QCM : Sources et application du droit (73 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quels sont les deux objectifs principaux de l’introduction au droit pour aider à s’orienter parmi les règles applicables ?

Définir un idéal de justice et connaître les décisions des tribunaux
Apprendre le langage juridique et connaître un fond commun de règles
Étudier le droit civil et maîtriser les procédures judiciaires
Apprendre le vocabulaire courant et connaître les règles commerciales

Apprendre le langage juridique et connaître un fond commun de règles

Explication

L’introduction au droit vise à la fois l’apprentissage du langage juridique et la connaissance d’un fond commun de règles utile à toutes les matières. L’étude du seul droit civil ou des procédures confond ces objectifs généraux avec des domaines particuliers.

2. Une entreprise conteste une décision prise par une administration publique dans l’exercice de ses fonctions. Quel ordre de juridiction est compétent pour le litige de droit public ?

Les juridictions judiciaires
Les juridictions civiles
Les juridictions administratives
Les juridictions commerciales

Les juridictions administratives

Explication

Un litige de droit public relève des juridictions administratives, même lorsqu’un particulier ou une entreprise est en cause face à une personne publique. L’ordre judiciaire est associé aux litiges de droit privé, tandis que la nature commerciale de l’entreprise ne détermine pas ici la compétence.

3. Une commerçante conclut un contrat dans le cadre de son activité commerciale. Quelle branche du droit privé correspond le mieux à cette situation ?

Le droit commercial
Le droit constitutionnel
Le droit administratif
Le droit civil

Le droit commercial

Explication

Le droit commercial s’applique aux commerçants et aux opérations commerciales. Le droit civil régit plus largement les rapports de droit privé entre particuliers, tandis que le droit administratif et le droit constitutionnel relèvent du droit public.

4. Une personne peut exiger le remboursement d’une somme que son débiteur lui doit. Comment qualifier cette faculté juridique ?

Une règle de droit public
Un droit subjectif
Le Droit objectif
Une compétence judiciaire

Un droit subjectif

Explication

Les droits subjectifs sont des prérogatives reconnues à une personne, notamment la faculté d’exiger quelque chose. Le Droit objectif désigne l’ensemble des règles de conduite, et non la prérogative individuelle du créancier.

5. Quelle différence fondamentale oppose les conceptions idéalistes aux conceptions positivistes du droit ?

Les idéalistes fondent le droit sur une norme supérieure, les positivistes sur la coutume
Les idéalistes fondent le droit sur la justice, les positivistes sur son existence
Les idéalistes fondent le droit sur son existence, les positivistes sur la justice
Les idéalistes fondent le droit sur la société, les positivistes sur la nature

Les idéalistes fondent le droit sur la justice, les positivistes sur son existence

Explication

Les conceptions idéalistes prennent un idéal de justice comme fondement du droit, alors que les conceptions positivistes fondent le droit sur son existence. Faire de l’existence le fondement idéaliste inverse les deux approches; la société et la nature ne résument pas cette distinction.

6. Une juriste estime qu’une règle en vigueur est injuste et qu’un principe non écrit, issu de la nature et supérieur au droit en vigueur, doit s’imposer à elle. À quelle conception se rattache cette idée ?

Au positivisme scientifique
Au système normativiste
Au positivisme juridique
À la doctrine du droit naturel

À la doctrine du droit naturel

Explication

La doctrine du droit naturel reconnaît, à côté du droit positif en vigueur, un droit supérieur issu de la nature et composé de principes non écrits. Le positivisme juridique s’attache à l’existence du droit, tandis que les deux autres conceptions citées ne désignent pas ce fondement naturel supérieur.

7. Dans un ordre juridique, une règle tire sa force obligatoire de sa conformité à une règle supérieure, jusqu’à une norme fondamentale au sommet. Quelle conception décrit ce système ?

Le positivisme juridique sans hiérarchie normative
La conception idéaliste du droit
Le système normativiste de Hans Kelsen
Le positivisme scientifique

Le système normativiste de Hans Kelsen

Explication

Dans le système normativiste de Hans Kelsen, les normes sont hiérarchisées et chacune tire sa force obligatoire de sa conformité à une norme supérieure, jusqu’à la norme fondamentale. La production sociale du droit relève du positivisme scientifique; l’idéal de justice et la simple existence ne décrivent pas ce mécanisme hiérarchique.

8. Deux théories positivistes sont comparées : la première explique le droit par la société qui le produit; la seconde envisage le droit indépendamment des phénomènes extérieurs au droit. Comment les classer ?

La première est idéaliste et la seconde scientifique
La première est naturelle et la seconde normativiste
La première est scientifique et la seconde juridique
La première est juridique et la seconde scientifique

La première est scientifique et la seconde juridique

Explication

Le positivisme scientifique considère que le droit est produit par la société, tandis que le positivisme juridique l’envisage indépendamment des phénomènes extérieurs au droit. L’inversion confond leurs objets respectifs; les conceptions idéaliste et naturaliste s’appuient sur d’autres fondements.

9. Un juge hésite entre deux interprétations d’une règle et sait que l’une d’elles contredit une finalité du droit. Quel principe doit guider son choix ?

Retenir une interprétation qui ne heurte pas les finalités du droit
Retenir l’interprétation la plus favorable à une partie
Retenir une interprétation qui écarte les finalités du droit
Retenir l’interprétation littérale sans égard aux finalités

Retenir une interprétation qui ne heurte pas les finalités du droit

Explication

Les finalités du droit orientent son interprétation et son application afin que celles-ci ne les heurtent pas. Les écarter nie leur rôle, favoriser une partie substitue un autre critère, et privilégier la lettre seule ignore les finalités.

