QCM : Droit constitutionnel : notions fondamentales (24 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Dans un pays, des entités locales ont leur propre constitution, disposent de compétences politiques importantes et participent aux décisions fédérales. Quelle distinction cela illustre-t-il ?

Les représentants déconcentrés disposent d’une constitution propre et participent aux décisions fédérales
Les États fédérés disposent d’un pouvoir politique propre, contrairement aux collectivités d’un État unitaire
Les États fédérés exercent des fonctions administratives locales sans participer aux décisions fédérales
Les collectivités d’un État unitaire disposent d’un pouvoir législatif comparable à celui des États fédérés

Les États fédérés disposent d’un pouvoir politique propre, contrairement aux collectivités d’un État unitaire

Explication

Les États fédérés ont des compétences politiques importantes, une constitution propre et participent à la décision fédérale, contrairement aux collectivités d’un État unitaire qui ne disposent pas d’un pouvoir législatif propre. L’option sur les collectivités leur attribue à tort ce pouvoir, celle sur les représentants confond déconcentration et fédéralisme, et celle sur les États fédérés nie leur participation fédérale.

2. Une loi vient d’être adoptée, mais n’a pas encore été promulguée. Quel mécanisme permet alors d’en contrôler la constitutionnalité ?

Le contrôle a posteriori après la publication
La QPC de l’article 61-1
Le contrôle a priori de l’article 61
Le contrôle administratif des actes réglementaires

Le contrôle a priori de l’article 61

Explication

Le contrôle a priori de l’article 61 intervient après l’adoption de la loi et avant sa promulgation. La QPC intervient après promulgation, le contrôle des actes réglementaires relève d’une autre voie, et la publication ne définit pas le moment de ce contrôle.

3. Dans un régime qui conçoit le suffrage comme une fonction confiée à certains électeurs, quel modèle de souveraineté est appliqué ?

Le modèle de la démocratie directe
Le modèle du mandat impératif
Le modèle de la souveraineté nationale
Le modèle de la souveraineté populaire

Le modèle de la souveraineté nationale

Explication

Dans le modèle national, l’électorat est une fonction dont l’exercice peut être restreint. Le suffrage comme droit universel relève du modèle populaire ; le mandat et la démocratie directe sont des notions distinctes de cette classification de l’électorat.

4. Quelle décision et quelle théorie sont associées au refus du Conseil d’État de contrôler la constitutionnalité d’une loi ?

L’arrêt Arrighi du Conseil d’État, en 1936, et la théorie de la loi-écran
L’arrêt Arrighi du Conseil d’État, en 1971, et la théorie de la loi-écran
L’arrêt Arrighi de la Cour de cassation, en 1936, et la théorie de la loi-écran
Une décision du Conseil constitutionnel, en 1936, et la théorie de la loi-écran

L’arrêt Arrighi du Conseil d’État, en 1936, et la théorie de la loi-écran

Explication

Dans l’arrêt Arrighi de 1936, le Conseil d’État se déclare incompétent pour contrôler la constitutionnalité d’une loi, selon la théorie de la loi-écran. L’attribution au Conseil constitutionnel ou à la Cour de cassation est erronée, tout comme la date de 1971.

5. Quelle définition correspond à l’État de droit ?

Un État où les lois sont adoptées par des représentants élus
Un État qui se soumet lui-même au droit
Un État dont le pouvoir provient du peuple
Un État où les pouvoirs sont répartis entre des institutions

Un État qui se soumet lui-même au droit

Explication

L’État de droit est un État qui se soumet lui-même au droit, définition associée notamment à Carré de Malberg et Kelsen. L’origine populaire du pouvoir caractérise la démocratie, tandis que la séparation des pouvoirs et l’adoption parlementaire des lois ne suffisent pas à définir l’État de droit.

6. Au cours d’un procès, un justiciable soulève une QPC. Quelle juridiction peut transmettre la question au Conseil constitutionnel après avoir joué son rôle de filtre ?

Le Conseil constitutionnel ou le Tribunal des conflits
Le président de l’Assemblée nationale ou celui du Sénat
Le tribunal judiciaire ou le tribunal administratif directement
La Cour de cassation ou le Conseil d’État

La Cour de cassation ou le Conseil d’État

Explication

La QPC est transmise au Conseil constitutionnel par la Cour de cassation ou le Conseil d’État, qui jouent le rôle de filtre. Le Conseil constitutionnel est le destinataire de la question, le Tribunal des conflits règle les conflits d’ordre juridictionnel, et le justiciable ne la transmet pas directement.

