QCM : Introduction au droit international privé — 64 questions

Questions et réponses du QCM

1. Quels éléments doivent être identiques pour caractériser une litispendance entre deux juridictions d’États membres différents ?

Le domicile des parties, la nationalité et le lieu du contrat
La juridiction choisie, la loi applicable et la date de naissance du litige
Le rapport économique, le montant réclamé et le fondement juridique
Les parties, la cause et l’objet des deux demandes

Les parties, la cause et l’objet des deux demandes

Explication

La litispendance exige l’identité des parties, de la cause et de l’objet, avec des demandes pendantes simultanément dans deux États membres. Un simple rapport étroit entre les demandes caractérise plutôt la connexité.

2. Quelle différence oppose une règle matérielle de droit international privé à une règle de conflit ?

La première apporte une solution de fond, tandis que la seconde désigne la loi applicable
La première écarte le droit étranger, tandis que la seconde applique une norme internationale
La première choisit une loi nationale, tandis que la seconde fixe les conditions du contrat
La première repose sur un rattachement, tandis que la seconde reconnaît une décision étrangère

La première apporte une solution de fond, tandis que la seconde désigne la loi applicable

Explication

Une règle matérielle règle directement la situation internationale sur le fond, alors qu’une règle de conflit se borne à désigner l’ordre juridique compétent. Confondre ces fonctions revient à attribuer à la règle de conflit une solution qu’elle ne fournit pas elle-même.

3. Dans quelle situation une juridiction française peut-elle ouvrir une procédure collective à l’égard d’un débiteur ?

Lorsque le débiteur a conclu un contrat en France, quelle que soit la localisation de ses activités
Lorsque son siège social ou ses intérêts principaux sont en France, ou qu’il y possède un établissement secondaire dans les conditions européennes
Lorsque le débiteur possède des biens en France, sans considération de son siège ou de ses intérêts principaux
Lorsque le créancier principal est français, même sans lien du débiteur avec la France

Lorsque son siège social ou ses intérêts principaux sont en France, ou qu’il y possède un établissement secondaire dans les conditions européennes

Explication

Une procédure collective française peut être ouverte si le débiteur a en France son siège social ou le centre de ses intérêts principaux, ainsi que dans certains cas s’il y possède un établissement secondaire. La seule nationalité d’un créancier ou la présence d’un contrat ne suffit pas à établir cette compétence.

4. Selon l’article 311-14 du Code civil, quelle loi régit en principe la filiation ?

La loi personnelle du père au jour de la reconnaissance de l’enfant
La loi du lieu de naissance de l’enfant au moment de sa naissance
La loi personnelle de la mère au jour de la naissance de l’enfant
La loi personnelle de l’enfant au jour de l’établissement de la filiation

La loi personnelle de la mère au jour de la naissance de l’enfant

Explication

L’article 311-14 rattache la filiation à la loi personnelle de la mère au jour de la naissance. Si la mère n’est pas connue, la loi personnelle de l’enfant devient le rattachement subsidiaire.

5. Quel élément la CJUE a-t-elle retenu dans l’arrêt Pammer et Hotel Alpenhof pour apprécier la compétence protectrice du consommateur ?

La nationalité commune du professionnel et du consommateur, appréciée à partir du contrat
Le paiement du prix dans l’État du consommateur, considéré comme critère déterminant
L’orientation de l’activité du professionnel vers l’État du domicile du consommateur, appréciée par un faisceau d’indices
La présence d’un établissement du professionnel dans l’État du consommateur, exigée dans chaque affaire

L’orientation de l’activité du professionnel vers l’État du domicile du consommateur, appréciée par un faisceau d’indices

Explication

La CJUE exige que l’activité du professionnel soit dirigée vers l’État membre où le consommateur est domicilié, cette orientation étant évaluée à partir d’un faisceau d’indices. La présence physique d’un établissement ou le lieu du paiement ne constitue pas à lui seul le critère déterminant.

6. Quelle juridiction est compétente pour un litige relatif à un droit réel immobilier, sous réserve de l’exception prévue pour certaines locations de courte durée ?

La juridiction du lieu où se situe l’immeuble
La juridiction du domicile du propriétaire de l’immeuble
La juridiction du domicile du locataire au moment du litige
La juridiction du lieu de conclusion du bail immobilier

La juridiction du lieu où se situe l’immeuble

Explication

L’article 24 rattache les droits réels immobiliers aux juridictions du lieu de situation de l’immeuble. Le domicile du propriétaire ou du locataire ne remplace pas ce rattachement immobilier dans ce type de litige.

7. Quelle conception Savigni a-t-il défendue à propos des questions de droit international privé ?

Il les a rattachées au droit public, en considérant que chaque conflit de lois oppose des souverainetés
Il les a subordonnées au droit pénal, car la loi étrangère menace la sécurité de l’État
Il les a exclues du droit privé, car toute situation internationale relève d’un ordre juridique étranger
Il les a rattachées au droit privé, en considérant que la non-application d’une loi ne nie pas son autorité

Il les a rattachées au droit privé, en considérant que la non-application d’une loi ne nie pas son autorité

Explication

Savigni a proposé de traiter les questions de droit international privé comme des questions de droit privé. Selon lui, le fait qu’une loi ne soit pas appliquée à une situation ne porte pas atteinte à son autorité.

8. Pourquoi la règle de conflit bilatérale est-elle qualifiée d’abstraite et de neutre quant au résultat ?

Elle examine le résultat concret des règles en concurrence avant de choisir la loi applicable
Elle recherche les liens les plus étroits sans apprécier le contenu ni l’issue de la loi désignée
Elle privilégie la loi offrant la protection la plus élevée à la partie vulnérable
Elle écarte toute loi étrangère afin de préserver la prévisibilité du droit national

Elle recherche les liens les plus étroits sans apprécier le contenu ni l’issue de la loi désignée

Explication

La règle bilatérale désigne l’ordre juridique qui entretient les liens les plus étroits avec la situation, sans examiner à l’avance le contenu de sa loi. Elle ne privilégie donc pas nécessairement la solution la plus favorable à l’une des parties.

