QCM : Introduction au droit administratif — 19 questions

Questions et réponses du QCM

1. Quel ensemble de rapports le droit administratif régit-il principalement ?

Les échanges économiques internationaux et les contrats conclus entre entreprises
L’activité administrative, les personnes publiques et leurs rapports avec les personnes privées
L’organisation des juridictions judiciaires et leurs rapports avec le Parlement
Les relations familiales, commerciales et pénales entre les personnes privées

L’activité administrative, les personnes publiques et leurs rapports avec les personnes privées

Explication

Le droit administratif encadre l’activité de l’administration et des personnes publiques, ainsi que leurs relations avec les personnes privées, sous le contrôle du juge administratif. Le droit civil concerne plutôt les relations privées, tandis que l’organisation des pouvoirs publics relève notamment du droit constitutionnel.

2. Quelle distinction caractérise le droit administratif par rapport aux autres branches générales du droit ?

Il constitue une branche particulière du droit pénal et du droit commercial
Il se distingue notamment du droit privé, du droit civil et du droit constitutionnel
Il relève principalement des règles constitutionnelles applicables aux élections
Il se confond avec le droit civil dès qu’une personne publique intervient

Il se distingue notamment du droit privé, du droit civil et du droit constitutionnel

Explication

Le droit administratif forme une branche distincte, notamment par rapport au droit privé, au droit civil et au droit constitutionnel. La présence d’une personne publique ne transforme pas automatiquement une situation en rapport de droit civil ou de droit constitutionnel.

3. Selon la distinction de principe fondée sur la séparation des pouvoirs, quelle matière relève du droit constitutionnel ?

La conclusion d’un contrat administratif avec une entreprise privée
L’action politique du gouvernement dans la conduite des affaires de l’État
La gestion courante d’un service public par une administration
Le contrôle d’une décision individuelle prise par une préfecture

L’action politique du gouvernement dans la conduite des affaires de l’État

Explication

Le droit constitutionnel régit l’action politique du gouvernement, tandis que le droit administratif encadre son activité purement administrative. Les actes de gestion et les décisions administratives relèvent donc de l’autre domaine.

4. Quel est le régime traditionnel des actes de gouvernement concernant la diplomatie ou les rapports entre pouvoirs publics ?

Ils échappent traditionnellement au contrôle du juge administratif
Ils sont soumis au juge administratif après approbation par une juridiction judiciaire
Ils sont annulés par le juge administratif dès qu’ils produisent un effet politique
Ils sont contrôlés par le juge administratif selon les règles du droit civil

Ils échappent traditionnellement au contrôle du juge administratif

Explication

Les actes de gouvernement liés notamment à la diplomatie ou aux rapports entre pouvoirs publics échappent traditionnellement au contrôle du juge administratif. Leur dimension politique les distingue des actes administratifs ordinaires susceptibles d’être contestés devant ce juge.

5. Dans quel cas une personne privée peut-elle relever du droit administratif ?

Lorsqu’elle agit comme salariée d’une entreprise dépourvue de mission publique
Lorsqu’elle exerce une activité commerciale sans mission de service public
Lorsqu’elle conclut un contrat familial avec une autre personne privée
Lorsqu’elle est chargée de gérer un service public

Lorsqu’elle est chargée de gérer un service public

Explication

Une personne privée chargée de gérer un service public peut être soumise à certaines règles du droit administratif. Une activité purement privée ou commerciale, sans mission de service public, relève en principe du droit privé.

6. Quel droit s’applique plutôt lorsqu’une personne publique accomplit un acte purement privé ?

Le droit administratif, car toute activité d’une personne publique est administrative
Le droit privé, car la nature de l’acte prime alors la qualité de son auteur
Le droit constitutionnel, car l’acte est accompli par une autorité publique
Le droit pénal, car toute décision publique comporte une responsabilité pénale

Le droit privé, car la nature de l’acte prime alors la qualité de son auteur

Explication

Lorsqu’une personne publique accomplit un acte purement privé, le droit privé s’applique plutôt que le droit administratif. La qualité publique de l’auteur ne suffit donc pas à soumettre toute son activité au droit administratif.

7. Quelle décision a consacré la catégorie des services publics industriels et commerciaux, plus largement soumis au droit privé ?

Une décision du Conseil d’État portant sur les actes détachables
Une décision constitutionnelle consacrant la séparation des pouvoirs
La décision du Tribunal des conflits du 22 janvier 1961, dite du Bac d’Eloka
L’arrêt Brouan de 2002 relatif à l’organisation interne du Conseil constitutionnel

La décision du Tribunal des conflits du 22 janvier 1961, dite du Bac d’Eloka

Explication

La décision du Bac d’Eloka, rendue par le Tribunal des conflits le 22 janvier 1961, a consacré la catégorie des services publics industriels et commerciaux. Ces services sont plus largement soumis au droit privé que les services publics administratifs.

