QCM : La Constitution et ses déclarations (26 questions)

Questions et réponses du QCM

1. À quelle période apparaissent les premières constitutions écrites modernes, liées à la volonté libérale de limiter l’arbitraire du pouvoir ?

Au cours du XVIIe siècle
À l’époque médiévale
À la fin du XVIIIe siècle
Au début du XIXe siècle

À la fin du XVIIIe siècle

Explication

Les premières constitutions écrites modernes datent de la fin du XVIIIe siècle et répondent à une volonté libérale de limiter l’arbitraire du pouvoir. Les situer au XVIIe siècle, au XIXe siècle ou à l’époque médiévale confond leur apparition avec d’autres périodes.

2. Quelle doctrine soutient l’élaboration de constitutions afin de limiter le pouvoir étatique et de garantir les droits fondamentaux ?

La séparation des pouvoirs
Le fédéralisme
La souveraineté nationale
Le constitutionnalisme

Le constitutionnalisme

Explication

Le constitutionnalisme est la doctrine favorable à l’élaboration de constitutions pour limiter le pouvoir étatique et garantir les droits fondamentaux. La séparation des pouvoirs, le fédéralisme et la souveraineté nationale sont des notions voisines, mais ne désignent pas cette doctrine.

3. Un État adopte une constitution qui prévoit des limites au pouvoir, mais ses gouvernants ne respectent pas ses règles. Quelle conclusion s’impose ?

La constitution devient effective par la précision de ses règles
La constitution garantit les droits sans encadrer les gouvernants
La constitution limite effectivement le pouvoir dès son adoption
La constitution ne suffit pas à limiter effectivement le pouvoir

La constitution ne suffit pas à limiter effectivement le pouvoir

Explication

La seule existence d’une constitution ne garantit pas une limitation effective du pouvoir : les gouvernants doivent aussi respecter ses règles. Assimiler adoption et application, confondre limitation et garantie des droits, ou miser sur la seule précision du texte méconnaît cette exigence.

4. Pour classer les règles relatives à la désignation des gouvernants, à leurs compétences et aux droits des personnes, quel critère faut-il retenir ?

Leur contenu relatif à l’organisation et au fonctionnement de l’État
Leur adoption dans un texte portant le nom de constitution
Leur seule relation avec la désignation des gouvernants
Leur inscription dans un texte consacré aux droits et libertés

Leur contenu relatif à l’organisation et au fonctionnement de l’État

Explication

La constitution matérielle se définit par le contenu des règles concernant l’organisation et le fonctionnement de l’État, y compris les compétences, les rapports entre gouvernants et les droits et libertés. La forme du texte renvoie à la constitution formelle, tandis que les autres réponses restreignent indûment le contenu matériel.

5. Une étude recense les règles constitutionnelles, les lois organiques, les lois ordinaires et les règlements des assemblées. Quelles catégories relèvent de la constitution matérielle ?

La constitution formelle et les lois ordinaires
La constitution, les lois organiques et les règlements des assemblées
La constitution et les lois organiques
Les quatre catégories énumérées

Les quatre catégories énumérées

Explication

La constitution matérielle comprend la constitution formelle, les lois organiques, les lois ordinaires et les règlements des assemblées. Exclure les lois ordinaires ou les règlements, ou réduire l’ensemble à la constitution formelle, laisse de côté des sources qui en font partie.

6. Un pays adopte un texte constitutionnel écrit dont la modification exige une procédure spéciale et qui prime sur les autres règles de droit. À quel type de constitution correspond ce texte ?

À une loi organique
À une constitution matérielle
À une convention constitutionnelle
À une constitution formelle

À une constitution formelle

Explication

La constitution formelle se caractérise par une procédure spéciale de modification et une valeur supérieure aux autres règles de droit. La constitution matérielle renvoie au contenu, la loi organique reste inférieure et une convention constitutionnelle n’est pas définie par ces caractéristiques.

7. Une loi ordinaire entre en conflit avec une règle constitutionnelle. Quelle exigence découle de la position de la constitution dans la hiérarchie des normes ?

La loi doit être conforme à la règle constitutionnelle
La règle constitutionnelle doit être conforme à la loi
La norme adoptée la plus récemment prévaut
Les deux normes ont une valeur juridique équivalente

La loi doit être conforme à la règle constitutionnelle

Explication

Située au sommet de la hiérarchie des normes, la constitution impose aux règles inférieures de lui être conformes. L’option donnant priorité à la loi inverse la hiérarchie, l’équivalence ignore la supériorité constitutionnelle et le critère de date ne remplace pas cette exigence.

