★ À maîtriser
📌 L’étymologie du droit renvoie à l’ordonnancement, par lequel la règle dirige et sécurise les activités humaines, et à la rectitude, selon laquelle la règle est supposée juste.
Compléments
En 1787, Kant écrivait : « Les juristes cherchent encore une définition pour leur concept du droit », soulignant la difficulté de définir le droit.
Directum a donné recht en allemand, diritto en italien et derecho en espagnol ; l’anglais utilise law, qui signifie « loi », sans la même influence romaine directe.
Ordonnancement dirige la conduite ; rectitude mesure le juste.
★ À maîtriser
Compléments
Le droit objectif est au singulier ; les droits subjectifs sont au pluriel.
★ À maîtriser
📌 La règle de droit est générale parce qu’elle est impersonnelle, en s’adressant à un ensemble d’individus plutôt qu’à une personne particulière, et abstraite, en visant une multiplicité de situations plutôt qu’un fait précis.
📌 Le caractère général ne suffit pas à identifier la règle de droit, car les règles morales, religieuses, de bienséance, économiques ou corporatives peuvent également être générales, et certaines règles juridiques ne s’appliquent qu’à une catégorie ou à des situations ciblées.
Compléments
📌 Le principe « Ubi lex non distinguit, non debemus distinguere » signifie qu’il ne faut pas distinguer là où la loi ne distingue pas.
★ À maîtriser
La règle de droit a une force obligatoire et peut être assortie d’une sanction étatique, mais son caractère obligatoire se manifeste différemment selon la nature de la règle.
Les lois supplétives s’appliquent lorsque les parties n’ont rien prévu, tandis que les lois dispositives leur laissent le choix entre plusieurs régimes et s’appliquent si elles n’exercent pas ce choix.
Une loi supplétive ou dispositive ne s’impose qu’à défaut de volonté contraire, mais elle devient obligatoire pour les parties lorsqu’elle s’applique.
Les lois impératives s’imposent d’emblée et leur application ne peut être écartée par un choix des parties.
Toutes les lois d’ordre public sont impératives, mais une loi impérative n’est pas nécessairement d’ordre public, car elle peut protéger des intérêts particuliers comme ceux des mineurs ou des consommateurs.
Compléments
La règle supplétive cède au choix ; la règle impérative s’impose d’emblée.
★ À maîtriser
📌 En droit français, seule l’autorité publique, principalement l’État, peut sanctionner le non-respect d’une règle juridique, conformément au principe selon lequel nul ne peut se faire justice à soi-même.
📌 Le droit substantiel ou matériel désigne la matière des règles juridiques, comme le droit civil, commercial ou du travail, tandis que le droit sanctionnateur ou régulateur en permet la mise en œuvre, notamment par le droit pénal et les règles de procédure.
Compléments
📌 La contrainte étatique, l’existence d’une sanction et l’effectivité de la règle de droit sont des notions distinctes.
Le droit substantiel énonce les règles ; le droit sanctionnateur en permet la mise en œuvre.
📌 Le droit recoupe certaines règles morales et religieuses, mais il est moins exigeant car il ne vise pas le perfectionnement de l’individu.
Le droit organise la société ; morale et religion visent aussi le perfectionnement individuel.
★ À maîtriser
📌 Selon l’école du droit naturel, il est possible de désobéir aux règles de droit positif lorsqu’elles sont contraires à l’idéal de justice.
Compléments
La raison découvre un idéal de justice → le droit positif peut être contesté s’il le contredit.
★ À maîtriser
📌 Les courants positivistes justifient le droit par le fait qu’il existe et qu’il a été posé, contrairement aux courants idéalistes qui le rapportent à un idéal de justice.
📌 Le positivisme sociologique justifie le droit par la conscience populaire et le considère comme un fait social, plutôt que de le faire découler de la volonté de l’État.
Compléments
Machiavel et Hobbes identifient notamment le droit à la volonté du souverain, et Hegel s’inscrit également dans cette approche positiviste.
Au XIXe siècle, Ihering considère que le droit est conquis par la force, notamment dans les luttes pour l’unité allemande, mais qu’il ne s’impose qu’à travers l’État.
La Grundnorm, norme supérieure dans le système de Kelsen, est difficile à expliquer sans se référer de nouveau à un idéal.
Savigny, au XIXe siècle, voit dans les aspirations populaires une force créatrice du droit et accorde une importance à la coutume, susceptible d’être reprise par la loi.
Durkheim relie la règle de droit à la conscience collective et en fait un révélateur de la solidarité sociale, tandis qu’Auguste Comte estime que les règles juridiques peuvent être dégagées de l’observation des faits et des comportements sociaux.
L’État pose le droit étatique ; la société le fait émerger dans le positivisme sociologique.
Théories idéalistes et positivistes
| Courant | Fondement du droit | Conséquence principale |
|---|---|---|
| Idéaliste | Idéal de justice découvert par la raison humaine | Une règle positive contraire à cet idéal peut être contestée ou désobéie |
| Positiviste | Droit posé, issu de l’État ou de la société | La force du droit s’explique par son existence ou son origine |
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