QCM : Notions fondamentales de l’État (46 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quels éléments constituent l’État comme organisation politique et juridique de la société ?

Un peuple, des coutumes et des échanges commerciaux
Un territoire, des gouvernants et une force militaire
Un territoire, un peuple et un pouvoir institué
Une population, une économie et une autorité religieuse

Un territoire, un peuple et un pouvoir institué

Explication

L’État repose sur un territoire, un peuple et un pouvoir institué. Une force militaire peut contribuer à son action, mais elle ne remplace pas l’un de ces trois éléments constitutifs.

2. Quelle distinction permet de différencier le peuple de la population d’un État ?

Le peuple est rattaché à l’État, tandis que la population désigne les personnes vivant sur son territoire.
Le peuple regroupe les gouvernants, tandis que la population comprend les institutions qui administrent le territoire.
Le peuple désigne les habitants des villes, tandis que la population rassemble les habitants des campagnes.
Le peuple comprend les personnes présentes sur le territoire, tandis que la population désigne les citoyens rattachés à l’État.

Le peuple est rattaché à l’État, tandis que la population désigne les personnes vivant sur son territoire.

Explication

Le peuple est l’ensemble humain rattaché à l’État, alors que la population désigne plus largement les personnes qui vivent sur son territoire. La confusion consiste à attribuer au peuple la définition territoriale plus large de la population.

3. Qu’est-ce qui caractérise le pouvoir institué par rapport aux gouvernants qui l’exercent ?

Il repose sur les coutumes locales et s’exerce sans organisation institutionnelle.
Il est organisé par des institutions et encadré par des règles au nom de l’État.
Il exprime la volonté personnelle du gouvernant en place et dépend de ses choix.
Il appartient aux habitants du territoire et s’exerce directement par leurs décisions.

Il est organisé par des institutions et encadré par des règles au nom de l’État.

Explication

Le pouvoir institué est organisé, exercé au nom de l’État par des institutions et encadré par des règles, ce qui le distingue de ses gouvernants. La volonté personnelle d’un dirigeant ne constitue pas à elle seule ce pouvoir institutionnel.

4. Quelle association distingue les conceptions de l’État de Saint Augustin et de Max Weber ?

Saint Augustin met l’accent sur la religion, tandis que Weber caractérise l’État par l’administration de la population.
Saint Augustin met l’accent sur la souveraineté, tandis que Weber caractérise l’État par l’obéissance aux coutumes.
Saint Augustin met l’accent sur les institutions, tandis que Weber caractérise l’État par la justice de ses décisions.
Saint Augustin met l’accent sur la justice, tandis que Weber caractérise l’État par la violence légitime sur un territoire.

Saint Augustin met l’accent sur la justice, tandis que Weber caractérise l’État par la violence légitime sur un territoire.

Explication

Pour Saint Augustin, la justice différencie l’État d’une bande de brigands ; pour Max Weber, l’État se caractérise par le monopole de la violence légitime sur un territoire déterminé. La souveraineté n’est pas le critère attribué ici à Saint Augustin.

5. Comment différencier l’ancienneté de l’État comme réalité historique de celle de son concept juridique abstrait ?

La réalité historique et le concept juridique abstrait de l’État apparaissent tous deux au IVe millénaire av. J.-C.
Le concept juridique abstrait de l’État remonte au IVe millénaire av. J.-C., tandis que sa réalité historique est moderne.
La réalité historique de l’État remonte au IVe millénaire av. J.-C., tandis que son concept juridique abstrait est beaucoup plus récent.
La réalité historique de l’État apparaît avec le concept juridique moderne, tandis que les premières sociétés organisées sont plus récentes.

La réalité historique de l’État remonte au IVe millénaire av. J.-C., tandis que son concept juridique abstrait est beaucoup plus récent.

Explication

L’État existe comme réalité historique depuis le IVe millénaire av. J.-C., alors que sa conceptualisation juridique abstraite est beaucoup plus récente. La confusion consiste à attribuer cette ancienneté au concept plutôt qu’à la réalité historique.

6. Quelle séquence décrit l’apparition progressive de l’État ?

Des administrations territoriales, puis des États modernes souverains, puis des sociétés politiquement organisées.
Des sociétés hiérarchisées, puis un État moderne distinct des gouvernants, puis des États territoriaux administrés.
Des sociétés hiérarchisées, puis des États territoriaux administrés, puis un État moderne souverain distinct des gouvernants.
Des États modernes souverains, puis des sociétés hiérarchisées, puis des administrations territoriales sans gouvernants distincts.

