QCM : Droit des obligations (24 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Pour qu’une proposition constitue une offre au sens de l’article 1114, quelles caractéristiques doit-elle réunir ?

Être précise sur la chose, et laisser la détermination du prix à une négociation ultérieure
Manifester une volonté d’être lié, même si la chose et le prix restent indéterminés
Préciser la chose et le prix, sans que l’offrant manifeste sa volonté d’être lié
Être précise sur la chose et le prix, et manifester la volonté d’être lié en cas d’acceptation

Être précise sur la chose et le prix, et manifester la volonté d’être lié en cas d’acceptation

Explication

L’offre doit déterminer notamment la chose et le prix, et être ferme, c’est-à-dire manifester la volonté de son auteur d’être lié si elle est acceptée. Une simple invitation à négocier manque de précision, une proposition aux éléments indéterminés manque de précision, et l’absence de volonté d’être lié exclut la fermeté.

2. Comment le Code civil définit-il le contrat à l’article 1101 ?

Un échange de biens entre plusieurs personnes visant à produire des effets économiques
Un fait quelconque produisant des effets de droit entre plusieurs personnes
Un accord de volontés entre plusieurs personnes visant à créer des effets de droit
Une décision d’une personne visant à créer des effets de droit

Un accord de volontés entre plusieurs personnes visant à créer des effets de droit

Explication

Le contrat est un accord de volontés entre deux ou plusieurs personnes en vue de créer des effets de droit. La décision unilatérale omet l’accord, l’échange de biens matériels restreint indûment la définition et le fait quelconque renvoie au fait juridique.

3. Une personne protégée doit conclure un acte relevant de son incapacité d’exercice. Quel rôle revient à son représentant dans cette situation ?

Laisser la personne agir au nom du représentant
Agir à la place de la personne protégée
Écarter la personne de certains actes déterminés
Assister la personne sans agir à sa place

Agir à la place de la personne protégée

Explication

Dans l’incapacité d’exercice, le représentant agit à la place de la personne incapable ou protégée. Une interdiction limitée à certains actes relève plutôt de l’incapacité de jouissance, tandis que l’assistance ne signifie pas que le représentant se substitue à la personne.

4. Un commerçant fixe à son offre un délai d’acceptation qui n’est pas encore expiré. Il retire pourtant sa proposition avant la fin de ce délai. Quelle conséquence peut en résulter ?

La rétractation est licite puisque le délai fixé n’est pas encore arrivé à son terme
La rétractation est illicite et rend automatiquement impossible la formation du contrat
La rétractation est licite tant que le destinataire n’a pas encore accepté l’offre
La rétractation est illicite et peut engager sa responsabilité extracontractuelle, sans empêcher la formation du contrat

La rétractation est illicite et peut engager sa responsabilité extracontractuelle, sans empêcher la formation du contrat

Explication

Avant l’expiration du délai fixé ou raisonnable, la rétractation est illicite et peut engager la responsabilité extracontractuelle, mais elle n’empêche pas la formation du contrat. La licéité avant réception ne s’applique pas ici, et l’illicéité n’exclut pas à elle seule la formation.

5. Une personne remet gratuitement un objet à une autre, sans attendre de prestation ni de paiement en retour. Comment qualifier ce contrat du point de vue de la contrepartie ?

Un contrat aléatoire
Un contrat à titre onéreux
Un contrat à titre gratuit
Un contrat synallagmatique

Un contrat à titre gratuit

Explication

Le contrat à titre gratuit procure un avantage sans contrepartie. Le contrat à titre onéreux vise une équivalence entre les prestations, le contrat synallagmatique repose sur des obligations réciproques et le contrat aléatoire fait dépendre les obligations d’un événement incertain.

6. Une personne signe un contrat après avoir été trompée sur un élément déterminant et sans comprendre la portée de son engagement. Quel principe fondamental est ici compromis ?

La force obligatoire, qui détermine la validité initiale du consentement
Le consentement libre et éclairé, nécessaire à l’engagement volontaire
La liberté de négocier, qui garantit la qualité de toute signature
L’autonomie de la volonté, qui se réduit à la capacité juridique

Le consentement libre et éclairé, nécessaire à l’engagement volontaire

Explication

L’engagement contractuel repose sur un consentement libre et éclairé, ainsi que sur l’autonomie de la volonté, laquelle connaît notamment une limite à l’article 1145. La liberté de négocier concerne les pourparlers, la capacité ne résume pas l’autonomie et la force obligatoire concerne les effets du contrat.

