territorial

Une entreprise politique institutionnelle dont la direction administrative revendique avec succès le monopole de la contrainte physique légitime sur un territoire donné

Explication

Pour Weber, l’État se caractérise par la revendication réussie du monopole de la contrainte physique légitime sur un territoire donné, sous la direction d’une administration. La « seule autorité juridique » confond contrainte et droit, le monopole sur les personnes déplace le critère territorial, et l’absence de direction administrative omet un élément de la définition.

5. Que signifie l’isonomie dans la démocratie athénienne ?

Le contrôle des magistrats avant et après leur mandat
Le droit des citoyens de prendre la parole dans les assemblées
L’égalité des citoyens devant la loi et dans l’action publique
La possibilité pour l’assemblée d’exiler un citoyen menaçant

L’égalité des citoyens devant la loi et dans l’action publique

Explication

L’isonomie désigne l’égalité des membres devant la loi et l’action publique, notamment associée au tirage au sort. Le droit de prendre la parole correspond plutôt à l’iségorie, qui concerne la participation au débat politique.

6. À quelles assemblées les comices curiates et les comices centuriates étaient-ils respectivement réservés dans la République romaine ?

Aux magistrats et aux sénateurs
Aux patriciens et aux plébéiens
Aux plébéiens et aux patriciens
Aux sénateurs et aux magistrats

Aux patriciens et aux plébéiens

Explication

Les comices curiates étaient réservés aux patriciens, tandis que les comices centuriates étaient réservés aux plébéiens. Le Sénat, composé notamment de chefs de grandes familles et d’anciens magistrats, constituait une institution distincte de ces assemblées.

7. Quel rôle les remontrances des parlements jouent-elles dans l’encadrement des décisions royales sous la monarchie absolue ?

Elles autorisent le parlement à annuler définitivement une décision royale sans intervention du roi.
Elles chargent le parlement de préparer les décisions royales avant leur examen par les conseillers.
Elles permettent au parlement de contester l’enregistrement d’une décision royale et de signaler ses objections.
Elles permettent au parlement de remplacer les lois fondamentales par des ordonnances royales.

Elles permettent au parlement de contester l’enregistrement d’une décision royale et de signaler ses objections.

Explication

Les remontrances donnent au parlement la possibilité de présenter ses objections lorsqu’une décision royale lui est envoyée pour enregistrement. Le lit de justice permet au roi d’écarter ces objections, mais il n’empêche pas le parlement de formuler ensuite des remontrances itératives.

8. Entre quelles années les États généraux ne se sont-ils pas réunis sous l’Ancien Régime ?

De 1714 à 1771
De 1614 à 1789
De 1586 à 1714
De 1789 à 1791

De 1614 à 1789

Explication

Les États généraux ne se sont pas réunis entre 1614 et 1789, avant leur convocation en 1789. La période 1714–1771 concerne le rétablissement du droit de remontrance et une prise de position du parlement de Paris, non une réunion des États généraux.

9. Quelle différence distingue le modèle américain du modèle français dans l’organisation des rapports entre les pouvoirs exécutif et législatif ?

Le modèle américain donne la primauté au législatif, tandis que le modèle français place les deux pouvoirs à égalité.
Le modèle américain concentre ces pouvoirs dans une assemblée, tandis que le modèle français les répartit entre deux chambres.
Le modèle américain confie le contrôle au pouvoir judiciaire, tandis que le modèle français subordonne le législatif à l’exécutif.
Le modèle américain les place à égalité pour qu’ils se contrôlent, tandis que le modèle français donne la primauté au législatif.

Le modèle américain les place à égalité pour qu’ils se contrôlent, tandis que le modèle français donne la primauté au législatif.

Explication

Le modèle américain repose sur l’égalité et le contrôle réciproque des pouvoirs exécutif et législatif, alors que le modèle français place le législatif au premier rang. Le modèle français ne subordonne pas le législatif à l’exécutif : c’est au contraire la loi qui sert de référence aux autres pouvoirs.

10. Quel penseur anglais est associé au refus d’appliquer une loi du Parlement contraire à la common law, en 1607 ?

Alexander Hamilton
Emmanuel-Joseph Sieyès
Edward Coke
James Madison

Edward Coke

Explication

Edward Coke est associé à la décision de ne pas appliquer une loi parlementaire contraire à la common law. Hamilton défend plutôt la primauté de la Constitution américaine sur une loi qui la contredit.

11. Quel effet le principe de supériorité de la Constitution produit-il lorsqu’une loi ordinaire la contredit ?

Le Parlement suspend la Constitution jusqu’à modifier la loi.
Les tribunaux appliquent la Constitution et écartent la loi contraire.
Le gouvernement soumet la loi à un vote populaire obligatoire.
Le juge ordinaire remplace la Constitution par la common law.

Les tribunaux appliquent la Constitution et écartent la loi contraire.

Explication

La Constitution étant supérieure à la loi, les tribunaux doivent l’appliquer et ne pas tenir compte d’une loi qui la contredit. La proposition selon laquelle le Parlement suspendrait la Constitution inverse cette hiérarchie.

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Quels éléments l’État suppose-t-il, en plus d’apparaître vers le XVe siècle ?

Un territoire, un peuple et une organisation politique et juridique.

Quel objectif la séparation des pouvoirs poursuit-elle ?

Contrôler l’exercice du pouvoir afin de protéger les droits des citoyens.

Qui théorise la séparation des pouvoirs aux XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles, après la délimitation des pouvoirs du roi en Angleterre ?

JOHN LOCK et MONTESQUIEU.

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