Fiche de révision : Légalité de l’action administrative

Plan du Cours

  1. Principe et contrôle de légalité
  2. Constitution et loi écran
  3. Portée des normes constitutionnelles
  4. Traités et normes internationales
  5. Droit dérivé de l’Union européenne
  6. Transposition et contrôle des directives
  7. Effets contentieux des directives
  8. Droit international non écrit
  9. Hiérarchie du droit international
  10. Loi et règlement sous la Cinquième République
  11. Lois organiques et ordonnances
  12. Régime contentieux des ordonnances
  13. Principes généraux du droit
  14. Typologie des actes administratifs
  15. Hiérarchie des actes administratifs
  16. Légalité et pouvoir administratif
  17. Contrôle et sanction de l’illégalité
  18. Contrôle selon le pouvoir administratif

Repères chronologiques

  1. 1875L’arrêt Prince Napoléon a abandonné le critère du mobile politique et adopté une conception plus étroite de l’acte de gouvernement. - CE, 1875
  2. 1944L’arrêt de section Dame veuve Trompier-Gravier a consacré les droits de la défense comme principe général du droit.
  3. 1945L’arrêt d’assemblée Aramu a employé l’expression « principes généraux du droit » dans son acception moderne à propos des droits de la défense.
  4. 1950L’arrêt Dame Lamotte a consacré l’ouverture du recours pour excès de pouvoir contre tout acte administratif. - Conseil d’État, 1950
  5. 1959L’arrêt de section Syndicat général des ingénieurs-conseils a imposé le respect des principes généraux du droit à toute autorité réglementaire. - Conseil d’État, 1959
  6. 23 juillet 2008La loi constitutionnelle a supprimé la ratification implicite des ordonnances et imposé une ratification expresse par l’article 38 de la Constitution.
  7. 2016Le Conseil d’État a admis la recevabilité d’un recours pour excès de pouvoir contre certains actes de droit souple. - Société Fairvesta et Société Numéricâble, 2016
  8. 12 janvier 2020L’arrêt GISTI a élargi le recours pour excès de pouvoir aux documents publics de portée générale susceptibles d’avoir des effets notables. - Conseil d’État, 2020
  9. 23 mars 2020L’état d’urgence sanitaire a été instauré en cas de catastrophe sanitaire mettant en péril, par sa nature et sa gravité, la santé de la population.

1. Principe et contrôle de légalité

Notions clés & Définitions

  • Principe de légalité : Soumet l’administration à l’ensemble des normes juridiques qui s’imposent à elle lorsqu’elle prend une décision.
  • Bloc légal : Désigne, au sens large, l’ensemble hiérarchisé des règles extérieures à l’administration, au sommet duquel se trouve la Constitution.

Points essentiels

  • La violation du principe de légalité peut conduire le juge administratif, saisi d’un recours, à censurer l’acte administratif illégal.

Astuce mémo

Soumission de l’administration au droit → garantie contre l’arbitraire et censure du juge

2. Constitution et loi écran

Notions clés & Définitions

  • Constitution : Règles écrites ou non placées au sommet de la hiérarchie des normes de l’État.

★ À maîtriser

📌 La théorie de la loi écran interdit au juge administratif de contrôler directement la constitutionnalité d’un acte administratif lorsque l’inconstitutionnalité provient nécessairement de la loi qu’il applique.

  • Dans l’arrêt Arrighi de 1936, le Conseil d’État refuse d’annuler un acte administratif pris conformément à une loi qu’il estime contraire à la Constitution.

  • La question prioritaire de constitutionnalité permet de contester après la promulgation une disposition législative et peut conduire le Conseil constitutionnel à l’abroger à une date qu’il fixe.

Compléments

  • Dans l’arrêt Commune de Palavas-les-Flots de 2010, le Conseil d’État exige qu’une contestation de constitutionnalité soit présentée par une QPC dans un mémoire distinct et motivé.

Astuce mémo

Écran opaque : QPC nécessaire ; écran transparent : contrôle direct de l’acte

3. Portée des normes constitutionnelles

Notions clés & Définitions

  • Bloc de constitutionnalité : Le bloc de constitutionnalité comprend notamment la Constitution de 1958, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, le Préambule de 1946 et la Charte de l’environnement de 2004.
  • PFRLR : Principes à valeur constitutionnelle rattachés au Préambule de 1946 et dégagés à partir de la législation républicaine antérieure.