Des sociétés hiérarchisées, puis des États territoriaux administrés, puis un État moderne souverain distinct des gouvernants.

Explication

Le processus va des sociétés politiquement organisées et hiérarchisées aux premiers États territoriaux dotés d’une administration, puis à l’État moderne souverain juridiquement distinct des gouvernants. Placer l’État moderne avant les premiers États territoriaux inverse les étapes.

7. Quel ensemble caractérise la révolution néolithique apparue au Proche-Orient vers 10 000 av. J.-C. ?

La métallurgie, les conquêtes territoriales et la souveraineté
L’agriculture, l’élevage et la sédentarisation
Les temples monumentaux, les dettes et les prélèvements étatiques
Le commerce à longue distance, l’écriture et l’administration

L’agriculture, l’élevage et la sédentarisation

Explication

La révolution néolithique repose sur l’agriculture, l’élevage et la sédentarisation, et apparaît au Proche-Orient vers 10 000 av. J.-C. L’écriture et l’administration caractérisent plutôt des formations étatiques ultérieures.

8. Quelle formation est considérée comme l’une des premières formations étatiques vers 3500 av. J.-C. ?

Memphis, dans la vallée du Nil
Babylone, en haute Mésopotamie
Uruk, en basse Mésopotamie
Athènes, dans le monde égéen

Uruk, en basse Mésopotamie

Explication

Uruk, située en basse Mésopotamie, constitue l’une des premières formations étatiques vers 3500 av. J.-C. Babylone appartient aussi à l’histoire mésopotamienne, mais ce n’est pas la formation désignée pour cette période.

9. Pourquoi l’organisation politique d’une ville diffère-t-elle de celle d’un village ?

La ville se régule par des relations personnelles, tandis que le village s’organise autour d’une administration centrale.
La ville, plus nombreuse et diversifiée, nécessite des règles impersonnelles et une autorité centrale.
La ville repose davantage sur la parenté et les coutumes, tandis que le village nécessite une autorité centrale.
Le village, plus nombreux et diversifié, nécessite des règles impersonnelles que la ville peut remplacer par des liens personnels.

La ville, plus nombreuse et diversifiée, nécessite des règles impersonnelles et une autorité centrale.

Explication

La taille et la diversité de la ville rendent nécessaires des règles impersonnelles et une autorité centrale, contrairement aux liens de parenté et aux coutumes qui structurent principalement le village. Attribuer ces liens personnels à la ville inverse la distinction.

10. Comment l’écriture peut-elle faciliter l’administration d’une société étatique ?

Elle organise la défense militaire et transfère la gestion des propriétés aux autorités locales.
Elle sert à célébrer l’autorité religieuse et réduit le besoin de fixer des règles de droit.
Elle permet de comptabiliser les ressources, d’enregistrer les dettes et de conserver les décisions.
Elle remplace les prélèvements par des échanges et confie la transmission des ordres aux relations personnelles.

Elle permet de comptabiliser les ressources, d’enregistrer les dettes et de conserver les décisions.

Explication

L’écriture soutient l’administration en permettant de compter les ressources, d’enregistrer les propriétés et les dettes, de fixer les prélèvements et de conserver les décisions. Elle ne remplace pas les prélèvements par des échanges : elle peut notamment aider à les fixer.

11. Quelle situation correspond à l’étatisation ?

L’apparition et le développement d’un État favorisés par l’agriculture, la guerre, la maîtrise de l’eau, la religion et le commerce.
La croissance des villes favorisée par l’écriture, tandis que l’agriculture et les conflits restent sans effet sur l’État.
La création d’une autorité religieuse qui précède et remplace la formation d’institutions politiques étatiques.
La transformation d’un État moderne en pouvoir personnel sous l’effet de l’urbanisation et des échanges.

L’apparition et le développement d’un État favorisés par l’agriculture, la guerre, la maîtrise de l’eau, la religion et le commerce.

Explication

L’étatisation désigne l’apparition et le développement d’un État, favorisés par plusieurs facteurs, dont l’agriculture, la croissance démographique, la guerre, la maîtrise de l’eau, la religion et le commerce. La formation d’une autorité religieuse seule ne rend pas compte de ce processus plus large.

12. Quel ensemble de caractéristiques indique qu’un ordre politique a atteint une forme étatique durable ?

Une administration permanente, des prélèvements obligatoires et la continuité de l’ordre au-delà de la vie du chef.
Une population réunie autour de coutumes, des décisions locales et une administration constituée en temps de crise.
Une hiérarchie de fonctions, des échanges commerciaux et une direction limitée à la durée d’une campagne militaire.
Une autorité personnelle, des contributions volontaires et une organisation qui disparaît avec le chef.