10. Quelles sont les quatre finalités principales du droit ?

La justice, l’utilité, l’individualisme et la sécurité
La justice, la légalité, l’individualisme et le collectivisme
La justice, l’utilité, l’ordre public et le collectivisme
La justice, l’utilité, l’individualisme et le collectivisme

La justice, l’utilité, l’individualisme et le collectivisme

Explication

Les quatre finalités principales sont la justice, l’utilité, l’individualisme et le collectivisme. L’ordre public et la sécurité peuvent être des finalités du droit, mais ils ne remplacent pas les deux dernières de cette liste.

11. Une réforme est défendue parce qu’elle améliorerait la satisfaction du plus grand nombre et l’efficacité économique et sociale, tandis qu’un adversaire réclame que chacun reçoive ce qui lui est dû. Quelles thèses défendent-ils respectivement ?

La thèse collectiviste, puis celle du juste
La thèse de l’utile, puis celle du juste
La thèse du juste, puis celle de l’utile
La thèse de l’utile, puis la justice distributive

La thèse de l’utile, puis celle du juste

Explication

La thèse de l’utile vise la satisfaction du plus grand nombre et l’utilité économique et sociale des règles ; la thèse du juste attribue à chacun ce qui lui est dû. L’inversion confond les deux critères, tandis que l’égalité arithmétique et le collectivisme ne définissent pas la distinction demandée.

12. Dans une collectivité, une autorité répartit des aides afin de corriger les inégalités entre ses membres. Quel type de justice met-elle en œuvre selon la distinction d’Aristote ?

La justice commutative
La justice légale
La justice distributive
La justice contractuelle

La justice distributive

Explication

La justice distributive corrige les inégalités au sein d’une collectivité. La justice commutative repose sur une égalité arithmétique entre individus indépendants, tandis que la justice légale porte sur les devoirs envers la collectivité.

13. Quelle caractéristique définit une règle de droit par rapport aux relations entre les personnes et au respect de la règle ?

Une prescription sociale régissant les relations entre les personnes et garantie par le groupe
Une décision particulière réglant un litige et imposée par l’autorité publique
Une recommandation morale régissant les relations entre les personnes et garantie par la conscience
Une prescription obligatoire régissant les relations entre les personnes et garantie par l’autorité publique

Une prescription obligatoire régissant les relations entre les personnes et garantie par l’autorité publique

Explication

La règle de droit est une prescription obligatoire qui régit les relations entre les personnes et dont le respect est assuré par l’autorité publique. La recommandation morale relève de la conscience, une décision de justice vise un litige donné, et une norme sociale n’est pas garantie de la même façon par l’autorité publique.

14. Deux époux choisissent par convention un régime matrimonial différent du régime légal supplétif. Comment qualifier la règle supplétive et leur convention ?

La règle supplétive s’efface devant leur choix contraire
La règle supplétive interdit leur choix contraire
La règle impérative s’applique en l’absence de leur choix
La règle impérative s’efface devant leur choix contraire

La règle supplétive s’efface devant leur choix contraire

Explication

Une règle supplétive ne s’applique qu’à défaut de disposition contraire : la convention des époux peut donc prévoir un autre régime. Une règle impérative interdit la dérogation, et l’idée qu’une règle supplétive s’impose malgré le choix inverse sa définition.

15. Une convention déroge à une règle impérative, alors qu’une autre déroge à une règle supplétive. Quel est le sort juridique de ces deux conventions, dans cet ordre ?

Les deux sont valables
La première est valable et la seconde est nulle
Les deux sont nulles
La première est nulle et la seconde est valable

La première est nulle et la seconde est valable

Explication

Une convention contraire à une règle impérative est nulle, tandis qu’une convention contraire à une règle supplétive est valable. Inverser ces effets confond les deux catégories ; les autres erreurs appliquent la nullité ou la validité aux deux conventions.

16. Une règle générale s’applique à toute personne remplissant des conditions définies, tandis qu’un jugement tranche le conflit précis entre deux parties. Quelle distinction caractérise ces deux actes ?

La règle et le jugement s’adressent aux seules parties du litige
La règle et le jugement régissent de façon générale les situations futures
La règle tranche un litige particulier ; le jugement est abstrait et général
La règle est abstraite et générale ; le jugement tranche un litige particulier

La règle est abstraite et générale ; le jugement tranche un litige particulier

Explication

La règle de droit est abstraite et générale, alors qu’une décision de justice applique le droit à un litige particulier sans viser à régir d’autres situations. Attribuer au jugement une portée générale confond l’acte juridictionnel avec la règle, et réduire la règle à un cas particulier inverse la distinction.

17. Quel rôle joue le bloc de constitutionnalité dans le contrôle des lois ?

Il regroupe les normes de référence auxquelles les lois doivent être conformes.
Il regroupe les règles qui organisent le fonctionnement du Parlement auxquelles les lois doivent être conformes.
Il regroupe les normes adoptées par les institutions européennes auxquelles les lois doivent être conformes.
Il regroupe les règlements pris par le pouvoir exécutif auxquels les lois doivent être conformes.

Il regroupe les normes de référence auxquelles les lois doivent être conformes.

Explication

Le bloc de constitutionnalité rassemble les normes de référence servant à vérifier la conformité des lois. Les normes européennes, les règles parlementaires et les règlements ne définissent pas ce bloc.

