QCM : Introduction générale au droit (72 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Que signifie l’adage latin « ubi societas ibi ius » ?

Là où il y a une autorité, il y a une loi.
Là où il y a un conflit, il y a une sanction.
Là où il y a des individus, il y a un contrat.
Là où il y a une société, il y a du droit.

Là où il y a une société, il y a du droit.

Explication

Cet adage exprime la présence du droit dès lors qu’existe une société. Il ne signifie pas que le droit apparaît uniquement en présence d’un conflit ou d’une autorité.

2. Comment le droit contribue-t-il à régler les désaccords entre les personnes ?

Il sanctionne tout désaccord avant même que les personnes cherchent une solution.
Il confie le règlement des désaccords aux seules convictions morales des personnes concernées.
Il encadre les comportements afin que les différends soient réglés par des règles plutôt que par la violence.
Il impose aux personnes de renoncer à leurs intérêts pour éviter tout différend.

Il encadre les comportements afin que les différends soient réglés par des règles plutôt que par la violence.

Explication

Le droit organise les relations humaines et permet de résoudre les désaccords par l’application de règles. La morale peut guider les personnes, mais elle ne remplace pas le cadre juridique décrit ici.

3. Une règle générale encadre les rapports entre les personnes en société : de quelle notion relève-t-elle ?

De l’objet de droit, qui désigne une chose susceptible d’être possédée.
Du droit objectif, qui rassemble les règles juridiques gouvernant les rapports sociaux.
Des droits subjectifs, qui désignent les prérogatives reconnues à une personne.
De la capacité juridique, qui permet à une personne de conclure certains actes.

Du droit objectif, qui rassemble les règles juridiques gouvernant les rapports sociaux.

Explication

Le droit objectif désigne l’ensemble des règles juridiques qui gouvernent les rapports entre les personnes vivant en société. Les droits subjectifs correspondent plutôt aux prérogatives individuelles reconnues à ces personnes.

4. Une personne cause un dommage à autrui : quelle obligation découle de l’article 1240 du Code civil ?

Réparer le dommage causé à autrui, conformément à une règle de droit objectif.
Demander à la victime de prouver une faute pénale avant toute réparation.
Verser une somme à l’État, sans que la victime puisse obtenir réparation.
Céder à la victime un bien de valeur équivalente, comme prérogative individuelle.

Réparer le dommage causé à autrui, conformément à une règle de droit objectif.

Explication

L’article 1240 impose à toute personne qui cause un dommage à autrui de le réparer et constitue une règle de droit objectif. L’obligation de réparer ne suppose pas, selon cette unité, que la victime établisse d’abord une faute pénale.

5. En France, quel est le statut des règles religieuses au regard de l’État ?

Elles remplacent les règles étatiques dans les matières touchant aux croyances.
Elles deviennent des règles étatiques lorsqu’elles sont suivies par une majorité de citoyens.
Elles ne constituent pas des règles étatiques, conformément au principe de laïcité.
Elles sont des règles étatiques dès lors qu’elles concernent la vie collective.

Elles ne constituent pas des règles étatiques, conformément au principe de laïcité.

Explication

Le principe de laïcité affirmé à l’article premier de la Constitution signifie que les règles religieuses ne sont pas des règles étatiques. Leur adhésion par une partie de la population ne leur confère pas, à elle seule, ce statut.

6. Que garantit la loi de 1905 relative à la séparation des Églises et de l’État ?

La liberté de conscience, le libre exercice des cultes et la neutralité de l’État.
La primauté des prescriptions religieuses sur les règles juridiques nationales.
La gestion des cultes par les autorités publiques au nom de la neutralité.
La reconnaissance par l’État d’une religion officielle et la liberté de culte.

La liberté de conscience, le libre exercice des cultes et la neutralité de l’État.

Explication

La loi de 1905 garantit la liberté de conscience et le libre exercice des cultes, tout en prévoyant la neutralité de l’État. La neutralité ne signifie pas que l’État reconnaît une religion officielle.

7. Quelle différence distingue principalement les règles religieuses des règles de droit ?

Les règles religieuses poursuivent une finalité spirituelle, tandis que le droit organise les rapports sociaux sans imposer de convictions.
Les règles religieuses sont établies par l’État, tandis que le droit dépend des convictions personnelles.
Les règles religieuses et le droit poursuivent la même finalité, mais prévoient des sanctions différentes.
Les règles religieuses organisent les rapports sociaux, tandis que le droit détermine les croyances intérieures.

Les règles religieuses poursuivent une finalité spirituelle, tandis que le droit organise les rapports sociaux sans imposer de convictions.

Explication

Les règles religieuses visent une finalité spirituelle et peuvent porter sur les croyances intérieures, alors que le droit organise concrètement les rapports sociaux sans imposer de convictions. L’organisation des croyances intérieures ne caractérise donc pas la fonction du droit dans cette distinction.

8. En droit français, quelle conséquence juridique peut avoir un mensonge ?

Il relève du droit civil dès qu’il porte sur une croyance ou une valeur morale.
Il n’entraîne pas à lui seul de sanction juridique, mais un mensonge constitutif d’escroquerie peut relever du droit pénal.
Il entraîne une sanction pénale dès qu’il cause un désaccord entre deux personnes.
Il constitue une infraction pénale chaque fois qu’il est prononcé devant autrui.

Il n’entraîne pas à lui seul de sanction juridique, mais un mensonge constitutif d’escroquerie peut relever du droit pénal.

Explication

Le mensonge ne constitue pas à lui seul une cause de sanction juridique, mais il peut relever du droit pénal s’il constitue une escroquerie. Un désaccord lié à un mensonge ne suffit donc pas, en soi, à établir une infraction.

9. Dans son sens d’idéal, que désigne la justice ?

Une valeur à laquelle le droit peut tendre, et non l’institution judiciaire elle-même.
L’ensemble des tribunaux chargés d’appliquer les règles de droit.
Une procédure permettant de répartir les charges publiques entre citoyens.
Le pouvoir du juge de remplacer les règles applicables par ses convictions.

Une valeur à laquelle le droit peut tendre, et non l’institution judiciaire elle-même.

Explication

La justice entendue comme idéal est une valeur à laquelle le droit peut tendre, distincte de l’institution judiciaire. Les tribunaux relèvent de la justice organique, et non de cette notion de justice comme idéal.

10. Une politique répartit les richesses et les charges de l’État entre la collectivité et les individus : quelle conception de la justice mobilise-t-elle ?

La justice comme idéal, qui désigne une valeur plutôt qu’un mode de répartition.
L’équité judiciaire, qui adapte une solution aux circonstances d’un litige particulier.
La justice commutative, qui rétablit un équilibre par une égalité arithmétique entre personnes.
La justice distributive, qui porte sur la répartition des richesses et des charges.