8. Deux juristes étudient les mêmes règles relatives à l’État : l’un les classe d’après leur contenu, l’autre d’après leur adoption et leur révision. Quelle distinction appliquent-ils ?

Le premier adopte une approche matérielle, le second une approche formelle
Le premier adopte une approche formelle, le second une approche matérielle
Les deux adoptent une approche formelle, fondée sur le caractère écrit
Le premier étudie une norme inférieure, le second une norme constitutionnelle

Le premier adopte une approche matérielle, le second une approche formelle

Explication

La constitution matérielle se définit par le contenu des règles relatives à l’État, tandis que la constitution formelle se définit par ses modalités d’adoption et de révision ainsi que par sa valeur supérieure. L’option inversant les approches confond leurs critères, le caractère écrit ne suffit pas à les distinguer et la dernière option ne décrit pas cette opposition.

9. Une constitution prévoit que l’État est fédéral, organise l’élection des représentants par les citoyens et répartit les compétences entre le parlement et le gouvernement. De quel type de contenu s’agit-il ?

Une définition de la philosophie politique du régime
Des règles d’organisation et de fonctionnement de l’État
Une liste de garanties individuelles contre l’État
Une déclaration des droits et libertés des personnes

Des règles d’organisation et de fonctionnement de l’État

Explication

Les règles constitutionnelles d’organisation et de fonctionnement couvrent notamment la forme de l’État, la participation des citoyens au pouvoir et la répartition des pouvoirs entre les organes. Une déclaration des droits porte sur les droits et libertés, et la philosophie politique peut être exposée dans un préambule.

10. Placée au début d’une constitution, une section expose les principes politiques du régime et énumère les libertés reconnues aux personnes. Comment la désigne-t-on ?

Un chapitre sur la forme territoriale de l’État
Une procédure spéciale de révision constitutionnelle
Un ensemble de règles de répartition des pouvoirs
Une déclaration des droits ou un préambule

Une déclaration des droits ou un préambule

Explication

Une déclaration des droits, souvent placée en tête de la constitution sous le nom de déclaration ou de préambule, expose la philosophie politique du régime et énonce les droits et libertés reconnus aux personnes. Les règles de répartition, de révision et de forme de l’État relèvent d’autres contenus constitutionnels.

11. Quelle combinaison décrit correctement la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 ?

Adoptée le 26 août 1789 par l’Assemblée nationale, elle compte 17 articles et figure en tête de la Constitution de 1791
Adoptée en 1791 par l’Assemblée nationale, elle compte 17 articles et figure en tête de la Constitution de 1789
Adoptée le 26 août 1789 par le roi, elle compte 17 articles et figure en tête de la Constitution de 1791
Adoptée le 26 août 1789 par l’Assemblée nationale, elle compte 15 articles et figure en tête de la Constitution de 1791

Adoptée le 26 août 1789 par l’Assemblée nationale, elle compte 17 articles et figure en tête de la Constitution de 1791

Explication

La Déclaration a été adoptée par l’Assemblée nationale le 26 août 1789, comprend 17 articles et figurait en tête de la Constitution française de 1791. La date de 1791 concerne la Constitution, l’attribution au roi est erronée et le nombre d’articles indiqué dans la dernière option ne correspond pas à la déclaration.

12. Un gouvernement respecte la liberté d’expression, mais met en place un programme destiné à garantir l’accès de tous aux soins. Comment caractériser les deux rôles de l’État mobilisés ici ?

Abstention dans les deux cas, car les droits protègent l’individu contre l’État
Intervention positive dans les deux cas, car l’État garantit l’exercice des droits
Intervention positive pour la liberté d’expression et abstention pour l’accès aux soins
Abstention pour la liberté d’expression et intervention positive pour l’accès aux soins

Abstention pour la liberté d’expression et intervention positive pour l’accès aux soins

Explication

Les droits de première génération demandent principalement à l’État de ne pas entraver les libertés, tandis que ceux de deuxième génération impliquent une intervention économique ou sociale. L’intervention pour la liberté d’expression inverse le premier rôle, l’abstention pour les soins confond les générations, et le rôle uniforme néglige leur distinction.

13. Une personne réclame à l’État une prestation de retraite en invoquant un droit qui lui permet d’exiger une action positive. De quel type de droit s’agit-il ?

Un droit collectif de deuxième génération
Un droit-créance de deuxième génération
Une liberté économique protégée contre l’État
Une liberté de première génération

Un droit-créance de deuxième génération

Explication

Un droit-créance permet d’exiger une prestation positive de l’État, et la retraite figure parmi les exemples de ces droits. La liberté de première génération repose principalement sur l’abstention de l’État, tandis que le caractère collectif ne correspond pas à la demande individuelle de prestation.

