Fiche de révision : Introduction au droit constitutionnel

Plan du Cours

  1. Définir la règle de droit
  2. Droit constitutionnel et interprétation
  3. État, souveraineté et contrats sociaux
  4. État unitaire et adaptations territoriales
  5. État fédéral et confédération
  6. Compromis et compétences fédérales
  7. Union européenne et État régional
  8. Justifications du régime représentatif
  9. Crise de légitimité représentative
  10. Décision et délibération citoyennes
  11. Quotas et égalité électorale
  12. Scrutins et représentativité politique
  13. Évolutions de la constitution moderne
  14. Séparation et balance des pouvoirs
  15. Organes et régimes politiques
  16. Évolution des régimes parlementaires français
  17. Contrôle de constitutionnalité comparé
  18. Controverses sur la justice constitutionnelle

Repères chronologiques

  1. 1787La Constitution fédérale américaine fonde l’État fédéral après l’insuffisance des Articles de la Confédération.
  2. 1819Dans l’arrêt McCulloch v. Maryland, la Cour suprême juge que le Congrès peut adopter toutes les mesures « nécessaires et appropriées » à l’exercice de ses compétences.
  3. 1848La Suisse devient un État fédéral avec l’adoption de sa Constitution, après avoir été la Confédération des XXII.
  4. 10 août 1871La loi reconnaît une compétence générale la loi du 5 avril 1884 aux départements et la loi du 5 avril 1884 aux communes pour gérer les affaires de leur territoire, tout en maintenant leurs décisions sous la tutelle du préfet.
  5. 1973L’arrêt Roe v. Wade rattache le droit à l’avortement à la Constitution fédérale au nom du droit à la vie privée, retirant cette compétence aux États.
  6. 2 mars 1982La loi Defferre donne un véritable pouvoir de décision aux collectivités territoriales, supprime la tutelle administrative du préfet et remplace le contrôle d’opportunité par le contrôle de légalité, exercé par saisine du juge en cas d’illégalité.
  7. 28 mars 2003La révision constitutionnelle inscrit à l’article 1er que l’organisation de la République française est décentralisée.
  8. 201471 communes ne présentent aucun candidat et le préfet y nomme une délégation spéciale chargée de gérer les affaires courantes
  9. 2018le mouvement des Gilets jaunes remet en cause la légitimité des institutions représentatives et fait émerger une forte demande de participation citoyenne
  10. 2022L’arrêt Dobbs v. Jackson renverse Roe v. Wade : la Constitution ne garantit pas le droit à l’avortement, qui revient désormais aux États ou au Congrès.

1. Définir la règle de droit

Notions clés & Définitions

  • Soft law : La soft law, ou droit souple, désigne des normes incitatives plutôt que prescriptives, comme les campagnes publiques de prévention du tabagisme ou de la sécurité routière.
  • Droit positif : Ensemble des règles édictées par une autorité humaine et applicables dans un ordre juridique déterminé.
  • Validité juridique : La validité juridique d’une règle dépend de sa conformité aux règles qui lui sont supérieures dans un système hiérarchisé.

★ À maîtriser

  • Une norme exprime ce qui doit être, tandis qu’une proposition descriptive énonce ce qui est et peut être vraie ou fausse.

  • Une sanction juridique peut être punitive, réparatrice ou positive, et désigne toute conséquence liée au respect ou à la violation d’une règle de droit.

  • Les critères matériels de normativité et de sanction ne distinguent pas toujours le droit des règles morales ou religieuses, qui peuvent également être prescriptives et sanctionnées.

  • Dans la hiérarchie présentée par Kelsen, la Constitution est supérieure aux lois organiques, elles-mêmes supérieures aux lois, qui sont supérieures aux règlements et décrets. - Hans Kelsen

Compléments

📌 Les jusnaturalistes distinguent le droit positif des règles universelles ou naturelles, tandis que le positivisme juridique se concentre sur le droit positif produit par une autorité humaine.

📌 La conception statique de la validité vérifie la conformité du contenu de la norme inférieure à la norme supérieure, tandis que la conception dynamique vérifie le respect des conditions de production fixées par la norme supérieure.

  • L’existence potentielle d’une sanction suffit à qualifier un énoncé de règle de droit.

  • La Constitution fonde la validité des autres normes et encadre la production du droit dans un système normatif hiérarchisé et autoréférentiel.

  • « Tous les enfants de plus de 3 ans doivent aller à l’école » est une norme, tandis que « Tous les enfants de plus de 3 ans vont à l’école » est une proposition descriptive.

Astuce mémo

Norme : devoir ; proposition : description vraie ou fausse.

2. Droit constitutionnel et interprétation

Notions clés & Définitions

  • Droit constitutionnel : Marcel Prélot - Le droit constitutionnel est l’ensemble des règles juridiques relatives aux institutions grâce auxquelles l’autorité s’établit, se transmet ou s’exerce dans l’État.
  • Constitutionnalisation du droit : La constitutionnalisation du droit désigne la pénétration de dispositions constitutionnelles dans d’autres branches du droit, comme l’article 34 de la Constitution française en droit pénal.

★ À maîtriser

  • Le droit privé régit les rapports entre personnes privées placées sur un pied d’égalité juridique, tandis que le droit public régit notamment les relations où l’État intervient avec des prérogatives particulières au service de l’intérêt général.

