QCM : Relations collectives de travail — 23 questions

Questions et réponses du QCM

1. Quelle est une fonction caractéristique d’un accord de branche ?

Désigner les représentants syndicaux chargés de négocier dans chaque établissement
Fixer des minima salariaux et des classifications applicables à un secteur
Déterminer les résultats d’un référendum organisé auprès des salariés d’une entreprise
Régler principalement l’organisation quotidienne d’une entreprise déterminée

Fixer des minima salariaux et des classifications applicables à un secteur

Explication

Les accords de branche établissent notamment des minima salariaux, des classifications et des garanties sociales pour un secteur professionnel. L’organisation quotidienne d’une entreprise relève plutôt de l’accord d’entreprise, qui s’applique principalement à cette entreprise.

2. Quelle situation correspond à la définition juridique de la grève retenue dans l’arrêt France Glaces Findus du 4 novembre 1992 ?

Une réunion syndicale organisée pendant les heures de travail sans interruption de l’activité
Une revendication collective formulée par plusieurs salariés sans cessation de leur travail
Une cessation collective et concertée du travail pour soutenir des revendications professionnelles
Une pétition individuelle adressée à l’employeur pour obtenir une amélioration des conditions de travail

Une cessation collective et concertée du travail pour soutenir des revendications professionnelles

Explication

La grève exige une cessation collective et concertée du travail destinée à appuyer des revendications professionnelles. Une revendication collective sans arrêt de travail ne suffit donc pas à caractériser une grève.

3. Dans quelle situation l’employeur peut-il licencier un salarié participant à une grève ?

Lorsqu’une faute lourde lui est personnellement imputable et prouvée
Lorsqu’il a subi une retenue correspondant à la durée de son absence
Lorsqu’il a cessé son travail pour soutenir une revendication professionnelle
Lorsqu’il a participé à un mouvement minoritaire sans autorisation préalable

Lorsqu’une faute lourde lui est personnellement imputable et prouvée

Explication

La grève suspend le contrat de travail sans le rompre, et le licenciement du gréviste n’est admis qu’en présence d’une faute lourde personnellement prouvée. La participation au mouvement ou son caractère minoritaire ne constitue pas, en soi, une telle faute.

4. Depuis 2008, sur quelle base la représentativité syndicale est-elle établie ?

Sur la seule ancienneté de l’organisation dans l’entreprise
Sur le nombre de conventions collectives déjà signées
Sur sept critères cumulatifs comprenant l’indépendance et l’audience
Sur la désignation d’un représentant par l’employeur

Sur sept critères cumulatifs comprenant l’indépendance et l’audience

Explication

La représentativité repose depuis 2008 sur sept critères cumulatifs, dont les valeurs républicaines, l’indépendance, la transparence financière, l’ancienneté, l’audience, l’influence et les effectifs d’adhérents. L’ancienneté ou les accords signés ne suffisent donc pas à elles seules.

5. Quand un accord d’entreprise est signé par des syndicats totalisant 40 % des suffrages exprimés, quelle condition supplémentaire permet sa validation ?

L’absence d’opposition d’un syndicat représentant 10 % des suffrages
La validation automatique dès lors qu’un syndicat représentatif a signé
L’extension de l’accord par arrêté ministériel dans tout le secteur
L’approbation de l’accord par référendum auprès des salariés

L’approbation de l’accord par référendum auprès des salariés

Explication

Entre 30 % et 50 % des suffrages exprimés, un accord d’entreprise doit être soumis à un référendum auprès des salariés. L’extension par arrêté ministériel concerne les accords de branche, et non cette procédure de validation.

6. Quelle transformation les ordonnances Macron de 2017 ont-elles introduite dans la représentation du personnel ?

Elles ont séparé les délégués du personnel du comité d’entreprise
Elles ont reconnu la liberté syndicale et les personnes morales syndicales
Elles ont créé le CSE en fusionnant plusieurs instances représentatives
Elles ont supprimé les élections professionnelles dans les entreprises

Elles ont créé le CSE en fusionnant plusieurs instances représentatives

Explication

En 2017, les ordonnances Macron ont créé le Comité social et économique en fusionnant notamment les délégués du personnel, le comité d’entreprise et le CHSCT. Elles n’ont pas supprimé les élections professionnelles.

