Fiche de révision : Règles et sources du droit

Plan du Cours

  1. Règles juridiques et normes sociales
  2. Justice et équité en droit
  3. Caractères de la règle de droit
  4. Fondements de l’autorité juridique
  5. Constitution et sources internationales
  6. La loi et son élaboration
  7. Jurisprudence et rôle du juge
  8. Organisation des juridictions
  9. Contrôles des conflits de normes

1. Règles juridiques et normes sociales

Notions clés & Définitions

  • Morale : Ensemble des normes qui opposent le bien au mal.

★ À maîtriser

📌 Certaines règles morales sont intégrées au droit, comme l’article 1240 du Code civil, tandis que d’autres, comme la charité et le pardon, ne le sont pas.

📌 La sanction morale est intérieure, notamment la culpabilité ou la honte, tandis que la sanction juridique est extérieure et l’individu ne peut être juge de sa propre cause.

Compléments

  • Le principe de laïcité consacre la séparation du droit et de la religion.

  • Les règles de courtoisie gouvernent la vie sociale et sont générales, abstraites et obligatoires, leur non-respect entraînant une réprobation sociale.

  • L’article 12 du Code de procédure civile prévoit que le juge tranche le litige conformément aux règles de droit.

Astuce mémo

La règle juridique est sanctionnée par l’État ; la règle morale par la conscience.

2. Justice et équité en droit

Notions clés & Définitions

  • Justice commutative : Repose sur une égalité arithmétique.
  • Justice distributive : Vise une bonne répartition de la richesse.
  • Droit positif : Droit écrit applicable à un instant donné.

Points essentiels

  • Le droit fait intervenir la justice dans des cas tels que l’enrichissement sans cause et les théories de l’abus de droit.

📌 Après la naissance d’un litige, les parties peuvent demander au juge de statuer en amiable compositeur, c’est-à-dire en équité, ce qui ne signifie pas que l’équité remplace généralement la loi.

Astuce mémo

Justice distributive : répartir ; justice commutative : équilibrer.

3. Caractères de la règle de droit

★ À maîtriser

📌 Les lois impératives, liées à l’ordre public et au droit dur, s’imposent, tandis que les lois supplétives s’appliquent par défaut lorsque la convention ne prévoit rien.

  • La règle de droit est générale, impersonnelle, abstraite, obligatoire et coercitive.

📌 L’autorité absolue concerne tout le monde, tandis que l’autorité relative de la chose jugée ne s’impose qu’aux parties au procès.

Compléments

  • Les recommandations, avis et codes de bonne conduite sont présentés comme des formes de droit souple.

4. Fondements de l’autorité juridique

Notions clés & Définitions

  • Droit naturel : Ensemble des droits universels et immuables qu’un individu possède du fait de son appartenance à l’humanité.
  • Positivisme : Ensemble de normes posées par les humains, sans lien nécessaire avec la morale ou la justice divine.

Points essentiels

  • Aristote présente le droit naturel comme un principe supérieur inscrit dans la nature des choses, qu’il soit écrit ou non.

  • Saint Thomas d’Aquin affirme que la loi naturelle est inscrite par Dieu dans la conscience. - St Thomas d’Aqui

  • Pour Kelsen, l’autorité du droit résulte du respect de la procédure et de la hiérarchie des normes.

  • Le positivisme sociologique de Durkheim voit dans le droit l’expression de la conscience collective.

  • Pour Duguit, l’autorité du droit résulte de la solidarité sociale fondée sur l’interdépendance des individus.

Astuce mémo

Droit naturel : droits liés à l’humanité ; positivisme : normes posées par les humains.

5. Constitution et sources internationales

Notions clés & Définitions

  • Constitution : Acte fondateur de l’État et source suprême du droit.
  • Traité international : Convention bilatérale ou multilatérale négociée entre États par laquelle ils s’engagent dans des domaines internationaux.

★ À maîtriser

  • La Constitution organise les pouvoirs publics, protège les droits et libertés fondamentaux et sépare les pouvoirs.

📌 Selon l’article 55 de la Constitution, un traité ratifié a une autorité supérieure à la loi sous condition de réciprocité.

📌 Le droit primaire de l’Union européenne résulte des traités fondateurs et d’adhésion, tandis que le droit dérivé regroupe les normes adoptées par les institutions de l’Union.

Compléments

  • Les textes constitutionnels cités comprennent :

    • la DDHC de 1789
    • le préambule de la Constitution de 1946
    • la Charte de l’environnement de 2004
    • les PFRLR
  • Le droit dérivé de l’Union européenne comprend :

    • les directives
    • les règlements
    • les décisions
    • les recommandations
  • Le Conseil de l’Europe est créé le 5 mai 1949 pour sauvegarder les droits fondamentaux.

