📋 Plan du Cours
- Le droit comme phénomène social
- Droit objectif et droit subjectif
- Caractères de la règle de droit
- Règle de droit générale et impersonnelle
- Permanence et sécurité juridique
- Sources de la règle de droit
- Sources informelles et force normative
- Usages et coutumes comme sources
- Jurisprudence et système du précédent
- Codécision Conseil et Parlement européens
- Droit primaire et droit dérivé de l’Union
- Pyramide des juridictions et étages
📖 1. Le droit comme phénomène social
🔑 Notions clés & Définitions
- Droit : Le droit est un ensemble de règles visant à organiser la vie en société et à encadrer les relations entre les personnes.
- Phénomène social : Le droit ne peut exister que dans un cadre collectif où des individus doivent apprendre à vivre ensemble.
- Droit objectif : Le droit objectif désigne l’ensemble des règles de droit envisagées pour elles-mêmes, indépendamment de leur application à une personne précise.
- Droit subjectif : Le droit subjectif correspond aux droits reconnus aux personnes à travers l’application concrète des règles de droit.
- Règle de droit : La règle de droit est une norme sociale particulière qui fixe des comportements et peut être mobilisée devant le juge.
📝 Points essentiels
- Sans société, il n’y a pas de besoin d’organiser des relations : le droit apparaît quand des individus doivent coexister.
- Le droit vise à déterminer les règles de fonctionnement d’une société et à organiser les relations entre les membres qui la composent.
- La règle de droit sert de référence pour identifier les comportements fautifs et organiser les rapports sociaux.
- La règle de droit est générale et impersonnelle : elle vise toute personne entrant dans la situation qu’elle décrit.
- La règle de droit est dotée d’une certaine permanence, ce qui renforce la sécurité juridique.
- La règle de droit est obligatoire et coercitive quand elle prescrit ou interdit un comportement, avec des conséquences en cas de violation.
💡 Astuce mémo
Société → règles → juge : sans société, pas de droit; avec litige, la règle s’invoque.
📖 2. Droit objectif et droit subjectif
🔑 Notions clés & Définitions
- Droit public : Le droit public encadre l’action des personnes publiques et les rapports avec les particuliers, avec une place majeure de la jurisprudence administrative.
- Droit privé : Le droit privé régit les rapports entre particuliers et s’appuie davantage sur les textes, avec une jurisprudence moins centrale.
- Jurisprudence : La jurisprudence désigne l’ensemble des décisions des juridictions qui interprètent et, dans certains cas, contribuent à préciser la règle de droit.
- Article 5 du Code civil : L’article 5 du Code civil pose l’idée que le juge ne doit pas créer des règles de droit de manière autonome, tout en admettant en pratique l’effet normatif des décisions.
- Standards juridiques : Les standards juridiques sont des critères de conduite sociale moyenne utilisés pour apprécier un comportement en termes de normalité.
📝 Points essentiels
- En droit public, la jurisprudence joue un rôle important et les règles mobilisées proviennent principalement de décisions du Conseil d’État.
- En droit privé, la jurisprudence a une place plus restreinte, notamment en lien avec l’article 5 du Code civil et l’existence de nombreux textes.
- Même si l’article 5 du Code civil existe, les décisions des juges sont reconnues comme une source de règles de droit en pratique.
- Le juge peut créer une règle adaptée quand aucune règle existante ne correspond exactement au litige, en s’appuyant sur un texte même éloigné.
- Le juge peut aussi faire évoluer une règle imprécise en la précisant, notamment quand la loi emploie des notions vagues appelées standards juridiques.
- Le pouvoir normatif du juge est encadré : il doit fonder son raisonnement sur une règle formelle préexistante et ne crée pas “purement” sans texte de rattachement.
💡 Astuce mémo
Public = Conseil d’État (jurisprudence forte) ; Privé = Code civil (jurisprudence plus limitée) ; Standards = “moyenne de conduite”.
📖 3. Caractères de la règle de droit
🔑 Notions clés & Définitions
- Pyramide des normes de Kelsen : La pyramide de Kelsen est un modèle hiérarchique qui classe les normes juridiques selon leur valeur et leurs conditions de validité.
