QCM : Organisation et dévolution du pouvoir (56 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quelle sphère le droit public organise-t-il principalement ?

L’État et les institutions qui organisent la vie collective, notamment les tribunaux administratifs et les collectivités territoriales.
Les activités économiques des entreprises, notamment leur concurrence et leurs relations commerciales.
Les relations entre individus, notamment leurs échanges privés et leurs engagements contractuels.
Les convictions personnelles, notamment leur expression dans les associations et les communautés religieuses.

L’État et les institutions qui organisent la vie collective, notamment les tribunaux administratifs et les collectivités territoriales.

Explication

Le droit public concerne l’État et les institutions qui organisent le collectif, y compris les collectivités territoriales et les relations internationales. Les relations entre individus relèvent plutôt du droit privé.

2. Que distingue la summa divisio en droit ?

Le droit public, lié à l’État et au collectif, et le droit privé, lié aux relations entre individus.
Le droit national, lié aux institutions d’un pays, et le droit international, lié aux relations entre États.
Le droit écrit, lié aux textes adoptés, et le droit coutumier, lié aux pratiques répétées.
Le droit pénal, lié aux infractions, et le droit civil, lié aux litiges entre personnes.

Le droit public, lié à l’État et au collectif, et le droit privé, lié aux relations entre individus.

Explication

La summa divisio oppose le droit public, qui concerne l’État et le collectif, au droit privé, qui régit les relations entre individus. La distinction entre droit pénal et droit civil ne correspond pas à cette division fondamentale.

3. Quelle relation caractérise le pouvoir entre un gouvernant et un gouverné ?

Un rapport réciproque de négociation et de compromis.
Un rapport économique d’échange et de rémunération.
Un rapport juridique d’égalité et de représentation.
Un rapport asymétrique de commandement et d’obéissance.

Un rapport asymétrique de commandement et d’obéissance.

Explication

Le pouvoir se caractérise par une relation asymétrique dans laquelle le gouvernant commande et le gouverné obéit. La négociation peut accompagner certaines décisions, mais elle ne définit pas ce rapport.

4. Quelle conception du pouvoir politique Bertrand de Jouvenel défend-il ?

Un pouvoir de groupes particuliers qui agit sur un secteur social par la négociation, la représentation et la médiation.
Un pouvoir des associations qui transforme les rapports sociaux par la mobilisation, la revendication et la délibération.
Un pouvoir des juridictions qui encadre l’ensemble du champ social par l’interprétation, la sanction et la conciliation.
Un pouvoir de l’appareil dirigeant qui affecte l’ensemble du champ social par la prévision, l’impulsion et la décision.

Un pouvoir de l’appareil dirigeant qui affecte l’ensemble du champ social par la prévision, l’impulsion et la décision.

Explication

Bertrand de Jouvenel définit le pouvoir politique comme celui de l’appareil dirigeant qui affecte l’ensemble du champ social, notamment par la prévision, l’impulsion et la décision. Le pouvoir d’un groupe particulier, comme l’Église, reste partiel et ne couvre pas tout le champ social.

5. Comment la science politique étudie-t-elle le pouvoir ?

Elle établit des faits et mobilise notamment l’histoire et la sociologie pour analyser le pouvoir.
Elle formule des normes et mobilise notamment la morale et la théologie pour orienter le pouvoir.
Elle anticipe les décisions et mobilise notamment la statistique et la stratégie pour diriger le pouvoir.
Elle interprète les règles juridiques et mobilise notamment la philosophie et la jurisprudence pour analyser le pouvoir.

Elle établit des faits et mobilise notamment l’histoire et la sociologie pour analyser le pouvoir.

Explication

La science politique est présentée comme positiviste : elle établit des faits et s’appuie notamment sur l’histoire et la sociologie pour étudier le pouvoir. L’interprétation des règles juridiques correspond davantage au travail des juristes.

6. Quelle différence distingue l’efficacité étudiée par les sociologues de l’effectivité étudiée par les juristes ?

Les sociologues vérifient la conformité des faits aux décisions, tandis que les juristes évaluent l’adhésion sociale aux règles.
Les sociologues mesurent l’écart entre la règle et les faits, tandis que les juristes étudient la règle et son effectivité.
Les sociologues évaluent la validité de la règle, tandis que les juristes mesurent son influence sur les comportements sociaux.
Les sociologues étudient la règle et son effectivité, tandis que les juristes mesurent l’écart entre la règle et les faits.

Les sociologues mesurent l’écart entre la règle et les faits, tandis que les juristes étudient la règle et son effectivité.

Explication

Les sociologues mesurent l’écart entre la règle juridique et les faits, ce qui relève de l’efficacité, tandis que les juristes étudient la règle et son effectivité. Inverser ces deux approches attribue à chaque discipline la démarche de l’autre.

7. Dans la classification antique attribuée à Aristote, quel régime correspond au gouvernement des meilleurs ?

L’oligarchie.
L’aristocratie.
La ploutocratie.
La monarchie.

L’aristocratie.

Explication

Dans cette classification, l’aristocratie désigne le gouvernement des meilleurs. L’oligarchie correspond au gouvernement d’un groupe, tandis que la ploutocratie est le gouvernement des riches.

8. Selon la distinction de Kelsen, qu’est-ce qui caractérise la démocratie par opposition à l’autocratie ?

La sphère privée est protégée contre l’intervention du pouvoir politique.
La norme vient de l’extérieur des gouvernés et leur est imposée.
Les gouvernés participent à produire la norme à laquelle ils sont soumis.
Le pouvoir se répartit entre plusieurs tendances concurrentes de la société.