  • La définition formelle de la Constitution vise les normes réunies dans un document adopté et révisé selon une procédure spécifique, tandis que sa définition matérielle vise les règles d’organisation et de fonctionnement de l’État.

  • L’interprète juridique doit présenter sa décision comme contrainte par la source du droit, tout en conservant une marge d’appréciation permettant d’autres interprétations.

  • Les sources écrites du droit constitutionnel français comprennent : la Constitution de 1958, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, le Préambule de la Constitution de 1946, la Charte de l’environnement de 2008, les lois organiques

  • L’approche formaliste définit le droit par ses formes et applique souvent un syllogisme composé d’une majeure juridique, d’une mineure factuelle et d’une conclusion.

Compléments

📌 François Gény défend l’ouverture de l’étude du droit aux sciences sociales et la reconnaissance de sources plurielles, tandis que le réalisme juridique insiste sur la liberté de l’interprète et le rôle des décisions de justice.

  • En France, l’ordre judiciaire, avec la Cour de cassation, applique le droit privé, tandis que l’ordre administratif, avec le Conseil d’État, applique le droit public.

  • Les sources non écrites du droit constitutionnel comprennent :

    • la jurisprudence constitutionnelle
    • les règles issues de la pratique
    • les coutumes constitutionnelles
    • les conventions de la Constitution
  • La juridictionnalisation du droit constitutionnel s’est renforcée après 1945, notamment pour contrôler les abus des gouvernants, et le Conseil constitutionnel vérifie la conformité des lois à la Constitution.

  • L’école de l’exégèse du XIXe siècle considère que le droit est entièrement contenu dans les textes, notamment dans le Code civil de 1804, et sacralise la loi comme expression de la volonté générale.

  • La Constitution française de 1958 illustre une Constitution formelle, tandis que les coutumes constitutionnelles peuvent être matériellement constitutionnelles sans figurer dans un texte constitutionnel unique.

3. État, souveraineté et contrats sociaux

Notions clés & Définitions

  • État : L’État est une personne morale de droit public, sujet de droits et d’obligations sans existence physique, qui agit par ses organes et sert de cadre à l’exercice du pouvoir politique.
  • Souveraineté : Carré de Malberg - La souveraineté est la puissance propre à l’État, qui ne relève d’aucun autre pouvoir et ne peut être égalée par aucun autre pouvoir dans la sphère de son autorité.
  • Volonté générale : La volonté générale exprime ce que les individus veulent en tant que membres de la collectivité et ne correspond pas à la somme des volontés particulières.

★ À maîtriser

  • La souveraineté externe désigne l’indépendance de l’État dans l’ordre international, tandis que la souveraineté interne signifie qu’aucun pouvoir présent sur son territoire ne peut remettre en cause son autorité.

  • La population comprend les personnes résidant sur le territoire, y compris les étrangers, tandis que le peuple désigne les nationaux liés à l’État par la nationalité.

  • La conception allemande de la nation repose sur des éléments culturels transmis comme la langue, l’histoire et les traditions, tandis que la conception française repose sur le vouloir-vivre collectif et le sentiment d’appartenance.

  • Chez Rousseau, chaque citoyen détient une fraction égale de l’autorité souveraine du corps politique et, en se soumettant à la loi dont les citoyens sont les auteurs, il se soumet à lui-même.

  • Le territoire de l’État comprend : une assise terrestre, un espace maritime où la souveraineté s’étend jusqu’à 12 milles marins des côtes, avec possibilité d’exploiter des ressources, un espace aérien

  • Chez Locke, le pacte social transfère une partie des droits et libertés au souverain afin qu’il garantisse la propriété privée, et le pouvoir du souverain reste limité par les droits naturels auxquels les individus ne peuvent renoncer.

  • Dans la théorie de Hobbes, les individus sortent de l’état de nature violent en concluant un pacte qui crée le Léviathan et lui transfère leurs droits en échange de la sécurité de leurs personnes et de leurs biens.

Compléments

  • La souveraineté étatique est inconditionnée, car elle n’est déléguée par personne et ne peut être retirée, et illimitée, car l’État peut se donner ses propres règles.

  • La reconnaissance internationale d’un État peut rester incomplète malgré la réunion des critères classiques de population, de territoire et de souveraineté, comme l’illustre la Palestine.

  • Kelsen juge tautologique la définition de l’État par la population, le territoire et la souveraineté, tandis que Burdeau la juge insuffisante parce que l’État transcende leur simple addition.

  • Jean Bodin caractérise la souveraineté comme :

    • indivisible
    • originaire
    • suprême
  • L’article 2 de la Charte des Nations Unies affirme le principe de l’égalité souveraine des États.

  • L’existence d’un État peut précéder la formation d’une nation, une nation peut être partagée entre plusieurs États et un État peut rassembler plusieurs nations.

4. État unitaire et adaptations territoriales

Notions clés & Définitions

  • État unitaire : L’État unitaire est une forme d’État indivisible où un seul souverain exerce son pouvoir sur l’ensemble du territoire, avec une seule population ou nation, une Constitution et des organes législatif et exécutif uniques.
  • Déconcentration : La déconcentration transfère certaines compétences à des relais locaux de l’État dépourvus de personnalité juridique propre, qui décident au nom de l’État sous l’autorité hiérarchique du pouvoir central.
  • Décentralisation : La décentralisation confie des compétences à des entités dotées d’une personnalité morale distincte, autonomes vis-à-vis du lien hiérarchique de l’État et soumises à son pouvoir de surveillance.
  • Principe de subsidiarité : Le principe de subsidiarité réserve à l’autorité centrale les missions que les collectivités ne peuvent pas assurer à leur échelle.
  • Libre administration : La libre administration garantit aux collectivités territoriales une autonomie réelle pour gérer leurs affaires locales et leurs territoires.