7. Quelles fonctions le délégué syndical peut-il exercer dans l’entreprise ?

Porter les revendications, négocier et signer des conventions collectives
Regrouper les adhérents sans exercer de mandat de représentation
Être nommé par un syndicat non représentatif sans négocier d’accords
Administrer les biens matériels affectés à la production de l’entreprise

Porter les revendications, négocier et signer des conventions collectives

Explication

Le délégué syndical est le porte-parole du syndicat dans l’entreprise et peut porter des revendications, négocier et signer des conventions collectives. Le représentant de la section syndicale dispose d’un rôle plus limité en matière de négociation.

8. Quelle conduite traduit le respect de l’obligation de négociation loyale par l’employeur ?

Inviter un syndicat représentatif et prendre une décision unilatérale pendant les discussions
Interrompre les échanges dès le premier désaccord sans établir de procès-verbal
Convoquer tous les syndicats représentatifs et fournir les informations nécessaires avant les échanges
Fixer seul les thèmes de discussion sans communiquer les informations utiles aux négociateurs

Convoquer tous les syndicats représentatifs et fournir les informations nécessaires avant les échanges

Explication

Une négociation loyale suppose notamment de convoquer tous les syndicats représentatifs, de préciser l’objet des discussions et de transmettre les informations nécessaires. En cas d’échec, l’employeur doit aussi rédiger un procès-verbal de désaccord, plutôt que clore informellement la procédure.

9. Quelle combinaison décrit correctement les conditions de grève dans les secteurs privé et public ?

Dans le privé comme dans le public, la grève nécessite un vote majoritaire et un préavis individuel de cinq jours.
Dans le privé, elle exige une négociation préalable ; dans le public, elle peut être déclenchée par un salarié isolé.
Dans le privé, elle peut être spontanée ou minoritaire ; dans le public, un préavis syndical de cinq jours et une obligation de négocier s’appliquent.
Dans le privé, un préavis syndical de cinq jours est requis ; dans le public, la grève peut commencer sans formalité préalable.

Dans le privé, elle peut être spontanée ou minoritaire ; dans le public, un préavis syndical de cinq jours et une obligation de négocier s’appliquent.

Explication

Le secteur privé admet notamment les grèves spontanées ou minoritaires, tandis que le secteur public impose un préavis de cinq jours déposé par un syndicat représentatif ainsi qu’une obligation de négocier. L’idée d’un préavis identique dans les deux secteurs constitue donc une confusion.

10. Par l’intermédiaire de quels acteurs la négociation collective est-elle principalement conduite ?

Les membres élus du CSE agissant sans représentation syndicale
Les représentants syndicaux mandatés pour négocier avec l’employeur
Les services administratifs chargés de fixer les conditions de travail
Les salariés réunis directement en assemblée générale

Les représentants syndicaux mandatés pour négocier avec l’employeur

Explication

La négociation collective s’exerce par l’intermédiaire des représentants syndicaux et porte sur plusieurs aspects de la relation de travail. Les salariés peuvent être concernés par le résultat, mais ils ne conduisent pas directement la négociation.

11. Dans une entreprise comptant 15 salariés pendant 12 mois consécutifs, quelle obligation s’applique concernant le CSE ?

La mise en place obligatoire d’un CSE, avec les mêmes prérogatives qu’à partir de 50 salariés
La mise en place obligatoire d’un CSE, avec des prérogatives élargies à partir de 50 salariés
La mise en place d’un CSE uniquement lorsque l’entreprise dépasse 300 salariés
La mise en place facultative d’un CSE, avec des prérogatives complètes dès 11 salariés

La mise en place obligatoire d’un CSE, avec des prérogatives élargies à partir de 50 salariés

Explication

Le seuil de 11 salariés maintenu pendant 12 mois consécutifs rend la mise en place du CSE obligatoire, tandis que le seuil de 50 salariés étend ses prérogatives. Une entreprise de 15 salariés est donc concernée, mais ne bénéficie pas encore du régime applicable à partir de 50 salariés.