La justice distributive, qui porte sur la répartition des richesses et des charges.

Explication

La justice distributive concerne la répartition des richesses et des charges de l’État entre la collectivité et les individus. La justice commutative vise plutôt l’équilibre entre des personnes selon une égalité arithmétique.

11. Une personne possède un bien pendant une certaine durée et en devient propriétaire, bien qu’il ait appartenu auparavant à quelqu’un d’autre : quel mécanisme est en jeu ?

La justice commutative, qui rétablit un équilibre entre des personnes.
L’équité judiciaire, qui adapte une solution aux circonstances du litige.
La prescription extinctive, qui fait perdre la possibilité d’exercer un droit faute d’usage dans un délai.
La prescription acquisitive, fondée sur la possession prolongée du bien.

La prescription acquisitive, fondée sur la possession prolongée du bien.

Explication

La prescription acquisitive permet d’acquérir la propriété d’un bien par une possession qui se prolonge pendant une certaine durée. La prescription extinctive concerne plutôt la perte de la possibilité d’exercer un droit faute d’usage dans un délai fixé.

12. Un juge tient compte des circonstances propres à un litige pour individualiser la solution : à quoi correspond cette démarche ?

À l’équité judiciaire, qui adapte la solution aux circonstances concrètes.
À la prescription acquisitive, qui permet d’acquérir un bien par possession prolongée.
À la règle générale et abstraite, qui s’applique de la même manière à tous.
À la justice distributive, qui répartit les richesses et les charges publiques.

À l’équité judiciaire, qui adapte la solution aux circonstances concrètes.

Explication

L’équité judiciaire individualise la solution en prenant en compte les circonstances concrètes. Une règle générale et abstraite se caractérise au contraire par son application à tous, plutôt que par l’adaptation au cas particulier.

13. En quoi le caractère général et abstrait de la règle de droit constitue-t-il une garantie ?

Il transforme toute règle sociale en une obligation assortie d’une sanction pénale.
Il réserve l’application de la règle aux personnes désignées par une autorité.
Il assure une application uniforme et impersonnelle, limitant ainsi l’arbitraire.
Il permet aux parties d’écarter la règle lorsqu’elle leur paraît inéquitable.

Il assure une application uniforme et impersonnelle, limitant ainsi l’arbitraire.

Explication

Une règle générale et abstraite s’applique uniformément et impersonnellement, ce qui favorise l’égalité et limite l’arbitraire. Le fait de pouvoir écarter la règle par accord caractérise plutôt une règle supplétive.

14. Une règle laisse à une personne le choix d’exercer ou non une faculté qui lui est reconnue. Quel type de disposition décrit cette situation ?

La formulation d’une interdiction dont la violation peut être poursuivie.
La reconnaissance d’une liberté que la personne peut choisir d’exercer ou non.
L’application d’une règle supplétive en l’absence d’accord entre les parties.
L’imposition d’une obligation dont la personne doit assurer l’exécution.

La reconnaissance d’une liberté que la personne peut choisir d’exercer ou non.

Explication

Une règle de droit peut reconnaître une liberté dont la personne décide de faire usage ou non. Une obligation, contrairement à cette faculté, impose une conduite à son destinataire.

15. Deux parties souhaitent écarter une règle qui s’impose absolument à elles : comment cette règle se distingue-t-elle d’une règle supplétive ?

La règle impérative ne peut être écartée par leur accord, tandis que la règle supplétive intervient en l’absence de volonté contraire.
La règle impérative reconnaît une liberté, tandis que la règle supplétive prévoit une interdiction pénalement sanctionnée.
La règle impérative concerne une catégorie de personnes, tandis que la règle supplétive garantit une application uniforme.
La règle impérative s’applique en l’absence de volonté contraire, tandis que la règle supplétive s’impose malgré leur accord.

La règle impérative ne peut être écartée par leur accord, tandis que la règle supplétive intervient en l’absence de volonté contraire.

Explication

La règle impérative s’impose aux intéressés, qui ne peuvent pas l’écarter par accord, alors que la règle supplétive s’applique si les parties n’ont pas exprimé de volonté contraire. L’absence de volonté contraire est donc associée à la règle supplétive, et non à la règle impérative.

16. Que signifie le caractère coercitif d’une règle de droit ?

Sa violation peut être poursuivie en justice et sanctionnée par l’autorité publique.
Son application dépend du consentement exprimé par les personnes concernées.
Son contenu doit être identique aux convictions morales de chaque personne.
Son champ d’application se limite à une catégorie professionnelle déterminée.

Sa violation peut être poursuivie en justice et sanctionnée par l’autorité publique.

Explication

Le caractère coercitif signifie que l’autorité publique peut faire poursuivre et sanctionner la violation d’une règle de droit. Une application fondée sur le consentement volontaire décrit plutôt le droit souple.

17. Quelles infractions les sanctions pénales ont-elles pour fonction de réprimer ?

Les contraventions, les délits et les crimes.
Les litiges administratifs, les désaccords civils et les manquements moraux.
Les recommandations, les incitations et les engagements volontaires.
Les dommages contractuels, les dommages extracontractuels et les nullités.

Les contraventions, les délits et les crimes.

Explication

Les sanctions pénales répriment les infractions classées en contraventions, délits et crimes. Les dommages contractuels et extracontractuels relèvent de distinctions propres à la responsabilité civile.

18. Un dommage résulte de l’inexécution d’un engagement prévu dans un contrat : quelle responsabilité civile correspond à cette situation ?

La responsabilité contractuelle, car le dommage survient dans le cadre d’un contrat.
La responsabilité extracontractuelle, car le dommage est subi par une autre personne.
La responsabilité pénale, car tout dommage issu d’un contrat constitue une infraction.
La responsabilité administrative, car le dommage implique l’intervention d’une autorité publique.

La responsabilité contractuelle, car le dommage survient dans le cadre d’un contrat.

Explication

La responsabilité est contractuelle lorsque le dommage survient dans le cadre d’un contrat. La responsabilité extracontractuelle concerne plutôt un dommage survenu en dehors d’un contrat.

19. Quel effet produit la nullité d’un contrat formé en violation d’une règle juridique obligatoire ?

Elle maintient le contrat tout en imposant une réparation pour le dommage causé.
Elle anéantit rétroactivement le contrat, qui est censé n’avoir jamais existé.
Elle suspend le contrat jusqu’à ce que les parties obtiennent une autorisation judiciaire.
Elle transforme le contrat en engagement volontaire dépourvu de force contraignante.

Elle anéantit rétroactivement le contrat, qui est censé n’avoir jamais existé.

Explication

La nullité anéantit l’acte formé en violation de règles obligatoires et produit un effet rétroactif. Une simple réparation du dommage ne décrit pas cet effet d’anéantissement.

