QCM : Institutions juridictionnelles administratives (25 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quelle est la fonction principale de la juridiction administrative ?

Conseiller les particuliers dans leurs démarches auprès des administrations
Contrôler les relations privées et trancher les litiges civils
Encadrer les pouvoirs de l’administration et trancher les litiges administratifs
Punir les infractions pénales commises par les agents publics

Encadrer les pouvoirs de l’administration et trancher les litiges administratifs

Explication

La juridiction administrative constitue un ordre spécialisé qui encadre les prérogatives exorbitantes de l’administration et règle les litiges administratifs. Le juge judiciaire intervient principalement dans l’ordre civil et pénal, et non dans le contentieux administratif de droit commun.

2. Pourquoi la relation entre l’administration et les administrés est-elle structurellement inégalitaire ?

Parce que l’administration agit dans des relations juridiquement identiques
Parce que l’administration dispose de prérogatives de puissance publique
Parce que les particuliers exercent des pouvoirs fiscaux sur l’État
Parce que les administrés ne possèdent aucun droit face à l’administration

Parce que l’administration dispose de prérogatives de puissance publique

Explication

L’administration bénéficie de pouvoirs particuliers, comme la levée des impôts ou la fixation des limitations de vitesse, qui la placent dans une position différente des particuliers. Cette inégalité ne signifie pas que les administrés sont dépourvus de droits, mais qu’ils ne sont pas dans une relation d’égalité juridique avec l’administration.

3. Dans quelle mesure la puissance de l’État doit-elle être organisée ?

Elle est indépendante de l’intérêt général et soumise aux seules assemblées élues
Elle est justifiée par l’autorité publique et soustraite au contrôle juridictionnel
Elle est justifiée par l’intérêt général et encadrée par une juridiction spécialisée
Elle est fondée sur l’intérêt privé et contrôlée par les autorités administratives

Elle est justifiée par l’intérêt général et encadrée par une juridiction spécialisée

Explication

La puissance de l’État trouve sa justification dans l’accomplissement d’une mission d’intérêt général, mais son exercice doit rester soumis à une juridiction spécialisée. L’intérêt général ne dispense donc pas l’administration d’un encadrement juridictionnel.

4. Quel effet l’article 13 de la loi des 16 et 24 août 1790 a-t-il produit sur les rapports entre les juges et l’administration ?

Il a attribué au Conseil d’État le jugement de tous les litiges administratifs
Il a interdit au juge judiciaire de connaître des affaires administratives
Il a confié au juge judiciaire le contrôle général des actes administratifs
Il a supprimé la distinction entre fonctions administratives et juridictionnelles

Il a interdit au juge judiciaire de connaître des affaires administratives

Explication

L’article 13 de la loi des 16 et 24 août 1790 interdit au juge judiciaire de connaître des affaires de l’administration. Cette règle contribue à séparer les fonctions judiciaires et administratives, sans attribuer encore au Conseil d’État la compétence générale qu’il acquerra plus tard.

5. Comment se répartissaient les compétences sous la théorie du ministre-juge ?

Le ministre jugeait en premier ressort et le Conseil d’État intervenait en appel
Le juge judiciaire jugeait en premier ressort et le ministre statuait en cassation
Le ministre conseillait les parties et le Conseil d’État assurait la médiation
Le Conseil d’État jugeait en premier ressort et le ministre intervenait en appel

Le ministre jugeait en premier ressort et le Conseil d’État intervenait en appel

Explication

Sous la théorie du ministre-juge, chaque ministre tranchait d’abord les litiges administratifs relevant de son secteur, tandis que le Conseil d’État intervenait en appel. Cette organisation ne faisait donc pas encore du Conseil d’État le juge administratif de droit commun.

6. Que consacre la loi du 24 mai 1872 dans l’évolution de la justice administrative ?

La justice déléguée permettant au Conseil d’État de juger en son nom propre
La création des cours administratives d’appel chargées du second degré
La compétence du juge judiciaire pour connaître des affaires administratives
La justice retenue maintenant le jugement des litiges entre les mains du gouvernement

La justice déléguée permettant au Conseil d’État de juger en son nom propre

Explication

La loi du 24 mai 1872 consacre la justice déléguée : le Conseil d’État peut alors rendre la justice en son propre nom. La justice retenue correspond à une organisation antérieure dans laquelle le pouvoir exécutif conservait un rôle déterminant dans la décision juridictionnelle.