★ À maîtriser

  • Le Conseil constitutionnel reconnaît la valeur constitutionnelle du Préambule de 1958 dans sa décision Liberté d’association de 1971, tandis que le Conseil d’État la reconnaît dans l’arrêt Société Eky de 1960.

📌 Les normes constitutionnelles peuvent être directement applicables, nécessiter une précision législative ou réglementaire, ou être trop vagues pour produire par elles-mêmes des effets juridiques.

Compléments

  • Dans l’arrêt Dehaene, le Conseil d’État juge qu’en l’absence d’intervention du législateur pour encadrer le droit de grève, le pouvoir réglementaire doit opérer la conciliation entre ce droit et la sauvegarde de l’intérêt général.

  • Le Conseil d’État reconnaît dans l’arrêt Koné de 1996 un PFRLR interdisant l’extradition d’un étranger lorsqu’elle est demandée dans un but politique.

Astuce mémo

Norme directement applicable ≠ principe nécessitant une loi ≠ objectif trop vague

4. Traités et normes internationales

★ À maîtriser

  • Depuis l’arrêt Dame Kirkwood de 1952, un acte administratif contraire à un traité international est illégal et peut être annulé par le juge administratif.

📌 Selon l’article 55 de la Constitution de 1958, les traités ou accords régulièrement ratifiés ou approuvés ont, dès leur publication, une autorité supérieure à celle des lois sous réserve de leur application par l’autre partie.

  • Pour produire des effets dans l’ordre interne, un traité doit notamment être régulièrement ratifié ou approuvé, publié, réciproquement appliqué lorsque cette condition est pertinente et directement invocable.

  • Dans l’arrêt GISTI et FAPIL de 2012, le Conseil d’État reconnaît l’effet direct d’une stipulation internationale si elle ne régit pas exclusivement les relations entre États et ne nécessite pas d’acte complémentaire pour produire des effets envers les particuliers.

Compléments

  • Dans l’arrêt Procopio de 1987, le Conseil d’État juge qu’un traité peut s’appliquer rétroactivement en France lorsque sa publication intervient après la date d’entrée en vigueur prévue par le traité.

Astuce mémo

Ratification, publication, réciprocité, effet direct

5. Droit dérivé de l’Union européenne

★ À maîtriser

📌 Le droit primaire de l’Union européenne est constitué par les traités, tandis que le droit dérivé comprend notamment les règlements, les directives et les décisions.

  • L’arrêt Van Gend en Loos de 1963 reconnaît que le droit de l’Union européenne peut créer des droits au profit des ressortissants et produire un effet direct lorsqu’il est inconditionnel, clair et précis.

📌 Selon l’article 288 du TFUE, le règlement est obligatoire dans tous ses éléments et directement applicable dans tout État membre.

Compléments

📌 Les règlements de l’Union européenne ont une portée générale, tandis que les décisions ne sont obligatoires que pour les destinataires qu’elles désignent.

Astuce mémo

Règlement directement applicable ; directive à transposer

6. Transposition et contrôle des directives

Notions clés & Définitions

  • Directive européenne : Fixe des objectifs et un délai aux États destinataires, qui doivent transposer ces objectifs dans leur législation ou leur réglementation nationale.

★ À maîtriser

📌 Avant l’expiration du délai de transposition, les États doivent s’abstenir de prendre des mesures compromettant sérieusement le résultat prescrit par la directive.

📌 À l’expiration du délai de transposition, les autorités nationales ne peuvent plus adopter de mesures réglementaires contraires aux objectifs d’une directive.

Compléments

  • Dans l’arrêt Société Alitalia de 1989, le Conseil d’État oblige l’autorité administrative à abroger les mesures réglementaires devenues incompatibles avec les objectifs d’une directive.

  • Dans l’arrêt Association ornithologique et mammalogique de Saône-et-Loire de 1999, le Conseil d’État juge qu’une loi incompatible avec une directive ne disparaît pas rétroactivement, mais fait obstacle aux décisions individuelles prises sur son fondement lorsqu’elles sont contraires au droit de l’Union européenne.