Les gouvernés participent à produire la norme à laquelle ils sont soumis.

Explication

Pour Kelsen, la démocratie repose sur l’autonomie : les gouvernés participent à produire leur propre norme. Dans l’autocratie, la norme provient de l’extérieur des gouvernés, ce qui correspond à l’hétéronomie.

9. Quelle opposition distingue le totalitarisme du libéralisme quant à la sphère privée ?

Le totalitarisme la partage entre institutions, tandis que le libéralisme la soumet à la compétition politique.
Le totalitarisme la confie aux collectivités, tandis que le libéralisme la réserve aux gouvernants élus.
Le totalitarisme la protège contre le pouvoir, tandis que le libéralisme la réduit au profit des autorités.
Le totalitarisme la réduit au profit du pouvoir, tandis que le libéralisme protège une sphère privée inviolable.

Le totalitarisme la réduit au profit du pouvoir, tandis que le libéralisme protège une sphère privée inviolable.

Explication

Le totalitarisme réduit ou supprime la sphère privée au profit du pouvoir, alors que le libéralisme protège une sphère privée inviolable. L’idée d’une sphère privée protégée correspond donc au libéralisme, et non au totalitarisme.

10. Dans une société où plusieurs tendances rivalisent et se partagent le pouvoir, quel modèle est présent ?

Le totalitarisme, qui réduit la sphère privée au profit d’un pouvoir central.
Le pluralisme, qui répartit le pouvoir et permet la compétition entre plusieurs tendances.
Le monisme, qui concentre le pouvoir et exclut la compétition entre plusieurs tendances.
L’autocratie, qui fait venir la norme de l’extérieur des gouvernés sans compétition politique.

Le pluralisme, qui répartit le pouvoir et permet la compétition entre plusieurs tendances.

Explication

Le pluralisme répartit le pouvoir et permet la compétition entre plusieurs tendances de la société. Le monisme, au contraire, concentre le pouvoir sans compétition.

11. Que décrit un régime politique dans le cadre de la séparation des pouvoirs ?

La manière dont les citoyens choisissent les titulaires des fonctions publiques par le vote
La manière dont les juridictions contrôlent la conformité des lois à la Constitution
La manière dont le pouvoir est juridiquement réparti entre des organes selon des règles de séparation des pouvoirs
La manière dont les collectivités territoriales répartissent leurs compétences avec l’État

La manière dont le pouvoir est juridiquement réparti entre des organes selon des règles de séparation des pouvoirs

Explication

Un régime politique décrit la répartition juridique du pouvoir entre des organes à partir de règles de séparation des pouvoirs. Le choix des titulaires par le vote relève des modalités électorales et ne suffit pas à définir cette répartition.

12. Quelle distinction caractérise la séparation stricte des pouvoirs par rapport à la séparation souple ?

La séparation stricte organise la collaboration des organes, tandis que la séparation souple les spécialise et les rend indépendants
La séparation stricte spécialise les organes et les rend indépendants, tandis que la séparation souple organise leur collaboration et des moyens d’action réciproques
La séparation stricte rend les ministres responsables devant l’assemblée, tandis que la séparation souple confie cette responsabilité au chef de l’État
La séparation stricte partage le pouvoir entre plusieurs chambres, tandis que la séparation souple le concentre dans une assemblée unique

La séparation stricte spécialise les organes et les rend indépendants, tandis que la séparation souple organise leur collaboration et des moyens d’action réciproques

Explication

La séparation stricte combine la spécialisation des fonctions avec l’indépendance des organes, alors que la séparation souple prévoit leur collaboration et des moyens d’action réciproques. La proposition inversant ces caractéristiques reprend une confusion fréquente entre les deux notions.

13. Quelle organisation caractérise la Convention sous le régime d’assemblée ?

Une assemblée unique élue au suffrage universel masculin, contrôlant les ministres issus de ses rangs par des comités
Deux chambres élues au suffrage universel masculin, contrôlant les ministres par une commission indépendante
Une assemblée élue par le roi, partageant le contrôle des ministres avec des conseils provinciaux
Une assemblée unique élue au suffrage censitaire, laissant les ministres gouverner sans contrôle régulier

Une assemblée unique élue au suffrage universel masculin, contrôlant les ministres issus de ses rangs par des comités

Explication

La Convention est monocamérale, élue au suffrage universel masculin et contrôle étroitement ses ministres par l’intermédiaire de comités. Une organisation bicamérale ne correspond pas à cette assemblée unique.

14. Quelle affirmation distingue correctement la Constitution de l’an I de la Convention effectivement gouvernante ?

La Constitution de l’an I, fondée sur le suffrage universel et le monocaméralisme, n’a jamais été appliquée
La Constitution de l’an I instaurait un exécutif prééminent et fut appliquée dès 1793
La Constitution de l’an I prévoyait deux chambres et fut appliquée après le Consulat
La Constitution de l’an I a été appliquée sous la Convention, qui gouvernait alors selon ses dispositions

La Constitution de l’an I, fondée sur le suffrage universel et le monocaméralisme, n’a jamais été appliquée

Explication

La Constitution de l’an I reposait sur le suffrage universel, le monocaméralisme et la domination de l’assemblée, mais elle n’a jamais été appliquée. La Convention, en revanche, a effectivement gouverné, ce qui explique la confusion entre l’institution et le texte constitutionnel.