- Bloc de conventionnalité : Le bloc de conventionnalité regroupe, sous la Constitution, les traités internationaux et certaines règles issues de l’Union et du Conseil de l’Europe.
- Traités internationaux : Les traités internationaux sont des accords conclus entre deux ou plusieurs États qui créent des règles de droit pour leurs parties.
- Droit primaire de l’Union européenne : Le droit primaire de l’Union européenne désigne les traités fondateurs qui organisent l’Union et fixent son fonctionnement.
- Navette parlementaire : La navette parlementaire est la procédure de va-et-vient entre Assemblée nationale et Sénat jusqu’à l’adoption d’un texte identique.
📝 Points essentiels
- Dans la pyramide de Kelsen, les normes situées sous la Constitution relèvent notamment du bloc de conventionnalité et du bloc de légalité.
- Les traités internationaux ne deviennent applicables en France que si la Constitution exige une ratification, la signature ne suffisant pas.
- Pour certains traités (paix, commerce, organisation internationale, engagement des finances), la ratification peut nécessiter une loi d’autorisation du Parlement.
- La ratification peut aussi dépendre d’un référendum si le traité a une incidence sur le fonctionnement des institutions.
- Entre la signature et la ratification de la convention européenne, 24 années se sont écoulées avant l’applicabilité en droit français.
- L’Union européenne fonctionne autour de cinq institutions : Conseil européen, Commission, Conseil de l’Union européenne, Parlement européen, Cour de justice de l’Union européenne.
💡 Astuce mémo
Signature ≠ effet : il faut ratifier (et parfois loi ou référendum).
📖 4. Règle de droit générale et impersonnelle
🔑 Notions clés & Définitions
- Loi : La loi est une source de droit votée par le Parlement qui fixe des principes dans les matières relevant de l’article 34 de la Constitution.
- Règlement d’application : Le règlement d’application est une source de droit prise par le pouvoir exécutif pour préciser concrètement les modalités d’un principe posé par la loi.
- Ordonnance ratifiée : L’ordonnance ratifiée est une ordonnance adoptée par le gouvernement puis approuvée par le Parlement, ce qui lui donne valeur de loi.
- Règlement autonome : Le règlement autonome est une source de droit prise par le pouvoir exécutif dans les matières qui ne relèvent pas du domaine de la loi.
- Ordonnance non ratifiée : L’ordonnance non ratifiée conserve la valeur d’un règlement car elle n’a pas acquis celle d’une loi.
📝 Points essentiels
- La loi fixe des principes généraux, tandis que les règlements d’application précisent les modalités concrètes de mise en œuvre.
- En droit du travail, la loi impose à l’employeur de publier chaque année des indicateurs sur les écarts de rémunération et les actions prévues, puis un règlement précise les indicateurs et leur méthode de calcul.
- Dans la logique de la pyramide des normes, la loi n’est pas la seule source du bloc de légalité : ce bloc inclut aussi certaines sources ayant une valeur égale à celle de la loi.
- Une ordonnance est un texte adopté par le gouvernement sur habilitation du Parlement, sur le fondement de l’article 38 de la Constitution.
- Le Parlement autorise le gouvernement par une loi d’habilitation, qui fixe une période et des thèmes précis pour les ordonnances.
- Une ordonnance devient une norme de valeur législative seulement si elle est ratifiée par le Parlement ; sinon, elle descend au rang de règlement.
💡 Astuce mémo
Loi = principes ; Règlement d’application = mode d’emploi ; Ordonnance ratifiée = loi bis ; Ordonnance non ratifiée = règlement.
📖 5. Permanence et sécurité juridique
🔑 Notions clés & Définitions
- Entrée en vigueur : L’entrée en vigueur désigne le moment à partir duquel une règle de droit devient obligatoire et produit des effets juridiques.
- Publication : La publication est la formalité qui rend une règle de droit accessible au public, conditionnant en principe son entrée en vigueur.
- Promulgation : La promulgation est l’acte par lequel le chef de l’État constate officiellement l’existence d’une loi et lui donne sa force exécutoire.
- Dispositions transitoires : Les dispositions transitoires sont des clauses qui fixent une entrée en vigueur différée d’une règle, pour organiser la transition.