Une administration permanente, des prélèvements obligatoires et la continuité de l’ordre au-delà de la vie du chef.

Explication

Un État se caractérise notamment par une administration permanente, des prélèvements obligatoires et la reproduction de l’ordre politique au-delà de la vie du chef. Une organisation qui disparaît avec celui-ci ne présente pas cette continuité institutionnelle.

13. Quel processus contribue à l’émergence de l’État-nation moderne entre le XIIIe et le XVIIe siècle ?

La disparition des monarchies et l’autonomie croissante des villes
La création d’institutions représentatives communes aux royaumes européens
L’unification religieuse de l’Europe sous une autorité pontificale
La consolidation progressive du pouvoir royal en France et en Angleterre

La consolidation progressive du pouvoir royal en France et en Angleterre

Explication

La consolidation progressive du pouvoir royal en France et en Angleterre contribue à la naissance de l’État-nation moderne durant cette période. L’autonomie croissante des villes ne correspond pas au processus de renforcement du pouvoir royal décrit ici.

14. En 1576, quel sens Jean Bodin donne-t-il au terme « République » dans son ouvrage Les Six Livres de la République ?

Le sens d’une assemblée représentant les citoyens
Le sens d’État, plutôt que son sens politique actuel
Le sens d’un régime démocratique fondé sur le vote
Le sens d’une communauté urbaine autonome

Le sens d’État, plutôt que son sens politique actuel

Explication

Bodin emploie « République » au sens d’État dans son ouvrage publié en 1576. Le terme ne désigne pas ici spécifiquement un régime démocratique fondé sur le vote.

15. Quelle distinction entre souveraineté perpétuelle et souveraineté absolue correspond à la pensée de Bodin ?

La perpétuelle signifie que le souverain échappe aux lois, et l’absolue que l’État survit aux changements de gouvernants
La perpétuelle signifie que les pouvoirs souverains se partagent, et l’absolue que les lois ne peuvent être modifiées
La perpétuelle signifie que l’État survit à ses gouvernants, et l’absolue qu’aucune autorité supérieure ne limite le souverain
La perpétuelle signifie que l’État dépend de chaque gouvernant, et l’absolue que plusieurs autorités se limitent mutuellement

La perpétuelle signifie que l’État survit à ses gouvernants, et l’absolue qu’aucune autorité supérieure ne limite le souverain

Explication

La souveraineté perpétuelle exprime la continuité de l’État au-delà de ses gouvernants, tandis que la souveraineté absolue signifie l’absence d’autorité supérieure au souverain. L’absence de limites supérieures relève donc de l’absolue, et non de la perpétuelle.

16. Quelle proposition décrit le rapport entre ordre politique, coercition et État ?

Un pouvoir politique existe sans ordre collectif, tandis que l’État se réduit à la coercition
Un ordre politique suppose la coercition, mais le pouvoir politique peut rester indépendant de l’État
Un ordre politique et un État désignent la même organisation, même lorsque la coercition est absente
Un ordre politique peut exister sans coercition, et tout pouvoir politique ne prend pas nécessairement la forme d’un État

Un ordre politique peut exister sans coercition, et tout pouvoir politique ne prend pas nécessairement la forme d’un État

Explication

Toute société possède un ordre politique, mais celui-ci ne repose pas nécessairement sur un pouvoir coercitif, et l’État n’est qu’une forme possible du pouvoir politique. L’idée que tout ordre politique suppose la coercition confond organisation politique et pouvoir coercitif.

17. Que désigne le droit sans État ?

Des coutumes privées qui ne structurent pas les relations entre les membres d’un groupe
Des règles imposées par un pouvoir central qui contrôle les institutions locales
Des règles sociales qui organisent les relations humaines sans institutions étatiques spécialisées
Des décisions judiciaires rendues par des tribunaux étatiques sans intervention administrative

Des règles sociales qui organisent les relations humaines sans institutions étatiques spécialisées

Explication

Le droit sans État correspond à des règles sociales qui organisent les relations humaines indépendamment d’institutions étatiques spécialisées. Des décisions rendues par des tribunaux étatiques relèvent, au contraire, d’institutions de l’État.

