QCM : Organisation judiciaire et droits subjectifs (72 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quel ensemble de caractères permet de définir la loi comme norme juridique ?

Une pratique générale et permanente reconnue par les membres d’un groupe privé
Une décision individuelle, temporaire et facultative prise par une autorité publique
Une règle abstraite et obligatoire élaborée par les parties à un contrat
Une norme générale, permanente, obligatoire et abstraite émanant de l’autorité publique

Une norme générale, permanente, obligatoire et abstraite émanant de l’autorité publique

Explication

La loi est une norme générale, permanente, obligatoire et abstraite qui émane de l’autorité publique. La décision individuelle confond la loi avec un acte particulier, la règle facultative omet son caractère obligatoire et la pratique privée ne provient pas de l’autorité publique.

2. Dans un contrat, une disposition légale prévoit une solution par défaut, mais les parties conviennent expressément d’une solution différente. Quel type de loi permet cet écart ?

Une règle de bienséance, écartée par la volonté contraire des parties
Une loi supplétive, écartée par la volonté contraire des parties
Une loi impérative, écartée par la volonté contraire des parties
Une loi abrogée, remplacée par une décision des parties

Une loi supplétive, écartée par la volonté contraire des parties

Explication

Une loi supplétive fournit une solution par défaut et peut être écartée par une manifestation de volonté contraire des parties. La loi impérative ne peut être écartée, tandis que l’accord des parties n’abroge pas une loi et qu’une règle de bienséance n’est pas une loi.

3. Un juriste étudie les règles effectivement en vigueur dans un pays à une date donnée, sans les comparer à un droit idéal supérieur. Quelle conception du droit mobilise-t-il ?

Le droit naturel, centré sur un droit universel et immuable supérieur aux règles en vigueur
Le positivisme, centré sur le droit en vigueur dans un lieu et à un moment donnés
L’école de l’exégèse, centrée sur la volonté du législateur lors du vote
Les droits subjectifs, centrés sur les prérogatives conférées aux individus

Le positivisme, centré sur le droit en vigueur dans un lieu et à un moment donnés

Explication

Le positivisme étudie le droit en vigueur sur un territoire et à un moment donnés, indépendamment d’un droit idéal supérieur. Le droit naturel postule un droit universel supérieur, l’exégèse recherche la volonté du législateur et les droits subjectifs désignent des prérogatives individuelles.

4. Pour interpréter une disposition ambiguë, une juge examine les débats et les travaux préparatoires afin de retrouver l’intention poursuivie lors du vote. Quelle méthode suit-elle ?

La méthode du droit naturel
La méthode de l’école de l’exégèse
La méthode du positivisme juridique
La méthode de la loi supplétive

La méthode de l’école de l’exégèse

Explication

L’école de l’exégèse interprète la loi en recherchant la volonté du législateur au moment du vote, notamment à partir des travaux préparatoires. Le positivisme porte sur le droit en vigueur, le droit naturel sur un droit supérieur idéal, et la loi supplétive concerne la possibilité pour les parties d’écarter une règle.

5. Comment se caractérise un traité international quant à ses parties et à son processus d’élaboration ?

Un accord entre plusieurs États, négocié et ratifié par le Président, avec autorisation parlementaire éventuelle
Un acte entre plusieurs États, négocié et ratifié par le Parlement, avec approbation présidentielle éventuelle
Un règlement entre institutions européennes, négocié et ratifié par le Président, avec autorisation parlementaire éventuelle
Un accord entre plusieurs États, négocié et ratifié par une juridiction, avec autorisation parlementaire éventuelle

Un accord entre plusieurs États, négocié et ratifié par le Président, avec autorisation parlementaire éventuelle

Explication

Un traité international est un accord entre plusieurs États dont la négociation et la ratification relèvent du Président de la République, avec une éventuelle autorisation du Parlement. Le règlement européen est un acte dérivé, le Parlement n’assume pas la négociation et la ratification des traités, et une juridiction n’en est pas l’autorité de ratification.

6. Un juge doit résoudre un conflit entre une loi et un accord international régulièrement approuvé et publié, alors que la réciprocité est respectée. Quelle autorité prévaut selon l’article 55 de la Constitution ?

L’accord international, qui a autorité supérieure à celle de la loi
La loi, qui prévaut dès que l’autre État applique l’accord
L’accord international, qui prévaut même sans publication régulière
La loi, qui a autorité supérieure à celle de l’accord international

L’accord international, qui a autorité supérieure à celle de la loi

Explication

L’article 55 confère aux traités et accords régulièrement ratifiés ou approuvés et publiés une autorité supérieure à celle des lois, sous réserve de réciprocité. La loi ne prime donc pas, et la règle suppose la publication comme la réciprocité.

7. Quel rôle le Traité de Rome du 25 mars 1957 a-t-il joué dans la construction européenne ?

Il a institué la Cour européenne des droits de l’homme, devenue la CEE après le Traité de Maastricht
Il a institué le Conseil de l’Europe, devenu l’Union européenne après le Traité de Maastricht
Il a institué l’Union européenne, devenue la Communauté économique européenne après le Traité de Maastricht
Il a institué la Communauté économique européenne, devenue l’Union européenne après le Traité de Maastricht

Il a institué la Communauté économique européenne, devenue l’Union européenne après le Traité de Maastricht

Explication

Le Traité de Rome a institué la Communauté économique européenne, appelée Union européenne depuis le Traité de Maastricht. Le Traité de Maastricht n’a pas transformé l’Union en CEE, et le Conseil de l’Europe ainsi que la Cour européenne des droits de l’homme relèvent d’autres cadres.

8. Quel ensemble associe correctement la Convention européenne des droits de l’homme à son cadre institutionnel et à la juridiction qui en assure le respect ?

La Convention de 1957 relève du Conseil de l’Europe et son respect est assuré par la Cour européenne des droits de l’homme
La Convention de 1950 relève de l’Union européenne et son respect est assuré par la Cour européenne des droits de l’homme
La Convention de 1950 relève du Conseil de l’Europe et son respect est assuré par la Cour européenne des droits de l’homme
La Convention de 1950 relève du Conseil de l’Europe et son respect est assuré par la Cour de justice de l’Union européenne

La Convention de 1950 relève du Conseil de l’Europe et son respect est assuré par la Cour européenne des droits de l’homme

Explication

La Convention européenne des droits de l’homme, adoptée en 1950, est le principal texte du droit issu du Conseil de l’Europe et son respect est assuré par la Cour européenne des droits de l’homme. L’Union européenne et sa Cour de justice constituent un cadre distinct, et 1957 correspond au Traité de Rome.

