QCM : Institutions et droit constitutionnel (66 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quelle distinction oppose le positivisme au jusnaturalisme dans leur conception du droit ?

Le positivisme rattache le droit aux normes édictées par une autorité habilitée, tandis que le jusnaturalisme invoque des normes universelles liées à la justice et aux qualités humaines.
Le positivisme rattache le droit aux coutumes sociales, tandis que le jusnaturalisme le fonde sur les règles imposées par la force publique.
Le positivisme rattache le droit aux normes universelles liées à la justice, tandis que le jusnaturalisme le fonde sur les décisions d’une autorité habilitée.
Le positivisme définit le droit par les décisions des tribunaux, tandis que le jusnaturalisme le réduit aux règles adoptées par le pouvoir politique.

Le positivisme rattache le droit aux normes édictées par une autorité habilitée, tandis que le jusnaturalisme invoque des normes universelles liées à la justice et aux qualités humaines.

Explication

Le positivisme s’appuie sur l’autorité habilitée à édicter des normes, alors que le jusnaturalisme reconnaît des normes naturelles ou justes. Confondre ces fondements revient à attribuer au positivisme la conception propre au jusnaturalisme.

2. Dans une société étatique, que désigne le droit positif étatique ?

L’ensemble des usages privés qui évoluent selon les pratiques sociales sans intervention des institutions publiques.
L’ensemble des principes moraux qui orientent les comportements et dont les autorités religieuses assurent l’application.
L’ensemble des règles de conduite qui organisent la société selon ses valeurs et dont les tribunaux et la force publique assurent l’application.
L’ensemble des décisions judiciaires qui règlent les litiges sans organiser les comportements au sein de la société.

L’ensemble des règles de conduite qui organisent la société selon ses valeurs et dont les tribunaux et la force publique assurent l’application.

Explication

Le droit positif étatique regroupe des règles de conduite organisant la société conformément à ses valeurs, dont l’application est soutenue par les tribunaux et la force publique. Les principes moraux ou religieux ne correspondent pas à cette définition institutionnelle.

3. Une société cherche à éviter que ses membres règlent eux-mêmes leurs différends par la force tout en protégeant leur liberté et leur sécurité : quelle fonction du droit répond à ces objectifs ?

Le droit confie le règlement des différends aux personnes concernées et assure la continuité sociale en privilégiant la justice privée.
Le droit organise principalement les échanges économiques, protège les institutions publiques et remplace les valeurs sociales par des règles uniformes.
Le droit protège la sécurité collective en limitant la liberté individuelle et en laissant les valeurs sociales hors du règlement des litiges.
Le droit ordonne les rapports sociaux, préserve la paix et la continuité collective, garantit liberté et sécurité, et contribue à la justice.

Le droit ordonne les rapports sociaux, préserve la paix et la continuité collective, garantit liberté et sécurité, et contribue à la justice.

Explication

Le droit vise à structurer les rapports sociaux, à préserver la paix contre la justice privée et à garantir liberté, sécurité et justice selon les valeurs sociales. Le recours à la justice privée contredit précisément l’un de ces objectifs.

4. Une règle a été adoptée par une autorité compétente, mais son contenu contredit une norme supérieure : quelle conclusion s’impose au regard des conditions de validité juridique ?

Sa validité est assurée, car la compétence de l’autorité suffit même si le contenu contredit une norme supérieure.
Sa validité est assurée dès sa publication, car celle-ci corrige un éventuel défaut de conformité ou de procédure.
Sa validité est compromise, car une norme doit respecter les normes supérieures et être adoptée par une autorité compétente selon la procédure appropriée.
Sa validité dépend du soutien des personnes concernées, car l’adhésion sociale remplace le respect des normes supérieures.

Sa validité est compromise, car une norme doit respecter les normes supérieures et être adoptée par une autorité compétente selon la procédure appropriée.

Explication

La validité d’une norme dépend de sa conformité aux normes supérieures ainsi que de son adoption par une autorité compétente selon la procédure appropriée. Le seul fait que l’autorité soit compétente ne résout donc pas une contradiction avec une norme supérieure.

5. Qu’exprime la hiérarchie des normes dans un système juridique ?

Le classement des normes selon leur force, chaque norme devant être conforme à une norme supérieure pour être valable.
Le classement des normes selon leur auteur, chaque décision judiciaire étant supérieure aux textes adoptés par le législateur.
Le classement des normes selon leur date, chaque norme récente annulant les normes adoptées antérieurement.
Le classement des normes selon leur domaine, chaque norme générale prévalant sur les normes propres à un sujet précis.

Le classement des normes selon leur force, chaque norme devant être conforme à une norme supérieure pour être valable.

Explication

La hiérarchie des normes classe les règles juridiques selon leur force et exige qu’une norme soit conforme à une norme supérieure. La date d’adoption, à elle seule, ne détermine pas le rang d’une norme.

6. Une règle générale et une règle spéciale de même rang se contredisent, tandis qu’un autre litige oppose deux normes de rang différent : quelle solution distingue correctement les deux conflits ?

Dans le conflit horizontal, la règle spéciale l’emporte sur la règle générale; dans le conflit vertical, la norme supérieure prévaut sur l’inférieure.
Dans le conflit horizontal, la norme supérieure l’emporte sur l’inférieure; dans le conflit vertical, la règle spéciale prévaut sur la règle générale.
Dans le conflit horizontal, la norme la plus récente l’emporte; dans le conflit vertical, la norme la plus détaillée prévaut.
Dans le conflit horizontal, la règle générale l’emporte sur la règle spéciale; dans le conflit vertical, la norme inférieure prévaut sur la supérieure.

Dans le conflit horizontal, la règle spéciale l’emporte sur la règle générale; dans le conflit vertical, la norme supérieure prévaut sur l’inférieure.

Explication

Un conflit horizontal concerne des règles de même rang et se résout en faveur de la règle spéciale; un conflit vertical oppose des normes de rang différent et donne priorité à la norme supérieure. Inverser ces critères revient à confondre les deux types de conflit.

7. En vertu de l’article 55 de la Constitution française, quelle autorité les traités ou accords régulièrement ratifiés ou approuvés acquièrent-ils dès leur publication ?

Une autorité supérieure à celle de la Constitution.
Une autorité supérieure à celle des lois.
Une autorité inférieure à celle des lois.
Une autorité égale à celle des lois.

Une autorité supérieure à celle des lois.

Explication

L’article 55 confère aux traités ou accords régulièrement ratifiés ou approuvés, dès leur publication, une autorité supérieure à celle des lois. Cette règle ne leur attribue pas une autorité supérieure à la Constitution.

