QCM : Protection juridique des libertés (28 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Pourquoi la protection des libertés est-elle devenue une question majeure après la Seconde Guerre mondiale ?

Pour remplacer les constitutions nationales par des règles internationales
Pour harmoniser les programmes scolaires consacrés aux institutions politiques
Pour éviter que les régimes ne remettent en cause les droits humains
Pour réduire les pouvoirs des juridictions chargées d’appliquer la loi

Pour éviter que les régimes ne remettent en cause les droits humains

Explication

Après la Seconde Guerre mondiale, la protection des libertés a pris une importance majeure afin d’empêcher les régimes de remettre en cause les droits humains. L’harmonisation des programmes scolaires ne correspond pas à cette raison historique.

2. Quelle évolution caractérise l’enseignement de cette discipline en France ?

Il apparaît après 1945 et devient obligatoire en 1958
Il apparaît en 1954 et devient obligatoire en 1972
Il apparaît en 1962 et devient obligatoire en 1954
Il apparaît en 1954 et devient obligatoire en 1962

Il apparaît en 1954 et devient obligatoire en 1962

Explication

L’enseignement de la discipline existe depuis 1954 et n’est devenu obligatoire qu’en 1962. L’année 1962 marque donc son caractère obligatoire, et non son apparition.

3. Quelle distinction permet de différencier les libertés publiques des droits fondamentaux ?

Les premières désignent des droits essentiels de premier rang, les seconds des régimes juridiques concrets
Les premières relèvent de droits antérieurs à l’État, les seconds de droits créés par les contrats sociaux
Les premières désignent des régimes juridiques concrets, les seconds des droits essentiels de premier rang
Les premières correspondent aux droits-créances, les seconds aux droits-libertés opposables à l’État

Les premières désignent des régimes juridiques concrets, les seconds des droits essentiels de premier rang

Explication

Les libertés publiques renvoient à des régimes juridiques concrets, tandis que les droits fondamentaux sont des droits essentiels et de premier rang. L’autre distinction inverse précisément les deux notions.

4. À quelle tradition intellectuelle se rattache le concept politique des droits de l’Homme ?

À l’école positiviste du droit public, représentée notamment par Kelsen, Duguit et Hauriou
À l’école moderne du droit naturel, représentée notamment par Grotius, Locke et Rousseau
À l’école historique du droit, représentée notamment par Savigny, Maine et Durkheim
À la tradition du droit canonique, représentée notamment par Augustin, Thomas d’Aquin et Grégoire

À l’école moderne du droit naturel, représentée notamment par Grotius, Locke et Rousseau

Explication

Les droits de l’Homme sont un concept de vie politique issu de l’école moderne du droit naturel, à laquelle appartiennent notamment Grotius, Locke et Rousseau. L’école positiviste du droit public est une tradition différente.

5. Dans la fiction du contrat social, que deviennent les individus lorsqu’ils quittent l’état de nature pour vivre en société ?

Ils abandonnent leur liberté civile et se soumettent aux décisions privées des communautés
Ils conservent leur liberté naturelle et délèguent à l’État l’administration de leurs biens
Ils abandonnent leur liberté naturelle et se soumettent à la volonté générale exprimée par la loi
Ils préservent leur autonomie politique et remplacent la loi par des conventions individuelles

Ils abandonnent leur liberté naturelle et se soumettent à la volonté générale exprimée par la loi

Explication

Dans cette fiction, les individus concluent un contrat, abandonnent leur liberté naturelle et se soumettent à la volonté générale exprimée par la loi. La liberté naturelle appartient à l’état de nature, elle n’est pas conservée comme telle dans la société instituée.

6. Quel rôle l’association politique doit-elle jouer dans la théorie des droits naturels ?

Remplacer les droits individuels par des libertés accordées selon les besoins de l’administration
Soumettre les droits naturels aux décisions de la volonté générale sans garantie particulière
Créer des droits qui n’existent qu’après la formation de l’État et peuvent être retirés par la loi
Préserver des droits antérieurs à l’État et supérieurs à lui, ensuite présentés comme inaliénables

Préserver des droits antérieurs à l’État et supérieurs à lui, ensuite présentés comme inaliénables

Explication

La théorie des droits naturels exige que l’association politique préserve des droits antérieurs à l’État et supérieurs à lui, que la Révolution française présentera comme inaliénables. L’idée que ces droits seraient créés par l’État inverse leur rapport à celui-ci.