15. Quelle transformation politique marque le début du Consulat, le 9 novembre 1799 ?

La prééminence de l’exécutif après le coup d’État du 18 brumaire an VIII
La double responsabilité du gouvernement devant le roi et la chambre
La prééminence de l’assemblée après l’instauration d’une chambre unique
La séparation de l’exécutif entre cinq directeurs et plusieurs chambres législatives

La prééminence de l’exécutif après le coup d’État du 18 brumaire an VIII

Explication

Le Consulat commence après le coup d’État du 18 brumaire an VIII et donne la prééminence à l’exécutif. La domination d’une assemblée décrit plutôt un régime d’assemblée que l’organisation consulaire.

16. Sous la monarchie de Juillet, pourquoi le régime parlementaire est-il qualifié de dualiste ?

Parce que le gouvernement est responsable devant le roi, tandis que la chambre ne peut le contrôler
Parce que le gouvernement est responsable devant la chambre et le pouvoir judiciaire
Parce que le gouvernement est responsable à la fois devant le roi et devant la chambre
Parce que le gouvernement est responsable devant une seule chambre élue et devant les électeurs

Parce que le gouvernement est responsable à la fois devant le roi et devant la chambre

Explication

Le parlementarisme de la monarchie de Juillet est dualiste car le gouvernement répond à la fois devant le roi et devant la chambre. Une responsabilité d’un seul côté correspond à la définition du parlementarisme moniste.

17. Dans un régime présidentiel, quels mécanismes traduisent la séparation stricte des pouvoirs ?

Les organes sont indépendants, le législatif ne renverse pas l’exécutif et l’exécutif ne dissout pas le législatif
Le législatif nomme les ministres, tandis que l’exécutif peut suspendre les travaux parlementaires
Le chef de l’État et le gouvernement sont responsables devant les chambres et peuvent être révoqués par elles
Les organes collaborent, le législatif peut renverser l’exécutif et l’exécutif peut dissoudre le législatif

Les organes sont indépendants, le législatif ne renverse pas l’exécutif et l’exécutif ne dissout pas le législatif

Explication

Le régime présidentiel associe l’indépendance des organes à l’absence de mécanismes permettant au législatif de renverser l’exécutif ou à l’exécutif de dissoudre le législatif. La possibilité de renversement de l’exécutif relève plutôt des mécanismes de responsabilité parlementaire.

18. Aux États-Unis, comment les organes peuvent-ils collaborer malgré leur indépendance électorale ?

La responsabilité du président devant la Chambre des représentants et celle du Sénat devant l’exécutif garantissent leur entente
Le veto présidentiel, le vote du budget et les pouvoirs du Sénat favorisent des interactions entre le président et le Congrès
La nomination des membres du Congrès par le président et celle du président par le Sénat assurent leur coordination
La révocation du président par le Congrès et la dissolution du Congrès par le président organisent leur coopération

Le veto présidentiel, le vote du budget et les pouvoirs du Sénat favorisent des interactions entre le président et le Congrès

Explication

Le président et le Congrès sont élus séparément et ne peuvent se renverser mutuellement, mais le veto, le vote du budget et les pouvoirs du Sénat créent des interactions. La révocation réciproque et la dissolution ne décrivent pas ces mécanismes de collaboration.

19. Pourquoi les classifications des régimes politiques ne rendent-elles pas toujours compte de leur fonctionnement réel ?

Les textes sont dépourvus de portée juridique, tandis que les pratiques et les critères fonctionnels déterminent seuls la classification
Les critères organiques décrivent les pratiques quotidiennes, tandis que les critères fonctionnels recensent les institutions prévues par les textes
Les régimes sont rarement purs, les pratiques peuvent diverger des textes et les critères organiques diffèrent des critères fonctionnels
Les régimes sont généralement purs, les pratiques reproduisent les textes et les critères organiques se confondent avec les critères fonctionnels

Les régimes sont rarement purs, les pratiques peuvent diverger des textes et les critères organiques diffèrent des critères fonctionnels

Explication

Les classifications sont limitées car les régimes réels sont rarement purs, que le fonctionnement concret peut diverger des textes et que les critères organiques ne se confondent pas avec les critères fonctionnels. L’idée que les pratiques reproduisent nécessairement les textes néglige précisément l’écart possible entre organisation écrite et fonctionnement réel.

20. Quelle caractéristique décrit le régime politique français depuis 1958 ?

Une fédération où les pouvoirs sont répartis entre les collectivités territoriales
Une république présidentialiste où l’équilibre institutionnel favorise l’exécutif
Une république parlementaire où l’équilibre institutionnel favorise le législatif
Une monarchie constitutionnelle où le pouvoir exécutif dépend du souverain

Une république présidentialiste où l’équilibre institutionnel favorise l’exécutif

Explication

Depuis 1958, la France connaît une république présidentialiste marquée par un déséquilibre au profit de l’exécutif. Un régime parlementaire favorisant le législatif ne correspond pas à cette caractérisation.

21. Lorsqu’on caractérise l’évolution institutionnelle française depuis 1958, quel déséquilibre faut-il relever ?

Un renforcement relatif du législatif par rapport aux autres pouvoirs
Un renforcement relatif de l’autorité judiciaire par rapport aux autres pouvoirs
Un renforcement relatif des collectivités territoriales par rapport à l’État
Un renforcement relatif de l’exécutif par rapport aux autres pouvoirs

Un renforcement relatif de l’exécutif par rapport aux autres pouvoirs

Explication

Le régime français depuis 1958 est décrit comme présidentialiste, avec un déséquilibre en faveur de l’exécutif. Un renforcement du législatif inverserait le sens de ce déséquilibre.