- Disparition pour l’avenir : La disparition pour l’avenir est l’extinction d’une règle qui cesse de produire des effets seulement pour le futur.
📝 Points essentiels
- Principe : une règle issue de sources formelles entre en vigueur le lendemain de sa publication.
- Cas de la loi : la publication ne suffit pas, elle doit être précédée par la promulgation.
- Promulgation (Constitution, art. 10) : le président adopte un décret présidentiel dans les 15 jours suivant la transmission au gouvernement.
- Deux exceptions à l’entrée en vigueur « lendemain de publication » : date ultérieure prévue par la règle et lois ne fixant que des principes avec règlements d’application à venir.
- Effets de droit : une fois entrée en vigueur, la règle rend obligatoires les comportements qu’elle prescrit et interdit ceux qu’elle proscrit, avec sanction en cas de non-respect.
- Fin de durée de vie : une règle cesse d’exister dans l’ordre juridique, soit par disparition pour l’avenir, soit par disparition rétroactive (pour le passé et l’avenir).
💡 Astuce mémo
Publication → lendemain ; Loi : Promulgation d’abord (15 jours) ; Disparition : avenir = acquis, rétroactivité = « comme si jamais ».
📖 6. Sources de la règle de droit
🔑 Notions clés & Définitions
- Article 2 du Code civil : Principe général d’application de la loi, posant l’absence d’effet rétroactif et la vocation de la loi à régir l’avenir.
- Application immédiate : Principe selon lequel une règle nouvelle s’applique aux situations juridiques futures et à leur déroulement à venir.
- Non-rétroactivité : Principe selon lequel une règle nouvelle ne s’applique pas aux faits et situations entièrement passés déjà terminés.
- Survie de la loi ancienne : Principe selon lequel, pour certaines situations contractuelles en cours, la loi ancienne continue de régir le futur du contrat.
- Ordre public intérieur : Notion désignant des règles d’une importance telle qu’elles s’appliquent immédiatement, y compris aux contrats en cours.
📝 Points essentiels
- La solution du conflit de loi dans le temps se raisonne à partir d’une frise chronologique avec un repère correspondant à l’entrée en vigueur de la règle nouvelle.
- L’article 2 du Code civil combine deux idées : application de la loi pour l’avenir et absence d’effet rétroactif de la loi nouvelle.
- Pour une situation entièrement passée (ex. anciens étudiants), la loi nouvelle ne s’applique pas et la loi ancienne continue de régir.
- Pour une situation entièrement future (ex. futurs étudiants), la loi nouvelle s’applique dès son entrée en vigueur.
- Pour une situation en cours (ex. étudiants déjà engagés), la loi ancienne régit la partie déjà réalisée et la loi nouvelle régit la partie à venir.
- La survie de la loi ancienne vise les situations contractuelles en cours, car l’application immédiate en cours de contrat créerait une modification imprévue des règles choisies au départ.
💡 Astuce mémo
Frise + croix : Futur = loi nouvelle, Passé = loi ancienne, Contrat en cours = survie de l’ancienne (sauf ordre public intérieur).
🔑 Notions clés & Définitions
- Pyramide des normes : Hiérarchie des règles de droit où chaque norme tire sa validité de la norme supérieure.
- Contrôle de constitutionnalité : Mécanisme permettant de vérifier qu’une règle respecte la Constitution avant ou après son entrée en vigueur.
- Contrôle a priori : Contrôle de constitutionnalité exercé avant la promulgation d’une loi, pour empêcher l’entrée en vigueur d’une loi inconstitutionnelle.
- Question prioritaire de constitutionnalité : Procédure permettant de contester la constitutionnalité d’une disposition législative déjà en vigueur, à l’occasion d’un litige.
- Contrôle de constitutionnalité du traité : Vérification préalable de la conformité d’un traité à la Constitution avant sa ratification.
📝 Points essentiels
- Une règle de valeur inférieure ne s’impose pas si elle est contraire à une règle supérieure, la norme la plus élevée l’emportant.
- En cas de soupçon de conflit, il faut vérifier concrètement la contrariété entre la norme inférieure et la norme supérieure.
- Le contrôle de constitutionnalité est prévu par les articles 61 et 61-1 de la Constitution.