20. Comment le droit souple se distingue-t-il du droit qui impose des conduites par la contrainte ?

Il annule rétroactivement les actes qui contreviennent à ses prescriptions.
Il propose des conduites par l’incitation et l’adhésion volontaire.
Il classe les infractions selon leur gravité et leur nature pénale.
Il impose des conduites par des sanctions décidées par l’autorité publique.

Il propose des conduites par l’incitation et l’adhésion volontaire.

Explication

Le droit souple propose des conduites auxquelles les acteurs adhèrent volontairement, contrairement au droit qui agit par la contrainte. Les sanctions et l’annulation d’actes relèvent de mécanismes contraignants.

21. Comment le droit naturel se situe-t-il par rapport au droit positif ?

Il constitue l’ensemble des règles valides édictées par l’État à une époque donnée.
Il désigne les usages sociaux qui évoluent selon les pratiques d’une société.
Il correspond aux décisions judiciaires qui précisent le sens des règles écrites.
Il constitue un droit idéal, supérieur et immuable qui inspire et limite le droit positif.

Il constitue un droit idéal, supérieur et immuable qui inspire et limite le droit positif.

Explication

Le droit naturel est conçu comme un droit idéal, supérieur et immuable qui inspire et limite le droit positif. L’ensemble des règles valides en vigueur relève plutôt du droit positif.

22. Pour un jusnaturaliste, que convient-il de faire face à une loi positive contraire au droit naturel ?

Désobéir à cette loi, car une loi positive contraire au droit naturel est injuste.
Remplacer cette loi par une règle sociale adoptée volontairement par les citoyens.
Appliquer cette loi, car sa validité suffit à la rendre conforme à la justice.
Suspendre cette loi, car seule une autorité judiciaire peut établir le droit naturel.

Désobéir à cette loi, car une loi positive contraire au droit naturel est injuste.

Explication

Pour les jusnaturalistes, une loi positive contraire au droit naturel est injuste et doit être désobéie. L’idée que sa validité suffirait à déterminer sa justice correspond davantage à une approche positiviste.

23. Quel penseur situe les lois naturelles dans l’ordre de la nature ?

Aristote situe les lois naturelles dans l’ordre de la nature.
Un penseur positiviste rattache les lois naturelles à la contrainte organisée par l’État.
Saint-Thomas d’Aquin identifie les lois naturelles à la loi divine.
Grotius estime que les lois naturelles se découvrent par la raison humaine.

Aristote situe les lois naturelles dans l’ordre de la nature.

Explication

Aristote situe les lois naturelles dans l’ordre de la nature. Saint-Thomas d’Aquin les identifie plutôt à la loi divine, tandis que Grotius les rattache à la raison humaine.

24. Une règle est valide, mais son contenu est moralement injuste : comment le positivisme juridique comprend-il cette situation ?

La validité dépend de l’adhésion volontaire des acteurs concernés.
La règle ne devient valide que si elle exprime un droit naturel immuable.
La validité juridique peut exister indépendamment d’un idéal de justice.
L’injustice morale rend nécessairement la règle juridiquement inexistante.

La validité juridique peut exister indépendamment d’un idéal de justice.

Explication

Le positivisme juridique sépare l’existence et la validité du droit d’un idéal de justice, de sorte qu’une règle valide peut être moralement injuste. L’idée que la validité dépend de la conformité au droit naturel relève plutôt du jusnaturalisme.

25. Une administration prend une décision dans l’exercice d’une mission de service public. Quelle distinction permet principalement de qualifier le rapport juridique en cause ?

Le droit commercial régit les rapports de l’administration avec les particuliers dès qu’une activité économique est en jeu.
Le droit privé s’applique dès qu’un particulier est concerné, même lorsque l’administration exerce une mission publique.
Le droit pénal régit toute décision administrative susceptible d’avoir des conséquences pour une personne privée.
Le droit public encadre l’activité de la personne publique dans l’exercice de sa mission, contrairement aux rapports privés ordinaires.

Le droit public encadre l’activité de la personne publique dans l’exercice de sa mission, contrairement aux rapports privés ordinaires.

Explication

Le droit public régit notamment l’activité des personnes publiques lorsqu’elles exercent leurs missions publiques et leurs rapports avec les particuliers dans ce cadre. La présence d’un particulier ne suffit pas à faire relever la relation du droit privé.

26. Une personne publique conclut un contrat pour une activité qui relève de la gestion privée. Quelle conclusion faut-il tirer de la seule présence de cette personne publique ?

Elle impose le droit commercial, car le contrat porte sur une activité de gestion.
Elle impose le droit public, car toute relation impliquant une personne publique relève de ce droit.
Elle ne suffit pas à imposer le droit public, car la qualification dépend de la nature et du régime du rapport.
Elle impose le droit pénal, car l’activité est exercée par une personne publique.

Elle ne suffit pas à imposer le droit public, car la qualification dépend de la nature et du régime du rapport.

Explication

La présence d’une personne publique ne détermine pas à elle seule le droit applicable : certaines de ses activités relèvent du droit privé. L’application du droit public n’est donc pas automatique du seul fait de l’identité d’une partie.

27. Un litige porte sur une décision prise par une personne publique dans le cadre de son action administrative. Quel ordre de juridiction est principalement compétent ?

L’ordre administratif, car le litige met en cause l’action d’une personne publique.
L’ordre judiciaire, car toute contestation opposant des parties relève de cet ordre.
L’ordre pénal, car toute contestation d’une décision publique constitue une infraction.
L’ordre commercial, car une décision publique peut avoir des effets économiques.

L’ordre administratif, car le litige met en cause l’action d’une personne publique.

Explication

Les litiges mettant en cause l’action des personnes publiques relèvent principalement de l’ordre administratif. L’ordre judiciaire est principalement compétent pour les litiges de droit privé.

28. Aucune règle spéciale ne s’applique à un rapport de droit privé. Quel droit sert alors de référence générale ?

Le droit commercial, qui constitue le droit commun de tous les rapports privés.
Le droit international privé, qui régit les rapports privés sans élément d’extranéité.
Le droit civil, qui constitue le droit commun du droit privé.
Le droit pénal, qui fournit les règles générales applicables aux personnes privées.

Le droit civil, qui constitue le droit commun du droit privé.

Explication

Le droit civil est le droit commun du droit privé et s’applique lorsqu’aucune règle spéciale ne régit la situation. Le droit commercial, contrairement au droit civil, adapte les règles aux commerçants et aux actes de commerce.

