Fiche de révision : Marché de travaux et conduite d’opération

Plan du Cours

  1. Définition et responsabilités du maître d’ouvrage
  2. Cadre juridique de la maîtrise d’ouvrage
  3. Principes de la commande publique
  4. Missions du maître d’ouvrage
  5. Acteurs liés au maître d’ouvrage
  6. Relations entre MOA et entreprises
  7. Marché de travaux et détermination du prix
  8. Montage et programmation de l’opération
  9. Préparation du chantier
  10. Ordres de service et délais d’exécution
  11. Pénalités de retard
  12. Ajournement et résiliation des travaux
  13. Réception et prise de possession
  14. Obligations de droit commun du maître d’ouvrage
  15. Assurances du maître d’ouvrage

1. Définition et responsabilités du maître d’ouvrage

Notions clés & Définitions

  • Maître d’ouvrage : Nom légal du client qui réalise des travaux sur un terrain et pouvoir adjudicateur, sans être nécessairement le financeur du projet.

Points essentiels

📌 Selon la loi MOP, le MOA est la personne morale pour laquelle l’ouvrage est construit et qui en est responsable ; selon le Code civil, c’est la personne qui demande les travaux, et non celle qui les étudie ou les exécute ; selon le CCAG 2021, c’est la personne pour le compte de laquelle les travaux sont exécutés, qui a le droit de construire sur le terrain même sans en être propriétaire et qui a conclu un ou plusieurs contrats pour réaliser l’ouvrage ; selon la norme AFNOR P03-001, c’est la personne physique ou morale pour le compte de qui les travaux ou ouvrages sont réalisés.

  • Le MOA prononce la faisabilité et l’opportunité de l’opération au vu des données disponibles ou d’études spécifiques, en détermine la localisation, valide l’enveloppe prévisionnelle, assure le financement par un engagement sur le montage financier, définit et approuve le programme, fixe le processus de réalisation et choisit le mode de consultation des prestataires nécessaires aux études et aux travaux, afin d’obtenir un ouvrage respectant les délais, les coûts, la qualité et les principes de développement durable.

2. Cadre juridique de la maîtrise d’ouvrage

Notions clés & Définitions

  • CCAG : Documents-types qui fixent les stipulations administratives applicables à une catégorie de marchés et déterminent les droits et obligations des cocontractants pendant l’exécution du marché.

★ À maîtriser

  • La loi MOP, loi française du 12 juillet 1985, organise les relations entre la maîtrise d’ouvrage publique et la maîtrise d’œuvre privée et encadre les relations entre intervenants publics et privés lorsqu’une entité publique ordonne la construction dans le cadre d’un marché public.

Compléments

📌 La loi MOP s’applique uniquement lorsque le maître d’ouvrage est une entité publique et que le maître d’œuvre choisi est une entité privée.

  • En avril 2019, la loi MOP a été intégrée au Code de la commande publique.

  • L’article R. 2112-2 du Code de la commande publique prévoit que les clauses d’un marché peuvent être déterminées par des documents généraux tels que les CCAG et les CCTG.

  • Les CCAG encadrent notamment : le paiement, les délais, la sous-traitance, les prestations supplémentaires, l’admission et la réception des prestations, le règlement des différends, les conditions de fin des relations contractuelles

  • Les CCAG sécurisent juridiquement l’exécution des marchés et uniformisent les pratiques des acheteurs, ce qui facilite notamment l’accès des entreprises, en particulier des TPE et PME, à la commande publique.

📌 Les CCAG sont conçus pour les marchés publics relevant des contrats administratifs et ne sont pas adaptés aux marchés publics de droit privé ; certaines de leurs clauses peuvent être réputées non écrites par le juge judiciaire si elles créent un déséquilibre significatif au sens de l’article 1171 du Code civil.

  • Le CCAG-Travaux 2021 a été actualisé pour tenir compte des évolutions du droit de la commande publique depuis 2009 et des évolutions des besoins et usages des acteurs.

  • La réforme de 2021 prend en compte : la dématérialisation, le développement durable, l’accès des PME à la commande publique, la résilience face aux circonstances imprévisibles

  • Six CCAG adaptés aux spécificités des marchés, dont le CCAG-Travaux et le CCAG-MOE, ont été approuvés par arrêtés du 30 mars 2021.