9. Une loi est publiée au Journal officiel le 12 avril et ne prévoit aucune date particulière d’entrée en vigueur. À partir de quand s’applique-t-elle ?

À la date de sa promulgation
Le 14 avril
Le 13 avril
Le 12 avril

Le 13 avril

Explication

Sauf disposition contraire, la loi entre en vigueur le lendemain de sa publication au Journal officiel : publiée le 12 avril, elle s’applique le 13 avril. Le 12 avril confond publication et entrée en vigueur, le 14 avril ajoute un délai non prévu, et la promulgation ne fixe pas ici la date d’application.

10. Un Français résidant à l’étranger invoque son ignorance d’une loi française qui lui est applicable pour échapper à ses effets. Quelle conséquence découle de la présomption de connaissance ?

Il n’est soumis à la présomption que s’il réside en France
Il relève de la présomption applicable aux étrangers résidant en France
Il échappe à ses effets jusqu’à sa connaissance effective
Il est présumé connaître cette loi applicable

Il est présumé connaître cette loi applicable

Explication

Les Français résidant à l’étranger sont présumés connaître les lois françaises qui leur sont applicables, indépendamment de leur connaissance effective. Exiger une connaissance effective reprend la confusion documentée; écarter la loi ou assimiler la résidence à l’étranger à une exemption ne correspond pas à cette règle.

11. Un parlementaire dépose un texte destiné à devenir une loi. Comment ce texte est-il désigné avant son adoption ?

Un projet de loi
Une loi promulguée
Une proposition de loi
Un décret parlementaire

Une proposition de loi

Explication

Un texte proposé par un parlementaire est une proposition de loi; le terme projet de loi désigne un texte déposé par le gouvernement. Une loi promulguée a franchi des étapes ultérieures, et un décret n’est pas la désignation d’une initiative parlementaire.

12. Une personne poursuivie pénalement établit qu’une erreur de droit impossible à éviter l’a conduite à croire légitimement qu’elle pouvait agir. Quelle conséquence l’article 122-3 du Code pénal permet-il ?

L’exclusion de sa responsabilité pénale
L’annulation de la loi pénale applicable
L’exclusion de sa responsabilité civile
La réduction automatique de la peine encourue

L’exclusion de sa responsabilité pénale

Explication

L’article 122-3 exclut la responsabilité pénale si la personne prouve une erreur de droit qu’elle ne pouvait éviter, l’ayant conduite à croire légitimement qu’elle pouvait agir. Une erreur évitable ou une ignorance ordinaire ne suffit pas; cette règle ne réduit pas automatiquement la peine et n’annule pas la loi.

13. En matière civile, le législateur adopte expressément une loi rétroactive. Quelle affirmation décrit correctement la portée du principe de non-rétroactivité de l’article 2 du Code civil ?

Le principe interdit au législateur toute rétroactivité civile
La loi rétroactive est invalide en raison d’une exigence constitutionnelle
La loi ne peut concerner que les situations créées après son entrée en vigueur
Le législateur peut expressément prévoir cette rétroactivité

Le législateur peut expressément prévoir cette rétroactivité

Explication

En matière civile, le principe de l’article 2 lie le juge mais n’a pas de valeur constitutionnelle; le législateur peut donc adopter expressément une loi rétroactive. L’interdiction absolue et l’exigence constitutionnelle attribuée au principe sont erronées, tandis que limiter la loi aux situations futures décrit une autre règle.

14. Une loi nouvelle entre en vigueur alors qu’un contrat est en cours; une partie invoque la théorie de l’effet immédiat pour déterminer le traitement des effets futurs de cette situation. Quel raisonnement correspond à cette théorie ?

La loi nouvelle régit les effets futurs des situations en cours
La loi nouvelle ne concerne que les droits futurs escomptés
La loi nouvelle régit en principe les contrats déjà conclus
La loi ancienne protège les droits déjà constitués contre tout changement

La loi nouvelle régit les effets futurs des situations en cours

Explication

La théorie de l’effet immédiat applique la loi nouvelle aux situations non encore créées et aux effets à venir des situations en cours. La protection des droits constitués relève de la théorie des droits acquis; l’application aux contrats déjà conclus méconnaît la règle particulière de survie de la loi ancienne, et les simples expectatives sont associées à l’approche des droits acquis.

15. Une réforme entre en vigueur alors qu’un contrat a déjà été conclu et qu’aucune exception particulière n’est prévue. Selon la théorie de l’effet immédiat, quel régime s’applique en principe à ce contrat ?

La loi nouvelle régit immédiatement le contrat en cours
Le contrat est soumis à la loi choisie après la réforme
La loi ancienne survit au contrat déjà conclu
La loi nouvelle annule le contrat à compter de son entrée en vigueur

La loi ancienne survit au contrat déjà conclu

Explication

La loi nouvelle s’applique immédiatement aux situations légales, mais la loi ancienne survit en principe aux contrats déjà conclus. Appliquer immédiatement la réforme aux contrats confond ces régimes; l’annulation ou le choix ultérieur d’une loi ne découle pas de la règle.

16. Un Français vivant à l’étranger voit une question d’état ou de capacité soumise à une règle française, tandis qu’un immeuble se trouve en France. Quel principe de l’article 3 du Code civil correspond à ces deux éléments ?

L’état et la capacité suivent le Français à l’étranger; l’immeuble relève de la territorialité
L’état et la capacité relèvent de la territorialité; l’immeuble suit la loi personnelle
L’état et la capacité relèvent du lieu de résidence; l’immeuble suit le propriétaire
L’état et la capacité suivent le Français à l’étranger; l’immeuble suit aussi sa personne

L’état et la capacité suivent le Français à l’étranger; l’immeuble relève de la territorialité

Explication

L’article 3 applique la territorialité aux immeubles et aux lois de police et de sûreté, tandis que les règles d’état et de capacité suivent les Français même à l’étranger. La résidence ne remplace pas ce rattachement personnel, et l’immeuble est rattaché à son territoire, non à la personne du propriétaire.