29. Quelle est la place de la Constitution dans l’ordre juridique interne français ?

Elle est une norme réglementaire qui organise principalement l’activité des juridictions.
Elle est une convention internationale qui fixe les rapports entre les États européens.
Elle en est la norme suprême et fixe les règles fondamentales d’organisation et d’exercice du pouvoir.
Elle est une loi ordinaire qui précise les modalités d’application des traités internationaux.

Elle en est la norme suprême et fixe les règles fondamentales d’organisation et d’exercice du pouvoir.

Explication

La Constitution est la norme suprême de l’ordre juridique interne et établit les règles fondamentales relatives au pouvoir. Un traité international, même supérieur à une loi dans certaines conditions, n’est pas la Constitution.

30. À quelle date la Constitution de la Ve République a-t-elle été adoptée ?

Le 4 octobre 1958.
Le 24 juin 2004.
Le 26 août 1789.
Le 4 octobre 1946.

Le 4 octobre 1958.

Explication

La Constitution de la Ve République a été adoptée le 4 octobre 1958. Le 26 août 1789 correspond à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, qui appartient au bloc de constitutionnalité.

31. À quoi sert principalement le bloc de constitutionnalité dans le contrôle des lois ?

Il regroupe les lois spéciales applicables aux collectivités territoriales et aux administrations.
Il rassemble des textes et règles de valeur constitutionnelle auxquels le Conseil constitutionnel se réfère pour contrôler les lois.
Il rassemble les traités internationaux que le juge ordinaire utilise pour écarter les règlements.
Il réunit les décisions de justice qui déterminent la conformité des traités à la Constitution.

Il rassemble des textes et règles de valeur constitutionnelle auxquels le Conseil constitutionnel se réfère pour contrôler les lois.

Explication

Le bloc de constitutionnalité rassemble les normes de valeur constitutionnelle servant de référence au Conseil constitutionnel dans le contrôle de conformité des lois. Il ne se confond pas avec les traités internationaux, qui constituent une autre catégorie de normes.

32. Selon l’article 55 de la Constitution, quelle règle encadre en principe la supériorité d’un traité sur une loi ?

Le traité doit être ratifié par tous les États européens et validé par le Conseil constitutionnel avant de primer une loi.
Le traité doit être approuvé par le Parlement et appliqué par chaque État signataire, y compris pour les conventions relatives aux droits de l’homme.
Le traité doit être régulièrement ratifié ou approuvé et publié, et la réciprocité est en principe requise, sauf pour les conventions relatives aux droits de l’homme.
Le traité doit être publié et compatible avec chaque loi antérieure, tandis que la réciprocité ne concerne que les conventions relatives aux droits de l’homme.

Le traité doit être régulièrement ratifié ou approuvé et publié, et la réciprocité est en principe requise, sauf pour les conventions relatives aux droits de l’homme.

Explication

L’article 55 accorde une autorité supérieure aux lois aux traités et accords régulièrement ratifiés ou approuvés et publiés, sous réserve de réciprocité. Cette condition de réciprocité ne s’applique pas aux conventions relatives aux droits de l’homme.

33. Une décision européenne désigne une entreprise comme destinataire. À qui ses éléments obligatoires s’imposent-ils ?

Aux institutions européennes, tandis que les destinataires désignés peuvent s’en écarter.
À tous les acteurs économiques concernés par le même secteur, même s’ils ne sont pas désignés.
Aux États membres concernés, mais pas à l’entreprise désignée par la décision.
À l’entreprise désignée, tandis que la décision n’oblige en principe pas les personnes qu’elle ne désigne pas.

À l’entreprise désignée, tandis que la décision n’oblige en principe pas les personnes qu’elle ne désigne pas.

Explication

Une décision est obligatoire dans tous ses éléments pour les destinataires qu’elle désigne. Sa portée ne s’étend pas en principe aux personnes non désignées, contrairement à ce que suggère une application générale à tout un secteur.

34. Une institution souhaite orienter les comportements d’acteurs économiques sans leur imposer une obligation juridique. Quel instrument correspond à cet objectif ?

Une loi, qui oriente les comportements sans créer d’obligations pour ses destinataires.
Un traité, qui constitue un conseil dépourvu d’effet obligatoire pour les États concernés.
Une décision, qui relève du droit souple et laisse ses destinataires libres de la suivre.
Une recommandation ou un avis, qui relève du droit souple et n’a pas de caractère obligatoire.

Une recommandation ou un avis, qui relève du droit souple et n’a pas de caractère obligatoire.

Explication

Les recommandations et les avis orientent les comportements sans être obligatoires et relèvent ainsi du droit souple. Une décision, à l’inverse, est obligatoire pour les destinataires qu’elle désigne.

35. Quelle caractéristique distingue le Conseil de l’Europe dans l’organisation de la coopération européenne ?

C’est une institution de l’Union européenne créée en 1950 qui réunit ses seuls États membres.
C’est une organisation internationale créée en 1949 qui réunit des États européens, y compris des États hors de l’Union européenne.
C’est une organisation économique créée en 1958 qui réunit des États du continent européen.
C’est une juridiction internationale créée en 1949 qui regroupe uniquement les États de l’Union européenne.

C’est une organisation internationale créée en 1949 qui réunit des États européens, y compris des États hors de l’Union européenne.

Explication

Le Conseil de l’Europe est une organisation internationale créée en 1949 et compte des États européens qui ne sont pas membres de l’Union européenne. Il ne se confond donc pas avec une institution de l’Union.

36. Où et quand la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales a-t-elle été signée ?

À Paris, en 1958.
À Strasbourg, en 1949.
À Genève, en 1946.
À Rome, en 1950.

À Rome, en 1950.

Explication

La Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales a été signée à Rome en 1950. Strasbourg est associée au Conseil de l’Europe, mais ne correspond pas au lieu et à l’année de signature de la Convention.

37. Un décret contient une règle générale, obligatoire et contraignante. Comment peut-il être qualifié au regard de la distinction entre loi matérielle et loi formelle ?

De règlement sans portée législative, car un décret ne peut être une loi au sens matériel
De loi au sens matériel, car son contenu présente les caractéristiques d’une loi
De loi au sens formel, car toute règle contraignante relève du Parlement
De loi au sens formel, car son caractère général suffit à déterminer son auteur

De loi au sens matériel, car son contenu présente les caractéristiques d’une loi

Explication

La qualification matérielle dépend du contenu général, obligatoire et contraignant de la norme, quel que soit l’organe qui l’édicte. La qualification formelle dépend, elle, de l’auteur et de la procédure, et non du seul caractère général de la règle.

38. Qu’est-ce qui caractérise une loi au sens formel ?

Un texte adopté par le Parlement selon la procédure prévue par la Constitution
Une norme générale adoptée par le Gouvernement dans l’exercice du pouvoir réglementaire
Un texte publié au Journal officiel après avoir été promulgué par le Président
Une règle obligatoire dont le contenu concerne l’intérêt général

Un texte adopté par le Parlement selon la procédure prévue par la Constitution

Explication

La loi au sens formel est définie par son adoption par le Parlement selon la procédure constitutionnelle. Une norme du Gouvernement peut présenter un caractère général et obligatoire, mais cela ne lui confère pas pour autant la forme législative.