18. Dans la conception de Pierre Clastres, comment se distingue un chef sans pouvoir coercitif d’un État ?

Le chef administre un territoire au moyen d’une force autonome, tandis que l’État représente l’unité du groupe
Le chef représente et médiatise le groupe sans imposer ses décisions par une force autonome, contrairement à l’État
Le chef édicte des règles contraignantes grâce à des institutions spécialisées, contrairement à l’État
Le chef concentre les fonctions collectives dans des institutions durables, tandis que l’État agit comme médiateur

Le chef représente et médiatise le groupe sans imposer ses décisions par une force autonome, contrairement à l’État

Explication

Le chef peut être porte-parole, médiateur et représentant de l’unité du groupe sans disposer d’une force autonome pour imposer ses décisions. La capacité d’imposer des décisions par des institutions coercitives caractérise plutôt l’État.

19. Quel ensemble de caractéristiques définit l’État comme forme historique d’organisation politique ?

Un chef représentant le groupe sans institutions distinctes ni pouvoir d’imposer ses décisions
Des fonctions collectives dispersées dans la société, sans institutions spécialisées ni capacité d’imposer des décisions
Des fonctions collectives durablement concentrées dans des institutions spécialisées, distinctes de la société et capables d’imposer leurs décisions
Des règles de parenté qui coordonnent les groupes sans concentration durable de fonctions politiques

Des fonctions collectives durablement concentrées dans des institutions spécialisées, distinctes de la société et capables d’imposer leurs décisions

Explication

L’État se caractérise par la concentration durable de fonctions collectives dans des institutions spécialisées, distinctes de la société et capables d’imposer leurs décisions. La représentation du groupe par un chef dépourvu de pouvoir coercitif ne suffit pas à définir l’État.

20. Comment Durkheim distingue-t-il l’État de la société politique ?

L’État est un ensemble d’institutions spécialisées au sein d’une société politique plus vaste
L’État est une autorité extérieure à la société politique, chargée de coordonner ses institutions
L’État désigne les groupes sociaux, tandis que la société politique se limite aux institutions décisionnelles
L’État est l’ensemble de la société politique, dont les institutions spécialisées sont une partie distincte

L’État est un ensemble d’institutions spécialisées au sein d’une société politique plus vaste

Explication

Pour Durkheim, l’État regroupe des institutions spécialisées qui assurent réflexion, coordination et décision au sein d’une société politique plus vaste. Le confondre avec l’ensemble de cette société efface la distinction entre les institutions étatiques et le cadre politique qui les englobe.

21. Une autorité publique repère un besoin social, examine des solutions, arbitre entre les intérêts, puis adopte une règle durable : à quel processus durkheimien cette séquence correspond-elle ?

À la transformation progressive d’un problème social en décision publique
À la revendication du monopole de la force physique sur un territoire
À l’attribution de la légitimité politique par les coutumes ou le charisme
À la concentration concurrentielle des monopoles de contrainte et de fiscalité

À la transformation progressive d’un problème social en décision publique

Explication

Durkheim décrit un processus par lequel l’État identifie un besoin, met le problème à l’ordre du jour, étudie les solutions, arbitre et élabore une décision inscrite dans la durée. Le monopole territorial de la force relève plutôt de la définition wébérienne de l’État.

22. Quelle revendication caractérise l’État selon Max Weber ?

Le monopole de l’usage légitime de la force physique sur un territoire déterminé
Le monopole de la perception fiscale sans contrôle des conditions de coercition
Le monopole de la définition des coutumes dans une société politique déterminée
Le monopole de la coordination des intérêts sans recours à la force physique

Le monopole de l’usage légitime de la force physique sur un territoire déterminé

Explication

Weber définit l’État par sa revendication du monopole de l’usage légitime de la force physique sur un territoire déterminé, ainsi que par sa détermination des conditions de cet usage. La coordination des intérêts sans référence à la force ne constitue pas cette définition.

23. Un agent obéit à une autorité parce que son pouvoir repose sur des règles impersonnelles et sur une compétence définie par ces règles : quel type de légitimité décrit cette situation ?

La légitimité fondée sur l’ancienneté personnelle
La légitimité charismatique
La légitimité légale-rationnelle
La légitimité traditionnelle

La légitimité légale-rationnelle

Explication

La légitimité légale-rationnelle repose sur des règles impersonnelles et sur les compétences qu’elles définissent. La légitimité traditionnelle s’appuie plutôt sur des coutumes anciennes ou sacrées, et non sur des règles impersonnelles.

24. Quelles questions centrales l’approche économique de l’État cherche-t-elle à examiner ?

Comment les échanges internationaux évoluent, quels taux de change s’appliquent et quels biens sont exportés.
Pourquoi l’État existe, ce qu’il doit faire, comment il agit et quelles limites encadrent son intervention.
Comment les entreprises fixent leurs prix, répartissent leurs bénéfices et choisissent leurs marchés.
Pourquoi les ménages épargnent, comment ils consomment et quelles préférences déterminent leurs choix.

