QCM : Principes et application du droit pénal — 24 questions

Questions et réponses du QCM

1. Quelle est la meilleure définition d’une infraction en droit pénal ?

Une mesure destinée à corriger un état dangereux
Une sanction appliquée avant toute qualification juridique
Un acte seulement interdit par une règle morale
Une action ou une omission pénalement sanctionnée par un texte

Une action ou une omission pénalement sanctionnée par un texte

Explication

L’infraction suppose un comportement, par action ou omission, que le texte pénal sanctionne. La mesure destinée à corriger un état dangereux correspond plutôt à une mesure de sûreté.

2. Quel est le rôle principal de l’incrimination dans le mécanisme pénal ?

Ériger un comportement en infraction et lui attacher une sanction
Mettre en œuvre la procédure devant le juge
Déclarer coupable la personne avant le jugement
Réparer le trouble causé à l’ordre public sans peine

Ériger un comportement en infraction et lui attacher une sanction

Explication

L’incrimination est l’acte qui qualifie juridiquement un comportement comme infraction et prévoit la sanction correspondante. Elle se distingue de la condamnation, qui intervient après le jugement.

3. Quelle fonction du droit pénal vise à compenser le trouble causé à l’ordre public ?

La fonction résocialisatrice
La fonction probatoire
La fonction rétributive
La fonction réparatrice civile

La fonction rétributive

Explication

La fonction rétributive consiste à infliger une sanction en réponse au trouble causé à l’ordre public. La résocialisation a, elle, pour but de favoriser le retour de l’auteur dans la société.

4. En quoi les mesures de sûreté se distinguent-elles des peines ?

Elles ont pour objet principal de réparer le préjudice de la victime
Elles punissent un acte passé par une réprobation morale
Elles visent à prévenir de nouvelles infractions en corrigeant un état dangereux
Elles s’appliquent seulement après une condamnation définitive

Elles visent à prévenir de nouvelles infractions en corrigeant un état dangereux

Explication

Les mesures de sûreté sont des mesures correctives tournées vers la prévention du risque futur, sans finalité rétributive. Elles ne supposent pas nécessairement une faute au sens des peines.

5. Que désigne le droit pénal de fond ?

La compétence des juridictions et les règles de procédure
Les seuls recours contre les décisions pénales
Le régime matériel de l’incrimination et de la sanction
Les règles de police administrative

Le régime matériel de l’incrimination et de la sanction

Explication

Le droit pénal de fond concerne l’incrimination et la sanction, donc le contenu matériel de la répression. Les règles de compétence et de procédure relèvent du droit pénal de forme.

6. Quelle caractéristique décrit le mieux une infraction militaire ?

Une infraction dirigée contre les seules institutions parlementaires
Une infraction limitée aux crimes commis hors du service
Une infraction liée aux exigences propres à l’armée ou commise dans l’exercice du service par un militaire
Une infraction qui exige toujours un mobile politique

Une infraction liée aux exigences propres à l’armée ou commise dans l’exercice du service par un militaire

Explication

Les infractions militaires peuvent résulter de manquements à la discipline ou d’infractions de droit commun commises dans le cadre du service. Elles se distinguent des infractions politiques, centrées sur l’atteinte aux institutions ou aux libertés publiques.

7. Comment peut-on définir la politique criminelle ?

Le pouvoir du juge de créer des infractions nouvelles
La liste des infractions prévues dans un code
L’orientation générale qui organise la manière de définir et de traiter les infractions
L’ensemble des peines prononcées par les tribunaux

L’orientation générale qui organise la manière de définir et de traiter les infractions

Explication

La politique criminelle correspond à la ligne directrice qui organise le traitement des infractions par le droit pénal. Elle ne confère pas au juge un pouvoir de création normative.

8. Quelle adaptation peut être justifiée pour certaines familles d’infractions, notamment en matière de délinquance organisée ?

Une suppression complète de toute sanction
Une application automatique du droit civil
Une adaptation de la compétence juridictionnelle et de la procédure
Une exclusion totale du contrôle du juge

Une adaptation de la compétence juridictionnelle et de la procédure

Explication

Certaines familles d’infractions peuvent entraîner des règles dérogatoires au droit commun, y compris sur la compétence et la procédure. La délinquance organisée est expressément citée comme pouvant justifier de telles adaptations.