  • À partir du 1er octobre 2021, les consultations lancées font référence au CCAG-Travaux 2021.

  • Les huit chapitres du CCAG-Travaux portent sur :

    • les généralités
    • les prix et le règlement des comptes
    • les délais
    • la réalisation des travaux
    • la vérification et la réception des travaux
    • les garanties et assurances
    • la résiliation
    • le règlement des différends
  • Le Code de la commande publique complète le CCAG notamment sur : les dispositions de la loi MOP applicables, la sous-traitance, les délais de paiement, les avances, les retenues de garantie, les modes alternatifs de règlement amiable des litiges

  • Le maître d’ouvrage joue un rôle plus important dans le contrôle du maître d’œuvre concernant les délais et le prix du marché.

  • Le Code civil encadre les relations contractuelles entre le maître d’ouvrage et les intervenants ainsi que les responsabilités liées à la construction.

3. Principes de la commande publique

★ À maîtriser

  • Les trois principes fondamentaux de la commande publique sont :

    • la liberté d’accès à la commande publique
    • l’égalité de traitement des candidats
    • la transparence des procédures
  • L’article 1er de l’ordonnance du 23 juillet 2015 consacre trois principes généraux des marchés publics :

    • la liberté d’accès à la commande publique
    • l’égalité de traitement des candidats
    • la transparence des procédures
  • Les trois principes de la commande publique ont pour objet d’assurer l’efficacité de la commande publique et la bonne utilisation des deniers publics, conformément à l’article 1er de l’ordonnance du 23 juillet 2015.

  • La définition préalable des besoins consiste à déterminer précisément leur nature et leur étendue avant le lancement de la consultation, afin d’éviter les achats inutiles ou techniquement inadaptés et le gaspillage des fonds publics.

Compléments

📌 Le maître d’ouvrage doit prendre en compte les exigences de développement durable dans la définition du besoin, selon les dimensions économique, sociale et environnementale.

  • Une définition précise du besoin permet aux soumissionnaires de proposer une offre adaptée, à l’acheteur d’accéder à une offre innovante et aux conditions d’une bonne exécution du marché d’être réunies, tout en limitant le risque de relancer une consultation après une sous-estimation du besoin initial.

  • Le sourcing peut prendre la forme de consultations ou d’études de marché et de rencontres avec les opérateurs économiques, à condition de ne pas fausser la concurrence et de respecter les principes de la commande publique.

4. Missions du maître d’ouvrage

★ À maîtriser

  • Selon la loi MOP intégrée au Code de la commande publique, le maître d’ouvrage définit précisément son besoin afin de permettre l’exécution de l’ouvrage.

  • Selon la loi MOP intégrée au Code de la commande publique, le maître d’ouvrage s’assure de la faisabilité et de l’opportunité de l’opération avant son lancement.

Compléments

  • Selon la loi MOP intégrée au Code de la commande publique, le maître d’ouvrage détermine la localisation des travaux, fixe leur programme et leur enveloppe financière prévisionnelle, et communique les informations utiles qu’il possède, comme les diagnostics et les rapports géotechniques.

  • Selon le CCAG Travaux, le maître d’ouvrage ordonne les paiements et réceptionne les travaux.

5. Acteurs liés au maître d’ouvrage

★ À maîtriser

📌 L’assistant au maître d’ouvrage (AMO) apporte contractuellement son expertise au maître d’ouvrage sans le représenter, tandis que le maître d’ouvrage délégué le représente dans le cadre d’un mandat et de pouvoirs délégués.

📌 La délégation de pouvoirs du maître d’ouvrage délégué n’est pas illimitée, certaines compétences ne sont pas transférables et la responsabilité du maître d’ouvrage public ne peut jamais être déléguée.

  • Le maître d’œuvre conçoit le projet et apporte une réponse architecturale, technique et économique au programme ; il assiste le maître d’ouvrage pour la passation des marchés de travaux, dirige et contrôle les travaux, propose leur réception et leur règlement, puis l’assiste pendant la période de parfait achèvement.

📌 Le coordonnateur SPS est obligatoire sur les chantiers de bâtiment et de génie civil où la présence simultanée ou successive de plusieurs entreprises crée des risques pour la sécurité et la santé au travail.