7. Quelle transformation résulte de l’arrêt Cadot du 13 décembre 1889 ?

Le Conseil d’État renonce à juger les litiges et devient une assemblée consultative
Les ministres deviennent les juges d’appel des décisions rendues par les tribunaux administratifs
Le juge judiciaire reçoit compétence pour contrôler les actes pris par l’administration
Le Conseil d’État abandonne le ministre-juge et devient le juge administratif de droit commun

Le Conseil d’État abandonne le ministre-juge et devient le juge administratif de droit commun

Explication

Par l’arrêt Cadot, le Conseil d’État abandonne la théorie du ministre-juge et s’affirme comme juge administratif de droit commun. Cette décision ne réduit donc pas sa fonction juridictionnelle à un rôle consultatif ou à une simple compétence d’appel.

8. Quelles sont les deux fonctions institutionnelles principales du Conseil d’État ?

Représenter les administrés et administrer les collectivités territoriales
Gérer les finances publiques et poursuivre les infractions pénales
Conseiller le gouvernement et diriger hiérarchiquement l’ordre administratif
Voter les lois et contrôler directement les juridictions judiciaires

Conseiller le gouvernement et diriger hiérarchiquement l’ordre administratif

Explication

Le Conseil d’État exerce une fonction consultative auprès du gouvernement et assure la direction hiérarchique de l’ordre administratif, notamment par sa gestion, son inspection et sa régulation. Il ne se limite donc pas à une fonction de cassation.

9. Pour quels textes le gouvernement doit-il obligatoirement demander l’avis du Conseil d’État ?

Pour chaque jugement rendu par une juridiction administrative
Pour les propositions de loi déposées par les parlementaires
Pour ses projets de loi et ses projets d’ordonnance
Pour toutes les décisions individuelles prises par les ministres

Pour ses projets de loi et ses projets d’ordonnance

Explication

La consultation du Conseil d’État est obligatoire pour les projets de loi et les projets d’ordonnance du gouvernement. Cette obligation ne s’étend pas à toutes les décisions administratives individuelles ni aux textes d’initiative parlementaire.

10. Quelle différence caractérise le contrôle exercé par le Conseil d’État lorsqu’il statue en cassation et lorsqu’il statue en appel ?

En cassation, il rend un avis consultatif ; en appel, il exerce un contrôle limité aux questions de procédure
En cassation, il réexamine les faits ; en appel, il contrôle la régularité juridique sans reprendre le litige
En cassation, il contrôle l’application du droit sans rejuger les faits ; en appel, il peut réexaminer le litige dans sa compétence
En cassation, il statue toujours en premier ressort ; en appel, il examine les recours contre les décrets

En cassation, il contrôle l’application du droit sans rejuger les faits ; en appel, il peut réexaminer le litige dans sa compétence

Explication

En cassation, le Conseil d’État vérifie la correcte application du droit par les juges du fond, tandis qu’en appel il peut réexaminer le litige dans les limites de sa compétence. Confondre ces fonctions revient à attribuer au juge de cassation un nouvel examen des faits qui relève du juge d’appel.

11. Quelle fonction représente principalement l’activité juridictionnelle du Conseil d’État ?

La fonction consultative, qui représentait 68 % de ses décisions en 2016
La fonction de juge de cassation, qui représentait 68 % de ses décisions en 2016
La fonction de juge d’appel, qui représentait 68 % de ses décisions en 2016
La fonction de juge de premier ressort, qui représentait 68 % de ses décisions en 2016

La fonction de juge de cassation, qui représentait 68 % de ses décisions en 2016

Explication

Le Conseil d’État est principalement juge de cassation, cette activité ayant représenté 68 % de ses décisions en 2016. Son activité d’appel ne constituait qu’une part bien plus réduite de son activité juridictionnelle.

12. Comment le Conseil d’État statue-t-il sur un recours dirigé contre un décret du Président de la République ?

Il statue en premier et dernier ressort
Il statue après un jugement du tribunal administratif
Il intervient uniquement après un pourvoi en cassation
Il transmet l’affaire à une cour administrative d’appel

Il statue en premier et dernier ressort

Explication

Les recours dirigés contre les décrets du Président de la République et du Premier ministre relèvent du Conseil d’État en premier et dernier ressort. Ils ne suivent donc pas le parcours ordinaire passant d’abord par le tribunal administratif puis par la cour administrative d’appel.

13. Pour quelle raison principale les cours administratives d’appel ont-elles été créées par la loi du 31 décembre 1987, entrée en vigueur le 1er janvier 1989 ?