★ À maîtriser

📌 La décentralisation fonctionnelle confie une mission spécialisée à une personne morale qui n’est pas une collectivité territoriale, tandis que la décentralisation territoriale transfère des compétences aux communes, départements et régions.

  • La loi organique de 1999 autorise la Nouvelle-Calédonie à légiférer dans les domaines suivants :
    • les impôts
    • le droit du travail
    • la sécurité sociale
    • les régimes matrimoniaux et les successions
    • le droit de la propriété

Compléments

📌 La déconcentration et la décentralisation rapprochent toutes deux les décisions des besoins locaux, mais la décentralisation confère une autonomie plus forte aux entités concernées.

  • Dans l’État unitaire, le droit s’applique uniformément sur le territoire et la répartition des pouvoirs est horizontale entre les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire.

  • Le supérieur hiérarchique des entités déconcentrées peut leur adresser des instructions et annuler ou réformer directement leurs décisions.

  • Les entités déconcentrées comprennent notamment :

    • les préfets
    • les recteurs d’académie
    • les directions des finances publiques
    • les agences régionales de santé
  • La décentralisation fonctionnelle comprend notamment :

    • les universités
    • le CNRS
    • la SNCF
    • La Poste
  • Les collectivités territoriales disposent d’un pouvoir réglementaire inférieur à la loi et d’une autonomie financière, et l’État doit compenser financièrement les nouvelles missions qu’il leur confie.

Astuce mémo

Déconcentration : même personne morale ; décentralisation : personne morale distincte.

5. État fédéral et confédération

Notions clés & Définitions

  • État fédéral : L’État fédéral est un État composé qui concilie unité politique et diversité territoriale en accordant une autonomie particulière aux États fédérés.

★ À maîtriser

📌 La confédération est une association d’États souverains liée par un traité international, où les décisions communes sont prises à l’unanimité et exécutées par les États, chacun pouvant quitter librement l’association.

📌 Dans un État fédéral, plusieurs ordres juridiques coexistent, mais l’ordre fédéral est suprême et ses règles s’imposent à celles des États fédérés.

  • L’État fédéral repose sur l’autonomie des États fédérés et leur participation au pouvoir fédéral.

  • La Constitution fédérale fixe la répartition des compétences entre l’ordre fédéral et les ordres fédérés et peut énoncer des principes communs, comme le Bill of Rights aux États-Unis.

Compléments

📌 Lors du débat constituant américain de 1787, les fédéralistes défendent un État fédéral fort, tandis que les anti-fédéralistes veulent préserver la puissance des États fédérés.

  • Les États fédérés conservent leur Constitution, leur gouvernement et un ordre juridique complet, tandis que les citoyens relèvent à la fois de leur État fédéré et de l’État fédéral.

  • Le compromis constitutionnel américain de 1787 prévoit un Congrès bicaméral comme garantie institutionnelle aux anti-fédéralistes.

  • Après la déclaration d’indépendance du 4 juillet 1776, les treize colonies américaines adoptent les Articles de la Confédération en 1777, limités aux affaires internationales et à la défense.

Astuce mémo

Confédération : États souverains liés par traité ; fédération : ordre fédéral suprême.

6. Compromis et compétences fédérales

Notions clés & Définitions

  • Fédéralisme dualiste : Attribue à l’État fédéral et aux États fédérés des compétences exercées chacun dans leur domaine propre.

★ À maîtriser

📌 La Chambre des représentants représente les États selon leur poids démographique, tandis que le Sénat assure une représentation égalitaire en accordant le même nombre de sénateurs à chaque État.

📌 Selon le 10e amendement, les compétences non attribuées au gouvernement fédéral par la Constitution restent de la compétence des États et du peuple.

  • L’article I, section 8 attribue notamment au Congrès les compétences suivantes : lever l’impôt, réguler le commerce extérieur, réguler le commerce entre les États, financer l’armée, financer la marine

Compléments

  • Chaque État fédéré dispose de ses propres institutions :

    • un organe législatif
    • un gouvernement
    • un système judiciaire
  • L’arrêt McCulloch v. Maryland établit une interprétation souple de la Constitution qui ouvre la voie à l’extension des pouvoirs fédéraux.

Astuce mémo

Chambre des représentants : poids démographique ; Sénat : égalité des États.

7. Union européenne et État régional

Notions clés & Définitions

  • État régional : État unitaire décentralisé composé de régions autonomes mais non souveraines, dont le statut découle d’une reconnaissance constitutionnelle.
  • Souveraineté inaliénable : La souveraineté inaliénable ne peut être ni vendue, ni donnée, ni déléguée ; le peuple doit conserver le pouvoir de décider lui-même.

★ À maîtriser

  • L’Union européenne présente des traits fédéraux, notamment la primauté du droit de l’Union et le pouvoir de la CJUE d’annuler des décisions nationales, mais ses États membres restent souverains, conservent leur Constitution et peuvent quitter l’Union.

  • Pour Rousseau, la démocratie directe fait participer le peuple aux décisions politiques, tandis que le régime représentatif confie ces décisions à des élus.