22. Qu’est-ce qui distingue principalement un pouvoir légitime d’un pouvoir de fait ?

La légitimité s’établit par la puissance matérielle, tandis que le pouvoir de fait exige une adhésion morale
La légitimité dépend de l’habitude d’obéir, tandis que le pouvoir de fait suppose le consentement populaire
La légitimité repose sur la contrainte exercée par les gouvernants, au-delà de leur reconnaissance juridique
La légitimité associe une justification juridique et le consentement du peuple, au-delà de la contrainte ou de l’habitude

La légitimité associe une justification juridique et le consentement du peuple, au-delà de la contrainte ou de l’habitude

Explication

Un pouvoir légitime comporte une dimension juridique et le consentement du peuple, tandis qu’un pouvoir de fait obtient l’obéissance par contrainte ou accoutumance. L’habitude peut expliquer un pouvoir de fait, mais ne constitue pas à elle seule le consentement qui fonde la légitimité.

23. Une autorité impose ses décisions par sa force, tandis qu’une autre est suivie parce que le peuple reconnaît sa valeur morale. Comment distinguer ces deux formes d’autorité ?

La première relève de la potestas et la seconde de l’auctoritas
La première relève de l’auctoritas et la seconde de la potestas
La première relève de la légitimité charismatique et la seconde de la potestas
La première relève de la légitimité traditionnelle et la seconde de la légitimité légale-rationnelle

La première relève de la potestas et la seconde de l’auctoritas

Explication

La potestas renvoie à la force et à la puissance, alors que l’auctoritas désigne une légitimité morale à laquelle le peuple adhère. La distinction inverse confond précisément la puissance imposée avec l’adhésion morale.

24. Que désigne la légitimité du pouvoir ?

La procédure institutionnelle qui répartit les compétences entre les pouvoirs de l’État
La reconnaissance morale d’un dirigeant fondée sur ses qualités personnelles
L’ensemble des moyens de contrainte qui assurent l’obéissance aux détenteurs du pouvoir
L’ensemble des raisons qui justifient l’attribution du pouvoir et l’obligation d’obéir à ceux qui l’exercent

L’ensemble des raisons qui justifient l’attribution du pouvoir et l’obligation d’obéir à ceux qui l’exercent

Explication

La légitimité rassemble les raisons qui justifient, aux yeux des sujets ou des gouvernants, l’attribution du pouvoir et l’obligation d’obéir. La contrainte peut produire l’obéissance de fait, mais ne suffit pas à définir cette justification.

25. Quelles sont les trois formes de légitimité distinguées par Max Weber ?

Monarchique, démocratique et républicaine
Juridique, morale et coercitive
Traditionnelle, charismatique et légale-rationnelle
Personnelle, parlementaire et populaire

Traditionnelle, charismatique et légale-rationnelle

Explication

Max Weber distingue les légitimités traditionnelle, charismatique et légale-rationnelle. Les catégories monarchique, démocratique et républicaine renvoient à d’autres distinctions politiques, et non à cette typologie.

26. Quelle finalité distingue la république d’une monarchie ou d’une oligarchie susceptible de servir un groupe restreint ?

Assurer la direction collective de l’État plutôt que l’autorité d’un chef unique
Confier le pouvoir aux citoyens plutôt qu’à un dirigeant ou à une minorité
Faire prévaloir les intérêts des élus plutôt que ceux des groupes sociaux organisés
Gouverner dans l’intérêt de tous plutôt qu’au bénéfice des gouvernants ou d’une élite

Gouverner dans l’intérêt de tous plutôt qu’au bénéfice des gouvernants ou d’une élite

Explication

La finalité républicaine consiste à gouverner dans l’intérêt de tous, contrairement aux régimes qui peuvent servir les gouvernants ou une élite. Le fait de confier le pouvoir aux citoyens décrit plutôt le gouvernement démocratique.

27. Un régime est dirigé par le peuple, mais ses décisions servent principalement un groupe restreint. Quelle distinction permet de caractériser cette situation ?

La démocratie désigne un contrat entre individus, tandis que la république désigne un contrat avec l’autorité publique
La démocratie concerne l’intérêt servi par le pouvoir, tandis que la république concerne l’identité de ceux qui gouvernent
La démocratie désigne un pouvoir collégial, tandis que la république désigne un pouvoir exercé par un dirigeant unique
La démocratie concerne l’identité de ceux qui gouvernent, tandis que la république concerne l’intérêt servi par le pouvoir

La démocratie concerne l’identité de ceux qui gouvernent, tandis que la république concerne l’intérêt servi par le pouvoir

Explication

La démocratie porte sur la question de savoir qui gouverne, tandis que la république porte sur l’intérêt au service duquel le pouvoir gouverne. Un gouvernement par le peuple n’implique donc pas, à lui seul, que le pouvoir agisse dans l’intérêt de tous.

28. Dans quel type de contrat social des individus mettent-ils leurs forces en commun entre eux, sans être liés à une puissance publique déjà constituée ?

Dans un contrat horizontal conclu entre individus
Dans un contrat républicain conclu entre citoyens et représentants
Dans un contrat vertical conclu entre individus et puissance publique
Dans un contrat oligarchique conclu entre une élite et ses gouvernés

Dans un contrat horizontal conclu entre individus

Explication

Le contrat social horizontal est conclu entre individus qui mettent leurs forces en commun. Le contrat vertical, en revanche, lie les individus à une puissance publique déjà constituée.

29. Qu’est-ce qui caractérise une révolution dans le mode de changement de gouvernement ?

Une transmission du pouvoir suivant des règles héréditaires
Un changement de gouvernement opéré par une action violente
Un remplacement des gouvernants selon les procédures constitutionnelles
Un changement de dirigeants réalisé par un vote consensuel

Un changement de gouvernement opéré par une action violente

Explication

Une révolution modifie le mode de gouvernement au moyen d’une action violente. Un vote consensuel entre dirigeants relève plutôt de la cooptation.

