📋 Plan du Cours
- Actes administratifs unilatéraux
- Actes de portée générale
- Mesures d’ordre intérieur
- Caractère administratif
- Effets des AAU
- Vices des actes
- Procédure d’élaboration
- Entrée en vigueur
📖 1. Actes administratifs unilatéraux
🔑 Notions clés & Définitions
- Acte administratif unilatéral (AAU) : Acte juridique émanant d'une seule personne publique, qui produit des effets de droit de manière unilatérale, sans le consentement de l'administré.
- Caractère exécutoire : Selon CE, Ass., 1982, Huglo, un AAU dispose du caractère exécutoire, ce qui implique qu'il doit être exécuté même si l'administré ne l'accepte pas, jusqu'à ce qu'il soit annulé ou modifié.
- Mutabilité des AAU : D'après CE, Sect., 1961, Vannier, les actes administratifs unilatéraux sont mutables, c'est-à-dire qu'ils peuvent être modifiés ou abrogés par l'administration, en raison du principe de mutabilité du service public.
- Distinction avec autres actes : Les AAU se distinguent des actes de portée générale (voir section 2) et des actes de gouvernement (insusceptibles de recours), notamment par leur caractère unilatéral et leur capacité à produire des effets de droit immédiats.
- Actes de portée générale : Selon CE, 2012, Association Libérez les Mademoiselles, ce sont des actes à portée collective, comme les circulaires ou lignes directrices, qui peuvent faire l’objet de recours et ne sont pas toujours contraignants.
- Actes de Gouvernement : Insusceptibles de recours, ils relèvent de la politique étrangère ou de la souveraineté, et incluent notamment la signature de traités ou la déclaration de guerre (voir section 4).
📝 Points essentiels
- Définition : L'AAU est un acte unilatéral émanant d'une personne publique, destiné à produire des effets juridiques immédiats ou futurs, sans accord préalable de l'administré.
- Distinction : La différence principale avec les actes de portée générale réside dans leur portée et leur destinataire ; les AAU sont souvent individuels ou sectoriels, alors que les actes de portée générale concernent une catégorie de personnes ou une situation.
- Caractère exécutoire : Confirmé par CE, Ass., 1982, Huglo, l'AAU doit être exécuté, sauf si sa légalité est contestée ou si une procédure d’annulation est engagée.
- Mutabilité : La jurisprudence CE, Sect., 1961, Vannier affirme que les AAU peuvent être modifiés ou abrogés, illustrant la souplesse de l’administration face à ses actes.
- Recours : Les AAU peuvent faire l’objet d’un recours pour excès de pouvoir, sauf s’ils relèvent d’actes de gouvernement ou d’actes insusceptibles de recours (voir section 4).
- Exemples : Décisions individuelles, sanctions disciplinaires, mesures d’ordre intérieur, etc.
💡 À retenir
Les actes administratifs unilatéraux sont des actes émanant d'une personne publique, dotés du caractère exécutoire et mutables, qui produisent des effets juridiques immédiats ou futurs, et peuvent faire l’objet de recours sauf s’ils relèvent d’actes de gouvernement ou d’actes insusceptibles de recours.
📖 2. Actes de portée générale
🔑 Notions clés & Définitions
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Actes de portée générale : Actes administratifs qui s’appliquent à une catégorie indéfinie de personnes ou à l’ensemble des administrés, créant des effets normatifs généraux. CE, 2020, GISTI : "Tous les actes de portée générale sont susceptibles de recours, le juge appréciant leurs effets concrets plutôt que leur impérativité."
-
Circulaires impératives et non impératives : Circulaires qui ont un caractère obligatoire (impératives) ou simplement informatif (non impératives). CE, 1993, IFOP : "Les circulaires peuvent faire l’objet d’un recours si elles méconnaissent une norme supérieure." Les dispositions impératives font grief (CE, 2002, Mme Duvignères).
-
Lignes directrices et droit souple : Instruments d’orientation qui n’ont pas de caractère contraignant mais influencent la conduite des administrations. CE, 2016, Numericable et Fairvesta : "Les mesures de droit souple sont contestables devant le juge administratif, qui analyse leurs effets concrets."
-
Recours contre les actes de portée générale : Possibilité pour un administré de contester ces actes devant le juge administratif. CE, 2012, Association Libérez les Mademoiselles : "Le recours est possible, le juge se concentre sur les effets concrets de l’acte, non sur son impérativité."