9. Qu’est-ce qu’une infraction simple ?

Une infraction réalisée par un seul acte d’exécution suffisant
Une infraction qui suppose plusieurs actes de nature différente
Une infraction qui exige plusieurs répétitions dans le temps
Une infraction consommée seulement par un résultat dommageable

Une infraction réalisée par un seul acte d’exécution suffisant

Explication

L’infraction simple est consommée par la matérialité d’un seul acte d’exécution. À l’inverse, l’infraction complexe suppose plusieurs actes coordonnés.

10. Quelle différence caractérise une infraction formelle ?

Elle suppose plusieurs actes de même nature rapprochés dans le temps
Elle ne peut exister que si un état dangereux est constaté
Elle est consommée par la violation de la règle, sans exigence de résultat effectif
Elle exige toujours la réalisation d’un dommage prouvé

Elle est consommée par la violation de la règle, sans exigence de résultat effectif

Explication

L’infraction formelle est constituée dès que l’activité interdite est accomplie, même sans atteinte effective à la valeur protégée. La nécessité d’un dommage prouvé correspond plutôt à l’infraction matérielle.

11. Quelle source européenne du droit pénal consacre le principe de la légalité criminelle à son article 7 ?

Le protocole n°6
Le mandat d’arrêt européen
La Convention européenne des droits de l’homme
Le traité de Lisbonne

La Convention européenne des droits de l’homme

Explication

La Convention européenne des droits de l’homme consacre la légalité criminelle à l’article 7. Le traité de Lisbonne et le mandat d’arrêt européen relèvent du droit de l’Union, pas de cette garantie conventionnelle précise.

12. Quel texte européen interdit la peine de mort ?

L’article 15 de la CEDH
Le protocole n°6
Le protocole n°7
L’article 83 du TFUE

Le protocole n°6

Explication

Le protocole n°6 interdit la peine de mort. Le protocole n°7 concerne surtout la règle non bis in idem, tandis que l’article 15 vise les dérogations en cas de crise.

13. Quel principe impose que les crimes et délits soient définis et punis uniquement par un texte adopté par l’autorité compétente ?

Le principe de territorialité
Le principe de légalité criminelle
Le principe d’opportunité des poursuites
Le principe de conventionnalité

Le principe de légalité criminelle

Explication

Le principe de légalité criminelle exige qu’une infraction et sa peine soient prévues par un texte. Il empêche le juge de créer lui-même une incrimination.

14. Quelle affirmation décrit le mieux le rôle de l’autorité normative pénale ?

Elle contrôle la conformité des actes administratifs
Elle apprécie librement l’opportunité des poursuites
Elle crée les incriminations et fixe les sanctions
Elle remplace le juge dans l’individualisation de la peine

Elle crée les incriminations et fixe les sanctions

Explication

L’autorité normative pénale a le monopole de la création des incriminations et de la fixation des sanctions. Le juge applique ensuite ce cadre sans pouvoir inventer l’infraction.

15. Dans le raisonnement pénal, quel usage de l’analogie reste traditionnellement admis malgré son interdiction de principe ?

L’analogie réglementaire
L’analogie automatique
L’analogie aggravante
L’analogie in favorem

L’analogie in favorem

Explication

L’analogie in favorem peut être admise lorsqu’elle bénéficie à la personne poursuivie. En revanche, l’analogie ne peut pas servir à aggraver la répression.

16. Que fait le juge lorsqu’il constate une erreur grossière dans la rédaction d’un texte pénal ?

Il écarte systématiquement le texte
Il restitue au texte son sens véritable
Il crée une nouvelle infraction par extension
Il applique une interprétation par ressemblance

Il restitue au texte son sens véritable

Explication

En cas d’erreur grossière, le juge corrige la rédaction pour retrouver le sens véritable du texte. Il ne recourt pas à une extension par analogie pour créer une règle nouvelle.

17. Dans quel cas le juge pénal peut-il apprécier la légalité d’un acte administratif avant de l’appliquer ?

Lorsque l’affaire concerne une contravention
Lorsque la solution du procès en dépend de façon déterminante
Lorsque l’acte administratif a été pris par une autorité locale
Lorsque l’acte est simplement contesté par une partie

Lorsque la solution du procès en dépend de façon déterminante

Explication

Le juge pénal peut examiner la légalité d’un acte administratif quand l’issue du procès dépend de cet acte. Si la décision du procès serait identique, il n’a pas à procéder à ce contrôle.