7. Un député reçoit de ses électeurs des instructions contraignantes sur son vote et doit les suivre. Quelle conséquence découle de l’article 27 de la Constitution ?

Le mandat impératif est nul et le vote du député reste personnel
Le mandat impératif est valide si les électeurs l’ont approuvé
Le vote du député peut être transféré à un représentant des électeurs
Le député doit suivre les instructions si elles concernent l’intérêt national

Le mandat impératif est nul et le vote du député reste personnel

Explication

L’article 27 rend nul tout mandat impératif et impose le caractère personnel du vote des parlementaires. Le mandat représentatif ne lie pas l’élu par des instructions, et le principe relatif au titulaire de la souveraineté ne modifie pas cette règle.

8. Quelle différence distingue le titulaire de la souveraineté dans les modèles de Rousseau et de Sieyès ?

Rousseau désigne l’État, Sieyès les institutions constituées
Rousseau désigne la nation abstraite, Sieyès les citoyens réels
Rousseau désigne les représentants, Sieyès les électeurs inscrits
Rousseau désigne les citoyens réels, Sieyès la nation abstraite

Rousseau désigne les citoyens réels, Sieyès la nation abstraite

Explication

Chez Rousseau, le peuple réel composé de citoyens égaux détient la souveraineté ; chez Sieyès, elle appartient à la nation, entité abstraite. L’attribution inverse confond les deux doctrines, et les représentants ou institutions ne sont pas les titulaires décrits.

9. Pour analyser un régime, une étudiante demande d’abord comment le pouvoir est exercé, puis d’où il tire sa légitimité. À quelles notions correspondent ces deux questions, dans cet ordre ?

L’État de droit, puis la séparation des pouvoirs
L’État de droit, puis la démocratie
La démocratie, puis l’État de droit
La démocratie, puis la hiérarchie des normes

L’État de droit, puis la démocratie

Explication

L’État de droit porte sur la manière dont le pouvoir s’exerce, tandis que la démocratie concerne l’origine du pouvoir. L’option qui inverse ces deux questions traduit la confusion entre les notions; la séparation des pouvoirs et la hiérarchie des normes sont des éléments de l’État de droit, non des réponses à la question de l’origine du pouvoir.

10. Un État décide librement sur son territoire et n’est soumis à aucune autorité étrangère. Quelle dimension de la souveraineté cette situation illustre-t-elle ?

La souveraineté nationale
La souveraineté externe
La souveraineté interne
La souveraineté populaire

La souveraineté externe

Explication

La souveraineté externe caractérise l’absence d’autorité extérieure au-dessus de l’État. La souveraineté interne concerne le pouvoir suprême de décision, tandis que les deux autres termes désignent des modèles relatifs au titulaire de la souveraineté.

11. Dans un pays, la modification de la Constitution exige une procédure plus contraignante que l’adoption d’une loi ordinaire. Comment caractériser cette Constitution ?

Une Constitution coutumière
Une Constitution rigide
Une Constitution matérielle
Une Constitution souple

Une Constitution rigide

Explication

Une Constitution est rigide lorsque sa modification suit une procédure plus contraignante que celle d’une loi ordinaire. La souplesse correspond à une procédure simple ou particulière absente ; le caractère écrit ou coutumier ne suffit pas à définir la rigidité.

12. Un juge indépendant contrôle les actes de l’État dans un pays où la Constitution est au sommet des normes, les pouvoirs sont séparés et les droits sont garantis. Quel élément de l’État de droit le contrôle du juge illustre-t-il directement ?

La séparation des pouvoirs entre les institutions
Le contrôle des actes de l’État par un juge indépendant
La hiérarchie des normes avec la Constitution au sommet
La garantie des droits et libertés

Le contrôle des actes de l’État par un juge indépendant

Explication

Le contrôle des actes de l’État par un juge indépendant est l’un des quatre éléments de l’État de droit. La hiérarchie des normes concerne le rang des règles, la séparation des pouvoirs l’organisation des institutions, et la garantie des droits leur protection.