17. Laquelle de ces collectivités est régie par l’article 74 de la Constitution ?

Les Terres australes et antarctiques françaises
La Guadeloupe
La Polynésie française
La Guyane

La Polynésie française

Explication

La Polynésie française figure parmi les collectivités régies par l’article 74. La Guadeloupe et la Guyane sont des DROM, tandis que les Terres australes et antarctiques françaises ne font pas partie de la liste des collectivités indiquées dans cette unité.

18. Dans un département d’Outre-Mer, une loi nationale ne prévoit aucune adaptation particulière. Quel régime s’applique en principe ?

La loi ne s’applique qu’après une disposition expresse et une promulgation locale
La loi est écartée jusqu’à l’adoption d’une règle locale qui la remplace
La loi s’applique après une adaptation décidée par le Parlement pour chaque texte
La loi s’applique de plein droit, sous réserve des adaptations permises

La loi s’applique de plein droit, sous réserve des adaptations permises

Explication

L’article 73 prévoit l’application de plein droit des lois et règlements dans les DROM, tout en autorisant certaines adaptations liées à leurs caractéristiques et contraintes. L’exigence d’une disposition expresse concerne en principe certaines collectivités de l’article 74; les autres réponses transforment à tort la possibilité d’adaptation en condition générale.

19. Une collectivité d’Outre-Mer régie par l’article 73 envisage une règle dérogatoire portant sur l’organisation de la justice. Cette matière peut-elle faire l’objet de cette dérogation ?

Non, car seules les matières de politique étrangère sont exclues
Oui, si la règle concerne une procédure locale plutôt que les juridictions
Non, l’organisation de la justice est exclue des matières dérogeables
Oui, dès lors que la règle répond aux contraintes particulières du territoire

Non, l’organisation de la justice est exclue des matières dérogeables

Explication

Les règles dérogatoires des DROM ne peuvent porter sur l’organisation de la justice. La possibilité générale d’adaptation ne lève pas cette exclusion; le droit pénal et les garanties des libertés publiques sont également des matières exclues, contrairement à la proposition qui ne retient que la politique étrangère.

20. Une loi française ne comporte aucune disposition expresse d’application dans une collectivité relevant de l’article 74. Quel principe peut s’appliquer dans certaines de ces collectivités ?

La loi n’est en principe applicable qu’en vertu d’une disposition expresse, parfois après promulgation locale
La loi s’applique de plein droit, avec une adaptation décidée par l’autorité locale
La loi ne peut s’appliquer qu’après une révision de la Constitution
La loi devient applicable dès sa publication nationale, sans autre condition

La loi n’est en principe applicable qu’en vertu d’une disposition expresse, parfois après promulgation locale

Explication

Dans certaines collectivités de l’article 74, l’application des lois françaises exige en principe une disposition expresse et peut dépendre d’une promulgation locale, selon la loi organique. L’application de plein droit caractérise les DROM; la publication nationale ou une révision constitutionnelle ne remplace pas ces conditions.

21. Une loi française, antérieure à un traité applicable, contredit une norme internationale. Quel principe permet de résoudre ce conflit entre la loi et le traité ?

La loi interne prévaut parce qu’elle a été adoptée par le Parlement
Le traité prévaut seulement si la loi interne lui est postérieure
La norme internationale prévaut sur la loi interne contraire
La Constitution prévaut sur le traité et la loi, sans régler leur conflit

La norme internationale prévaut sur la loi interne contraire

Explication

L’article 55 fonde la primauté du droit international sur les normes internes contraires, qu’elles soient antérieures ou postérieures. La Constitution demeure la norme suprême en droit interne, mais cela ne signifie pas que la loi prévaut sur le traité; la primauté ne dépend pas de l’ordre chronologique des deux normes.

22. Quelle juridiction a rendu l’arrêt Jacques Vabre du 24 mai 1975, qui a reconnu l’intégration de l’ordre juridique communautaire dans celui des États membres ?

Le Conseil d’État
La Cour de justice de l’Union européenne
La Cour de cassation
Le Conseil constitutionnel

La Cour de cassation

Explication

L’arrêt Jacques Vabre du 24 mai 1975 a été rendu par la Cour de cassation. Le Conseil d’État est associé notamment à la décision Perreux, tandis que la Cour de justice a rendu l’arrêt Van Gend en Loos.

23. L’État n’a pas transposé une directive dans les délais. Un justiciable conteste un acte administratif non réglementaire en invoquant une disposition précise et inconditionnelle de cette directive. Quelle solution correspond à la décision Perreux ?

Le justiciable peut invoquer toute disposition de la directive, même imprécise
Le justiciable peut invoquer cette disposition contre l’acte
Le justiciable peut invoquer la directive contre une loi, mais pas contre cet acte
Le justiciable ne peut invoquer la directive qu’après sa transposition

Le justiciable peut invoquer cette disposition contre l’acte

Explication

La décision Perreux admet l’invocation contre un acte administratif non réglementaire des dispositions précises et inconditionnelles d’une directive non transposée dans les délais. La règle ne rend pas invocable toute disposition imprécise et ne subordonne pas cette possibilité à une transposition préalable.

24. Un traité est incompatible avec une disposition de la Constitution française et doit être intégré en droit interne. Quelle étape est nécessaire au préalable ?

Une loi ordinaire déclarant le traité prioritaire
Une nouvelle décision de la Cour de cassation
Une révision constitutionnelle
Une décision administrative autorisant son application

Une révision constitutionnelle

Explication

En cas de contrariété entre la Constitution et le droit international ou européen, une révision constitutionnelle est nécessaire avant l’intégration de la norme en droit interne. La primauté sur les lois ne permet pas à un traité d’écarter la Constitution, et une loi ordinaire ou une décision juridictionnelle ne remplace pas cette révision.

25. Une société conteste une décision prise par une administration dans le cadre de ses fonctions. Quel ordre juridictionnel est compétent pour régler ce litige ?