18. Quel est l’effet du contrôle de conventionnalité lorsqu’un texte français est incompatible avec un traité invoqué ?

Le traité est écarté au profit du texte interne
Le texte interne est écarté au profit du traité
Le juge suspend automatiquement la procédure
Le texte interne devient valable s’il est postérieur

Le texte interne est écarté au profit du traité

Explication

En contrôle de conventionnalité, la juridiction écarte le texte interne incompatible et fait prévaloir le traité. La postériorité du texte français ne change pas cette solution.

19. Quel est le critère principal d’application du principe de territorialité de la loi pénale ?

L’existence d’un jugement préalable à l’étranger
Le lieu de commission de l’infraction
Le lieu de résidence de la victime
La nationalité de l’auteur

Le lieu de commission de l’infraction

Explication

La territorialité dépend du lieu où l’infraction est commise en France. Elle ne suppose ni la nationalité française de l’auteur ni un jugement étranger préalable.

20. Quel obstacle est surtout procédural et limite l’exercice de l’action publique en matière territoriale ?

La prescription de l’action publique
La rétroactivité in mitius
La compétence universelle
L’immunité diplomatique

L’immunité diplomatique

Explication

L’immunité diplomatique fait surtout obstacle, de manière procédurale, à l’exercice de l’action publique. Elle se distingue de la prescription et de la compétence universelle, qui relèvent d’autres mécanismes.

21. Dans quel cas la compétence universelle conventionnelle permet-elle de poursuivre en France une infraction commise à l’étranger ?

Lorsque la victime a déposé plainte en France, même sans texte conventionnel
Lorsque l’infraction a été jugée à l’étranger mais n’a pas encore été prescrite
Lorsque l’auteur est de nationalité française, quel que soit le lieu des faits
Lorsque l’auteur est trouvé en France et que la convention internationale ouvre cette compétence

Lorsque l’auteur est trouvé en France et que la convention internationale ouvre cette compétence

Explication

La compétence universelle fondée sur une convention internationale suppose que l’auteur soit trouvé en France et que la convention prévoie cette ouverture de compétence. La nationalité française de l’auteur ou une simple plainte ne suffisent pas à elles seules.

22. Quel effet produit le principe non bis in idem dans le cadre de la compétence universelle ?

Il écarte uniquement les poursuites lorsqu’une juridiction étrangère a relaxé l’auteur
Il exige toujours une nouvelle plainte française avant toute poursuite
Il permet de rejuger en France toute affaire étrangère pour vérifier la sévérité de la peine
Il interdit de poursuivre en France une personne déjà condamnée définitivement à l’étranger pour les mêmes faits, si la peine a été subie ou prescrite

Il interdit de poursuivre en France une personne déjà condamnée définitivement à l’étranger pour les mêmes faits, si la peine a été subie ou prescrite

Explication

Le non bis in idem empêche de poursuivre en France la même personne pour les mêmes faits déjà jugés définitivement à l’étranger, lorsque la peine a été exécutée ou prescrite. Une relaxe étrangère n’est pas la seule hypothèse visée.

23. Quel est le principe applicable aux textes pénaux de fond plus sévères dans le temps ?

Ils s’appliquent immédiatement à tous les faits non jugés définitivement
Ils ne s’appliquent pas aux faits antérieurs à leur entrée en vigueur
Ils remplacent automatiquement les textes anciens même pour les faits déjà jugés
Ils peuvent toujours être appliqués si le juge les estime plus adaptés

Ils ne s’appliquent pas aux faits antérieurs à leur entrée en vigueur

Explication

Un texte pénal de fond plus sévère est non rétroactif : il ne régit pas les faits commis avant son entrée en vigueur. La rétroactivité n’est admise que pour les textes plus doux, sous conditions.

24. Comment se calcule en principe la prescription de l’action publique pour une infraction continue ?

À partir du premier acte commis
À partir de la fin de l’état infractionnel
À partir de la plainte de la victime
À partir de la date du jugement définitif

À partir de la fin de l’état infractionnel

Explication

Pour une infraction continue, la prescription court à partir de la fin de l’état infractionnel. Ce n’est pas le premier acte qui fixe le départ du délai, contrairement à l’idée d’une consommation instantanée.

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Infraction — définition ?

Action ou omission sanctionnée par la loi.

Incrimination — rôle ?

Érige un comportement en infraction et fixe la sanction.

Sanction pénale — but ?

Punir la personne coupable et dissuader.

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