QCM : Introduction générale au droit (65 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Dans un code, un article réglementaire pris par décret simple porte généralement quelle lettre ?

D
R
C
L

D

Explication

Les articles identifiés par D correspondent à certaines dispositions réglementaires prises par décret simple. L désigne généralement les dispositions législatives, tandis que R identifie les dispositions réglementaires prises par décret; C confond la lettre initiale du mot « code » avec le repérage des articles.

2. Un juge envisage d’énoncer, à l’occasion d’un litige, une règle générale et réglementaire applicable à toutes les affaires futures comparables. Quelle limite s’applique ?

L’article 5 du Code civil interdit toute interprétation judiciaire
L’article 5 du Code civil permet aux parties de fixer la règle judiciaire
L’article 5 du Code civil autorise une règle générale si le litige est nouveau
L’article 5 du Code civil interdit un tel arrêt de règlement

L’article 5 du Code civil interdit un tel arrêt de règlement

Explication

L’article 5 interdit aux juges de prononcer par voie de disposition générale et réglementaire sur les causes soumises : ils ne peuvent donc pas rendre un arrêt de règlement. Cette limite n’interdit pas l’interprétation judiciaire et ne donne pas aux parties le pouvoir de créer des règles générales.

3. Une succession comprend des héritiers dans un pays et des biens dans un autre. Quelle question pose l’application de la loi dans l’espace ?

Déterminer quelle règle s’applique selon la date des faits
Déterminer quelle règle s’applique à une situation liée à plusieurs États
Déterminer quelle autorité territoriale interne est compétente
Déterminer quel tribunal peut connaître du litige

Déterminer quelle règle s’applique à une situation liée à plusieurs États

Explication

L’application de la loi dans l’espace sert à déterminer la règle applicable lorsqu’une situation présente un élément de rattachement à plusieurs États. Le changement de loi dans le temps concerne la date des faits, le tribunal compétent relève d’une question distincte, et la répartition interne porte sur les compétences au sein d’un État.

4. Un tribunal recherche le critère de rattachement pertinent pour un dommage transfrontalier. Le dommage a eu lieu dans un État différent de celui où les parties résident : quel critère figure parmi ceux qui peuvent être retenus ?

Le lieu où le dommage est survenu
Le lieu d’exécution d’un contrat
La résidence habituelle des parties
Le tribunal saisi du litige

Le lieu où le dommage est survenu

Explication

Le lieu où un dommage est survenu fait partie des critères de rattachement possibles. La résidence habituelle peut être pertinente dans certaines situations, le lieu d’exécution concerne notamment les contrats et le tribunal saisi relève de la compétence juridictionnelle.

5. Que vérifie le contrôle de conventionnalité lorsqu’une loi nationale est examinée par une juridiction ?

Sa conformité aux actes administratifs qui lui sont inférieurs
Sa conformité à la Constitution et au bloc de constitutionnalité
Sa conformité aux engagements internationaux et européens applicables
Sa conformité aux règles de procédure fixées par les juridictions

Sa conformité aux engagements internationaux et européens applicables

Explication

Le contrôle de conventionnalité consiste à vérifier qu’une norme nationale est compatible avec les engagements internationaux et européens applicables. La Constitution relève du contrôle de constitutionnalité, tandis que les actes administratifs et les règles de procédure ne définissent pas ce contrôle.

6. Un État adopte de nombreuses lois, mais ses dirigeants peuvent les écarter sans contrôle et les droits fondamentaux ne bénéficient pas d’une protection réelle. Cette situation suffit-elle à caractériser l’État de droit ?

Oui : la présence de tribunaux suffit malgré l’absence de contrôle effectif.
Non : les pouvoirs doivent être effectivement soumis au droit et les droits protégés.
Oui : la proclamation des droits suffit même sans protection concrète.
Oui : l’adoption de lois suffit à établir la soumission des pouvoirs au droit.

Non : les pouvoirs doivent être effectivement soumis au droit et les droits protégés.

Explication

La seule existence de lois ne caractérise pas l’État de droit : les pouvoirs doivent leur être effectivement soumis et les droits fondamentaux bénéficier d’une protection réelle. L’abondance des textes, la présence de tribunaux ou la proclamation de droits ne remplacent pas ces garanties.

7. Un étudiant attribue la Convention européenne des droits de l’homme à l’Union européenne. Quelle distinction permet de corriger cette confusion ?

Le Conseil de l’Europe et l’Union européenne forment un seul système juridique, avec des institutions et des textes communs
Le Conseil de l’Europe et l’Union européenne sont des systèmes juridiques distincts, avec des institutions, des textes et des mécanismes différents
La Convention du Conseil de l’Europe relève du système juridique de l’Union européenne, dont elle constitue un texte
Le Conseil de l’Europe est une institution de l’Union européenne, chargée d’appliquer ses mécanismes juridiques

Le Conseil de l’Europe et l’Union européenne sont des systèmes juridiques distincts, avec des institutions, des textes et des mécanismes différents

Explication

Le Conseil de l’Europe et l’Union européenne constituent deux systèmes juridiques distincts, dotés d’institutions, de textes et de mécanismes différents. Les présenter comme un seul système confond leurs structures, attribuer la Convention à l’Union mélange leurs textes, et intégrer le Conseil de l’Europe à l’Union confond les deux organisations.

8. Une norme est contestée parce que son contenu paraît injuste et qu’elle est peu suivie. Pour apprécier sa validité selon le normativisme, quel élément faut-il examiner ?

La conformité de son contenu aux convictions morales dominantes
Le degré auquel les personnes s’y conforment dans la société
Sa création conformément aux règles de production et sa place dans l’ordre juridique
La fréquence avec laquelle les tribunaux l’appliquent concrètement

Sa création conformément aux règles de production et sa place dans l’ordre juridique

Explication

En normativisme, une norme est valide si elle a été créée conformément aux règles qui déterminent sa production et sa place dans l’ordre juridique. La justice morale, l’efficacité sociale et la fréquence des décisions d’application ne déterminent pas à elles seules cette validité.