7. Quel type de rapport à l’État caractérise les droits-libertés de première génération associés à 1789 ?

Ils demandent à l’État de s’abstenir d’intervenir dans l’exercice de certaines libertés
Ils demandent à l’État de fournir des prestations sociales aux personnes qui en ont besoin
Ils chargent l’État de garantir les droits environnementaux par des politiques publiques
Ils autorisent l’État à organiser les libertés au moyen de régimes juridiques concrets

Ils demandent à l’État de s’abstenir d’intervenir dans l’exercice de certaines libertés

Explication

Les droits-libertés de première génération limitent le pouvoir étatique en appelant l’État à s’abstenir d’intervenir. Les prestations sociales relèvent plutôt des droits-créances de deuxième génération.

8. Une personne réclame à l’État la mise en œuvre de son droit à la sécurité sociale : à quelle génération de droits ce droit appartient-il ?

À la troisième génération, celle des droits-environnement associés aux années 2000
À la première génération, celle des droits naturels présentés comme inaliénables en 1789
À la deuxième génération, celle des droits-créances liés au contexte industriel et socialiste
À la première génération, celle des droits-libertés qui imposent l’abstention de l’État

À la deuxième génération, celle des droits-créances liés au contexte industriel et socialiste

Explication

Le droit à la sécurité sociale est un droit-créance de deuxième génération, dont l’individu peut demander la mise en œuvre par l’État. Les droits-libertés de première génération appellent plutôt une abstention de l’État.

9. Comment la puissance publique peut-elle menacer les libertés individuelles et collectives ?

En les renforçant par la séparation des pouvoirs et l’impartialité des juges
En les réduisant ou en les supprimant par l’action de l’État, de la police ou d’un régime autoritaire
En les garantissant par la reconnaissance de droits naturels et imprescriptibles
En les étendant grâce à l’action commune des citoyens et à leur participation politique

En les réduisant ou en les supprimant par l’action de l’État, de la police ou d’un régime autoritaire

Explication

L’État, la police et les régimes autoritaires peuvent employer la puissance publique pour restreindre ou supprimer des libertés. La séparation des pouvoirs et l’impartialité des juges sont plutôt des garanties contre les atteintes aux droits.

10. Quelle thèse Giorgio Agamben défend-il dans Homo Sacer à propos des droits acquis contre les pouvoirs centraux ?

Ils peuvent intégrer davantage la vie des individus à l’ordre étatique et renforcer le pouvoir souverain
Ils soustraient durablement la vie des individus à l’ordre étatique et affaiblissent le pouvoir souverain
Ils remplacent l’autorité de l’État par des garanties judiciaires indépendantes de la souveraineté
Ils font disparaître les libertés individuelles au profit de libertés exclusivement collectives

Ils peuvent intégrer davantage la vie des individus à l’ordre étatique et renforcer le pouvoir souverain

Explication

Agamben soutient que des libertés conquises contre les pouvoirs centraux peuvent néanmoins inscrire plus profondément les individus dans l’ordre étatique et consolider la souveraineté. L’idée qu’elles soustraient durablement les individus à cet ordre inverse sa thèse.

11. Quels droits l’article 2 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen désigne-t-il comme but de toute association politique ?

La sûreté, la séparation des pouvoirs, la justice impartiale et la liberté de la presse
La liberté, l’égalité, la fraternité et la participation aux décisions politiques
La liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression
La propriété, le travail, l’instruction et la protection contre les risques sociaux

La liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression

Explication

L’article 2 énumère la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression parmi les droits naturels et imprescriptibles que l’association politique doit conserver. L’égalité et la fraternité sont des principes importants, mais elles ne constituent pas l’énumération de cet article.

12. Pourquoi, selon Hobbes, Locke et Rousseau, l’institution de l’État se justifie-t-elle face à l’état de nature ?

Parce que l’état de nature garantit déjà les libertés et les biens, l’État devant surtout organiser leur mise en commun
Parce que l’état de nature protège difficilement les libertés et les biens, l’État devant garantir les libertés civiles et politiques
Parce que l’état de nature prive les individus de toute liberté, l’État devant leur attribuer des droits politiques
Parce que l’état de nature règle les conflits par des juges impartiaux, l’État devant assurer l’exécution de leurs décisions

Parce que l’état de nature protège difficilement les libertés et les biens, l’État devant garantir les libertés civiles et politiques

Explication

L’état de nature est décrit comme précaire pour la protection des libertés et des biens, ce qui confie à l’État la tâche d’établir et de garantir les libertés civiles et politiques. L’idée que l’état de nature protège déjà efficacement les droits contredit ce fondement.