  • Rousseau distingue la fonction législative, qui exprime la volonté générale et doit être exercée directement par le peuple, de la fonction exécutive, qui applique les lois et peut être déléguée à des gouvernants soumis à la volonté populaire.

  • Si un régime représentatif existe, Rousseau demande des élections fréquentes et libres, un mandat impératif obligeant l’élu à suivre les instructions de ses électeurs et la possibilité de révoquer l’élu qui s’en écarte.

  • Les constitutions des États régionaux distinguent généralement trois catégories de compétences :

    • les compétences exclusives de l’État
    • les compétences exclusives des régions
    • les compétences partagées entre l’État et les régions

Compléments

  • Les régions autonomes disposent d’une autonomie plus importante que les collectivités territoriales, car elles possèdent une partie du pouvoir législatif.

  • L’identité entre le titulaire et l’exercice de la souveraineté signifie que le peuple, titulaire de la souveraineté, doit aussi l’exercer lui-même.

  • Sous la Ve République, le mandat est représentatif et non impératif : les élus ne sont pas juridiquement liés à leur programme électoral.

  • Lorsqu’une matière ne relève d’aucune des trois catégories de compétences définies, elle revient aux régions ou aux communautés autonomes.

  • Dans les compétences partagées, l’État fixe les grands principes directeurs et les régions peuvent adopter des lois pour les compléter ou les adapter à leur territoire.

  • Dans une démocratie directe, chaque voix a le même poids dans la fabrication de la loi ; dans un régime représentatif, seuls quelques-uns décident pour tous, ce qui crée une inégalité politique.

  • Rousseau juge la démocratie directe difficilement applicable dans les grandes sociétés, où le peuple ne peut se réunir pour voter les lois comme dans une petite cité telle que Genève ou Athènes.

  • Des mécanismes juridictionnels permettent à l’État ou aux régions de contester une loi de l’autre niveau s’ils estiment qu’elle dépasse ses compétences.

Astuce mémo

L’UE conserve la souveraineté des États ; l’État régional accorde une autonomie constitutionnelle aux régions.

8. Justifications du régime représentatif

Notions clés & Définitions

  • Libéralisme politique : L’ensemble des théories qui défendent la reconnaissance et la garantie des droits individuels par la limitation du pouvoir politique.
  • Factions : James MADDISON - Des groupes de citoyens qui défendent des intérêts contraires aux droits des autres citoyens ou à l’intérêt général.

★ À maîtriser

📌 Benjamin Constant distingue la liberté des anciens, fondée sur la participation directe aux décisions politiques, de la liberté des modernes, centrée sur la protection des droits et des jouissances privées. - De la liberté des anciens comparée à celle des modernes, 1819

  • Les révolutionnaires justifient le régime représentatif par l’impossibilité de réunir le peuple des grands États modernes pour légiférer et par la possibilité de confier les décisions à des représentants compétents et disponibles.

Compléments

📌 Selon Bernard Manin, le régime représentatif est aristocratique par sa tendance à placer les personnes considérées comme les meilleures au pouvoir, tout en combinant des traits démocratiques et aristocratiques.

  • Dans la conception moderne de la liberté exposée par Benjamin Constant, le régime représentatif est légitime s’il protège les droits et les libertés individuels, même si les citoyens participent peu à l’élaboration de la loi. - De la liberté des anciens comparée à celle des modernes, 1819

  • Dans son Discours sur la question du veto royal (1789), Sieyès affirme que la grande majorité des citoyens n’a ni assez d’instruction ni assez de loisir pour s’occuper directement des lois.

  • Dans les Federalist Papers, Madison défend la représentation comme un moyen de filtrer les passions populaires, d’éviter les décisions impulsives et de préserver la stabilité politique.

  • Pour Sieyès, la représentation permet de préserver l’unité du corps politique en faisant exprimer la volonté générale par la nation représentée.

  • Sous le régime représentatif français de 1789, le suffrage censitaire réserve le droit de vote aux citoyens pouvant payer le cens.

  • Dans la Constitution de 1791, l’article 1 du titre III affirme la souveraineté de la nation et l’article 2 du titre III désigne le corps législatif et le roi comme représentants du peuple.

  • Dans le système de 1791, le corps législatif est monocaméral, ses membres sont élus pour deux ans et l’Assemblée nationale détient le monopole de l’initiative législative.

Astuce mémo

La taille des États → délégation à des représentants compétents

9. Crise de légitimité représentative

Notions clés & Définitions

  • Légicentrisme : Une doctrine qui accorde une importance fondamentale à la loi, considérée comme l’expression de la volonté générale et de l’intérêt commun.
  • Droit de pétition : Permet aux citoyens d’interpeller le Parlement, mais n’entraîne aucune conséquence juridique directe.

★ À maîtriser

  • Le pouvoir normatif s’est déplacé du Parlement vers le gouvernement, notamment par l’initiative gouvernementale des lois, l’usage de l’article 49, alinéa 3, et le développement du pouvoir réglementaire autonome.

  • La représentativité désigne la capacité d’un échantillon à correspondre à la population dont il est extrait.

Compléments

  • La critique de droite du régime représentatif privilégie une souveraineté incarnée par un monarque, tandis que la critique de gauche dénonce la captation oligarchique du pouvoir par les représentants.

  • La loi est contingente parce qu’elle évolue selon les circonstances et les majorités, ce qui contredit l’idée légicentriste d’une règle stable issue d’une raison rationnelle et incontestable.