9. Lors d’un contrôle constitutionnel, un juriste doit identifier les textes et principes pris en compte au-delà du texte de 1958. Quel ensemble relève du bloc de constitutionnalité ?

La Constitution de 1958, la Déclaration de 1789, la Charte de 2004 et les règlements du gouvernement.
La Constitution de 1958, la Déclaration de 1789, le Préambule de 1946, la Charte de 2004 et les principes de valeur constitutionnelle.
La Constitution de 1958, les lois ordinaires, les règlements administratifs et les décisions des juridictions.
La Constitution de 1958, le Préambule de 1946, les lois organiques et les principes de valeur législative.

La Constitution de 1958, la Déclaration de 1789, le Préambule de 1946, la Charte de 2004 et les principes de valeur constitutionnelle.

Explication

Le bloc de constitutionnalité comprend la Constitution de 1958, la Déclaration de 1789, le Préambule de 1946, la Charte de 2004 ainsi que des principes et objectifs de valeur constitutionnelle reconnus par la jurisprudence. Les lois ordinaires et les règlements ne font pas partie de cet ensemble.

10. Une loi nouvelle entre en vigueur alors qu’une situation juridique se poursuit. Elle régit certains effets qui se produiront désormais, sans remettre en cause les effets déjà produits. Comment qualifier cette application ?

Une rétroactivité fondée sur la date de commencement de la situation.
Un maintien de la loi ancienne pour tous les effets de la situation.
Une rétroactivité remettant en cause les effets juridiques déjà produits.
Une application immédiate aux effets futurs de la situation en cours.

Une application immédiate aux effets futurs de la situation en cours.

Explication

L’application immédiate de la loi nouvelle peut régir les effets futurs de certaines situations en cours sans remettre en cause les effets juridiques passés. La rétroactivité touche au passé, tandis que le maintien de la loi ancienne pour tous les effets ne décrit pas la situation donnée.

11. Une règle autorise les habitants d’une commune à consulter un registre selon une procédure définie. Quel caractère de la règle cette situation illustre-t-elle ?

Le caractère sanctionnateur
Le caractère général
Le caractère contraignant
Le caractère normatif

Le caractère normatif

Explication

Le caractère normatif comprend le fait de prescrire, d’autoriser ou d’organiser un comportement ou une situation juridique. Le caractère général concerne l’application à une catégorie, le caractère contraignant désigne l’imposition de la règle et une sanction n’est pas nécessaire pour qu’une règle soit normative.

12. Une personne privée conteste une décision d’un voisin et une autre est poursuivie pour une infraction pénale. Quel ordre de juridiction est compétent pour ces deux types d’affaires ?

Le tribunal judiciaire seulement
L’ordre judiciaire
Les deux ordres administratifs
L’ordre administratif

L’ordre judiciaire

Explication

L’ordre judiciaire traite de nombreux litiges entre personnes privées ainsi que des affaires pénales. L’ordre administratif concerne de nombreux litiges mettant en cause l’administration, tandis que le tribunal judiciaire ne résume pas toutes les juridictions de l’ordre judiciaire.

13. La loi confie à une juridiction le traitement d’une catégorie précise de litiges afin qu’ils soient examinés selon leurs particularités. Comment qualifie-t-on cette juridiction ?

Une juridiction de droit commun
Une juridiction spécialisée
Une juridiction de second degré
Un ordre juridictionnel

Une juridiction spécialisée

Explication

Une juridiction spécialisée reçoit de la loi une compétence particulière pour traiter certaines catégories de litiges selon leurs spécificités. La juridiction de droit commun connaît des affaires non attribuées ailleurs, le second degré désigne notamment l’appel, et un ordre juridictionnel regroupe plusieurs juridictions.

14. Une autorité publie des recommandations destinées à orienter les pratiques sans créer, à elles seules, des obligations contraignantes comparables à celles d’une règle obligatoire. De quel type d’instrument s’agit-il ?

Une coutume juridique
Une règle de droit obligatoire
Une disposition législative codifiée
Un instrument de droit souple

Un instrument de droit souple

Explication

Le droit souple vise à orienter les comportements sans imposer nécessairement, à lui seul, une obligation juridiquement contraignante. La règle obligatoire se distingue par sa force contraignante, la coutume suppose une pratique accompagnée d’une conviction d’obligation, et la disposition législative est une norme écrite.

15. Quelle démarche constitue un raisonnement juridique pour résoudre une question de droit ?

Évaluer les faits selon des valeurs sociales, puis conclure
Partir d’une impression d’équité, puis retenir la solution souhaitée
Rechercher une règle, puis l’appliquer sans examiner les faits
Partir des faits et des règles, puis qualifier, interpréter et justifier

Partir des faits et des règles, puis qualifier, interpréter et justifier

Explication

Le raisonnement juridique résout une question à partir des faits et des règles applicables, en qualifiant les faits, en interprétant les règles et en justifiant la solution. L’intuition ou l’appréciation morale ne remplacent pas cette démarche, et rechercher une règle sans examiner les faits est incomplet.

16. Une réforme du droit est engagée après des changements importants dans les modes de vie et les activités économiques. Quelle explication rend le mieux compte de cette évolution ?

Le droit change en fonction des seules pratiques économiques et professionnelles.
Le droit évolue sous l’influence des seules transformations politiques et institutionnelles.
Le droit est influencé par des transformations politiques, économiques, sociales et culturelles.
Le droit évolue principalement selon les décisions des juridictions nationales.

Le droit est influencé par des transformations politiques, économiques, sociales et culturelles.

Explication

L’évolution du droit dépend de transformations politiques, économiques, sociales et culturelles. La réduction au politique ou à l’économique omet d’autres facteurs, tandis que les décisions judiciaires ne constituent pas l’explication générale formulée ici.

