QCM : Introduction au droit administratif — 22 questions

Questions et réponses du QCM

1. Comment le droit administratif se définit-il par rapport au droit commun ?

Comme une branche regroupant les règles pénales applicables aux agents publics
Comme un système dépourvu de règles applicables à l’administration
Comme un ensemble de règles civiles régissant les relations entre particuliers
Comme un ensemble de règles spéciales régissant l’activité administrative

Comme un ensemble de règles spéciales régissant l’activité administrative

Explication

Le droit administratif comprend des règles spéciales adaptées à l’activité administrative et dérogatoires au droit commun, notamment au droit civil. Il ne s’agit donc ni d’un droit civil appliqué à l’administration ni d’un système dépourvu de règles et de contrôles.

2. Quelle idée permet de comprendre la formation du droit administratif selon Édouard Lafferrière et Benoît Plessix ?

La rencontre entre l’idée de droit et l’idée d’administration
La priorité historique du droit civil sur les règles administratives
La substitution du pouvoir judiciaire à l’autorité administrative
La séparation entre la puissance publique et les relations privées

La rencontre entre l’idée de droit et l’idée d’administration

Explication

Lafferrière et Plessix présentent le droit administratif comme le résultat de la rencontre entre l’idée de droit et celle d’administration. Cette conception ne repose donc pas sur la primauté du droit civil ni sur le remplacement de l’administration par le juge judiciaire.

3. Quel principe la loi des 16 et 24 août 1790 consacre-t-elle en matière de répartition des compétences ?

La compétence générale du Conseil d’État en matière civile
La subordination des autorités administratives aux tribunaux judiciaires
La possibilité pour les tribunaux judiciaires de juger les actes administratifs
La séparation des autorités administratives et judiciaires

La séparation des autorités administratives et judiciaires

Explication

La loi des 16 et 24 août 1790 interdit aux tribunaux judiciaires de connaître des affaires administratives et sépare les deux autorités. Elle n’attribue donc pas au juge judiciaire une compétence générale sur l’administration.

4. Quelle différence distingue la justice retenue de la justice déléguée ?

La justice retenue est postérieure à 1872, tandis que la justice déléguée appartient à la période révolutionnaire
La justice retenue dépend de l’administration, tandis que la justice déléguée repose sur un juge administratif indépendant
La justice retenue concerne les particuliers, tandis que la justice déléguée concerne les contrats administratifs
La justice retenue relève du juge judiciaire, tandis que la justice déléguée dépend d’une autorité ministérielle

La justice retenue dépend de l’administration, tandis que la justice déléguée repose sur un juge administratif indépendant

Explication

Dans le système de justice retenue, l’administration se jugeait elle-même par la voie hiérarchique, alors que la justice déléguée confie le jugement à une juridiction administrative indépendante. La distinction porte donc sur l’indépendance du juge et non sur la nature des justiciables ou des contrats.

5. Quel événement juridique intervient le 24 mai 1872 ?

L’interdiction faite aux tribunaux judiciaires de connaître des affaires administratives
La reconnaissance de l’arrêt Cadot comme fondement du recours direct au Conseil d’État
L’instauration de la justice administrative déléguée et l’affirmation du Conseil d’État comme juge suprême indépendant
La création du service public industriel et commercial par le Tribunal des conflits

L’instauration de la justice administrative déléguée et l’affirmation du Conseil d’État comme juge suprême indépendant

Explication

Le 24 mai 1872 marque l’instauration de la justice administrative déléguée et l’indépendance du Conseil d’État comme juge suprême de l’ordre administratif. La séparation de 1790, l’arrêt Cadot et la distinction des services publics correspondent à d’autres étapes historiques.