  • La représentativité de l’Assemblée peut désigner sa capacité à refléter la diversité démographique de la population ou la diversité de ses opinions politiques.

  • Babeuf soutient que le système représentatif conduit à la domination d’une minorité de riches et de propriétaires et perpétue ainsi l’inégalité.

  • En 2022, l’abstention à l’élection présidentielle est de 25 %, tandis que les élections locales sont décrites comme les plus touchées par la hausse du non-vote.

  • Selon les sondages récents mentionnés, 71 % des Français estiment que la démocratie ne fonctionne pas bien.

  • Une pétition dépassant 500 000 signatures peut conduire à l’ouverture d’un débat parlementaire en séance.

  • L’article 6 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen affirme que « la loi est l’expression de la volonté générale ». - Rousseau

  • Georges Burdeau qualifie d’inflation législative la multiplication des lois et leur modification fréquente, souvent dans la précipitation.

  • Le développement du droit de l’Union européenne alimente le sentiment d’un éloignement du pouvoir normatif, même si les institutions européennes entretiennent un lien électoral avec les citoyens français.

10. Décision et délibération citoyennes

Notions clés & Définitions

  • Référendum : Une procédure par laquelle les citoyens se prononcent directement sur une question qui leur est posée.
  • Démocratie continue : LÉO HAMON - Un système dans lequel la participation citoyenne est permanente et permet la délibération ainsi que la surveillance des gouvernants.
  • Conventions citoyennes : Assemblées de citoyens tirés au sort qui délibèrent sur un sujet particulier.

★ À maîtriser

📌 La démocratisation du régime représentatif cherche à renforcer la participation citoyenne à la prise de décision, à la délibération et à la représentativité des institutions.

  • Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) est l’unique institution citoyenne reconnue au niveau constitutionnel en France.

  • Le CESE exerce un rôle consultatif : il peut formuler des avis et des propositions après saisine par le gouvernement, l’une des assemblées ou une pétition, mais ne peut pas s’auto-saisir.

  • Peu de recommandations des conventions citoyennes ont été suivies, car elles ne contraignent ni le gouvernement ni le législateur.

  • 🔄 Le référendum d’initiative partagée se déroule en trois étapes :

    1. Une proposition soutenue par au moins un cinquième des parlementaires porte sur un domaine admissible
    2. La proposition recueille le soutien d’un dixième des électeurs inscrits dans un délai de neuf mois
    3. La proposition est présentée au Parlement

Compléments

  • La Constitution de 1958 prévoit des référendums permettant d’adopter des lois ordinaires, de réviser la Constitution ou d’adopter des actes réglementaires locaux.

  • Le péril plébiscitaire désigne le risque que les gouvernants instrumentalisent le référendum pour légitimer et renforcer leur pouvoir, comme sous Napoléon Ier lors de l’instauration du Consulat, du Consulat à vie puis de l’Empire.

  • L’article 11 autorise le président de la République, sur proposition, à soumettre un texte de loi au référendum dans les domaines de l’organisation des pouvoirs publics, des réformes économiques, sociales ou environnementales et des services publics associés, ou de la ratification d’un traité.

  • Le référendum d’initiative partagée est critiqué pour ses conditions de déclenchement strictes et le contrôle exercé par le Conseil constitutionnel, et il ne répond pas aux aspirations en faveur d’un référendum d’initiative citoyenne.

  • L’article 72 permet aux collectivités territoriales de proposer des référendums locaux à tous les échelons de la décentralisation.

  • En 1969, le référendum proposé par De Gaulle sur la réforme du Sénat échoue et entraîne la fin de son pouvoir.

  • En 1992, un référendum porte sur le traité de Maastricht.

  • En 2005, un référendum porte sur le traité établissant une constitution pour l’Union européenne.

11. Quotas et égalité électorale

Notions clés & Définitions

  • Quotas électoraux : Mesures préférentielles destinées à rétablir une représentation équilibrée entre différents groupes dans les assemblées.

★ À maîtriser

  • L’article 1 de la Constitution de 1958 garantit l’égalité devant la loi sans distinction d’origine, de race ou de religion, ce qui peut faire considérer les traitements différenciés fondés sur des caractéristiques personnelles comme des discriminations.

  • Pour les scrutins de liste, la loi prévoit autant d’hommes que de femmes et une stricte alternance sur chaque liste, sauf aux élections municipales dans les villes de moins de 1 000 habitants.

  • Pour les scrutins uninominaux, les dotations des partis sont réduites s’ils présentent un nombre déséquilibré de candidats hommes et femmes ; un écart de 2 % est toléré et, au-delà, la réduction des aides est calculée à hauteur de 150 % de l’écart.

  • La représentativité des élus se heurte à la difficulté de constituer des candidatures correspondant à la diversité de la société, car les candidats sont surtout des hommes, des personnes riches et des personnes éduquées.

  • La recherche d’une meilleure représentativité des élus soulève un obstacle juridique : les mécanismes qui orientent le vote peuvent entrer en tension avec le principe d’égalité.

  • Les quotas électoraux fondés sur des données ethniques ou religieuses sont interdits en France, tandis que des quotas ont été introduits pour favoriser la parité entre les femmes et les hommes.

Compléments

  • L’article 1 de la DDHC affirme que les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit, et la DDHC de 1789 fait partie du droit positif.