8. Quelle séquence présente correctement les grandes étapes des origines du droit français ?

Droit romain, Révolution française, féodalité et Ancien Régime, droit mondialisé, puis Troisième République.
Droit romain, féodalité et Ancien Régime, Révolution française, Troisième République, puis droit mondialisé depuis 1945.
Féodalité et Ancien Régime, droit romain, Troisième République, Révolution française, puis droit mondialisé depuis 1945.
Droit romain, féodalité et Ancien Régime, Troisième République, droit mondialisé, puis Révolution française.

Droit romain, féodalité et Ancien Régime, Révolution française, Troisième République, puis droit mondialisé depuis 1945.

Explication

Les étapes suivent l’ordre du droit romain, de la féodalité et de l’Ancien Régime, de la Révolution française, de la Troisième République, puis du droit mondialisé depuis 1945. Placer la Révolution avant la féodalité et l’Ancien Régime inverse la chronologie.

9. Un particulier conteste une décision prise par l’administration : quel ordre juridictionnel est compétent pour traiter un litige impliquant l’administration ?

L’ordre administratif, qui traite notamment les litiges privés entre citoyens.
L’ordre judiciaire, qui traite exclusivement les différends entre autorités publiques.
L’ordre administratif, qui traite les litiges impliquant l’administration.
L’ordre judiciaire, qui traite les litiges impliquant l’administration.

L’ordre administratif, qui traite les litiges impliquant l’administration.

Explication

L’ordre administratif traite les litiges impliquant l’administration, tandis que l’ordre judiciaire traite notamment les litiges de droit privé entre citoyens. Le fait qu’un particulier soit partie au litige ne transforme pas le différend avec l’administration en litige privé entre citoyens.

10. Après avoir tranché un litige, que caractérise une décision rendue par une juridiction ?

Elle propose une solution aux parties sans les lier, dans le cadre d’un pouvoir dépendant du législateur.
Elle est motivée et impérative pour les parties, dans le cadre d’un pouvoir juridictionnel indépendant des autres pouvoirs.
Elle est motivée et consultative pour les parties, dans le cadre d’un pouvoir soumis aux autres pouvoirs.
Elle est impérative pour les parties sans exposer ses motifs, dans le cadre d’un pouvoir dirigé par le gouvernement.

Elle est motivée et impérative pour les parties, dans le cadre d’un pouvoir juridictionnel indépendant des autres pouvoirs.

Explication

Les juridictions sont indépendantes des autres pouvoirs, motivent leurs décisions et rendent des décisions impératives pour les parties. Une décision simplement consultative ne correspond pas à ce caractère impératif.

11. Un juge rattache les faits d’un dossier à une catégorie juridique afin d’identifier les règles à appliquer : quelle opération réalise-t-il ?

Une attribution juridictionnelle, qui désigne l’ordre de tribunaux chargé de connaître d’un litige.
Une hiérarchisation normative, qui classe les règles selon leur force pour déterminer laquelle prévaut.
Une codification juridique, qui rassemble des règles existantes dans un texte organisé par matière.
Une qualification juridique, qui relie une situation de fait ou une personne à un cadre juridique pour déterminer le régime applicable.

Une qualification juridique, qui relie une situation de fait ou une personne à un cadre juridique pour déterminer le régime applicable.

Explication

La qualification juridique consiste à rattacher des faits ou une personne à un cadre juridique pour déterminer les règles applicables, c’est-à-dire le régime juridique. Déterminer quel ordre de tribunaux connaît du litige relève d’une question distincte de compétence juridictionnelle.

12. Quelle distinction permet de reconnaître une personne morale parmi les personnes juridiques ?

C’est une chose appropriable qui possède un patrimoine propre.
C’est un être humain vivant doté de droits et de devoirs.
C’est une institution publique dépourvue d’identité juridique distincte.
C’est un groupement doté de la personnalité juridique, comme une association ou une entreprise.

C’est un groupement doté de la personnalité juridique, comme une association ou une entreprise.

Explication

Une personne morale est un groupement auquel le droit reconnaît une personnalité, par exemple une association, une entreprise ou l’État. Un être humain vivant est une personne physique, et non une personne morale.

13. Un élément du corps humain est considéré comme hors du commerce : quelle conséquence juridique cela entraîne-t-il ?

Il constitue un bien privé dès qu’une personne le détient.
Il ne peut pas faire l’objet d’une appropriation comme un bien.
Il devient un bien commun accessible à l’appropriation collective.
Il devient une chose sans maître susceptible d’appropriation.

Il ne peut pas faire l’objet d’une appropriation comme un bien.

Explication

Les éléments du corps humain sont des choses hors du commerce et ne peuvent donc pas être traités comme des biens susceptibles d’appropriation. Une chose sans maître, à la différence d’un élément du corps humain, peut être appropriée.

14. Une personne propriétaire d’un verger peut en récolter les fruits et vendre le terrain dans les limites prévues par le droit : quels attributs de la propriété exerce-t-elle ?

L’usage du bien, la perception de ses fruits et le pouvoir d’en disposer sans limites.
La garde du bien, la perception de ses revenus et le pouvoir de le réglementer.
La possession du bien, l’administration de ses fruits et le pouvoir de le transmettre.
L’usage du bien, la perception de ses fruits et le pouvoir d’en disposer.

L’usage du bien, la perception de ses fruits et le pouvoir d’en disposer.

Explication

Le droit de propriété permet d’user du bien, d’en percevoir les fruits et d’en disposer, sous réserve des limites fixées par le droit. La faculté d’en disposer n’est donc pas illimitée.

15. Une analyse étudie la Constitution comme norme fondant l’ordre juridique, plutôt que comme ensemble de règles organisant les relations entre institutions : quelle acception mobilise-t-elle ?

L’acception institutionnelle, qui décrit les rapports entre les institutions.
L’acception électorale, qui encadre la désignation des représentants.
L’acception administrative, qui organise la gestion des services publics.
L’acception normative, qui place la Constitution au fondement de l’ordre juridique.

L’acception normative, qui place la Constitution au fondement de l’ordre juridique.

Explication

L’acception normative présente la Constitution comme la norme fondatrice de l’ordre juridique et de l’État de droit. L’acception institutionnelle porte plutôt sur les règles encadrant les interactions entre institutions.

16. Dans un État où les gouvernants sont eux-mêmes soumis aux règles qu’ils adoptent, quel principe est réalisé ?

L’État légal, qui soumet les gouvernés aux lois adoptées par les gouvernants.
L’État de droit, qui soumet les gouvernants et les gouvernés au droit.
La souveraineté parlementaire, qui place le Parlement au-dessus du droit.
Le pouvoir exécutif, qui permet aux gouvernants de suspendre les règles juridiques.