9. Dans l’arrêt Caraslanis du 22 juin 1955, comment le caractère civil ou religieux de la célébration du mariage a-t-il été qualifié ?

Comme une condition de consentement régie par la loi du lieu de résidence
Comme une question de capacité soumise à la loi nationale de chaque époux
Comme une question de forme relevant des conceptions du juge français
Comme une condition de fond appréciée selon la loi personnelle des époux

Comme une question de forme relevant des conceptions du juge français

Explication

L’arrêt Caraslanis a considéré que le caractère civil ou religieux de la célébration concernait la forme du mariage et devait être qualifié selon les conceptions françaises. Il ne s’agissait donc pas d’une condition de fond du mariage.

10. Que fait la méthode indirecte en droit international privé ?

Elle tranche le litige en appliquant une règle matérielle internationale
Elle impose la loi du juge saisi aux relations juridiquement internationales
Elle reconnaît une situation étrangère sans rechercher la loi compétente
Elle désigne la loi applicable sans résoudre directement le fond du litige

Elle désigne la loi applicable sans résoudre directement le fond du litige

Explication

La méthode indirecte utilise une règle de conflit pour déterminer le droit applicable, puis laisse à cette loi le soin de régler le fond. Une règle matérielle, au contraire, fournit directement la solution substantielle.

11. Un juge français saisi d’un litige international doit-il appliquer immédiatement les règles françaises de compétence ?

Non, il vérifie d’abord l’applicabilité du droit de l’Union ou d’une convention internationale
Oui, les règles françaises s’appliquent avant tout examen d’une norme internationale
Non, il applique d’abord la loi choisie par les parties pour déterminer le juge compétent
Oui, sauf lorsque le litige concerne une obligation contractée à l’étranger

Non, il vérifie d’abord l’applicabilité du droit de l’Union ou d’une convention internationale

Explication

Le juge doit d’abord rechercher si le droit de l’Union européenne ou une convention internationale régit la compétence. Les règles françaises de compétence internationale n’interviennent qu’en l’absence d’une telle norme applicable.

12. Pourquoi le droit international privé français est-il qualifié de droit largement jurisprudentiel ?

Parce que la Cour de cassation et le Conseil d’État en constituent les sources les plus essentielles
Parce que les règlements européens ont supprimé la plupart des décisions rendues par les juridictions françaises
Parce que les conventions internationales sont élaborées par les juridictions françaises elles-mêmes
Parce que les dispositions législatives françaises couvrent l’ensemble des conflits de lois

Parce que la Cour de cassation et le Conseil d’État en constituent les sources les plus essentielles

Explication

La jurisprudence de la Cour de cassation et du Conseil d’État constitue la source la plus essentielle du droit international privé français. Les dispositions législatives y sont relativement rares, ce qui écarte l’idée d’une réglementation législative complète.

13. Quel élément détermine principalement la compétence exclusive prévue par l’article 24 du règlement Bruxelles I bis ?

Le domicile du défendeur au moment de la demande
La nationalité commune des parties au contrat
Le lieu où le contrat a été signé par les parties
La localisation du bien ou de l’objet du litige

La localisation du bien ou de l’objet du litige

Explication

La compétence exclusive repose sur un critère de rattachement localisé, tel que la situation de l’immeuble, indépendamment du domicile des parties. Le domicile du défendeur relève plutôt de la compétence générale et ne commande pas cette compétence exclusive.

14. Dans quelle situation la comparution volontaire rend-elle en principe compétente la juridiction saisie ?

Lorsque les parties ont signé une clause générale après le début du procès
Lorsque le défendeur comparaît sans contester la compétence de cette juridiction
Lorsque la juridiction saisie statue sur un droit réel immobilier situé ailleurs
Lorsque le demandeur choisit une juridiction liée à son propre domicile

Lorsque le défendeur comparaît sans contester la compétence de cette juridiction

Explication

La comparution sans contestation de la compétence vaut en principe acceptation de la juridiction saisie. Cette règle cède toutefois lorsqu’une autre juridiction bénéficie d’une compétence exclusive au titre de l’article 24.

15. Quel est l’effet du règlement européen de 2015 sur les anciennes règles françaises de compétence successorale lorsque le défunt résidait en France ?

Elles s’appliquent en complément du règlement lorsque les héritiers sont français
Elles continuent de s’appliquer avec une priorité sur le règlement européen
Elles ne concernent plus que les successions ouvertes devant un juge étranger
Elles ne s’appliquent plus dans cette situation successorale

Elles ne s’appliquent plus dans cette situation successorale

Explication

Depuis le règlement européen de 2015, les anciennes règles françaises de compétence successorale ne régissent plus les situations où le défunt résidait en France. Elles ne se confondent donc pas avec le régime successoral européen désormais applicable.

16. Laquelle de ces propositions regroupe les cinq questions couvertes par le droit international privé ?

Effets des décisions étrangères, droit des sociétés, droit administratif, nationalité et droit des successions
Compétence territoriale, responsabilité pénale, contrats publics, nationalité et statut des fonctionnaires
Conflit de lois, droit fiscal, extradition, protection diplomatique et statut des organisations internationales
Compétence internationale, conflit de lois, effets des décisions étrangères, nationalité et statut des étrangers

Compétence internationale, conflit de lois, effets des décisions étrangères, nationalité et statut des étrangers

Explication

Le droit international privé couvre la compétence internationale, les conflits de lois, les effets des décisions étrangères, la nationalité et le statut des étrangers. Les autres propositions mélangent ces matières avec des domaines qui ne constituent pas cet ensemble.

