Fiche de révision : Notions fondamentales du droit

Plan du Cours

  1. Origine et sens du droit
  2. Droit objectif et droits subjectifs
  3. Règle et système juridiques
  4. Généralité de la règle de droit
  5. Force obligatoire des règles
  6. Sanction et contrainte étatiques
  7. Finalités sociales du droit
  8. Fondements idéalistes du droit
  9. Fondements positivistes du droit

1. Origine et sens du droit

★ À maîtriser

  • Le mot « droit » vient du latin directum, issu du participe passé de dirigere, qui signifie notamment aligner, diriger, orienter, disposer, ordonner ou régler.

📌 L’étymologie du droit renvoie à l’ordonnancement, par lequel la règle dirige et sécurise les activités humaines, et à la rectitude, selon laquelle la règle est supposée juste.

  • Le droit vise un équilibre entre des intérêts divergents, en déterminant ce qui revient à chacun dans la société, selon l’idée du « ni plus, ni moins ».

Compléments

  • En 1787, Kant écrivait : « Les juristes cherchent encore une définition pour leur concept du droit », soulignant la difficulté de définir le droit.

  • Directum a donné recht en allemand, diritto en italien et derecho en espagnol ; l’anglais utilise law, qui signifie « loi », sans la même influence romaine directe.

Astuce mémo

Ordonnancement dirige la conduite ; rectitude mesure le juste.

2. Droit objectif et droits subjectifs

Notions clés & Définitions

  • Droit objectif : Ensemble des règles de droit posées et en vigueur à un moment donné dans un territoire donné.
  • Droits subjectifs : Prérogatives individuelles reconnues aux sujets par le droit objectif, leur permettant d’agir, de s’abstenir ou d’exercer une emprise sur des personnes ou des biens.

★ À maîtriser

  • Le droit positif organise la société et contribue à la sécurité juridique et à la prévisibilité en permettant d’anticiper la solution applicable à un problème.

Compléments

  • Le droit objectif permet de conclure un contrat et de devenir créancier d’un débiteur, ou d’être propriétaire d’un bien et d’exercer les pouvoirs attachés au droit de propriété.

Astuce mémo

Le droit objectif est au singulier ; les droits subjectifs sont au pluriel.

3. Règle et système juridiques

Notions clés & Définitions

  • Règle de droit : Règle de conduite humaine et d’organisation sociale dont la société peut imposer le respect par une pression extérieure, ainsi que norme juridiquement obligatoire, normalement assortie de la contrainte étatique, quelle que soit sa source, sa généralité ou sa portée.
  • Ordre juridique : Duguit - Ensemble logique formé par la coordination des règles de droit et des institutions juridiques.
  • Norme : Une norme est une règle dont le terme met en évidence la valeur obligatoire, indépendamment de sa source ou de son objet ; le mot vient du latin norma, qui signifie équerre, mesure ou règle.
  • Institution juridique : Composé de règles de droit qui embrasse une série de relations sociales tendant aux mêmes fins.

4. Généralité de la règle de droit

★ À maîtriser

📌 La règle de droit est générale parce qu’elle est impersonnelle, en s’adressant à un ensemble d’individus plutôt qu’à une personne particulière, et abstraite, en visant une multiplicité de situations plutôt qu’un fait précis.

📌 Le caractère général ne suffit pas à identifier la règle de droit, car les règles morales, religieuses, de bienséance, économiques ou corporatives peuvent également être générales, et certaines règles juridiques ne s’appliquent qu’à une catégorie ou à des situations ciblées.

Compléments

  • Le caractère abstrait de la règle de droit lui confère une certaine permanence, car elle peut s’appliquer à plusieurs situations dans le temps.

📌 Le principe « Ubi lex non distinguit, non debemus distinguere » signifie qu’il ne faut pas distinguer là où la loi ne distingue pas.

5. Force obligatoire des règles

★ À maîtriser

  • La règle de droit a une force obligatoire et peut être assortie d’une sanction étatique, mais son caractère obligatoire se manifeste différemment selon la nature de la règle.

  • Les lois supplétives s’appliquent lorsque les parties n’ont rien prévu, tandis que les lois dispositives leur laissent le choix entre plusieurs régimes et s’appliquent si elles n’exercent pas ce choix.

  • Une loi supplétive ou dispositive ne s’impose qu’à défaut de volonté contraire, mais elle devient obligatoire pour les parties lorsqu’elle s’applique.

  • Les lois impératives s’imposent d’emblée et leur application ne peut être écartée par un choix des parties.

  • Toutes les lois d’ordre public sont impératives, mais une loi impérative n’est pas nécessairement d’ordre public, car elle peut protéger des intérêts particuliers comme ceux des mineurs ou des consommateurs.

Compléments

  • En matière de mariage, les régimes conventionnels relèvent de lois dispositives et, à défaut de choix, le régime légal s’applique à titre supplétif.