Pour exercer le contrôle de cassation auparavant confié au Conseil d’État
Pour remplacer les tribunaux administratifs comme juridictions de droit commun
Pour alléger la charge du Conseil d’État en prenant en charge l’appel
Pour juger en premier et dernier ressort les recours contre les décrets

Pour alléger la charge du Conseil d’État en prenant en charge l’appel

Explication

Les cours administratives d’appel ont été instituées afin d’alléger la charge du Conseil d’État, notamment en exerçant la fonction d’appel. Leur création n’a pas remplacé les tribunaux administratifs ni retiré au Conseil d’État sa fonction principale de cassation.

14. Quelle compétence les cours administratives d’appel exercent-elles en principe ?

Elles examinent les recours contre les décrets présidentiels en premier et dernier ressort
Elles contrôlent la correcte application du droit par les cours administratives d’appel
Elles connaissent des appels formés contre les jugements des tribunaux administratifs
Elles jugent en premier ressort les recours contre les décisions administratives courantes

Elles connaissent des appels formés contre les jugements des tribunaux administratifs

Explication

Les cours administratives d’appel connaissent en principe des appels contre les jugements rendus par les tribunaux administratifs. Cette compétence comporte toutefois des exceptions, notamment lorsque la loi attribue l’affaire au Conseil d’État ou prévoit un jugement en premier et dernier ressort.

15. Quel statut caractérise les magistrats des tribunaux administratifs et des cours administratives d’appel ?

Ils appartiennent au corps des conseillers d’État et exercent une fonction consultative
Ils appartiennent à un corps commun et ont la qualité de magistrat
Ils sont nommés comme magistrats judiciaires et relèvent de l’ordre judiciaire
Ils relèvent de corps distincts et disposent d’un statut administratif ordinaire

Ils appartiennent à un corps commun et ont la qualité de magistrat

Explication

Les magistrats des tribunaux administratifs et des cours administratives d’appel appartiennent à un corps commun distinct de celui des conseillers d’État et possèdent la qualité de magistrat. Ils ne font donc pas partie du corps des conseillers d’État ni de la magistrature judiciaire.

16. Quelle place le tribunal administratif occupe-t-il dans l’organisation de la justice administrative ?

Il est une juridiction de cassation compétente après le Conseil d’État
Il est la juridiction administrative de droit commun compétente en premier ressort
Il est une juridiction spécialisée compétente après la cour administrative d’appel
Il est la juridiction administrative de droit commun compétente en appel

Il est la juridiction administrative de droit commun compétente en premier ressort

Explication

Le tribunal administratif constitue la juridiction administrative de droit commun et statue en premier ressort, sauf lorsqu’un texte attribue le litige à une autre juridiction. La cour administrative d’appel intervient normalement au stade de l’appel, ce qui explique la confusion possible.

17. Quel critère détermine en principe le tribunal administratif territorialement compétent pour contester une décision administrative ?

Le ressort dans lequel siège la cour administrative d’appel compétente
Le domicile du requérant au jour du dépôt de la requête
Le ressort dans lequel siège l’auteur de la décision contestée
Le lieu où la décision a été publiée au Journal officiel

Le ressort dans lequel siège l’auteur de la décision contestée

Explication

En principe, le tribunal administratif compétent est celui dans le ressort duquel siège l’auteur de la décision contestée, conformément à l’article R.312-1 du Code de justice administrative. Le domicile du requérant peut intervenir dans certaines exceptions, mais il ne constitue pas le critère général.

18. Quelle caractéristique définit une juridiction administrative spécialisée ?

Elle dispose d’une compétence générale pour tous les litiges administratifs
Elle exerce principalement des fonctions consultatives auprès du gouvernement
Elle statue uniquement sur les recours formés contre les décisions judiciaires
Elle possède une compétence d’attribution limitée à un domaine précis

Elle possède une compétence d’attribution limitée à un domaine précis

Explication

Une juridiction administrative spécialisée est créée par le législateur pour traiter un domaine précis qui requiert une technicité ou une légitimité particulière. À l’inverse, le tribunal administratif possède la compétence administrative de droit commun.

19. Quelle juridiction exerce la fonction de juge de cassation suprême pour les juridictions administratives spécialisées ?

Le tribunal administratif
La Cour des comptes
Le Conseil d’État
La Cour de cassation

Le Conseil d’État

Explication

Le Conseil d’État est le juge de cassation suprême de toutes les juridictions administratives spécialisées, en application de l’article L.821-1 du Code de justice administrative. La Cour de cassation appartient à l’ordre judiciaire, tandis que le tribunal administratif n’est pas la juridiction suprême de cet ordre.