30. Quel résultat politique les Trois Glorieuses de juillet 1830 ont-elles entraîné ?

La fin du régime de Charles X et l’avènement de la monarchie de Juillet sous Louis-Philippe
L’affirmation de la souveraineté nationale par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen
La dissolution de l’Assemblée nationale et la suspension des libertés par Louis-Napoléon Bonaparte
Le renversement du Directoire et la création d’un pouvoir provisoire confié à trois consuls

La fin du régime de Charles X et l’avènement de la monarchie de Juillet sous Louis-Philippe

Explication

L’insurrection parisienne des 27 au 29 juillet 1830 met fin au régime de Charles X et conduit à la monarchie de Juillet sous Louis-Philippe. La dissolution de l’Assemblée et la suspension des libertés correspondent au coup d’État de 1851.

31. Quelle situation correspond à un coup d’État ?

Une insurrection populaire modifie violemment le mode de gouvernement depuis l’extérieur de l’État
Des dirigeants remplacent les gouvernants hors des procédures constitutionnelles par une action menée au sein de l’État
Un groupe restreint transmet le pouvoir à un dirigeant par un vote consensuel
Un souverain transmet le pouvoir à un héritier selon les règles de succession

Des dirigeants remplacent les gouvernants hors des procédures constitutionnelles par une action menée au sein de l’État

Explication

Un coup d’État change les gouvernants hors des procédures constitutionnelles, par une action entreprise au sein de l’État. Une insurrection populaire relève d’une action révolutionnaire, et non de cette définition précise.

32. Quel événement a lieu le 18 brumaire an VIII ?

Louis-Napoléon Bonaparte dissout l’Assemblée nationale et suspend les libertés après son coup d’État
Les insurgés parisiens mettent fin au régime de Charles X et instaurent la monarchie de Juillet
Napoléon renverse le Directoire et le pouvoir est provisoirement confié à trois consuls, dont Napoléon et Sieyès
La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen affirme la souveraineté essentielle de la nation

Napoléon renverse le Directoire et le pouvoir est provisoirement confié à trois consuls, dont Napoléon et Sieyès

Explication

Le 18 brumaire an VIII, Napoléon renverse le Directoire et un pouvoir provisoire est confié à trois consuls, dont lui-même et Sieyès. La dissolution de l’Assemblée et la suspension des libertés se produisent lors du coup d’État du 2 décembre 1851.

33. Quels modes de transmission peuvent constituer une dévolution pacifique du pouvoir ?

La transmission par révolution et la cooptation, auxquelles peut s’ajouter la dissolution du parlement
La transmission par insurrection et le suffrage, auxquels peut s’ajouter la conquête militaire
La transmission héréditaire et le coup d’État, auxquels peut s’ajouter la conquête militaire
La transmission héréditaire et le suffrage, auxquels peut s’ajouter la cooptation

La transmission héréditaire et le suffrage, auxquels peut s’ajouter la cooptation

Explication

La dévolution pacifique comprend la transmission héréditaire et le suffrage, et peut aussi inclure la cooptation. Le coup d’État et l’insurrection impliquent une rupture violente plutôt qu’une transmission pacifique.

34. Comment la cooptation transmet-elle le pouvoir ?

Par l’application de règles de primogéniture et de masculinité
Par un vote consensuel au sein d’un groupe restreint de dirigeants
Par un vote de l’ensemble des citoyens lors d’une élection générale
Par la désignation d’un successeur selon un seuil d’imposition

Par un vote consensuel au sein d’un groupe restreint de dirigeants

Explication

La cooptation consiste à transmettre le pouvoir au sein d’un groupe restreint de dirigeants au moyen d’un vote consensuel. Une élection générale relève du suffrage plutôt que de la cooptation.

35. Quelles règles organisent la succession héréditaire au trône ?

La primogéniture, le cens fiscal et l’élection consensuelle
Le suffrage, la cooptation et la collatéralité féminine
La masculinité, le suffrage universel et la désignation parlementaire
La primogéniture, la masculinité et la collatéralité masculine

La primogéniture, la masculinité et la collatéralité masculine

Explication

La succession héréditaire au trône suit les règles de primogéniture, de masculinité et de collatéralité masculine. Le suffrage et la cooptation sont des modes distincts de dévolution du pouvoir.

36. Quel repère distingue l’établissement du suffrage universel masculin de celui du suffrage universel mixte en France ?

Le suffrage universel masculin date de 1848, tandis que le suffrage universel mixte date de 1944
Le suffrage universel masculin date de 1848, tandis que le suffrage universel mixte date de 1912
Le suffrage universel masculin date de 1944, tandis que le suffrage universel mixte date de 1848
Le suffrage universel masculin date de 1791, tandis que le suffrage universel mixte date de 1848

Le suffrage universel masculin date de 1848, tandis que le suffrage universel mixte date de 1944

Explication

En France, le suffrage universel masculin est établi en 1848 sous la IIe République, tandis que le suffrage universel mixte date de 1944. L’année 1791 correspond à l’application du suffrage censitaire, pas au suffrage universel masculin.