18. Une loi contredit une norme située au-dessus d’elle dans la hiérarchie juridique. Quel principe permet de conclure qu’elle ne respecte pas cette hiérarchie ?

Un texte inférieur peut contredire un texte supérieur lorsque les deux portent sur des matières différentes.
Un texte ne peut contredire un texte qui lui est hiérarchiquement supérieur.
Un texte ne peut être écarté que si l’auteur du texte supérieur est le Conseil constitutionnel.
Un texte inférieur peut écarter un texte supérieur si son adoption est plus récente.

Un texte ne peut contredire un texte qui lui est hiérarchiquement supérieur.

Explication

La hiérarchie des normes repose sur l’interdiction pour un texte de contredire une norme qui lui est supérieure, principe associé à Hans Kelsen. La date récente, l’intervention du Conseil constitutionnel et la différence de matière ne renversent pas cette règle.

19. Quel ensemble correspond au contenu du bloc de constitutionnalité ?

La Constitution de 1958 et son Préambule, la DDHC de 1789, les traités internationaux, les règlements nationaux et les PFRLR.
La Constitution de 1958 et son Préambule, la DDHC de 1789, les règlements nationaux, la Charte de l’environnement de 2004 et les PFRLR.
La Constitution de 1958 et son Préambule, la DDHC de 1789, le Préambule de 1946, la Charte de l’environnement de 2004 et les PFRLR.
La Constitution de 1958 et son Préambule, la DDHC de 1789, le Préambule de 1946, la Charte de l’environnement de 2004 et les lois ordinaires.

La Constitution de 1958 et son Préambule, la DDHC de 1789, le Préambule de 1946, la Charte de l’environnement de 2004 et les PFRLR.

Explication

Le bloc comprend les textes constitutionnels cités ainsi que les principes fondamentaux reconnus par les lois de la République. Les traités et règlements ne remplacent pas ces éléments, et les PFRLR ne se confondent pas avec les lois ordinaires.

20. Une juridiction doit déterminer quelle institution est compétente pour exercer le contrôle de constitutionnalité des lois. Quelle institution doit-elle désigner ?

Le président de la République.
Le Conseil d’État.
Le Conseil constitutionnel.
Le Parlement.

Le Conseil constitutionnel.

Explication

La Constitution de 1958 confie exclusivement le contrôle de constitutionnalité au Conseil constitutionnel. Le Conseil d’État intervient notamment dans le contentieux administratif, tandis que la promulgation et l’adoption des lois ne confèrent pas ce contrôle au président ou au Parlement.

21. Un juriste compare le droit de l’Union européenne avec la Convention européenne des droits de l’Homme adoptée au sein du Conseil de l’Europe. Quelle distinction doit-il retenir ?

Le droit communautaire relève du Conseil de l’Europe, tandis que le droit européen des droits de l’Homme relève de l’Union, plus large que le Conseil.
Le droit communautaire relève de l’Union européenne, tandis que le droit européen des droits de l’Homme relève du Conseil de l’Europe, limité aux membres de l’Union.
Le droit communautaire et le droit européen des droits de l’Homme relèvent de l’Union européenne, dont le Conseil de l’Europe est une institution.
Le droit communautaire relève de l’Union européenne, tandis que le droit européen des droits de l’Homme relève du Conseil de l’Europe, plus large que l’Union.

Le droit communautaire relève de l’Union européenne, tandis que le droit européen des droits de l’Homme relève du Conseil de l’Europe, plus large que l’Union.

Explication

Le droit communautaire est celui de l’Union européenne, alors que le droit européen des droits de l’Homme relève du Conseil de l’Europe, qui regroupe un ensemble d’États plus large que l’Union. Les autres réponses inversent les organisations ou confondent leurs périmètres.

22. Dans une classification des normes de l’Union européenne, comment distinguer le droit communautaire primaire du droit communautaire dérivé ?

Le droit primaire regroupe les normes édictées par les institutions, tandis que le droit dérivé rassemble les traités de l’Union et leurs modifications.
Le droit primaire regroupe les décisions individuelles des institutions, tandis que le droit dérivé rassemble les lois nationales adoptées par les États.
Le droit primaire regroupe les lois nationales de transposition, tandis que le droit dérivé rassemble les traités de l’Union et leurs modifications.
Le droit primaire regroupe les traités de l’Union et leurs modifications, tandis que le droit dérivé rassemble les normes édictées par ses institutions.

Le droit primaire regroupe les traités de l’Union et leurs modifications, tandis que le droit dérivé rassemble les normes édictées par ses institutions.

Explication

Les traités de l’Union et leurs modifications constituent le droit communautaire primaire; les normes prises par les institutions forment le droit dérivé. Les lois nationales de transposition ne sont ni les traités ni les normes institutionnelles de l’Union.

23. Un État membre reçoit deux actes européens : un règlement qui entre en vigueur et une directive qui lui fixe un objectif. Quelle démarche juridique doit-il appliquer ?

Appliquer directement le règlement et la directive dès leur entrée en vigueur, sans mesure nationale.
Transposer le règlement en droit national et appliquer directement la directive dès son entrée en vigueur.
Appliquer le règlement dès son entrée en vigueur et transposer la directive en droit national.
Transposer le règlement et la directive en droit national avant qu’ils puissent produire leurs effets.

Appliquer le règlement dès son entrée en vigueur et transposer la directive en droit national.