  • En 1982, le Conseil constitutionnel a censuré une limitation du nombre de candidats d’un même sexe sur les listes municipales, au motif qu’elle contrevenait au principe d’égalité inscrit dans la DDHC.

  • En 1999, une révision constitutionnelle a permis les quotas électoraux en ajoutant à l’article 1er que la loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et en modifiant l’article 4 sur le rôle des partis politiques.

  • La loi du 6 juin 2000 a réformé les règles électorales afin de permettre l’instauration de quotas.

Astuce mémo

Les quotas ethniques sont interdits, tandis que la parité femmes-hommes est permise.

12. Scrutins et représentativité politique

Notions clés & Définitions

  • Scrutin uninominal majoritaire : Élit un député par circonscription et fait gagner le candidat qui obtient le plus de voix.
  • Scrutin proportionnel : Répartit les sièges en fonction du nombre de voix obtenues par chaque parti.

★ À maîtriser

📌 Le scrutin proportionnel favorise la représentation des diverses opinions, mais peut disperser les voix et rendre plus difficile la prise de décision dans une assemblée.

  • Le scrutin proportionnel permet rarement à un parti d’obtenir seul la majorité absolue, ce qui rend nécessaires des coalitions entre partis.

Compléments

  • Le scrutin uninominal majoritaire est simple, mais il limite la représentativité en attribuant le siège au candidat arrivé en tête.

  • Les effets des alliances électorales destinées à empêcher la victoire d’un parti sont amoindris par le scrutin proportionnel, qui répartit les sièges en fonction du pourcentage de voix obtenu par chaque parti.

  • La Troisième République a connu une instabilité gouvernementale chronique malgré la pratique du scrutin majoritaire.

  • L’émiettement des voix du scrutin proportionnel peut être limité par un seuil minimal de voix pour obtenir des sièges ou par la réduction de la taille des circonscriptions électorales.

Astuce mémo

Le majoritaire privilégie le candidat en tête ; le proportionnel répartit les sièges selon les voix.

13. Évolutions de la constitution moderne

★ À maîtriser

📌 La conception formelle de l’État de droit porte sur l’action de l’État dans un cadre juridique prédéfini, tandis que la conception substantielle porte sur le contenu des règles et leur garantie des principes fondamentaux.

📌 La transposition des directives de l’Union européenne en droit interne est une exigence constitutionnelle, mais l’intégration du droit de l’Union ne peut porter atteinte à un principe inhérent à l’identité constitutionnelle de la France.

  • Le constitutionnalisme moderne, qui apparaît au XVIIIe siècle, fait de la constitution une technique de limitation du pouvoir politique.

  • Le constitutionnalisme moderne inscrit les droits et libertés dans la constitution et répartit les compétences entre les organes politiques afin de limiter le pouvoir et de prévenir le despotisme.

  • L’article 16 de la DDHC de 1789 affirme qu’une société sans garantie des droits ni séparation des pouvoirs n’a pas de constitution.

  • La loi a longtemps été considérée en France comme la norme suprême, selon une tradition légicentriste qui lui attribuait une place souveraine.

  • L’article 55 de la Constitution de 1958 donne aux traités ou accords régulièrement ratifiés et publiés une autorité supérieure à celle des lois.

Compléments

📌 Benjamin Constant distingue la liberté des anciens, qui renvoie à la participation politique, de la liberté des modernes, qui renvoie à la jouissance des droits et libertés.

  • Les trois grandes révolutions associées au début du constitutionnalisme moderne ont en commun d’avoir choisi d’encadrer le pouvoir politique par un acte juridique écrit.

  • Carré de Malberg présente la loi comme la manifestation la plus haute de la puissance souveraine parce qu’elle exprime la volonté générale, tout en soulignant qu’une loi non contrôlée peut porter atteinte aux droits fondamentaux.

  • Après la Seconde Guerre mondiale, la justice constitutionnelle s’est développée parce que l’expérience totalitaire a montré que la loi ne suffisait pas à protéger les libertés.

  • Dans l’arrêt Sarran v. Levacher, le Conseil d’État affirme que les traités sont inférieurs à la Constitution.

  • L’article 88-1 de la Constitution reconnaît la participation de la République à l’Union européenne et implique une conciliation entre le droit interne et le droit de l’Union.

14. Séparation et balance des pouvoirs

★ À maîtriser

📌 Eisenmann et Troper présentent la séparation stricte des pouvoirs comme un mythe et proposent de concevoir plutôt une articulation des pouvoirs au sein de l’État.

  • La séparation des pouvoirs vise à éviter la concentration des fonctions étatiques dans un même organe et à limiter les abus de pouvoir.

  • Montesquieu distingue trois puissances :

    • la puissance législative
    • la puissance exécutrice des choses dépendant du droit des gens
    • la puissance exécutrice des choses dépendant du droit civil
  • Pour Montesquieu, la séparation des pouvoirs protège la liberté politique en évitant le despotisme et en empêchant qu’un même organe cumule les trois fonctions étatiques.

  • Montesquieu propose une balance des pouvoirs dans laquelle les organes se contrôlent mutuellement afin que le pouvoir arrête le pouvoir.

  • Carré de Malberg juge irréalisable la séparation stricte des pouvoirs, car chaque organe peut exercer des fonctions diverses et les organes doivent entretenir des relations pour fonctionner.

Compléments

  • Le Bill of Rights de 1688 soumet la levée des impôts et le déploiement d’une armée au consentement du Parlement.

