QCM : Introduction au droit et aux personnes (19 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Dans une société donnée, que désigne le droit objectif ?

Les prérogatives qu’une personne peut invoquer dans ses relations avec autrui
Les activités savantes consacrées à l’étude des problèmes juridiques
Les décisions individuelles prises par les praticiens dans une affaire
L’ensemble des règles qui régissent les rapports entre les personnes

L’ensemble des règles qui régissent les rapports entre les personnes

Explication

Le droit objectif est l’ensemble des règles de conduite qui encadrent les rapports entre les personnes dans une société. Les prérogatives invocables par un individu relèvent des droits subjectifs, et non du droit objectif.

2. Une personne invoque une prérogative que les règles juridiques lui reconnaissent dans ses relations avec autrui : de quelle notion s’agit-il ?

Du droit objectif qui rassemble les règles applicables dans la société
D’un droit subjectif reconnu à une personne ou à un groupe
D’une discipline juridique consacrée à l’étude des normes
D’une règle de conduite dont la sanction relève de la puissance publique

D’un droit subjectif reconnu à une personne ou à un groupe

Explication

Un droit subjectif est une prérogative reconnue par le droit objectif à un individu ou à un groupe, qui peut s’en prévaloir. Le droit objectif désigne plutôt l’ensemble des règles qui reconnaissent ces prérogatives.

3. Quelles activités relèvent des disciplines juridiques ?

Les activités des seuls tribunaux et celles des autorités chargées d’appliquer les lois
Les activités savantes qui étudient la morale et celles des responsables politiques
Les activités savantes qui étudient le droit et celles des praticiens du droit
Les activités des personnes qui élaborent les règles et celles des citoyens qui les respectent

Les activités savantes qui étudient le droit et celles des praticiens du droit

Explication

Les disciplines juridiques comprennent à la fois les activités savantes qui prennent le droit pour objet et les activités des praticiens du droit. Les activités politiques ou le simple respect des règles ne suffisent pas à définir cet ensemble.

4. Quelle distinction caractérise le droit naturel classique par rapport au droit naturel moderne ?

Le classique sépare le droit de la morale, le moderne identifie le droit aux règles écrites
Le classique se fonde sur la nature des choses ou le divin, le moderne sur l’être humain et la raison
Le classique se fonde sur l’être humain et la raison, le moderne sur la nature des choses ou le divin
Le classique se fonde sur les lois en vigueur, le moderne sur les décisions des tribunaux

Le classique se fonde sur la nature des choses ou le divin, le moderne sur l’être humain et la raison

Explication

Le droit naturel classique situe les principes permanents dans la nature des choses ou dans des préceptes divins, tandis que la conception moderne les recherche dans l’être humain et la raison. L’option qui inverse ces fondements confond précisément les deux conceptions.

5. Une règle entre en vigueur dans une société, puis est modifiée au fil des années : à quelle notion de droit correspond-elle ?

Au positivisme juridique, qui sépare l’étude du droit de la justice et de la morale
Au droit positif, en vigueur dans une société à un moment donné
Au droit naturel moderne, fondé sur l’être humain et la raison
Au droit naturel classique, fondé sur la nature des choses ou le divin

Au droit positif, en vigueur dans une société à un moment donné

Explication

Le droit positif correspond au droit en vigueur dans une société à un moment donné et peut évoluer avec le temps. Le droit naturel désigne plutôt la recherche de principes permanents.

6. Pour construire une science du droit présentée comme objective et neutre, quelle distinction opère le positivisme juridique ?

Il distingue le droit de la justice et de la morale
Il distingue les règles générales des prérogatives individuelles
Il distingue le droit en vigueur du droit naturel classique
Il distingue l’origine divine des principes de leur origine humaine

Il distingue le droit de la justice et de la morale

Explication

Le positivisme juridique sépare le droit des questions de justice et de morale afin de présenter la science du droit comme objective et neutre. La distinction entre droit en vigueur et droit naturel ne décrit pas ce geste méthodologique.

7. Que signifie la normativité d’un énoncé ?

Son caractère de règle
Son application par la puissance publique
Son caractère juridique et son appartenance au droit
Son adoption par une autorité habilitée

Son caractère de règle

Explication

La normativité désigne le caractère de ce qui constitue une règle. Le caractère juridique d’un élément relève plutôt de la juridicité.

8. Quelle combinaison de caractéristiques définit une règle de droit ?

Elle expose des principes moraux, reste facultative et sa sanction relève de la conscience individuelle
Elle règle les rapports sociaux, est générale, abstraite et obligatoire, et sa sanction relève de la puissance publique
Elle règle les rapports sociaux, est générale et abstraite, mais sa sanction relève des utilisateurs
Elle règle les rapports sociaux, vise une personne déterminée et sa sanction dépend d’un accord privé

Elle règle les rapports sociaux, est générale, abstraite et obligatoire, et sa sanction relève de la puissance publique

Explication

La règle de droit est une règle de conduite dans les rapports sociaux, générale, abstraite et obligatoire, dont la sanction est assurée par la puissance publique. Une décision visant une personne déterminée ne présente pas le caractère général et abstrait décrit ici.