17. Quelle caractéristique distingue la connexité de la litispendance ?

Elle attribue directement compétence au juge qui a été saisi le premier
Elle exige une identité complète des parties, de la cause et de l’objet des demandes
Elle permet au juge de faire échec à toute compétence exclusive d’une autre juridiction
Elle repose sur un rapport étroit entre les demandes et un risque de décisions inconciliables

Elle repose sur un rapport étroit entre les demandes et un risque de décisions inconciliables

Explication

La connexité concerne des demandes suffisamment liées pour justifier une instruction commune afin d’éviter des solutions inconciliables. Elle ne constitue pas, à elle seule, un chef autonome de compétence et n’exige pas l’identité complète propre à la litispendance.

18. À quel moment la compétence indirecte est-elle principalement examinée ?

Lors de la répartition interne des demandes entre tribunaux français
Lors de la reconnaissance d’une décision rendue par un juge étranger
Lors du choix de la loi applicable aux obligations contractuelles
Lors de la saisine initiale du juge appelé à connaître du litige

Lors de la reconnaissance d’une décision rendue par un juge étranger

Explication

La compétence indirecte sert à apprécier si le juge étranger qui a rendu une décision disposait d’une compétence suffisante pour que cette décision soit reconnue. La saisine initiale relève de la compétence directe.

19. Quel critère fonde en principe la compétence générale selon l’article 4 de Bruxelles I bis ?

Le lieu de naissance du demandeur dans un État membre
Le domicile du défendeur dans un État membre
Le siège de l’avocat représentant le défendeur
La nationalité du défendeur dans un État membre

Le domicile du défendeur dans un État membre

Explication

Une personne domiciliée dans un État membre est en principe assignée devant les juridictions de cet État, quelle que soit sa nationalité. La nationalité du défendeur n’est donc pas le critère général de compétence.

20. Quelle fonction caractérise le droit international privé en tant que droit au second degré ?

Organiser les rapports institutionnels entre les États et les organisations internationales
Déterminer les mécanismes permettant d’appliquer le droit aux relations privées internationales
Fournir directement la solution matérielle à chaque litige entre personnes privées
Établir les sanctions pénales applicables aux infractions commises à l’étranger

Déterminer les mécanismes permettant d’appliquer le droit aux relations privées internationales

Explication

Le droit international privé détermine le droit applicable et les mécanismes de son application dans les relations privées internationales. Le droit matériel, et non le droit international privé, apporte directement la solution au litige.

21. Selon l’article 4 du règlement Rome II, quelle loi régit en principe une obligation non contractuelle ?

La loi du pays où le dommage survient, sauf résidence habituelle commune des parties
La loi du pays dont les tribunaux sont saisis par la victime
La loi du pays dans lequel le contrat entre les parties a été conclu
La loi du pays où l’auteur du fait dommageable possède sa résidence habituelle

La loi du pays où le dommage survient, sauf résidence habituelle commune des parties

Explication

Le lieu de survenance du dommage constitue le rattachement de principe, mais la résidence habituelle commune des parties prend le relais lorsqu’elles résident dans le même pays. Le lieu du procès ou celui de la conclusion d’un contrat ne constitue pas la règle générale indiquée.

22. Quelle combinaison décrit correctement les rattachements alternatifs, hiérarchisés et cumulatifs ?

Les alternatifs écartent la loi étrangère, les hiérarchisés imposent la loi du for, les cumulatifs reconnaissent un jugement
Les alternatifs offrent plusieurs lois, les hiérarchisés les appliquent successivement, les cumulatifs en exigent plusieurs
Les alternatifs suivent un ordre fixe, les hiérarchisés additionnent les liens, les cumulatifs offrent une option
Les alternatifs appliquent plusieurs lois, les hiérarchisés offrent un choix, les cumulatifs les appliquent successivement

Les alternatifs offrent plusieurs lois, les hiérarchisés les appliquent successivement, les cumulatifs en exigent plusieurs

Explication

Les rattachements alternatifs permettent de choisir entre plusieurs lois, les rattachements hiérarchisés organisent l’examen successif des critères, et les rattachements cumulatifs imposent une conformité à plusieurs droits. Les autres combinaisons attribuent à chaque catégorie le mécanisme d’une autre.

23. Dans quelle situation la clause d’exception peut-elle écarter la loi normalement désignée ?

Lorsque le juge préfère appliquer une loi connue des parties au procès
Lorsque plusieurs lois étrangères proposent des solutions différentes au même litige
Lorsque les circonstances révèlent des liens manifestement plus étroits avec la loi d’un autre pays
Lorsque la loi désignée ne contient aucune règle matérielle applicable au contrat

Lorsque les circonstances révèlent des liens manifestement plus étroits avec la loi d’un autre pays

Explication

La clause d’exception autorise le juge à retenir une autre loi lorsque l’ensemble des circonstances établit des liens manifestement plus étroits avec un autre pays. Elle ne sert pas à remplacer la loi désignée par simple préférence ou commodité judiciaire.

24. Quelle situation illustre un conflit de catégories en droit international privé ?

Une succession dont les biens sont répartis entre plusieurs États étrangers
Un enrichissement sans cause situé entre matière délictuelle et matière contractuelle
Un mariage célébré à l’étranger avec des conditions de forme particulières
Un contrat soumis à une loi étrangère désignée par la règle française

Un enrichissement sans cause situé entre matière délictuelle et matière contractuelle

Explication

L’enrichissement sans cause peut être rattaché à la matière délictuelle ou à la matière contractuelle, ce qui crée une frontière entre deux catégories. Cette difficulté de qualification doit être résolue avant de déterminer la loi applicable.