7. Un acheteur conclut un contrat en croyant, de façon excusable, qu’un objet possède une qualité essentielle; cette qualité était connue du vendeur. Quelle conséquence l’erreur peut-elle entraîner ?

La nullité même si l’erreur est inexcusable
La nullité sans condition de connaissance
La nullité du contrat
La responsabilité pour violence

La nullité du contrat

Explication

L’erreur peut entraîner la nullité si elle porte sur une qualité essentielle connue de l’autre partie et si elle est excusable. Une qualité non essentielle ne satisfait pas la règle, et la connaissance ainsi que le caractère excusable sont des conditions à prendre en compte.

8. Un destinataire répond à une offre par un message équivoque qui ne permet pas de savoir s’il consent. Cette réponse forme-t-elle le contrat ?

Non, car seule une acceptation écrite peut former le contrat
Oui, car une réponse ambiguë vaut acceptation dès qu’elle suit l’offre
Oui, car toute réponse du destinataire manifeste son consentement
Non, car l’acceptation doit être expresse et dépourvue d’ambiguïté

Non, car l’acceptation doit être expresse et dépourvue d’ambiguïté

Explication

L’acceptation forme le contrat lorsqu’elle est expresse et dépourvue d’ambiguïté. Assimiler toute réponse ou une réponse équivoque à une acceptation méconnaît cette exigence, tandis que l’exigence d’une forme écrite n’est pas posée par l’unité.

9. Deux entreprises négocient un contrat, puis l’une d’elles met fin aux pourparlers avant tout accord. Comment qualifier cette rupture en elle-même ?

Un exercice de la liberté précontractuelle de négocier et de rompre
Une obligation de conclure née du seul commencement des pourparlers
Une rupture contractuelle engageant le régime du contrat conclu
Une faute contractuelle résultant de l’absence de conclusion

Un exercice de la liberté précontractuelle de négocier et de rompre

Explication

La négociation relève de la liberté de négocier et de rompre les négociations ; cette rupture ne constitue pas, en elle-même, un contrat ni une faute contractuelle. La rupture d’un contrat conclu relève du cadre contractuel, tandis que les pourparlers n’imposent pas à eux seuls de conclure.

10. Pendant une négociation, une partie manque à une obligation précontractuelle en agissant de mauvaise foi et cause un dommage à l’autre. Sur quel fondement sa responsabilité peut-elle être engagée ?

La force obligatoire de l’article 1103, indépendamment d’un contrat conclu
La responsabilité civile extracontractuelle de l’article 1240, dans le respect de la bonne foi
La liberté de rupture des pourparlers, qui écarte toute responsabilité civile
La responsabilité contractuelle de l’article 1103, dès l’ouverture des pourparlers

La responsabilité civile extracontractuelle de l’article 1240, dans le respect de la bonne foi

Explication

Un manquement à une obligation pendant la négociation peut engager la responsabilité civile extracontractuelle sur le fondement de l’article 1240, dans le respect de la bonne foi exigée par l’article 1112, alinéa 2. L’article 1103 concerne la force obligatoire du contrat et ne remplace pas ce fondement précontractuel.

11. Une acheteuse croit qu’un tableau est une œuvre originale, alors qu’il s’agit d’une copie : que désigne ici l’erreur ?

Une tromperie volontaire du vendeur
Une menace qui détermine son consentement
Une divergence sur la valeur marchande
Un décalage entre sa croyance et la réalité

Un décalage entre sa croyance et la réalité

Explication

L’erreur correspond au décalage entre la croyance d’une partie et la réalité. Une tromperie volontaire relève du dol, une menace de la violence, tandis qu’un désaccord sur le prix ne définit pas en soi l’erreur.

12. Un représentant ne dispose que d’un pouvoir général. Il doit décider s’il peut vendre un bien appartenant au représenté. Quelle conclusion s’applique ?

Un pouvoir conservatoire suffit pour accomplir la vente
Le pouvoir général suffit pour accomplir la vente
La vente relève d’un acte d’assistance sans pouvoir requis
Il lui faut un pouvoir spécial pour accomplir la vente

Il lui faut un pouvoir spécial pour accomplir la vente

Explication

Le pouvoir général couvre les actes conservatoires et d’administration, tandis que les actes de disposition, comme la vente d’un bien, requièrent un pouvoir spécial. Assimiler la vente à l’administration ou à la conservation étend à tort le pouvoir général.