8. Quelle opposition caractérise les écoles de Léon Duguit et de Maurice Hauriou concernant le droit administratif ?

Duguit rattache le droit administratif au Code civil, tandis que Hauriou le rattache au droit pénal
Duguit privilégie le but de service public, tandis que Hauriou privilégie les moyens de puissance publique
Duguit distingue les juridictions, tandis que Hauriou distingue les personnes publiques
Duguit privilégie les moyens de puissance publique, tandis que Hauriou privilégie le but de service public

Duguit privilégie le but de service public, tandis que Hauriou privilégie les moyens de puissance publique

Explication

L’école du service public de Léon Duguit fait du service public le critère d’application du droit administratif, tandis que Maurice Hauriou insiste sur les prérogatives et méthodes de puissance publique. La confusion fréquente consiste à attribuer à l’école de Bordeaux la priorité donnée aux moyens, alors qu’elle privilégie le but de service public.

9. Dans quelle situation le droit administratif a-t-il vocation à régir une activité ?

Lorsqu’elle constitue un service public exercé au moyen de prérogatives de puissance publique
Lorsqu’elle présente un intérêt collectif sans comporter de prérogatives particulières
Lorsqu’elle concerne une relation entre particuliers soumise aux règles civiles
Lorsqu’elle est accomplie par une personne publique dans un secteur économique quelconque

Lorsqu’elle constitue un service public exercé au moyen de prérogatives de puissance publique

Explication

Le droit administratif régit les activités de service public mises en œuvre grâce à des prérogatives de puissance publique indisponibles pour les personnes privées. Une activité administrative ou d’intérêt collectif ne relève donc pas automatiquement de ce droit si ces éléments ne sont pas réunis.

10. Pourquoi l’arrêt Blanco du 8 février 1873 est-il traditionnellement considéré comme essentiel pour le droit administratif ?

Il a transféré au Code civil les litiges relatifs aux services publics
Il a confié au Conseil constitutionnel le jugement des litiges administratifs
Il a supprimé la responsabilité de l’État dans le fonctionnement des services publics
Il est présenté comme marquant l’autonomie du droit administratif

Il est présenté comme marquant l’autonomie du droit administratif

Explication

L’arrêt Blanco du Tribunal des conflits est traditionnellement présenté comme le point de départ de l’autonomie du droit administratif. Il ne soumet pas la responsabilité de l’État au Code civil, mais affirme l’existence de règles spéciales adaptées au service public.

11. Lorsqu’un dommage est causé par le fonctionnement d’un service public, quelle règle découle de l’arrêt Blanco ?

La responsabilité de l’État dépend de la nature commerciale du service public concerné
La responsabilité de l’État est examinée par le juge judiciaire en raison du principe d’égalité
La responsabilité de l’État relève des mêmes règles civiles que celles applicables entre particuliers
La responsabilité de l’État relève de règles spéciales plutôt que des règles civiles applicables aux particuliers

La responsabilité de l’État relève de règles spéciales plutôt que des règles civiles applicables aux particuliers

Explication

L’arrêt Blanco affirme que la responsabilité de l’État liée au fonctionnement d’un service public obéit à des règles spéciales, distinctes du Code civil applicable aux rapports entre particuliers. Le simple fait qu’un dommage soit en cause ne suffit donc pas à attribuer le litige au juge judiciaire.

12. Quelle reconnaissance le Conseil constitutionnel a-t-il formulée le 22 juillet 1980 ?

La soumission de la responsabilité administrative aux règles du Code civil
L’indépendance de la juridiction administrative comme principe à valeur constitutionnelle
La compétence du Tribunal des conflits pour annuler les actes administratifs
La création du Conseil d’État comme juridiction constitutionnelle spécialisée

L’indépendance de la juridiction administrative comme principe à valeur constitutionnelle

Explication

Le 22 juillet 1980, le Conseil constitutionnel a reconnu l’indépendance de la juridiction administrative comme principe à valeur constitutionnelle. Cette décision ne concerne ni la création du Conseil d’État ni la compétence générale du Tribunal des conflits.

13. Quelle compétence juridictionnelle le Conseil constitutionnel a-t-il reconnue le 23 janvier 1987 ?

L’annulation des décisions administratives prises avec des prérogatives de puissance publique relève de la juridiction administrative
Le jugement de toute responsabilité de l’État relève du juge judiciaire selon le Code civil
L’examen des actes administratifs sans prérogative relève automatiquement du Tribunal des conflits
La résolution des conflits entre les deux ordres de juridiction relève directement du Conseil constitutionnel

L’annulation des décisions administratives prises avec des prérogatives de puissance publique relève de la juridiction administrative

Explication

Le 23 janvier 1987, le Conseil constitutionnel a reconnu que l’annulation des décisions prises par les autorités administratives dans l’exercice de prérogatives de puissance publique appartient à la juridiction administrative. Cette compétence ne doit pas être confondue avec le règlement des conflits entre ordres de juridiction, qui relève du Tribunal des conflits.