25. Dans quel cas une clause attributive de juridiction est-elle en principe valable dans un litige international ?

Lorsqu’elle désigne un tribunal français, même si les parties ne peuvent disposer de leurs droits
Lorsque les parties l’ont prévue, même si elle écarte une compétence territoriale française impérative
Lorsque les parties peuvent disposer de leurs droits et que la clause ne viole pas une compétence territoriale française impérative
Lorsqu’elle est insérée dans un contrat, indépendamment de la nature internationale du litige

Lorsque les parties peuvent disposer de leurs droits et que la clause ne viole pas une compétence territoriale française impérative

Explication

La clause est en principe valable si les parties disposent de leurs droits et si elle ne porte pas atteinte à une compétence territoriale impérative d’une juridiction française. La liberté contractuelle ne permet donc pas d’écarter une compétence française impérative.

26. Lorsqu’un règlement de l’Union européenne s’applique à une question de droit international privé, quelle conséquence en résulte pour le droit français ?

Les règles françaises occupent une place résiduelle, car le règlement européen prime
Les règles françaises et européennes ont une valeur identique et le juge choisit entre elles
Les règles françaises deviennent applicables aux situations européennes qui comportent un élément d’extranéité
Les règles françaises écartent le règlement européen lorsqu’un juge français est saisi

Les règles françaises occupent une place résiduelle, car le règlement européen prime

Explication

Le droit de l’Union européenne prime les règles françaises lorsqu’un règlement européen est applicable, ce qui réduit alors la place du droit international privé français. Le juge français ne peut donc pas écarter le règlement au profit d’une règle nationale concurrente.

27. Quels éléments peuvent déterminer le domicile d’une personne morale au sens de l’article 63 de Bruxelles I bis ?

Son siège statutaire, son administration centrale ou son principal établissement
Le domicile personnel de son dirigeant ou le lieu de naissance de ses associés
Le lieu de signature du contrat ou la nationalité de ses actionnaires
Le siège de la juridiction saisie ou le domicile de son conseil juridique

Son siège statutaire, son administration centrale ou son principal établissement

Explication

Pour une personne morale, le domicile peut être situé au siège statutaire, à l’administration centrale ou au principal établissement. Les liens personnels des dirigeants et les éléments liés au procès ne constituent pas les critères prévus.

28. Quelle affirmation décrit la codification du droit international privé français ?

Les effets des décisions étrangères sont codifiés, tandis que le statut des étrangers relève de la jurisprudence
Les cinq matières principales sont codifiées dans un code unique consacré au droit international privé
La compétence internationale et les conflits de lois sont codifiés, tandis que la nationalité ne l’est pas
La nationalité et le statut des étrangers sont codifiés, tandis que trois autres matières principales ne le sont pas

La nationalité et le statut des étrangers sont codifiés, tandis que trois autres matières principales ne le sont pas

Explication

En France, la nationalité et le statut des étrangers sont codifiés, contrairement à la compétence internationale, aux conflits de lois et aux effets des décisions étrangères. Il n’existe donc pas de code unique réunissant les cinq matières.

29. Quand une même situation peut relever de plusieurs catégories de droit international privé, à quel problème le juge est-il confronté ?

À une détermination du facteur de rattachement applicable aux contrats
À un classement d’une situation inconnue dans une catégorie du for
À un conflit de catégories nécessitant de retenir sa nature juridique dominante
À un conflit de lois nécessitant de comparer les règles matérielles étrangères

À un conflit de catégories nécessitant de retenir sa nature juridique dominante

Explication

Le conflit de catégories existe lorsque plusieurs qualifications sont envisageables pour une même situation et qu’il faut en dégager la nature dominante. Le classement d’une situation inconnue correspond à une intégration dans une catégorie du for, et non à une opposition entre qualifications.

30. Comment la priorité chronologique règle-t-elle en principe une situation de litispendance ?

La juridiction saisie en premier se dessaisit dès que la seconde rend une décision provisoire
La juridiction saisie en second lieu statue au fond avant de vérifier la compétence de la première
La juridiction saisie en second lieu sursoit puis se dessaisit si la première est compétente
Les deux juridictions poursuivent l’instance jusqu’à ce que l’une obtienne l’accord des parties

La juridiction saisie en second lieu sursoit puis se dessaisit si la première est compétente

Explication

La juridiction saisie en second lieu doit d’abord surseoir à statuer, puis se dessaisir lorsque la compétence de la première juridiction est établie. Cette priorité connaît notamment une exception lorsqu’une compétence exclusive de l’article 24 appartient à la seconde juridiction.

31. Dans quelle séquence la qualification d’une prétention juridique conduit-elle à déterminer la loi applicable ?

Identifier le rattachement, déterminer la loi applicable, puis classer la prétention
Déterminer la loi applicable, identifier la catégorie, puis vérifier le rattachement
Choisir la loi applicable, classer la prétention, puis identifier le rattachement
Classer la prétention, choisir le rattachement, puis déterminer la loi applicable

Classer la prétention, choisir le rattachement, puis déterminer la loi applicable

Explication

La qualification commence par le classement de la prétention dans une catégorie, avant l’association d’un facteur de rattachement et la détermination de la loi applicable. Confondre le classement avec le choix de la loi inverse l’ordre logique du raisonnement.

32. Lequel de ces litiges est exclu du champ d’application matériel de Bruxelles I bis ?

Une demande de paiement fondée sur un contrat de prestation de services
Un litige relatif à l’exécution d’une vente entre deux sociétés privées
Une action concernant la responsabilité de l’État dans l’exercice de la puissance publique
Un différend civil entre un consommateur et un professionnel

Une action concernant la responsabilité de l’État dans l’exercice de la puissance publique

Explication

Le règlement exclut notamment les matières fiscales, douanières et administratives ainsi que la responsabilité de l’État pour les actes accomplis dans l’exercice de la puissance publique. Les autres situations relèvent en principe de la matière civile et commerciale.