13. Quelle composition et quelle durée de mandat caractérisent le Conseil constitutionnel ?

Trois membres nommés pour neuf ans, avec un renouvellement par tiers tous les trois ans
Neuf membres nommés pour neuf ans, sans renouvellement de mandat, avec un renouvellement par tiers tous les trois ans
Neuf membres nommés pour neuf ans, avec un mandat renouvelable une fois et un renouvellement par tiers
Neuf membres nommés pour neuf ans, avec un renouvellement intégral tous les trois ans

Neuf membres nommés pour neuf ans, sans renouvellement de mandat, avec un renouvellement par tiers tous les trois ans

Explication

Le Conseil constitutionnel compte neuf membres, nommés pour neuf ans sans renouvellement de leur mandat, et renouvelés par tiers tous les trois ans. Le renouvellement intégral confond le rythme partiel avec un remplacement complet, le mandat renouvelable contredit son caractère non renouvelable, et trois membres ne désigne pas l’effectif total.

14. Une étudiante classe les traités fondateurs de l’Union européenne parmi le droit dérivé et les actes adoptés par ses institutions parmi le droit originaire. Quelle correction faut-il apporter ?

Les traités relèvent du droit originaire et les actes institutionnels du droit dérivé
Les traités et les actes institutionnels relèvent du droit originaire
Les actes institutionnels relèvent du droit originaire et les traités du droit dérivé
Les traités et les actes institutionnels relèvent du droit dérivé

Les traités relèvent du droit originaire et les actes institutionnels du droit dérivé

Explication

Le droit originaire de l’Union européenne est constitué des traités, tandis que le droit dérivé rassemble les actes adoptés par ses institutions. « Les traités et les actes institutionnels dans le droit originaire » classe mal les actes, « les deux dans le droit dérivé » classe mal les traités, et l’inversion complète échange les deux catégories.

15. Quelle description correspond à la définition de la Constitution donnée par G. Cornu ?

L’ensemble des décisions judiciaires organisant les élections et contrôlant les partis
L’ensemble des lois ordinaires définissant les compétences des administrations locales
L’ensemble des institutions politiques exerçant les pouvoirs législatif et exécutif
L’ensemble des règles suprêmes fondant l’État, organisant ses institutions et garantissant des libertés

L’ensemble des règles suprêmes fondant l’État, organisant ses institutions et garantissant des libertés

Explication

Pour G. Cornu, la Constitution réunit des règles suprêmes qui fondent l’autorité de l’État, organisent et habilitent les institutions, leur imposent souvent des limites et garantissent des libertés. La réduire aux élections, aux décisions judiciaires ou aux institutions elles-mêmes laisse de côté sa fonction normative.

16. Une administration conclut un contrat, possède un immeuble et engage une action en justice. Quelle notion juridique permet de reconnaître à l’État ces capacités ?

La décentralisation de l’État
La personnalité juridique de l’État
La souveraineté internationale de l’État
La puissance publique de l’État

La personnalité juridique de l’État

Explication

La personnalité juridique fait de l’État une personne morale de droit public capable d’agir en justice, de contracter et de détenir un patrimoine. La souveraineté internationale concerne son statut extérieur, la puissance publique ses pouvoirs de décision et d’exécution, et la décentralisation l’organisation territoriale.

17. Après une révolution, un nouvel ordre politique adopte une Constitution. Quel type de pouvoir constituant intervient à ce moment ?

Les pouvoirs constitués
Le pouvoir constituant dérivé
Le pouvoir législatif ordinaire
Le pouvoir constituant originaire

Le pouvoir constituant originaire

Explication

Le pouvoir constituant originaire adopte une Constitution nouvelle, notamment dans un contexte révolutionnaire. Le pouvoir dérivé la modifie selon la procédure prévue, tandis que les pouvoirs constitués sont les institutions organisées par elle.

18. Un gouvernement adopte une norme au nom de la nation et prend des mesures pour la faire appliquer par la population. Quelle notion désigne ces deux prérogatives réunies ?

La personnalité juridique
La décentralisation territoriale
La puissance publique
La répartition fédérale des compétences

La puissance publique

Explication

La puissance publique comprend le pouvoir de prendre des décisions pour la nation, notamment des normes, et celui de les faire imposer à la communauté. La personnalité juridique désigne la capacité d’être sujet de droit, tandis que la décentralisation et le partage fédéral concernent l’organisation des compétences.