- Le contrôle a priori (art. 61) porte sur une loi entre son adoption et sa promulgation, et le Conseil constitutionnel statue avant l’entrée en vigueur.
- Le contrôle a priori peut être demandé par le président de la République, le Premier ministre, les présidents des assemblées, ou 60 députés/sénateurs.
- Si la loi est inconstitutionnelle en contrôle a priori, elle ne peut pas être promulguée (art. 62) et donc ne sera pas publiée ni applicable, sauf modification du texte.
💡 Astuce mémo
Hiérarchie = « la plus haute gagne » ; Constitution = contrôle avant/après : art. 61 puis art. 61-1 (QPC).
📖 8. Usages et coutumes comme sources
🔑 Notions clés & Définitions
- Usages : Les usages sont des pratiques répétées qui, lorsqu’elles remplissent des conditions prévues par le droit, peuvent produire des effets juridiques.
- Coutumes : Les coutumes sont des pratiques sociales considérées comme obligatoires, pouvant servir de fondement à des droits et obligations.
- Source de droits subjectifs : Une source de droits subjectifs est l’élément qui permet à une règle de droit objectif de se traduire concrètement en droits réellement exigibles.
- Événement juridique : Un événement juridique est un fait ou un acte qui déclenche la naissance effective de droits subjectifs et d’obligations.
📝 Points essentiels
- Les règles de droit objectif reconnaissent seulement la potentialité de droits subjectifs, mais ces droits n’existent réellement qu’après un événement déclencheur.
- Un droit subjectif devient réellement exigible quand une personne juridique en devient titulaire grâce à un acte juridique ou un fait juridique.
- Un acte juridique suppose une volonté de produire des effets de droit, tandis qu’un fait juridique n’a pas pour but de créer ces effets.
- Les faits juridiques peuvent être volontaires ou non dans leur origine, mais leurs conséquences juridiques ne sont jamais recherchées.
- Quand le comportement est voulu, on parle de délit civil, et quand il ne l’est pas, on parle de quasi-délit.
- Les faits juridiques peuvent aussi venir de la nature (ex. naissance, tempête) et produire des effets sans intervention humaine.
💡 Astuce mémo
Acte = volonté d’effets ; Fait = pas d’intention d’effets (mais effets quand même).
📖 9. Jurisprudence et système du précédent
🔑 Notions clés & Définitions
- Article 9 du Code de procédure civile : Règle de répartition de la preuve qui impose à chaque partie de prouver les faits nécessaires au succès de sa prétention, conformément à la loi.
- Charge de la preuve : Obligation procédurale de démontrer les faits allégués, dont l’échec entraîne en principe la perte du procès.
- Procédure inquisitoire : Type de procédure où la charge de la preuve pèse sur le juge, qui recherche les éléments à charge et à décharge.
- Procédure accusatoire : Type de procédure où la charge de la preuve repose sur les parties, qui doivent réunir elles-mêmes les éléments probants.
- Article 1353 du Code civil : Règle qui organise un transfert de la charge de la preuve entre demandeur et défendeur selon que l’on réclame l’exécution ou que l’on invoque une libération.
📝 Points essentiels
- L’objet de la preuve répond à la question des faits à prouver pour faire gagner sa prétention devant le juge.
- Le demandeur doit convaincre le juge que ses droits ont été violés et que la condamnation du défendeur est justifiée.
- Le défendeur doit convaincre le juge que la demande est injustifiée et qu’il n’y a pas lieu de le condamner.
- En procédure inquisitoire, le juge instruit à charge et à décharge en recherchant les preuves.
- En procédure accusatoire, le juge ne se substitue pas aux parties pour réunir les preuves.
- L’article 1353 fonctionne comme un ping-pong : le demandeur prouve d’abord l’existence de l’obligation, puis le défendeur prouve qu’il s’en est libéré.
💡 Astuce mémo
Ping-pong : Demandeur prouve l’obligation, Défendeur prouve la libération.
📖 10. Codécision Conseil et Parlement européens
🔑 Notions clés & Définitions
- Codécision : La codécision est une procédure législative où le Conseil et le Parlement européen adoptent ensemble un acte, après négociation et accords.
- Conseil de l’Union européenne : Le Conseil de l’Union européenne est l’institution qui représente les États membres et participe à l’adoption des actes avec le Parlement européen.