33. Quelle caractéristique distingue la règle de conflit de lois bilatérale de la règle unilatérale ?

Elle vérifie si la loi du for couvre une situation internationale donnée
Elle choisit la loi présentant le lien économique le plus important
Elle peut désigner la loi du for ou une loi étrangère selon un rattachement
Elle applique plusieurs lois nationales pour établir une solution commune

Elle peut désigner la loi du for ou une loi étrangère selon un rattachement

Explication

La règle bilatérale localise la situation au moyen d’un critère de rattachement et peut conduire à l’application du droit du for ou d’un droit étranger. La règle unilatérale se limite à déterminer le champ d’application de la loi du for.

34. Dans quelle situation l’influence des droits fondamentaux peut-elle modifier l’application du droit international privé ?

Une règle de conflit désigne une loi étrangère, ce qui permet au juge de modifier librement son contenu
Une convention commerciale existe entre deux États, ce qui rend inapplicables les règles relatives aux droits fondamentaux
Une convention protectrice des droits fondamentaux impose d’écarter une règle de conflit ou de reconnaître les effets d’un jugement étranger
Un jugement étranger est prononcé dans un autre État, ce qui oblige le juge à lui attribuer tous les effets demandés

Une convention protectrice des droits fondamentaux impose d’écarter une règle de conflit ou de reconnaître les effets d’un jugement étranger

Explication

La protection des droits fondamentaux peut conduire à écarter une règle de conflit ou à imposer la reconnaissance d’effets à un jugement étranger lorsqu’une convention l’exige. La seule existence d’une loi étrangère ou d’un jugement étranger ne produit pas automatiquement cette conséquence.

35. Quelle distinction oppose correctement le droit international public et le droit international privé ?

Le premier règle les contrats privés internes, tandis que le second organise les relations diplomatiques entre gouvernements
Le premier concerne les entreprises transnationales, tandis que le second concerne les relations entre États souverains
Le premier régit les rapports entre sujets publics internationaux, tandis que le second régit les rapports transfrontaliers entre personnes privées
Le premier détermine la loi applicable aux familles, tandis que le second fixe les règles des organisations internationales

Le premier régit les rapports entre sujets publics internationaux, tandis que le second régit les rapports transfrontaliers entre personnes privées

Explication

Le droit international public régit notamment les rapports entre États, alors que le droit international privé concerne les rapports transfrontaliers entre personnes privées. Les autres propositions inversent ou déplacent l’objet de ces deux branches du droit.

36. Que caractérise la méthode de la reconnaissance en droit international privé ?

Elle impose une nouvelle décision judiciaire avant de produire un effet dans l’État requis
Elle recherche la loi nationale présentant le rattachement le plus étroit avec la situation
Elle admet dans un État une situation valablement créée et stabilisée dans un autre État
Elle applique la loi du for lorsque les parties possèdent des nationalités différentes

Elle admet dans un État une situation valablement créée et stabilisée dans un autre État

Explication

La méthode de la reconnaissance consiste à accueillir une situation juridique constituée à l’étranger par une autorité compétente, sous réserve de l’ordre public international et de la fraude. Elle ne consiste donc pas à reprendre systématiquement l’analyse conflictuelle pour créer une situation nouvelle.

37. Quelle différence oppose une situation objectivement internationale à une situation subjectivement internationale ?

La première concerne les personnes publiques, tandis que la seconde concerne les relations entre personnes privées
La première comporte des éléments étrangers, tandis que la seconde est internationalisée volontairement par les parties
La première résulte d’un choix de loi étrangère, tandis que la seconde comporte nécessairement plusieurs nationalités
La première dépend du juge saisi, tandis que la seconde dépend du lieu d’exécution de l’obligation

La première comporte des éléments étrangers, tandis que la seconde est internationalisée volontairement par les parties

Explication

Une situation est objectivement internationale lorsqu’elle présente des éléments étrangers dans sa réalité propre. Elle est subjectivement internationale lorsque les parties donnent volontairement une dimension internationale à une relation autrement interne, notamment par un choix de loi étrangère.

38. À quelles conditions une exception de litispendance internationale peut-elle être accueillie par le juge français ?

Les deux tribunaux sont saisis, quelle que soit la date de leur saisine et leur compétence
Le tribunal étranger a été saisi le premier, il est compétent et sa décision pourrait être reconnue en France
Le tribunal français a été saisi le premier, même si le tribunal étranger est compétent
Le tribunal étranger est compétent, même si sa décision ne peut pas être reconnue en France

Le tribunal étranger a été saisi le premier, il est compétent et sa décision pourrait être reconnue en France

Explication

L’exception peut être accueillie lorsque le tribunal étranger a été saisi le premier, qu’il est compétent et que la décision attendue est susceptible d’être reconnue en France. La seule compétence du tribunal étranger ne suffit donc pas si la reconnaissance de sa décision est exclue.

39. En cas de conflit de nationalités, quel critère prévaut en principe lorsqu’il comprend la nationalité du for ?

La nationalité du for, sous réserve des limites liées à la citoyenneté européenne
La nationalité acquise le plus récemment, indépendamment de son effectivité
La nationalité correspondant au lieu de résidence habituelle de la personne
La nationalité de l’État dont la loi protège le mieux les intérêts privés

La nationalité du for, sous réserve des limites liées à la citoyenneté européenne

Explication

La nationalité du for prévaut en principe lorsqu’elle figure parmi les nationalités en conflit. En son absence, les juges recherchent la nationalité la plus effective, avec les limites particulières liées à la citoyenneté européenne.

40. Quel effet produit le caractère impératif des compétences exclusives de l’article 24 ?

Les parties peuvent écarter la règle en choisissant une autre juridiction
Le défendeur peut valider la compétence par une comparution sans réserve
Le juge respecte la clause attributive conclue après la naissance du litige
Le juge relève d’office son incompétence malgré l’accord des parties

Le juge relève d’office son incompétence malgré l’accord des parties

Explication

Les compétences exclusives s’imposent aux parties et obligent le juge à relever d’office son incompétence. Une comparution volontaire ou une clause attributive ne peut donc pas écarter cette compétence.