19. Pour mettre en œuvre une règle européenne, un État doit adopter des normes internes afin d’atteindre des objectifs fixés par cette règle. De quel type d’acte s’agit-il ?

D’un règlement
D’un acte sans caractère obligatoire
D’une directive
D’un traité constitutif

D’une directive

Explication

Une directive fixe des objectifs que les États transposent dans leur droit interne au moyen de normes internes. Le « règlement » est directement applicable, le « traité constitutif » relève du droit originaire, et un « acte sans caractère obligatoire » ne correspond pas à la règle décrite.

20. Plusieurs États créent par traité une institution chargée d’agir dans des domaines qu’ils ont définis. Quelle caractéristique juridique cette institution possède-t-elle ?

Une personnalité juridique sans souveraineté, dans le cadre du principe de spécialité
Une souveraineté propre, limitée aux domaines énumérés par le traité
Une personnalité juridique et des compétences générales indépendantes des États
Une personnalité juridique issue des actes adoptés par ses institutions

Une personnalité juridique sans souveraineté, dans le cadre du principe de spécialité

Explication

Le traité constitutif donne à l’organisation une personnalité juridique, mais ses compétences restent fixées par les États selon le principe de spécialité, sans souveraineté propre. La « souveraineté propre » confond personnalité et souveraineté, les « compétences générales » méconnaissent le principe de spécialité, et les « actes adoptés par ses institutions » ne sont pas le fondement décrit ici.

21. Une étude classe comme constitutionnelles des règles portant sur les institutions et les libertés, même si elles ne figurent pas dans un texte constitutionnel unique. Quelle approche utilise-t-elle ?

L’approche matérielle
L’approche des pouvoirs constitués
L’approche du pouvoir constituant originaire
L’approche formelle

L’approche matérielle

Explication

L’approche matérielle s’intéresse au contenu : organisation et fonctionnement des institutions, ainsi que droits et libertés, quelle que soit la forme des règles. L’approche formelle s’attache à la norme suprême adoptée et révisée selon une procédure spéciale.

22. Une loi a été adoptée et le Président de la République la promulgue dans les quinze jours. Selon l’article 10 de la Constitution, quelle conséquence en découle ?

La loi existe
La loi est seulement adoptée
La loi est transmise au Conseil d’État
La loi est déclarée constitutionnelle

La loi existe

Explication

Selon l’article 10, la promulgation présidentielle dans les quinze jours fait exister la loi. L’adoption parlementaire ne suffit pas à elle seule, le contrôle de constitutionnalité est une autre fonction et le Conseil d’État ne promulgue pas les lois.

23. Un requérant conteste la conformité d’un acte réglementaire à la loi et à la Constitution. Quel contrôle juridictionnel correspond à cette contestation ?

Le contrôle de la juridiction administrative
Le contrôle du Conseil constitutionnel
Le contrôle de la Cour de cassation
Le contrôle du Tribunal des conflits

Le contrôle de la juridiction administrative

Explication

La juridiction administrative contrôle les actes réglementaires au regard de la loi et de la Constitution, tandis que le Conseil constitutionnel contrôle les lois. La Cour de cassation est la juridiction suprême de l’ordre judiciaire, et le Tribunal des conflits détermine l’ordre compétent.

24. Dans une région, le préfet met en œuvre localement des compétences qui restent celles de l’État. Quel mode d’organisation est décrit ?

La décentralisation
Le fédéralisme
La libre administration
La déconcentration

La déconcentration

Explication

La déconcentration consiste à faire exercer localement les compétences de l’État par ses propres représentants, notamment le préfet. La décentralisation confie des compétences à des collectivités distinctes, le fédéralisme partage le pouvoir politique et la libre administration concerne les collectivités territoriales.

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Qu’est-ce que la souveraineté externe d’un État ?

La supériorité de l’État sur son territoire et son absence de soumission à une autorité extérieure.

À qui Rousseau attribue-t-il la souveraineté populaire ?

Au peuple réel, composé de citoyens égaux, dont chaque membre détient une part.

Dans le modèle populaire, quel statut possède le suffrage ?

C’est un droit exercé au suffrage universel.

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