  • L’Act of Settlement de 1701 affirme l’indépendance des juges en les rendant inamovibles.

  • Aristote distingue trois pouvoirs :

    • le pouvoir délibératif
    • le pouvoir exécutif
    • le pouvoir judiciaire
  • John Locke distingue trois pouvoirs :

    • le pouvoir législatif
    • le pouvoir exécutif
    • le pouvoir fédératif
  • Pour Montesquieu, la fonction législative ne doit pas être le monopole d’un organe : elle doit être partagée entre deux chambres et l’exécutif, qui dispose d’un droit de veto.

  • Montesquieu préconise une indépendance organique limitée : les ministres de l’exécutif sont politiquement responsables devant la chambre basse.

  • Montesquieu isole davantage la fonction judiciaire : les juges doivent être inamovibles et détenir le monopole de cette fonction.

  • Dans la tradition légicentriste française décrite par Carré de Malberg, la fonction législative est supérieure et le pouvoir réglementaire est conçu comme subordonné à la loi.

  • La conception légicentriste a longtemps rendu inconcevable la censure de la loi par un juge, car la loi était tenue pour parfaite et expression directe de la volonté générale.

Astuce mémo

Imaginez trois pouvoirs qui se tiennent en équilibre, sans qu’un seul concentre toutes les fonctions.

15. Organes et régimes politiques

Notions clés & Définitions

  • Responsabilité politique : La responsabilité politique du gouvernement permet à la chambre basse élue de le faire démissionner lorsqu’il n’a plus sa confiance ; elle est solidaire et sanctionne des choix politiques par la perte du pouvoir, non des infractions.

★ À maîtriser

📌 La typologie traditionnelle oppose le régime présidentiel, associé à une séparation plus rigide des pouvoirs, au régime parlementaire, associé à une séparation souple.

  • Les États constitutionnels organisent généralement trois grands organes, tandis que l’exécutif est souvent bicéphale et le législatif généralement bicaméral.

  • Le régime politique désigne l’organisation des pouvoirs et leur exercice au sein d’une entité politique.

  • Dans un régime parlementaire contemporain, seule la chambre basse élue peut faire tomber le gouvernement, et le Parlement exerce à la fois une fonction législative et une fonction de contrôle de l’action gouvernementale.

  • Aux États-Unis, le président ne peut pas dissoudre la Chambre des représentants et le Congrès ne peut pas renverser le président par une procédure de responsabilité politique ordinaire.

Compléments

📌 Dans un État fédéral, la chambre haute représente les États fédérés et possède des pouvoirs relativement proches de ceux de la chambre basse, tandis que dans un État unitaire elle représente les territoires et est généralement moins puissante.

📌 Aux États-Unis, l’impeachment permet au Congrès de destituer le président ou des fonctionnaires fédéraux pour trahison, corruption ou autres crimes et délits majeurs.

  • La Norvège, l’Islande et le Luxembourg ont choisi le monocaméralisme, tout en recourant notamment à un double examen des textes pour rapprocher le fonctionnement de leur chambre unique de celui d’un système bicaméral.

  • Selon Esmein, le régime parlementaire repose sur un lien organique étroit entre le gouvernement et la chambre basse : les ministres appartiennent à la majorité parlementaire et la composition du gouvernement dépend de celle de la chambre.

  • William Bagehot décrit la force du régime parlementaire britannique comme reposant sur le lien étroit, allant jusqu’à une forme de fusion, entre les pouvoirs de faire la loi et de l’exécuter.

  • En France, l’article 49 alinéa 3 et la maîtrise gouvernementale du calendrier parlementaire permettent au gouvernement d’orienter l’action de la majorité et l’examen des textes.

  • Dans le régime parlementaire britannique décrit, le Premier ministre est choisi parmi les membres de la Chambre des communes et nommé par le roi comme chef du parti majoritaire ; la chambre basse peut le renverser par une motion de défiance, tandis que le Premier ministre peut dissoudre la chambre.

  • Aux États-Unis, le président peut opposer un veto suspensif à une loi ; le Congrès peut le surmonter en confirmant le texte aux deux tiers.

  • Dans le régime présidentiel américain, les branches doivent trouver un compromis pour adopter une loi, et la Cour suprême peut écarter l’application d’un texte contraire à la Constitution.

  • Un shutdown correspond à l’arrêt des activités fédérales consécutif à l’absence de vote du budget fédéral.

16. Évolution des régimes parlementaires français

★ À maîtriser

  • Sous la Charte de 1814, le roi détient la puissance exécutive, nomme les ministres et dispose seul de l’initiative législative ; les chambres peuvent engager la responsabilité pénale des ministres, mais aucune responsabilité politique du gouvernement n’est prévue.

  • La Charte de 1830 partage entre le roi et les deux chambres l’initiative législative, interdit au roi de suspendre les lois par ordonnance et reconnaît la responsabilité politique des ministres.

  • Le 4 juin 1814, la Charte constitutionnelle instaure une monarchie constitutionnelle sous Louis XVIII, tout en maintenant au roi un pouvoir important.

  • Le 14 août 1830, la nouvelle Charte affirme un pacte entre la nation et le roi, élargit le corps électoral en abaissant à 25 ans l’âge requis pour voter et accroît les pouvoirs législatifs des chambres.

Compléments

  • Sous la Charte de 1814, la Chambre des pairs est composée d’aristocrates nommés par le roi, tandis que la Chambre des députés est élue au suffrage censitaire et peut être dissoute par le roi.