39. Dans une matière relevant de l’article 34, la loi fixe les principes fondamentaux. Quel rôle peut alors jouer le pouvoir réglementaire ?

Déterminer seul si la matière relève du domaine de la loi
Préciser les modalités d’application des principes fixés par la loi
Adopter la loi à la place du Parlement selon la procédure ordinaire
Remplacer les principes législatifs par des règles sans lien avec eux

Préciser les modalités d’application des principes fixés par la loi

Explication

Dans certains domaines visés par l’article 34, le Parlement fixe les principes fondamentaux et le pouvoir réglementaire en précise les modalités. Le pouvoir réglementaire ne se substitue donc pas au Parlement pour fixer ces principes.

40. Une matière n’est pas comprise dans le domaine de la loi défini par la Constitution. Quel caractère lui attribue l’article 37 ?

Un caractère réglementaire
Un caractère législatif ordinaire
Un caractère constitutionnel soumis à révision
Un caractère organique réservé au Parlement

Un caractère réglementaire

Explication

L’article 37 attribue un caractère réglementaire aux matières qui ne relèvent pas du domaine de la loi. Le fait qu’une matière soit encadrée par une règle ne suffit pas à la faire entrer dans le domaine législatif.

41. Quelles étapes doivent suivre l’adoption d’une loi pour qu’elle entre en vigueur ?

Sa publication et son adoption par le Gouvernement
Sa promulgation et sa publication
Son interprétation et sa confirmation par le Parlement
Son abrogation et sa promulgation

Sa promulgation et sa publication

Explication

Après son adoption, la loi doit être promulguée et publiée pour entrer en vigueur. L’abrogation met fin à l’application d’un texte pour l’avenir et ne constitue pas une étape nécessaire à son entrée en vigueur.

42. Quel est l’effet propre de la promulgation d’une loi par le Président de la République ?

Elle supprime les dispositions antérieures incompatibles avec la loi
Elle constate l’existence de la loi et en ordonne l’exécution
Elle fixe nécessairement la date à laquelle la loi entre en vigueur
Elle porte le texte à la connaissance de tous par sa publication

Elle constate l’existence de la loi et en ordonne l’exécution

Explication

La promulgation est l’acte par lequel le Président constate l’existence de la loi et en ordonne l’exécution. C’est la publication, et non la promulgation, qui vise à porter la loi à la connaissance de tous.

43. Une loi ne fixe aucune date d’entrée en vigueur. À quelle date entre-t-elle en vigueur selon l’article 1er du Code civil ?

Le jour de sa promulgation par le Président
Le jour de son adoption par le Parlement
Le lendemain de sa promulgation, même si elle n’est pas publiée
Le lendemain de sa publication

Le lendemain de sa publication

Explication

À défaut de date prévue par la loi, l’article 1er du Code civil fixe son entrée en vigueur au lendemain de sa publication. Son adoption ou sa promulgation ne remplace pas cette règle de computation.

44. Un nouveau texte contient des dispositions incompatibles avec un texte antérieur, sans mentionner explicitement son abrogation. Comment qualifier cette abrogation ?

Partielle par publication, car seule la diffusion du nouveau texte produit l’abrogation
Rétroactive, car l’incompatibilité détruit les effets passés du texte antérieur
Expresse, car toute adoption d’un texte nouveau abroge formellement l’ancien
Tacite, car l’incompatibilité résulte du contenu des dispositions nouvelles

Tacite, car l’incompatibilité résulte du contenu des dispositions nouvelles

Explication

L’abrogation est tacite lorsque les dispositions nouvelles sont incompatibles avec le texte antérieur sans le dire explicitement. Une abrogation expresse suppose au contraire que le nouveau texte indique explicitement qu’il abroge l’ancien.

45. Une accumulation de textes rend le droit plus difficile à comprendre et moins lisible. À quelle dimension de la crise de la loi cette difficulté correspond-elle ?

À l’instabilité institutionnelle, qui concerne la répartition des pouvoirs
À la dimension quantitative, qui concerne le nombre de textes adoptés
À l’inflation législative, qui désigne la baisse de la qualité des lois
À la dimension qualitative, liée à la complexité et à la lisibilité des textes

À la dimension qualitative, liée à la complexité et à la lisibilité des textes

Explication

La crise qualitative tient notamment à la complexité, à l’instabilité et à la moindre lisibilité des textes. La crise quantitative concerne plutôt leur multiplication, même si cette multiplication peut contribuer à la difficulté de compréhension.

46. Comment distinguer l’inflation législative de l’inflation normative ?

La première désigne l’instabilité des textes, la seconde leur absence de portée normative
La première désigne la complexité des lois, la seconde leur faible lisibilité
La première désigne la multiplication des lois, la seconde celle des normes
La première désigne la multiplication des normes, la seconde celle des lois

La première désigne la multiplication des lois, la seconde celle des normes

Explication

L’inflation législative concerne l’augmentation du nombre de lois, tandis que l’inflation normative vise la multiplication des normes. La distinction porte donc sur l’étendue des textes concernés, et non sur leur complexité ou leur lisibilité.

47. Quelle exigence le Conseil constitutionnel a-t-il reconnue comme objectif de valeur constitutionnelle dans sa décision du 16 décembre 1999 ?

L’accessibilité et l’intelligibilité de la loi
La publication de chaque texte sous forme électronique
La réduction du nombre de lois à un niveau déterminé
La stabilité et l’uniformité de toutes les normes

L’accessibilité et l’intelligibilité de la loi

Explication

Dans sa décision du 16 décembre 1999, le Conseil constitutionnel a reconnu l’objectif de valeur constitutionnelle d’accessibilité et d’intelligibilité de la loi. La décision ne consacre pas un objectif chiffré de réduction du nombre de lois.

48. Quel document doit accompagner un projet de loi déposé par le Gouvernement en application de la loi organique du 15 avril 2009 ?

Un rapport parlementaire attestant que le texte a déjà été adopté selon la procédure ordinaire
Un bilan financier limité aux dépenses publiques déjà engagées par le texte
Une étude d’impact exposant les objectifs et les conséquences de la législation envisagée
Une décision juridictionnelle démontrant que les règles antérieures ont été annulées

Une étude d’impact exposant les objectifs et les conséquences de la législation envisagée

Explication

La loi organique du 15 avril 2009 impose une étude d’impact présentant les objectifs, justifiant le recours à une nouvelle législation et appréciant plusieurs types de conséquences. Un bilan limité aux dépenses publiques ne couvre pas les conséquences juridiques, sociales ou environnementales prévues.