Pourquoi l’État existe, ce qu’il doit faire, comment il agit et quelles limites encadrent son intervention.

Explication

L’approche économique de l’État étudie sa raison d’être, ses fonctions, ses modalités d’action et les limites de son intervention. L’analyse des décisions des ménages concerne plutôt les choix de consommation et d’épargne.

25. Dans la conception classique associée à Smith, Ricardo et Say, quelles missions reviennent principalement à l’État ?

Assurer la défense nationale, la justice et les travaux publics nécessaires au fonctionnement du marché.
Organiser la propriété collective, supprimer les classes sociales et administrer les moyens de production.
Diriger la production nationale, fixer les prix et répartir les ressources entre les secteurs.
Garantir les revenus des producteurs, protéger les entreprises de la concurrence et limiter les échanges.

Assurer la défense nationale, la justice et les travaux publics nécessaires au fonctionnement du marché.

Explication

La conception classique confie à l’État des fonctions de protection et la mise en place d’infrastructures et d’institutions utiles au marché. La direction générale de la production correspond davantage à une conception interventionniste de l’État.

26. Comment Marx et Engels caractérisent-ils la position de l’État dans la société ?

Il exprime les rapports de force économiques et sociaux, notamment les conflits entre classes.
Il arbitre les choix privés sans refléter les intérêts des groupes sociaux en présence.
Il garantit un cadre neutre permettant aux échanges marchands de se dérouler librement.
Il coordonne les décisions économiques afin de concilier les intérêts de toutes les classes.

Il exprime les rapports de force économiques et sociaux, notamment les conflits entre classes.

Explication

Pour Marx et Engels, l’État reflète les rapports de force de la société, dont les conflits de classes, et n’est pas au-dessus d’elle. L’idée d’un État principalement garant du cadre marchand se rapproche plutôt de la conception classique.

27. Quelle situation correspond à une externalité au sens économique ?

L’activité d’un agent affecte d’autres agents sans que cet effet soit pleinement intégré aux prix ou aux décisions du marché.
Un consommateur change de fournisseur après avoir comparé les prix et les caractéristiques de plusieurs produits.
Un producteur augmente ses investissements en réponse à une hausse de la demande pour ses marchandises.
Une entreprise modifie son prix de vente en fonction des coûts de ses intrants et des choix de ses concurrents.

L’activité d’un agent affecte d’autres agents sans que cet effet soit pleinement intégré aux prix ou aux décisions du marché.

Explication

Une externalité est un effet de l’activité d’un agent sur d’autres agents qui n’est pas pleinement pris en compte par le marché. Une modification de prix fondée sur les coûts et la concurrence relève d’une décision commerciale ordinaire.

28. Quel critère distingue la non-rivalité de la non-exclusion dans la définition de Samuelson ?

La non-rivalité désigne une production par l’État, tandis que la non-exclusion désigne une production par une entreprise privée.
La non-rivalité concerne la disponibilité pour les autres, tandis que la non-exclusion concerne la difficulté d’écarter des bénéficiaires.
La non-rivalité concerne l’impossibilité d’écarter des bénéficiaires, tandis que la non-exclusion concerne la disponibilité pour les autres.
La non-rivalité décrit un accès payant au bien, tandis que la non-exclusion décrit un accès sans financement collectif.

La non-rivalité concerne la disponibilité pour les autres, tandis que la non-exclusion concerne la difficulté d’écarter des bénéficiaires.

Explication

La non-rivalité signifie que l’usage par une personne ne réduit pas la quantité disponible pour les autres, alors que la non-exclusion rend difficile l’empêchement de certains bénéficiaires. La confusion consiste précisément à inverser ces deux critères.

29. Une hausse du taux d’imposition accroît d’abord les recettes fiscales, puis leur niveau diminue lorsque le taux devient très élevé : quel mécanisme cela illustre-t-il ?

L’effet d’une externalité, où un coût subi par autrui échappe aux prix du marché.
La progressivité fiscale, où le taux augmente avec le revenu sans lien avec l’activité.
La non-rivalité, où l’usage d’un bien par une personne préserve son accès aux autres.
La courbe de Laffer, où un taux élevé peut décourager l’activité et réduire les recettes.

La courbe de Laffer, où un taux élevé peut décourager l’activité et réduire les recettes.

Explication

La courbe de Laffer décrit une relation en cloche : les recettes peuvent augmenter avec le taux jusqu’à un point, puis diminuer si une imposition élevée décourage l’activité. La non-rivalité porte sur le partage de la disponibilité d’un bien, non sur les recettes fiscales.