Explication

Le règlement est directement applicable dès son entrée en vigueur, tandis que la directive doit être transposée dans l’ordre juridique des États membres. L’erreur consistant à inverser leurs effets confond les deux instruments.

24. Une matière n’est pas réservée à la loi par la Constitution. Selon la distinction entre les articles 34 et 37, quel domaine s’applique ?

Le Conseil constitutionnel, car l’article 37 lui attribue les matières absentes de l’article 34.
Le pouvoir législatif, car l’article 37 énumère les matières réservées à la loi.
Le pouvoir réglementaire, car l’article 37 concerne les matières qui ne sont pas réservées à la loi.
Le pouvoir législatif, car l’article 34 couvre les matières qui ne sont pas attribuées au règlement.

Le pouvoir réglementaire, car l’article 37 concerne les matières qui ne sont pas réservées à la loi.

Explication

L’article 34 définit le domaine de la loi et l’article 37 confie au pouvoir réglementaire les matières qui ne sont pas réservées à la loi. L’article 37 ne transfère pas ces matières au législateur ni au Conseil constitutionnel.

25. Comment distinguer une loi référendaire d’une loi parlementaire par son mode d’adoption ?

La loi référendaire relève de l’article 37, tandis que la loi parlementaire est votée par les deux chambres.
La loi référendaire est adoptée par référendum selon l’article 11, tandis que la loi parlementaire est votée par les deux chambres.
La loi référendaire est proposée par référendum, tandis que la loi parlementaire est adoptée par le gouvernement.
La loi référendaire est votée par l’Assemblée nationale, tandis que la loi parlementaire est adoptée par référendum.

La loi référendaire est adoptée par référendum selon l’article 11, tandis que la loi parlementaire est votée par les deux chambres.

Explication

La loi parlementaire est votée par l’Assemblée nationale et le Sénat, alors que la loi référendaire est adoptée par référendum selon l’article 11. Le vote par l’Assemblée nationale confond les deux modes d’adoption, la proposition confond initiative et adoption, et l’article 37 concerne le domaine réglementaire.

26. Un décret précise les modalités d’application d’une loi dans une matière relevant de l’article 34. Quelle catégorie de règlement est en cause et quelle contrainte s’impose à lui ?

Un règlement autonome, relevant du domaine de l’article 37.
Un règlement autonome, qui doit respecter la loi.
Un règlement d’application, qui doit respecter la loi.
Un règlement d’application, qui peut écarter la loi.

Un règlement d’application, qui doit respecter la loi.

Explication

Le règlement qui intervient dans le domaine de la loi pour en préciser l’application est subordonné à celle-ci et doit la respecter. Le qualifier d’autonome confond les catégories, permettre d’écarter la loi inverse leur hiérarchie, et l’article 37 définit le domaine réglementaire.

27. Au cours d’un procès, une partie soutient qu’un règlement illégal ne doit pas être appliqué à son litige. Quel effet produit cette démarche ?

La demande est irrecevable, car elle devait être déposée dans les deux mois.
Le règlement est écarté pour ce litige, sans disparaître de l’ordre juridique.
Le règlement est annulé et disparaît de l’ordre juridique à l’issue du procès.
Le règlement est écarté pour tous les litiges après la décision du juge.

Le règlement est écarté pour ce litige, sans disparaître de l’ordre juridique.

Explication

L’exception d’illégalité permet de demander la non-application du règlement dans le litige, mais ne le fait pas disparaître. L’annulation correspond au recours direct, le délai de deux mois vise ce recours, et l’exception ne produit pas une disparition générale du règlement.

28. Une juridiction administrative examine la légalité d’un règlement autonome, pris dans le domaine réglementaire. Au regard de quelle norme peut-elle notamment le contrôler ?

Les règles de procédure parlementaire.
Les principes généraux du droit.
La conformité à une loi d’application.
L’approbation préalable du Sénat.

Les principes généraux du droit.

Explication

La juridiction administrative contrôle la légalité des règlements autonomes au regard des principes généraux du droit. Le contrôle de conformité à la loi concerne les règlements d’application, tandis que l’autonomie ne supprime pas le contrôle et que l’approbation du Sénat n’est pas le critère indiqué.

29. Pourquoi la coutume et les principes généraux du droit sont-ils qualifiés de sources informelles directes ?

Parce qu’ils sont consignés dans des textes écrits officiels.
Parce qu’ils contribuent directement à la formation du droit.
Parce qu’ils interprètent directement un droit déjà créé.
Parce qu’ils sont adoptés directement par le Parlement.

Parce qu’ils contribuent directement à la formation du droit.

Explication

Ces sources sont dites directes parce qu’elles concourent à la formation du droit, plutôt que de se limiter à interpréter un droit existant. L’interprétation caractérise les sources indirectes, et ni le vote parlementaire ni la forme écrite ne définissent ici leur caractère direct.

30. Dans une profession, un usage est suivi dans plusieurs régions depuis plusieurs années, mais aucune durée minimale n’est fixée. Quel critère matériel permet de déterminer s’il peut constituer une coutume ?

Un usage limité à une région et répété sur une courte période.
Un usage suffisamment répandu dans le temps et dans l’espace.
Un usage accompagné d’une croyance en son caractère obligatoire.
Un usage observé pendant une durée minimale fixée par la loi.

Un usage suffisamment répandu dans le temps et dans l’espace.

Explication

L’élément matériel de la coutume est un usage suffisamment répandu dans le temps et dans l’espace, sans durée minimale prédéterminée. Un délai légal fixe est donc une exigence erronée; la croyance en l’obligation relève de l’élément intentionnel, et une pratique trop limitée ne répond pas au critère matériel.