L’État de droit, qui soumet les gouvernants et les gouvernés au droit.

Explication

L’État de droit suppose que les gouvernants comme les gouvernés soient soumis au droit, y compris l’État au droit qu’il produit. L’idée que seuls les gouvernés sont soumis aux lois correspond à une conception plus limitée.

17. Une réforme donne à toute personne accès à un juge chargé de protéger les libertés fondamentales : quel aspect de l’État de droit renforce-t-elle ?

La subordination du pouvoir judiciaire à l’exécutif.
La garantie juridictionnelle des libertés fondamentales.
La suppression des procédures légales au profit de décisions rapides.
La distinction entre citoyens protégés et citoyens soumis à la loi.

La garantie juridictionnelle des libertés fondamentales.

Explication

L’accès à un juge capable de protéger les libertés fondamentales fait partie des exigences de l’État de droit. Subordonner le juge à l’exécutif affaiblirait cette garantie au lieu de la renforcer.

18. Quelle combinaison d’éléments caractérise un État moderne ?

Un peuple, un territoire et une autorité détenant le monopole de la contrainte physique légitime.
Un peuple, des institutions représentatives et une autorité soumise aux puissances étrangères.
Une nation partageant une langue, un territoire et une assemblée chargée de voter les lois.
Un territoire, une population résidente et des pouvoirs politiques répartis entre plusieurs autorités.

Un peuple, un territoire et une autorité détenant le monopole de la contrainte physique légitime.

Explication

Un État moderne repose sur un peuple, un territoire et une autorité politique disposant du monopole de la contrainte physique légitime. Le partage des pouvoirs ou une langue commune ne remplace pas cette définition.

19. Un État affirme son indépendance face aux puissances étrangères, tout en exerçant une autorité supérieure sur les individus présents sur son territoire : quelles formes de souveraineté sont en jeu ?

La souveraineté interne pour l’indépendance et la souveraineté externe pour l’autorité territoriale.
La souveraineté externe pour l’indépendance et la souveraineté interne pour l’autorité sur le territoire.
La souveraineté externe pour l’autorité territoriale et la souveraineté interne pour les relations étrangères.
La souveraineté populaire pour l’indépendance et la souveraineté juridique pour l’autorité territoriale.

La souveraineté externe pour l’indépendance et la souveraineté interne pour l’autorité sur le territoire.

Explication

La souveraineté externe protège l’indépendance de l’État à l’égard des puissances étrangères, tandis que la souveraineté interne affirme sa supériorité sur les individus présents sur son territoire. Inverser ces deux dimensions attribue à chacune la fonction de l’autre.

20. Une assemblée adopte une loi, le gouvernement en organise l’application et un tribunal tranche un litige en s’y référant : comment ces fonctions se répartissent-elles ?

L’assemblée exerce le législatif, le gouvernement l’exécutif et le tribunal le pouvoir de juger.
L’assemblée exerce le législatif, le gouvernement le pouvoir de juger et le tribunal l’exécutif.
L’assemblée exerce l’exécutif, le gouvernement le pouvoir de juger et le tribunal le législatif.
L’assemblée exerce le pouvoir de juger, le gouvernement le législatif et le tribunal l’exécutif.

L’assemblée exerce le législatif, le gouvernement l’exécutif et le tribunal le pouvoir de juger.

Explication

Le législatif fait les lois, l’exécutif les fait exécuter et le pouvoir de juger tranche les différends selon la loi. Confier l’application des lois au pouvoir de juger confond deux fonctions distinctes.

21. Comment Jean Bodin définit-il la souveraineté ?

La faculté de répartir les fonctions entre les pouvoirs
La capacité des institutions à appliquer les lois existantes
La puissance absolue et perpétuelle d’une République
La compétence temporaire accordée par les gouvernés

La puissance absolue et perpétuelle d’une République

Explication

Bodin définit la souveraineté comme la « puissance absolue et perpétuelle d’une République » et en fait le critère de l’État. Il ne la réduit pas à une compétence temporaire confiée par les gouvernés.

22. Quel principe Montesquieu formule-t-il pour justifier la division de l’exercice du pouvoir face au risque d’abus ?

Le pouvoir doit procéder du consentement individuel
Le pouvoir exécutif doit diriger le pouvoir législatif
Le pouvoir doit arrêter le pouvoir
Le pouvoir judiciaire doit représenter la nation

Le pouvoir doit arrêter le pouvoir

Explication

Dans De l’esprit des Lois, Montesquieu soutient que « le pouvoir doit arrêter le pouvoir », afin de prévenir les abus. Il ne propose pas de placer l’exécutif à la tête du législatif.

23. Quelles fonctions la séparation des pouvoirs distingue-t-elle, sans exclure toute interaction entre elles ?

Les fonctions constitutionnelle, administrative et électorale
Les fonctions nationale, fédérale et territoriale
Les fonctions législative, exécutive et de juger
Les fonctions politique, sociale et économique

Les fonctions législative, exécutive et de juger

Explication

La séparation distingue les fonctions législative, exécutive et de juger, tout en laissant subsister des interactions nécessaires. Elle ne consiste donc pas à isoler des fonctions constitutionnelle, administrative et électorale.

24. Quelle relation le pouvoir constituant établit-il entre la souveraineté et les pouvoirs constitués ?

Il révise la Constitution selon une procédure fixée par les pouvoirs constitués
Il est soumis aux pouvoirs constitués, qui définissent ensuite les règles constitutionnelles
Il partage sa compétence avec les pouvoirs constitués, qui restent libres de leurs actes
Il s’exerce de manière originaire et absolue, puis la Constitution limite les pouvoirs constitués

Il s’exerce de manière originaire et absolue, puis la Constitution limite les pouvoirs constitués

Explication

Le pouvoir constituant réconcilie souveraineté et séparation des pouvoirs : son exercice est originaire et absolu, tandis que la Constitution limite les pouvoirs constitués. La procédure de révision évoquée dans un distracteur concerne le pouvoir constituant dérivé.

25. Dans la conception de Rousseau, quel effet le contrat social produit-il sur les parcelles de souveraineté détenues par les individus ?

Il les attribue aux commissaires, qui les exercent sans contrôle du peuple
Il les concentre dans le corps politique, dont la souveraineté est indivisible et inaliénable
Il les maintient séparées, afin que chaque individu gouverne sa propre parcelle
Il les transfère aux représentants, qui peuvent en disposer au nom de chaque individu

Il les concentre dans le corps politique, dont la souveraineté est indivisible et inaliénable

Explication

Pour Rousseau, chaque individu détient une parcelle de souveraineté et le contrat social les concentre dans le corps politique. Cette souveraineté ne se représente pas et ne devient pas une propriété dont les représentants pourraient disposer.

