QCM : Juridictions et procès (23 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quelle garantie l’article 6 § 1 de la Convention européenne des droits de l’homme reconnaît-il à toute personne ?

Le droit à une cause examinée par un tribunal indépendant, même si la procédure n’est pas publique
Le droit à une cause entendue en appel par un tribunal européen dans un délai fixé par la loi
Le droit à une cause entendue équitablement, publiquement et dans un délai raisonnable par un tribunal indépendant et impartial établi par la loi
Le droit à une cause entendue publiquement par un tribunal choisi par les parties et compétent en matière pénale

Le droit à une cause entendue équitablement, publiquement et dans un délai raisonnable par un tribunal indépendant et impartial établi par la loi

Explication

L’article 6 § 1 réunit les garanties d’équité, de publicité, de délai raisonnable, ainsi que l’indépendance et l’impartialité du tribunal établi par la loi. La tenue d’un appel par une juridiction européenne n’est pas une condition énoncée par cette garantie.

2. Une partie souhaite contester un jugement rendu en premier degré : quel délai d’appel est indiqué ?

Deux mois à compter de la notification de l’arrêt d’appel.
Deux mois à compter du jugement de premier degré.
Un mois à compter du jugement de premier degré.
Un mois à compter de la notification de l’arrêt d’appel.

Un mois à compter du jugement de premier degré.

Explication

Le délai d’appel est d’un mois à partir du jugement de premier degré. Le délai de deux mois concerne le pourvoi en cassation et court à partir de la notification de l’arrêt de la cour d’appel.

3. Une personne souhaite saisir une juridiction au sujet de l’interprétation ou de l’application de la Convention européenne des droits de l’homme : quelle juridiction peut-elle saisir ?

La cour administrative d’appel, compétente pour les recours administratifs
Le Conseil d’État, au sommet de l’ordre administratif français
La Cour européenne des droits de l’homme, à Strasbourg
La Cour de justice de l’Union européenne, à Luxembourg

La Cour européenne des droits de l’homme, à Strasbourg

Explication

La Cour européenne des droits de l’homme, située à Strasbourg, statue sur l’interprétation et l’application de la Convention et peut être saisie par un requérant individuel. La Cour de justice de l’Union européenne veille à l’application du droit de l’Union, qui est un objet distinct.

4. En l’absence de disposition contraire, où se trouve la juridiction territorialement compétente pour une demande dirigée contre un défendeur ?

Au lieu où le contrat a été signé
Au lieu où siège la juridiction d’appel
Au lieu où demeure le défendeur
Au lieu où demeure le demandeur

Au lieu où demeure le défendeur

Explication

La règle générale désigne la juridiction du lieu où demeure le défendeur. Le domicile du demandeur ne constitue pas, en l’absence de règle particulière, le critère indiqué.

5. Saisie d’un pourvoi contre un arrêt d’appel, quelle est la mission de la Cour de cassation ?

Contrôler l’application de la règle de droit et rejeter ou casser la décision
Réexaminer les faits et le droit, puis confirmer ou infirmer la décision
Juger à nouveau les témoins et prononcer directement une peine de première instance
Organiser une nouvelle instruction et décider du renvoi devant un juge d’instruction

Contrôler l’application de la règle de droit et rejeter ou casser la décision

Explication

La Cour de cassation contrôle l’application de la règle de droit et peut rejeter le pourvoi ou casser avec ou sans renvoi. Le réexamen de l’affaire en fait et en droit relève de la cour d’appel.

6. Quelle juridiction connaît notamment des litiges entre commerçants et des procédures de sauvegarde, de redressement ou de liquidation des entreprises ?

Le tribunal judiciaire
Le conseil de prud’hommes
Le tribunal de proximité
Le tribunal de commerce

Le tribunal de commerce

Explication

Le tribunal de commerce traite les affaires entre commerçants ou sociétés, les actes de commerce et les difficultés des entreprises. Le conseil de prud’hommes concerne les litiges liés à un contrat de travail.

7. Quel tribunal civil de droit commun traite les litiges supérieurs à 10 000 € et impose le recours à un avocat ?

Le tribunal judiciaire
Le tribunal de proximité
Le conseil de prud’hommes
Le tribunal de commerce

Le tribunal judiciaire

Explication

Le tribunal judiciaire est la juridiction civile de droit commun compétente pour les litiges supérieurs à 10 000 €, avec avocat obligatoire. Le tribunal de proximité traite plutôt les litiges inférieurs à ce seuil.

8. Après un arrêt de la cour administrative d’appel, quelle est la fonction du Conseil d’État saisi en cassation ?

Réexaminer l’affaire en fait et en droit comme juridiction d’appel
Contrôler l’application de la règle de droit sans rejuger intégralement l’affaire
Déterminer si le litige relève de l’ordre administratif ou judiciaire
Juger l’affaire pour la première fois comme tribunal administratif

Contrôler l’application de la règle de droit sans rejuger intégralement l’affaire

Explication

En cassation, le Conseil d’État contrôle l’application de la règle de droit sans rejuger intégralement l’affaire. Le réexamen des faits et du droit correspond à la fonction de la cour administrative d’appel.