Compléments

📌 Le maître d’ouvrage reste décideur lorsque l’AMO l’assiste ; le CCAP doit préciser si l’intervention de ces personnes est prévue ainsi que la nature et l’étendue de leurs missions et pouvoirs, informations à obtenir à la première réunion de chantier si les documents particuliers du marché sont muets.

  • Le maître d’œuvre est lié contractuellement au maître d’ouvrage et peut être une personne morale publique si la mission n’est pas externalisée, une personne morale privée si elle l’est, ou une personne physique telle qu’un architecte ; ses prestations font l’objet d’un marché spécifique.

  • La mission d’ordonnancement, pilotage et coordination (OPC), assurée par le maître d’œuvre ou un prestataire spécifique, est centrée sur la phase des travaux.

📌 La coordination des systèmes de sécurité incendie est obligatoire dans tous les établissements recevant du public où un système de sécurité incendie doit être installé.

📌 Le bureau de contrôle ou contrôleur technique est obligatoire pour les établissements recevant du public des quatre premières catégories, les immeubles de grande hauteur, ou lorsque le maître d’ouvrage l’a expressément prévu dans le marché.

  • Le bureau de contrôle ou contrôleur technique, lié contractuellement au maître d’ouvrage, lui donne des avis sur les problèmes techniques en contrôlant le chantier, en établissant un rapport avant le commencement des travaux, en réalisant des vérifications avant la réception et en intervenant à sa demande pendant la période de garantie de parfait achèvement.

  • Le coordonnateur SPS, contractuellement lié au maître d’ouvrage, le conseille, exerce sa mission sous sa responsabilité et doit informer le maître d’ouvrage et le maître d’œuvre de tout manquement aux règles de sécurité en cas de danger grave et imminent ; le CCAP précise ses missions et pouvoirs.

  • Le bureau d’études techniques, notamment le géotechnicien, intervient sur demande directe du maître d’ouvrage et lui est lié contractuellement.

  • L’étude géotechnique préalable fournit au maître d’ouvrage une étude de sol qui confirme la faisabilité technique du projet et décrit les caractéristiques géologiques et hydrogéologiques du sol, données d’entrée pour élaborer l’AVP puis le PRO.

6. Relations entre MOA et entreprises

Notions clés & Définitions

  • Titulaire du marché : Entreprise qui signe le marché de travaux avec le MOA.

★ À maîtriser

  • Le titulaire exécute les travaux prévus au marché selon une obligation de résultat : livrer les ouvrages convenus dans les délais et au prix convenus, conformément aux prescriptions techniques du marché et aux règles de l’art.

  • Le MOA n’a aucun lien de droit avec le sous-traitant ; le titulaire répond envers le MOA des prestations sous-traitées comme s’il les exécutait lui-même.

  • Le sous-traitant direct travaille pour le titulaire ou un membre d’un groupement et peut bénéficier du paiement direct, tandis que le sous-traitant indirect travaille pour un sous-traitant et ne peut pas en bénéficier.

Compléments

  • Le titulaire assume son devoir de conseil, visé à l’article 29.1.1.

  • Le titulaire assume les garanties et responsabilités légales et contractuelles, notamment le délai de garantie et la responsabilité décennale.

📌 Le titulaire désigne au MOA une personne physique habilitée à le représenter et informe impérativement le MOA de tout changement de représentant pendant l’exécution du marché.

📌 Les sous-traitants directs et indirects doivent être acceptés par le MOA et leurs conditions de paiement doivent être agréées ; le silence du MOA pendant 21 jours à compter de la réception de la demande vaut acceptation des conditions de paiement du sous-traitant.

Astuce mémo

Le titulaire signe et répond ; le sous-traitant exécute sans lien de droit avec le MOA.

7. Marché de travaux et détermination du prix

Notions clés & Définitions

  • Marché de travaux : Engagement du titulaire envers le MOA d’exécuter les travaux définis au contrat, en contrepartie d’un prix et dans un délai.
  • Prix du marché : Montant des travaux hors taxes figurant dans l’acte d’engagement lors de la notification et comprenant toutes les dépenses nécessaires à l’exécution des travaux.
  • DPGF : Décomposition du Prix Global Forfaitaire qui détaille les éléments du prix forfaitaire d’une prestation et ventile le montant total du chantier par lot et par poste.

