📌 L’école du service public associait le service public au droit administratif, à la personne publique et à la compétence du juge administratif, mais cette triple liaison a été progressivement dissociée.
Interdépendance sociale → intervention des gouvernants → service public
★ À maîtriser
📌 Les services publics administratifs relèvent en principe du régime administratif, tandis que les services publics industriels et commerciaux présentent une activité comparable à celle d’une entreprise privée et peuvent relever du droit commun.
📌 Selon l’arrêt APREI de 2007, une personne privée peut gérer un service public avec une mission d’intérêt général et soit des prérogatives de puissance publique, soit, en leur absence, un contrôle approfondi de la personne publique.
Compléments
SPA : droit administratif ; SPIC : droit commun
📌 L’article 106 TFUE applique les règles européennes de concurrence aux entreprises publiques, y compris lorsqu’elles bénéficient de droits spéciaux ou exclusifs, sauf si cette application empêche l’accomplissement de leur mission particulière.
📌 Les SIEG sont des services d’intérêt général intervenant dans un cadre concurrentiel, tandis que les SNEIG fournissent des prestations d’intérêt général hors de ce cadre, notamment dans les domaines régaliens et sociaux.
Concurrence économique ↔ solidarité sociale
★ À maîtriser
📌 La création d’un service public est obligatoire lorsque la Constitution ou la loi l’impose, tandis qu’elle est facultative lorsque l’autorité publique dispose d’un choix ou agit spontanément dans le respect de sa compétence.
📌 Selon la jurisprudence issue des arrêts Casanova et Nevers, la création d’un service public concurrentiel par une collectivité exigeait une carence de l’initiative privée et un intérêt général.
Compléments
📌 La création et le fonctionnement d’un service public doivent respecter la liberté du commerce et de l’industrie ainsi que les règles de concurrence, notamment en évitant les subventions irrégulières qui permettraient de pratiquer des prix artificiellement bas.
Casanova → Nevers → évolution vers l’intérêt public
★ À maîtriser
📌 La personne publique qui crée ou attribue le service public en est la personne maîtresse, tandis que la personne gestionnaire peut être la même personne publique, une autre personne publique ou une personne privée.
📌 La personne maîtresse du service public dispose en principe d’un choix discrétionnaire entre une gestion directe et une gestion confiée à un tiers.
Compléments
📌 Le choix discrétionnaire de gestion connaît deux exceptions lorsque le service est de nature régalienne ou lorsqu’un texte impose directement son mode de gestion.
Personne maîtresse du service public ≠ personne gestionnaire
★ À maîtriser
La régie correspond à une fusion entre la personne publique qui crée le service public et celle qui l’exploite, sans création d’une personne publique distincte.
La régie simple confond totalement le service public et la personne publique, de sorte que les recettes et les dépenses figurent dans un budget et une comptabilité uniques.
Les services publics industriels et commerciaux ne peuvent pas être exploités en régie simple, car une distinction budgétaire et comptable est nécessaire.
L’établissement public repose sur trois principes directeurs :
📌 Un établissement public peut exercer des activités accessoires si elles présentent un lien avec sa mission statutaire et une utilité pour celle-ci, notamment en contribuant à son équilibre financier.
Compléments
📌 La régie indirecte conserve la confusion entre la personne publique et le service, mais elle accorde au service un budget annexe et une comptabilité propre.
Régie = fusion ; établissement public = autonomie sous contrôle
★ À maîtriser
📌 Dans la concession de service public, le délégataire construit les infrastructures nécessaires et les restitue à la fin du contrat, tandis que dans l’affermage la personne publique fournit l’infrastructure et le fermier lui verse une redevance.
Compléments
Risque transféré au délégataire → concession de service
★ À maîtriser
📌 Un marché public de services rémunère le cocontractant par un prix payé par la personne publique, tandis qu’une délégation de service public transfère au délégataire un risque lié à l’exploitation.
Compléments
DSP = contrat ; investiture unilatérale = texte ou jurisprudence
📌 Un SPA est plutôt financé par l’impôt et organisé selon des règles publiques, tandis qu’un SPIC est plutôt financé par des redevances payées par les usagers et organisé selon des règles privées.
Objet – Ressources – Organisation : ORO
★ À maîtriser
📌 Le régime juridique d’un SPA relève en principe du droit administratif et les litiges relèvent en principe de la juridiction administrative.
📌 Le régime juridique d’un SPIC relève en principe du droit privé et les litiges relèvent en principe de la juridiction judiciaire.
Compléments
SPA → droit administratif et JA ; SPIC → droit privé et JJ
La détermination du régime repose sur trois éléments :
Le principe de continuité impose une permanence du service public, qui peut être relative ou absolue lorsque le service doit fonctionner vingt-quatre heures sur vingt-quatre.