9. Une décision est rendue en premier ressort : quelle voie permet de la soumettre à un nouvel examen par une juridiction supérieure ?

Former un pourvoi devant la Cour de cassation
Former un appel devant la cour d’appel
Demander au juge d’instruction une ordonnance de renvoi
Saisir le tribunal de police

Former un appel devant la cour d’appel

Explication

La cour d’appel reçoit les appels contre les décisions rendues en premier ressort. La Cour de cassation contrôle l’application du droit et n’est pas la juridiction chargée du nouvel examen en fait et en droit.

10. Quel enchaînement décrit le déroulement d’une procédure civile jusqu’au jugement ?

Le demandeur saisit le tribunal, qui rend son jugement avant de convoquer les parties pour les débats.
Le tribunal convoque les parties, le défendeur assigne le demandeur, puis les débats conduisent au jugement.
Les parties débattent avant la saisine du tribunal, puis le demandeur adresse une assignation après le jugement.
Le demandeur assigne l’adversaire, le tribunal est saisi et convoque les parties, puis les débats conduisent au jugement.

Le demandeur assigne l’adversaire, le tribunal est saisi et convoque les parties, puis les débats conduisent au jugement.

Explication

La procédure débute par l’assignation adressée par le demandeur à son adversaire, puis le tribunal saisi convoque les parties et les débats mènent au jugement. L’idée selon laquelle le jugement précède la convocation inverse l’ordre des étapes.

11. Quel organe traite les litiges nés à l’occasion d’un contrat de travail et comprend cinq sections, dont celles de l’industrie et de l’agriculture ?

Le tribunal de commerce
Le conseil de prud’hommes
Le tribunal judiciaire
Le tribunal de proximité

Le conseil de prud’hommes

Explication

Le conseil de prud’hommes est compétent pour les litiges liés à un contrat de travail et comprend cinq sections, notamment l’industrie et l’agriculture. Le tribunal de commerce traite les affaires commerciales et les difficultés des entreprises.

12. Dans quelle situation l’instruction pénale peut-elle intervenir, sans être systématique ?

Pour toutes les infractions, dès qu’une plainte est déposée
Pour les crimes et certains délits, mais pas pour les contraventions
Pour les crimes, mais pas pour les délits ni les contraventions
Pour les contraventions et certains délits, mais pas pour les crimes

Pour les crimes et certains délits, mais pas pour les contraventions

Explication

L’instruction vise la recherche de la vérité et concerne les crimes ainsi que certains délits, sans être systématique. L’idée qu’elle s’applique aux contraventions confond celles-ci avec les infractions pouvant faire l’objet d’une instruction.

13. Comment le tribunal de police statue-t-il lorsqu’il juge une contravention ?

À juge unique, sans avocat obligatoire
À trois juges, avec avocat obligatoire
En formation paritaire de représentants des parties
Avec trois juges professionnels et six jurés

À juge unique, sans avocat obligatoire

Explication

Le tribunal de police juge les contraventions à juge unique, et la présence d’un avocat n’y est pas obligatoire. La formation de trois juges professionnels et de six jurés correspond à la cour d’assises.

14. Après un jugement de première instance, une partie fait appel : que fait la juridiction du second degré ?

Elle réexamine l’affaire en fait et en droit
Elle contrôle l’application du droit sans réexaminer les faits
Elle détermine l’ordre juridictionnel compétent
Elle juge l’affaire pour la première fois

Elle réexamine l’affaire en fait et en droit

Explication

La juridiction du second degré réexamine l’affaire en fait et en droit à la suite d’un appel. Le contrôle de l’application de la règle de droit sans réexamen complet caractérise la cassation.

15. Un litige civil porte sur une somme inférieure à 10 000 € et concerne un occupant sans droit ni titre ; quelle juridiction est compétente ?

Le tribunal de commerce
Le conseil de prud’hommes
Le tribunal de proximité
Le tribunal judiciaire

Le tribunal de proximité

Explication

Le tribunal de proximité traite les litiges inférieurs à 10 000 € et certains litiges spéciaux, dont ceux relatifs aux occupants sans droit ni titre. Le tribunal judiciaire est associé aux litiges dépassant le seuil indiqué.

16. Quels professionnels font partie des auxiliaires de juridiction ?

Les demandeurs et les défendeurs dans une procédure civile.
Les experts judiciaires et les personnels de police judiciaire.
Les magistrats du siège et les magistrats du parquet.
Les avocats et les officiers ministériels.

Les experts judiciaires et les personnels de police judiciaire.

Explication

Les auxiliaires de juridiction comprennent les experts judiciaires et les personnels de police judiciaire. Les avocats et les officiers ministériels sont des auxiliaires des parties.