📌 Une restriction étatique à certains droits protégés par le Conseil de l’Europe doit être prévue par la loi, poursuivre un but légitime et être nécessaire et proportionnée.

6. La loi et son élaboration

Notions clés & Définitions

  • Loi : Texte voté par le Parlement conformément à l’article 34 de la Constitution, général, abstrait, obligatoire et coercitif, qui exprime la volonté générale au sens de l’article 6 de la DDHC.

★ À maîtriser

  • Les lois se répartissent en : lois organiques, qui organisent les pouvoirs publics et font l’objet d’un contrôle systématique du Conseil, lois référendaires, adoptées par référendum, lois ordinaires, qui interviennent dans les domaines de l’article 34 ou fixent les grands principes

  • Après la transmission au gouvernement, le président promulgue la loi dans les 15 jours, puis sa publication au Journal officiel entraîne son entrée en vigueur le lendemain ou à la date fixée.

Compléments

  • L’initiative d’une loi appartient au Parlement sous forme de proposition de loi ou au Premier ministre sous forme de projet de loi, conformément à l’article 39 de la Constitution.

  • L’abrogation est expresse lorsqu’un nouveau texte l’énonce et tacite lorsque de nouvelles dispositions sont incompatibles avec l’ancienne loi ; une loi nouvelle générale n’abroge pas une loi ancienne spéciale.

  • La loi doit être accessible et intelligible selon l’article 6 de la DDHC, et le Conseil constitutionnel peut censurer une loi insuffisamment précise.

  • Pour prendre une ordonnance, le gouvernement obtient une loi d’habilitation du Parlement ; l’ordonnance a une valeur réglementaire avant ratification et une valeur législative après la loi de ratification.

7. Jurisprudence et rôle du juge

Notions clés & Définitions

  • Jurisprudence : Ensemble des décisions rendues dans le même sens.

★ À maîtriser

📌 L’article 4 du Code civil interdit le déni de justice et oblige le juge à trancher même si la loi est obscure ou absente.

Compléments

  • L’article 5 du Code civil interdit les arrêts de règlement, qui édicteraient une solution générale applicable aux litiges futurs.

  • L’autorité relative de la chose jugée, prévue par l’article 1355 du Code civil, limite l’effet d’une décision aux parties au litige.

  • L’article 12 du Code de procédure civile ne lie pas le juge aux décisions antérieures et lui impose de se fonder sur les textes de loi.

  • L’article 455 du Code de procédure civile impose au juge de motiver ses décisions et d’énoncer la solution sous forme de dispositif, sans exiger qu’elle soit formulée en termes généraux.

  • Le rôle unificateur de la jurisprudence suppose plusieurs décisions similaires, une décision isolée ne suffisant pas.

  • Le juge interprète la loi par l’exégèse, qui s’en tient à la lettre du texte, ou par la méthode scientifique libre, qui analyse son contexte.

  • Le juge peut raisonner :

    • a contrario
    • par analogie
    • a fortiori
  • La jurisprudence peut combler une lacune de la loi et créer un nouveau régime, comme le principe général de responsabilité du fait des choses, dégagé à partir de l’article 1384, alinéa 1er, du Code civil de 1804.

8. Organisation des juridictions

Notions clés & Définitions

  • Tribunal des conflits : Tranche les litiges de compétence entre les ordres judiciaire et administratif et comprend autant de magistrats judiciaires que de magistrats administratifs.
  • Tribunal judiciaire : Juridiction civile de droit commun compétente pour les affaires civiles et commerciales attribuées à aucune autre juridiction.
  • Cour d’appel : Juridiction du second degré qui réexamine une affaire en fait et en droit.

★ À maîtriser

📌 Le tribunal de commerce traite les affaires des commerçants et du commerce, tandis que le conseil de prud’hommes traite les litiges entre employeur et salarié liés au contrat de travail.

  • Les juridictions pénales de premier degré sont :
    • le tribunal de police pour les contraventions
    • le tribunal correctionnel pour les délits
    • la cour d’assises pour les crimes

📌 Un arrêt de rejet valide la décision de la cour d’appel, tandis qu’un arrêt de cassation sanctionne une mauvaise application de la règle de droit, casse la décision et renvoie l’affaire devant une autre cour d’appel.

  • Les tribunaux administratifs jugent les recours contre les actes et décisions administratifs, sauf les affaires attribuées au Conseil d’État.

