QCM : Organisation et accès à la justice (21 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Avant de trancher un litige, quelle garantie le principe du contradictoire accorde-t-il à chaque partie ?

La certitude que le juge adopte une décision impartiale
La possibilité de présenter son point de vue au juge
La possibilité de contester les opérations d’un corps administratif
La garantie que le juge compare les intérêts en présence

La possibilité de présenter son point de vue au juge

Explication

Le principe du contradictoire permet à chaque partie de faire connaître son point de vue avant la décision du juge. Le bandeau symbolise l’impartialité, mais ne garantit pas la prise de parole des parties.

2. Dans la pensée d’Aristote, quel exemple illustre le juste milieu associé à la vie bonne et morale ?

L’impartialité du juge
La possibilité pour chaque partie de s’exprimer
La comparaison des intérêts
Le courage

Le courage

Explication

Aristote associe le bonheur à une vie bonne et morale, et illustre le juste milieu par le courage. La comparaison des intérêts est symbolisée par la balance de la justice, et non par cet exemple aristotélicien.

3. Quel est le rôle caractéristique d’une juridiction ?

Représenter l’ensemble des institutions publiques
Trancher un litige
Établir les règles applicables aux parties
Organiser durablement une activité selon des règles

Trancher un litige

Explication

Une juridiction est un organe chargé de trancher un litige. Une organisation durable régie par des règles correspond plutôt à la définition d’une institution.

4. Pourquoi un tribunal, une cour d’assises et le Conseil d’État ne peuvent-ils pas être considérés comme substituables les uns aux autres ?

Parce qu’ils sont des juridictions distinctes
Parce qu’ils relèvent nécessairement du même ordre juridictionnel
Parce qu’ils sont tous des institutions sans fonction juridictionnelle
Parce qu’un seul d’entre eux peut trancher un litige

Parce qu’ils sont des juridictions distinctes

Explication

Les tribunaux, les cours d’assises et le Conseil d’État sont des juridictions distinctes et ne sont pas substituables. Le fait qu’ils soient tous des juridictions ne signifie pas qu’ils exercent les mêmes fonctions.

5. Quels pouvoirs Montesquieu distingue-t-il ?

Les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire
Les pouvoirs administratif, juridictionnel et réglementaire
Les pouvoirs exécutif, judiciaire et municipal
Les pouvoirs législatif, administratif et constitutionnel

Les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire

Explication

Montesquieu distingue les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire. La distinction entre fonctions judiciaires et administratives relève d’un autre principe institutionnel.

6. Quel effet la loi des 16 et 24 août 1790 a-t-elle sur les relations entre les juges et l’administration ?

Elle autorise les juges judiciaires à diriger les opérations des corps administratifs.
Elle donne au Conseil d’État le pouvoir de trancher lui-même les litiges administratifs.
Elle confie aux juges judiciaires le règlement des litiges administratifs.
Elle sépare les fonctions judiciaires et administratives et interdit aux juges de troubler les opérations administratives.

Elle sépare les fonctions judiciaires et administratives et interdit aux juges de troubler les opérations administratives.

Explication

Cette loi sépare les fonctions judiciaires et administratives et interdit aux juges de troubler les opérations des corps administratifs. La reconnaissance au Conseil d’État du pouvoir de trancher lui-même les litiges administratifs est associée à la décision Cadot de 1889.

7. Quelle évolution la décision Cadot du 13 décembre 1889 a-t-elle consacrée ?

Le juge administratif devient compétent pour les dommages causés par les personnes employées par l’État.
Le Conseil d’État peut trancher lui-même les litiges administratifs, mettant fin à la théorie du ministre-juge.
Le juge judiciaire est autorisé à intervenir dans les opérations des corps administratifs.
La loi renforce l’autonomie de la justice administrative sans modifier le rôle du Conseil d’État.

Le Conseil d’État peut trancher lui-même les litiges administratifs, mettant fin à la théorie du ministre-juge.

Explication

La décision Cadot met fin à la théorie du ministre-juge en reconnaissant au Conseil d’État le pouvoir de trancher lui-même les litiges administratifs. La compétence concernant la responsabilité de l’État pour les dommages causés par ses employés est associée à l’arrêt Blanco.

8. Quel principe l’arrêt Blanco du 8 février 1873 établit-il concernant certains dommages causés par des employés de l’État ?

Le juge administratif connaît de la responsabilité de l’État, régie par des règles spéciales.
Le Conseil d’État tranche les litiges administratifs après la fin de la théorie du ministre-juge.
La responsabilité de l’État relève des mêmes règles civiles que celle des particuliers.
Le juge judiciaire applique le Code civil à toute responsabilité de l’État.

Le juge administratif connaît de la responsabilité de l’État, régie par des règles spéciales.