14. Quelle distinction résume les deux conceptions possibles de la valeur juridique d’une déclaration des droits ?

Principe politique ou moral sans force obligatoire, ou règle de droit de valeur constitutionnelle
Règle administrative applicable aux particuliers, ou principe moral imposé aux juges
Texte constitutionnel toujours contraignant, ou texte politique toujours dépourvu de portée
Décision judiciaire temporaire, ou loi ordinaire applicable aux pouvoirs publics

Principe politique ou moral sans force obligatoire, ou règle de droit de valeur constitutionnelle

Explication

Une déclaration peut être comprise comme un principe politique ou moral non contraignant, ou comme une règle de droit ayant valeur constitutionnelle et s’imposant aux pouvoirs publics. La réduire à un seul statut méconnaît cette distinction, et la promulgation ou le contrôle administratif ne définit pas les deux conceptions.

15. Dans un État, un tribunal contrôle si les actes des pouvoirs publics respectent la constitution et doit décider si un préambule est juridiquement obligatoire. Qui détermine finalement cette valeur ?

Le pouvoir législatif qui adopte les actes contrôlés
Le pouvoir exécutif qui applique les règles constitutionnelles
Le tribunal compétent pour le contrôle de constitutionnalité
L’administration dont les actes sont soumis au contrôle

Le tribunal compétent pour le contrôle de constitutionnalité

Explication

La valeur juridique du préambule est finalement déterminée par le tribunal compétent pour vérifier la conformité des actes des pouvoirs publics à la constitution. Le législateur et l’exécutif participent à l’action publique, mais ne remplacent pas le tribunal dans cette détermination.

16. Quelle décision a reconnu la valeur constitutionnelle du préambule de 1958 et des textes auxquels il renvoie ?

La révision constitutionnelle de 2005 relative à la Charte de l’environnement
La décision du 4 octobre 1958 relative à la souveraineté nationale
La décision du 16 juillet 1971 relative à la liberté d’association
La loi de 1901 relative à la liberté d’association

La décision du 16 juillet 1971 relative à la liberté d’association

Explication

Le Conseil constitutionnel a reconnu cette valeur dans sa décision du 16 juillet 1971 sur la liberté d’association. La révision de 2005 a ajouté le renvoi à la Charte, le 4 octobre 1958 est la date de la Constitution et la loi de 1901 est celle dont les modalités étaient en cause.

17. Une juriste recense les textes auxquels renvoie le préambule de 1958, en tenant compte de la révision de 2005 : quel ensemble doit-elle retenir ?

La Déclaration de 1789, le préambule de 1946 et la Charte de l’environnement de 2004
La Déclaration de 1789, le préambule de 1946 et la Charte de l’environnement de 2005
La Déclaration de 1789, la Charte de l’environnement de 2004 et la loi de 1901
Le préambule de 1946, la Constitution de 1958 et la Charte de l’environnement de 2005

La Déclaration de 1789, le préambule de 1946 et la Charte de l’environnement de 2004

Explication

Le préambule renvoie à la Déclaration de 1789, au préambule de 1946 et à la Charte de 2004, à laquelle le renvoi a été ajouté en 2005. La loi de 1901 n’est pas l’un des textes visés, et 2005 est l’année de la révision, non celle de la Charte.

18. Une autorité publique adopte une mesure qui méconnaît un droit figurant dans un texte auquel renvoie le préambule de 1958 ; quel statut juridique s’applique à ce droit ?

Il exprime une orientation politique sans s’imposer aux pouvoirs publics
Il relève du droit positif et s’impose aux pouvoirs publics avec force constitutionnelle
Il s’impose au Parlement mais non aux autres pouvoirs publics
Il a une force législative et reste subordonné aux actes constitutionnels

Il relève du droit positif et s’impose aux pouvoirs publics avec force constitutionnelle

Explication

Les droits issus des textes visés par le préambule font partie du droit positif et s’imposent aux pouvoirs publics avec force constitutionnelle. Les réduire à une orientation politique, les limiter au Parlement ou leur attribuer une simple force législative méconnaît cette portée.

19. Le Parlement limite un droit constitutionnel afin de protéger la santé publique ; quelle condition permet de justifier cette restriction ?

La restriction renforce l’exercice du droit au-delà de son niveau antérieur
La restriction poursuit un objectif légitime, même si elle est disproportionnée
La restriction est écartée dès qu’elle touche un droit constitutionnel
La restriction poursuit un objectif légitime et reste proportionnée à celui-ci

La restriction poursuit un objectif légitime et reste proportionnée à celui-ci

Explication

La plupart des droits constitutionnels peuvent être restreints si la mesure poursuit un objectif légitime et demeure proportionnée à cet objectif. Un objectif légitime ne suffit donc pas à lui seul, et la règle ne rend pas toute restriction interdite.