★ À maîtriser

📌 Le MOA peut modifier ou résilier unilatéralement le marché pour garantir l’efficacité de la commande publique et défendre l’intérêt général ; le titulaire peut éventuellement bénéficier d’indemnisations ou de prolongations de délais.

📌 Dans un marché à prix unitaires, les quantités sont prévisionnelles et la rémunération porte sur les quantités réellement mises en œuvre, tandis qu’un prix forfaitaire s’applique globalement à tout ou partie du marché, quelles que soient les quantités.

Compléments

  • Le marché est conclu lorsque l’offre du titulaire, établie sous la forme d’un acte d’engagement et de ses éventuelles annexes, est signée par la personne habilitée par le MOA ; il prend effet à sa notification au titulaire.

📌 Le prix indiqué dans le marché est définitif et ne peut plus être modifié, sauf clause de variation de prix.

  • Le MOA fournit la trame de la DPGF dans le DCE et s’en sert pour comparer la cohérence de l’offre tarifaire avec la proposition technique, notamment les moyens mis en œuvre et le volume horaire par poste.

Astuce mémo

Prix unitaire : quantités réelles ; prix forfaitaire : montant global.

8. Montage et programmation de l’opération

Notions clés & Définitions

  • Programme : Document par lequel le MOA définit les objectifs de l’opération, les besoins à satisfaire et les contraintes sociales, urbanistiques, architecturales, fonctionnelles, techniques et économiques.

★ À maîtriser

  • Le montage de l’opération commence par l’analyse de la demande, se poursuit par les études d’opportunité et de pré-faisabilité, puis aboutit à la rédaction du programme par le MOA.

Compléments

  • Le MOA formalise sa demande par une solution envisagée, comme construire un groupe scolaire ou agrandir un EHPAD, mais il doit identifier et formaliser le problème plutôt que se limiter à exprimer une solution.

  • Les études d’opportunité collectent les données existantes détenues par le MOA, comme les diagnostics de bâtiments, sondages et plans, analysent l’existant, réalisent les études complémentaires nécessaires et produisent un rapport d’opportunités validé par le MOA.

  • Les études de pré-faisabilité peuvent conduire à abandonner le projet, construire un bâtiment neuf, réutiliser un autre bâtiment ou réhabiliter le bâtiment existant.

📌 À l’issue des études de pré-faisabilité, le MOA valide la solution la plus appropriée.

  • Le programme est un document essentiel et indispensable destiné au MOE, et le MOA met en place les autres prestataires, notamment le MOE, le contrôleur technique et le CSPS.

Astuce mémo

Demande → opportunité → pré-faisabilité → programme.

9. Préparation du chantier

★ À maîtriser

  • La période de préparation du chantier se situe entre le dossier de consultation des entreprises et l’exécution des travaux, et dure deux mois sauf stipulation différente dans les documents du marché.

  • 🔄 Pour les travaux à proximité des réseaux, le MOA suit cette procédure. :

    1. Prendre en charge les sondages préalables des ouvrages souterrains.
    2. Communiquer les résultats au titulaire pour leur report exact sur le terrain par un piquetage spécial.
    3. Recueillir auprès des exploitants, avec le MOE, les mesures de prévention à appliquer.
    4. Notifier ces mesures au titulaire.
  • L’ordre de service est donné au titulaire par le MOA ou le MOE pour l’exécution des prestations du marché ou pour en modifier les conditions d’exécution ; il est écrit, daté, numéroté et notifié au titulaire.

Compléments

📌 La période de préparation peut être prolongée par ordre de service lorsque le retard est imputable au MOA ; la prolongation du délai d’exécution du marché est alors de la même durée.

  • Pendant la préparation du chantier, le MOA produit les documents suivants. :
    • Autorisations d’occupation temporaire du domaine public ou privé
    • Autorisations environnementales
    • Permissions de voirie
    • Autorisations de survol par grue des propriétés voisines
    • Ancrages
    • Permis de construire et de démolir nécessaires à la réalisation des ouvrages
    • Déclarations de projet de travaux (DT) pour les travaux à proximité des réseaux
    • Polygonale

📌 Le titulaire notifie le programme d’exécution au MOA et au MOE au plus tard 15 jours avant la fin de la période de préparation ou, si les documents particuliers du marché ne prévoient pas cette période, au plus tard 30 jours après la notification du marché.