17. Une autorité administrative prend une décision contraire à une loi et une personne concernée remplit les conditions de recevabilité : quelle démarche peut-elle entreprendre pour contester cette décision ?

Saisir le Conseil constitutionnel pour demander l’annulation de la décision.
Saisir le juge judiciaire pour demander l’annulation de la décision.
Saisir le juge administratif pour demander l’annulation de la décision.
Demander à l’autorité administrative de prononcer l’annulation de sa décision.

Saisir le juge administratif pour demander l’annulation de la décision.

Explication

Une personne concernée peut saisir le juge administratif afin de demander l’annulation d’une décision administrative contraire à la loi, sous réserve de la recevabilité. Le Conseil constitutionnel, le juge judiciaire et l’autorité qui a pris la décision ne sont pas la voie indiquée pour ce recours.

18. Dans un litige, une juridiction constate qu’une loi est incompatible avec un engagement international applicable. Quelle conséquence peut-elle tirer de ce constat ?

Déclarer la loi contraire à la Constitution et l’annuler
Abroger la loi avec effet pour l’ensemble des affaires
Maintenir la loi et écarter l’engagement international
Écarter la loi pour trancher le litige sans l’abroger

Écarter la loi pour trancher le litige sans l’abroger

Explication

Lorsqu’une loi est incompatible avec un engagement international applicable, la juridiction peut l’écarter pour résoudre le litige, sans l’abroger. L’abrogation générale ne découle pas de ce contrôle, qui ne se confond pas non plus avec le contrôle de constitutionnalité.

19. Quel critère distingue principalement l’appréciation morale d’une analyse juridique ?

La morale sanctionne juridiquement les conduites, tandis que le droit formule des appréciations éthiques
La morale juge les comportements comme bons ou mauvais, tandis que le droit détermine les règles applicables
La morale détermine les règles applicables, tandis que le droit juge les comportements comme bons ou mauvais
La morale vérifie la conformité aux règles applicables, tandis que le droit recherche les intentions bonnes ou mauvaises

La morale juge les comportements comme bons ou mauvais, tandis que le droit détermine les règles applicables

Explication

La morale apprécie les comportements comme bons ou mauvais, tandis que le droit détermine les règles juridiquement applicables dans un ordre donné. Inverser ces rôles, confondre droit et jugement moral ou attribuer une sanction juridique à la morale brouille la distinction.

20. Un litige civil entre deux particuliers ne relève d’aucune juridiction spécialisée ni d’aucune compétence attribuée à une autre juridiction. Quelle juridiction doit en principe le connaître ?

Le tribunal judiciaire
Le tribunal de commerce
La cour d’appel
Le conseil de prud’hommes

Le tribunal judiciaire

Explication

Le tribunal judiciaire est la juridiction civile de droit commun et connaît des litiges qui ne sont pas attribués à une autre juridiction. Le conseil de prud’hommes vise certains litiges du travail, le tribunal de commerce des litiges commerciaux et la cour d’appel intervient au second degré.

21. Une réforme législative entre en vigueur alors qu’une situation juridique a commencé sous l’ancienne loi. Quelle question relève de l’application de la loi dans le temps ?

Déterminer quelle norme est supérieure dans la hiérarchie juridique.
Déterminer dans quel territoire la situation juridique s’est produite.
Déterminer quelle juridiction est compétente pour connaître du litige.
Déterminer quelle règle s’applique à la situation concernée par la réforme.

Déterminer quelle règle s’applique à la situation concernée par la réforme.

Explication

L’application de la loi dans le temps consiste à déterminer quelle règle s’applique lorsqu’une situation juridique est concernée par une modification législative. La compétence juridictionnelle, la hiérarchie des normes et le champ territorial sont des questions distinctes.

22. Une loi réduit la peine encourue pour une infraction commise avant son entrée en vigueur ; la personne n’a pas encore fait l’objet d’une condamnation passée en force de chose jugée. Quel principe peut permettre l’application de la loi nouvelle ?

L’application de la loi pénale plus sévère aux infractions antérieures.
La non-rétroactivité de la loi pénale plus douce, sans exception possible.
Le maintien de la loi ancienne malgré l’absence de condamnation définitive.
La rétroactivité in mitius, dans les conditions prévues par le Code pénal.

La rétroactivité in mitius, dans les conditions prévues par le Code pénal.

Explication

L’article 112-1 du Code pénal prévoit, dans les conditions fixées par le texte, l’application immédiate de la loi pénale nouvelle plus douce aux infractions antérieures sans condamnation passée en force de chose jugée : c’est la rétroactivité in mitius. La non-rétroactivité concerne en principe la loi plus sévère, tandis qu’une condamnation définitive ne correspondrait pas au cas décrit.

23. Dans une profession, une conduite est répétée depuis longtemps et ses membres estiment qu’elle doit être respectée comme une obligation. Quels éléments caractérisent cette coutume ?

La répétition constante forme l’élément matériel, et la conviction d’obligation forme l’élément psychologique
L’ancienneté de la conduite forme les deux éléments, sans qu’une conviction d’obligation soit requise
La répétition constante suffit à former l’élément matériel, sans élément psychologique distinct
La conviction d’obligation forme l’élément matériel, et la répétition constante forme l’élément psychologique

La répétition constante forme l’élément matériel, et la conviction d’obligation forme l’élément psychologique

Explication

La coutume requiert un élément matériel — un comportement répété et suffisamment constant — et un élément psychologique — la conviction que ce comportement est obligatoire. Inverser ces éléments confond leur nature, traiter la répétition comme une conviction les mélange, et l’ancienneté seule ne remplace pas l’élément psychologique.