31. Dans une relation commerciale, aucun texte ne renvoie expressément à une coutume de solidarité et aucune loi impérative ne s’y oppose. Quel traitement cette coutume peut-elle recevoir ?

Elle ne peut s’appliquer que si elle contredit une règle impérative.
Elle peut s’appliquer sans renvoi exprès du législateur.
Elle peut écarter une loi impérative en raison de son ancienneté.
Elle ne peut s’appliquer qu’après un renvoi exprès du législateur.

Elle peut s’appliquer sans renvoi exprès du législateur.

Explication

Une coutume, notamment celle de solidarité commerciale, peut s’appliquer sans renvoi exprès du législateur, à condition de ne pas s’opposer à une loi impérative. Exiger un renvoi exprès méconnaît cette possibilité, et l’ancienneté ne permet pas de déroger à une loi impérative.

32. Un principe général du droit reconnu par la jurisprudence complète le silence d’une loi, mais une règle législative impérative prévoit une solution contraire. Quelle place le principe peut-il occuper ?

Il peut écarter la règle législative parce qu’il est reconnu par la jurisprudence.
Il peut compléter la loi silencieuse, mais ne peut pas contredire la règle législative.
Il peut s’appliquer seulement lorsqu'aucun texte n’existe dans la matière.
Il peut compléter la loi et prévaloir sur elle en cas de contradiction.

Il peut compléter la loi silencieuse, mais ne peut pas contredire la règle législative.

Explication

Les principes généraux du droit ont la même valeur que la loi : ils peuvent la compléter ou suppléer son silence, mais pas la contredire. Leur reconnaissance jurisprudentielle ne leur donne pas une valeur supérieure, et leur application ne se limite pas aux matières sans texte.

33. Des universitaires commentent une règle existante dans une revue juridique sans édicter de nouvelle règle. Quelle fonction ces commentaires remplissent-ils ?

Rendre une décision de justice destinée à résoudre un litige
Appliquer la règle existante pour trancher un litige particulier
Interpréter le droit existant sans créer directement de règle nouvelle
Créer directement une règle nouvelle en complétant le droit existant

Interpréter le droit existant sans créer directement de règle nouvelle

Explication

Les sources informelles indirectes interprètent le droit existant sans créer directement de règle nouvelle. L’idée de créer une règle relève des sources directes, l’application dans un litige relève du juge, et une décision de justice relève de la jurisprudence.

34. Comment désigne-t-on l’ensemble des décisions de justice rendues pendant une certaine période ?

La coutume
La jurisprudence
La législation
La doctrine

La jurisprudence

Explication

La jurisprudence désigne l’ensemble des décisions de justice rendues pendant une certaine période. La doctrine rassemble des opinions de professionnels du droit, la législation des textes législatifs, et la coutume une autre source du droit.

35. Plusieurs décisions reprennent la même interprétation d’une règle abstraite dans des litiges distincts. Quelle conclusion correspond à cette situation ?

Une jurisprudence se dégage dès la première décision et lie les juges suivants
Une règle nouvelle est créée et s’impose aux juges des litiges suivants
Aucune jurisprudence ne se dégage, car chaque décision concerne un litige distinct
Une jurisprudence peut se dégager, sans lier les juges aux décisions antérieures

Une jurisprudence peut se dégager, sans lier les juges aux décisions antérieures

Explication

Une jurisprudence peut se dégager lorsque plusieurs décisions reprennent l’interprétation d’une règle abstraite, mais les juges ne sont pas tenus de suivre les décisions antérieures. Une décision isolée ne suffit pas, et la répétition ne rend pas les précédents obligatoires.

36. Que désigne la doctrine en droit ?

Les pratiques suivies dans le temps et reconnues comme des règles de droit
Les textes adoptés par le législateur pour établir des règles nouvelles
Les décisions rendues par les juridictions pendant une période donnée
Les opinions de professionnels du droit publiées dans des ouvrages ou des revues

Les opinions de professionnels du droit publiées dans des ouvrages ou des revues

Explication

La doctrine regroupe les opinions émises par les professionnels du droit dans des ouvrages ou des revues. Les décisions de justice relèvent de la jurisprudence, les textes adoptés de la législation et les pratiques reconnues de la coutume.

37. Une loi a été promulguée mais n’a pas encore été publiée. Selon le principe général, quelle étape doit encore intervenir avant qu’elle devienne obligatoire ?

Sa publication
La fixation d’une date spéciale par le législateur
Son adoption par le Parlement
Son abrogation par un texte de même valeur

Sa publication

Explication

En principe, une loi devient obligatoire après sa promulgation puis sa publication. L’adoption précède la promulgation, tandis qu’une date spéciale n’est pas nécessaire dans tous les cas et que l’abrogation concerne la fin de vigueur d’un texte.

38. Une loi est publiée le 10 juin et le législateur ne précise aucune date d’entrée en vigueur. À quelle date entre-t-elle en vigueur, selon la règle applicable depuis l’ordonnance du 20 février 2004 ?

Le 11 juin, simultanément sur tout le territoire national
Le 11 juin, à des dates différentes selon les territoires
Le 10 juin, simultanément sur tout le territoire national
Le 12 juin, simultanément sur tout le territoire national

Le 11 juin, simultanément sur tout le territoire national

Explication

À défaut de date fixée par le législateur, la loi entre en vigueur le lendemain de sa publication, simultanément sur tout le territoire national. Le 10 juin correspond au jour de publication, le 12 juin ajoute un jour de trop, et la règle ne varie pas selon le territoire.