26. Quelle différence oppose le gouvernement représentatif à la souveraineté populaire ?

Les représentants exercent un mandat impératif contrôlé par le peuple, tandis que les individus choisissent la nation
Les représentants détiennent une parcelle personnelle de souveraineté, tandis que le peuple représente la nation abstraite
Les représentants veulent pour la nation abstraite, tandis que la souveraineté populaire appartient aux individus
Les représentants gouvernent par référendum, tandis que la souveraineté populaire est exercée par le Parlement

Les représentants veulent pour la nation abstraite, tandis que la souveraineté populaire appartient aux individus

Explication

Le gouvernement représentatif confie aux représentants le soin de vouloir pour la nation, conçue comme une entité abstraite, tandis que la souveraineté populaire attribue une parcelle de souveraineté à chaque individu. Le mandat impératif contrôlé par le peuple relève de la conception de Rousseau, et non de cette distinction.

27. Par quels moyens le peuple exerce-t-il la souveraineté nationale selon l’article 3 de la Constitution de 1958 ?

Par ses représentants et par la voie du référendum
Par les juridictions et les autorités administratives
Par les partis politiques et les assemblées locales
Par les commissaires et les assemblées constituantes

Par ses représentants et par la voie du référendum

Explication

L’article 3 prévoit que le peuple exerce la souveraineté nationale par ses représentants et par la voie du référendum. Les commissaires dotés d’un mandat impératif renvoient à une autre conception de la souveraineté.

28. Que peut conférer la décentralisation territoriale dans un État unitaire décentralisé ?

Une compétence diplomatique réservée aux collectivités territoriales
Une souveraineté intérieure sans limites aux régions concernées
La personnalité morale de droit public à des portions du territoire
Une constitution propre à chaque portion du territoire

La personnalité morale de droit public à des portions du territoire

Explication

Dans un État unitaire décentralisé, la décentralisation territoriale confère la personnalité morale de droit public à des portions du territoire. Elle ne transforme pas ces portions en entités dotées d’une souveraineté intérieure sans limites.

29. Une entité fédérée possède une constitution et ses propres institutions, mais quelle limite caractérise son statut ?

Elle ne possède pas de parlement et dépend d’un gouvernement territorial commun
Elle exerce la diplomatie et la défense sans partage avec la fédération
Elle ne dispose ni de l’indépendance extérieure ni d’une souveraineté intérieure sans limites
Elle ne peut avoir de système juridictionnel distinct de celui de la fédération

Elle ne dispose ni de l’indépendance extérieure ni d’une souveraineté intérieure sans limites

Explication

Les entités fédérées ont leur constitution, leur parlement, leur gouvernement et leur système juridictionnel, mais elles n’ont ni indépendance extérieure ni souveraineté intérieure sans limites. L’existence de leurs propres institutions ne leur confère pas la diplomatie indépendante évoquée dans un distracteur.

30. Dans une confédération, comment les États membres prennent-ils les décisions communes tout en préservant leur souveraineté ?

À l’unanimité, après avoir délégué certaines compétences à des organes communs
Par l’arbitrage d’un gouvernement commun, indépendant des États membres
À la majorité, après avoir transféré leur souveraineté aux organes communs
Par décision d’un parlement fédéral, qui impose ses règles aux États membres

À l’unanimité, après avoir délégué certaines compétences à des organes communs

Explication

Une confédération associe des États souverains qui délèguent certaines compétences à des organes communs, lesquels prennent leurs décisions à l’unanimité. Un parlement fédéral imposant ses décisions correspond à une logique différente et ne décrit pas ce mécanisme confédéral.

31. Un organe élabore une nouvelle constitution sans être soumis à des règles juridiques préalables, tandis qu’un autre révise une constitution selon une procédure établie : comment les distinguer ?

Les deux exercent le pouvoir constituant originaire, puisque toute constitution exprime la souveraineté
Les deux exercent le pouvoir constituant dérivé, puisqu’ils agissent sur une constitution
Le premier exerce le pouvoir constituant originaire et le second le pouvoir constituant dérivé
Le premier exerce le pouvoir constituant dérivé et le second le pouvoir constituant originaire

Le premier exerce le pouvoir constituant originaire et le second le pouvoir constituant dérivé

Explication

Le pouvoir constituant originaire élabore une constitution sans règle juridique préalable, alors que le pouvoir constituant dérivé la modifie selon une procédure de révision. Élaborer une nouvelle constitution ne relève donc pas du pouvoir dérivé.

32. Quelle combinaison correspond aux cinq conditions de fond imposées en 1958 pour l’élaboration d’une nouvelle Constitution ?

Le suffrage universel comme source du pouvoir, la séparation des pouvoirs exécutif et législatif, la responsabilité du Gouvernement devant le Parlement, la nomination des juges par le Gouvernement et l’organisation des rapports avec les peuples associés
Le suffrage universel comme source du pouvoir, la séparation des pouvoirs exécutif et judiciaire, la responsabilité du Parlement devant le Gouvernement, l’indépendance judiciaire et l’organisation des rapports avec les peuples associés
Le suffrage universel comme source du pouvoir, la séparation des pouvoirs exécutif et législatif, la responsabilité du Gouvernement devant le Parlement, l’indépendance judiciaire et l’organisation des rapports avec les peuples associés
Le suffrage universel comme source du pouvoir, la séparation des pouvoirs exécutif et législatif, la responsabilité du Gouvernement devant le Parlement, l’indépendance judiciaire et l’intégration des peuples associés à la métropole

Le suffrage universel comme source du pouvoir, la séparation des pouvoirs exécutif et législatif, la responsabilité du Gouvernement devant le Parlement, l’indépendance judiciaire et l’organisation des rapports avec les peuples associés

Explication

La loi constitutionnelle de 1958 exigeait ces cinq garanties, dont l’indépendance judiciaire et l’organisation des rapports avec les peuples associés. Une proposition voisine inverse la responsabilité politique, qui incombe au Gouvernement devant le Parlement et non au Parlement devant le Gouvernement.