L’ordre administratif
Les juridictions pénales
L’ordre judiciaire
Les juridictions civiles

L’ordre administratif

Explication

L’ordre administratif règle les litiges opposant les particuliers à l’administration. L’ordre judiciaire concerne les litiges relevant des particuliers, tandis que les juridictions civiles et pénales sont des catégories de juridictions de cet ordre.

26. Après un jugement de première instance, une cour d’appel réexamine les faits et le droit, puis une partie envisage un pourvoi en cassation. Quelle juridiction est la juridiction du droit ?

La juridiction de cassation
La juridiction pénale
La juridiction d’appel
La juridiction de première instance

La juridiction de cassation

Explication

Chaque ordre comprend des juridictions de première instance et d’appel, dites juges du fond, ainsi qu’une juridiction du droit, ou de cassation. La cour d’appel appartient donc aux juges du fond, et non à la juridiction de cassation.

27. Une victime demande à un tribunal de condamner une autre personne à lui verser une somme en réparation d’un préjudice. Quelle catégorie de juridiction connaît de cette demande ?

Une juridiction de cassation
Une juridiction pénale
Une juridiction civile
Une juridiction administrative

Une juridiction civile

Explication

Les juridictions civiles tranchent les litiges entre particuliers, notamment lorsque l’un demande la reconnaissance d’un droit ou la condamnation d’un adversaire. La juridiction pénale connaît des infractions opposant l’auteur présumé à la société.

28. Une personne souhaite engager une action pour faire valoir un droit personnel déjà né, mais elle ne peut pas exercer elle-même ses droits en raison de son incapacité. Quelle condition lui fait défaut pour agir en justice ?

La compétence d’une juridiction de cassation
Un intérêt légitime, né et actuel
La capacité d’exercer ses droits
La qualité attribuée par la loi

La capacité d’exercer ses droits

Explication

Pour agir en justice, il faut justifier d’un intérêt légitime, né et actuel, et avoir la capacité d’exercer ses droits, sous réserve des cas où la loi attribue qualité pour agir à certaines personnes. Ici, l’intérêt existe, mais la capacité fait défaut.

29. Une personne obtient une décision judiciaire et s’interroge sur les frais liés à la rémunération des magistrats. Quel principe s’applique ?

La justice est financée par les parties et les magistrats sont rémunérés par elles
La justice est financée par les collectivités et les magistrats sont rémunérés par les parties
La justice est gratuite seulement pour les personnes bénéficiant de l’aide juridictionnelle
La justice est gratuite et les magistrats sont rémunérés par l’État

La justice est gratuite et les magistrats sont rémunérés par l’État

Explication

La justice, service public, doit être rendue gratuitement et les magistrats sont rémunérés par l’État. L’aide juridictionnelle soutient les personnes aux ressources modestes, mais ne remplace pas ce principe de financement.

30. Dans une affaire, trois juges délibèrent ensemble et une décision est adoptée à la majorité. Quel autre élément caractérise le délibéré collégial ?

La décision est nécessairement unanime
Le délibéré est secret
Le délibéré est public
Les votes sont communiqués aux parties

Le délibéré est secret

Explication

La collégialité vise notamment à réduire les erreurs et les pressions ; les décisions sont prises à la majorité et le délibéré est secret. La publicité des débats ne signifie pas que les échanges entre juges soient publics.

31. Dans un procès, une partie souhaite produire une pièce dont elle n’a pas communiqué le contenu à son adversaire avant l’audience. Quelle exigence le juge doit-il faire respecter ?

La communication en temps utile des preuves et des moyens
La tenue publique de chaque échange entre les parties
La transmission des preuves après le jugement
Le réexamen automatique du litige en fait et en droit

La communication en temps utile des preuves et des moyens

Explication

Le principe du contradictoire impose aux parties de communiquer en temps utile leurs moyens de fait et de droit ainsi que les preuves qu’elles comptent produire. Le juge doit faire respecter cette exigence et la respecter lui-même.

32. Lors d’un procès, une partie demande que le public soit écarté afin de protéger sa vie privée. Quelle règle gouverne la tenue des débats ?

Les débats sont en principe publics, mais le huis clos peut être admis dans les conditions prévues
Les débats sont en principe à huis clos, mais peuvent devenir publics à la demande d’une partie
Les débats sont à huis clos dès qu’une partie le demande, sans autre condition
Les débats sont publics et la protection de la vie privée ne peut justifier leur fermeture

Les débats sont en principe publics, mais le huis clos peut être admis dans les conditions prévues

Explication

La publicité est le principe, mais la loi peut prévoir ou exiger le huis clos, notamment sur demande des parties pour protéger la vie privée ou préserver la sérénité de la justice. Présenter le huis clos comme la règle inverse le principe et son exception.

33. Une loi attribue les litiges relatifs à une profession à une juridiction spécialisée. Comment se détermine alors la compétence de cette juridiction ?

Par le choix des parties au moment du procès
Par une compétence générale couvrant les litiges civils
Par le texte qui lui attribue ce domaine
Par une compétence limitée aux recours en appel

Par le texte qui lui attribue ce domaine

Explication

La compétence d’une juridiction spécialisée est déterminée par le texte qui lui confie un domaine précis. La compétence générale correspond au droit commun, le choix des parties ne définit pas cette attribution et la juridiction spécialisée n’est pas, de ce fait, une juridiction d’appel.

34. Quelle juridiction constitue le juge de droit commun de première instance dans l’ordre judiciaire ?

La Cour de cassation
Le tribunal judiciaire
Le tribunal administratif
Le tribunal de police

Le tribunal judiciaire

Explication

Le tribunal judiciaire est la juridiction de droit commun de l’ordre judiciaire. Le tribunal administratif relève de l’ordre administratif, le tribunal de police est compétent pour les contraventions et la Cour de cassation contrôle l’application du droit.

35. En première instance pénale, une personne est poursuivie pour une contravention. Quelle juridiction doit connaître de l’affaire ?

Le tribunal de police
Le tribunal administratif
La cour d’assises
Le tribunal correctionnel

Le tribunal de police

Explication

Le tribunal de police connaît des contraventions en première instance pénale. Le tribunal correctionnel juge les délits, la cour d’assises les crimes, et le tribunal administratif relève de l’ordre administratif.

36. Un litige oppose un propriétaire à une exploitante agricole au sujet d’un bail rural. Quelle juridiction spécialisée est compétente ?