49. Dans le cadre de l’article 38 de la Constitution, qu’est-ce qu’une ordonnance ?

Un règlement pris par une autorité administrative dans le domaine réglementaire
Une décision du Parlement qui délègue au Gouvernement son pouvoir de ratification
Un acte du Président de la République qui modifie directement une loi
Un acte du Gouvernement pris sur habilitation du Parlement pour intervenir dans le domaine législatif

Un acte du Gouvernement pris sur habilitation du Parlement pour intervenir dans le domaine législatif

Explication

L’ordonnance permet au Gouvernement d’intervenir dans le domaine législatif après une habilitation parlementaire prévue par l’article 38. Un règlement administratif intervient dans le domaine réglementaire et ne correspond pas à cette procédure.

50. Quelle séquence décrit correctement la procédure d’adoption d’une ordonnance ?

Le Parlement habilite le Gouvernement, l’ordonnance est prise en Conseil des ministres après avis du Conseil d’État et signée par le Président, puis un projet de ratification est déposé dans le délai fixé
Le Gouvernement adopte une loi d’habilitation, le Président consulte le Parlement, puis le Conseil d’État ratifie l’ordonnance avant sa signature
Le Président habilite le Parlement, l’ordonnance est prise par le Conseil d’État, puis le Gouvernement dépose un projet de ratification sans échéance
Le Conseil d’État habilite le Gouvernement, le Parlement signe l’ordonnance, puis le Président dépose un projet de ratification après le délai fixé

Le Parlement habilite le Gouvernement, l’ordonnance est prise en Conseil des ministres après avis du Conseil d’État et signée par le Président, puis un projet de ratification est déposé dans le délai fixé

Explication

La procédure commence par la loi d’habilitation, puis l’ordonnance est adoptée en Conseil des ministres après avis du Conseil d’État et signée par le Président, avant le dépôt d’un projet de ratification dans le délai prévu. L’habilitation relève du Parlement, et non du Conseil d’État.

51. Quelle est la différence de statut entre une ordonnance expressément ratifiée et une ordonnance non ratifiée ?

Les deux ordonnances restent des actes administratifs, mais la ratifiée devient une norme générale et impersonnelle
La ratification expresse confère une valeur législative, tandis que l’ordonnance non ratifiée demeure formellement un acte administratif réglementaire
La ratification expresse confère une valeur réglementaire, tandis que l’ordonnance non ratifiée devient un acte législatif provisoire
Les deux ordonnances ont une valeur législative, mais seule la ratifiée conserve un caractère administratif

La ratification expresse confère une valeur législative, tandis que l’ordonnance non ratifiée demeure formellement un acte administratif réglementaire

Explication

Une ordonnance expressément ratifiée acquiert valeur législative, alors qu’une ordonnance non ratifiée reste formellement un acte administratif de nature réglementaire. Le caractère réglementaire correspond donc au statut de l’ordonnance non ratifiée, et non à celui de l’ordonnance ratifiée.

52. Une autorité édicte une règle nécessaire à l’exécution d’une loi, tandis qu’une autre intervient dans une matière hors du domaine législatif sans loi préalable : comment qualifier ces deux règlements ?

Les deux sont des règlements autonomes, car ils précisent des règles générales et impersonnelles
Les deux sont des règlements d’application, car ils relèvent d’une autorité administrative
Le premier est un règlement d’application subordonné à la loi, et le second un règlement autonome
Le premier est un règlement autonome, et le second un règlement d’application subordonné à une loi

Le premier est un règlement d’application subordonné à la loi, et le second un règlement autonome

Explication

Le règlement d’application précise les modalités nécessaires à l’application d’une loi et lui est subordonné, tandis que le règlement autonome intervient hors du domaine législatif sans loi préalable. Un règlement autonome n’est donc pas pris pour exécuter une loi déterminée.

53. Saisi d’un litige relevant de sa compétence, que peut faire le juge judiciaire face à un règlement administratif illégal ?

Il peut remplacer le règlement par une règle générale, mais ne peut pas en contrôler la légalité
Il peut suspendre le règlement pour tous les litiges, mais ne peut pas statuer sur son application
Il peut en écarter l’application dans le litige, mais ne peut pas annuler le règlement
Il peut annuler le règlement avec effet général, mais ne peut pas l’écarter dans le litige

Il peut en écarter l’application dans le litige, mais ne peut pas annuler le règlement

Explication

Le juge judiciaire peut écarter l’application du règlement administratif illégal dans le litige dont il est saisi, sans pouvoir l’annuler. L’annulation avec effet général dépasse ainsi le pouvoir que cette règle lui reconnaît.

54. Quel apport l’arrêt Société des cafés Jacques Vabre du 24 mai 1975 a-t-il reconnu au juge judiciaire ?

Écarter l’application d’une loi contraire à un traité, même lorsque cette loi est postérieure au traité
Annuler un traité contraire à la Constitution, même lorsque le litige porte sur une loi
Écarter un traité contraire à une loi, lorsque le traité est postérieur à celle-ci
Annuler une loi contraire à un traité, à condition que cette loi soit antérieure au traité

Écarter l’application d’une loi contraire à un traité, même lorsque cette loi est postérieure au traité

Explication

Dans cet arrêt, la Cour de cassation a admis que le juge judiciaire écarte une loi incompatible avec un traité, y compris lorsque la loi est postérieure. Cette compétence permet d’écarter la loi dans le litige, mais ne consiste pas à l’annuler.

55. Dans la hiérarchie des normes en droit interne français, quelle norme est supérieure aux traités internationaux ?

La loi, comme l’ont affirmé le Conseil d’État dans l’arrêt Fraisse et la Cour de cassation dans l’arrêt Sarran et Levacher
Le règlement administratif, comme l’ont affirmé le Conseil d’État dans l’arrêt Fraisse et la Cour de cassation dans l’arrêt Sarran et Levacher
Le traité international, comme l’ont affirmé le Conseil d’État dans l’arrêt Sarran et Levacher et la Cour de cassation dans l’arrêt Fraisse
La Constitution, comme l’ont affirmé le Conseil d’État dans l’arrêt Sarran et Levacher et la Cour de cassation dans l’arrêt Fraisse

La Constitution, comme l’ont affirmé le Conseil d’État dans l’arrêt Sarran et Levacher et la Cour de cassation dans l’arrêt Fraisse

Explication

En droit interne français, la Constitution est supérieure aux traités internationaux, position affirmée par les deux juridictions dans les arrêts mentionnés. La supériorité des traités sur les lois reconnue par l’article 55 ne les place pas au-dessus de la Constitution.