33. Quels textes et principes composent la Constitution française au sens du bloc constitutionnel ?

Le texte de 1958 et son préambule, la Déclaration de 1789, le Préambule de 1946, la Charte de l’environnement de 2004 et les principes généraux du droit administratif
Le texte de 1958 et son préambule, la Déclaration de 1789, le Préambule de 1946, la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne et les principes fondamentaux reconnus par les lois de la République
Le texte de 1958 et son préambule, la Déclaration de 1789, le Préambule de 1946, la Charte de l’environnement de 2004 et les principes fondamentaux reconnus par les lois de la République
Le texte de 1958 et son préambule, la Déclaration de 1789, le Préambule de 1958, la Charte de l’environnement de 2004 et les principes fondamentaux reconnus par les lois de la République

Le texte de 1958 et son préambule, la Déclaration de 1789, le Préambule de 1946, la Charte de l’environnement de 2004 et les principes fondamentaux reconnus par les lois de la République

Explication

Le bloc constitutionnel réunit le texte constitutionnel et les références contenues dans son préambule, dont les textes de 1789, 1946 et 2004, ainsi que les principes fondamentaux reconnus par les lois de la République. Les principes généraux du droit administratif ne remplacent pas cette dernière catégorie.

34. Quelle liberté le Conseil constitutionnel a-t-il reconnue, le 16 juillet 1971, comme principe fondamental reconnu par les lois de la République ?

La liberté de la presse
La liberté syndicale
La liberté de réunion
La liberté d’association

La liberté d’association

Explication

Dans sa décision du 16 juillet 1971, le Conseil constitutionnel a reconnu la liberté d’association comme principe fondamental reconnu par les lois de la République. La liberté syndicale est une liberté distincte et n’est pas celle qui est établie par cette décision.

35. Quelle distinction décrit correctement les effets du contrôle concentré et du contrôle diffus de constitutionnalité ?

Le contrôle concentré relève d’une seule entité et produit des effets erga omnes, tandis que le contrôle diffus relève de toutes les juridictions et produit des effets inter partes
Le contrôle concentré relève d’une seule entité et produit des effets erga omnes, tandis que le contrôle diffus relève de toutes les juridictions et produit des effets erga omnes
Le contrôle concentré relève de toutes les juridictions et produit des effets erga omnes, tandis que le contrôle diffus relève d’une seule entité et produit des effets inter partes
Le contrôle concentré relève d’une seule entité et produit des effets inter partes, tandis que le contrôle diffus relève de toutes les juridictions et produit des effets erga omnes

Le contrôle concentré relève d’une seule entité et produit des effets erga omnes, tandis que le contrôle diffus relève de toutes les juridictions et produit des effets inter partes

Explication

Le contrôle concentré est confié à une entité unique et sa décision a une portée générale, tandis que le contrôle diffus appartient aux juridictions et produit des effets entre les parties concernées. Confondre les effets revient à attribuer au contrôle diffus la portée générale propre au contrôle concentré.

36. Comment sont composés et renouvelés les membres nommés du Conseil constitutionnel ?

Neuf membres sont nommés pour neuf ans renouvelables, renouvelés par tiers tous les trois ans, avec trois nominations par chacune des trois autorités compétentes
Neuf membres sont nommés pour six ans non renouvelables, renouvelés par tiers tous les deux ans, avec trois nominations par chacune des trois autorités compétentes
Neuf membres sont nommés pour neuf ans non renouvelables, renouvelés par tiers tous les trois ans, avec trois nominations par chacune des trois autorités compétentes
Douze membres sont nommés pour neuf ans non renouvelables, renouvelés par tiers tous les trois ans, avec quatre nominations par chacune des trois autorités compétentes

Neuf membres sont nommés pour neuf ans non renouvelables, renouvelés par tiers tous les trois ans, avec trois nominations par chacune des trois autorités compétentes

Explication

Le Conseil comprend neuf membres nommés pour un mandat non renouvelable de neuf ans et renouvelés par tiers tous les trois ans ; le Président de la République et les présidents des deux assemblées en nomment chacun trois. Un mandat renouvelable modifierait la règle de non-renouvellement.

37. À quel moment intervient le contrôle a priori de l’article 61, et qui peut saisir le Conseil constitutionnel ?

Avant la promulgation, à la demande du Président de la République, du Premier ministre, des présidents des deux assemblées ou de soixante députés ou sénateurs
Après la promulgation, à la demande du Président de la République, du Premier ministre, des présidents des deux assemblées ou de soixante députés ou sénateurs
Avant la promulgation, à la demande du Conseil d’État, de la Cour de cassation ou de toute juridiction saisie d’un litige
Pendant une instance, à la demande d’un justiciable, après renvoi du Conseil d’État ou de la Cour de cassation

Avant la promulgation, à la demande du Président de la République, du Premier ministre, des présidents des deux assemblées ou de soixante députés ou sénateurs

Explication

Le contrôle a priori a lieu avant la promulgation et les autorités de saisine comprennent les quatre titulaires institutionnels mentionnés, ainsi que soixante députés ou sénateurs. La saisine par un justiciable au cours d’une instance relève plutôt du mécanisme de la QPC.

38. Dans quelle situation une question prioritaire de constitutionnalité permet-elle de contester une disposition législative ?

Après la clôture d’une instance, lorsqu’elle conteste la conformité d’un règlement et après renvoi du Conseil constitutionnel
Au cours d’une instance, lorsqu’elle porte atteinte aux compétences d’une collectivité et après renvoi d’une cour d’appel ou d’un tribunal administratif
Au cours d’une instance, lorsqu’elle porte atteinte aux droits et libertés garantis par la Constitution et après renvoi du Conseil d’État ou de la Cour de cassation
Avant la promulgation d’une loi, lorsqu’elle porte atteinte aux droits et libertés garantis par la Constitution et après saisine par le président d’une assemblée

Au cours d’une instance, lorsqu’elle porte atteinte aux droits et libertés garantis par la Constitution et après renvoi du Conseil d’État ou de la Cour de cassation

Explication

La QPC permet, pendant une instance, de contester une disposition législative qui porterait atteinte aux droits et libertés garantis par la Constitution, sous réserve d’un renvoi par le Conseil d’État ou la Cour de cassation. Le contrôle avant promulgation correspond au contrôle a priori de l’article 61, et non à la QPC.

39. Qu’est-ce qui caractérise le droit administratif français ?

Un ensemble de règles internes aux services publics, sans distinction avec le droit applicable aux particuliers
Un ensemble de règles générales sur l’administration dans tout pays, appliquées par les juridictions civiles aux personnes publiques
Un corps de règles applicables aux particuliers dans leurs relations avec l’administration et contrôlées par le juge judiciaire
Un corps de règles spécifiques applicables à l’administration, distinctes de celles des particuliers et contrôlées par le juge administratif

Un corps de règles spécifiques applicables à l’administration, distinctes de celles des particuliers et contrôlées par le juge administratif

Explication

En France, le droit administratif constitue un ensemble de règles propres à l’administration, distinct du droit applicable aux particuliers et soumis au contrôle du juge administratif. Le sens général du terme peut désigner les règles relatives à l’administration dans différents pays, mais ce n’est pas la définition spécifique retenue ici.