10. Ordres de service et délais d’exécution

Notions clés & Définitions

  • Ordre de service : Instruction écrite, datée et numérotée, notifiée au titulaire par le MOE ou le MOA pour exécuter les prestations du marché ou en modifier les conditions d’exécution.

★ À maîtriser

📌 Les ordres de service émanant du MOA et du MOE produisent le même effet, mais, en cas de contradiction entre eux, l’instruction du MOA prévaut.

📌 Le titulaire doit exécuter les ordres de service, sauf en cas de risque pour la sécurité ou la santé, de prestations supplémentaires ou modificatives sans valorisation financière, de changements de besoins ou de conditions d’utilisation dépassant 10 % du montant contractuel des travaux, ou de réception tardive de l’ordre de démarrage dans les conditions prévues au marché ou, à défaut, au-delà de six mois après sa notification.

Compléments

📌 S’il conteste un ordre de service, le titulaire formule ses observations au MOA et au MOE avant de l’exécuter, dans un délai de 15 jours.

  • Le délai d’exécution comprend une période de préparation de deux mois et le délai d’exécution des travaux.

  • Le point de départ de la période de préparation et celui de l’exécution des travaux sont précisés par des ordres de service notifiés dans les six mois suivant la notification du marché.

  • Le délai d’exécution peut être prorogé en cas de : changement du montant des travaux ou de l’importance de certaines natures d’ouvrages, substitution d’ouvrages différents aux ouvrages initialement prévus, difficultés ou circonstances imprévues au cours du chantier, ajournement des travaux décidé par le MOA

11. Pénalités de retard

Notions clés & Définitions

  • Pénalités de retard : Sanctions pécuniaires susceptibles d’être appliquées en cas de non-respect des délais d’exécution.

★ À maîtriser

  • 🔄 La procédure d’application des pénalités se déroule ainsi :
    1. Le MOE constate les pénalités et invite par écrit le titulaire à présenter ses observations dans un délai d’au moins 15
    2. Le MOA précise les retards concernés, le montant susceptible d’être appliqué et le délai de réponse.
    3. Les pénalités s’appliquent en l’absence de réponse ou si les observations ne démontrent pas que le retard n’est pas

Compléments

  • Si un retard sur un délai partiel n’affecte pas les autres travaux et que le délai global est respecté, le MOA rembourse les pénalités provisoires appliquées.

  • Sauf disposition différente dans la convention de GME, le mandataire répartit les pénalités entre les membres du groupement.

  • Le titulaire se voit appliquer les pénalités liées au retard de son sous-traitant et doit les répercuter sur celui-ci.

  • Le retard du titulaire dans la remise des documents conformes à l’exécution entraîne une pénalité forfaitaire après une mise en demeure restée sans effet.

12. Ajournement et résiliation des travaux

Notions clés & Définitions

  • Ajournement des travaux : Décision unilatérale du MOA, notifiée par écrit au titulaire, qui suspend les travaux.

★ À maîtriser

📌 Pendant l’ajournement, la garde du chantier incombe au titulaire, qui répond des accidents, vols et dégradations des ouvrages.

📌 En cas de résiliation par le MOA sans faute du titulaire, celui-ci est indemnisé, la garde des ouvrages est transférée au MOA et le titulaire quitte le site ; en cas de faute ou défaillance du titulaire, aucune indemnisation ne lui est due et le MOA peut réclamer son préjudice, notamment les pénalités et les surcoûts d’exécution par un tiers.

Compléments

  • Lors d’un ajournement, les ouvrages exécutés et les matériaux approvisionnés sont constatés, et des mesures de sauvegarde et de surveillance du chantier sont mises en place.

📌 L’ajournement ouvre au titulaire un droit à indemnisation pour les frais de garde et le préjudice subi du fait de l’ajournement, et peut déboucher sur une résiliation par le MOA.

13. Réception et prise de possession

Notions clés & Définitions

  • Réception des travaux : Écrit par lequel le MOA déclare accepter l’ouvrage, avec ou sans réserve, de manière globale ou partielle et contradictoire.