24. Quelle fonction remplit la Constitution dans l’ordre juridique français ?

Adopter les lois ordinaires, déterminer leurs matières et garantir leur application administrative.
Garantir les droits fondamentaux sans organiser les pouvoirs ni déterminer leurs compétences.
Organiser les pouvoirs publics, déterminer leurs compétences et garantir les droits et libertés fondamentaux.
Édicter les normes générales de l’administration et fixer les modalités de leur exécution.

Organiser les pouvoirs publics, déterminer leurs compétences et garantir les droits et libertés fondamentaux.

Explication

La Constitution organise les pouvoirs publics, détermine leurs compétences et garantit les droits et libertés fondamentaux. Le vote des lois appartient principalement au Parlement, tandis que les normes administratives relèvent du pouvoir réglementaire.

25. Un code de conduite recommande la courtoisie, mais sa violation n’entraîne pas de conséquence juridique. Quel élément distingue cette recommandation d’une règle juridique contraignante ?

La règle juridique autorise une conduite souhaitable et laisse son respect à l’appréciation individuelle
La règle juridique s’impose aux personnes concernées et sa violation peut avoir des conséquences juridiques
La règle juridique décrit une conduite courante et sa violation appelle une désapprobation sociale
La règle juridique vise une catégorie de personnes et ne produit aucun effet en cas de violation

La règle juridique s’impose aux personnes concernées et sa violation peut avoir des conséquences juridiques

Explication

Le caractère contraignant signifie que la règle s’impose aux personnes auxquelles elle s’applique et que sa violation peut entraîner des conséquences juridiques. La désapprobation sociale relève de la morale ou de la politesse, la généralité ne définit pas la contrainte, et l’autorisation ne suffit pas à décrire ce caractère.

26. Un juge doit trancher un litige portant sur une situation nouvelle, alors que le texte applicable est imprécis. Quel rôle peut-il exercer ?

Interpréter le texte pour l’appliquer à la situation concrète
Négocier une règle commune avec les parties au litige
Écarter le droit applicable et laisser les parties décider
Édicter une règle générale applicable aux litiges futurs

Interpréter le texte pour l’appliquer à la situation concrète

Explication

Face à un texte imprécis ou à une question nouvelle, le juge peut interpréter le droit afin de l’appliquer aux faits qui lui sont soumis. Édicter une règle générale relève des arrêts de règlement, écarter le droit ne correspond pas à son rôle, et la négociation n’est pas sa fonction dans le litige.

27. Une partie à un procès soutient qu’une disposition législative applicable à son affaire porte atteinte à un droit garanti par la Constitution. Quel mécanisme peut-elle invoquer ?

Le recours contre un acte administratif
La question prioritaire de constitutionnalité
Le contrôle a priori de constitutionnalité
Le contrôle de conventionnalité

La question prioritaire de constitutionnalité

Explication

La QPC permet de contester, au cours d’un procès, une disposition législative qui porterait atteinte aux droits et libertés garantis par la Constitution. Le contrôle a priori intervient avant la promulgation, le contrôle de conventionnalité examine la conformité aux engagements internationaux et le recours contre un acte administratif vise une autre catégorie de normes.

28. Un tribunal français est compétent pour connaître d’un litige international, mais la règle de conflit désigne le droit d’un autre État pour la question litigieuse. Quelle conclusion faut-il tirer ?

Le tribunal français doit appliquer le droit français
Le tribunal français perd sa compétence au profit d’un tribunal étranger
La loi applicable est nécessairement celle de la nationalité des parties
Le tribunal français peut appliquer le droit étranger désigné

Le tribunal français peut appliquer le droit étranger désigné

Explication

La compétence désigne le tribunal pouvant connaître du litige, tandis que la loi applicable détermine le droit qui régit la question. Assimiler tribunal français et droit français confond ces notions ; une loi étrangère applicable ne retire pas à elle seule compétence au tribunal français, et la nationalité n’est pas toujours le rattachement retenu.

29. Une personne achète un billet de train et doit respecter les conditions de transport ainsi que les obligations de paiement : que montre cette situation sur le droit ?

Le droit encadre surtout les rapports entre les personnes et l’État
Le droit détermine ce qui est permis, interdit ou obligatoire dans la vie quotidienne
Le droit intervient surtout lorsque survient un litige important
Le droit indique principalement les comportements interdits dans la vie quotidienne

Le droit détermine ce qui est permis, interdit ou obligatoire dans la vie quotidienne

Explication

Le droit organise les relations sociales en déterminant ce qui est permis, interdit ou obligatoire, y compris dans les actes ordinaires. Limiter son rôle aux litiges, aux interdictions ou aux rapports avec l’État méconnaît cette présence dans la vie quotidienne.

30. Que désigne la jurisprudence lorsqu’on emploie ce terme pour parler d’une question juridique donnée ?

L’orientation qui se dégage de plusieurs décisions sur cette question
L’analyse publiée par des universitaires sur cette question
L’ensemble des règles votées par le Parlement sur cette question
La solution retenue dans une seule décision sur cette question

L’orientation qui se dégage de plusieurs décisions sur cette question

Explication

La jurisprudence peut désigner l’orientation qui ressort de plusieurs décisions concernant une même question juridique. Les règles votées relèvent de la loi, la décision isolée ne rend pas compte de cette orientation, et l’analyse universitaire relève de la doctrine.

31. Quel contrôle le Conseil constitutionnel exerce-t-il notamment sur les lois au regard de la Constitution et du bloc de constitutionnalité ?

Le contrôle de légalité
Le contrôle de conventionnalité
Le contrôle de responsabilité
Le contrôle de constitutionnalité

Le contrôle de constitutionnalité

Explication

Le contrôle de constitutionnalité vérifie la conformité des lois à la Constitution et au bloc de constitutionnalité. Le contrôle de conventionnalité porte sur les engagements internationaux, le contrôle de légalité concerne notamment les actes administratifs et le contrôle de responsabilité traite de la réparation d’un dommage.