6. Quel effet l’arrêt Cadot du 13 décembre 1889 produit-il sur le contentieux administratif ?

Il fait du Conseil d’État le juge de droit commun directement saisi par les justiciables
Il confie les litiges administratifs aux tribunaux judiciaires après un recours hiérarchique
Il réserve au ministre le jugement initial des affaires avant toute intervention juridictionnelle
Il rétablit la justice retenue en soumettant les décisions du Conseil d’État à l’administration

Il fait du Conseil d’État le juge de droit commun directement saisi par les justiciables

Explication

L’arrêt Cadot fait du Conseil d’État le juge de droit commun du contentieux administratif et permet sa saisine directe par les justiciables. Il met donc fin au mécanisme qui exigeait une saisine préalable de l’administration.

7. Quelle règle l’arrêt Blanco du 8 février 1873 établit-il concernant la responsabilité de l’État ?

Elle dépend de la faute personnelle de l’agent et relève du juge pénal
Elle obéit à des règles spéciales et relève de la juridiction administrative lorsqu’un service public est en cause
Elle relève des règles ordinaires du Code civil et appartient aux tribunaux judiciaires
Elle est fixée par les règles contractuelles applicables aux relations entre particuliers

Elle obéit à des règles spéciales et relève de la juridiction administrative lorsqu’un service public est en cause

Explication

L’arrêt Blanco affirme que la responsabilité de l’État causée par un service public obéit à des règles spéciales et relève de la juridiction administrative. La responsabilité administrative ne se confond donc pas avec la responsabilité civile ordinaire entre particuliers.

8. Pourquoi l’arrêt Blanco refuse-t-il de considérer la responsabilité de l’État comme générale et absolue ?

Parce qu’elle varie selon les besoins du service et l’équilibre entre droits de l’État et droits privés
Parce qu’elle dépend du montant du dommage et de la situation financière de la victime
Parce qu’elle s’applique selon les mêmes critères à tous les services et à tous les litiges
Parce qu’elle est déterminée par les règles pénales applicables aux agents publics

Parce qu’elle varie selon les besoins du service et l’équilibre entre droits de l’État et droits privés

Explication

Blanco précise que la responsabilité de l’État doit être adaptée aux besoins du service et conciliée avec les droits privés. Elle ne suit donc pas un régime uniforme identique pour toutes les situations administratives.

9. Quelle conséquence la distinction entre services publics administratifs et services publics industriels et commerciaux entraîne-t-elle en principe ?

Tous les services publics relèvent du droit administratif et du juge administratif
Les services publics industriels et commerciaux relèvent du droit pénal et du juge répressif
Les services publics administratifs relèvent du droit privé et du juge judiciaire
Les services publics industriels et commerciaux relèvent du droit privé et du juge judiciaire

Les services publics industriels et commerciaux relèvent du droit privé et du juge judiciaire

Explication

Le service public n’est plus un critère absolu de compétence administrative, car les services publics industriels et commerciaux relèvent en principe du droit privé et du juge judiciaire. Cette distinction limite donc la portée automatique du critère du service public.

10. Pourquoi le droit administratif est-il principalement qualifié de jurisprudentiel ?

Parce que le droit de l’Union européenne impose une codification complète des règles administratives
Parce que le juge administratif en a construit les principes et les règles au fil des décisions
Parce que la doctrine adopte directement les normes applicables aux autorités administratives
Parce qu’un code central en rassemble les règles depuis la création des juridictions administratives

Parce que le juge administratif en a construit les principes et les règles au fil des décisions

Explication

Le juge administratif a progressivement élaboré les concepts, principes et règles du droit administratif dans ses décisions. La présence de plusieurs codes administratifs ne signifie pas qu’un code central rassemble toute cette matière.

11. Lequel de ces ensembles correspond aux principaux codes administratifs adoptés depuis 1996 ?

Le Code civil et le Code de commerce appliqués aux autorités administratives
Le Code pénal et le Code de procédure pénale consacrés aux services publics
Le Code de justice administrative et le Code des relations entre le public et l’administration
Le Code électoral et le Code du travail réunis dans un code administratif général

Le Code de justice administrative et le Code des relations entre le public et l’administration

Explication

Le Code de justice administrative et le Code des relations entre le public et l’administration figurent parmi les principaux codes administratifs adoptés depuis 1996. Les autres ensembles cités ne correspondent pas à cette catégorie de codification administrative.