56. Lorsqu’il tranche un litige particulier, quelle limite l’article 5 du Code civil impose-t-il au juge ?

Il ne peut pas appliquer une règle générale à une situation particulière
Il ne peut pas interpréter une loi lorsque plusieurs parties contestent son application
Il ne peut pas rendre une décision qui tranche les droits des parties au litige
Il ne peut pas édicter à cette occasion une règle générale et obligatoire sous la forme d’un arrêt de règlement

Il ne peut pas édicter à cette occasion une règle générale et obligatoire sous la forme d’un arrêt de règlement

Explication

L’article 5 interdit au juge de prononcer, dans un litige particulier, une règle générale et obligatoire sous la forme d’un arrêt de règlement. Cette interdiction ne l’empêche pas de trancher le cas concret qui lui est soumis.

57. Une loi nouvelle entre en vigueur alors qu’une situation a déjà produit certains effets sous l’ancienne loi. Que protège le principe de non-rétroactivité posé par l’article 2 du Code civil ?

Les effets futurs de toute situation, y compris ceux relevant de la loi nouvelle
Les situations définitivement constituées et les effets déjà produits sous l’empire de la loi ancienne
Les contrats en cours, qui sont réécrits selon les règles de la loi nouvelle
Les infractions antérieures, qui sont réexaminées selon la loi pénale la plus sévère

Les situations définitivement constituées et les effets déjà produits sous l’empire de la loi ancienne

Explication

La non-rétroactivité empêche la loi nouvelle de remettre en cause les situations définitivement constituées et les effets déjà produits sous la loi ancienne. Elle ne doit pas être confondue avec l’application immédiate, qui concerne les effets futurs.

58. Une loi pénale plus douce entre en vigueur après une infraction, mais avant toute condamnation passée en force de chose jugée : quelle règle s’applique ?

La loi plus sévère s’applique rétroactivement dès lors que l’infraction précède la condamnation
La loi plus douce peut s’appliquer rétroactivement à cette infraction selon le principe de rétroactivité in mitius
La loi plus douce s’applique aux infractions futures, mais la loi ancienne régit cette infraction
La loi plus douce s’applique rétroactivement même après une condamnation passée en force de chose jugée

La loi plus douce peut s’appliquer rétroactivement à cette infraction selon le principe de rétroactivité in mitius

Explication

La rétroactivité in mitius permet à la loi pénale plus douce de s’appliquer à une infraction antérieure tant qu’il n’existe pas de condamnation passée en force de chose jugée. Une condamnation définitive marque donc une limite à cette application rétroactive.

59. Un contrat a été conclu avant l’entrée en vigueur d’une loi nouvelle, et ses effets se poursuivent après cette entrée en vigueur. Quelle règle s’applique en principe ?

Le contrat relève de la loi ancienne pour ses effets déjà produits et de la loi nouvelle pour les autres
Le contrat est soumis à la loi choisie par le juge selon la date de chaque effet
Le contrat relève de la loi nouvelle pour tous ses effets qui se produisent après son entrée en vigueur
Le contrat reste soumis à la loi en vigueur au jour de sa conclusion, y compris pour ses effets futurs

Le contrat reste soumis à la loi en vigueur au jour de sa conclusion, y compris pour ses effets futurs

Explication

En principe, la loi en vigueur au jour de la conclusion du contrat continue de régir celui-ci, y compris ses effets futurs, afin de préserver la stabilité des conventions. La règle générale applicable aux effets futurs des situations non contractuelles ne s’applique donc pas de la même manière aux contrats en cours.

60. Une situation juridique se déroule sur le territoire terrestre français, dans la mer territoriale ou dans l’espace aérien français : quel principe territorial s’applique en principe ?

La loi française s’applique sur le territoire terrestre, mais les espaces maritimes et aériens relèvent d’un régime distinct
La loi française s’applique sur le territoire de la République, qui comprend notamment ces espaces et les côtes
La loi française s’applique dans l’espace aérien et sur les côtes, mais pas dans la mer territoriale
La loi française s’applique dans la mer territoriale et sur les côtes, mais pas sur le territoire terrestre

La loi française s’applique sur le territoire de la République, qui comprend notamment ces espaces et les côtes

Explication

La loi française s’applique en principe sur le territoire de la République, qui comprend le territoire terrestre, la mer territoriale, l’espace aérien et les côtes. Exclure la mer territoriale ou l’espace aérien contredirait cette définition du territoire concerné.

61. Une partie réclame des dommages-intérêts, mais ne parvient pas à prouver les faits sur lesquels elle fonde sa demande. Quel risque encourt-elle ?

Être déboutée de son procès faute d’avoir établi les faits invoqués
Obtenir gain de cause si l’autre partie ne prouve pas la règle de droit
Voir sa demande renvoyée devant une juridiction administrative
Faire transférer automatiquement la charge de la preuve au juge

Être déboutée de son procès faute d’avoir établi les faits invoqués

Explication

La partie qui ne prouve pas les faits nécessaires au soutien de sa prétention risque d’être déboutée. L’absence de preuve des faits ne contraint pas le juge à établir lui-même les éléments de la demande.

62. Dans un procès civil, sur quoi porte en principe la preuve apportée par les parties ?

Sur l’ensemble des textes qui organisent la juridiction saisie
Sur les règles de droit français que le juge doit appliquer
Sur les faits nécessaires au succès de leurs prétentions
Sur les interprétations doctrinales possibles de chaque règle

Sur les faits nécessaires au succès de leurs prétentions

Explication

La preuve porte en principe sur les faits nécessaires au succès de la prétention, et non sur la règle de droit que le juge est supposé connaître. Les parties ne sont donc pas chargées de démontrer le contenu du droit français applicable.

63. Un automobiliste heurte un piéton sans avoir voulu provoquer de conséquences juridiques ; comment qualifier cet événement, par opposition à un contrat signé volontairement ?

Deux actes juridiques, car les deux produisent des effets de droit
Un acte juridique, tandis que le contrat est un fait juridique
Un fait juridique, tandis que le contrat est un acte juridique
Deux faits juridiques, car les deux peuvent entraîner une obligation

Un fait juridique, tandis que le contrat est un acte juridique

Explication

Le fait juridique est un événement ou un comportement auquel le droit attache des effets indépendamment de la volonté de les produire ; le contrat est une manifestation de volonté destinée à produire des effets de droit. Le fait que les deux puissent entraîner des conséquences juridiques ne les transforme pas en actes de même nature.

64. Un créancier demande l’exécution d’une obligation, puis le débiteur affirme l’avoir payée. Qui doit prouver chacun de ces éléments ?