37. Quelle différence distingue le suffrage censitaire du suffrage capacitaire ?

Le suffrage censitaire dépend d’un seuil d’imposition, tandis que le suffrage capacitaire dépend d’un critère de culture ou d’éducation
Le suffrage censitaire dépend de la primogéniture, tandis que le suffrage capacitaire dépend de la masculinité
Le suffrage censitaire dépend d’un critère de culture ou d’éducation, tandis que le suffrage capacitaire dépend d’un seuil d’imposition
Le suffrage censitaire dépend d’un vote consensuel, tandis que le suffrage capacitaire dépend d’une succession héréditaire

Le suffrage censitaire dépend d’un seuil d’imposition, tandis que le suffrage capacitaire dépend d’un critère de culture ou d’éducation

Explication

Le suffrage censitaire réserve le vote aux personnes atteignant un seuil d’imposition, alors que le suffrage capacitaire repose sur un critère de culture ou d’éducation. La seconde définition proposée inverse les critères des deux formes de suffrage.

38. Que fixe un mode de scrutin dans un corps électoral donné ?

Les compétences attribuées aux représentants après leur élection
Les règles de formation des partis politiques concurrents
La durée du mandat des représentants élus
Les modalités du processus de désignation des représentants

Les modalités du processus de désignation des représentants

Explication

Un mode de scrutin détermine les modalités selon lesquelles les représentants sont désignés dans un corps électoral. La durée des mandats concerne une autre règle institutionnelle, et non la définition du mode de scrutin.

39. Quel compromis caractérise la comparaison entre scrutin majoritaire et scrutin proportionnel ?

Le majoritaire et le proportionnel favorisent autant l’efficacité gouvernementale et la fidélité de la représentation.
Le majoritaire reflète mieux les tendances politiques, tandis que le proportionnel favorise la simplicité et l’efficacité gouvernementale.
Le majoritaire garantit une représentation fidèle de chaque tendance, tandis que le proportionnel consolide les majorités gouvernementales.
Le majoritaire favorise simplicité et efficacité gouvernementale, tandis que le proportionnel reflète mieux les tendances politiques mais peut fragmenter la représentation.

Le majoritaire favorise simplicité et efficacité gouvernementale, tandis que le proportionnel reflète mieux les tendances politiques mais peut fragmenter la représentation.

Explication

Le scrutin majoritaire tend à simplifier la représentation et à faciliter l’efficacité gouvernementale, alors que le proportionnel reflète plus fidèlement les tendances politiques et peut émietter la représentation. L’option qui inverse ces avantages attribue à chaque mode les caractéristiques de l’autre.

40. Dans une circonscription où personne n’obtient la majorité absolue au premier tour d’un scrutin uninominal à deux tours, que prévoit la règle décrite ?

Le candidat arrivé en tête est élu si son avance dépasse celle du troisième.
Le candidat arrivé en tête est élu grâce à sa majorité relative.
Un second tour réunit tous les candidats ayant dépassé un seuil fixe de voix.
Un second tour oppose les deux candidats arrivés en tête.

Un second tour oppose les deux candidats arrivés en tête.

Explication

Dans le scrutin uninominal à deux tours, l’absence de majorité absolue au premier tour conduit à un second tour entre les deux premiers candidats. L’élection immédiate à la majorité relative correspond au scrutin uninominal à un tour.

41. Comment la représentation proportionnelle répartit-elle les sièges entre les listes ?

Elle réserve les sièges aux listes ayant obtenu la majorité absolue des voix.
Elle répartit les sièges également entre les listes ayant présenté des candidats.
Elle attribue aux listes un nombre de sièges correspondant aux voix obtenues.
Elle attribue les sièges à la liste arrivée en tête dans chaque circonscription.

Elle attribue aux listes un nombre de sièges correspondant aux voix obtenues.

Explication

La représentation proportionnelle fait correspondre le nombre de sièges attribués à chaque liste aux voix qu’elle a obtenues. Attribuer les sièges à la liste arrivée en tête relève plutôt d’une logique majoritaire.

42. Dans la conception de Hans Kelsen, qu’est-ce qu’une norme ?

La formulation écrite d’une règle dont le sens dépend de son auteur.
La description d’un comportement observé dans une société donnée.
La décision d’un juge qui expose les conséquences d’une règle.
La signification d’une phrase qui déclare qu’un comportement doit être, est permis ou est interdit.

La signification d’une phrase qui déclare qu’un comportement doit être, est permis ou est interdit.

Explication

Pour Kelsen, la norme est la signification d’une phrase qui prescrit, permet ou interdit un comportement. Une description d’un comportement observé rapporte un fait plutôt qu’elle ne prescrit ce qui doit être.

43. Dans le normativisme de Kelsen, quel rapport existe entre une norme et un texte écrit ?

La norme est la volonté du destinataire, et le texte écrit en fixe le contenu.
La norme et le texte sont identiques, car aucun autre signe ne peut transmettre une règle.
La norme est le texte écrit, et sa signification dépend de l’intention de son auteur.
La norme est une signification, et le texte écrit est un support possible qui la porte.

La norme est une signification, et le texte écrit est un support possible qui la porte.

Explication

Le normativisme distingue la norme, qui est une signification, du texte écrit, qui n’est qu’un support possible de cette signification. L’assimilation de la norme au texte néglige que celle-ci peut aussi être portée par un ordre oral ou un signe des mains.

44. Selon le normativisme, à quelle condition une norme juridique est-elle valide ?

Elle exprime une règle reconnue par la majorité des personnes concernées.
Elle correspond à une pratique sociale constante et à une valeur morale partagée.
Elle émane d’une autorité habilitée par l’État et appartient au système juridique.
Elle est formulée par un juge et approuvée par les destinataires de la règle.

Elle émane d’une autorité habilitée par l’État et appartient au système juridique.