12. Dans quel cas la responsabilité civile personnelle d’un gréviste peut-elle être engagée ?

Lorsqu’il cesse le travail sans obtenir l’accord préalable de l’employeur
Lorsqu’il subit une retenue correspondant à son temps d’arrêt
Lorsqu’une faute lourde lui est personnellement imputable
Dès qu’il participe à une grève déclarée par un syndicat

Lorsqu’une faute lourde lui est personnellement imputable

Explication

L’immunité civile protège en principe le gréviste, mais une faute lourde personnellement imputable peut engager sa responsabilité. La participation au mouvement ou l’absence d’accord de l’employeur ne suffit pas à établir cette responsabilité.

13. Comment l’employeur doit-il calculer la retenue sur salaire d’un salarié gréviste ?

En la limitant à une somme strictement proportionnelle à la durée de l’arrêt de travail
En appliquant une retenue forfaitaire identique à tous les participants au mouvement
En supprimant les primes des grévistes pendant toute la période du conflit
En majorant la retenue lorsque le mouvement n’a pas été précédé d’un préavis

En la limitant à une somme strictement proportionnelle à la durée de l’arrêt de travail

Explication

La retenue doit correspondre strictement à la durée pendant laquelle le salarié n’a pas travaillé, sans discrimination liée à sa participation à la grève. Une retenue forfaitaire ou une suppression générale des primes méconnaîtrait cette exigence de proportionnalité.

14. Quelle transformation institutionnelle a donné naissance au comité social et économique en 2017 ?

La création d’une instance consacrée exclusivement aux conditions salariales
La séparation des représentants du personnel et des organisations syndicales
La suppression des représentants du personnel dans les entreprises privées
La fusion de plusieurs anciennes instances élues de représentation du personnel

La fusion de plusieurs anciennes instances élues de représentation du personnel

Explication

Le CSE est issu des ordonnances Macron de 2017 et regroupe notamment les délégués du personnel, le comité d’entreprise et le CHSCT. La représentation syndicale reste une structure distincte et n’est pas fusionnée avec le CSE.

15. Quelle affirmation caractérise le représentant de la section syndicale dans une entreprise de plus de 50 salariés ?

Il est élu par les salariés et signe les conventions collectives au nom du syndicat
Il est nommé par un syndicat non représentatif et ne négocie pas les accords collectifs
Il représente les adhérents sans condition d’existence d’une section syndicale
Il est nommé par un syndicat représentatif et conduit les négociations collectives

Il est nommé par un syndicat non représentatif et ne négocie pas les accords collectifs

Explication

Le représentant de la section syndicale est nommé par un syndicat non représentatif lorsqu’une section syndicale existe dans une entreprise de plus de 50 salariés. Il ne participe pas aux négociations d’accords collectifs, contrairement au délégué syndical.

16. Que désigne une section syndicale dans l’entreprise ?

Le groupe des représentants du personnel siégeant au CSE
Le porte-parole désigné d’un syndicat auprès de l’employeur
Le regroupement des adhérents d’un syndicat qui représente les salariés
L’instance élue chargée de gérer les activités sociales et culturelles

Le regroupement des adhérents d’un syndicat qui représente les salariés

Explication

La section syndicale est le regroupement des adhérents d’un syndicat dans l’entreprise et elle représente les intérêts des salariés. Le porte-parole désigné du syndicat est le délégué syndical.

17. Dans quelle circonstance exceptionnelle le lock-out peut-il être admis en France ?

En cas de force majeure, notamment lors d’une séquestration accompagnée de graves dégradations
Lorsque les salariés refusent de reprendre le travail après une invitation de l’employeur
Lorsque l’employeur souhaite exercer une pression économique sur les grévistes
Lorsque le mouvement est minoritaire et perturbe fortement la production

En cas de force majeure, notamment lors d’une séquestration accompagnée de graves dégradations

Explication

Le lock-out est en principe interdit, mais une situation rare de force majeure peut le justifier, notamment une séquestration et de graves dégradations. La simple volonté de faire pression ou la perturbation de la production ne suffit pas à créer cette exception.