30. Quelles propriétés définissent un bien public au sens économique ?

La rareté de l’offre et l’exclusion des personnes qui ne paient pas.
La non-rivalité et la non-exclusion dans la consommation du bien.
La réglementation par l’État et la fourniture par un service public.
La propriété publique et l’accès gratuit pour chaque usager.

La non-rivalité et la non-exclusion dans la consommation du bien.

Explication

Un bien public au sens économique se caractérise par la non-rivalité et la non-exclusion. Le fait qu’un bien relève d’un service public ou appartienne au domaine public est une distinction juridique, pas le critère de cette définition économique.

31. Un usager supplémentaire peut profiter d’un bien sans réduire ce qui reste aux autres, mais il est difficile de lui en interdire l’accès : quelles propriétés sont réunies ?

La non-exclusion et la rivalité, respectivement.
La rivalité et l’exclusion, respectivement.
La non-rivalité et la non-exclusion, respectivement.
L’exclusion et la non-rivalité, respectivement.

La non-rivalité et la non-exclusion, respectivement.

Explication

L’absence de réduction de la disponibilité pour les autres correspond à la non-rivalité, et la difficulté d’empêcher l’accès correspond à la non-exclusion. L’inversion des deux termes confond l’effet de la consommation avec la possibilité d’écarter des bénéficiaires.

32. Quelle thèse Keynes défend-il au sujet du plein emploi dans une économie de marché ?

Le plein emploi dépend principalement d’une planification intégrale de la production par l’État.
Le marché peut rester durablement en situation de sous-emploi sans garantir spontanément le plein emploi.
Le marché ramène spontanément l’économie au plein emploi après chaque période de sous-emploi.
Le sous-emploi apparaît uniquement lorsque l’État intervient dans les décisions des entreprises.

Le marché peut rester durablement en situation de sous-emploi sans garantir spontanément le plein emploi.

Explication

Keynes soutient qu’une économie de marché peut connaître durablement le sous-emploi, sans mécanisme qui assure spontanément le plein emploi. L’idée d’un retour automatique au plein emploi est précisément la thèse qu’il conteste.

33. Comment une dépense publique initiale peut-elle accroître la production au-delà de son montant ?

Elle réduit les revenus des entreprises, ce qui les conduit à augmenter leur production pour compenser.
Elle rémunère des acteurs qui dépensent ensuite leurs revenus, soutenant d’autres activités économiques.
Elle remplace les achats privés par des importations, lesquelles augmentent directement la production nationale.
Elle finance une hausse immédiate de la production, sans que les dépenses ultérieures des bénéficiaires interviennent.

Elle rémunère des acteurs qui dépensent ensuite leurs revenus, soutenant d’autres activités économiques.

Explication

Dans le mécanisme du multiplicateur, la dépense publique rémunère des entreprises et des travailleurs dont les dépenses soutiennent à leur tour d’autres activités. Une hausse de production limitée à l’effet initial ne décrit pas cet enchaînement.

34. Quelle place l’État occupe-t-il dans la conception keynésienne de l’économie ?

Il se limite à garantir les contrats, sans intervenir pour soutenir l’activité ou l’investissement.
Il soutient l’activité, stimule l’investissement et limite le sous-emploi sans administrer nécessairement toute l’économie.
Il supprime les échanges marchands afin de répartir centralement les ressources entre les secteurs.
Il organise directement l’ensemble de la production afin de remplacer les décisions des entreprises et des ménages.

Il soutient l’activité, stimule l’investissement et limite le sous-emploi sans administrer nécessairement toute l’économie.

Explication

La conception keynésienne confie à l’État un rôle de soutien de l’activité, de l’investissement et de l’emploi, sans exiger qu’il prenne en charge toute l’économie. L’administration intégrale de la production relève plutôt d’un modèle étatique fortement centralisé.

35. Pourquoi Hayek doute-t-il qu’un État puisse organiser directement toute l’économie ?

Les connaissances économiques sont dispersées entre les individus et ne peuvent être centralisées par une autorité.
Les prix transmettent des informations trop tardives pour influencer les décisions des entreprises et des ménages.
Les administrations disposent d’informations complètes, mais ne peuvent pas les utiliser pour coordonner les échanges.
Les individus prennent des décisions économiques identiques, ce qui prive l’État de repères utiles à la planification.

Les connaissances économiques sont dispersées entre les individus et ne peuvent être centralisées par une autorité.

Explication

Pour Hayek, les informations nécessaires à l’organisation de l’économie sont dispersées entre les individus, ce qui empêche leur centralisation complète par l’État. Le problème n’est donc pas que les acteurs prennent des décisions identiques.