Explication

Une norme juridique doit émaner d’une autorité habilitée par l’État à produire des normes juridiques, et sa validité tient à son appartenance au système juridique. Une pratique sociale ou une approbation majoritaire ne constitue pas, à elle seule, le critère de validité décrit.

45. Quelle distinction permet de différencier une norme d’une proposition de norme ?

La norme décrit ce qui est, tandis que la proposition prescrit un comportement et échappe à l’évaluation de vérité.
La norme prescrit ce qui doit être, tandis que la proposition décrit une norme ou rapporte un fait et peut être vraie ou fausse.
La norme rapporte un fait susceptible d’être faux, tandis que la proposition exprime une volonté obligatoire.
La norme et la proposition prescrivent toutes deux une conduite, mais seule la norme rapporte un fait vérifiable.

La norme prescrit ce qui doit être, tandis que la proposition décrit une norme ou rapporte un fait et peut être vraie ou fausse.

Explication

Une norme prescrit ce qui doit être, alors qu’une proposition de norme décrit une norme ou rapporte un fait et peut donc être évaluée comme vraie ou fausse. Une proposition de norme n’est pas elle-même une prescription de conduite.

46. Deux personnes prononcent exactement les mêmes mots prescriptifs, mais une seule est habilitée à édicter une norme : qu’est-ce qui distingue leurs énoncés ?

L’habilitation du locuteur détermine lequel constitue une norme, même si le contenu verbal est identique.
Le contenu des mots détermine lequel constitue une norme, même si les locuteurs ont des habilitations différentes.
La réaction des destinataires détermine lequel constitue une norme, même si les mots et les locuteurs sont identiques.
L’intention personnelle de chaque locuteur détermine lequel constitue une norme, indépendamment de son habilitation.

L’habilitation du locuteur détermine lequel constitue une norme, même si le contenu verbal est identique.

Explication

La distinction dépend de l’habilitation de la personne qui parle à édicter une norme, et non du contenu verbal de l’énoncé. L’identité des mots ne suffit donc pas à transformer l’énoncé d’une personne non habilitée en norme.

47. Quelle conséquence la loi de Hume entraîne-t-elle pour le raisonnement juridique ?

On ne peut pas connaître les faits juridiques ; la norme et la proposition relèvent toutes deux de la volonté.
On peut déduire ce qui doit être d’un fait établi ; la proposition relève de la volonté et la norme de la connaissance.
On ne peut pas déduire logiquement ce qui doit être de ce qui est ; la proposition relève de la connaissance et la norme de la volonté.
On peut déduire une norme d’une proposition vraie ; la norme et la proposition relèvent alors de la connaissance.

On ne peut pas déduire logiquement ce qui doit être de ce qui est ; la proposition relève de la connaissance et la norme de la volonté.

Explication

La loi de Hume interdit de tirer logiquement un devoir-être d’un simple constat de ce qui est ; elle distingue ainsi la connaissance exprimée par une proposition de la volonté à l’œuvre dans une norme. Une proposition vraie ne permet donc pas, à elle seule, de déduire une norme.

48. Comment Maurice Hauriou définit-il une institution ?

Une communauté qui se forme autour d’une œuvre commune sans procédures ni organes organisés.
Une idée d’œuvre qui se réalise et dure juridiquement grâce à un pouvoir organisé et à des manifestations de communion réglées.
Une autorité politique qui exerce son pouvoir dans un milieu social sans s’inscrire dans la durée.
Un ensemble de règles écrites qui organise les rapports entre les organes d’un État.

Une idée d’œuvre qui se réalise et dure juridiquement grâce à un pouvoir organisé et à des manifestations de communion réglées.

Explication

Pour Hauriou, l’institution est une idée d’œuvre ou d’entreprise qui se réalise et dure juridiquement dans un milieu social grâce à des organes et à des procédures. La réduire à un ensemble de règles écrites néglige le rôle de l’idée fondatrice et de la communion sociale.

49. Dans la conception de Hauriou, quel rôle la règle joue-t-elle face aux individus qui font vivre une institution ?

Elle traduit la communion des individus sans encadrer leur conduite.
Elle exerce une force de réaction qui tempère et limite leur action.
Elle organise les organes, mais ne modère pas l’action des individus.
Elle constitue une force d’action qui remplace celle des individus.

Elle exerce une force de réaction qui tempère et limite leur action.

Explication

Hauriou présente les individus comme les forces d’action de l’institution et la règle comme une force de réaction qui tempère et limite leur action. La règle ne remplace donc pas l’action des individus, même si elle contribue à encadrer l’institution.

50. Quelle distinction caractérise une procédure par rapport à un processus ?

La procédure fixe une règle générale de compétence, tandis que le processus désigne une décision individuelle obligatoire.
La procédure organise une succession d’actes administratifs, tandis que le processus désigne une hiérarchie de normes écrites.
La procédure décrit une démarche indicative de fait, tandis que le processus impose des étapes juridiques de validité.
La procédure impose des tâches juridiques qui conditionnent la validité, tandis que le processus est indicatif et relève du fait.

La procédure impose des tâches juridiques qui conditionnent la validité, tandis que le processus est indicatif et relève du fait.

Explication

Une procédure est une succession obligatoire de tâches relevant du droit et conditionnant la validité d’une norme ; un processus est une démarche de fait à caractère indicatif. Assimiler la procédure à une démarche indicative inverse précisément cette distinction.

51. Selon la formation du droit par degrés de Kelsen, à quelle condition une norme est-elle valide ?

Elle doit être compatible avec la norme immédiatement supérieure dans la hiérarchie.
Elle doit être approuvée par le juge constitutionnel avant toute application.
Elle doit être compatible avec toutes les normes de rang inférieur du système.
Elle doit reprendre le contenu de la norme située au sommet de la hiérarchie.