- Parlement européen : Le Parlement européen est l’institution qui représente les citoyens de l’Union et participe à l’adoption des actes avec le Conseil.
- Procédure législative ordinaire : La procédure législative ordinaire est le cadre principal de l’adoption conjointe du droit de l’Union par le Conseil et le Parlement.
📝 Points essentiels
- La codécision implique une adoption conjointe par le Conseil et le Parlement, ce qui renforce le rôle du Parlement dans la décision finale.
- Le Parlement et le Conseil examinent et modifient le texte au cours de la procédure jusqu’à parvenir à un accord sur la version adoptée.
- La procédure législative ordinaire est le mécanisme central utilisé pour la codécision dans l’Union européenne.
- Le Conseil agit au nom des États membres, tandis que le Parlement agit au nom des citoyens, ce qui explique la logique de négociation entre les deux.
- La codécision se distingue des procédures où le Parlement n’a qu’un rôle consultatif ou où le Conseil décide seul.
💡 Astuce mémo
Codécision = Conseil + Parlement : deux “cœurs” qui doivent s’accorder pour adopter la loi.
📖 11. Droit primaire et droit dérivé de l’Union
🔑 Notions clés & Définitions
- Droit primaire de l’Union : Ensemble des règles fondatrices qui fixent les objectifs, l’organisation et les limites de l’action de l’Union.
- Droit dérivé de l’Union : Ensemble des actes pris par les institutions de l’Union pour appliquer le droit primaire et produire des effets concrets.
- Principe de primauté du droit de l’Union : Principe selon lequel le droit de l’Union prime sur les normes nationales contraires, même postérieures.
- Effet direct du droit de l’Union : Mécanisme permettant à certaines dispositions de l’Union d’être invoquées par les particuliers devant les juridictions nationales.
📝 Points essentiels
- Le droit primaire constitue le socle : il ne dépend pas d’actes d’application pour exister et s’imposer.
- Le droit dérivé est adopté pour mettre en œuvre le droit primaire et encadrer les situations concrètes.
- La primauté vise à écarter l’application d’une norme nationale incompatible avec une règle de l’Union.
- L’effet direct concerne seulement les dispositions suffisamment claires, précises et inconditionnelles (selon les cas).
- Les juridictions nationales doivent assurer l’application du droit de l’Union dans le cadre de leurs compétences.
- En cas de conflit, l’analyse porte d’abord sur la hiérarchie (primaire vs dérivé) puis sur la compatibilité avec le droit de l’Union.
💡 Astuce mémo
Primaire = Constitution, Dérivé = Décrets; Primauté = priorité, Effet direct = invocable.
📖 12. Pyramide des juridictions et étages
🔑 Notions clés & Définitions
- Compétence matérielle : La compétence matérielle désigne l’aptitude d’une juridiction à juger un litige selon sa nature et la matière dont il relève.
- Ordre administratif : L’ordre administratif regroupe les juridictions compétentes pour les litiges impliquant l’administration.
- Ordre judiciaire : L’ordre judiciaire regroupe les juridictions compétentes pour les litiges ne mettant pas en cause l’administration, entre personnes privées.
- Tribunal des conflits : Le tribunal des conflits tranche les litiges de compétence quand un conflit oppose l’ordre administratif et l’ordre judiciaire.
- Ressort de juridiction : Le ressort d’une juridiction est le périmètre géographique dans lequel elle est compétente pour connaître d’un litige.
📝 Points essentiels
- La compétence matérielle sert à choisir entre juridictions administratives et judiciaires selon que l’administration intervient ou non.
- La matière judiciaire se divise en matière civile (pas d’infraction pénale) et matière pénale (infraction pénale commise).
- Les conflits de compétence peuvent être positifs (les deux ordres se disent compétents) ou négatifs (les deux ordres se disent incompétents).
- Le tribunal des conflits tranche dans les deux cas et décide à quelle juridiction revient le litige.
- Pour les juridictions pénales du premier degré : tribunal de police pour les contraventions, tribunal correctionnel pour les délits, cour criminelle départementale et cour d’assises pour les crimes.
💡 Astuce mémo
Matériel = nature du litige ; Conflit = tribunal des conflits ; Géographique = ressort.