36. Quel mode de coordination Hayek privilégie-t-il par rapport à une planification intégrale ?

Une coordination administrative où les décisions individuelles sont remplacées par des objectifs gouvernementaux.
Une planification centrale où une autorité fixe directement la production et l’allocation des ressources.
Un système où chaque secteur établit ses règles sans référence à un cadre commun et prévisible.
Un ordre spontané où les acteurs décident dans le cadre de règles générales, visibles et stables.

Un ordre spontané où les acteurs décident dans le cadre de règles générales, visibles et stables.

Explication

Hayek privilégie un ordre spontané fondé sur les décisions des acteurs, encadrées par des règles générales et stables. Une autorité qui détermine directement les décisions économiques correspond à la planification intégrale qu’il oppose à cet ordre.

37. Quelle position caractérise les travaux et les idées de Milton Friedman ?

Il soutient une expansion continue de l’intervention publique et attribue les fluctuations à l’insuffisance des dépenses.
Il privilégie l’ordre spontané de Hayek, sans être associé à des travaux sur le rôle de la monnaie.
Il défend la planification intégrale, critique les règles monétaires et associe la dette publique à la stabilité.
Il défend la liberté économique, critique l’intervention publique excessive et la dette, et contribue au monétarisme.

Il défend la liberté économique, critique l’intervention publique excessive et la dette, et contribue au monétarisme.

Explication

Friedman défend la liberté économique, critique l’expansion excessive de l’intervention publique et de la dette, et ses travaux sur la monnaie sont associés au monétarisme. La défense d’une planification intégrale ne correspond pas à sa position.

38. Comment une banque centrale peut-elle appartenir à l’organisation institutionnelle de l’État tout en étant indépendante ?

Elle relève de l’État au sens large, mais peut être juridiquement séparée du gouvernement pour limiter son influence monétaire directe.
Elle appartient au gouvernement et doit recevoir ses instructions monétaires directes pour garantir son indépendance.
Elle peut conseiller les autorités politiques, mais ne participe pas à l’organisation institutionnelle de l’État.
Elle est une institution privée, ce qui la place en dehors de toute organisation institutionnelle de l’État.

Elle relève de l’État au sens large, mais peut être juridiquement séparée du gouvernement pour limiter son influence monétaire directe.

Explication

Une banque centrale peut faire partie de l’organisation institutionnelle de l’État au sens large tout en étant juridiquement indépendante du gouvernement. La soumettre aux instructions politiques directes contredirait précisément cette indépendance.

39. Que désigne la notion de coûts de transaction dans l’analyse de Coase ?

Les dépenses d’investissement engagées pour accroître la capacité de production d’une entreprise.
Les coûts d’organisation des échanges, comme les démarches, la gestion, le travail humain et la recherche d’informations.
Les impôts et les subventions qui modifient le prix payé par les acheteurs et reçu par les producteurs.
Les coûts de fabrication des biens, comme les matières premières, les machines et les salaires de production.

Les coûts d’organisation des échanges, comme les démarches, la gestion, le travail humain et la recherche d’informations.

Explication

Les coûts de transaction concernent l’organisation des échanges et comprennent notamment le temps des démarches, le travail humain, les frais de gestion et la recherche d’informations. Les coûts de fabrication relèvent plutôt de la production des biens.

40. Comment l’analyse de Coase aide-t-elle à juger si une intervention publique est justifiée ?

Elle évalue les bénéfices de l’intervention sans tenir compte des coûts supportés par les acteurs concernés.
Elle compare les coûts de l’intervention à ses bénéfices attendus, car des coûts trop élevés peuvent rendre l’action inefficace.
Elle conclut que l’absence d’intervention est toujours préférable, puisque toute action publique entraîne des coûts.
Elle considère que l’intervention est efficace dès qu’elle apporte un bénéfice, même si ses coûts sont supérieurs.

Elle compare les coûts de l’intervention à ses bénéfices attendus, car des coûts trop élevés peuvent rendre l’action inefficace.

Explication

L’analyse de Coase invite à comparer les coûts d’une intervention publique avec ses bénéfices attendus, car une action trop coûteuse peut être inefficace ou injustifiée. Ignorer les coûts, même lorsqu’un bénéfice existe, ne permet pas d’effectuer cette comparaison.

41. Quel facteur Douglass North ajoute-t-il au capital, au travail et à la technologie pour expliquer le développement économique ?

La politique monétaire, qui se substitue aux institutions dans l’organisation de l’activité économique.
La demande extérieure, qui remplace le rôle du travail et de la technologie dans la croissance.
Les ressources naturelles, qui écartent le capital et l’innovation comme facteurs de développement.
Les institutions, qui complètent les facteurs classiques du développement économique.