Le juge prouve l’obligation, et le débiteur établit son extinction
Le créancier prouve l’obligation, et le juge établit le paiement
Le débiteur prouve l’obligation, et le créancier prouve le paiement
Le créancier prouve l’obligation, et le débiteur prouve le paiement

Le créancier prouve l’obligation, et le débiteur prouve le paiement

Explication

Celui qui réclame l’exécution doit prouver l’obligation, tandis que celui qui se prétend libéré doit établir le paiement ou un autre fait extinctif. Le juge ne se substitue pas au débiteur pour prouver le paiement.

65. Quel élément permet de qualifier un contenu d’écrit au sens du Code civil, même si son support n’est pas du papier ?

Des signes intelligibles, quel que soit le support utilisé
Une signature manuscrite apposée sur un document matériel
Une déclaration orale conservée dans la mémoire d’un témoin
Un acte établi par un officier public compétent

Des signes intelligibles, quel que soit le support utilisé

Explication

L’écrit est constitué de signes intelligibles indépendamment de son support. Une signature manuscrite sur papier n’est donc pas une condition générale de la qualification d’écrit.

66. Dans quelles conditions un écrit électronique possède-t-il la même force probante qu’un écrit sur papier ?

Si l’auteur peut être identifié et si l’intégrité de l’écrit est garantie
Si son contenu est confirmé par deux témoignages indépendants
Si un officier public l’a reçu et en conserve une copie papier
Si le document est imprimé et signé à la main par son auteur

Si l’auteur peut être identifié et si l’intégrité de l’écrit est garantie

Explication

L’écrit électronique peut avoir la même force probante que l’écrit papier lorsque son auteur est identifiable et que son intégrité est garantie. L’impression du document et une signature manuscrite ne constituent pas les conditions énoncées pour cette équivalence.

67. Quelle différence distingue principalement un acte authentique d’un acte sous signature privée ?

L’acte authentique est une déclaration orale, contrairement à l’acte privé qui doit être électronique
L’acte authentique est reçu par un officier public compétent, contrairement à l’acte établi et signé par les parties
L’acte authentique rapporte des faits personnels, contrairement à l’acte privé qui établit une présomption
L’acte authentique est signé par les parties, contrairement à l’acte privé reçu par un officier public

L’acte authentique est reçu par un officier public compétent, contrairement à l’acte établi et signé par les parties

Explication

L’acte authentique est reçu par un officier public compétent, alors que l’acte sous signature privée est établi et signé par les parties sans officier public. La force probante de l’acte authentique, qui fait foi jusqu’à inscription de faux, ne signifie pas qu’il s’agit d’un témoignage.

68. Une personne témoigne de faits qu’elle a elle-même observés ; quelle caractéristique correspond à son témoignage ?

Il reconnaît un fait défavorable, et engage automatiquement son auteur
Il déduit un fait inconnu de faits établis, et doit être concordant
Il rapporte les propos d’un tiers, et sa valeur est fixée par la loi
Il atteste de faits personnellement connus, et sa valeur est appréciée par le juge

Il atteste de faits personnellement connus, et sa valeur est appréciée par le juge

Explication

Le témoignage consiste à attester de faits dont la personne a personnellement connaissance, et sa valeur probante relève de l’appréciation du juge. Le récit des propos d’un tiers correspond à un témoignage indirect, et non à la situation décrite.

69. Une entreprise conteste une décision prise par une administration dans l’exercice de ses activités ; quel ordre de juridiction connaît principalement de ce type de litige ?

L’ordre judiciaire, qui connaît principalement des litiges entre administrations
L’ordre judiciaire, qui traite principalement les litiges liés à l’activité de l’administration
L’ordre administratif, qui traite principalement les litiges liés à l’activité de l’administration
L’ordre administratif, qui connaît principalement des litiges entre personnes privées

L’ordre administratif, qui traite principalement les litiges liés à l’activité de l’administration

Explication

L’ordre administratif connaît principalement des litiges mettant en cause l’activité de l’administration. L’ordre judiciaire traite notamment les litiges entre personnes privées et les infractions pénales.

70. Une personne cherche d’abord le type de juridiction compétent selon la nature de son litige, puis le tribunal compétent selon le lieu ; quelles compétences examine-t-elle ?

La compétence territoriale, puis la compétence d’attribution
La compétence d’appel, puis la compétence pénale
La compétence pénale, puis la compétence d’appel
La compétence d’attribution, puis la compétence territoriale

La compétence d’attribution, puis la compétence territoriale

Explication

La compétence d’attribution dépend de la nature de l’affaire, tandis que la compétence territoriale détermine la juridiction compétente géographiquement. Le raisonnement décrit suit donc cet ordre, et non l’inverse.

71. Un salarié conteste son licenciement par son employeur privé ; quelle juridiction est compétente pour ce litige individuel lié au contrat de travail ?

Le tribunal administratif, compétent pour tout différend portant sur un licenciement
Le tribunal judiciaire, compétent pour tout litige entre un salarié et son employeur
Le tribunal de commerce, compétent pour les litiges individuels du travail privé
Le conseil de prud’hommes, compétent pour les litiges individuels du travail privé

Le conseil de prud’hommes, compétent pour les litiges individuels du travail privé

Explication

Le conseil de prud’hommes juge les litiges individuels liés à un contrat de travail de droit privé entre salarié et employeur. Le tribunal de commerce traite notamment des litiges entre commerçants ou sociétés commerciales, et non de ce différend salarial.

72. Après un jugement, une partie demande à une juridiction supérieure de réexaminer l’affaire sur les faits et sur le droit ; quelle voie de recours exerce-t-elle ?

L’appel, qui permet de demander un nouvel examen en fait et en droit
La compétence territoriale, qui transfère l’affaire à une juridiction supérieure
L’opposition, qui saisit une juridiction supérieure pour réexaminer l’affaire
Le pourvoi en cassation, qui demande un nouvel examen en fait et en droit

L’appel, qui permet de demander un nouvel examen en fait et en droit

Explication

L’appel est une voie de recours ordinaire permettant de demander à une juridiction supérieure de rejuger l’affaire en fait et en droit. Le pourvoi en cassation ne correspond pas à cette définition d’un réexamen portant à la fois sur les faits et le droit.

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les réponses avec 96 flashcards sur Introduction générale au droit.

Que signifie l’adage latin « ubi societas ibi ius » ?

Là où il y a une société, il y a du droit.

Comment le droit permet-il de régler les désaccords ?

Par l’application de règles plutôt que par la violence.

Qu’est-ce que le droit objectif ?

L’ensemble des règles juridiques qui gouvernent les rapports des personnes vivant en société.

Voir les flashcards →

Approfondir avec la fiche

Consultez la fiche de révision complète sur Introduction générale au droit.

Voir la fiche →

Cours similaires

Crée tes propres QCM

Importe ton cours et l'IA génère des QCM avec corrections en 30 secondes.

Générateur de QCM