Explication

L’arrêt Blanco attribue au juge administratif la compétence pour connaître de la responsabilité de l’État liée aux dommages causés par les personnes qu’il emploie, selon des règles spéciales. L’application des règles civiles du Code civil à toute responsabilité de l’État ne rend pas compte de cette distinction.

9. Un particulier conteste une décision prise par une administration dans l’exercice de ses fonctions. À quelle branche du droit et à quel ordre juridictionnel ce litige se rattache-t-il en principe ?

Au droit commercial et au tribunal de commerce
Au droit privé et au juge judiciaire
Au droit pénal et au juge judiciaire
Au droit public et au juge administratif

Au droit public et au juge administratif

Explication

Un litige qui met en cause l’administration relève en principe du droit public et du juge administratif. Le droit privé et le juge judiciaire concernent plutôt les litiges entre citoyens.

10. À la suite d’une infraction, quelle distinction s’applique entre l’action pénale et l’action civile ?

L’action pénale sanctionne l’atteinte à l’ordre public, tandis que l’action civile vise notamment la réparation du préjudice de la victime.
L’action pénale tranche les conflits du travail, tandis que l’action civile détermine la peine applicable.
L’action pénale indemnise la victime, tandis que l’action civile sanctionne l’atteinte à l’ordre public.
L’action pénale règle les litiges commerciaux, tandis que l’action civile contrôle l’administration.

L’action pénale sanctionne l’atteinte à l’ordre public, tandis que l’action civile vise notamment la réparation du préjudice de la victime.

Explication

L’action pénale vise à sanctionner l’atteinte à l’ordre public, alors que l’action civile peut permettre à la victime d’obtenir réparation de son préjudice. Confier à l’action civile la sanction de l’ordre public inverse les fonctions des deux actions.

11. Une loi est contestée au motif qu’elle ne respecte pas la Constitution. Quelle institution contrôle sa conformité constitutionnelle ?

Le Conseil constitutionnel
La Cour européenne des droits de l’homme
La Cour de justice de l’Union européenne
La Cour de cassation

Le Conseil constitutionnel

Explication

Le contrôle de conformité d’une loi à la Constitution relève du Conseil constitutionnel. La Cour européenne des droits de l’homme veille à l’application des normes européennes de protection des droits de l’homme, et non à ce contrôle constitutionnel.

12. Quelle juridiction veille à l’application des normes européennes de protection des droits de l’homme ?

La Cour de justice de l’Union européenne
La Cour européenne des droits de l’homme
La Cour de cassation
Le Conseil constitutionnel

La Cour européenne des droits de l’homme

Explication

La Cour européenne des droits de l’homme veille à l’application des normes européennes de protection des droits de l’homme. La Cour de justice de l’Union européenne intervient, quant à elle, dans l’application des normes de l’Union européenne.

13. Quelle distinction décrit correctement le jugement et l’imperium ?

Le jugement désigne l’exécution forcée, tandis que l’imperium consiste à dire le droit.
Le jugement règle un litige par arbitrage, tandis que l’imperium désigne l’accord des parties.
Le jugement concerne la justice privée, tandis que l’imperium désigne le contrôle de constitutionnalité.
Le jugement consiste à dire le droit, tandis que l’imperium désigne le pouvoir d’exécution forcée.

Le jugement consiste à dire le droit, tandis que l’imperium désigne le pouvoir d’exécution forcée.

Explication

Rendre un jugement consiste à dire le droit, tandis que l’imperium désigne le pouvoir d’assurer l’exécution forcée. Assimiler l’imperium au fait de dire le droit confond deux fonctions distinctes.

14. Deux parties conviennent de soumettre leur litige à un arbitre : quel terme désigne cet accord, qu’il prenne la forme d’une clause compromissoire ou d’un compromis ?

Une action civile
Une convention d’arbitrage
Un recours constitutionnel
Une décision juridictionnelle

Une convention d’arbitrage

Explication

La convention d’arbitrage est l’accord par lequel les parties confient leur litige à un arbitre, notamment sous forme de clause compromissoire ou de compromis. Une décision juridictionnelle est rendue par un juge et ne désigne pas l’accord préalable des parties.

15. Selon l’article 2059 du Code civil, sur quels droits les personnes peuvent-elles compromettre ?

Sur les droits dont la Constitution exige le contrôle
Sur les droits relevant de l’ordre public pénal
Sur les droits dont elles ont la libre disposition
Sur les droits appartenant à une administration

Sur les droits dont elles ont la libre disposition

Explication

L’article 2059 du Code civil permet aux personnes de compromettre sur les droits dont elles ont la libre disposition. Le fait qu’un droit soit lié à l’ordre public pénal ne correspond pas au critère formulé par cet article.