Astuce mémo

Transposer → respecter les objectifs → abroger les normes incompatibles

7. Effets contentieux des directives

Points essentiels

📌 Les actes réglementaires qui appliquent une loi française incompatible avec les objectifs d’une directive doivent être annulés par le juge administratif. - CE, Fédération française des sociétés de protection de la nature, 1984

📌 Une autorité administrative doit abroger les mesures réglementaires devenues contraires aux objectifs d’une directive, lorsqu’elle est saisie d’une demande en ce sens. - Société Alitalia, 1989

  • En cas de refus d’abroger un acte réglementaire contraire à une directive, le requérant peut former un recours pour excès de pouvoir dans le délai contentieux et l’assortir d’une demande d’injonction d’abrogation.

  • L’incompatibilité d’une loi avec les objectifs d’une directive ne fait pas disparaître rétroactivement cette loi, mais elle empêche les autorités administratives de prendre, sur son fondement, des décisions individuelles contraires au droit de l’Union européenne.

  • Le maintien ou l’édiction, après l’expiration du délai de transposition, de dispositions réglementaires contraires aux objectifs d’une directive peut engager la responsabilité pour faute de l’État. - CE, 1992

  • Depuis l’arrêt Gardedieu de 2007, la responsabilité pour faute de l’État peut être engagée en raison du contenu d’une loi contraire aux engagements européens, et cette solution s’étend aux principes généraux du droit de l’Union européenne. - CE

  • Tout justiciable peut invoquer contre un acte administratif individuel les dispositions précises et inconditionnelles d’une directive non transposée lorsque l’État n’a pas pris les mesures nécessaires. - CE, Perreux, 2009

Astuce mémo

Abrogation → responsabilité → invocation

8. Droit international non écrit

Notions clés & Définitions

  • Coutume internationale : Constituée par des précédents répétés et une pratique constante accompagnés de la conviction que la règle possède un caractère obligatoire.
  • Principes généraux du droit international : Formés à partir d’une pratique générale des États ainsi que d’une comparaison et d’une systématisation des droits internes.

★ À maîtriser

  • Dans l’arrêt Aquarone de 1997, le Conseil d’État a admis que les règles coutumières du droit international public pouvaient être invoquées en droit interne si elles étaient suffisamment précises. - CE

📌 Selon le Conseil d’État, ni l’article 55 de la Constitution ni une autre disposition constitutionnelle n’imposent à l’administration de faire prévaloir la coutume internationale sur la loi.

Compléments

  • Dans l’arrêt Usine de Chorzów de 1927, la Cour internationale de justice a énoncé que toute violation d’un engagement entraîne l’obligation de réparer. - CJI

Astuce mémo

Coutume fondée sur la pratique, PGD fondés sur la pratique et la comparaison

9. Hiérarchie du droit international

Points essentiels

📌 En droit interne, les normes constitutionnelles l’emportent sur les normes internationales, car la suprématie conférée aux engagements internationaux par l’article 55 ne s’étend pas aux normes constitutionnelles. - CE, Sarran et Levacher, 1998

  • Dans l’ordre juridique de l’Union européenne, les traités constitutifs dominent les principes généraux de l’Union, les traités internationaux conclus par l’Union et le droit dérivé, tandis que les recommandations et les avis n’ont pas de valeur juridique.

📌 Le principe de primauté du droit de l’Union impose au juge national d’écarter d’office l’application d’une règle nationale qui entrave l’application du droit de l’Union, y compris lorsqu’elle est postérieure. - CJCE

  • Le Conseil d’État a reconnu la primauté du droit de l’Union sur le droit français dans l’arrêt Nicolo de 1989, après avoir appliqué la théorie de la loi-écran dans l’arrêt Semoules de 1968. - CE

📌 La Constitution demeure la norme suprême en France : lorsque le droit de l’Union ne garantit pas de manière équivalente une exigence constitutionnelle, le juge administratif doit faire primer la norme constitutionnelle nationale. - CE, 2021

Astuce mémo

Constitution au sommet en droit interne, droit de l’Union prioritaire sur la loi

10. Loi et règlement sous la Cinquième République

★ À maîtriser

  • Avant 1958, le pouvoir réglementaire était principalement dérivé de la loi, mais le Conseil d’État reconnaissait un pouvoir réglementaire autonome en matière de police et au profit des chefs de service.