La loi peut concilier continuité et droit de grève en :
Continuité du service ↔ exercice du droit de grève
★ À maîtriser
📌 Le chef de service peut organiser l’exercice du droit de grève et imposer un service minimum lorsque le fonctionnement du service l’exige.
📌 Les grèves tournantes, perlées, surprises et sur le tas sont interdites, et une grève doit être précédée d’un préavis de 5 jours francs indiquant sa durée, ses motifs et son lieu, pendant lequel une négociation doit être engagée.
Compléments
Les secteurs concernés comprennent :
La loi de 2012 impose, en cas d’absence d’un enseignant, un service d’accueil dans les écoles maternelles et élémentaires.
Interdiction, formes interdites, service minimum
★ À maîtriser
Les critères interdits comprennent :
Dans l’arrêt CE, 1954, Barel, le Conseil d’État a jugé qu’un agent public ne pouvait pas être écarté d’un concours en raison de ses opinions politiques.
📌 L’égalité impose un traitement identique des personnes placées dans la même situation, mais permet un traitement différent lorsque les personnes sont dans des situations objectivement différentes ou lorsque l’intérêt général le justifie, à condition que la différence soit directement liée à l’objet de la norme. - CE Section, Société des concerts du Conservatoire, 1951
La loi du 15 mars 2004 interdit dans les écoles publiques le port de signes ou tenues manifestant ostensiblement une appartenance religieuse, quelle que soit la religion concernée.
La loi du 11 octobre 2010 interdit de dissimuler son visage dans les lieux publics.
Compléments
📌 L’approche européenne de l’égalité reconnaît un droit au traitement différent en cas de situation différente, tandis que l’approche française reconnaît seulement un pouvoir discrétionnaire de différenciation de l’autorité administrative.
Situation différente : pouvoir discrétionnaire en France, droit au traitement différent en Europe
★ À maîtriser
L’arrêt CE, 1961, Vannier, pose qu’un usager n’a pas de droit au maintien d’un service public existant.
Un service public n’est pas nécessairement gratuit : certains services sont gratuitement imposés par la Constitution ou la loi, certains sont rendus gratuits par l’administration, et la majorité sont payants.
Dans les SPA, la redevance payée par l’usager est généralement inférieure au coût du service, tandis que dans les SPIC les redevances doivent au minimum correspondre au coût de la prestation.
Compléments
📌 Dans le cadre d’un contrat public, l’administration peut modifier ou résilier unilatéralement un contrat lorsque l’adaptation du service public l’exige.
Évolution de l’environnement → adaptation du service public
★ À maîtriser
La loi Informatique et libertés de janvier 1978 permet à l’administré de demander la communication et la rectification des fichiers informatiques contenant ses données personnelles.
La loi du 17 juillet 1978 a créé un droit d’accès aux documents administratifs et la Commission d’accès aux documents administratifs accompagne les usagers en cas de difficulté.
Compléments
📌 L’article L111-2 du CRPA impose à l’administration d’indiquer à l’usager l’identité de l’agent qui a traité sa demande.
TPQ : transparence, participation, qualité
★ À maîtriser
📌 La police administrative a une finalité préventive et relève en principe de la juridiction administrative, tandis que la police judiciaire a une finalité répressive et relève de la juridiction judiciaire.
📌 Selon l’article 66 de la Constitution, la police judiciaire doit être placée sous la direction et le contrôle de l’autorité judiciaire.
Compléments
Prévenir avec la PA, réprimer avec la PJ
★ À maîtriser
La trilogie classique comprend :
Dans l’arrêt CE Ass., 1995, Commune de Morsang-sur-Orge, le Conseil d’État a reconnu la dignité humaine comme une quatrième composante de l’ordre public en interdisant une attraction de lancer de nains.
La police administrative générale exclut en principe la moralité publique, la protection des individus contre eux-mêmes et l’intimité de la vie privée, sauf lorsque ces éléments présentent des conséquences matérielles ou une violation de la loi pénale.
Lorsque plusieurs autorités de police générale interviennent, l’autorité locale ne peut adopter des mesures plus strictes que si des circonstances locales particulières aggravent le risque.
Lorsqu’une même autorité détient un pouvoir de police générale et un pouvoir de police spéciale, elle doit en principe utiliser prioritairement son pouvoir de police spéciale, sauf nécessité exceptionnelle de bonne administration.
Les mesures générales de police fixent abstraitement le régime d’une liberté, tandis que les mesures individuelles prennent la forme d’une déclaration préalable ou d’une autorisation préalable concernant une personne ou une activité déterminée.