Le tribunal de commerce
Le tribunal paritaire des baux ruraux
Le tribunal administratif
Le conseil de prud’hommes

Le tribunal paritaire des baux ruraux

Explication

Le tribunal paritaire des baux ruraux connaît des litiges entre propriétaires et exploitants agricoles. Le tribunal de commerce traite les litiges commerciaux, le conseil de prud’hommes ceux entre salariés et employeurs, et le tribunal administratif les litiges relevant de l’ordre administratif.

37. Après un arrêt d’appel, une partie forme un pourvoi en soutenant que les juges ont mal appliqué une règle juridique. Quel examen la Cour de cassation effectue-t-elle ?

Elle reprend l’examen des faits et statue de nouveau sur le litige
Elle contrôle l’application du droit sans réexaminer les faits
Elle donne un avis juridique sans contrôler la décision attaquée
Elle réexamine les preuves et remplace directement l’arrêt d’appel

Elle contrôle l’application du droit sans réexaminer les faits

Explication

La Cour de cassation vérifie l’application du droit par les juges du fond, sans rejuger l’affaire ni réexaminer les faits. Reprendre l’examen factuel revient à confondre cassation et appel, tandis qu’un avis consultatif n’est pas sa fonction dans ce recours.

38. La Cour de cassation estime qu’un pourvoi est fondé et annule la décision attaquée. Quelle suite donne-t-elle en principe à l’affaire ?

Elle rejette le pourvoi et confirme la décision attaquée
Elle renvoie l’affaire devant une juridiction de même nature
Elle renvoie l’affaire devant une juridiction d’un autre ordre
Elle maintient la décision attaquée sans autre examen

Elle renvoie l’affaire devant une juridiction de même nature

Explication

Lorsque le pourvoi est fondé, l’arrêt de cassation casse et annule la décision, puis renvoie en principe l’affaire devant une juridiction de même nature. Le maintien de la décision correspond au rejet, et le renvoi vers un autre ordre ne suit pas la règle indiquée.

39. Quelle différence institutionnelle distingue le Conseil d’État de la Cour de cassation ?

La Cour de cassation exerce des fonctions consultatives et contentieuses
Le Conseil d’État exerce uniquement le contrôle juridictionnel en cassation
La Cour de cassation conseille le pouvoir exécutif et juge les litiges administratifs
Le Conseil d’État exerce des fonctions consultatives et contentieuses

Le Conseil d’État exerce des fonctions consultatives et contentieuses

Explication

Le Conseil d’État cumule des fonctions consultatives et contentieuses, alors que la Cour de cassation exerce une fonction juridictionnelle de contrôle en cassation. Attribuer le conseil du pouvoir exécutif à la Cour de cassation inverse les rôles des deux institutions.

40. Une cour administrative d’appel rend un arrêt contesté par un pourvoi en cassation. Quelle juridiction examine ce pourvoi ?

La cour administrative d’appel qui a rendu l’arrêt
La Cour de cassation
Le tribunal administratif
Le Conseil d’État

Le Conseil d’État

Explication

Le Conseil d’État juge en cassation les arrêts des cours administratives d’appel. La Cour de cassation appartient à l’ordre judiciaire, et ni la cour qui a rendu l’arrêt ni le tribunal administratif ne sont la juridiction compétente pour ce pourvoi.

41. Une réforme prévoit que les magistrats qui jugent puissent être déplacés contre leur gré et remplacés par des collègues chargés de reprendre leurs affaires. Quelle garantie propre aux magistrats du siège est alors remise en cause ?

Leur nomination par décret sur proposition du garde des Sceaux
Leur subordination hiérarchique, leur amovibilité et leur interchangeabilité
Leur indépendance, leur inamovibilité et leur caractère non substituable
Leur appartenance au même corps et leur formation commune

Leur indépendance, leur inamovibilité et leur caractère non substituable

Explication

Les magistrats du siège sont indépendants, inamovibles et non substituables : les déplacer contre leur gré et les remplacer en cours d’affaire porte atteinte à ces garanties. La subordination et l’amovibilité caractérisent le parquet, tandis que la nomination et la formation communes concernent les deux catégories.

42. Une société doit être représentée devant la Cour de cassation et cherche un professionnel ayant le statut d’officier ministériel. Quel professionnel correspond à cette mission ?

Un avocat exerçant au barreau en profession libérale
Un juge consulaire élu d’un tribunal de commerce
Un magistrat du parquet chargé de présenter des réquisitions
Un avocat au Conseil d’État et à la Cour de cassation

Un avocat au Conseil d’État et à la Cour de cassation

Explication

Les avocats au Conseil d’État et à la Cour de cassation sont des officiers ministériels qui interviennent devant ces juridictions. L’avocat au barreau exerce une profession libérale, le magistrat du parquet défend les intérêts de la société et le juge consulaire exerce une fonction juridictionnelle commerciale.

43. Dans une affaire civile, une magistrate a suivi l’instruction du dossier puis rend une ordonnance. À quelle catégorie appartient-elle ?

Aux magistrats du parquet
Aux avocats aux juridictions suprêmes
Aux juges consulaires
Aux magistrats du siège

Aux magistrats du siège

Explication

Les magistrats du siège participent au jugement ou à l’instruction et rendent des ordonnances, des jugements ou des arrêts. Le parquet présente des réquisitions sans juger, tandis que les avocats et les juges consulaires relèvent d’autres fonctions.

44. Au cours d’un procès pénal, un magistrat présente des réquisitions pour défendre les intérêts de la société, sans prendre part au jugement. Quelle est sa fonction ?

Juge consulaire
Avocat exerçant au barreau
Magistrat du siège
Magistrat du parquet

Magistrat du parquet

Explication

Le magistrat du parquet défend les intérêts de la société par des réquisitions, devant les juridictions pénales comme civiles, sans juger. Le magistrat du siège rend les décisions, l’avocat représente son client et le juge consulaire siège dans un tribunal de commerce.

45. Une personne estime qu’un État contractant a violé un droit que lui garantit la Convention européenne des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Quelle juridiction peut-elle saisir ?