  • L’article 34 de la Constitution définit le domaine de la loi, tandis que l’article 37 attribue un caractère réglementaire aux matières qui ne relèvent pas du domaine de la loi.

  • Depuis 1958, le pouvoir réglementaire comprend le pouvoir réglementaire d’exécution de la loi et le pouvoir réglementaire autonome.

  • L’empiètement de la loi sur le domaine réglementaire n’est pas en lui-même sanctionné, tandis que l’empiètement d’un acte réglementaire sur le domaine de la loi entraîne son illégalité pour incompétence. - CE, Ménédrier, 2013

Compléments

  • Dans l’arrêt Dehaene de 1950, le Conseil d’État a fondé l’intervention du législateur pour encadrer le droit de grève sur le Préambule de la Constitution de 1946. - CE

Astuce mémo

Article 34 délimite la loi, article 37 ouvre le domaine réglementaire

11. Lois organiques et ordonnances

Notions clés & Définitions

  • Loi organique : Complète les dispositions de la Constitution, fait obligatoirement l’objet d’un contrôle de constitutionnalité et possède une valeur infra-constitutionnelle mais supra-législative.

★ À maîtriser

  • Une ordonnance de l’article 38 est prise après une loi d’habilitation, délibérée en conseil des ministres, signée par le Président de la République et publiée au Journal officiel.

📌 Tant qu’elle n’est pas ratifiée, une ordonnance conserve une valeur réglementaire et peut être contrôlée et annulée par le juge administratif si elle méconnaît la loi d’habilitation ou une norme supérieure.

📌 Après l’expiration du délai d’habilitation, la contestation d’une ordonnance au regard des droits et libertés constitutionnels doit prendre la forme d’une question prioritaire de constitutionnalité, tandis que le Conseil d’État conserve sa compétence pour contrôler les autres règles supérieures.

Compléments

📌 Depuis la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008, les ordonnances ne peuvent être ratifiées que de manière expresse.

Astuce mémo

Habilitation → ordonnance → ratification ou caducité

12. Régime contentieux des ordonnances

Points essentiels

  • Lorsque le président ratifie expressément une ordonnance, celle-ci acquiert rétroactivement une valeur législative et ne peut plus être modifiée que par une loi, sauf contrôle de compatibilité de la loi de ratification avec une convention internationale ou européenne.

  • Lorsque le président refuse de ratifier une ordonnance, celle-ci devient caduque à la date du refus, mais conserve sa valeur réglementaire jusqu’à cette date et peut être contrôlée par le juge administratif jusque-là.

  • Après l’expiration du délai d’habilitation, la contestation d’une ordonnance au regard des droits et libertés garantis par la Constitution doit prendre la forme d’une question prioritaire de constitutionnalité, tandis que le Conseil d’État conserve le contrôle des autres normes et règles applicables.

  • Lorsque les dispositions contestées d’une ordonnance relèvent du domaine de la loi, le Conseil d’État peut transmettre une QPC au Conseil constitutionnel si les conditions sont réunies ; lorsqu’elles relèvent du domaine réglementaire, il ne transmet pas la QPC et contrôle lui-même leur constitutionnalité.

Astuce mémo

Ratification expresse → valeur législative ; refus → caducité ; silence → valeur réglementaire

13. Principes généraux du droit

Notions clés & Définitions

  • Principes généraux du droit : Normes découvertes principalement par le juge administratif à partir des conceptions de la conscience nationale et de normes constitutionnelles, internationales ou législatives.

Points essentiels

📌 Selon l’analyse de Chapus, les principes généraux du droit ont une valeur infra-législative et supra-décrétale : le juge administratif doit les faire respecter par les actes administratifs, mais la loi prévaut sur eux.

Astuce mémo

Découverte par le juge → protection générale des droits et encadrement de l’administration

14. Typologie des actes administratifs

Notions clés & Définitions

  • Décisions d’espèce : Actes à portée particulière mais impersonnelle qui délimitent le champ d’application d’une règle générale à une situation précise sans modifier cette règle.