12. Dans quelle situation une personne privée peut-elle relever du droit administratif ?

Lorsqu’elle possède un patrimoine distinct de celui d’une collectivité publique
Lorsqu’elle gère un service public ou exerce des prérogatives de puissance publique
Lorsqu’elle exerce une activité commerciale sans lien avec une mission d’intérêt général
Lorsqu’elle conclut un contrat de travail soumis aux règles ordinaires du secteur privé

Lorsqu’elle gère un service public ou exerce des prérogatives de puissance publique

Explication

Une personne privée peut être soumise au droit administratif lorsqu’elle participe à un service public ou dispose de prérogatives de puissance publique. Une activité commerciale privée dépourvue de ces éléments ne suffit pas à entraîner cette application.

13. Pourquoi une personne publique peut-elle être soumise au droit privé ?

Parce que ses contrats avec des particuliers deviennent des actes administratifs par leur seule existence
Parce que toute activité économique relève automatiquement de la juridiction administrative
Parce que son statut public entraîne l’application du droit administratif dans chaque activité
Parce qu’elle peut agir dans des conditions comparables à celles d’une personne privée

Parce qu’elle peut agir dans des conditions comparables à celles d’une personne privée

Explication

Lorsqu’une personne publique agit comme une personne privée, son activité peut relever du droit privé et du juge judiciaire. Le statut public de l’organisme ne suffit donc pas à déterminer le droit applicable.

14. Quelles sont les deux grandes finalités traditionnellement associées au droit administratif ?

La décentralisation associée à Duguit et la responsabilité administrative associée à Hauriou
Le service public associé à Duguit et la puissance publique associée à Hauriou
La sécurité juridique associée à Duguit et la codification associée à Hauriou
La propriété publique associée à Duguit et la police administrative associée à Hauriou

Le service public associé à Duguit et la puissance publique associée à Hauriou

Explication

Léon Duguit associe le droit administratif à la finalité de service public, tandis que Maurice Hauriou met l’accent sur la puissance publique. Les autres couples ne correspondent pas à cette opposition doctrinale fondamentale.

15. Quel élément appartient à la définition juridique de l’ordre public ?

La centralisation, la déconcentration, la tutelle, l’autonomie et la représentation
La tranquillité, la salubrité, la sécurité, la dignité et la moralité
La propriété, le contrat, la succession, le commerce et la responsabilité
La rentabilité, la concurrence, la productivité, la croissance et l’innovation

La tranquillité, la salubrité, la sécurité, la dignité et la moralité

Explication

L’ordre public comprend les exigences de tranquillité, de salubrité et de sécurité, auxquelles s’ajoutent la dignité et la moralité. Les autres listes renvoient à des notions économiques, civiles ou institutionnelles étrangères à cette définition.

16. Quelle distinction oppose les conceptions volontariste et utilitariste de l’intérêt général ?

La conception volontariste le rattache aux besoins sociaux, tandis que l’utilitarisme le fait dépendre de l’autorité de l’État
La conception volontariste le fait dépendre de l’État, tandis que l’utilitarisme le rattache aux besoins de la population
La conception volontariste le fonde sur les services publics, tandis que l’utilitarisme le fonde sur les prérogatives administratives
La conception volontariste le définit par les libertés individuelles, tandis que l’utilitarisme le déduit des décisions juridictionnelles

La conception volontariste le fait dépendre de l’État, tandis que l’utilitarisme le rattache aux besoins de la population

Explication

La conception volontariste considère que l’État détermine l’intérêt général, alors que la conception utilitariste le rattache aux besoins de la population. La deuxième proposition inverse précisément ces deux approches.