40. Quelle définition rend compte de la nature et de la finalité de l’administration ?

Un ensemble organisé de services répondant à des besoins individuels déterminés, comprenant des personnes administratives dotées de personnalité morale et agissant dans l’intérêt général
Un ensemble organisé de services répondant à des besoins collectifs déterminés, composé d’organes dépourvus de personnalité morale et agissant dans l’intérêt général
Un ensemble organisé de services répondant à des besoins collectifs déterminés, comprenant des personnes administratives dotées de personnalité morale et agissant dans l’intérêt général
Un ensemble organisé de services répondant à des besoins collectifs déterminés, comprenant des personnes administratives dotées de personnalité morale et poursuivant les intérêts propres de leurs membres

Un ensemble organisé de services répondant à des besoins collectifs déterminés, comprenant des personnes administratives dotées de personnalité morale et agissant dans l’intérêt général

Explication

L’administration regroupe des services organisés pour satisfaire des besoins collectifs ; elle comprend plusieurs personnes administratives dotées de personnalité morale et agit dans l’intérêt général. La recherche des intérêts propres caractérise plutôt celle des particuliers, pas la finalité administrative.

41. Une réforme transfère des compétences à des collectivités territoriales autonomes, tandis qu’une autre répartit les compétences entre des services de l’État sans changer de personne morale : comment les qualifier ?

Les deux relèvent de la décentralisation, car elles répartissent des compétences territoriales
Les deux relèvent de la déconcentration, car elles concernent des compétences administratives
La première relève de la décentralisation et la seconde de la déconcentration
La première relève de la déconcentration et la seconde de la décentralisation

La première relève de la décentralisation et la seconde de la déconcentration

Explication

La décentralisation transfère des compétences à des collectivités territoriales autonomes, alors que la déconcentration organise la répartition des compétences au sein de l’État, qui reste la même personne morale. La seconde réforme ne crée donc pas de transfert à une personne publique autonome.

42. Quelle règle l’arrêt Blanco a-t-il affirmée en 1873 au sujet de la responsabilité de l’État pour les dommages causés par ses agents dans le service public ?

Elle relève des principes du Code civil applicables entre particuliers, sans règles propres à l’action administrative
Elle est exclue lorsque le dommage est causé par une personne employée dans un service public
Elle dépend des règles fixées par chaque collectivité territoriale, indépendamment du service public concerné
Elle obéit à des règles spéciales, distinctes des principes du Code civil applicables entre particuliers

Elle obéit à des règles spéciales, distinctes des principes du Code civil applicables entre particuliers

Explication

L’arrêt Blanco affirme que la responsabilité de l’État liée au service public obéit à des règles spéciales plutôt qu’aux principes du Code civil régissant les rapports entre particuliers. Appliquer directement ces principes civils méconnaîtrait précisément la distinction établie par l’arrêt.

43. Quel rôle l’article 20 de la Constitution attribue-t-il au Gouvernement ?

Il contrôle la constitutionnalité des lois et dirige les juridictions administratives.
Il règle les litiges entre les collectivités territoriales et l’État.
Il adopte les lois et exerce le pouvoir législatif au nom du Parlement.
Il détermine et conduit la politique de la Nation et dispose de l’administration et de la force armée.

Il détermine et conduit la politique de la Nation et dispose de l’administration et de la force armée.

Explication

L’article 20 confie au Gouvernement la détermination et la conduite de la politique nationale, ainsi que la disposition de l’administration et de la force armée. Le contrôle de constitutionnalité des lois relève d’une autre institution.

44. Quelle caractéristique distingue une autorité administrative indépendante d’un service ministériel ?

Elle exerce une fonction juridictionnelle et tranche les litiges entre personnes privées.
Elle n’est pas soumise au pouvoir hiérarchique du Gouvernement et peut agir dans son champ de compétence.
Elle peut intervenir dans tous les domaines administratifs sans compétence définie.
Elle est placée sous les instructions directes d’un ministre et applique ses décisions individuelles.

Elle n’est pas soumise au pouvoir hiérarchique du Gouvernement et peut agir dans son champ de compétence.

Explication

Une autorité administrative indépendante échappe à la hiérarchie gouvernementale et peut notamment prendre des actes réglementaires, d’orientation ou de sanction dans son domaine. Un service ministériel, à l’inverse, est soumis au pouvoir hiérarchique du Gouvernement.

45. Lorsqu’il examine un projet de texte, quel est le rôle consultatif du Conseil d’État ?

Il tranche les litiges individuels que le projet pourrait provoquer après son entrée en vigueur.
Il annule lui-même le projet avant son examen par le Parlement s’il le juge incohérent.
Il adopte le projet à la place du Gouvernement et en assure ensuite l’exécution administrative.
Il conseille juridiquement le Gouvernement en examinant notamment la conformité et la cohérence du projet.

Il conseille juridiquement le Gouvernement en examinant notamment la conformité et la cohérence du projet.

Explication

Dans sa fonction consultative, le Conseil d’État conseille le Gouvernement et examine notamment la conformité et la cohérence des projets de textes. Son rôle de juge consiste plutôt à statuer sur des litiges administratifs.

46. Quelle distinction caractérise les EPA et les EPIC ?

Les EPA assurent des services administratifs sous droit public, tandis que les EPIC assurent des services industriels et commerciaux majoritairement soumis au droit privé.
Les EPA et les EPIC assurent des services administratifs, mais seuls les EPIC sont rattachés à une tutelle.
Les EPA assurent des services industriels et commerciaux sous droit privé, tandis que les EPIC assurent des services administratifs sous droit public.
Les EPA et les EPIC relèvent majoritairement du droit privé, mais les EPA sont chargés de missions commerciales.

Les EPA assurent des services administratifs sous droit public, tandis que les EPIC assurent des services industriels et commerciaux majoritairement soumis au droit privé.

Explication

Les EPA exercent des services publics administratifs et relèvent du droit public, alors que les EPIC exercent des services industriels et commerciaux et sont majoritairement soumis au droit privé. L’option inversant ces catégories confond leurs missions et leur régime juridique.

47. Que désigne la compétence d’une autorité publique ?

Son pouvoir politique d’intervenir dans un domaine, même sans attribution juridique.
Son obligation d’exécuter les décisions prises par toute autre autorité publique.
Son pouvoir de contrôler la conformité de toute décision administrative.
Son aptitude légale à accomplir un acte, dans une répartition prévue par la Constitution ou la loi.