Une juridiction nationale de première instance
La Cour européenne des droits de l’homme, à Strasbourg
La Cour de justice de l’Union européenne, à Luxembourg
Le Tribunal de l’Union européenne, à Luxembourg

La Cour européenne des droits de l’homme, à Strasbourg

Explication

La Cour européenne des droits de l’homme, qui siège à Strasbourg, peut être saisie par un particulier s’estimant victime d’une violation de la Convention. La Cour de justice de l’Union européenne traite notamment des recours liés au droit de l’Union, et non de cette saisine individuelle au titre de la Convention.

46. Une entreprise veut contester en cassation une décision du Tribunal de l’Union européenne. Quelle juridiction statue sur ce recours ?

Le Tribunal de l’Union européenne
Une juridiction nationale de première instance
La Cour européenne des droits de l’homme
La Cour de justice de l’Union européenne

La Cour de justice de l’Union européenne

Explication

La Cour de justice de l’Union européenne statue en cassation sur les recours dirigés contre les décisions du Tribunal de l’Union européenne. Le Tribunal rend la décision contestée, tandis que la Cour européenne des droits de l’homme relève du système de la Convention.

47. Un événement auquel aucune volonté ne donne naissance entraîne, en vertu de la loi, l’obligation pour une personne d’indemniser une autre. Comment qualifier la source de cette obligation ?

Un quasi-contrat
Un fait juridique
Un contrat
Un acte juridique

Un fait juridique

Explication

Un fait juridique est un agissement ou un événement auquel la loi attache des effets juridiques pouvant obliger une partie envers une autre. Un acte juridique repose sur une manifestation de volonté destinée à produire des effets, un contrat suppose un accord de volontés, et un quasi-contrat est un fait volontaire qui fait naître des obligations.

48. Sans conclure d’accord avec une autre personne, quelqu’un accomplit volontairement un acte auquel la loi attache une obligation à sa charge. Quelle qualification convient à cette situation ?

Un fait juridique indépendant de toute volonté
Un quasi-contrat
Un contrat
Un acte juridique unilatéral

Un quasi-contrat

Explication

Le quasi-contrat est un fait volontaire qui fait naître des obligations à la charge d’une ou de plusieurs personnes, sans qu’il s’agisse d’un accord contractuel. Le contrat exige un accord de volontés, tandis que le fait juridique indépendant de toute volonté ne correspond pas au caractère volontaire décrit.

49. Dans la théorie classique d’Aubry et Rau, que manifeste le patrimoine d’une personne juridique ?

L’aptitude à être titulaire de droits et d’obligations
La valeur économique des seuls actifs de cette personne
La capacité d’exercer des droits réels sur des choses
L’ensemble des biens matériels appartenant à cette personne

L’aptitude à être titulaire de droits et d’obligations

Explication

Pour Aubry et Rau, le patrimoine est l’émanation de la personnalité juridique et traduit l’aptitude à avoir des droits et des obligations. Le réduire aux biens matériels ou aux actifs confond le patrimoine avec sa seule composante économique.

50. Une juriste défend une théorie qui permet à une personne d’avoir un patrimoine privé et un patrimoine professionnel distincts. Quelle conception du patrimoine soutient-elle ?

La conception du patrimoine d’affectation
La conception du patrimoine matériel divisible
La conception du droit réel professionnel
La conception classique liée à la personnalité juridique

La conception du patrimoine d’affectation

Explication

Le patrimoine d’affectation dissocie le patrimoine de la personnalité juridique et admet plusieurs patrimoines pour une même personne. La conception classique rattache au contraire le patrimoine à la personne, tandis que la division de biens matériels n’est pas cette théorie.

51. Une personne détient un droit dont l’objet satisfait un intérêt personnel impossible à évaluer en argent. Dans quelle catégorie ce droit se range-t-il ?

Parmi les droits réels
Parmi les obligations patrimoniales
Parmi les droits extrapatrimoniaux
Parmi les droits patrimoniaux

Parmi les droits extrapatrimoniaux

Explication

Les droits extrapatrimoniaux ne sont pas susceptibles d’évaluation pécuniaire, contrairement aux droits patrimoniaux. Le caractère personnel de l’intérêt ne signifie pas que le droit est dépourvu de titulaire ni qu’il s’agit d’un droit réel.

52. Un créancier revendique une prérogative portant directement sur un bien corporel appartenant à son débiteur et opposable à tous. De quel type de droit s’agit-il ?

D’un droit extrapatrimonial
D’un droit personnel
D’un droit transmissible
D’un droit réel

D’un droit réel

Explication

Un droit réel porte directement sur une chose corporelle, meuble ou immeuble, et s’impose à tous. Le droit personnel s’exerce contre un débiteur déterminé, tandis que la transmissibilité est une caractéristique distincte de la nature du droit.

53. Une entreprise inscrit à son actif une marque et un droit de créance. Comment ces éléments se classent-ils au regard de la distinction entre biens corporels et incorporels ?

Comme des meubles par anticipation
Comme des biens corporels
Comme des biens incorporels
Comme des immeubles par nature

Comme des biens incorporels

Explication

Les droits sur les choses, les droits personnels et les droits de propriété intellectuelle relèvent des biens incorporels. Ils ne sont pas des choses matérialisables, contrairement aux biens corporels.

54. Pour classer un immeuble, quelles catégories le Code civil distingue-t-il ?

Les immeubles par nature, par leur valeur et par destination
Les immeubles par nature, par leur objet et par destination
Les immeubles par nature, par leur usage et par destination
Les immeubles par nature, par leur objet et par anticipation

Les immeubles par nature, par leur objet et par destination

Explication

Le Code civil distingue les immeubles par nature, par leur objet et par destination. L’usage, la valeur ou l’anticipation ne remplacent pas ces catégories.

55. Un étudiant doit énumérer les catégories de meubles reconnues dans la classification juridique. Quelle liste doit-il donner ?

Les meubles par nature, par destination et par anticipation
Les meubles par nature, par effet de la loi et par anticipation
Les meubles corporels, par effet de la loi et par destination
Les meubles par nature, par objet et par anticipation

Les meubles par nature, par effet de la loi et par anticipation

Explication

Les meubles comprennent les meubles par nature, les meubles par effet de la loi et les meubles par anticipation. La destination et l’objet sont des catégories associées aux immeubles.