Compléments
📌 Depuis l’arrêt CE Ass., 2011, Commune de Saint-Denis, une police spéciale exclusive de l’État peut empêcher le maire d’intervenir au titre de sa police administrative générale, notamment pour l’implantation d’antennes de téléphonie mobile.
Bon ordre, sûreté, sécurité-salubrité, dignité
📌 Les mesures juridiques de police administrative encadrent les libertés individuelles, leur type étant fixé textuellement pour la police administrative spéciale tandis que la police administrative générale peut prendre toute mesure non interdite par la loi nécessaire à la protection de l’ordre public, y compris la dignité humaine.
📌 Les mesures générales comprennent l’abstention, qui constitue le régime normal de liberté, et les prescriptions législatives ou réglementaires qui fixent le degré de liberté accordé dans une activité.
Les principales mesures individuelles sont :
Les mesures matérielles comprennent notamment :
La mesure juridique de police administrative ne peut pas prendre la forme d’un contrat, car elle relève de l’action unilatérale et souveraine de l’État, et les pouvoirs de police administrative ne peuvent pas être délégués à des personnes privées.
La mesure juridique de police administrative poursuit un objectif de prévention des troubles à l’ordre public, tandis que la sanction poursuit un objectif de répression d’un comportement.
Depuis la loi de 1979, codifiée à l’article L211-2 du CRPA, les mesures de police administrative sont des décisions administratives défavorables qui doivent être motivées parce qu’elles restreignent les libertés publiques.
Depuis la loi de 2000, les droits de la défense imposent d’informer la personne de l’intention de prendre une mesure de police et de lui permettre de présenter une défense écrite avant l’édiction de l’acte, sous réserve des dérogations prévues par l’article L211-6 du CRPA.
Depuis les années 1970, le contrôle juridictionnel des mesures de haute police, notamment de la police des étrangers, est passé du contrôle limité à l’erreur manifeste d’appréciation au contrôle normal de l’existence matérielle et de la qualification juridique des faits.
📌 Le pouvoir de police administrative ne peut être délégué à une personne privée, qu’il s’agisse d’une délégation contractuelle ou d’une attribution unilatérale par la loi ou un acte administratif.
Dans la décision DC 2011 OPPSI, le Conseil constitutionnel a fondé l’interdiction de privatiser la police sur l’article 12 de la DDHC, qui exige une force publique instituée pour l’avantage de tous.
La sécurité privée peut participer à des activités matérielles de secours ou à des activités de terrain qui n’impliquent ni contrôle d’identité ni mesure de contrainte, mais elle ne peut pas exercer ces prérogatives de puissance publique.
Lorsque la mesure de police affecte une liberté constitutionnellement garantie, le pouvoir de police est plus limité que lorsqu’elle concerne une simple faculté dépourvue de protection juridique supérieure.
En matière d’activités commerciales et industrielles, seule la loi peut poser une interdiction générale et absolue, tandis que l’administration doit normalement se limiter à des interdictions temporaires, géographiquement limitées ou portant sur certaines modalités.
Une mesure de police doit faire tout ce qui est nécessaire pour prévenir une atteinte à l’ordre public et ne rien imposer au-delà de ce qui est requis par les circonstances.
Dans l’arrêt CE 1933 Benjamin, le Conseil d’État contrôle la nécessité et l’opportunité de la mesure de police en recherchant une proportionnalité entre la mesure adoptée et le risque d’atteinte à l’ordre public.
Mesures juridiques : encadrer ; mesures matérielles : agir
| Jurisprudence | Mission d’intérêt général | Prérogatives de puissance publique | Contrôle public |
|---|---|---|---|
| Narcy, 1963 | Oui | Oui | Contrôle normal |
| Meulin, 1990 | Oui | Non nécessairement | Contrôle public |
| APREI, 2007 | Oui | Oui ou non | Contrôle approfondi si absence de prérogatives |
| Dimension | SPA | SPIC |
|---|---|---|
| Financement | Impôt et contributions fiscales | Redevances des usagers |
| Organisation | Règles et comptabilité publiques | Règles et comptabilité privées |
| Droit applicable | Droit administratif en principe | Droit privé en principe |
| Juridiction | Juridiction administrative en principe | Juridiction judiciaire en principe |
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1. Comment Léon Duguit définit-il le service public ?
2. Quel ensemble constitue le noyau dur des services publics régaliens ?
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Comment Léon Duguit définit-il le service public ?
Toute activité réglée, assurée et contrôlée par les gouvernants indispensable à l’interdépendance sociale.
Quels services composent le noyau dur des services publics régaliens ?
Le service fiscal, la défense nationale, la justice et la police.
À quoi l’école du service public associait-elle le service public ?
Au droit administratif, à la personne publique et au juge administratif.
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