13. Quelle caractérisation rend compte de la double relation entre l’État et les libertés ?

L’État garantit les libertés en s’abstenant de toute intervention dans la vie collective
L’État protège les libertés, mais il possède aussi une puissance susceptible de les limiter
L’État limite les libertés afin que les citoyens puissent eux-mêmes en assurer la protection
L’État protège les libertés en transférant à des juges toute capacité de contrainte

L’État protège les libertés, mais il possède aussi une puissance susceptible de les limiter

Explication

L’État est à la fois le premier protecteur des libertés et une puissance qui peut les limiter. Le présenter comme un acteur qui s’abstient de toute intervention efface son rôle de protection et sa capacité d’action.

14. Selon Locke, quels éléments sont nécessaires pour assurer la protection des libertés ?

Une loi établie, un juge connu et impartial, et une puissance chargée de réexaminer sa décision
Une loi adoptée après chaque litige, un juge indépendant, et une puissance chargée de proposer un accord
Une loi établie, un juge connu et impartial, et une puissance capable d’exécuter sa décision
Une loi établie, un juge élu par les parties, et une puissance capable de modifier sa décision

Une loi établie, un juge connu et impartial, et une puissance capable d’exécuter sa décision

Explication

Locke associe la protection des libertés à une loi établie, à un juge connu et impartial et à une puissance en mesure d’exécuter le jugement. La possibilité de modifier la décision au lieu de l’exécuter ne correspond pas à cette fonction.

15. Par quelles deux fonctions la constitution protège-t-elle les libertés ?

En hiérarchisant les institutions et en subordonnant les droits à leur efficacité
En proclamant les droits et en contribuant à les hiérarchiser
En proclamant les droits et en confiant leur application aux seuls tribunaux
En définissant les pouvoirs et en remplaçant les droits par des devoirs

En proclamant les droits et en contribuant à les hiérarchiser

Explication

La constitution protège les libertés en proclamant les droits et en contribuant à leur hiérarchisation. La proclamation constitutionnelle ne signifie pas que l’application des droits est confiée aux seuls tribunaux.

16. En quoi les droits-créances introduits par le préambule de la Constitution de 1946 se distinguent-ils des droits-libertés ?

Ils portent sur la hiérarchie constitutionnelle des droits, tandis que les droits-libertés concernent la séparation des pouvoirs
Ils exigent une mise en œuvre concrète de l’État, tandis que les droits-libertés appellent principalement son abstention
Ils sont réaffirmés sans intervention publique, tandis que les droits-libertés sont créés par l’action de l’État
Ils appellent principalement l’abstention de l’État, tandis que les droits-libertés exigent une prestation publique

Ils exigent une mise en œuvre concrète de l’État, tandis que les droits-libertés appellent principalement son abstention

Explication

Les droits-créances nécessitent une action concrète de l’État pour être mis en œuvre, contrairement aux droits-libertés, qui appellent principalement son abstention. L’inversion de ces deux exigences constitue la confusion la plus fréquente.

17. Quelle décision le Conseil constitutionnel a-t-il prise le 16 juillet 1971 concernant la liberté d’association ?

Il a reconnu sa valeur constitutionnelle et censuré l’autorisation préalable imposée aux associations.
Il a subordonné sa valeur constitutionnelle à une déclaration préalable auprès du préfet.
Il a reconnu sa valeur législative et validé l’autorisation préalable imposée aux associations.
Il a confié au pouvoir réglementaire la fixation des conditions de création des associations.

Il a reconnu sa valeur constitutionnelle et censuré l’autorisation préalable imposée aux associations.

Explication

Le Conseil constitutionnel a reconnu la valeur constitutionnelle de la liberté d’association et jugé incompatible avec elle l’autorisation préalable. La déclaration préalable prévue par la loi de 1901 est une formalité distincte, favorable aux libertés, et non une autorisation préfectorale.

18. À quels textes et principes le préambule de la Constitution de 1958 renvoie-t-il ?

À la Constitution de 1946, aux traités européens et aux principes généraux du droit.
À la DDHC, à la Charte de l’environnement et aux lois organiques.
Au préambule de 1946, aux lois ordinaires et aux décisions du Conseil constitutionnel.
À la DDHC, au préambule de 1946 et aux PFRLR.

À la DDHC, au préambule de 1946 et aux PFRLR.

Explication

Le préambule de 1958 renvoie à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, au préambule de 1946 et aux principes fondamentaux reconnus par les lois de la République. La Charte de l’environnement ne figure pas dans cette liste de renvois formulée par l’unité ciblée.

19. Jusqu’à la fin du XIXe siècle, pourquoi la Constitution avait-elle une supériorité formelle sur la loi, mais pas une supériorité matérielle effective ?