Astuce mémo

La règle supplétive cède au choix ; la règle impérative s’impose d’emblée.

6. Sanction et contrainte étatiques

★ À maîtriser

📌 En droit français, seule l’autorité publique, principalement l’État, peut sanctionner le non-respect d’une règle juridique, conformément au principe selon lequel nul ne peut se faire justice à soi-même.

📌 Le droit substantiel ou matériel désigne la matière des règles juridiques, comme le droit civil, commercial ou du travail, tandis que le droit sanctionnateur ou régulateur en permet la mise en œuvre, notamment par le droit pénal et les règles de procédure.

Compléments

  • Le monopole étatique de la contrainte légitime implique notamment la prohibition de la vengeance privée.

📌 La contrainte étatique, l’existence d’une sanction et l’effectivité de la règle de droit sont des notions distinctes.

Astuce mémo

Le droit substantiel énonce les règles ; le droit sanctionnateur en permet la mise en œuvre.

7. Finalités sociales du droit

Points essentiels

  • La finalité première et unique du droit est d’organiser la vie en société en recherchant un certain ordre et une certaine harmonie sociale.

📌 Le droit recoupe certaines règles morales et religieuses, mais il est moins exigeant car il ne vise pas le perfectionnement de l’individu.

Astuce mémo

Le droit organise la société ; morale et religion visent aussi le perfectionnement individuel.

8. Fondements idéalistes du droit

Notions clés & Définitions

  • Droit naturel : Idéal juridique découvert par la raison humaine, inhérent à la nature humaine et destiné à s’appliquer universellement et intemporellement.

★ À maîtriser

📌 Selon l’école du droit naturel, il est possible de désobéir aux règles de droit positif lorsqu’elles sont contraires à l’idéal de justice.

Compléments

  • Les courants idéalistes sont représentés dans l’Antiquité par les aristotéliciens et les stoïciens, au XIIIe siècle par Thomas d’Aquin, au XVIIe siècle par Grotius, Puffendorf et Domat, et au XXe siècle par Gény.

Astuce mémo

La raison découvre un idéal de justice → le droit positif peut être contesté s’il le contredit.

9. Fondements positivistes du droit

Notions clés & Définitions

  • Positivisme juridique : Fait découler le droit de l’État et justifie sa force par la volonté et l’autorité étatiques.

★ À maîtriser

📌 Les courants positivistes justifient le droit par le fait qu’il existe et qu’il a été posé, contrairement aux courants idéalistes qui le rapportent à un idéal de justice.

  • Dans le système normativiste de Kelsen, une règle de droit se justifie par sa conformité à une règle supérieure, au sein d’une hiérarchie où règlements, lois et Constitution émanent de l’État.

📌 Le positivisme sociologique justifie le droit par la conscience populaire et le considère comme un fait social, plutôt que de le faire découler de la volonté de l’État.

Compléments

  • Machiavel et Hobbes identifient notamment le droit à la volonté du souverain, et Hegel s’inscrit également dans cette approche positiviste.

  • Au XIXe siècle, Ihering considère que le droit est conquis par la force, notamment dans les luttes pour l’unité allemande, mais qu’il ne s’impose qu’à travers l’État.

  • La Grundnorm, norme supérieure dans le système de Kelsen, est difficile à expliquer sans se référer de nouveau à un idéal.

  • Savigny, au XIXe siècle, voit dans les aspirations populaires une force créatrice du droit et accorde une importance à la coutume, susceptible d’être reprise par la loi.

  • Durkheim relie la règle de droit à la conscience collective et en fait un révélateur de la solidarité sociale, tandis qu’Auguste Comte estime que les règles juridiques peuvent être dégagées de l’observation des faits et des comportements sociaux.

Astuce mémo

L’État pose le droit étatique ; la société le fait émerger dans le positivisme sociologique.

Tableaux de synthèse

Théories idéalistes et positivistes

CourantFondement du droitConséquence principale
IdéalisteIdéal de justice découvert par la raison humaineUne règle positive contraire à cet idéal peut être contestée ou désobéie
PositivisteDroit posé, issu de l’État ou de la sociétéLa force du droit s’explique par son existence ou son origine

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1. Quelle distinction exprime les deux idées auxquelles renvoie l’étymologie du droit ?

2. Dans une société où plusieurs intérêts s’opposent, quel objectif le droit cherche-t-il à atteindre ?

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Révisez avec les flashcards

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Quel équilibre le droit vise-t-il entre les intérêts divergents dans la société ?

Déterminer ce qui revient à chacun, selon l’idée du « ni plus, ni moins ».

Qu’est-ce que le droit objectif ?

L’ensemble des règles de droit en vigueur à un moment donné dans un territoire donné.

À quoi contribue le droit positif en permettant d’anticiper une solution juridique ?

À la sécurité juridique et à la prévisibilité.

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