13. Un acheteur ne dispose pas des informations techniques nécessaires pour apprécier un produit pendant les pourparlers. Quelles obligations précontractuelles peuvent contribuer à le protéger ?

Informer, mettre en garde et imposer la conclusion
Indemniser, annuler et sanctionner
Informer, conseiller et mettre en garde
Conseiller, rompre les pourparlers et indemniser

Informer, conseiller et mettre en garde

Explication

Pour remédier à l’asymétrie d’information et protéger la partie faible, les obligations précontractuelles peuvent imposer d’informer, de conseiller et de mettre en garde (article 1112-1). L’indemnisation et l’annulation sont des réponses à certaines situations, non ces obligations précontractuelles elles-mêmes.

14. Une entreprise fait une offre dans l’intérêt de la personne à qui elle s’adresse, et cette personne ne répond pas. Quelle règle s’applique à son silence ?

Il peut valoir acceptation lorsque l’offre est faite dans l’intérêt de l’offrant
Il peut valoir acceptation, puisque l’offre est faite dans l’intérêt de celui qui doit l’accepter
Il ne peut pas valoir acceptation, car le silence est toujours dépourvu d’effet
Il vaut acceptation seulement si l’offrant confirme ensuite son offre

Il peut valoir acceptation, puisque l’offre est faite dans l’intérêt de celui qui doit l’accepter

Explication

Le silence ne vaut en principe pas acceptation, sauf lorsque l’offre est faite dans l’intérêt de celui qui doit l’accepter. La règle générale ignore cette exception, et l’intérêt pertinent est celui de l’acceptant, non celui de l’offrant.

15. Un représentant signe un contrat qui dépasse les pouvoirs qui lui ont été conférés. Quel est, en principe, l’effet de cet acte à l’égard du représenté ?

L’acte est en principe inopposable au représenté
L’acte est nécessairement nul entre toutes les parties
L’acte engage en principe le représenté comme partie personnelle
L’acte est en principe opposable au représenté

L’acte est en principe inopposable au représenté

Explication

Un acte accompli sans pouvoir ou au-delà des pouvoirs du représentant est en principe inopposable au représenté, sous réserve des exceptions prévues notamment par les articles 1156 et 1157. L’opposabilité automatique et la nullité nécessaire ne rendent pas compte de cette règle, qui n’assimile pas non plus l’acte à un engagement personnel du représenté.

16. Après avoir conclu un contrat, deux parties discutent de ses principes directeurs. Quelle association identifie correctement les trois principes du droit des contrats ?

Consentement éclairé, bonne foi contractuelle et autonomie de la volonté
Bonne foi contractuelle, force obligatoire et liberté de négocier
Liberté contractuelle, force obligatoire et bonne foi contractuelle
Liberté contractuelle, consentement éclairé et force obligatoire

Liberté contractuelle, force obligatoire et bonne foi contractuelle

Explication

Les principes sont la liberté contractuelle (article 1102), la force obligatoire (articles 1103 du Code civil et 1134 du Code Napoléon) et la bonne foi contractuelle (article 1104). La liberté de négocier, le consentement éclairé et l’autonomie de la volonté sont des notions voisines, mais ne constituent pas cette association des trois principes.

17. Deux parties échangent leur consentement pour conclure un contrat, sans formalité légale imposée ni remise préalable d’un bien. De quel type de contrat s’agit-il selon sa mode de formation ?

Un contrat solennel
Un contrat consensuel
Un contrat synallagmatique
Un contrat réel

Un contrat consensuel

Explication

Le contrat consensuel se forme par le seul échange des consentements. Le contrat solennel exige une forme imposée par la loi, le contrat réel requiert aussi la remise de la chose, tandis que le caractère synallagmatique concerne la réciprocité des obligations.

18. Un majeur protégé doit signer un contrat, et son régime de protection prévoit l’intervention d’un représentant. Quelle modalité est compatible avec la protection de ses intérêts ?

Une assistance ou une signature par son représentant, sans atteinte à ses intérêts
Une intervention du représentant qui peut léser les intérêts du majeur
Une signature du représentant qui exclut toute intervention du majeur
Une signature du majeur sans intervention possible de son représentant

Une assistance ou une signature par son représentant, sans atteinte à ses intérêts

Explication

La protection du majeur incapable peut prendre la forme d’une assistance ou d’une signature par son représentant, à condition que l’acte ne porte pas atteinte à ses intérêts. La substitution complète, l’absence d’intervention possible et l’atteinte aux intérêts ne correspondent pas à cette règle.