32. Une chercheuse étudie à la fois la place d’une règle dans l’ordre juridique et la manière dont les juges et les acteurs l’appliquent. Quelle distinction entre approches cette comparaison met-elle en évidence ?

Le réalisme examine le système et la validité des normes, le normativisme leur fonctionnement concret
Le normativisme examine le système et la validité des normes, le réalisme leur fonctionnement concret
Le normativisme étudie les décisions concrètes, le réalisme la hiérarchie des normes
Les deux approches évaluent principalement la conformité du droit à la morale

Le normativisme examine le système et la validité des normes, le réalisme leur fonctionnement concret

Explication

Le normativisme porte principalement sur les normes et leur validité, tandis que le réalisme observe le fonctionnement concret du droit à travers les décisions et les pratiques. Inverser ces objets confond les approches ; les ramener à la morale ne décrit ni l’une ni l’autre.

33. Une personne est poursuivie pour un délit. Quelle juridiction pénale est compétente pour juger cette infraction ?

La cour criminelle départementale
Le tribunal de police
La cour d’assises
Le tribunal correctionnel

Le tribunal correctionnel

Explication

Le tribunal correctionnel juge les délits. Le tribunal de police connaît des contraventions, tandis que les juridictions criminelles concernent certains crimes.

34. Une partie fait appel d’un jugement, et la voie de l’appel est ouverte. Que peut faire la cour d’appel dans les limites des règles de procédure ?

Réexaminer les faits et le droit, puis confirmer ou infirmer le jugement
Réexaminer les faits, mais laisser inchangée toute appréciation juridique
Contrôler principalement l’application du droit, sans réexaminer les faits
Annuler nécessairement le jugement et renvoyer l’affaire au premier juge

Réexaminer les faits et le droit, puis confirmer ou infirmer le jugement

Explication

Lorsque l’appel est ouvert, la cour d’appel peut réexaminer les faits et le droit dans les limites procédurales, puis confirmer ou infirmer totalement ou partiellement la décision. Un contrôle principalement limité à la bonne application du droit caractérise plutôt le rôle de la Cour de cassation.

35. Quelle caractéristique définit le contrat au sens de l’article 1101 du Code civil ?

Une procédure destinée à réparer un dommage causé à autrui
Une décision d’une personne destinée à imposer des obligations à autrui
Un accord de volontés destiné à créer des obligations nouvelles
Un accord de volontés destiné à produire des effets sur des obligations

Un accord de volontés destiné à produire des effets sur des obligations

Explication

Le contrat est un accord de volontés entre au moins deux personnes, qui peut créer, modifier, transmettre ou éteindre des obligations. Le choix d’une décision unilatérale nie l’accord, la création seule omet les autres effets possibles, et la réparation d’un dommage renvoie à la responsabilité civile.

36. Une locataire invoque la prérogative que lui reconnaissent les règles pour obtenir l’usage paisible de son logement : comment qualifier cette prérogative ?

Le droit positif
Un droit subjectif
Le droit naturel
Le droit objectif

Un droit subjectif

Explication

Les droits subjectifs sont les prérogatives reconnues aux personnes par les règles du droit objectif. Le droit objectif désigne l’ensemble des règles, le droit naturel des principes de justice et le droit positif les règles en vigueur dans un pays à un moment donné.

37. Quelle caractéristique définit l’État de droit ?

Les juridictions encadrent les autorités sans que celles-ci soient soumises au droit.
Les autorités publiques sont soumises au droit et respectent les droits et libertés garantis.
Les autorités publiques exercent leur pouvoir sans être encadrées par des règles juridiques.
Les autorités adoptent des lois sans devoir respecter les droits et libertés garantis.

Les autorités publiques sont soumises au droit et respectent les droits et libertés garantis.

Explication

L’État de droit suppose que les autorités publiques soient soumises aux règles juridiques et respectent les droits et libertés garantis. L’autonomie à l’égard du droit, le rôle limité aux juridictions et la seule adoption de lois ne répondent pas à cette définition.

38. Une personne cause un dommage à autrui et les conditions de réparation sont réunies ; une infraction est aussi imputée à cette personne. Quelles responsabilités correspondent à ces deux enjeux ?

Responsabilité civile pour le dommage et l’infraction dans les deux cas
Responsabilité pénale pour le dommage et l’infraction dans les deux cas
Responsabilité pénale pour réparer le dommage, responsabilité civile pour l’infraction
Responsabilité civile pour réparer le dommage, responsabilité pénale pour l’infraction

Responsabilité civile pour réparer le dommage, responsabilité pénale pour l’infraction

Explication

La responsabilité civile vise notamment la réparation d’un dommage, tandis que la responsabilité pénale concerne l’imputabilité d’une infraction et les conséquences prévues par la loi. Inverser réparation et sanction confond les régimes, et attribuer les deux enjeux à un seul régime efface leur distinction.

39. Pour comprendre une règle, une équipe examine comment les juridictions la mettent en œuvre et comment les acteurs juridiques se comportent. Quelle conception adopte-t-elle ?

La conception normativiste
La conception moraliste
La conception réaliste
La conception formaliste

La conception réaliste

Explication

La conception réaliste étudie le droit à travers sa réalité d’application, les décisions juridictionnelles et les comportements des acteurs juridiques. L’analyse de la validité formelle relève plutôt du normativisme, et l’évaluation morale ou l’étude abstraite des prescriptions ne caractérisent pas cette démarche.

40. Quelle combinaison décrit les fonctions sociales attribuées au droit ?

Organisation, prévention, réparation, négociation et sanction
Organisation, arbitrage, protection, conciliation et répression
Organisation, régulation, protection, pacification et sanction
Régulation, protection, création, médiation et contrôle

Organisation, régulation, protection, pacification et sanction

Explication

Le droit remplit des fonctions d’organisation, de régulation, de protection, de pacification et de sanction. La prévention ne remplace pas la régulation, la réparation ne résume pas la protection et la création ou la médiation ne correspondent pas à la liste complète des fonctions.