★ À maîtriser

  • 🔄 La réception suit quatre étapes :
    1. Le titulaire informe le MOA et le MOE de la date estimée d’achèvement des travaux.
    2. Dans les 20 jours, le MOE convoque le titulaire aux OPR pour vérifier la conformité des ouvrages et établit
    3. Dans les 5 jours, le MOE informe le titulaire de sa proposition au MOA, de la date d’achèvement proposée
    4. Dans les 30 jours suivant le procès-verbal des OPR, le MOA décide de prononcer ou non la réception et fixe

📌 Toute prise de possession des ouvrages par le MOA doit être précédée de leur réception ; en cas d’urgence, elle peut intervenir avant la réception, avec un état des lieux contradictoire.

  • La réception transfère la garde de l’ouvrage au pouvoir adjudicateur, fait courir les délais de garantie, arrête les pénalités de retard relatives à l’exécution et les sommes dues à l’entrepreneur, et libère les garanties financières de 5 %.

Compléments

📌 À défaut de décision du MOA dans les 30 jours suivant le procès-verbal des OPR, les propositions du MOE sont considérées comme acceptées.

  • 🔄 En cas de carence du MOE :

    1. Le titulaire informe le MOA par un moyen permettant de justifier la réception.
    2. Le MOA fixe et notifie la date des OPR au plus tard dans les 30 jours suivant la réception de l’information.
    3. En l’absence du MOE, le MOA ou son représentant réalise les OPR et établit le procès-verbal.
    4. Le MOA notifie le procès-verbal au MOE et en remet un exemplaire au titulaire.
  • Si le MOA ne fixe pas la date des OPR dans les 30 jours suivant la réception de l’information du titulaire, la réception est réputée acquise à l’expiration de ce délai.

  • La prise de possession des ouvrages est définitive, tandis que leur mise à disposition est temporaire.

  • Si le MOA refuse manifestement abusivement la réception, le titulaire doit le mettre en demeure de la prononcer et faire établir contradictoirement un état des lieux, ou à défaut par un huissier ou un expert nommé par le tribunal.

  • Le titulaire a intérêt à saisir le juge administratif si le MOA refuse injustement la réception ou prend possession de l’ouvrage sans réception.

14. Obligations de droit commun du maître d’ouvrage

★ À maîtriser

  • La notification de la décision de réception ouvre un délai de 30 jours pour que le titulaire présente son projet de décompte final, puis le maître d’œuvre établit le projet de décompte général, signé par le maître d’ouvrage, et le titulaire dispose de 30 jours pour l’accepter avec ou sans réserves afin qu’il devienne définitif.

📌 Le maître d’ouvrage doit payer le prix en contrepartie de la prestation ; un refus de paiement fautif peut ouvrir à l’entrepreneur le droit de demander des intérêts moratoires.

  • 🔄 En présence d’un sous-traitant connu, le maître d’ouvrage doit : mettre en demeure l’entrepreneur principal de le présenter en bonne et due forme, choisir de l’agréer, accepter ou refuser ses conditions de paiement

📌 Le maître d’ouvrage qui vend un immeuble qu’il a construit ou fait construire peut engager sa responsabilité de constructeur pendant les 10 ans suivant l’achèvement ; il doit alors à l’acquéreur la garantie décennale et doit souscrire une assurance pour s’en protéger.

📌 Le maître d’ouvrage peut être responsable des nuisances du chantier lorsqu’elles dépassent les inconvénients ordinaires du voisinage.

Compléments

  • La demande de réception doit être accompagnée du dossier des ouvrages exécutés (DOE) et du dossier d’intervention ultérieure sur l’ouvrage (DIUO) ; leur absence peut entraîner une pénalité ou une retenue.

  • Le maître d’ouvrage peut être responsable du risque qu’il a pris pendant l’exécution du contrat lorsqu’un conseil lui a été donné et qu’il l’a refusé.

  • Le maître d’ouvrage doit s’abstenir de s’immiscer dans le chantier, sous peine d’engager sa responsabilité pour faute.

  • En maîtrise d’ouvrage publique, le maître d’ouvrage peut engager sa responsabilité si son travail préalable d’élaboration du programme est insuffisant, notamment lorsque sa faute conduit à mal qualifier le contrat ou son objet.

  • Le maître d’ouvrage peut être tenu responsable des désordres subis par l’immeuble contigu et peut être mis en cause du fait de la présence même de l’ouvrage.