Points essentiels

📌 Le règlement est un acte général et impersonnel dont les destinataires ne sont pas nommément identifiables, tandis que l’acte individuel vise une personne ou une catégorie de personnes identifiée ; la distinction est qualitative et non quantitative.

Astuce mémo

Règlement impersonnel, acte individuel nominatif, décision d’espèce situationnelle

15. Hiérarchie des actes administratifs

★ À maîtriser

  • Tous les règlements sont soumis à la Constitution, à la loi, aux traités et aux principes généraux du droit, qu’il s’agisse de règlements d’application de la loi ou de règlements autonomes.

  • Les règlements sont hiérarchisés selon l’autorité dont ils émanent et selon leur forme : un décret pris en conseil des ministres est supérieur à un décret pris en conseil d’État, lui-même supérieur à un décret simple.

  • Les ministres ne disposent pas en principe d’un pouvoir réglementaire général, mais ils peuvent recevoir une habilitation textuelle suffisamment précise ou agir comme chefs de service pour organiser le service placé sous leur autorité, conformément à l’arrêt Jamart de 1936. - Conseil d’État

  • Les règlements sont supérieurs aux décisions individuelles, même lorsque la décision individuelle est prise par une autorité supérieure à celle qui a adopté le règlement, conformément à l’arrêt Ville de Clamart de 1931. - Conseil d’État

Compléments

📌 Les personnes privées gérant un service public peuvent édicter des actes administratifs lorsque la gestion d’un service public administratif s’accompagne de prérogatives de puissance publique, et les personnes privées gérant un service public industriel et commercial peuvent prendre des actes réglementaires relatifs à l’organisation du service public.

Astuce mémo

Le règlement domine toujours la décision individuelle, quelle que soit l’autorité

16. Légalité et pouvoir administratif

★ À maîtriser

  • La conformité interdit à la norme inférieure de contredire la norme supérieure, tandis que la compatibilité exige seulement que la norme inférieure ne soit pas incompatible avec la norme supérieure.

  • La compétence liée oblige l’administration à agir et lui impose une décision déterminée sans marge de choix, tandis que le pouvoir discrétionnaire lui laisse le choix entre plusieurs comportements ou décisions conformes à la légalité.

  • Le pouvoir discrétionnaire ne dispense jamais l’administration de respecter la légalité : il lui permet seulement d’adapter son comportement lorsque les textes sont muets ou laissent une marge d’appréciation.

Compléments

📌 En cas de compétence discrétionnaire, l’administration commet une incompétence négative lorsqu’elle se croit obligée de prendre une décision alors que les textes lui laissaient un pouvoir d’appréciation.

Astuce mémo

Compétence liée : une solution ; pouvoir discrétionnaire : plusieurs solutions légales

17. Contrôle et sanction de l’illégalité

Points essentiels

  • La nullité ou l’inexistence d’un acte permet de le contester sans condition de délai, de le retirer sans délai et de l’abroger à tout moment par l’autorité compétente, contrairement au régime ordinaire du recours de deux mois et du retrait de quatre mois.

  • Le recours administratif gracieux est adressé à l’auteur de l’acte, tandis que le recours hiérarchique est adressé au supérieur hiérarchique de cet auteur.

  • Lorsque le recours administratif préalable obligatoire est exigé, l’administré doit saisir l’administration avant le juge administratif, faute de quoi sa requête juridictionnelle est irrecevable.

  • Le recours pour excès de pouvoir est une action directe visant l’annulation d’un acte administratif, tandis que l’exception d’illégalité est un recours indirect qui conduit seulement à écarter l’acte dans le litige sans l’annuler.

Astuce mémo

Recours administratif → recours juridictionnel → annulation ou exception d’illégalité

18. Contrôle selon le pouvoir administratif

Notions clés & Définitions

  • Incompétence négative : Erreur de droit commise par une autorité administrative qui se croit obligée de prendre une décision alors qu’elle dispose d’un pouvoir discrétionnaire.
  • Acte de gouvernement : Acte pris par une autorité administrative qui échappe, en raison de sa nature, à tout contentieux de la légalité devant le juge administratif et plus généralement devant toute juridiction.