17. À l’issue de l’instruction, le juge estime les preuves insuffisantes : quelle décision met fin à la poursuite plutôt que de soumettre l’affaire à un tribunal de jugement ?

Une ordonnance de renvoi
Une décision de condamnation
Une ordonnance de non-lieu
Une ordonnance de détention provisoire

Une ordonnance de non-lieu

Explication

Le juge d’instruction rend une ordonnance de non-lieu lorsqu’il estime les preuves insuffisantes. L’ordonnance de renvoi, au contraire, soumet l’affaire à la juridiction de jugement.

18. Une personne est poursuivie pour un crime : quelle juridiction la juge, et quelle composition correspond à cette juridiction ?

La cour d’assises, avec un juge professionnel et trois jurés
La cour d’assises, avec trois juges professionnels et six jurés
Le tribunal correctionnel, avec trois juges professionnels et six jurés
Le tribunal de police, à juge unique avec six jurés

La cour d’assises, avec trois juges professionnels et six jurés

Explication

La cour d’assises juge les crimes et comprend trois juges professionnels et six jurés ; l’avocat y est obligatoire. Le tribunal correctionnel juge les délits et ne comprend pas de jurés dans la composition décrite.

19. Quelle juridiction veille à l’application du droit de l’Union européenne et peut être saisie par des citoyens européens ?

Le Conseil d’État, au sommet de l’ordre administratif français
Le tribunal administratif, au premier degré de l’ordre administratif
La Cour de justice de l’Union européenne, à Luxembourg
La Cour européenne des droits de l’homme, à Strasbourg

La Cour de justice de l’Union européenne, à Luxembourg

Explication

La Cour de justice de l’Union européenne, située à Luxembourg, veille à l’application du droit de l’Union et peut être saisie par des citoyens européens. La Cour européenne des droits de l’homme traite de la Convention européenne des droits de l’homme, et non de l’application du droit de l’Union.

20. Dans un procès équitable, quelle situation respecte l’égalité entre les parties ?

Chaque partie peut exposer sa cause dans des conditions qui ne la désavantagent pas face à son adversaire
Chaque partie bénéficie d’un temps de parole identique, quels que soient les enjeux de l’affaire
La partie qui saisit le juge présente ses arguments avant que l’autre partie puisse répondre
Le juge accorde à chaque partie les mêmes moyens de preuve, sans tenir compte de leurs demandes

Chaque partie peut exposer sa cause dans des conditions qui ne la désavantagent pas face à son adversaire

Explication

Le procès équitable exige que chaque partie puisse exposer sa cause sans être désavantagée par rapport à son adversaire. Un temps de parole identique n’est pas la définition de cette garantie.

21. Un litige soulève d’abord la question de savoir s’il relève de l’ordre administratif ou judiciaire, puis s’il est civil ou pénal : quelle compétence permet de déterminer ces éléments ?

La compétence matérielle
La compétence du second degré
La compétence territoriale
La compétence de cassation

La compétence matérielle

Explication

La compétence matérielle détermine l’ordre et le type de juridiction compétents, notamment entre les ordres administratif et judiciaire, puis entre les juridictions civiles et pénales. La compétence territoriale porte plutôt sur le lieu du tribunal compétent.

22. Quelle distinction organise la répartition des magistrats ?

Ils se répartissent entre officiers ministériels et magistrats du parquet.
Ils se répartissent entre magistrats du siège et magistrats du parquet.
Ils se répartissent entre personnels de police judiciaire et avocats.
Ils se répartissent entre magistrats civils et experts judiciaires.

Ils se répartissent entre magistrats du siège et magistrats du parquet.

Explication

Les deux catégories de magistrats sont les magistrats du siège et les magistrats du parquet. Les experts judiciaires relèvent des auxiliaires de juridiction, et non d’une catégorie de magistrats.

23. Avant le procès, quel droit le principe du contradictoire confère-t-il à chaque partie ?

Connaître les arguments de l’autre partie
Choisir les arguments que l’autre partie peut présenter
Répondre aux arguments de l’autre partie après le prononcé du jugement
Obtenir une décision provisoire sur les arguments de l’autre partie

Connaître les arguments de l’autre partie

Explication

Le principe du contradictoire donne à chaque partie le droit de connaître les arguments de son adversaire avant le procès. Il ne confère pas le pouvoir de choisir les arguments que l’autre partie pourra avancer.

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Que garantit l’article 6 § 1 de la Convention européenne des droits de l’homme ?

Le droit à une cause entendue équitablement, publiquement et dans un délai raisonnable par un tribunal indépendant et impartial établi par la loi.

Qu’est-ce qu’un procès équitable ?

Un procès où chaque partie peut exposer sa cause sans être désavantagée par rapport à son adversaire.

Quel droit le principe du contradictoire accorde-t-il à chaque partie avant le procès ?

Le droit de connaître les arguments de l’autre partie.

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