  • Le Conseil d’État est la juridiction suprême administrative et peut juger en cassation, en appel ou en première instance pour une affaire importante ; il exerce aussi une fonction consultative auprès de l’exécutif.

Compléments

  • Le principe de séparation des pouvoirs est consacré par l’article 16 de la DDHC.

  • Un conflit négatif oppose deux juridictions qui se déclarent incompétentes, tandis qu’un conflit positif oppose deux juridictions qui se déclarent compétentes.

  • Un arrêt confirmatif maintient la décision attaquée, tandis qu’un arrêt infirmatif la réforme ou la censure.

  • Une décision portant sur un montant inférieur ou égal à 5 000 € ne peut pas faire l’objet d’un appel et peut donner lieu à un pourvoi en cassation.

  • Le délai d’appel est d’un mois et l’appel suspend l’exécution du premier jugement pendant ce délai.

  • La Cour de cassation, unique et située à Paris, comprend six chambres : trois civiles, une sociale, une commerciale et une criminelle.

  • Les cours administratives d’appel réexaminent les jugements des tribunaux administratifs, sauf les élections cantonales et municipales attribuées au Conseil d’État.

9. Contrôles des conflits de normes

★ À maîtriser

  • Le contrôle a priori de constitutionnalité prévu par l’article 61 intervient avant la promulgation, et les dispositions déclarées inconstitutionnelles n’entrent pas en vigueur.

  • La QPC prévue par l’article 61-1 permet à tout justiciable de contester, au cours d’une instance, la conformité à la Constitution d’une loi déjà entrée en vigueur si elle s’applique au litige, si le Conseil constitutionnel ne s’est pas déjà prononcé sur la question et si la demande n’est pas dilatoire.

  • Le recours pour excès de pouvoir doit être formé dans les deux mois de la publication du règlement et peut entraîner son annulation rétroactive, tandis que l’exception d’illégalité peut être invoquée au-delà de ce délai mais ne fait qu’écarter le règlement dans le procès.

  • Le contrôle de conventionnalité permet à tout justiciable d’invoquer un traité devant un juge pour faire écarter, dans le seul litige, une loi qui lui est contraire.

📌 En droit interne, la Constitution est au sommet de la hiérarchie et ne peut être subordonnée à un traité, tandis que le droit de l’Union européenne affirme la primauté du droit communautaire.

Compléments

  • Le contrôle a priori n’est pas systématique et le Conseil constitutionnel doit être saisi par le président de la République, le Premier ministre, le Parlement ou 60 députés ou sénateurs.

  • Lorsqu’une QPC est transmise, le juge sursoit à statuer pendant que le Conseil constitutionnel se prononce, dans un délai indiqué de trois mois.

📌 En principe, le juge judiciaire sursoit à statuer sur l’illégalité d’un règlement en attendant le juge administratif, mais il peut l’écarter directement si le règlement porte atteinte à la liberté individuelle ou au droit de propriété.

  • Le contrôle de conventionnalité français s’est développé avec la décision IVG dite loi Veil de 1975, l’arrêt Jacques Vabre de 1975 et l’arrêt Nicolo de 1989.

📌 Le contrôle interne de la CEDH conduit les juridictions nationales à écarter une norme contraire au droit européen, tandis que le contrôle international permet au citoyen de saisir directement la Cour européenne après épuisement des recours internes, avec une sanction de l’État plutôt qu’une annulation de la loi.

Tableaux de synthèse

Contrôles des conflits de normes

ConflitContrôleEffet
Loi et ConstitutionConstitutionnalitéCensure ou non-entrée en vigueur de la disposition
Loi et règlementLégalitéAnnulation du règlement ou mise à l’écart dans le procès
Loi et traitéConventionnalitéLoi écartée pour le litige concerné
Constitution et traitéHiérarchie des normesConstitution suprême en droit interne ; primauté communautaire en droit de l’UE

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Règles et sources du droit avec 28 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quelle distinction centrale la morale établit-elle entre les conduites ?

2. Une personne est tenue responsable d’un dommage sur le fondement de l’article 1240 du Code civil, tandis qu’une autre manque à une obligation de charité. Quelle analyse distingue correctement ces deux règles morales ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Règles et sources du droit avec 70 flashcards interactives.

Qu’est-ce que la morale ?

L’ensemble des normes qui opposent le bien au mal.

Quel article du Code civil intègre certaines règles morales au droit ?

L’article 1240 du Code civil.

Quelles règles morales ne sont pas intégrées au droit ?

La charité et le pardon.

Voir les flashcards →

Cours similaires

Crée tes propres fiches de révision

Importe ton cours et l'IA génère fiches, QCM et flashcards en 30 secondes.

Générateur de fiches