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Hiérarchie au sein du Gouvernement : Organisation hiérarchique permettant au Premier ministre d’émettre des instructions à ses ministres. CE, 2012, Association Libérez les Mademoiselles : "Le Premier ministre dispose d’un pouvoir d’instruction sur ses ministres, établissant une hiérarchie au sein du Gouvernement."
📝 Points essentiels
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Les actes de portée générale regroupent notamment les circulaires, lignes directrices, et mesures de droit souple, qui ont tous un effet normatif ou d’orientation sans nécessairement être impératifs. Leur qualification et leur qualification juridique dépendent de leur contenu et de leur effet concret.
-
La jurisprudence a affirmé que toutes ces catégories d’actes sont susceptibles de recours devant le juge administratif, notamment depuis CE, 2020, GISTI, où le critère d’impérativité a été remplacé par l’analyse des effets concrets de l’acte.
-
La hiérarchie au sein du Gouvernement, établie par CE, 2012, Association Libérez les Mademoiselles, permet au Premier ministre d’émettre des instructions qui s’imposent à ses ministres, renforçant la cohérence de l’action gouvernementale.
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La distinction entre circulaires impératives et non impératives, ainsi que la qualification de lignes directrices ou droit souple, est essentielle pour déterminer la possibilité de recours et la nature de l’acte.
💡 À retenir
Les actes de portée générale, qu’ils soient circulaires, lignes directrices ou mesures de droit souple, sont tous susceptibles de recours devant le juge administratif, qui privilégie désormais l’analyse de leurs effets concrets plutôt que leur caractère impératif. La hiérarchie au sein du Gouvernement permet au Premier ministre d’émettre des instructions contraignantes à ses ministres.
📖 3. Mesures d’ordre intérieur
🔑 Notions clés & Définitions
- Mesures d’ordre intérieur (MOI) : Actes ou décisions prises par l’administration ou l’autorité compétente visant à organiser ou gérer la vie interne d’un service ou d’une institution, sans affecter directement les droits ou libertés des administrés. Elles relèvent du pouvoir de gestion interne de l’administration.
- Contrôle juridictionnel des sanctions scolaires (CE, 1992, Kherouaa) : La jurisprudence permet au juge administratif de contrôler la légalité des sanctions disciplinaires infligées aux élèves, en vérifiant notamment leur conformité aux critères de légalité et de proportionnalité.
- Critères de recevabilité des sanctions pénitentiaires (CE, Ass., 1995, Hardouin et Marie) : La Cour établit que pour qu’une sanction pénitentiaire soit recevable, elle doit être une mesure punitive (nature de la mesure) et doit avoir un impact sur les droits et libertés du détenu (gravité de la mesure).
- Contrôle des mesures de transfert en milieu pénitentiaire : Le juge administratif peut contrôler la légalité des transferts de détenus, notamment si ceux-ci portent atteinte au droit à la vie privée ou familiale, ou s’ils sont effectués dans des conditions contraires à la loi.
- Recours contre mesures déguisées (CE, Sect., 2015, Mme Bourjolly) : Lorsqu’une mesure prise par l’administration a pour but de sanctionner ou de réprimer, même si elle n’est pas formellement qualifiée de sanction, elle peut faire l’objet d’un recours si elle constitue une sanction déguisée ou si elle n’est pas prise dans l’intérêt du service.
📝 Points essentiels
- La jurisprudence CE, 1992, Kherouaa a marqué la première reconnaissance du contrôle du juge administratif sur les sanctions scolaires, établissant ainsi un véritable contentieux spécifique.
- La décision CE, Ass., 1995, Hardouin et Marie a étendu ce contrôle aux sanctions pénitentiaires, en précisant deux critères de recevabilité : la nature punitive de la mesure et son impact sur les droits fondamentaux.
- Concernant les mesures de transfert en milieu pénitentiaire, la jurisprudence autorise leur contrôle si elles portent atteinte aux droits fondamentaux, notamment la vie privée et familiale (CE, 2009, Khaled Mustapha).
- La possibilité de recours contre des mesures de transfert ou de réaffectation déguisée a été affirmée dans l’arrêt CE, Sect., 2015, Mme Bourjolly, puis étendue en 2023 à tous les agents des services (CE, 2023, M. P).
- La jurisprudence reconnaît que même un simple avertissement peut faire l’objet d’un recours en contentieux pénitentiaire (CE, 2014, Garde des Sceaux).