📅 Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|
| 1958 | Constitution de la 5e République siégeant en haut de la pyramide |
| 25 mars 1957 | Traité de Rome (naissance de l’Union européenne, alors CEE) |
| 17/01/1975 | Loi prévoyant une période de 5 ans de non-poursuites pénales pour les femmes ayant recours à l’IVG |
📊 Tableaux de synthèse
Sources informelles vs sources formelles
| Type | Exemples | Rôle |
|---|
| Informelles | Usages et coutumes ; jurisprudence ; actes unilatéraux privés | Créent des règles de droit sans être officiellement instituées par l’État pour cela, mais avec une force normative dans le système |
| Formelles | Constitution ; traités et droit de l’Union/Conseil de l’Europe ; loi ; règlements | Sont institutionnellement posées et reconnues comme habilitées à créer des règles de droit, avec une hiérarchie |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre règle de droit et règle sociale : la règle de droit est générale/impersonnelle, permanente, obligatoire/coercitive (quand elle prescrit/interdit) et invocable en justice.
- Croire que “générale” signifie “à tout le monde” : en réalité, elle vise toute personne entrant dans la “case” de la situation qu’elle décrit.
- Penser que la jurisprudence ne crée jamais du droit en droit privé : l’article 5 du Code civil encadre, mais les décisions restent une source de règles en pratique.
- Mélanger entrée en vigueur et publication : la règle entre en vigueur en principe le lendemain de la publication, mais la loi exige en plus la promulgation.
- Se tromper sur le conflit dans le temps : appliquer la loi nouvelle à un contrat en cours au lieu de la survie de la loi ancienne (sauf ordre public intérieur).
- Inverser la logique hiérarchique : ce n’est pas “la plus récente” qui l’emporte, mais la norme de valeur supérieure dans la pyramide (et il faut vérifier la contrariété).
- Confondre preuve et charge de la preuve : l’objet (faits à prouver) et la charge (qui prouve) ne sont pas la même question que les moyens de preuve (écrit, témoignage, etc.).
✅ Checklist Examen
- Expliquer pourquoi le droit est un phénomène social et distinguer droit objectif (règles pour elles-mêmes) et droit subjectif (droits via application concrète).
- Décrire les caractères de la règle de droit : générale et impersonnelle, permanence (sécurité juridique) et caractère obligatoire/coercitif seulement si prescription/interdiction, puis invocabilité en justice.
- Distinguer sources informelles et formelles, et donner les exemples du cours pour chacune (usages/coutumes, jurisprudence, actes unilatéraux privés ; Constitution, loi, règlements, sources supranationales).
- Expliquer comment la jurisprudence fonctionne comme source en droit public (Conseil d’État) et en droit privé (article 5 C. civ. + pouvoir normatif encadré par un texte de rattachement).
- Maîtriser la pyramide des normes : bloc de constitutionnalité (préambule 1958 renvoyant à 1789/1946/2004 + PFRLR + principes politiques, économiques et sociaux), puis bloc de conventionnalité, puis bloc de légalité.
- Expliquer l’applicabilité des traités : signature ≠ applicabilité en France ; ratification requise (et parfois loi d’autorisation ou référendum) et l’idée de délai avant effet interne.
- Distinguer droit primaire et droit dérivé de l’UE : ratification du primaire (TUE/TFUE) et applicabilité automatique ; dérivé (règlements/directives) adopté par institutions de l’UE.
- Définir loi, domaine de l’article 34 (loi fixe les règles dans certains cas ; détermine les principes fondamentaux dans d’autres) et rôle des règlements d’application ; puis situer ordonnances ratifiées vs non ratifiées.
- Expliquer l’entrée en vigueur et la durée de vie : publication (principe lendemain), promulgation pour la loi (art. 10), exceptions (date ultérieure ; lois à principes avec règlements d’application), puis fin par abrog./
- disparition pour l’avenir
- disparition rétroactive
- annulation (effet comme si jamais).
- Résoudre un conflit dans le temps avec la frise : application immédiate pour le futur, non-rétroactivité pour le passé, survie de la loi ancienne pour les situations contractuelles en cours, et exception d’ordre public (
- application immédiate malgré contrat).“,
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