Sa révision dépendait du Parlement, et les lois échappaient au contrôle des juridictions ordinaires.
Sa révision était plus facile, mais les lois étaient contrôlées au regard de la Constitution.
Sa révision était plus difficile, mais les lois n’étaient pas contrôlées au regard de la Constitution.
Sa révision était plus difficile, et les lois étaient systématiquement annulées par les tribunaux.

Sa révision était plus difficile, mais les lois n’étaient pas contrôlées au regard de la Constitution.

Explication

La supériorité formelle résultait de la difficulté accrue à réviser la Constitution, tandis que l’absence de contrôle de constitutionnalité des lois empêchait une supériorité matérielle. La difficulté de révision ne signifiait pas que les lois étaient contrôlées par les tribunaux.

20. Quel rôle le Conseil constitutionnel, institué en 1958, exerce-t-il à l’égard des lois ?

Il adopte les lois relatives aux libertés, en répartissant les compétences entre les articles 34 et 37.
Il vérifie leur conformité aux engagements internationaux, dans un contrôle initial concret exercé à la demande des justiciables.
Il contrôle leur application par les tribunaux, en examinant initialement les litiges individuels portant sur les libertés.
Il veille à leur conformité à la Constitution, dans un contrôle initial abstrait et notamment lié aux domaines des articles 34 et 37.

Il veille à leur conformité à la Constitution, dans un contrôle initial abstrait et notamment lié aux domaines des articles 34 et 37.

Explication

Institué en 1958, le Conseil constitutionnel veille au respect de la Constitution par les lois, et son contrôle initial était abstrait et notamment limité au partage des domaines des articles 34 et 37. Le contrôle concret à l’initiative d’un justiciable correspond à une évolution ultérieure, liée à la QPC.

21. Quel rôle l’article 4 de la DDHC attribue-t-il à la loi dans la jouissance des droits ?

Établir les actes défendus et ceux que les citoyens ne peuvent accomplir.
Définir les droits civiques et les garanties fondamentales des libertés publiques.
Déterminer les bornes nécessaires pour que chacun jouisse des mêmes droits.
Organiser le débat public des représentants chargé de protéger les libertés.

Déterminer les bornes nécessaires pour que chacun jouisse des mêmes droits.

Explication

L’article 4 réserve à la loi la détermination des bornes nécessaires à la jouissance par chacun des mêmes droits. La fixation des règles sur les droits civiques et les garanties fondamentales relève de l’article 34 de la Constitution, et non de l’article 4 de la DDHC.

22. Quelle liberté d’action l’article 5 de la DDHC protège-t-il ?

Chacun peut agir si l’administration l’autorise, et doit se conformer aux décisions qu’elle adopte.
Chacun peut agir dans les limites définies par le juge, et doit respecter les obligations qu’il fixe.
Chacun peut agir si une loi lui en donne le droit, et doit suivre les prescriptions réglementaires.
Chacun peut agir si la loi ne l’interdit pas, et ne peut être contraint à ce qu’elle n’ordonne pas.

Chacun peut agir si la loi ne l’interdit pas, et ne peut être contraint à ce qu’elle n’ordonne pas.

Explication

L’article 5 pose que ce qui n’est pas défendu par la loi ne peut être empêché et que nul ne peut être contraint à faire ce qu’elle n’ordonne pas. L’idée qu’une action exige une autorisation de l’administration inverse cette logique de liberté.

23. Quelle compétence l’article 34 de la Constitution attribue-t-il à la loi en matière de libertés publiques ?

Déterminer les bornes nécessaires à la jouissance par chacun des mêmes droits, selon l’article 4 de la DDHC.
Fixer les règles relatives aux droits civiques et les garanties fondamentales accordées aux citoyens pour exercer ces libertés.
Organiser le régime juridique de la liberté de la presse par une loi particulière.
Édicter les mesures réglementaires d’application des libertés dans les domaines relevant du pouvoir exécutif.

Fixer les règles relatives aux droits civiques et les garanties fondamentales accordées aux citoyens pour exercer ces libertés.

Explication

L’article 34 confie à la loi la fixation des règles concernant les droits civiques et des garanties fondamentales accordées aux citoyens pour l’exercice des libertés publiques. Le pouvoir réglementaire intervient dans le cadre de compétence défini par la Constitution et la loi, mais cette intervention ne remplace pas la compétence législative sur ces garanties fondamentales.