18. Quelle distinction décrit correctement la collectivité de travail par rapport à l’entreprise ?

Elle regroupe les salariés liés à l’employeur par un contrat de travail
Elle désigne les syndicats qui représentent les intérêts professionnels
Elle rassemble les salariés et l’ensemble des biens utilisés pour produire
Elle comprend les dirigeants, les salariés et le patrimoine de l’entreprise

Elle regroupe les salariés liés à l’employeur par un contrat de travail

Explication

La collectivité de travail désigne les salariés d’une entreprise, ou d’un niveau supérieur, liés par un contrat de travail. L’entreprise comprend aussi des biens matériels et immatériels, ce qui la rend plus large.

19. Quel événement de 1884 a marqué l’histoire de la liberté syndicale en France ?

Les ordonnances Macron ont légalisé les premières organisations syndicales
La loi Le Chapelier a autorisé les groupements professionnels
La loi Waldeck-Rousseau a reconnu la liberté syndicale
Le décret d’Allarde a créé le Comité social et économique

La loi Waldeck-Rousseau a reconnu la liberté syndicale

Explication

En 1884, la loi Waldeck-Rousseau reconnaît la liberté syndicale. Les textes de 1791 ont au contraire supprimé les corporations et interdit les groupements professionnels.

20. Quelle possibilité relève de la liberté syndicale ?

Désigner un délégué syndical dans chaque entreprise concernée
Obtenir automatiquement le droit de signer tout accord collectif
Fonder un syndicat, y adhérer ou s’en retirer et agir syndicalement
Être reconnu représentatif dès la création de l’organisation

Fonder un syndicat, y adhérer ou s’en retirer et agir syndicalement

Explication

La liberté syndicale comprend la faculté de fonder un syndicat, d’y adhérer ou non, ainsi que d’agir par l’expression, la négociation et les actions en justice. La représentativité conditionne certaines prérogatives particulières.

21. Quels éléments composent l’entreprise en tant que collectif orienté vers un objectif économique de production ?

Des personnes ainsi que des biens matériels et immatériels
Des représentants élus chargés du dialogue social
Des salariés réunis autour d’intérêts professionnels communs
Des syndicats constitués pour négocier avec l’employeur

Des personnes ainsi que des biens matériels et immatériels

Explication

L’entreprise rassemble des femmes, des hommes et des biens matériels ou immatériels qui concourent à la production. La collectivité de travail, plus restreinte, correspond aux salariés liés par un contrat de travail.

22. Quel seuil d’audience un syndicat doit-il atteindre au premier tour des élections des titulaires au CSE ?

Au moins 10 % des suffrages exprimés
Au moins 5 % des suffrages exprimés
Au moins 15 % des suffrages exprimés
Au moins 25 % des suffrages exprimés

Au moins 10 % des suffrages exprimés

Explication

L’audience syndicale est notamment mesurée par les élections professionnelles et exige au moins 10 % des suffrages exprimés au premier tour des élections des titulaires au CSE. Les autres seuils proposés ne correspondent pas à cette règle.

23. Dans une entreprise dotée de sections syndicales représentatives, quel sujet relève notamment des négociations obligatoires ?

La composition des juridictions prud’homales et leur compétence
La fixation des programmes scolaires applicables aux enfants des salariés
La rémunération et le partage de la valeur ajoutée
La nationalité des salariés recrutés et leur situation familiale

La rémunération et le partage de la valeur ajoutée

Explication

Les négociations obligatoires portent notamment sur la rémunération, le temps de travail, le partage de la valeur ajoutée, l’égalité professionnelle et la QVCT. Les autres sujets proposés ne relèvent pas du champ de ces négociations dans l’entreprise.

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Qu'est-ce qu'une entreprise ?

Un collectif de personnes et de biens visant un objectif économique de production.

Que désigne la collectivité de travail ?

L'ensemble des salariés liés à l'employeur par un contrat de travail.

En quelle année la loi Waldeck-Rousseau reconnaît-elle la liberté syndicale ?

En 1884.

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