💡 À retenir
Les mesures d’ordre intérieur, bien que relevant de la gestion interne, sont susceptibles de contrôle juridictionnel si elles ont un impact sur les droits des personnes ou si elles sont déguisées en sanctions, permettant ainsi un équilibre entre gestion interne et respect des droits fondamentaux.
📖 4. Caractère administratif
🔑 Notions clés & Définitions
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Caractère administratif des actes des personnes privées gérant un SPA : Selon CE, Sect., 1991, Association Girondins de Bordeaux FC, l’acte d’une personne privée qui gère un service public administratif (SPA) est considéré comme un acte administratif contestable devant la juridiction administrative.
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Caractère administratif des actes réglementaires des personnes privées organisant un SPIC : D’après TC, 1968, Époux Barbier, les actes réglementaires adoptés par une personne privée organisant un service public industriel et commercial (SPIC) sont également qualifiés d’actes administratifs susceptibles de recours.
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Actes de Gouvernement insusceptibles de recours : Selon CE, 2025, Union Calédonienne et TC, 1950, Radio Andorre, certains actes de Gouvernement, notamment la publication d’un accord ou la suspension d’un traité international, sont insusceptibles de recours, car détachables des relations internationales.
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Actes détachables des relations internationales et recours possibles : Comme indiqué par CE, Ass., 1998, Vo Thanh Nghia et CE, Ass., 1993, Royaume-Uni, certains actes liés aux relations internationales, tels que la délivrance d’un permis de construire pour une ambassade ou l’autorisation d’extrader, sont détachables et peuvent faire l’objet de recours.
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Action en responsabilité sans faute liée aux actes de Gouvernement : Selon CE, Ass., 2024, Mutuelle centrale de réassurance, même si un acte de Gouvernement n’est pas annulable, il peut engager la responsabilité de l’administration sans faute si cet acte cause un préjudice à un administré.
📝 Points essentiels
- La jurisprudence établit que les actes des personnes privées gérant un SPA ou organisant un SPIC ont un caractère administratif (CE, 1991, Association Girondins de Bordeaux FC ; TC, 1968, Époux Barbier).
- Certains actes de Gouvernement, notamment la publication d’accords ou la suspension de traités, sont insusceptibles de recours car ils relèvent du domaine de la souveraineté (CE, 2025, Union Calédonienne ; TC, 1950, Radio Andorre).
- Cependant, certains actes détachables des relations internationales (ex : délivrance d’un permis d’ambassade, autorisation d’extradition) peuvent faire l’objet de recours, car ils sont considérés comme détachés de la souveraineté (CE, Ass., 1998, Vo Thanh Nghia ; CE, Ass., 1993, Royaume-Uni).
- La responsabilité sans faute peut être engagée pour les actes de Gouvernement causant un préjudice, même s’ils ne sont pas annulables (CE, 2024, Mutuelle centrale de réassurance).
💡 À retenir
Les actes des personnes privées gérant un SPA ou organisant un SPIC ont un caractère administratif, tandis que certains actes de Gouvernement, notamment en matière internationale, sont insusceptibles de recours, sauf s’ils sont détachables et susceptibles de faire l’objet d’une action en responsabilité sans faute.
📖 5. Effets des AAU
🔑 Notions clés & Définitions
- Caractère exécutoire | HUGLO (1982) : Un acte administratif unilatéral dispose du caractère exécutoire, ce qui signifie qu'il doit être exécuté de force par l'administration, présumant sa légalité jusqu'à preuve du contraire.
- Conditions d’exécution forcée | SOCIÉTÉ IMMOBILIÈRE ST-JUST (1902) : L’administration peut mettre en œuvre l’exécution forcée d’un acte administratif lorsque la loi le prévoit, qu’aucune autre voie de droit n’est possible, ou en cas d’urgence.
- Présomption de légalité | HUGLO (1982) : Les décisions administratives sont présumées légales, ce qui implique qu’elles sont exécutoires sauf à en faire la preuve de leur illégalité.
📝 Points essentiels
- La caractère exécutoire des AAU, affirmé par HUGLO (1982), garantit leur application immédiate, sous réserve de la preuve de leur illégalité. Cela confère à l’acte une force contraignante pour l’administration et l’administré.