56. Un grossiste vend une quantité de carburant définie par son genre, tandis qu’un collectionneur achète une sculpture identifiée par son auteur et son numéro d’inventaire. Comment classer, dans cet ordre, ces deux biens ?

Corps certain, puis chose fongible
Chose fongible, puis corps certain
Corps certain, puis corps certain
Chose fongible, puis chose fongible

Chose fongible, puis corps certain

Explication

Le carburant défini par son genre est interchangeable et constitue une chose fongible ; la sculpture individualisée est un corps certain, qui ne peut être remplacé par un autre. Inverser ces catégories revient à confondre interchangeabilité et individualisation.

57. Un propriétaire installe une structure sur son terrain pour bloquer la lumière chez son voisin, sans en tirer d’avantage sérieux. Son acte est permis en lui-même, mais son objectif est de nuire. Comment qualifier ce comportement ?

Un exercice légitime du droit
Une faute civile ordinaire
Un abus de droit
Un trouble normal de voisinage

Un abus de droit

Explication

L’abus de droit consiste à exercer un droit à des fins malicieuses, pour nuire, sans intérêt personnel sérieux et légitime. La faute civile ordinaire suppose un comportement contraire au droit; le trouble normal ne dépasse pas les inconvénients admis; l’exercice légitime ne se caractérise pas par une intention de nuire.

58. Une propriétaire exerce une prérogative que la loi lui reconnaît, mais en fait un usage malveillant qui cause un préjudice. Quelle distinction juridique permet de différencier cet abus de la faute civile ordinaire ?

L’abus et la faute ordinaire reposent tous deux sur la violation d’une règle de droit.
L’abus porte sur l’usage d’un droit licite, tandis que la faute ordinaire est un comportement illicite.
L’abus se caractérise par l’absence de préjudice, tandis que la faute ordinaire exige un dommage.
L’abus suppose un acte illicite, tandis que la faute ordinaire consiste à exercer un droit licite.

L’abus porte sur l’usage d’un droit licite, tandis que la faute ordinaire est un comportement illicite.

Explication

Dans l’abus de droit, l’acte demeure objectivement licite, mais son usage est fautif; la faute civile ordinaire repose sur un comportement contraire au droit. L’option de l’acte illicite inverse cette distinction, celle de l’absence de préjudice écarte un élément non déterminant, et l’assimilation des deux catégories efface leur différence essentielle.

59. Une activité conforme aux règles applicables produit des nuisances qui dépassent les inconvénients normaux du voisinage, sans qu’une faute de l’exploitant puisse être établie. Quel régime peut permettre d’engager sa responsabilité ?

La responsabilité du fait des choses
Le régime des troubles normaux de voisinage
Le régime spécial du trouble anormal de voisinage
La responsabilité civile ordinaire pour faute

Le régime spécial du trouble anormal de voisinage

Explication

Le trouble anormal de voisinage est un régime spécial qui sanctionne les nuisances dépassant les inconvénients normaux sans exiger une faute. La responsabilité pour faute suppose une faute, celle du fait des choses requiert ses propres conditions, et les troubles ordinaires ne dépassent pas le seuil pertinent.

60. Deux occupants ont des fonds distincts, non contigus. L’activité de l’un cause à l’autre un préjudice dépassant les inconvénients normalement admis, mais aucune faute n’est démontrée. Quelle condition fait défaut pour invoquer le régime des troubles anormaux de voisinage ?

La preuve d’une faute de l’auteur des nuisances.
La contiguïté des fonds concernés.
La preuve d’un dommage matériel d’une forme déterminée.
Aucune des conditions indiquées ne fait défaut.

Aucune des conditions indiquées ne fait défaut.

Explication

Le régime concerne les occupants de fonds distincts, même non contigus, et exige un préjudice dépassant les inconvénients normaux, mais pas une faute. La contiguïté et la preuve d’une faute ne sont donc pas requises, et l’unité ne fixe pas de forme particulière de dommage matériel.

61. Un débiteur transfère des biens à un proche afin d’empêcher un créancier déterminé de les saisir, sans chercher à échapper à la règle applicable elle-même. De quel type de fraude s’agit-il ?

Une fraude à la loi
Une fraude aux droits des tiers
Une situation d’apparence juridique
Une inexécution contractuelle ordinaire

Une fraude aux droits des tiers

Explication

La fraude aux droits des tiers vise à échapper à une règle au détriment d’une personne déterminée, notamment un créancier. La fraude à la loi cherche à faire échec à la règle elle-même; l’apparence juridique concerne une situation qui masque une réalité différente; l’inexécution ne caractérise pas à elle seule cette fraude.

62. Un acte frauduleux a lésé un tiers. Parmi les réponses juridiques possibles, laquelle peut rendre l’acte inopposable à ce tiers sans nécessairement l’annuler ?

Annuler nécessairement l’acte à l’égard de toutes les personnes.
Déclarer inopposables au tiers les droits créés par l’acte.
Accorder des dommages-intérêts sans toucher aux effets de l’acte.
Prononcer une sanction pénale dans tous les cas de fraude.

Déclarer inopposables au tiers les droits créés par l’acte.

Explication

La fraude peut entraîner l’inopposabilité aux tiers des droits créés par l’acte, distinctement de son annulation. L’annulation n’est pas la même sanction, les dommages-intérêts ne sont pas l’unique réponse, et une sanction pénale n’intervient que dans certains cas.

63. Un registre public fait apparaître une personne comme titulaire d’un droit, alors que la réalité juridique est différente. Comment qualifier cette situation apparente ?

Une apparence juridique
Un droit réel établi
Un élément matériel de fraude
Une fraude aux droits des tiers

Une apparence juridique

Explication

L’apparence juridique semble créer un droit ou correspondre à une situation juridique, tout en masquant une réalité de droit ou de fait différente. Un droit réellement établi ne masque pas cette divergence; la fraude suppose des agissements frauduleux, et un élément matériel de fraude désigne des manœuvres.

64. Un tiers de bonne foi se fie à une situation juridique apparente, ignore la réalité différente et veut préserver ses intérêts. Quel principe peut-il invoquer ?