Son aptitude légale à accomplir un acte, dans une répartition prévue par la Constitution ou la loi.

Explication

La compétence est l’aptitude légale d’une autorité publique à accomplir un acte, et sa répartition relève de la Constitution ou de la loi. La capacité d’intervenir sans attribution juridique ne correspond pas à cette définition.

48. Quelle différence oppose la clause générale de compétence à la compétence d’attribution ?

La clause générale autorise une action dans les domaines non attribués ailleurs, tandis que la compétence d’attribution se limite aux domaines confiés.
La clause générale limite l’action aux domaines expressément confiés, tandis que la compétence d’attribution couvre les domaines non attribués ailleurs.
La clause générale concerne le contrôle des actes locaux, tandis que la compétence d’attribution concerne leur publication.
La clause générale s’applique aux autorités de l’État, tandis que la compétence d’attribution s’applique aux personnes privées.

La clause générale autorise une action dans les domaines non attribués ailleurs, tandis que la compétence d’attribution se limite aux domaines confiés.

Explication

La clause générale ouvre une possibilité d’action dans les domaines qui ne sont pas attribués exclusivement à une autre autorité, contrairement à la compétence d’attribution. Cette dernière ne permet d’agir que dans les domaines expressément confiés.

49. Quel rôle caractérise le département dans la répartition des compétences territoriales ?

Il est chef de file de l’action sociale, notamment pour le RSA et l’aide sociale à l’enfance.
Il est chef de file du développement économique, notamment pour les aides aux entreprises et les transports régionaux.
Il est chef de file du contrôle de légalité, notamment pour l’annulation des actes communaux.
Il est chef de file de l’enseignement supérieur, notamment pour les universités et la recherche.

Il est chef de file de l’action sociale, notamment pour le RSA et l’aide sociale à l’enfance.

Explication

Le département est le chef de file de l’action sociale et intervient notamment pour le RSA et l’aide sociale à l’enfance. Le développement économique et les transports régionaux relèvent plutôt des interventions caractéristiques de la région.

50. Après avoir constaté l’illégalité d’un acte local transmis, que peut faire le préfet ?

Saisir le tribunal administratif par un déféré préfectoral, sans annuler lui-même l’acte.
Transmettre le dossier au conseil municipal, qui doit statuer sur sa légalité.
Annuler directement l’acte avant son entrée en vigueur, sans saisir de juridiction.
Suspendre définitivement l’acte en lui substituant une décision préfectorale.

Saisir le tribunal administratif par un déféré préfectoral, sans annuler lui-même l’acte.

Explication

Le préfet contrôle la légalité des actes locaux transmis et peut saisir le tribunal administratif par déféré préfectoral. Il ne peut pas annuler lui-même ces actes avant leur entrée en vigueur.

51. Une décision vise une situation de fait sans s’adresser à tout le monde ni désigner un destinataire nominatif : de quel type d’acte s’agit-il ?

D’un contrat administratif, qui repose sur l’accord de deux personnes publiques.
D’un acte réglementaire, qui s’adresse de manière générale et impersonnelle à tous.
D’une décision individuelle, qui vise un destinataire particulier nommément désigné.
D’une décision d’espèce, qui concerne une situation de fait ou une catégorie déterminée.

D’une décision d’espèce, qui concerne une situation de fait ou une catégorie déterminée.

Explication

Une décision d’espèce concerne une situation de fait ou une catégorie sans viser tout le monde ni un destinataire nominatif. Une décision individuelle se distingue par le fait qu’elle vise un destinataire particulier.

52. Quelle formalité rend un acte administratif opposable à ses destinataires ?

La publication pour un acte réglementaire et la notification pour une décision individuelle.
La notification pour un acte réglementaire et la publication pour une décision individuelle.
La transmission au tribunal administratif pour un acte réglementaire et son affichage pour une décision individuelle.
La signature pour un acte réglementaire et l’approbation ministérielle pour une décision individuelle.

La publication pour un acte réglementaire et la notification pour une décision individuelle.

Explication

Un acte réglementaire devient opposable après sa publication, tandis qu’une décision individuelle l’est après sa notification. L’inversion de ces formalités confond les règles applicables aux deux catégories d’actes.

53. En l’absence de qualification légale, quels critères permettent de reconnaître un contrat administratif ?

La présence de deux personnes publiques et une clause relevant du droit privé.
La présence d’une personne publique et une clause exorbitante ou l’exécution d’un service public.
La présence d’une personne privée et une rémunération fixée par une autorité publique.
La présence d’un service public et la publication du contrat au Journal officiel.

La présence d’une personne publique et une clause exorbitante ou l’exécution d’un service public.

Explication

Sans qualification légale, le contrat administratif suppose un critère organique — la présence d’une personne publique — et un critère matériel, tenant à une clause exorbitante ou à l’exécution d’un service public. La seule présence d’un service public ne suffit donc pas à remplacer le critère organique.

54. Une entreprise reçoit un prix convenu pour fournir une prestation à une personne publique, sans supporter le risque d’exploitation : quel type de contrat cela décrit-il ?

Une concession, qui rémunère l’opérateur par le transfert du risque d’exploitation.
Un marché public, qui rémunère une prestation par le versement d’un prix.
Une décision d’espèce, qui rémunère un opérateur selon une situation de fait.
Un contrat de tutelle, qui rémunère l’entreprise pour contrôler un service public.

Un marché public, qui rémunère une prestation par le versement d’un prix.

Explication

Dans un marché public, l’opérateur reçoit un prix en contrepartie d’une prestation. Une concession se caractérise plutôt par l’exploitation d’un ouvrage ou d’un service et par la prise en charge du risque d’exploitation.

55. Quelle est la fonction principale de la police administrative ?

Constater les infractions et rechercher leurs auteurs
Exécuter les décisions rendues par les juridictions administratives
Juger les litiges opposant les personnes publiques aux particuliers
Prévenir les troubles à l’ordre public ou y mettre fin

Prévenir les troubles à l’ordre public ou y mettre fin

Explication

La police administrative est une activité de service public destinée à maintenir l’ordre public en prévenant les troubles ou en y mettant fin. La recherche des auteurs d’infractions relève plutôt de la police judiciaire.

56. Quel élément la jurisprudence a-t-elle notamment intégré à la notion d’ordre public, au-delà de la salubrité, de la tranquillité et de la sécurité publiques ?