14. Quelle institution la loi du 24 mai 1872 a-t-elle créée ?

La juridiction administrative suprême, tout en supprimant le Tribunal des conflits
Le Tribunal des conflits, tout en conférant la justice déléguée au Conseil d’État
Le Tribunal administratif, tout en réservant les litiges civils au Conseil d’État
Le Conseil constitutionnel, tout en conférant la justice déléguée au juge judiciaire

Le Tribunal des conflits, tout en conférant la justice déléguée au Conseil d’État

Explication

La loi du 24 mai 1872 a créé le Tribunal des conflits et a conféré au Conseil d’État la justice déléguée. Le Tribunal des conflits ne remplace pas le Conseil d’État : il intervient principalement pour résoudre les difficultés de compétence.

15. Quelle est la fonction principale du Tribunal des conflits ?

Juger directement le fond de tous les litiges relevant de l’administration
Trancher les litiges relatifs à la compétence entre les ordres de juridiction
Élaborer les règles spéciales applicables à la responsabilité de l’État
Annuler les décisions administratives prises avec puissance publique

Trancher les litiges relatifs à la compétence entre les ordres de juridiction

Explication

Le Tribunal des conflits est chargé notamment de déterminer quel ordre de juridiction, judiciaire ou administratif, est compétent pour connaître d’un litige. Il ne statue donc pas en principe sur le fond de l’affaire, rôle qui revient à la juridiction compétente.

16. Pourquoi le droit administratif est-il qualifié de droit prétorien ?

Il repose surtout sur les usages professionnels des agents publics.
Il résulte principalement des décisions rendues par les juridictions judiciaires.
Il est principalement codifié dans des textes adoptés par le Parlement.
Il est largement construit par les décisions du juge administratif, notamment celles du Conseil d’État.

Il est largement construit par les décisions du juge administratif, notamment celles du Conseil d’État.

Explication

Le droit administratif est dit prétorien parce que les décisions du juge administratif, en particulier celles du Conseil d’État, en ont largement élaboré les règles. La codification parlementaire ne constitue donc pas sa source principale.

17. Une seule décision d’une juridiction administrative peut-elle contribuer à établir une règle jurisprudentielle ?

Non, car seules les dispositions législatives peuvent établir une règle applicable aux litiges.
Oui, lorsque la décision reprend une règle déjà répétée par plusieurs juridictions.
Oui, lorsqu’elle fixe une règle nouvelle, notamment dans un arrêt d’assemblée.
Non, car une règle jurisprudentielle exige toujours une série de décisions concordantes.

Oui, lorsqu’elle fixe une règle nouvelle, notamment dans un arrêt d’assemblée.

Explication

Une décision unique peut suffire si elle fixe une règle, notamment lorsqu’elle est rendue par une formation solennelle comme l’assemblée. L’idée selon laquelle la jurisprudence suppose toujours une répétition de décisions correspond à une conception trop stricte.

18. Pourquoi le droit administratif est-il traditionnellement présenté comme un droit de l’inégalité ?

Il réserve les garanties juridiques aux autorités chargées de défendre l’intérêt général.
Il protège les administrés en supprimant les pouvoirs particuliers dont dispose l’administration.
Il impose aux administrés des obligations identiques à celles qui pèsent sur l’administration.
Il accorde des avantages à l’administration tout en développant des garanties pour les administrés.

Il accorde des avantages à l’administration tout en développant des garanties pour les administrés.

Explication

Le droit administratif organise une relation inégale en accordant traditionnellement certains avantages à l’administration, tout en prévoyant des garanties pour les administrés. Il ne supprime donc pas les pouvoirs administratifs et ne réserve pas les protections aux autorités publiques.

19. Dans quelle situation le juge administratif peut-il accepter une différence de traitement entre l’administration et les administrés ?

Lorsque cette différence permet à l’administration d’écarter toute règle protectrice des citoyens.
Lorsque cette différence est justifiée par le rôle particulier de l’administration dans la poursuite de l’intérêt général.
Lorsque cette différence résulte d’une préférence accordée aux agents publics dans leurs relations privées.
Lorsque cette différence est fondée sur la supériorité juridique générale de toute personne publique.

Lorsque cette différence est justifiée par le rôle particulier de l’administration dans la poursuite de l’intérêt général.

Explication

Le juge administratif peut maintenir une inégalité lorsqu’elle se justifie par le rôle de l’administration. Cette possibilité n’empêche pas le juge d’imposer aussi à l’administration des règles plus lourdes ou des principes protecteurs.

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Qu'est-ce que le droit administratif ?

L'ensemble des règles juridiques régissant l'administration et ses rapports.

Quels acteurs régit le droit administratif ?

L'administration, les personnes publiques et leurs rapports avec les personnes privées.

Quel contrôle s'exerce sur le droit administratif ?

Le contrôle de la juridiction administrative.

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