41. Dans quelle situation existe-t-il un élément d’extranéité ?

Une succession concerne uniquement des biens situés dans un même État
Un litige oppose deux entreprises soumises au même ordre juridique
Un contrat est conclu entre deux personnes domiciliées dans la même ville
Un contrat relie des parties établies dans deux États différents

Un contrat relie des parties établies dans deux États différents

Explication

Un élément d’extranéité rattache une situation juridique à plusieurs États, notamment par le domicile ou la localisation d’un bien. Une situation entièrement rattachée à un seul État ne présente pas cet élément.

42. Lorsqu’un fait dommageable et le dommage se produisent dans deux États différents, quelles juridictions peuvent être saisies en matière délictuelle ?

Celles du siège social de l’assureur ou celles du lieu de résidence du témoin principal
Celles de la nationalité de la victime ou celles du lieu où le jugement sera exécuté
Celles du domicile du demandeur ou celles du lieu où le contrat a été signé
Celles du lieu du fait générateur ou celles du lieu où le dommage s’est produit

Celles du lieu du fait générateur ou celles du lieu où le dommage s’est produit

Explication

L’article 7, point 2, permet de saisir la juridiction du lieu du fait générateur ou celle du lieu où le dommage s’est produit lorsque ces lieux sont distincts. Cette solution découle de l’arrêt Bier c/ Mines de potasse d’Alsace.

43. Dans quelle situation le règlement Bruxelles I bis peut-il trouver à s’appliquer malgré l’absence de domicile du défendeur dans un État membre ?

Lorsque le litige présente un lien étroit avec un État membre
Lorsque le demandeur réside dans un État non membre
Lorsque le contrat a été rédigé dans une langue officielle de l’Union
Lorsque le défendeur possède la nationalité d’un État membre

Lorsque le litige présente un lien étroit avec un État membre

Explication

Le règlement peut notamment s’appliquer lorsque le litige présente un lien étroit avec un État membre, ou dans certaines situations impliquant un consommateur, un travailleur ou un choix de juridiction. La nationalité ou la langue du contrat ne suffit pas à elle seule.

44. À quelles actions le règlement Bruxelles I bis s’applique-t-il dans le temps ?

Aux actions intentées à partir de son entrée en vigueur en 2012
Aux actions introduites après la première décision rendue en application du règlement
Aux actions intentées avant le 10 janvier 2015 si le procès dure encore
Aux actions intentées à partir du 10 janvier 2015

Aux actions intentées à partir du 10 janvier 2015

Explication

Le règlement Bruxelles I bis s’applique aux actions intentées à partir du 10 janvier 2015. Son entrée en vigueur en 2012 ne correspond pas à la date à partir de laquelle il s’applique aux actions.

45. Quel phénomène a favorisé la privatisation des enjeux du droit international privé à partir du XIXe siècle ?

L’intensification des échanges commerciaux, des transports et des migrations entre les États
La réduction des déplacements internationaux et le renforcement des économies autarciques
La concentration des conflits internationaux dans les relations diplomatiques entre gouvernements
La disparition des relations contractuelles entre particuliers établis dans des États différents

L’intensification des échanges commerciaux, des transports et des migrations entre les États

Explication

L’essor des échanges commerciaux, des bateaux à vapeur, des chemins de fer et des migrations a multiplié les relations privées transfrontalières. Cette évolution a déplacé l’attention des seuls rapports interétatiques vers les relations entre personnes privées.

46. Comment la notion de matière civile et commerciale est-elle déterminée dans le règlement Bruxelles I bis ?

Comme une notion autonome du droit de l’Union, interprétée selon les objectifs du règlement
Comme une notion limitée aux litiges entre personnes privées de nationalités différentes
Comme une notion définie par la qualification retenue dans chaque droit national
Comme une notion correspondant aux seules actions fondées sur un contrat

Comme une notion autonome du droit de l’Union, interprétée selon les objectifs du règlement

Explication

La matière civile et commerciale constitue une notion autonome du droit de l’Union, interprétée à la lumière des objectifs, du système et de la finalité du règlement. Elle ne dépend donc pas directement des qualifications nationales.

47. Dans quelle situation y a-t-il conflit de lois en droit international privé ?

Une situation internationale met en concurrence plusieurs lois qui ne peuvent s’appliquer cumulativement
Une partie conteste la validité d’un contrat soumis par accord à une loi unique
Un litige oppose deux juridictions compétentes pour appliquer la même loi nationale
Une situation interne relève d’une seule loi nationale sans élément d’extranéité

Une situation internationale met en concurrence plusieurs lois qui ne peuvent s’appliquer cumulativement

Explication

Le conflit de lois suppose une situation internationale et une concurrence entre plusieurs lois potentiellement applicables, incompatibles avec une application cumulative. Une situation purement interne soumise à une seule loi ne présente pas ce problème.

48. Une entreprise choisit, parmi plusieurs tribunaux compétents, celui dont la loi applicable et la procédure lui paraissent les plus favorables : comment qualifier ce choix ?

Une compétence indirecte portant sur la reconnaissance d’un jugement étranger
Une prorogation de compétence résultant de la comparution du défendeur
Une exception d’incompétence soulevée avant toute défense au fond
Un forum shopping fondé sur la comparaison des cadres juridiques

Un forum shopping fondé sur la comparaison des cadres juridiques

Explication

Le forum shopping consiste à choisir une juridiction parmi plusieurs juridictions compétentes en tenant compte notamment de la loi susceptible d’être appliquée et de la procédure. La prorogation, elle, résulte d’un mécanisme procédural lié à la comparution ou à l’accord des parties.