41. Dans une copropriété où les intérêts des résidents divergent au sujet des espaces communs, pourquoi des règles communes sont-elles nécessaires ?

Pour supprimer les divergences sans encadrer les rapports entre résidents
Pour sanctionner les résidents sans organiser leurs relations
Pour remplacer les choix personnels par des préférences communes
Pour organiser les rapports, prévenir les conflits et déterminer les conséquences des actes

Pour organiser les rapports, prévenir les conflits et déterminer les conséquences des actes

Explication

La vie collective crée des relations et parfois des intérêts divergents, ce qui rend nécessaires des règles communes pour organiser les rapports, prévenir les conflits et déterminer les conséquences des actes. La sanction seule néglige l’organisation, la suppression des divergences confond régulation et unanimité, et les préférences personnelles ne constituent pas la fonction visée.

42. Quel ensemble de principes la Révolution française de 1789 contribue-t-elle à affirmer ?

La souveraineté locale, l’égalité économique et la protection des privilèges.
L’égalité devant la loi, la souveraineté nationale et les libertés fondamentales.
L’unification complète du droit civil, la souveraineté monarchique et les libertés publiques.
L’égalité des résultats, la souveraineté parlementaire et la propriété collective.

L’égalité devant la loi, la souveraineté nationale et les libertés fondamentales.

Explication

La Révolution de 1789 contribue à affirmer l’égalité devant la loi, la souveraineté nationale et la reconnaissance des libertés fondamentales. L’égalité des résultats confond égalité juridique et égalité économique, tandis que la souveraineté monarchique contredit la souveraineté nationale.

43. Pour contrôler un arrêté, une juriste vérifie d’abord si son auteur était compétent et si la procédure d’adoption a été suivie. Quelle dimension de conformité examine-t-elle ?

La conformité matérielle
La conformité jurisprudentielle
La conformité formelle
La conformité hiérarchique

La conformité formelle

Explication

La conformité formelle porte sur la compétence de l’auteur et le respect de la procédure d’adoption. La conformité matérielle concerne le contenu de la norme au regard des normes supérieures ; le rang hiérarchique et les effets pratiques ne définissent pas ce contrôle formel.

44. Une personne remet une somme d’argent à une autre ; pour déterminer les règles applicables, quelle opération le juriste doit-il effectuer ?

Traiter le transfert d’argent comme une catégorie juridique déjà fixée
Évaluer si l’opération paraît juste selon des critères sociaux
Rattacher les faits à une catégorie juridique pertinente
Interpréter un texte sans classer les faits constatés

Rattacher les faits à une catégorie juridique pertinente

Explication

La qualification juridique rattache les faits concrets à une catégorie afin de déterminer les règles applicables. Interpréter un texte est une opération distincte, les faits ne déterminent pas seuls leur catégorie, et l’appréciation morale relève de la légitimité.

45. Deux solutions paraissent équitables, mais une seule peut être appuyée par les règles et méthodes du droit ; laquelle le juriste doit-il retenir ?

Celle qui paraît la plus équitable à titre personnel
Celle qui correspond à l’opinion spontanée du juriste
Celle qui recueille la préférence du plus grand nombre
Celle qui est justifiée par les règles et les méthodes juridiques

Celle qui est justifiée par les règles et les méthodes juridiques

Explication

Une solution juridique doit être fondée sur les règles et les méthodes du droit, plutôt que sur une opinion personnelle ou une simple impression d’équité. L’équité ressentie et l’intuition ne suffisent pas à établir cette justification, pas plus que la préférence majoritaire.

46. Des organisations syndicales et des représentants d’employeurs négocient des règles sur les rémunérations et les conditions de travail. De quel instrument s’agit-il ?

D’une décision juridictionnelle
D’une convention collective
D’une loi sur les relations professionnelles
D’un contrat individuel de travail

D’une convention collective

Explication

Les conventions collectives sont conclues entre des organisations syndicales et des organisations d’employeurs, ou des employeurs, pour régler notamment les conditions de travail et les rémunérations. Un contrat individuel lie des parties déterminées, une décision émane d’une juridiction, et une loi n’est pas issue de cette négociation.

47. Un particulier conteste une décision prise par une administration dans l’exercice de ses fonctions. À quel grand domaine du droit ce litige se rattache-t-il principalement ?

Au droit privé
Au droit commercial
Au droit public
Au droit du travail

Au droit public

Explication

Le droit public organise notamment les institutions publiques et les relations impliquant des personnes publiques. Le droit privé vise principalement les relations entre personnes privées; le droit commercial et le droit du travail en sont des branches dans les rapports privés.

48. Un règlement local contredit une norme supérieure applicable à la situation. Quel principe permet d’évaluer ce conflit ?

Le règlement inférieur doit respecter la norme supérieure applicable
Le règlement le plus récent prévaut sur la norme supérieure
Les deux normes doivent avoir un contenu identique
La norme supérieure doit s’adapter au règlement local

Le règlement inférieur doit respecter la norme supérieure applicable

Explication

Une norme inférieure doit respecter les normes qui lui sont supérieures, sous réserve des règles propres à chaque ordre juridique et des rapports particuliers entre normes. Inverser cette obligation, exiger une identité de contenu ou privilégier la seule date d’adoption ne traduit pas ce principe.

49. Un contrat relie des parties établies dans deux États et la règle pertinente rattache les obligations contractuelles au lieu d’exécution. Quel rôle joue ce critère dans le raisonnement ?

Trancher directement le fond du litige contractuel
Désigner le tribunal chargé de connaître du litige
Désigner la loi applicable à la situation internationale
Choisir la loi jugée la plus équitable pour les parties

Désigner la loi applicable à la situation internationale

Explication

Une règle de conflit de lois désigne la loi applicable au moyen d’un critère de rattachement prévu par les textes pertinents. Trancher le fond relève de la loi ainsi désignée, la compétence du tribunal est une question distincte, et la règle ne consiste pas à choisir librement la solution jugée la plus juste.