  • Sous la Charte de 1830, les chambres développent le contrôle politique du gouvernement par l’interpellation des ministres et par la question de confiance, qui peut conduire le gouvernement à démissionner si un projet auquel il tient est rejeté.

  • Sous la Restauration, le refus des députés de voter les lois de finances et leurs critiques des ministres pouvaient pousser le roi à changer le gouvernement, malgré l’absence de mécanisme formel de destitution ministérielle.

  • En mars 1830, les députés affirment que le gouvernement devrait refléter la majorité parlementaire, après la nomination contestée de Jules de Polignac.

  • Du 27 au 29 juillet 1830, la révolution des Trois Glorieuses éclate après que Charles X a maintenu Polignac et adopté des ordonnances restreignant les libertés et le corps électoral.

  • Le 2 août 1830, Charles X abdique et l’insurrection aboutit à l’avènement de Louis-Philippe d’Orléans.

17. Contrôle de constitutionnalité comparé

★ À maîtriser

📌 Le modèle européen décrit par Kelsen repose sur un contrôle concentré par une cour spécialisée, abstrait parce qu’il est exercé hors de tout litige, et susceptible d’aboutir à la censure de la loi à l’égard de tous.

  • Le contrôle américain de constitutionnalité est diffus, concret et a posteriori : tout juge peut examiner la constitutionnalité d’une loi à l’occasion d’un litige, après son entrée en vigueur, et l’écarter sans l’abroger.

  • Kelsen défend une cour constitutionnelle spécialisée, indépendante du gouvernement, chargée d’exercer un contrôle juridique de la conformité des lois à la Constitution, conçue comme la norme suprême d’un système hiérarchisé.

  • En 1803, dans l’affaire Marbury, la Cour suprême affirme qu’une loi contraire à la Constitution doit être écartée par le juge compétent.

Compléments

📌 Schmitt considère que la Constitution est une décision politique souveraine et que les organes politiques, plutôt que les juges, doivent en être les gardiens.

  • Le renforcement présidentiel s’explique par : la surcharge et l’inefficacité du Congrès, l’intérêt du Congrès pour des affaires locales ou individuelles comme les private bills, la prise en charge d’affaires par l’administration, l’influence des groupes de pression

  • À partir de la présidence d’Andrew Jackson, le veto présidentiel est utilisé comme instrument politique, alors qu’il devait initialement permettre de renvoyer un texte jugé contraire à la Constitution.

  • À partir de Wilson, le président politise son droit de message en indiquant au Congrès les textes qu’il souhaite voir adopter.

  • Les présidents américains recourent de plus en plus aux executive orders, qui sont des actes réglementaires présidentiels dont le champ d’intervention n’est pas délimité par la Constitution américaine.

  • Depuis 2008, le Conseil constitutionnel français peut aussi être saisi dans le cadre d’un litige concret, même si le contrôle français reste décrit comme principalement abstrait et confié à un organe unique.

  • En 1787, la Constitution américaine est principalement pensée comme favorable au Congrès, qui dispose de pouvoirs de blocage et de contrôle, tandis que le président est considéré comme un acteur secondaire. - Rials

  • En 1920, Kelsen contribue à la rédaction de la Constitution autrichienne, qui instaure un contrôle de constitutionnalité des lois par une cour unique.

Astuce mémo

États-Unis : contrôle diffus ; modèle européen : contrôle concentré

18. Controverses sur la justice constitutionnelle

★ À maîtriser

📌 Selon Bickel, le contrôle de constitutionnalité soulève une difficulté contre-majoritaire parce qu’un juge non élu peut censurer une loi adoptée par les représentants de la majorité.

  • La justice constitutionnelle vise à assurer la suprématie de la Constitution et la garantie des droits.

Compléments

  • En France, Lambert associe la critique du contrôle de constitutionnalité à la notion de gouvernement des juges, selon laquelle des juges non élus exerceraient un pouvoir politique en censurant la loi.

Astuce mémo

Censure d’une loi votée → accusation de gouvernement des juges

Tableaux de synthèse

Confédération et État fédéral

DimensionConfédérationÉtat fédéral
SouverainetéChaque État la conserveL’ordre fédéral est suprême
Décisions communesUnanimité, exécutées par les ÉtatsInstitutions fédérales et droit fédéral
RetraitChaque État peut quitter l’associationPas de droit de retrait indiqué dans le cours

Répartition des compétences régionales

CatégorieTitulaireRôle
Compétence exclusive de l’ÉtatÉtatExerce seul les matières qui lui sont attribuées
Compétence exclusive régionaleRégionL’État ne peut intervenir dans ces matières
Compétence partagéeÉtat et régionL’État fixe les principes, la région les complète ou les adapte

Teste tes connaissances

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1. Laquelle de ces phrases exprime une norme plutôt qu’un constat descriptif ?

2. Une mairie diffuse des messages encourageant les habitants à réduire leur consommation d’eau, sans leur imposer de conduite ni prévoir de sanction. De quel type de norme s’agit-il ?

Faire le QCM →

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Qu’exprime une norme, contrairement à une proposition descriptive ?

Une norme exprime ce qui doit être.

Que désigne la soft law ?

Des normes incitatives plutôt que prescriptives.

Quelles formes peut prendre une sanction juridique ?

Elle peut être punitive, réparatrice ou positive.

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