49. Dans quel cas une clause attributive de juridiction insérée dans un contrat de travail est-elle valable ?

Lorsqu’elle impose au travailleur le tribunal du siège social de l’entreprise
Lorsqu’elle figure dans le contrat sans tenir compte des règles protectrices applicables
Lorsqu’elle est signée avant l’embauche et désigne le tribunal choisi par l’employeur
Lorsqu’elle est conclue après la naissance du différend ou élargit les possibilités offertes au travailleur

Lorsqu’elle est conclue après la naissance du différend ou élargit les possibilités offertes au travailleur

Explication

Une telle clause est valable si elle est postérieure à la naissance du différend ou si elle permet au travailleur de saisir d’autres juridictions que celles prévues par les règles protectrices. Une clause préalablement imposée par l’employeur ne bénéficie pas de cette validité.

50. Quelle condition caractérise une clause attributive de juridiction valable au sens de l’article 25 ?

Elle permet de choisir une juridiction même si la clause est nulle selon son droit
Elle désigne clairement une juridiction et concerne un rapport de droit déterminé
Elle vise toute contestation future sans préciser le rapport juridique concerné
Elle suppose que les parties soient domiciliées dans deux États membres différents

Elle désigne clairement une juridiction et concerne un rapport de droit déterminé

Explication

La clause doit désigner clairement une ou plusieurs juridictions d’un État membre et porter sur un rapport de droit déterminé, tout en étant valable au fond. Une clause générale ou la seule différence de domicile des parties ne suffit pas.

51. Comment le groupement des points de contact désigne-t-il la loi applicable ?

Il additionne plusieurs rattachements pour retenir automatiquement la loi des liens les plus étroits
Il laisse au juge le soin d’écarter la loi désignée au regard de toutes les circonstances
Il applique successivement des critères prévus par une hiérarchie de rattachements
Il exige que la situation respecte simultanément les lois de plusieurs pays

Il additionne plusieurs rattachements pour retenir automatiquement la loi des liens les plus étroits

Explication

Cette méthode combine plusieurs critères de rattachement afin de faire ressortir automatiquement la loi présentant les liens les plus étroits avec la situation. La seconde proposition décrit plutôt le fonctionnement d’une clause d’exception.

52. Que signifie la qualification lege fori en droit international privé français ?

Qualifier la situation selon les catégories retenues par la loi étrangère désignée
Qualifier la situation selon une définition commune imposée par chaque contrat
Qualifier la situation selon les conceptions du juge saisi et ses règles de conflit
Qualifier la situation selon les conceptions du tribunal du lieu de naissance

Qualifier la situation selon les conceptions du juge saisi et ses règles de conflit

Explication

La qualification lege fori demande au juge français d’utiliser ses propres conceptions et ses règles de conflit de lois pour qualifier la situation. Elle ne consiste donc pas à adopter automatiquement les catégories du droit étranger désigné.

53. Dans un litige international, quelle distinction oppose la compétence juridictionnelle à la compétence législative ?

La première désigne le juge saisi, la seconde détermine la loi applicable
La première concerne une décision étrangère, la seconde sa reconnaissance en France
La première répartit les demandes, la seconde vérifie le pouvoir de juger
La première détermine la loi applicable, la seconde désigne le juge saisi

La première désigne le juge saisi, la seconde détermine la loi applicable

Explication

La compétence juridictionnelle identifie le juge compétent, tandis que la compétence législative permet de déterminer la loi applicable au litige. Confondre ces notions revient à attribuer à la compétence juridictionnelle une fonction qui relève de la compétence législative.

54. Dans quelle situation le juge français ne peut-il plus relever d’office son incompétence internationale ?

Lorsque le défendeur conteste la compétence avant de présenter sa défense au fond
Lorsque le défendeur a comparu sans contester la compétence et qu’une prorogation s’est opérée
Lorsque le litige présente un élément d’extranéité reconnu par les deux parties
Lorsque le demandeur a invoqué une règle française de compétence dans son assignation

Lorsque le défendeur a comparu sans contester la compétence et qu’une prorogation s’est opérée

Explication

Le juge peut en principe relever d’office son incompétence internationale, mais cette faculté disparaît lorsqu’une comparution sans contestation a entraîné une prorogation de compétence. Une contestation présentée par le défendeur maintient au contraire la question de compétence dans le débat.

55. Quelle distinction définit correctement les conflits négatif et positif de lois ?

Le conflit négatif oppose deux lois du for, tandis que le conflit positif oppose deux lois étrangères
Le conflit négatif signifie qu’aucune loi ne se reconnaît compétente, tandis que le conflit positif en implique plusieurs
Le conflit négatif concerne la compétence judiciaire, tandis que le conflit positif concerne la validité des contrats
Le conflit négatif signifie que plusieurs lois revendiquent compétence, tandis que le conflit positif n’en implique aucune

Le conflit négatif signifie qu’aucune loi ne se reconnaît compétente, tandis que le conflit positif en implique plusieurs

Explication

Il y a conflit négatif lorsque chaque loi susceptible d’être envisagée refuse de s’appliquer, et conflit positif lorsque plusieurs lois se déclarent compétentes. Les deux notions portent donc sur la prétention des lois à régir la même situation.

56. Où un travailleur peut-il agir contre son employeur selon les règles protectrices de Bruxelles I bis ?

Au domicile de l’employeur ou au lieu où le contrat de travail a été imprimé
Au lieu du fait dommageable ou devant toute juridiction choisie par l’employeur
Au domicile du travailleur ou au siège de l’entreprise cliente de l’employeur
Au domicile de l’employeur, au lieu habituel de travail ou au lieu de l’établissement qui l’a embauché

Au domicile de l’employeur, au lieu habituel de travail ou au lieu de l’établissement qui l’a embauché

Explication

Le travailleur dispose de plusieurs fors protecteurs : le domicile de l’employeur, le lieu habituel de travail et, dans certaines conditions, le lieu de l’établissement qui l’a embauché. Cette pluralité protège le salarié demandeur.