- Selon SOCIÉTÉ IMMOBILIÈRE ST-JUST (1902), l’administration peut recourir à l’exécution forcée dans trois situations : lorsque la loi le prévoit, lorsqu’aucune autre voie de droit n’est possible, ou en cas d’urgence. Ces conditions encadrent la mise en œuvre de mesures coercitives pour assurer l’exécution des actes administratifs.
- La présomption de légalité des décisions administratives, établie par HUGLO (1982), implique que la charge de la preuve de l’illégalité revient à celui qui la conteste, ce qui facilite l’application immédiate des actes administratifs.
💡 À retenir
Les actes administratifs unilatéraux sont présumés légaux et disposent du caractère exécutoire, ce qui leur permet d’être appliqués de force par l’administration, sous réserve de la preuve de leur illégalité, conformément aux conditions d’exécution forcée prévues par la jurisprudence.
📖 6. Vices des actes
🔑 Notions clés & Définitions
- Incompétence négative (CE, 1959, Doublet ; CE, 1989, Alitalia) : Obligation pour l’administration d’édicter ou d’abroger un acte lorsqu’elle dispose de l’autorité compétente ou doit le faire pour respecter la légalité. Elle concerne l’obligation d’agir en cas d’illégalité ou d’absence de compétence.
- Vice de procédure (CE, 1978, SCI Bd Arago) : Défaut ou irrégularité dans la procédure suivie lors de l’élaboration ou de la décision d’un acte administratif, pouvant entraîner son annulation.
- Principe du contradictoire (CE, 1944, Dame veuve Trompier-Gravier) : Le principe selon lequel la personne concernée doit pouvoir présenter ses observations et défendre ses droits lors de la procédure de décision administrative.
- Détournement de pouvoir (CE, 1875, Pariset) : Utilisation d’un acte administratif à des fins étrangères à l’intérêt général, en dehors de la finalité pour laquelle il a été créé.
- Effet du vice de forme et procédure (CE, 2018, CFDT Finances) : Limites dans la contestation des actes pour vice de forme ou de procédure, notamment leur invocabilité lors du recours contre un acte réglementaire ou lors de l’abrogation.
📝 Points essentiels
- La légalité d’un acte administratif peut être remise en cause en cas de vice, notamment d’incompétence négative, de vice de procédure ou de détournement de pouvoir.
- Incompétence négative oblige l’administration à agir pour respecter la légalité, sous peine d’annulation ou d’obligation d’abroger (CE, 1959, Doublet ; CE, 1989, Alitalia).
- Vice de procédure peut entraîner l’annulation de l’acte si la procédure n’a pas respecté les règles garantissant le principe du contradictoire ou autres règles procédurales essentielles (CE, 1978, SCI Bd Arago).
- La jurisprudence précise que seul un vice de procédure ayant une incidence sur la décision peut entraîner son annulation, sauf exceptions (CE, 2011, Danthony).
- Le détournement de pouvoir constitue une faute grave, sanctionnée par l’annulation de l’acte, dès lors qu’il est utilisé à des fins étrangères à l’intérêt général (CE, 1875, Pariset).
- La jurisprudence limite la contestation des vices de forme et de procédure : ils ne sont plus invocables lors du recours contre un acte réglementaire ou lors de l’abrogation (CE, 2018, CFDT Finances).
💡 À retenir
Les vices des actes, notamment l’incompétence négative, le vice de procédure et le détournement de pouvoir, sont des causes d’annulation ou d’abrogation permettant de garantir la légalité et la légitimité des actes administratifs, sous réserve de leurs limites d’invocabilité.
📖 7. Procédure d’élaboration
🔑 Notions clés & Définitions
-
Principe du contradictoire (CE, Sect., 1944, Dame veuve Trompier-Gravier) : Obligation pour l’administration d’assurer à la personne concernée la possibilité de présenter ses observations, d’être informée des griefs et d’être défendue par un avocat lors de l’élaboration d’un acte défavorable ou sanction. Ce principe garantit le respect des droits de la défense dans la procédure administrative.
-
Obligation d’information et de défense de l’administré : L’administration doit communiquer à l’administré les griefs retenus contre lui, lui permettre de répondre et de se défendre avant la prise d’une décision défavorable ou sanction. Elle doit également l’informer des recours possibles.
-
Procédures spécifiques aux décisions défavorables et sanctions : Lorsqu’une décision administrative est défavorable ou qu’une sanction est envisagée, des procédures particulières s’appliquent, notamment le respect du contradictoire, la notification de la décision, et la possibilité pour l’administré de présenter ses observations (CE, Sect., 1944, Dame veuve Trompier-Gravier).