24. Quelle place le pouvoir réglementaire doit-il occuper lorsqu’il intervient en matière de libertés ?

Son intervention est autonome dès qu’elle vise à garantir l’exercice des libertés individuelles.
Son intervention équivaut à celle du pouvoir législatif lorsqu’elle concerne l’ordre public.
Son intervention reste secondaire et exceptionnelle, car il est inférieur au pouvoir législatif.
Son intervention est prioritaire dès qu’une liberté doit être encadrée par une règle générale.

Son intervention reste secondaire et exceptionnelle, car il est inférieur au pouvoir législatif.

Explication

Le pouvoir réglementaire est subordonné au pouvoir législatif, ce qui justifie le caractère secondaire et exceptionnel de son intervention en matière de libertés. L’existence d’un objectif d’ordre public ne lui confère pas une autorité équivalente à celle du législateur.

25. Comment sont qualifiés les actes pris par le chef de l’État dans le domaine législatif au titre de l’article 16 de la Constitution ?

Ils ont qualité de loi et échappent au contrôle de légalité du Conseil d’État.
Ils ont qualité de loi, mais le Conseil d’État contrôle leur légalité.
Ils restent des actes réglementaires et sont contrôlés par le Conseil d’État.
Ils restent réglementaires jusqu’à leur ratification par le Parlement.

Ils ont qualité de loi et échappent au contrôle de légalité du Conseil d’État.

Explication

L’arrêt Rubin de Servens qualifie de lois les actes pris dans le domaine législatif en application de l’article 16 et les soustrait au contrôle de légalité du Conseil d’État. La confusion avec les ordonnances de l’article 38 est trompeuse : celles-ci restent réglementaires tant qu’elles ne sont pas ratifiées.

26. Quelle conception de l’ordre public Hauriou associe à la coexistence des libertés ?

Un ordre matériel et extérieur, dont le maintien relève exclusivement du pouvoir législatif.
Un ordre social et économique, contrôlé par le juge judiciaire et administré par le préfet.
Un ordre matériel et extérieur, maintenu par l’exécutif sous le contrôle du juge administratif.
Un ordre moral et intérieur, défini par le juge administratif et appliqué par l’exécutif.

Un ordre matériel et extérieur, maintenu par l’exécutif sous le contrôle du juge administratif.

Explication

Hauriou définit l’ordre public comme un ordre matériel et extérieur qui rend possible la coexistence des libertés, dont le maintien incombe à l’exécutif sous le contrôle du juge administratif. Le réduire à un ordre moral intérieur ne correspond pas à cette conception.

27. Une mesure de police municipale vise à prévenir les accidents, les risques sanitaires et les nuisances sonores. À quelles composantes traditionnelles de l’ordre public ces objectifs correspondent-ils ?

À la salubrité publique, à la moralité publique et à la dignité humaine.
À la dignité humaine, à la sécurité publique et à la tranquillité publique.
À la sécurité publique, à la salubrité publique et à la tranquillité publique.
À la sécurité publique, à la moralité publique et au bon fonctionnement des services.

À la sécurité publique, à la salubrité publique et à la tranquillité publique.

Explication

La trilogie traditionnelle de l’ordre public réunit la sécurité, la salubrité et la tranquillité publiques, ce qui correspond ici aux accidents, aux risques sanitaires et aux nuisances sonores. La dignité humaine constitue une composante immatérielle ajoutée à cette trilogie, et non un de ses éléments traditionnels.

28. Après l’arrêt de Morsang-sur-Orge, quelle place la dignité de la personne humaine occupe-t-elle dans la notion d’ordre public ?

Elle s’ajoute à la trilogie traditionnelle comme nouvelle composante matérielle et extérieure.
Elle remplace la tranquillité publique comme élément matériel de la trilogie traditionnelle.
Elle constitue un principe distinct de l’ordre public, sans pouvoir justifier une mesure de police.
Elle s’ajoute à la trilogie traditionnelle comme composante immatérielle de l’ordre public.

Elle s’ajoute à la trilogie traditionnelle comme composante immatérielle de l’ordre public.

Explication

Après l’arrêt de Morsang-sur-Orge, le respect de la dignité humaine est reconnu comme une composante immatérielle de l’ordre public, en complément de la trilogie traditionnelle. Il ne remplace pas la tranquillité publique, qui reste l’un des éléments de cette trilogie.

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Après quel événement la protection des libertés est-elle devenue une question majeure ?

Après la Seconde Guerre mondiale.

Quel objectif la protection des libertés poursuit-elle après la Seconde Guerre mondiale ?

Éviter que les régimes ne remettent en cause les droits humains.

Quelles expressions désignent la discipline des droits et libertés ?

« Libertés publiques », « droits fondamentaux » et « droits de l’Homme ».

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