20. Dans un État, les règles constitutionnelles reposent surtout sur des pratiques répétées que l’opinion générale considère obligatoires ; de quel type de constitution s’agit-il ?

D’une constitution rigide
D’un ensemble de conventions sans force obligatoire
D’une constitution coutumière
D’une constitution écrite

D’une constitution coutumière

Explication

Une constitution coutumière est principalement formée de règles non écrites issues de pratiques répétées ayant acquis une force obligatoire dans l’opinion générale. Une constitution écrite repose principalement sur un texte, tandis que la rigidité concerne une procédure spéciale de modification.

21. Dans un pays doté d’une constitution coutumière, le Parlement abroge par une loi ordinaire un usage ancien du régime ; quelle analyse correspond à cette forme constitutionnelle ?

La modification est exclue, car les règles coutumières sont plus précises que les textes
La modification est impossible, car l’ancienneté confère une force intangible à l’usage
La modification est possible par une loi ordinaire, malgré l’enracinement de la coutume
La modification exige une procédure spéciale, car la coutume est enracinée

La modification est possible par une loi ordinaire, malgré l’enracinement de la coutume

Explication

Une constitution coutumière peut être enracinée et solide tout en manquant de précision et d’accessibilité ; une loi ordinaire peut modifier ses règles. Exiger une procédure spéciale confond constitution coutumière et constitution rigide, tandis que l’ancienneté ne rend pas l’usage intangible.

22. Quel grand État conserve une constitution coutumière dont les usages essentiels du régime parlementaire sont appelés conventions de la Constitution ?

Les États-Unis
La France
Le Royaume-Uni
L’ensemble des États européens

Le Royaume-Uni

Explication

Le Royaume-Uni est le seul grand État qui conserve une constitution coutumière, et ses usages parlementaires essentiels sont appelés conventions de la Constitution. La France et les États-Unis ne correspondent pas à cette caractérisation, qui ne s’applique pas à l’ensemble des États européens.

23. Quelle entité a adopté la première constitution écrite en 1776 ?

La France
L’État américain de Virginie
L’État américain du Massachusetts
Les États-Unis d’Amérique

L’État américain de Virginie

Explication

La première constitution écrite est celle de l’État américain de Virginie, adoptée en 1776. Les États-Unis fédéraux datent de 1787 et la première Constitution française de 1791.

24. La constitution d’un pays ne précise pas comment une institution doit traiter un cas inédit ; les autorités adoptent alors un usage qui comble cette lacune sans contredire le texte. Comment qualifier cet usage ?

Une pratique praeter legem
Une pratique contra legem
Une révision constitutionnelle
Une règle coutumière obligatoire

Une pratique praeter legem

Explication

Une pratique praeter legem complète, précise ou interprète la constitution écrite, notamment pour combler ses lacunes. La pratique contra legem la contredit, tandis qu’une révision relève de la procédure formelle.

25. Dans un État dépourvu de tribunal constitutionnel compétent, les autorités suivent un usage qui contredit une disposition écrite, sans être sanctionnées. Quelle qualification correspond à cet usage ?

Une révision constitutionnelle
Une pratique praeter legem
Une pratique contra legem
Une interprétation conforme

Une pratique contra legem

Explication

Une pratique contra legem contredit la constitution écrite et peut se développer sans sanction en l’absence de tribunal constitutionnel compétent. Une pratique praeter legem complète le texte au lieu de le contredire.

26. En 1962, un président veut soumettre directement au peuple une révision instaurant l’élection présidentielle au suffrage universel direct, sans vote préalable du Parlement. Quel choix procédural a fait le général de Gaulle ?

Recourir à l’article 89
Recourir à l’article 11
Écarter toute procédure référendaire
Faire voter d’abord le Parlement selon l’article 89

Recourir à l’article 11

Explication

En 1962, le général de Gaulle a recouru à l’article 11 pour soumettre la révision au peuple sans passer par le Parlement. L’article 89 imposait, lui, un vote préalable du Parlement.

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les réponses avec 61 flashcards sur La Constitution et ses déclarations.

À quelle période apparaissent les premières constitutions écrites modernes ?

À la fin du XVIIIe siècle.

Quelle volonté politique motive les premières constitutions écrites modernes ?

La volonté libérale de limiter l’arbitraire du pouvoir.

Qu’est-ce que le constitutionnalisme ?

La doctrine favorable à l’élaboration de constitutions pour limiter le pouvoir étatique et garantir les droits fondamentaux.

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