15. Assurances du maître d’ouvrage

Notions clés & Définitions

  • Réception des travaux : Article 1792-6 du code civil - Opération par laquelle le maître de l’ouvrage déclare accepter l’ouvrage avec ou sans réserves ; elle intervient à la demande de la partie la plus diligente, à l’amiable ou, à défaut, judiciairement.

★ À maîtriser

📌 L’assurance dommages-ouvrage, obligatoire avant le début de la construction, préfinance les réparations des dommages de gravité décennale qui compromettent la solidité de l’ouvrage ou le rendent impropre à sa destination ; son obligation découle de la loi dite Spinetta du 04/01/1978 et de l’article L.242-1 du code des assurances.

  • L’assurance dommages-ouvrage couvre les dommages affectant la solidité de l’ouvrage ou le rendant impropre à sa destination, qu’ils soient cachés ou apparents et qu’ils relèvent ou non de la responsabilité décennale ; sa non-souscription par le maître d’ouvrage est passible de six mois d’emprisonnement et/ou de 75 000 euros d’amende.

📌 L’assurance tout risque chantier (TRC), facultative, couvre les dommages matériels aléatoires du chantier, comme la tempête, l’inondation, l’incendie, le vol, le vandalisme, les malfaçons ou les matériaux défectueux, selon les garanties du contrat ; elle peut également couvrir, par extension, les préjudices financiers résultant d’un dommage.

Compléments

📌 Les assurances de responsabilité civile de droit commun protègent le maître d’ouvrage contre les conséquences financières des dommages corporels, matériels et immatériels causés aux tiers par son activité ou l’opération de construction, pendant la réalisation de l’ouvrage.

  • La garantie de l’assurance dommages-ouvrage débute au terme de la première année suivant la réception, après l’expiration du délai de garantie de parfait achèvement, et se poursuit jusqu’à la fin de la garantie décennale.

📌 La TRC peut être souscrite pour compte commun par le maître d’ouvrage ou une entreprise générale ; son contenu est libre et sa couverture va de l’ouverture du chantier à la réception, mais un dépassement de la durée prévisionnelle doit être signalé à l’assureur sous peine de refus de garantie pour la période supplémentaire.

  • Les garanties complémentaires à la garantie décennale peuvent couvrir les dommages intermédiaires du gros œuvre qui ne compromettent pas la solidité et ne rendent pas l’ouvrage impropre à sa destination, ainsi que les dommages immatériels liés à des travaux neufs affectant la partie existante d’un bâtiment.

  • Le tableau récapitulatif indique que l’assurance de responsabilité civile décennale est obligatoire, contractée par les entreprises et couvre pendant 10 ans à compter de la réception les dommages matériels consécutifs à des vices cachés relevant de l’article 1792 du code civil.

Astuce mémo

La DO préfinance les réparations après réception ; la TRC couvre les dommages aléatoires du chantier jusqu’à la réception.

Tableaux de synthèse

Assurances du chantier et de l’ouvrage

AssurancePériodeSouscripteurCouverture
Responsabilité civile décennale10 ans dès réceptionEntreprisesDommages matériels consécutifs à des vices cachés
Dommages-ouvrageAprès réception jusqu’à la fin de la garantie décennaleMaître d’ouvragePréfinancement des réparations de dommages de nature décennale
Tout risque chantierOuverture du chantier à la réceptionMaître d’ouvrage ou entreprise généraleDommages matériels aléatoires du chantier

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Marché de travaux et conduite d’opération avec 11 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Une collectivité commande des travaux sur un terrain, tandis qu’un organisme partenaire en assume le financement. Quel rôle la collectivité peut-elle avoir ?

2. Au lancement d’une opération, quelle décision relève bien des responsabilités du maître d’ouvrage ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Marché de travaux et conduite d’opération avec 10 flashcards interactives.

Quel est le statut légal du maître d’ouvrage (MOA) dans une opération de travaux ?

Le client et le pouvoir adjudicateur.

Selon la loi MOP, qui est le maître d’ouvrage ?

La personne morale pour laquelle l’ouvrage est construit et qui en est responsable.

Quelle loi française du 12 juillet 1985 organise les relations entre maîtrise d’ouvrage publique et maîtrise d’œuvre privée ?

La loi MOP.

Voir les flashcards →

Cours similaires

Crée tes propres fiches de révision

Importe ton cours et l'IA génère fiches, QCM et flashcards en 30 secondes.

Générateur de fiches