17. Quelle caractéristique distingue l’acte administratif unilatéral du contrat administratif ?

Il repose sur un échange réciproque d’engagements juridiques
Il suppose une négociation entre plusieurs parties publiques
Il impose une décision sans accord préalable du destinataire
Il nécessite l’autorisation préalable d’un juge administratif

Il impose une décision sans accord préalable du destinataire

Explication

L’acte administratif unilatéral permet à l’administration d’imposer une décision sans recueillir le consentement de son destinataire ni obtenir l’intervention préalable du juge. Le contrat administratif repose au contraire sur un accord de volontés entre les parties.

18. Dans quelle condition l’administration peut-elle exercer un pouvoir exorbitant ?

Lorsqu’il répond à une préférence politique de ses agents
Lorsqu’il découle automatiquement de sa mission générale
Lorsqu’il est prévu et justifié par le droit applicable
Lorsqu’il est accepté implicitement par les administrés concernés

Lorsqu’il est prévu et justifié par le droit applicable

Explication

Un pouvoir exorbitant n’est légitime que s’il est prévu et justifié par le droit, car l’administration reste soumise au principe de légalité. Sa mission générale ne suffit pas à autoriser une décision arbitraire.

19. Comment le droit administratif combine-t-il contrainte et limitation de l’administration ?

Il protège l’intérêt général en supprimant les pouvoirs de l’administration
Il confie la préservation de l’ordre public aux seuls tribunaux
Il privilégie la liberté administrative en écartant les contrôles juridiques
Il lui donne des moyens d’action tout en encadrant leur exercice

Il lui donne des moyens d’action tout en encadrant leur exercice

Explication

Le droit administratif est un droit de contrainte lorsqu’il fournit à l’administration les moyens de préserver l’ordre public et l’intérêt général, mais aussi un droit sous contrainte lorsqu’il limite son action. Les autres réponses suppriment l’un de ces deux aspects complémentaires.

20. Quels principes protègent notamment l’administré en tant qu’usager d’un service public ?

L’égalité des usagers et la continuité du service
La saisine d’un juge et l’octroi d’une indemnisation
La hiérarchie des normes et la responsabilité des agents
La transparence administrative et la participation citoyenne

L’égalité des usagers et la continuité du service

Explication

Le statut d’usager protège notamment par les lois du service public, à travers les principes d’égalité et de continuité. La saisine d’un juge relève plutôt du recours juridictionnel, qui constitue une autre forme de protection.

21. Quelle démarche permet à un administré de faire contrôler l’action administrative par un juge ?

Contester la décision devant la juridiction compétente
Invoquer son statut d’usager auprès du service concerné
Demander une participation accrue aux procédures administratives
Se prévaloir de la continuité du service public fourni

Contester la décision devant la juridiction compétente

Explication

L’administré peut contester l’action administrative devant le juge, invoquer des normes ou l’intérêt général, et obtenir éventuellement une indemnisation en cas de dommage. Le statut d’usager protège par les principes du service public, mais ne remplace pas le recours devant une juridiction.

22. Que désigne la citoyenneté administrative ?

Le droit de diriger les services publics auxquels on a recours
La possibilité de faire valoir des droits à l’information et à la participation
La capacité de remplacer les normes juridiques par des revendications collectives
La faculté d’obtenir automatiquement réparation de tout dommage administratif

La possibilité de faire valoir des droits à l’information et à la participation

Explication

La citoyenneté administrative permet à l’administré de faire valoir auprès de l’administration des droits à l’information, à la transparence et à la participation. Elle ne confère ni la direction des services publics ni une indemnisation automatique.

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Qu'est-ce que le droit administratif ?

L'ensemble des règles spéciales régissant l'activité administrative et dérogeant au droit commun.

À quoi sert le droit administratif français ?

À accompagner l'exercice de la puissance publique.

Comment Edouard Lafferrière et Benoît Plessix définissent-ils le droit administratif ?

Comme la rencontre entre l'idée de droit et l'idée d'administration.

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