39. Un décret entend abroger une loi en vigueur. Quelle condition doit être remplie pour que cette abrogation respecte la hiérarchie des normes ?

L’abrogation doit résulter d’un texte adopté par la même autorité
L’abrogation peut résulter d’un texte de valeur inférieure
L’abrogation doit résulter d’un texte de valeur égale ou supérieure
L’abrogation doit résulter d’un texte de valeur strictement supérieure

L’abrogation doit résulter d’un texte de valeur égale ou supérieure

Explication

Un texte peut être abrogé par un texte de même valeur ou de valeur supérieure dans la hiérarchie des normes. L’identité de l’autorité ne définit pas cette condition, un texte inférieur ne suffit pas et une valeur strictement supérieure n’est pas exigée lorsqu’un texte de même valeur intervient.

40. Une loi nouvelle entre en vigueur alors qu’un contrat est en cours. Quel régime s’applique aux effets du contrat qui se produisent après cette entrée en vigueur ?

La loi ancienne, car le contrat était déjà en cours
La loi nouvelle, au titre de son application immédiate
La loi ancienne, car elle régit la création du contrat
La loi nouvelle, avec effet rétroactif sur le contrat

La loi nouvelle, au titre de son application immédiate

Explication

L’application immédiate signifie que la loi nouvelle régit, dès son entrée en vigueur, les effets futurs des situations en cours. La création passée relève de la loi ancienne; la survie de celle-ci aux effets futurs constitue une exception, et la rétroactivité concerne les effets passés.

41. Une situation juridique a été créée avant une réforme; certains de ses effets se sont produits avant la réforme et d’autres après. Quelle loi régit ces deux aspects ?

La loi ancienne régit la création et tous les effets, y compris les effets postérieurs
La loi nouvelle régit la création et les effets antérieurs; la loi ancienne régit les effets postérieurs
La loi nouvelle régit la création et tous les effets, y compris les effets antérieurs
La loi ancienne régit la création et les effets antérieurs; la loi nouvelle régit les effets postérieurs

La loi ancienne régit la création et les effets antérieurs; la loi nouvelle régit les effets postérieurs

Explication

La loi ancienne régit la création de la situation et les effets survenus avant l’entrée en vigueur de la loi nouvelle; celle-ci régit les effets postérieurs. Appliquer une seule loi à l’ensemble confond la règle de répartition dans le temps.

42. Une loi nouvelle déroge au principe de son application immédiate. Quelles sont les deux formes possibles de cette exception ?

Appliquer la loi nouvelle aux contrats ou harmoniser les règles territoriales
Donner un effet rétroactif à la loi nouvelle ou prolonger l’application de la loi ancienne
Retarder l’entrée en vigueur de la loi nouvelle ou abroger la loi ancienne
Appliquer la loi nouvelle aux effets futurs ou maintenir la loi ancienne pour le passé

Donner un effet rétroactif à la loi nouvelle ou prolonger l’application de la loi ancienne

Explication

Les exceptions à l’application immédiate prennent deux formes : la rétroactivité de la loi nouvelle ou la prolongation de l’application de la loi ancienne. L’application aux effets futurs est le principe, et le seul maintien de la loi ancienne ne décrit qu’une des deux exceptions.

43. Un contrat en cours produit encore des effets lorsqu’une loi nouvelle entre en vigueur. Cette loi vise à protéger des intérêts impérieux. Quel régime s’applique à ces effets postérieurs ?

La loi ancienne continue de régir les effets postérieurs du contrat
La loi nouvelle régit aussi les effets du contrat déjà produits
La loi nouvelle s’applique immédiatement aux effets postérieurs du contrat
Le contrat échappe à la loi nouvelle jusqu’à sa conclusion renouvelée

La loi nouvelle s’applique immédiatement aux effets postérieurs du contrat

Explication

La survie de la loi ancienne aux effets futurs d’un contrat en cours est écartée lorsque la loi nouvelle protège des intérêts impérieux justifiant son application immédiate. La volonté des parties explique en principe la survie de l’ancienne loi, mais ne neutralise pas cette exception; l’application immédiate ne rend pas la loi rétroactive.

44. Quelle liste réunit les quatre grandes familles juridiques distinguées ?

Les systèmes de Common Law, socialistes, fédéraux et constitutionnels
Les systèmes romano-germaniques, de Common Law, internationaux et coutumiers
Les systèmes romano-germaniques, de Common Law, socialistes et philosophiques ou religieux
Les systèmes romano-germaniques, coutumiers, fédéraux et philosophiques ou religieux

Les systèmes romano-germaniques, de Common Law, socialistes et philosophiques ou religieux

Explication

Les quatre familles sont les systèmes romano-germaniques, de Common Law, socialistes et philosophiques ou religieux. Les systèmes coutumiers, fédéraux ou internationaux ne remplacent pas les catégories de cette classification.

45. Un juriste compare deux systèmes : le premier privilégie les textes législatifs écrits, tandis que le second s’appuie principalement sur la jurisprudence et les règles non écrites. Quelle classification convient ?

Le premier relève de la Common Law et le second est romano-germanique
Le premier est romano-germanique et le second est philosophique ou religieux
Le premier est romano-germanique et le second relève de la Common Law
Le premier est socialiste et le second relève de la Common Law

Le premier est romano-germanique et le second relève de la Common Law

Explication

Les systèmes romano-germaniques reposent principalement sur des lois écrites, tandis que la Common Law privilégie les règles non écrites et la jurisprudence. Inverser les familles confond leurs sources principales; les systèmes socialistes ou religieux ne désignent pas ici la tradition fondée sur les précédents judiciaires.