57. Quelle difficulté peut affecter la mise en œuvre d’un facteur de rattachement ?

Il peut imposer une qualification autonome dans tous les systèmes juridiques
Il peut ne pas se réaliser ou être localisé dans plusieurs États
Il peut supprimer l’examen de la loi désignée par le juge saisi
Il peut transformer automatiquement une règle de conflit en règle matérielle

Il peut ne pas se réaliser ou être localisé dans plusieurs États

Explication

Un facteur de rattachement peut être absent, comme pour une personne apatride ou sans domicile, ou être présent dans plusieurs lieux, comme pour une personne ayant plusieurs nationalités. Ces situations compliquent la localisation de la loi applicable.

58. À quel moment une partie doit-elle soulever une exception d’incompétence internationale ?

Avant toute défense au fond et en désignant la juridiction étrangère compétente
Après le jugement, lorsque la compétence du juge français devient contestable
À tout stade de la procédure, sans devoir identifier une autre juridiction
Après avoir présenté ses arguments au fond, afin de préciser le litige

Avant toute défense au fond et en désignant la juridiction étrangère compétente

Explication

La partie doit soulever l’exception d’incompétence avant toute défense au fond et indiquer quelle juridiction étrangère serait compétente. La possibilité pour le juge de relever son incompétence à tout stade ne s’étend pas aux parties.

59. Quand y a-t-il renvoi en droit international privé ?

Lorsque les parties choisissent une loi étrangère pour organiser leurs relations contractuelles
Lorsque la règle française désigne directement les règles matérielles d’une loi étrangère
Lorsque la loi étrangère désignée renvoie, par ses règles de conflit, à la loi française ou à celle d’un État tiers
Lorsque le juge français refuse d’appliquer une loi étrangère contraire à son ordre public

Lorsque la loi étrangère désignée renvoie, par ses règles de conflit, à la loi française ou à celle d’un État tiers

Explication

Le renvoi apparaît lorsque la loi étrangère désignée est prise avec ses propres règles de conflit et qu’elles orientent vers la loi française ou celle d’un État tiers. Une désignation simple vise au contraire la loi matérielle étrangère sans examiner ses règles de conflit.

60. Quel est l’objet principal d’une règle de conflit unilatérale ?

Déterminer si la situation relève du champ d’application de la loi du for
Localiser la situation afin de choisir entre la loi du for et une loi étrangère
Additionner les rattachements pour identifier la loi ayant les liens les plus étroits
Reconnaître une situation créée à l’étranger sous réserve de l’ordre public

Déterminer si la situation relève du champ d’application de la loi du for

Explication

La règle unilatérale délimite le champ d’application du droit du juge saisi. La localisation entre plusieurs lois correspond plutôt à la fonction d’une règle bilatérale.

61. Quelle caractéristique distingue les compétences prévues par l’article 7 de Bruxelles I bis ?

Elles concernent exclusivement les contrats conclus entre consommateurs et professionnels
Elles offrent au demandeur des compétences spéciales et alternatives liées à certaines catégories de litiges
Elles remplacent les règles relatives au domicile par une compétence fondée sur la nationalité
Elles imposent au demandeur de saisir le tribunal du domicile du défendeur dans chaque litige

Elles offrent au demandeur des compétences spéciales et alternatives liées à certaines catégories de litiges

Explication

L’article 7 prévoit des compétences spéciales et alternatives pour diverses matières, notamment contractuelles, délictuelles, successorales de certains biens ou liées à une succursale. Ces compétences complètent la compétence générale fondée sur le domicile du défendeur.

62. Quel comportement caractérise une fraude à la loi ?

Accepter une loi de police étrangère protégeant un intérêt public essentiel
Invoquer une loi étrangère après que le juge a constaté un conflit de catégories
Choisir involontairement un domicile qui rend applicable une loi différente
Modifier volontairement un facteur de rattachement pour obtenir une loi plus favorable

Modifier volontairement un facteur de rattachement pour obtenir une loi plus favorable

Explication

La fraude à la loi suppose une modification volontaire du facteur de rattachement afin d’échapper à la loi normalement applicable et de bénéficier d’une règle plus favorable. Un changement dépourvu d’intention de contournement ne caractérise pas cette fraude.

63. Qui peut être qualifié de consommateur pour l’application des règles protectrices de Bruxelles I bis ?

Une association agissant pour défendre collectivement les intérêts de ses adhérents
Une société concluant un contrat sans lien direct avec son activité principale
Un professionnel achetant un bien pour développer une nouvelle branche commerciale
Une personne physique contractant pour un usage étranger à son activité professionnelle

Une personne physique contractant pour un usage étranger à son activité professionnelle

Explication

Le consommateur est une personne physique qui contracte pour un usage étranger à son activité professionnelle et agit contre un professionnel dans les conditions prévues. Une association de défense des consommateurs ne répond pas à cette définition.

64. Comment une règle de conflit de lois bilatérale détermine-t-elle la loi applicable ?

Elle associe une catégorie de rattachement à un facteur localisant la situation dans un ordre juridique
Elle choisit la loi dont le contenu paraît le plus favorable à la partie demanderesse
Elle applique la loi désignée par la nationalité majoritaire des parties au procès
Elle impose la loi du juge saisi dès qu’un élément étranger apparaît dans le litige

Elle associe une catégorie de rattachement à un facteur localisant la situation dans un ordre juridique

Explication

La règle bilatérale combine une catégorie juridique, comme le statut personnel ou le contrat, avec un facteur de rattachement qui localise la situation. Elle ne choisit pas directement la loi selon son contenu ou selon l’avantage qu’elle procure à une partie.

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Qu'est-ce que le droit international privé ?

Un droit au second degré qui détermine les mécanismes d’application du droit aux relations privées internationales.

Quelles questions couvre le droit international privé ?

La compétence internationale, le conflit de lois, les effets des décisions étrangères, la nationalité et le statut des étrangers.

Qu'est-ce qu'un élément d’extranéité en droit international privé ?

Un élément d’une situation juridique qui la rattache à plusieurs États.

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