Elle doit être compatible avec la norme immédiatement supérieure dans la hiérarchie.

Explication

Dans la théorie de Kelsen, la validité d’une norme dépend de sa compatibilité avec la norme immédiatement supérieure. La compatibilité avec les normes de rang inférieur ne constitue pas le critère de validité formulé par cette règle.

52. Dans la théorie de Kelsen, que désigne la grundnorm ?

La Constitution écrite qui occupe le rang le plus élevé dans le système juridique.
Une règle législative qui autorise le juge à contrôler la validité des règlements.
Une norme internationale écrite qui fonde la supériorité du droit international sur la Constitution.
Une norme fondamentale hypothétique et non écrite, présupposée au sommet de la hiérarchie juridique.

Une norme fondamentale hypothétique et non écrite, présupposée au sommet de la hiérarchie juridique.

Explication

La grundnorm est un présupposé théorique non écrit, placé au sommet de la hiérarchie pour en fonder l’unité. La confondre avec la Constitution méconnaît que celle-ci est une norme écrite du système juridique.

53. Dans la hiérarchie des normes présentée, quel ordre suit le bloc de constitutionnalité ?

Les normes individuelles, puis les normes réglementaires, législatives et internationales écrites.
Le droit international écrit, puis les normes réglementaires, législatives et individuelles.
Le droit international écrit, puis les normes législatives, réglementaires et individuelles.
Les normes législatives, puis le droit international écrit, réglementaire et individuel.

Le droit international écrit, puis les normes législatives, réglementaires et individuelles.

Explication

Après le bloc de constitutionnalité viennent le droit international écrit, les normes de valeur législative, celles de valeur réglementaire, puis les normes individuelles. Placer les normes législatives avant le droit international écrit inverse les deux rangs concernés.

54. Quelle distinction oppose le droit positif au droit naturel ?

Le droit positif rassemble des normes extérieures à l’État, tandis que le droit naturel correspond aux règles applicables dans un État à une époque donnée.
Le droit positif s’applique dans un État à une époque donnée, tandis que le droit naturel désigne des normes extérieures à l’État pouvant servir à juger sa légitimité.
Le droit positif énonce des principes intemporels de justice, tandis que le droit naturel varie selon les règles en vigueur dans chaque État.
Le droit positif juge la légitimité des règles étatiques, tandis que le droit naturel rassemble les normes promulguées par les autorités publiques.

Le droit positif s’applique dans un État à une époque donnée, tandis que le droit naturel désigne des normes extérieures à l’État pouvant servir à juger sa légitimité.

Explication

Le droit positif correspond au droit applicable dans un État à une époque donnée, alors que le droit naturel est conçu comme extérieur à l’État et peut servir à évaluer la légitimité de ce droit. L’inversion des deux notions attribue à tort au droit positif le caractère extérieur propre au droit naturel.

55. Quelle succession décrit les étapes de limitation du pouvoir par le droit distinguées par Raymond Carré de Malberg ?

L’État de police soumet les normes à la Constitution ; l’État légal contrôle la loi par le juge constitutionnel ; l’État de droit place l’administration sous le souverain.
L’État de police soumet l’administration à la loi ; l’État légal utilise le droit comme instrument du souverain ; l’État de droit confie le contrôle constitutionnel au juge administratif.
L’État de police utilise le droit comme instrument du souverain ; l’État légal soumet l’administration à la loi ; l’État de droit soumet les normes à la Constitution contrôlée par un juge constitutionnel.
L’État de police utilise le droit comme instrument du souverain ; l’État légal soumet les normes à la Constitution ; l’État de droit confie au juge administratif le contrôle de la loi.

L’État de police utilise le droit comme instrument du souverain ; l’État légal soumet l’administration à la loi ; l’État de droit soumet les normes à la Constitution contrôlée par un juge constitutionnel.

Explication

La progression va de l’usage du droit comme instrument du souverain à la soumission de l’administration à la loi, puis au contrôle de la conformité des normes à la Constitution par un juge constitutionnel. L’étape de l’État légal ne correspond pas au contrôle constitutionnel des normes, mais à l’encadrement de l’administration par la loi.

56. Qu’est-ce qui caractérise un État de droit ?

Les normes appliquées par les individus sont conformes à la Constitution, tandis que celles des pouvoirs publics relèvent de la loi.
Les normes appliquées par les pouvoirs publics et les individus sont conformes ou compatibles avec la Constitution, notamment avec les droits de l’Homme.
Les pouvoirs publics élaborent les normes selon leur appréciation, tandis que les individus sont soumis aux règles législatives.
Les normes sont compatibles avec la Constitution lorsqu’elles respectent les décisions du gouvernement et les règles administratives.

Les normes appliquées par les pouvoirs publics et les individus sont conformes ou compatibles avec la Constitution, notamment avec les droits de l’Homme.

Explication

Dans un État de droit, les normes appliquées tant par les pouvoirs publics que par les individus doivent être conformes ou au moins compatibles avec la Constitution, en particulier avec les droits de l’Homme. Limiter cette exigence aux individus exclut à tort les normes qui encadrent les pouvoirs publics.

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Que désigne le droit public ?

La sphère de l’État et des institutions qui organisent le collectif.

Dans les Institutes de Justinien, quelle distinction établit la summa divisio ?

Le droit public concerne l’État et le collectif, tandis que le droit privé concerne les relations entre individus.

Dans quelle œuvre Justinien expose-t-il la summa divisio ?

Les Institutes.

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