20. Quelle mission caractérise principalement la Cour des comptes en tant que juridiction financière ?

Contrôler les élections et sanctionner les infractions électorales
Conseiller les ordres professionnels sur leurs règles disciplinaires
Juger les gestionnaires publics et évaluer la gestion budgétaire
Juger les recours contre les décisions des universités

Juger les gestionnaires publics et évaluer la gestion budgétaire

Explication

Créée en 1807, la Cour des comptes exerce notamment une mission juridictionnelle envers les gestionnaires publics et évalue la gestion budgétaire. Elle possède aussi des missions consultatives, mais celles-ci ne remplacent pas sa fonction juridictionnelle.

21. Dans quelle situation la chambre juridictionnelle de la Cour des comptes peut-elle juger un gestionnaire public en premier ressort ?

Lorsqu’une irrégularité formelle est constatée sans préjudice financier significatif
Lorsqu’un agent public conteste son affectation administrative
Lorsqu’un désaccord politique porte sur les priorités budgétaires
Lorsqu’une faute grave a causé un préjudice financier significatif

Lorsqu’une faute grave a causé un préjudice financier significatif

Explication

La chambre juridictionnelle juge en premier ressort les fautes graves des gestionnaires publics ayant causé un préjudice financier significatif. Une simple irrégularité dépourvue d’un préjudice significatif ne relève pas de cette compétence juridictionnelle.

22. Quel changement la réforme du 23 mars 2022 a-t-elle apporté au jugement des gestionnaires publics ?

La Cour des comptes est devenue seule compétente en premier ressort
Les chambres régionales ont reçu une compétence générale en appel
La Cour d’appel financière a remplacé les tribunaux administratifs
Les chambres territoriales ont acquis le pouvoir de cassation suprême

La Cour des comptes est devenue seule compétente en premier ressort

Explication

La réforme du 23 mars 2022 a presque supprimé les attributions juridictionnelles des chambres régionales et territoriales des comptes et a confié à la Cour des comptes le premier ressort. Elle n’a pas attribué à ces chambres une compétence générale d’appel ou de cassation.

23. Quelle compétence contentieuse le CNESER exerce-t-il à l’égard des enseignants-chercheurs et des enseignants ?

Il juge en premier ressort les recours contre les refus d’asile prononcés par l’OFPRA
Il examine les appels dirigés contre les décisions des juridictions ordinales
Il juge en appel les décisions disciplinaires prises par les sections disciplinaires des universités
Il contrôle les comptes des établissements universitaires et sanctionne leurs gestionnaires

Il juge en appel les décisions disciplinaires prises par les sections disciplinaires des universités

Explication

Le CNESER exerce une mission consultative et juge en appel les décisions disciplinaires universitaires concernant les enseignants-chercheurs et les enseignants. Les recours des étudiants contre les sanctions disciplinaires relèvent directement du tribunal administratif depuis 2020.

24. Quelle sanction prononcée par une juridiction ordinale laisse subsister l’inscription du professionnel à son ordre ?

Le retrait permanent du titre professionnel
L’interdiction temporaire d’exercer
La radiation définitive de l’ordre
La suppression de toute mesure disciplinaire

L’interdiction temporaire d’exercer

Explication

L’interdiction temporaire suspend l’exercice professionnel pendant une période donnée, mais l’intéressé reste inscrit à l’ordre. La radiation définitive, elle, supprime cette inscription et met fin à l’appartenance ordinale.

25. Quels recours relèvent de la compétence de la Cour nationale du droit d’asile ?

Les recours contre les jugements financiers rendus par la Cour des comptes
Les recours contre certaines décisions de l’OFPRA concernant l’asile et la protection
Les recours contre toutes les décisions disciplinaires des universités
Les recours contre les sanctions prononcées par les ordres professionnels

Les recours contre certaines décisions de l’OFPRA concernant l’asile et la protection

Explication

La CNDA est une juridiction administrative spécialisée qui examine les recours contre les décisions de l’OFPRA refusant l’asile ou la protection subsidiaire, ou retirant le statut de réfugié. Les autres contentieux mentionnés relèvent d’autorités ou de juridictions différentes.

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Qu'est-ce que la juridiction administrative ?

Un ordre juridictionnel spécialisé pour encadrer l'administration et régler les litiges administratifs.

Pourquoi le rapport entre l'État et les administrés est-il inégalitaire ?

À cause des pouvoirs comme la levée des impôts et la fixation des limitations de vitesse.

Quelle justification donne-t-on à la puissance de l'État ?

L'accomplissement d'une mission d'intérêt général.

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