19. Une acceptation parvient à l’offrant alors qu’il se trouve dans une ville différente de celle du destinataire. Où et quand le contrat est-il formé ?

À la date et au lieu où l’acceptation parvient à l’offrant
À la date où l’offrant prend connaissance du message et au lieu où il a rédigé l’offre
À la date de réception par l’offrant et au lieu où le destinataire a envoyé l’acceptation
À la date de l’envoi et au lieu où le destinataire a expédié l’acceptation

À la date et au lieu où l’acceptation parvient à l’offrant

Explication

Le contrat est formé à la date où l’acceptation parvient à l’offrant et au lieu où elle lui parvient. La théorie de l’émission retient à tort l’envoi, et le lieu pertinent n’est ni celui de l’offre ni celui d’expédition de l’acceptation.

20. Une personne signe un contrat après qu’autrui lui a adressé une menace crédible, suffisamment efficace pour déterminer son consentement. De quel vice s’agit-il ?

De la violence
D’une simple réticence
De l’erreur
Du dol

De la violence

Explication

La violence est une contrainte morale exercée au moyen d’une menace suffisamment efficace, crédible et déterminante du consentement. Le dol repose sur une tromperie, l’erreur sur un décalage entre croyance et réalité, et la réticence relève du dol passif.

21. Un vendeur dissimule délibérément un défaut important pour amener un acheteur à contracter dans une croyance erronée. Comment qualifier ce mécanisme ?

Une erreur, croyance erronée sans tromperie
Une violence, contrainte morale par menace
Un aléa accepté sur une qualité de l’objet
Un dol, erreur provoquée par une tromperie

Un dol, erreur provoquée par une tromperie

Explication

Le dol est une erreur provoquée par autrui au moyen d’une tromperie. Une erreur spontanée n’implique pas cette tromperie, tandis que la violence repose sur une menace et l’aléa accepté concerne une autre règle relative à l’erreur.

22. Une personne confie à une autre le soin de conclure un contrat pour son compte, dans les limites des pouvoirs accordés. Quelle notion décrit cette relation ?

La négociation contractuelle
La représentation juridique
La gestion en son propre compte
L’assistance juridique

La représentation juridique

Explication

La représentation permet à un représentant d’agir juridiquement pour le compte du représenté, dans les limites des pouvoirs qui lui sont conférés. L’assistance accompagne la personne, la négociation ne suffit pas à caractériser la représentation, et l’action en son propre compte ne correspond pas à agir pour le représenté.

23. Dans un pacte de préférence, quel engagement une partie prend-elle envers le bénéficiaire ?

L’informer de toute négociation envisagée sans priorité pour contracter
Lui accorder une option pour conclure un contrat dont les éléments essentiels sont déjà fixés
Conclure immédiatement avec lui le contrat définitif aux conditions déjà arrêtées
Lui proposer prioritairement de contracter si elle décide de le faire

Lui proposer prioritairement de contracter si elle décide de le faire

Explication

Le pacte de préférence oblige une partie à proposer prioritairement au bénéficiaire de contracter. Le droit d’option portant sur un contrat dont les éléments essentiels sont déjà déterminés caractérise la promesse unilatérale, et une simple information ou une conclusion immédiate ne décrit pas cet engagement.

24. Après avoir obtenu un contrat par tromperie, l’auteur est poursuivi par la victime. Quelles conséquences le dol peut-il produire ?

La nullité du contrat sans responsabilité de l’auteur
La responsabilité extracontractuelle sans nullité possible
La nullité du contrat et la responsabilité extracontractuelle
La révision du contrat et la responsabilité contractuelle

La nullité du contrat et la responsabilité extracontractuelle

Explication

Le dol peut vicier le consentement et entraîner la nullité du contrat; la tromperie peut aussi engager la responsabilité extracontractuelle de son auteur pour faute. La révision ou la seule responsabilité contractuelle ne décrit pas ces conséquences, et le dol peut ouvrir les deux voies.

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Quelle définition du contrat donne l’article 1101 du Code civil ?

Un accord de volontés entre deux ou plusieurs personnes visant à créer des effets de droit.

Quels éléments fondent le contrat selon les principes fondamentaux ?

Un engagement volontaire, un consentement libre et éclairé et l’autonomie de la volonté.

Quel principe du droit des contrats est consacré par l’article 1102 du Code civil ?

La liberté contractuelle.

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