16. Quel principe Max Weber associe-t-il à la détention par l’État du monopole de la force publique ?

La délégation de la force aux arbitres privés
Le monopole de la violence légitime
L’indépendance des juridictions civiles
La séparation des pouvoirs juridictionnels

Le monopole de la violence légitime

Explication

Max Weber associe le monopole étatique de la force publique à la violence légitime. La délégation aux arbitres privés ne décrit pas ce monopole, puisque la force publique relève de l’État.

17. Une sentence arbitrale tranche un litige, mais la partie gagnante souhaite recourir à l’exécution forcée. Quelle intervention est nécessaire ?

La partie gagnante doit obtenir une autre décision arbitrale sur le fond.
L’arbitre doit prononcer une nouvelle sentence de nature réglementaire.
Le juge doit remplacer la sentence par un jugement statuant sur le litige.
Un tribunal étatique doit accorder l’exequatur à la sentence.

Un tribunal étatique doit accorder l’exequatur à la sentence.

Explication

L’exequatur accordé par un tribunal étatique permet de faire exécuter de force la sentence arbitrale. La sentence tranche déjà le litige ; l’arbitre ne doit donc pas en rendre une nouvelle pour autoriser l’exécution.

18. Un juge estime que la loi est silencieuse sur une question et envisage de refuser de statuer. Quelle règle s’applique ?

Le juge peut s’abstenir dès lors que les parties ont saisi un arbitre.
Le refus peut constituer un déni de justice au sens de l’article 4 du Code civil.
Le refus est permis si la loi ne prévoit pas de solution explicite.
Le juge doit édicter une règle générale en vertu de l’article 5 du Code civil.

Le refus peut constituer un déni de justice au sens de l’article 4 du Code civil.

Explication

L’article 4 du Code civil permet de poursuivre le juge pour déni de justice s’il refuse de juger en raison du silence, de l’obscurité ou de l’insuffisance de la loi. L’article 5 ne l’autorise pas à s’abstenir : il interdit les dispositions générales et réglementaires.

19. Quel effet le principe d’égalité produit-il sur l’accès à la justice des nationaux et des apatrides ?

Il réserve l’accès aux juridictions aux personnes de nationalité française.
Il leur garantit un accès selon les mêmes règles.
Il accorde aux apatrides des règles de procédure distinctes.
Il détermine quel tribunal est compétent pour chaque litige.

Il leur garantit un accès selon les mêmes règles.

Explication

Le principe d’égalité impose que nationaux et apatrides accèdent à la justice selon les mêmes règles. La détermination du tribunal saisi relève de la compétence, qui est distincte de l’égalité d’accès.

20. Un avocat accomplit un acte de procédure et conseille son client : comment distinguer les rémunérations correspondantes ?

Les honoraires rémunèrent l’acte, et les émoluments sont fixés entre l’avocat et son client pour le conseil.
Les émoluments rémunèrent l’acte, et les honoraires sont fixés par le tribunal pour le conseil.
Les honoraires rémunèrent l’acte, et les émoluments rémunèrent le conseil selon un accord avec le client.
Les émoluments rémunèrent l’acte, et les honoraires rémunèrent notamment le conseil selon un accord avec le client.

Les émoluments rémunèrent l’acte, et les honoraires rémunèrent notamment le conseil selon un accord avec le client.

Explication

Les émoluments rémunèrent les actes de procédure, tandis que les honoraires couvrent notamment les missions de conseil et sont fixés entre l’avocat et son client. L’inversion de ces catégories confond la rémunération de l’acte avec celle du conseil.

21. Après un procès, une partie demande le remboursement de ses honoraires d’avocat, considérés comme des frais irrépétibles. Quelle règle s’applique en principe ?

Chaque partie les supporte, mais le juge peut en ordonner le remboursement sur le fondement de l’article 700.
L’avocat les recouvre auprès de la partie adverse après une décision arbitrale.
L’État les rembourse systématiquement, car la justice est gratuite.
La partie perdante les rembourse automatiquement en vertu des règles relatives aux dépens.

Chaque partie les supporte, mais le juge peut en ordonner le remboursement sur le fondement de l’article 700.

Explication

Les frais irrépétibles, notamment les honoraires d’avocat, restent en principe à la charge de chaque partie, mais le juge peut ordonner leur remboursement au titre de l’article 700 du Code de procédure civile. Contrairement aux dépens, ils ne sont pas automatiquement imposés à la partie perdante.

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Qu’impose le principe du contradictoire avant que le juge tranche le litige ?

Chaque partie peut présenter son point de vue.

Quel est le rôle d’une juridiction ?

Trancher un litige.

Quels exemples de juridictions françaises ne sont pas substituables les uns aux autres ?

Les tribunaux, les cours d’assises et le Conseil d’État.

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