50. Quelle Constitution est actuellement en vigueur en France et fonde la Ve République ?

La Charte de l’environnement de 2004.
La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789.
Le Préambule de la Constitution de 1946.
La Constitution du 4 octobre 1958.

La Constitution du 4 octobre 1958.

Explication

La Constitution en vigueur en France est celle du 4 octobre 1958, qui fonde la Ve République. Le Préambule de 1946, la Déclaration de 1789 et la Charte de 2004 appartiennent au bloc de constitutionnalité, mais ne sont pas la Constitution actuelle.

51. Quel est l’objectif principal de la codification juridique ?

Regrouper les règles dans un code organisé pour faciliter l’accès au droit et la recherche des textes applicables
Interpréter les règles juridiques dans un code pour fixer leur sens dans les litiges
Classer les autorités juridiques selon leur pouvoir de produire des normes obligatoires
Créer des règles nouvelles dans un code afin de remplacer les textes juridiques antérieurs

Regrouper les règles dans un code organisé pour faciliter l’accès au droit et la recherche des textes applicables

Explication

La codification organise des règles dans un code afin de rendre le droit plus accessible et de faciliter la recherche des textes applicables. Créer des règles nouvelles confond codification et législation, classer des autorités confond l’objet du code, et interpréter des règles relève d’une autre fonction.

52. Un accord a été régulièrement ratifié et publié, et l’autre partie l’applique. Quelle autorité l’article 55 de la Constitution lui reconnaît-il par rapport aux lois ?

Une autorité égale à celle des lois
Une autorité supérieure à celle des lois
Une autorité inférieure à celle des lois
Une autorité supérieure aux lois dès la signature, sans autre condition

Une autorité supérieure à celle des lois

Explication

L’article 55 reconnaît aux traités ou accords régulièrement ratifiés ou approuvés, dès leur publication et sous réserve de leur application par l’autre partie, une autorité supérieure à celle des lois. L’autorité inférieure inverse cette hiérarchie, l’égalité la nie, et la signature seule ne satisfait pas les conditions énoncées.

53. Quelle conception du droit le présente comme un ensemble organisé de normes prescrivant des comportements, accordant des droits ou imposant des obligations ?

La conception normativiste
La conception sociologique
La conception réaliste
La conception moraliste

La conception normativiste

Explication

Le normativisme conçoit le droit comme un ensemble organisé de normes qui prescrivent, autorisent ou obligent. L’étude des pratiques et des décisions caractérise l’approche réaliste, tandis que la réduction du droit à l’analyse morale ne correspond pas à cette définition.

54. Un projet de loi porte sur la nationalité et l’état des personnes. Quel fondement constitutionnel précise que ces matières relèvent du domaine législatif ?

L’article 2 du Code civil.
L’article 6 de la Déclaration de 1789.
L’article 34 de la Constitution.
L’article 37 de la Constitution.

L’article 34 de la Constitution.

Explication

L’article 34 de la Constitution détermine notamment les matières où la loi fixe les règles ou les principes fondamentaux, dont la nationalité et l’état des personnes. L’article 37 concerne le domaine réglementaire, tandis que les autres articles cités ne définissent pas ce domaine législatif.

55. Une disposition fixe des conditions abstraites applicables à toute personne exerçant une activité déterminée, sans nommer de destinataire individuel. Quel caractère présente-t-elle ?

Le caractère général
Le caractère normatif
Le caractère individuel
Le caractère contraignant

Le caractère général

Explication

Le caractère général tient à l’application de la règle à une catégorie de personnes ou de situations définie abstraitement, plutôt qu’à une personne désignée. Le caractère contraignant porte sur l’imposition de la règle, le caractère normatif sur sa fonction prescriptive ou organisatrice, et une décision individuelle vise un destinataire identifié.

56. Qu’est-ce qui caractérise une convention internationale ?

Un accord entre sujets du droit international destiné à produire des effets juridiques
Un accord conclu exclusivement entre États destiné à produire des effets juridiques
Une déclaration entre sujets du droit international destinée à exprimer une position politique
Une règle adoptée par une institution nationale destinée à produire des effets juridiques

Un accord entre sujets du droit international destiné à produire des effets juridiques

Explication

Une convention internationale est un accord entre sujets du droit international, généralement des États ou des organisations internationales, qui vise à produire des effets juridiques. La déclaration politique omet ces effets, limiter les parties aux États exclut les organisations internationales, et une règle nationale n’est pas un accord international.

57. Une autorité publique prend une décision contestée par une personne concernée. Quelle possibilité caractérise l’État de droit ?

La décision peut être réexaminée uniquement par une autorité politique
La décision peut être contestée devant une juridiction sans condition particulière
La décision peut être contestée devant une juridiction dans les conditions prévues
L’autorité peut écarter les normes juridiques lorsqu’elle décide

La décision peut être contestée devant une juridiction dans les conditions prévues

Explication

Dans un État de droit, les autorités publiques sont soumises aux normes juridiques et leurs décisions peuvent être contestées devant une juridiction selon les conditions prévues. Une révision politique n’est pas la même chose qu’un recours juridictionnel, les autorités restent soumises au droit et le recours n’est pas sans conditions.

58. Dans un raisonnement sur la responsabilité civile, quelle place occupe l’examen des faits au regard des conditions de la règle ?

La majeure, qui confronte les faits aux conditions de la règle
La conclusion, qui confronte les faits aux conditions de la règle
La mineure, qui confronte les faits aux conditions de la règle
La majeure, qui énonce les faits et la solution retenue

La mineure, qui confronte les faits aux conditions de la règle

Explication

Dans le syllogisme juridique, la majeure énonce la règle, la mineure confronte les faits aux conditions de cette règle, et la conclusion présente la solution qui en découle. Appeler cet examen la majeure confond faits et règle ; l’appeler la conclusion confond l’application avec le résultat.