📝 Points essentiels
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Le principe du contradictoire s’applique à toutes les décisions défavorables ou sanctions, assurant à l’administré la possibilité de faire valoir ses observations avant la décision finale (CE, Sect., 1944, Dame veuve Trompier-Gravier).
-
La notification de l’acte doit préciser les griefs, permettre à l’administré de répondre, et lui indiquer ses droits à recours. La procédure doit respecter le droit à la défense, notamment en permettant la communication du dossier et la présentation d’observations.
-
En cas de décision défavorable ou de sanction, l’administration doit suivre une procédure spécifique, notamment une phase d’instruction, la communication des griefs, et une possibilité d’être entendu ou de présenter des observations (CE, Sect., 1944, Dame veuve Trompier-Gravier).
-
La procédure doit garantir la transparence et l’équité, en assurant que l’administré ait connaissance des motifs et puisse faire valoir ses droits, sous peine d’annulation pour vice de procédure (CE, 1978, SCI Bd Arago).
-
La procédure peut prévoir des étapes complémentaires, comme la mise en demeure, la consultation d’un organisme, ou la possibilité de recours hiérarchique ou contentieux.
💡 À retenir
Le principe du contradictoire impose à l’administration d’assurer à l’administré une procédure équitable, notamment en lui permettant de répondre aux griefs et d’être informé, ce qui est essentiel pour la légalité et la légitimité des actes administratifs.
📖 8. Entrée en vigueur
🔑 Notions clés & Définitions
- Principe de non-rétroactivité des AAU (CE, Ass., 1948, Société du journal l’Aurore) : Un acte administratif unilatéral ne peut pas produire d’effets pour le passé, sauf exceptions prévues par la loi ou le texte lui-même.
- Obligation d’édicter des mesures transitoires (CE, Ass., 2006, KPMG) : Lorsqu’un acte modifie ou abroge une réglementation, l’administration doit prévoir des dispositions permettant une transition pour éviter des effets disruptifs.
- Effets des actes créateurs de droits et conditions d’abrogation (CE, Sect., 1967, Société SAMAT) : Les actes créateurs de droits, une fois émis, ont un effet immédiat et peuvent être abrogés ou retirés si les conditions pour leur suppression sont réunies, notamment si le bénéficiaire ne remplit plus les conditions.
- Principe de mutabilité du service public (CE, Sect., 1961, Vannier) : Le service public peut évoluer ou changer de modalités, ce qui implique que les actes administratifs qui le régissent ne sont pas définitifs et peuvent être modifiés ou abrogés.
- Revirement de jurisprudence non-rétroactif (CE, Ass., 2007, Tropic Travaux signalisation) : La jurisprudence peut évoluer, mais le changement de doctrine n’a pas d’effet rétroactif, sauf si la nouvelle règle est d’ordre public ou si la situation le justifie.
📝 Points essentiels
- La non-rétroactivité des AAU est un principe fondamental affirmé par CE, Ass., 1948, Société du journal l’Aurore, garantissant la sécurité juridique en empêchant l’application rétroactive des actes.
- L’administration doit respecter l’obligation d’édicter des mesures transitoires lors de la modification d’actes ou de règlements, comme précisé par CE, Ass., 2006, KPMG, afin d’assurer une transition ordonnée.
- Les actes créateurs de droits, tels que les décisions qui accordent une subvention ou un avantage, sont en principe exécutoires immédiatement, mais peuvent être abrogés si les conditions pour leur retrait sont réunies, conformément à CE, Sect., 1967, Société SAMAT.
- La mutabilité du service public, reconnue par CE, Sect., 1961, Vannier, implique que les actes qui le régissent ne sont pas définitifs et peuvent être modifiés pour répondre à l’intérêt général.
- Le revirement de jurisprudence, comme indiqué par CE, Ass., 2007, Tropic Travaux signalisation, ne doit pas produire d’effets rétroactifs, sauf exception d’ordre public ou situation particulière.
💡 À retenir
L’entrée en vigueur des actes administratifs est régie par le principe de non-rétroactivité, renforcé par l’obligation d’assurer une transition adaptée, tout en permettant leur abrogation ou modification dans le respect de la mutabilité du service public et sous réserve des effets immédiats des actes créateurs de droits.