La continuité des services publics
La liberté contractuelle
La séparation des pouvoirs
La dignité humaine

La dignité humaine

Explication

La dignité humaine a été intégrée par la jurisprudence à la notion d’ordre public, qui comprend traditionnellement la salubrité, la tranquillité et la sécurité publiques. La continuité des services publics est un principe distinct de cette définition traditionnelle.

57. Une mesure de police générale concerne une seule commune : quelle autorité est normalement compétente à ce niveau ?

Le préfet
Le président du tribunal administratif
Le maire
Le Premier ministre

Le maire

Explication

La police générale communale relève du maire, tandis que le préfet intervient à l’échelle départementale ou supracommunale. Le Premier ministre exerce la police générale nationale.

58. Pour appliquer le contrôle issu de l’arrêt Benjamin, quelle qualité une mesure de police doit-elle présenter au regard de l’objectif d’ordre public ?

Être générale, permanente et identique sur tout le territoire
Être adaptée, nécessaire et proportionnée
Être approuvée par un juge avant son entrée en vigueur
Être fondée sur l’existence d’une infraction pénale

Être adaptée, nécessaire et proportionnée

Explication

Depuis l’arrêt Benjamin du 19 mai 1933, une mesure de police doit être adaptée, nécessaire et proportionnée à l’objectif de maintien de l’ordre public. Le contrôle n’exige pas une approbation préalable du juge pour chaque mesure.

59. Quels éléments doivent être réunis pour engager la responsabilité administrative ?

Une décision illégale, une faute grave et une intention de nuire
Un dommage, un fait générateur et un lien de causalité
Une faute personnelle, une sanction pénale et un recours préalable
Un dommage matériel, une faute de service et une condamnation pénale

Un dommage, un fait générateur et un lien de causalité

Explication

La responsabilité administrative suppose un dommage, un fait générateur et un lien de causalité entre les deux. Une condamnation pénale n’est pas un élément constitutif général de cette responsabilité.

60. Quelle portée l’arrêt Blanco, rendu le 8 février 1873, reconnaît-il en matière de responsabilité de l’État ?

L’État ne peut être responsable que si un agent a commis une infraction pénale
La responsabilité de l’État est entièrement régie par les principes du Code civil
L’État ne répond que des dommages causés en dehors du service public
L’État peut être responsable selon des règles spéciales distinctes du Code civil

L’État peut être responsable selon des règles spéciales distinctes du Code civil

Explication

L’arrêt Blanco reconnaît que l’État peut répondre des dommages causés par ses agents dans le service public selon des règles spéciales, distinctes des principes du Code civil. Il ne soumet donc pas cette responsabilité entièrement au droit civil.

61. Quelles sont les deux formes principales de responsabilité administrative sans faute ?

La responsabilité pénale et celle pour faute personnelle
La responsabilité pour faute simple et celle pour faute lourde
La responsabilité pour risque et celle pour rupture d’égalité devant les charges publiques
La responsabilité contractuelle et celle liée à une décision illégale

La responsabilité pour risque et celle pour rupture d’égalité devant les charges publiques

Explication

La responsabilité sans faute comprend la responsabilité pour risque et celle fondée sur la rupture d’égalité devant les charges publiques. La faute simple et la faute lourde relèvent de régimes fondés sur une faute.

62. Une personne demande réparation au titre de la rupture d’égalité devant les charges publiques : quelles caractéristiques son préjudice doit-il présenter ?

Être matériel et collectif, donc réparti de manière comparable entre les usagers
Être anormal et spécial, donc assez grave et subi par un groupe limité de personnes identifiées
Être fautif et intentionnel, donc directement imputable à un agent identifié
Être temporaire et incertain, donc susceptible d’affecter un public indéterminé

Être anormal et spécial, donc assez grave et subi par un groupe limité de personnes identifiées

Explication

Le préjudice doit être anormal, c’est-à-dire suffisamment grave, et spécial, c’est-à-dire subi par un nombre limité de personnes identifiées. Un préjudice réparti de façon générale entre les usagers ne présente pas ce caractère spécial.

63. Quels organes composent l’ordre juridictionnel administratif ?

Les tribunaux de proximité, les tribunaux administratifs, les cours d’appel et la Cour de cassation
Les tribunaux administratifs, les cours d’appel judiciaires, le Conseil constitutionnel et le Conseil d’État
Les tribunaux administratifs, les cours administratives d’appel, le Conseil d’État et les juridictions spécialisées
Les tribunaux judiciaires, les cours d’appel, la Cour de cassation et les juridictions spécialisées

Les tribunaux administratifs, les cours administratives d’appel, le Conseil d’État et les juridictions spécialisées

Explication

L’ordre administratif comprend les tribunaux administratifs, les cours administratives d’appel, le Conseil d’État et des juridictions administratives spécialisées. La Cour de cassation appartient à l’ordre judiciaire, et non à l’ordre administratif.

64. Une partie conteste le jugement rendu en premier ressort par un tribunal administratif : quelle juridiction connaît normalement de son appel ?

La cour administrative d’appel
Une juridiction administrative spécialisée en cassation
Le Tribunal des conflits en qualité de juge d’appel
Le Conseil d’État en qualité de juge de premier ressort

La cour administrative d’appel

Explication

Les tribunaux administratifs sont les juges de premier ressort et les cours administratives d’appel connaissent des appels. Le Conseil d’État assure notamment un contrôle de cassation, mais n’est pas le juge d’appel ordinaire des décisions des tribunaux administratifs.

65. Quel double rôle caractérise le Conseil d’État ?

Il exerce des attributions électorales et diplomatiques
Il exerce des attributions pénales et constitutionnelles
Il exerce des attributions législatives et municipales
Il exerce des attributions contentieuses et consultatives

Il exerce des attributions contentieuses et consultatives

Explication

Le Conseil d’État exerce à la fois des attributions contentieuses et consultatives. Le rôle consultatif ne signifie pas qu’il détient une fonction législative.

66. Une personne conteste une décision administrative, mais n’a pas obtenu de suspension : quelle règle s’applique en principe pendant le recours ?

La contestation suspend automatiquement l’exécution de la décision
La contestation annule provisoirement la décision jusqu’au jugement
La contestation transfère l’exécution de la décision au juge
La contestation ne la dispense pas d’exécuter la décision

La contestation ne la dispense pas d’exécuter la décision

Explication

En matière administrative, les recours ne sont en principe pas suspensifs : la décision contestée doit donc être exécutée. Le dépôt d’un recours n’entraîne pas à lui seul la suspension automatique de son exécution.

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Comment le positivisme définit-il le droit ?

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Que considère le jusnaturalisme comme universel ?

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Quelles règles constituent le droit positif étatique ?

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