Les institutions, qui complètent les facteurs classiques du développement économique.

Explication

North ajoute les institutions aux facteurs classiques que sont le capital, le travail et la technologie ainsi que l’innovation. La politique monétaire ne remplace pas cet apport institutionnel dans cette analyse.

42. Quelle forme de gouvernance des biens communs est compatible avec l’analyse d’Elinor Ostrom ?

Une gestion privée des ressources, les institutions publiques se limitant à fixer les prix.
Une gestion centralisée par l’État, qui exclut les initiatives privées et les décisions locales.
Une gestion partagée entre acteurs privés, publics et locaux, qui ne se réduit pas à un modèle unique.
Une gestion réservée aux entreprises lucratives, les acteurs publics et locaux n’intervenant pas.

Une gestion partagée entre acteurs privés, publics et locaux, qui ne se réduit pas à un modèle unique.

Explication

Ostrom montre que la gestion des biens communs peut être partagée entre des acteurs privés, publics et locaux. Une gestion exclusivement privée ou entièrement centralisée par l’État réduit à tort cette diversité des acteurs.

43. Comment la destruction créatrice transforme-t-elle l’économie ?

Les innovations préservent les activités existantes et empêchent l’apparition de nouvelles activités.
Les innovations rendent certaines activités obsolètes et favorisent l’apparition de nouvelles activités.
Les innovations réduisent la production sans ouvrir de nouvelles possibilités économiques.
Les innovations déplacent les activités entre secteurs sans modifier les structures économiques.

Les innovations rendent certaines activités obsolètes et favorisent l’apparition de nouvelles activités.

Explication

La destruction créatrice désigne une transformation où l’innovation fait reculer certaines activités tout en permettant l’émergence de nouvelles. La disparition d’activités anciennes ne signifie donc pas nécessairement que l’innovation n’engendre aucun renouvellement économique.

44. Quel enjeu Karl Polanyi analyse-t-il dans La Grande Transformation, publiée en 1944 ?

L’extension des mécanismes marchands et le développement d’institutions protectrices contre certains effets de la concurrence.
La progression des échanges internationaux et le remplacement des institutions par des mécanismes marchands.
La répartition des revenus et la création d’institutions destinées à mesurer la production nationale.
La croissance industrielle et le développement d’institutions chargées de soutenir la rentabilité des entreprises.

L’extension des mécanismes marchands et le développement d’institutions protectrices contre certains effets de la concurrence.

Explication

Polanyi étudie les conséquences de l’extension des mécanismes marchands ainsi que le développement d’institutions protectrices face à certains effets destructeurs de la concurrence. L’ouvrage ne porte pas principalement sur la mesure de la production nationale.

45. Pourquoi Amartya Sen juge-t-il insuffisant le PIB pour évaluer le développement ?

Il mesure les libertés individuelles, mais pas la valeur des biens et services produits.
Il mesure le bien-être collectif, mais ne permet pas d’évaluer le volume de la production.
Il mesure la production, mais pas à lui seul le bien-être collectif ni les possibilités réelles des individus.
Il mesure les possibilités réelles des individus, mais ignore les institutions économiques.

Il mesure la production, mais pas à lui seul le bien-être collectif ni les possibilités réelles des individus.

Explication

Le PIB renseigne sur la valeur des biens et services produits, mais ne suffit pas à évaluer le bien-être collectif ou les possibilités réelles des personnes. Il ne mesure donc pas directement les libertés individuelles, contrairement à ce que suggère une autre interprétation.

46. Que cherche à évaluer la théorie des capabilités d’Amartya Sen ?

Les capacités effectives des personnes à mener la vie qu’elles souhaitent.
Les résultats économiques obtenus par les institutions face à la concurrence.
Les ressources financières disponibles pour financer les services publics.
La quantité de biens et services produite par les entreprises nationales.

Les capacités effectives des personnes à mener la vie qu’elles souhaitent.

Explication

La théorie des capabilités s’intéresse aux possibilités effectives dont disposent les personnes pour mener la vie qu’elles souhaitent. Le volume de production, même s’il peut renseigner sur l’activité économique, ne constitue pas l’objet central de cette approche.

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les réponses avec 95 flashcards sur Notions fondamentales de l’État.

Quels éléments constituent l’État ?

Un territoire, un peuple et un pouvoir institué.

Que désigne le peuple rattaché à un État ?

L’ensemble humain rattaché à l’État.

Qui compose la population d’un État ?

Les personnes vivant sur son territoire.

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