59. Une personne invoque directement devant un juge une stipulation d’un traité qui est supérieur à la loi. Que faut-il vérifier avant de conclure qu’elle peut s’en prévaloir ?

La seule publication du traité au Journal officiel
Le contenu de la stipulation et ses conditions de mise en œuvre
La seule ratification ou approbation du traité
La seule supériorité du traité sur la loi nationale

Le contenu de la stipulation et ses conditions de mise en œuvre

Explication

L’effet direct doit être apprécié à partir du contenu de la stipulation et de ses conditions de mise en œuvre avant qu’un particulier puisse l’invoquer. La supériorité du traité, sa ratification ou sa publication ne suffisent pas, à elles seules, à établir l’effet direct.

60. Que décrit la hiérarchie des normes dans un ordre juridique ?

La procédure suivie par chaque auteur pour adopter une règle
Le classement des règles selon leur date d’adoption et leur durée
La négociation par laquelle les acteurs élaborent des règles communes
L’organisation des règles selon leur valeur et leurs rapports de conformité

L’organisation des règles selon leur valeur et leurs rapports de conformité

Explication

La hiérarchie des normes organise les règles juridiques selon leur valeur et les rapports de conformité entre elles. La chronologie, la procédure d’adoption et la négociation décrivent d’autres aspects de la production ou de l’analyse des normes.

61. Une règle est modifiée à chaque changement ponctuel de pratique, ce qui rend difficile l’anticipation de ses effets. Quel équilibre devrait guider l’évolution du droit ?

Maintenir les règles en l’état afin de garantir la sécurité juridique malgré les changements sociaux.
Préserver assez de stabilité pour anticiper les effets, tout en permettant l’adaptation aux changements sociaux.
Adapter les règles aux changements sociaux en privilégiant leur révision fréquente sur la prévisibilité.
Réserver la stabilité aux changements sociaux et l’évolution à l’anticipation des conséquences.

Préserver assez de stabilité pour anticiper les effets, tout en permettant l’adaptation aux changements sociaux.

Explication

Le droit doit permettre de connaître les règles et d’anticiper leurs conséquences, tout en restant capable de répondre aux transformations de la société. L’immobilité confond stabilité et absence d’évolution, tandis que des révisions fréquentes peuvent compromettre la prévisibilité.

62. Quelle fonction caractérise le Code civil de 1804 ?

Rassembler et organiser de nombreuses règles sur les personnes, les biens et les obligations.
Énoncer les principes révolutionnaires de l’égalité et de la souveraineté nationale.
Organiser les pouvoirs publics et garantir les libertés fondamentales de la République.
Rassembler des règles portant principalement sur les obligations et les contrats.

Rassembler et organiser de nombreuses règles sur les personnes, les biens et les obligations.

Explication

Le Code civil de 1804 rassemble et organise de nombreuses règles relatives aux personnes, aux biens et aux obligations. L’organisation des pouvoirs relève de la Constitution, et réduire le Code aux seules obligations en écarte deux domaines importants.

63. Une décision est conforme au droit applicable, mais son acceptabilité sociale est contestée ; comment distinguer ces deux appréciations ?

Elle est légale, tandis que sa légitimité peut être discutée
Elle est illégale, car son acceptabilité sociale est contestée
Elle est légitime, tandis que sa légalité peut être discutée
Elle est légale et légitime, car les deux critères coïncident

Elle est légale, tandis que sa légitimité peut être discutée

Explication

La légalité concerne la conformité au droit applicable, alors que la légitimité renvoie à une justification ou une acceptabilité politique, morale ou sociale. Confondre les deux critères ou les inverser conduit à tirer une conclusion juridique de l’opinion sociale.

64. Une infraction est commise avant l’entrée en vigueur d’une loi pénale qui aggrave la peine, et le procès a lieu après cette entrée en vigueur. Quelle règle s’applique en principe à cette infraction ?

La loi plus sévère s’applique comme une loi pénale nouvelle plus douce.
La loi applicable est déterminée par la date du jugement, quelle que soit celle des faits.
La loi plus sévère s’applique aux faits dès lors que le procès est postérieur.
La loi plus sévère ne s’applique pas aux faits commis avant son entrée en vigueur.

La loi plus sévère ne s’applique pas aux faits commis avant son entrée en vigueur.

Explication

En matière pénale, une loi plus sévère ne peut en principe pas s’appliquer aux faits commis avant son entrée en vigueur. L’application immédiate de la loi plus douce concerne une autre règle, et la date du procès ne rend pas rétroactivement applicable la loi aggravante.

65. Une revendication est jugée moralement juste, mais aucune règle applicable ne la consacre directement. Quelle conclusion convient ?

La revendication peut être jugée juste sans constituer un droit directement applicable
La revendication est nécessairement invalide parce qu’elle est contestée moralement
La revendication doit être reconnue par un juge dès qu’elle est tenue pour juste
La revendication devient directement applicable dès qu’elle est jugée juste

La revendication peut être jugée juste sans constituer un droit directement applicable

Explication

Une revendication considérée comme juste ne constitue pas nécessairement un droit directement applicable : l’appréciation morale et l’applicabilité juridique sont distinctes. La justice ne crée pas à elle seule une règle applicable, une critique morale ne détermine pas la validité juridique et la reconnaissance judiciaire n’est pas automatique.

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Mémorisez les réponses avec 92 flashcards sur Introduction générale au droit.

Quels besoins collectifs rendent nécessaires des règles communes ?

Organiser les rapports, prévenir les conflits et déterminer les conséquences des actes.

Comment le droit encadre-t-il les actes ordinaires de la vie quotidienne ?

En déterminant ce qui est permis, interdit ou obligatoire.

Quelles sont les principales fonctions du droit ?

Organisation, régulation, protection, pacification et sanction.

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