46. Dans un département d’outre-mer, une loi antérieure à 1946 n’a pas fait l’objet d’une extension expresse, tandis qu’une loi postérieure à 1946 n’est pas exclue. Quel principe détermine leur applicabilité ?

La loi ancienne ne s’applique pas sans extension expresse; la loi postérieure s’applique sauf exclusion
La loi ancienne s’applique sauf exclusion; la loi postérieure exige une extension expresse
Les deux lois s’appliquent sauf exclusion expresse
Les deux lois exigent une extension expresse pour s’appliquer

La loi ancienne ne s’applique pas sans extension expresse; la loi postérieure s’applique sauf exclusion

Explication

Dans les départements d’outre-mer, les lois antérieures à 1946 nécessitent une extension expresse, tandis que les lois postérieures s’appliquent sauf exclusion. Inverser ces régimes ou exiger une extension pour la loi postérieure confond les deux règles.

47. Une créancière peut exiger d’un débiteur le paiement d’une somme, tandis qu’un propriétaire exerce un pouvoir sur un terrain. Comment qualifier respectivement ces deux droits ?

Deux droits réels
Un droit personnel, puis un droit réel
Deux droits personnels
Un droit réel, puis un droit personnel

Un droit personnel, puis un droit réel

Explication

Le droit personnel permet d’exiger une prestation d’un débiteur, tandis que le droit réel confère un pouvoir sur une chose. Le rapport créancier-débiteur confond le droit personnel avec le droit réel; l’inversion attribue chaque notion au mauvais rapport; les droits intellectuels ne correspondent à aucun de ces deux exemples.

48. Un créancier chirographaire cherche à faire saisir un bien qui a été transféré à un tiers et à être payé avant les autres créanciers. Quelles prérogatives son droit personnel lui confère-t-il ?

Ni droit de suite ni droit de préférence
Un droit de préférence, sans droit de suite
Un droit de suite, sans droit de préférence
Un droit de suite et un droit de préférence

Ni droit de suite ni droit de préférence

Explication

Le droit personnel ne confère ni droit de suite sur le bien transféré ni droit de préférence dans le paiement. Attribuer les deux prérogatives relève du droit réel; le droit de suite ne se confond pas avec l’exigibilité d’une prestation; une créance ne crée pas, à elle seule, une priorité de paiement.

49. Une propriétaire habite sa maison, en perçoit les loyers et la vend. Quels attributs de la propriété correspondent respectivement à ces trois actes ?

Usus, fructus, abusus
Fructus, usus, abusus
Abusus, fructus, usus
Usus, abusus, fructus

Usus, fructus, abusus

Explication

L’usus permet d’utiliser la chose, le fructus d’en recueillir les fruits comme les loyers, et l’abusus d’en disposer, notamment en la vendant. Intervertir usage et revenus confond usus et fructus; la vente relève de l’abusus, non du fructus ou de l’usus.

50. Dans un usufruit, quelle répartition des prérogatives s’applique entre l’usufruitier et le nu-propriétaire ?

Usufruitier : usus et abusus ; nu-propriétaire : fructus
Usufruitier : usus, fructus et abusus ; nu-propriétaire : aucun
Usufruitier : fructus ; nu-propriétaire : usus et abusus
Usufruitier : usus et fructus ; nu-propriétaire : abusus

Usufruitier : usus et fructus ; nu-propriétaire : abusus

Explication

L’usufruitier reçoit l’usus et le fructus, tandis que le nu-propriétaire conserve l’abusus. Attribuer l’abusus à l’usufruitier confond usufruit et pleine propriété; transférer le fructus au nu-propriétaire inverse sa répartition; donner les trois prérogatives à l’usufruitier efface le démembrement.

51. Quelle distinction fondamentale l’article 516 du Code civil établit-il pour l’ensemble des biens ?

Les biens sont personnels ou réels
Les biens sont meubles ou immeubles
Les biens sont corporels ou incorporels
Les biens sont meubles, immeubles ou droits intellectuels

Les biens sont meubles ou immeubles

Explication

L’article 516 dispose que tous les biens sont meubles ou immeubles. La distinction entre biens corporels et incorporels est une autre classification; les droits personnels et réels classent des droits patrimoniaux; les droits intellectuels ne forment pas une troisième catégorie de biens au sens de cet article.

52. Un agriculteur examine des récoltes encore attachées aux racines et des fruits toujours sur les arbres. Comment les qualifie-t-on avant leur récolte ?

Des immeubles par destination
Des meubles par anticipation
Des immeubles par nature
Des meubles par nature

Des immeubles par nature

Explication

Les récoltes pendantes et les fruits non recueillis sont des immeubles par nature, car ils restent incorporés au sol. Les meubles par anticipation concernent notamment des récoltes vendues séparément; les meubles par nature ne sont pas attachés au sol; l’immeuble par destination suppose un meuble affecté à un fonds.

53. Une propriétaire possède un immeuble et y installe une machine pour son exploitation. Quelle condition permet de qualifier cette machine d’immeuble par destination ?