9. Pour analyser la normativité d’une règle, quels aspects peut-on prendre en compte ?

Son contenu, son domaine géographique et la profession de ses destinataires
Son origine historique, son degré de moralité et son ancienneté
L’émission de la norme, son contenu et sa réception par ses utilisateurs
La qualité de son auteur, son application judiciaire et son efficacité sociale

L’émission de la norme, son contenu et sa réception par ses utilisateurs

Explication

La normativité peut s’analyser selon l’émission de la norme, son contenu ou sa réception par les utilisateurs. L’origine historique et la moralité ne sont pas les trois aspects constitutifs de cette analyse.

10. Quelle différence distingue une prescription d’une description ?

La prescription prévoit une sanction, tandis que la description désigne une décision individuelle.
La prescription indique ce qui doit être ou être fait, tandis que la description rapporte ce qui est.
La prescription rapporte ce qui est, tandis que la description indique ce qui doit être fait.
La prescription établit une réalité vérifiable, tandis que la description autorise une conduite.

La prescription indique ce qui doit être ou être fait, tandis que la description rapporte ce qui est.

Explication

Une prescription énonce ce qui doit être ou être fait, alors qu’une description rapporte un état de fait. L’idée qu’une prescription rapporte la réalité et qu’une description commande une conduite inverse les deux notions.

11. Dans la distinction de Kelsen, qu’est-ce qui différencie les lois scientifiques des lois juridiques ?

Les lois scientifiques autorisent ou interdisent des actes, tandis que les lois juridiques déterminent des faits observables.
Les lois scientifiques décrivent une réalité et peuvent être vraies ou fausses, tandis que les lois juridiques prescrivent et sont en vigueur ou non.
Les lois scientifiques prescrivent des conduites et sont en vigueur ou non, tandis que les lois juridiques décrivent des réalités vraies ou fausses.
Les lois scientifiques imposent des sanctions, tandis que les lois juridiques servent à vérifier des hypothèses sur la nature.

Les lois scientifiques décrivent une réalité et peuvent être vraies ou fausses, tandis que les lois juridiques prescrivent et sont en vigueur ou non.

Explication

Pour Kelsen, les lois scientifiques décrivent le réel et se jugent selon leur vérité ou leur fausseté, alors que les lois juridiques prescrivent et sont en vigueur ou non. L’option qui attribue la prescription aux lois scientifiques confond les deux types de lois.

12. Quelle caractéristique distingue une règle de droit d’une décision individuelle ?

La règle de droit est concrète et limitée à une situation déterminée, tandis que la décision individuelle est générale et abstraite.
La règle de droit vise une personne déterminée, tandis que la décision individuelle concerne une catégorie indéfinie de situations.
La règle de droit est une mesure judiciaire particulière, tandis que la décision individuelle énonce une norme abstraite.
La règle de droit est générale et abstraite, tandis que la décision individuelle est concrète et limitée à une situation déterminée.

La règle de droit est générale et abstraite, tandis que la décision individuelle est concrète et limitée à une situation déterminée.

Explication

La règle de droit a une portée générale et abstraite, tandis qu’une décision individuelle répond concrètement à une situation déterminée. L’option qui présente la décision comme générale et abstraite inverse cette distinction.

13. Une convention particulière prévoit une solution différente de la règle applicable : comment distinguer une règle d’ordre public d’une règle supplétive ?

La règle d’ordre public s’applique selon le choix des parties, tandis que la règle supplétive ne peut être écartée par convention.
La règle d’ordre public s’impose aux parties, tandis que la règle supplétive s’applique en l’absence de convention particulière.
La règle d’ordre public s’applique en l’absence de convention, tandis que la règle supplétive s’impose malgré la volonté des parties.
Les deux règles s’imposent aux parties, mais la règle supplétive cesse de s’appliquer lorsqu’un juge intervient.

La règle d’ordre public s’impose aux parties, tandis que la règle supplétive s’applique en l’absence de convention particulière.

Explication

Les règles d’ordre public s’imposent aux particuliers, alors que les règles supplétives prennent le relais lorsqu’aucune convention particulière ne prévoit autre chose. L’option qui attribue à la règle d’ordre public un rôle de règle par défaut inverse les deux catégories.

14. Quelle affirmation décrit correctement le lien entre les règles de droit et les sanctions ?

Les contraintes varient, mais chaque règle de droit entraîne nécessairement une sanction punitive en cas de violation.
Les règles de droit sont dépourvues de sanctions, car leur respect repose sur l’adhésion volontaire des particuliers.
Les contraintes varient et une violation peut entraîner une sanction pénale, civile ou administrative, sans que toute règle comporte une sanction punitive.
Les règles de droit n’entraînent que des sanctions pénales, même lorsque le préjudice relève du domaine civil.