📊 Tableaux de Synthèse
| Critère / Notion | Actes administratifs unilatéraux (AAU) | Actes de portée générale | Mesures d’ordre intérieur (MOI) |
|---|
| Définition | Acte juridique émanant d'une personne publique, effets de droit unilatéraux | Actes s'appliquant à une catégorie indéfinie, effets normatifs | Actes internes visant l’organisation ou la gestion interne |
| Caractère | Unilatéral, exécutoire, mutabilité (CE, 1961, Vannier) | Normatifs, applicables à une catégorie ou à tous, susceptibles de recours | Gestion interne, sans effets directs sur les droits des administrés |
| Exemples | Décisions individuelles, sanctions disciplinaires, mesures d’ordre intérieur | Circulaires, lignes directrices, mesures de droit souple | Sanctions disciplinaires, transferts en prison, mesures internes |
| Recours | Possible sauf actes de gouvernement ou insusceptibles de recours | Possible, jugé selon effets concrets (CE, 2020, GISTI) | Contrôlé en cas de sanction ou atteinte aux libertés |
| Effets juridiques | Effets immédiats ou futurs, peuvent être modifiés ou abrogés | Effets normatifs ou d’orientation | Effets internes, gestion du service |
| Notions clés / Auteurs | Définition / Point clé | Auteur / Jurisprudence |
|---|
| Caractère exécutoire | Un AAU doit être exécuté même si contesté (CE, 1982, Huglo) | Huglo |
| Mutabilité | AAU modifiables ou abrogés (CE, 1961, Vannier) | Vannier |
| Actes de portée générale | Actes à portée collective, susceptibles de recours (CE, 2020, GISTI) | GISTI |
| Circulaires impératives/non impératives | Circulaires obligatoires ou informatives (CE, 1993, IFOP) | IFOP |
| Hiérarchie dans le Gouvernement | Pouvoir d’instruction du Premier ministre (CE, 2012, Libérez) | Libérez les Mademoiselles |
| Contrôle des sanctions scolaires | Contrôle de légalité des sanctions (CE, 1992, Kherouaa) | Kherouaa |
| Sanctions pénitentiaires | Conditions de recevabilité (CE, 1995, Hardouin et Marie) | Hardouin et Marie |
⚠️ Pièges & Confusions Fréquentes
- Confondre acte unilatéral et acte de gouvernement : ce dernier est insusceptible de recours, contrairement à l’acte administratif unilatéral.
- Confondre acte de portée générale et acte individuel : la distinction réside dans leur destinataire et leur portée.
- Croire que tous les actes de portée générale sont impératifs : certains sont simplement d’orientation ou de droit souple.
- Penser que les actes d’ordre intérieur peuvent produire des effets sur les droits des administrés : ils concernent la gestion interne.
- Confondre la mutabilité des AAU avec leur irrévocabilité : ils peuvent être modifiés ou abrogés (CE, 1961, Vannier).
- Négliger la possibilité de recours contre certains actes de portée générale : la jurisprudence recentre sur l’effet concret.
- Oublier que la hiérarchie dans le gouvernement permet au Premier ministre d’émettre des instructions contraignantes à ses ministres.
✅ Checklist Examen
- Connaître la définition de l’acte administratif unilatéral (CE, Ass., 1982, Huglo).
- Savoir que les AAU disposent du caractère exécutoire (CE, 1982, Huglo).
- Maîtriser la mutabilité des AAU selon la jurisprudence (CE, 1961, Vannier).
- Identifier la différence entre actes de portée générale, circulaires, lignes directrices et droit souple (CE, 2020, GISTI ; CE, 2016, Numericable).
- Connaître la possibilité de recours contre les actes de portée générale et leur appréciation par le juge (CE, 2012, Association Libérez les Mademoiselles).
- Comprendre la distinction entre actes de gouvernement et actes administratifs unilatéraux insusceptibles de recours.
- Savoir que les mesures d’ordre intérieur concernent la gestion interne et ne produisent pas d’effets directs sur les droits des administrés.
- Connaître la jurisprudence sur le contrôle des sanctions scolaires (CE, 1992, Kherouaa).
- Identifier les critères de légalité des sanctions pénitentiaires (CE, Ass., 1995, Hardouin et Marie).
- Maîtriser le rôle du Premier ministre dans l’organisation hiérarchique (CE, 2012, Libérez).
- Connaître la procédure d’élaboration et d’entrée en vigueur des actes administratifs.
- Vérifier la maîtrise de la notion d’entrée en vigueur des actes et leur publication.
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