L’annulation de l’acte frauduleux
La fraude à la loi
L’action paulienne
La théorie de l’apparence

La théorie de l’apparence

Explication

La théorie de l’apparence permet à un tiers de bonne foi, ignorant la réalité juridique, de se prévaloir d’une situation apparente afin de préserver ses intérêts. L’action paulienne sert à attaquer certains actes du débiteur en fraude des droits d’un tiers; la fraude à la loi et l’annulation répondent à d’autres mécanismes.

65. Un projet de réglementation concerne une matière qui n’est attribuée par la Constitution à aucun domaine législatif. De quel domaine relève-t-elle ?

Du domaine de la loi
Du domaine des ordonnances
Du domaine réglementaire
D’un domaine sans attribution constitutionnelle

Du domaine réglementaire

Explication

L’article 37 attribue au domaine réglementaire les matières qui ne relèvent pas du domaine de la loi. Le domaine législatif confond les deux compétences, les ordonnances relèvent d’un mécanisme particulier de l’article 38, et l’absence d’attribution n’exclut pas le domaine réglementaire.

66. Quel trait permet de caractériser un règlement normatif parmi les actes évoqués ?

Une disposition normative émanant du pouvoir exécutif
Une loi votée par le Parlement dans une matière législative
Une pratique sociale devenue obligatoire dans un milieu donné
Une décision individuelle prise par une autorité judiciaire

Une disposition normative émanant du pouvoir exécutif

Explication

Un règlement est une disposition normative émanant du pouvoir exécutif, par exemple un décret ou un arrêté. Une loi vient du Parlement, une décision judiciaire n’est pas un règlement exécutif, et une pratique sociale relève de la coutume.

67. Le gouvernement souhaite intervenir par ordonnance dans une matière relevant de la loi. Quelle démarche constitutionnelle doit-il entreprendre ?

Demander au Parlement l’autorisation de prendre des ordonnances
Agir directement au titre du domaine réglementaire
Faire voter chaque ordonnance comme une loi par le Parlement
Demander au Conseil constitutionnel une autorisation préalable

Demander au Parlement l’autorisation de prendre des ordonnances

Explication

L’article 38 permet au gouvernement de demander au Parlement l’autorisation de prendre des ordonnances dans des matières relevant de la loi. Le vote de chaque ordonnance comme une loi confond habilitation et adoption législative, tandis que le domaine réglementaire et l’autorisation du Conseil constitutionnel ne correspondent pas à ce mécanisme.

68. Dans un secteur non régi par une loi, une pratique sociale habituelle est tenue pour obligatoire par le groupe concerné. Comment classer cette coutume par rapport à la loi ?

Coutume secundum legem
Règlement exécutif
Coutume praeter legem
Coutume contra legem

Coutume praeter legem

Explication

La coutume praeter legem se forme dans un domaine non légiféré. La coutume secundum legem est reconnue par renvoi de la loi, la coutume contra legem s’oppose à une loi en vigueur, et un règlement émane du pouvoir exécutif.

69. Une tempête détruit une clôture et la loi attache des conséquences juridiques à cet événement, sans volonté de produire ces effets. Comment qualifier l’événement ?

Un contrat
Un acte juridique unilatéral
Un fait juridique
Un acte juridique

Un fait juridique

Explication

Un fait juridique est un événement auquel la loi attache des effets juridiques, sans qu’il soit nécessaire qu’une volonté ait visé ces effets. Un acte juridique repose sur une manifestation de volonté destinée à produire des effets, et un contrat constitue un accord de volontés.

70. Deux entreprises ont conclu un contrat valide et l’une d’elles veut ignorer une obligation qu’il prévoit. Quel principe exprime l’article 1103 du Code civil ?

Le contrat n’oblige que s’il est repris par une loi
Le contrat tient lieu de loi aux parties qui l’ont conclu
Le contrat s’impose comme une loi à toute personne extérieure
Le contrat peut être écarté par une partie à sa convenance

Le contrat tient lieu de loi aux parties qui l’ont conclu

Explication

L’article 1103 prévoit que les contrats tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faits, ce qui fonde leur force obligatoire entre les parties. La faculté de ne pas exécuter contredit cette force, l’effet général envers les tiers est excessif, et la reprise législative n’est pas une condition de l’obligation contractuelle.

71. Deux personnes souhaitent conclure un contrat et en fixer librement le contenu, mais une clause envisagée dépasse une limite légale. Quelle conclusion s’impose ?

Elles peuvent choisir de contracter et fixer le contenu dans les limites légales
Elles ne peuvent choisir ni de contracter ni le contenu de leur accord
Elles peuvent contracter, mais seul le législateur fixe le contenu
Elles peuvent fixer toute clause dès lors qu’elles consentent toutes deux

Elles peuvent choisir de contracter et fixer le contenu dans les limites légales

Explication

Les parties sont libres de contracter ou non et de fixer le contenu, sous réserve des limites légales concernant la liberté contractuelle, la formation et le contenu. Le consentement mutuel ne permet pas d’écarter ces limites, tandis que nier toute liberté de choix va à l’encontre du principe.

72. Un contrat de consommation contient une clause qui crée, au détriment du consommateur, un déséquilibre significatif entre les droits et obligations des parties. Comment le Code de la consommation la qualifie-t-il ?

Une clause abusive
Une règle d’ordre public contractuelle
Une clause simplement désavantageuse
Une clause propre aux contrats entre professionnels

Une clause abusive

Explication

Le Code de la consommation considère comme abusive la clause qui crée, au détriment du consommateur ou du non-professionnel, un déséquilibre significatif entre les droits et obligations des parties. Une différence de négociation ne suffit pas à définir ce critère, l’ordre public est une notion distincte et la règle vise aussi les contrats avec un consommateur.

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les réponses avec 98 flashcards sur Organisation judiciaire et droits subjectifs.

Que regroupe le droit objectif ?

Toutes les règles de droit ayant une valeur normative.

Qu’est-ce que la loi ?

Une norme générale, permanente, obligatoire et abstraite émanant de l’autorité publique.

Quand une loi supplétive s’applique-t-elle ?

À défaut de volonté contraire des parties.

Voir les flashcards →

Approfondir avec la fiche

Consultez la fiche de révision complète sur Organisation judiciaire et droits subjectifs.

Voir la fiche →

Cours similaires

Crée tes propres QCM

Importe ton cours et l'IA génère des QCM avec corrections en 30 secondes.

Générateur de QCM