★ À maîtriser

📌 En compétence liée, le juge administratif exerce un contrôle normal et censure toute erreur de qualification juridique des faits, tandis qu’en pouvoir discrétionnaire il exerce en principe un contrôle restreint de l’erreur manifeste d’appréciation.

  • Depuis l’arrêt Dahan rendu par le CE en 2013, une sanction disciplinaire infligée à un agent public n’est légale que si elle est proportionnée aux faits qui l’ont motivée.

📌 En situation d’urgence, l’administration peut exécuter directement une de ses décisions sans saisir préalablement le juge, selon l’arrêt Société immobilière Saint-Just du Tribunal des conflits rendu en 1902.

  • La légalité de crise suppose trois conditions:

    • l’existence de circonstances exceptionnelles
    • l’impossibilité pour l’administration d’agir autrement
    • la prise d’une mesure dans l’intérêt général
  • L’article 16 de la Constitution de 1958 permet au président de la République de prendre des mesures relevant du domaine de la loi et du règlement en cas de menace grave et immédiate sur les institutions de la République, l’indépendance de la nation ou le fonctionnement régulier des pouvoirs publics constitutionnels.

📌 Les actes de gouvernement actuels relèvent de deux catégories : les actes concernant le fonctionnement des pouvoirs publics constitutionnels et ceux concernant les relations internationales.

Compléments

📌 En compétence liée, les moyens de légalité externe sont inopérants lorsque l’administration ne pouvait légalement prendre aucune autre décision, selon l’arrêt du CE Montaignac rendu en 1999.

  • Dans l’arrêt Gomel rendu par le CE en 1994, le juge exerce un contrôle normal sur la qualification d’une place de Paris comme perspective monumentale et sur l’atteinte portée à cette perspective.

  • Dans les ordonnances Commune de Sceaux du 17 avril 2020 et Commune de Nice du 16 février 2021, le Conseil d’État a refusé de reconnaître au maire un pouvoir de police administrative générale permettant de prendre des mesures concurrentes de celles de l’État contre l’épidémie. - CE

  • L’arrêt Heyriès rendu par le Conseil d’État en 1918 admet qu’en période d’hostilités l’administration puisse s’affranchir de certaines garanties offertes aux agents publics. - CE

  • Le Conseil d’État refuse notamment de contrôler le décret de dissolution de l’Assemblée nationale, le décret nommant le Premier ministre et la décision du président de la République de reprendre les essais nucléaires.

📌 Les conséquences d’un acte de gouvernement peuvent engager la responsabilité sans faute de l’État pour rupture d’égalité devant les charges publiques lorsque le préjudice est lié à l’acceptation d’une convention internationale, mais la responsabilité pour faute est exclue.

Astuce mémo

Compétence liée : solution imposée ; pouvoir discrétionnaire : choix encadré

Tableaux de synthèse

Principales normes du droit de l’Union

NormePortéeEffet interne
RèglementPortée généraleDirectement applicable
DécisionDestinataires désignésObligatoire pour les destinataires
DirectiveObjectifs et délai imposés aux ÉtatsTransposition nécessaire en principe

Hiérarchie des normes en droit interne

NormePositionEffet principal
ConstitutionSupérieure aux normes internationalesS’impose au juge administratif
Traités et droit de l’UnionSupérieurs aux loisPermettent d’écarter la loi contraire
LoiSupérieure aux règlementsFondement et limite de l’action administrative
RèglementInférieur à la loiExécute la loi ou intervient dans le domaine réglementaire

Teste tes connaissances

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1. Que signifie le principe de légalité pour l’administration lorsqu’elle prend une décision ?

2. Quelle conséquence le juge administratif peut-il tirer de la violation du principe de légalité par un acte administratif ?

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Mémorisez les concepts clés de Légalité de l’action administrative avec 10 flashcards interactives.

Qu'impose le principe de légalité à l'administration lors d'une décision ?

De se conformer à l'ensemble des normes juridiques qui s'imposent à elle.

Qu'est-ce que la Constitution selon la hiérarchie des normes ?

Un ensemble de règles écrites ou non au sommet de la hiérarchie des normes de l’État.

Que refuse le Conseil d’État dans l’arrêt Arrighi de 1936 ?

D’annuler un acte administratif conforme à une loi jugée contraire à la Constitution.

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