Les contraintes varient et une violation peut entraîner une sanction pénale, civile ou administrative, sans que toute règle comporte une sanction punitive.

Explication

Les contraintes associées aux règles varient, et leur violation peut entraîner des sanctions de nature pénale, civile ou administrative, sans qu’elles soient toutes punitives. L’affirmation selon laquelle chaque règle entraîne une sanction punitive donne à ce mécanisme une portée excessive.

15. En quel sens la justice est-elle à la fois un service public et un ensemble d’institutions ?

C’est une activité privée de règlement des différends, et le terme désigne les conventions conclues en dehors des tribunaux.
C’est un service public chargé de rédiger les lois, et le terme désigne les assemblées qui votent les règles juridiques.
C’est un service public administré par les parties, et le terme désigne aussi les règles générales applicables aux citoyens.
C’est un service public dont les organes ont compétence exclusive en la matière, et le terme désigne aussi les tribunaux et les juges.

C’est un service public dont les organes ont compétence exclusive en la matière, et le terme désigne aussi les tribunaux et les juges.

Explication

La justice désigne un service public dont les organes ont compétence exclusive en la matière, mais aussi les institutions judiciaires, comme les tribunaux et les juges. La présenter comme une activité privée de règlement des différends écarte à tort sa dimension institutionnelle publique.

16. Quelles sont les deux attributions exercées par les juges ?

Saisir eux-mêmes toute affaire et déterminer librement l’objet de la demande des parties.
Concilier les parties dans chaque litige et rédiger des conventions adaptées à leur situation.
Élaborer des règles générales et contrôler leur adoption par les assemblées législatives.
Dire le droit dans une situation particulière et appliquer les règles à un cas particulier.

Dire le droit dans une situation particulière et appliquer les règles à un cas particulier.

Explication

Les juges disent le droit dans une situation particulière et appliquent les règles à un cas particulier. Leur attribuer l’élaboration des règles générales confond la fonction juridictionnelle avec la production normative.

17. Une personne demande au juge un changement de nom sans qu’aucun adversaire ne s’y oppose : de quelle matière s’agit-il ?

De la matière gracieuse, qui permet de solliciter une décision judiciaire sans adversaire.
De la matière législative, qui permet au juge d’adopter une règle générale de changement de nom.
De la matière contentieuse, qui suppose une opposition entre les parties concernées.
De la matière administrative, qui exclut toute intervention d’une juridiction dans la demande.

De la matière gracieuse, qui permet de solliciter une décision judiciaire sans adversaire.

Explication

La matière gracieuse permet de solliciter une décision judiciaire en l’absence d’adversaire, notamment pour un changement de nom. La matière contentieuse implique au contraire des parties opposées.

18. Selon le principe dispositif, quelle limite encadre l’action du juge ?

Le juge choisit l’objet du litige, tandis que les parties déterminent les règles juridiques applicables.
Le juge ne se saisit pas de lui-même, et la demande détermine l’étendue de son action.
Le juge étend l’affaire à toute question connexe, même si les parties ne l’ont pas incluse dans leur demande.
Le juge ouvre une affaire de sa propre initiative, puis la demande des parties précise les motifs de sa décision.

Le juge ne se saisit pas de lui-même, et la demande détermine l’étendue de son action.

Explication

Le principe dispositif interdit au juge de se saisir d’office et limite son action par l’étendue de la demande. L’idée qu’il peut étendre l’affaire à des questions non demandées contredit cette limite.

19. Une loi est silencieuse ou obscure sur une affaire portée devant lui : que doit faire le juge en vertu de l’article 4 du Code civil ?

Il doit attendre que le législateur précise la loi avant de rendre une décision sur l’affaire.
Il peut refuser de statuer si l’obscurité de la loi empêche les parties de s’accorder sur la solution.
Il peut s’abstenir de juger si les règles existantes ne prévoient pas expressément la situation.
Il doit juger l’affaire sans invoquer le silence, l’obscurité ou l’insuffisance de la loi pour refuser de statuer.

Il doit juger l’affaire sans invoquer le silence, l’obscurité ou l’insuffisance de la loi pour refuser de statuer.

Explication

L’article 4 interdit le déni de justice : le juge ne peut refuser de juger au motif que la loi est silencieuse, obscure ou insuffisante. L’option qui lui permet d’attendre une intervention législative méconnaît cette obligation de statuer.

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Selon F. Terré, que désigne le droit objectif ?

L’ensemble des règles de conduite régissant les rapports entre les personnes dans une société donnée.

Selon F. Terré, que sont les droits subjectifs ?

Des prérogatives reconnues par le droit objectif à un individu ou à un groupe, invocables dans leurs relations avec autrui.

Quelles activités comprennent les disciplines juridiques ?

Les activités savantes prenant le droit pour objet et les activités des praticiens du droit.

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