La machine et l’immeuble appartiennent au même propriétaire, mais la machine est conservée sans lien avec le fonds
La machine et l’immeuble appartiennent au même propriétaire, et elle sert le fonds ou y est attachée à perpétuelle demeure
La machine appartient à un tiers, mais elle sert l’exploitation du fonds
La machine est incorporée au sol, même si son propriétaire diffère de celui de l’immeuble

La machine et l’immeuble appartiennent au même propriétaire, et elle sert le fonds ou y est attachée à perpétuelle demeure

Explication

Un meuble devient immeuble par destination si le meuble et l’immeuble par nature ont le même propriétaire et si le meuble sert le fonds ou y est attaché à perpétuelle demeure. La propriété d’un tiers fait défaut au critère du propriétaire commun; l’absence de lien avec le fonds ne satisfait pas l’affectation; l’incorporation au sol relève de la qualification par nature.

54. Quelle série regroupe les trois catégories de meubles reconnues dans la classification des biens ?

Meubles par nature, par détermination de la loi et droits personnels
Meubles par nature, par détermination de la loi et immeubles par nature
Meubles par nature, par détermination de la loi et par anticipation
Meubles par nature, immeubles par destination et par anticipation

Meubles par nature, par détermination de la loi et par anticipation

Explication

Les meubles comprennent les meubles par nature, ceux par détermination de la loi et les meubles par anticipation, reconnus par la jurisprudence. Les immeubles par destination et par nature sont des catégories d’immeubles; les droits personnels classent des droits et non des biens meubles.

55. Une personne déclenche volontairement une opération pour transférer la propriété d’un bien, tandis qu’une autre cause involontairement un dommage auquel la loi attache une obligation de réparation. Comment qualifier ces deux situations ?

Un fait juridique, puis un acte juridique
Deux actes juridiques
Deux faits juridiques
Un acte juridique, puis un fait juridique

Un acte juridique, puis un fait juridique

Explication

L’acte juridique est accompli volontairement afin de produire des effets de droit, alors que les effets du fait juridique ne sont pas nécessairement voulus. Qualifier les deux situations de faits confond les effets recherchés avec ceux attachés par la loi.

56. Dans un échange, chaque partie remet un ordinateur et reçoit celui de l’autre en contrepartie. Quelle est la qualification de cet acte selon la présence d’une contrepartie ?

Un fait juridique à titre onéreux
Un acte à titre gratuit
Un acte unilatéral à titre gratuit
Un acte à titre onéreux

Un acte à titre onéreux

Explication

Un acte est à titre onéreux lorsque chacune des parties reçoit une contrepartie, qui peut être un bien plutôt qu’un prix en argent. L’absence de paiement monétaire ne signifie donc pas que l’acte est gratuit.

57. Une personne choisit de réaliser matériellement un geste, mais ne veut pas les conséquences juridiques que la loi y attache. De quel type de fait s’agit-il ?

Un acte juridique multilatéral
Un fait de l’Homme
Un acte juridique unilatéral
Un fait de la nature

Un fait de l’Homme

Explication

Le fait de l’Homme est voulu dans sa matérialité, mais ses conséquences juridiques ne sont pas voulues. Le qualifier d’acte juridique confond la volonté d’accomplir le geste avec celle de produire des effets de droit.

58. Dans un litige, une partie doit établir un fait juridique auquel la loi attache une obligation. Quel régime de preuve s’applique à ce fait ?

Il est dispensé de toute preuve
Il ne peut être établi que par aveu
Il doit être prouvé par un écrit déterminé
Il peut être prouvé par tout moyen

Il peut être prouvé par tout moyen

Explication

Les faits juridiques peuvent être prouvés par tout moyen, contrairement aux actes juridiques qui sont soumis à des règles de preuve spécifiques. Exiger un écrit déterminé transpose au fait le régime des actes.

59. Un vendeur demande en justice le paiement d’une somme prévue par un contrat. Selon l’article 1353, alinéa 1er, qui doit établir l’obligation réclamée ?

Le vendeur qui réclame le paiement
Le vendeur et l’acheteur à parts égales
L’acheteur à qui le paiement est demandé
Le juge chargé de trancher le litige

Le vendeur qui réclame le paiement

Explication

Celui qui réclame l’exécution d’une obligation doit la prouver : la charge de la preuve de l’obligation pèse donc sur le demandeur. Faire peser cette preuve sur l’acheteur confond la demande d’exécution avec la preuve d’une libération.

60. Un débiteur affirme avoir éteint sa dette par paiement. Selon l’article 1353, alinéa 2, que doit-il établir ?

L’absence de toute réclamation du créancier
L’existence de l’obligation dont le créancier demande l’exécution
Le paiement ou le fait ayant éteint son obligation
La validité de chaque élément de la demande du créancier

Le paiement ou le fait ayant éteint son obligation

Explication

Celui qui se prétend libéré doit justifier le paiement ou le fait ayant éteint son obligation. La preuve de l’obligation initiale incombe à celui qui en réclame l’exécution, et non au débiteur qui invoque son extinction.

61. Une loi établit une présomption et précise que la preuve contraire est admise par certains procédés, mais pas par tout moyen. Comment classer cette présomption ?

Une présomption judiciaire
Une présomption irréfragable
Une présomption mixte
Une présomption simple

Une présomption mixte

Explication

La présomption mixte admet la preuve contraire par certains procédés seulement. Une présomption simple permet cette preuve par tout moyen, tandis qu’une présomption irréfragable l’interdit.

62. Deux parties concluent un contrat relatif à la preuve qui prétend écarter une présomption irréfragable prévue par la loi. Une telle clause est-elle admissible ?

Non, elle ne peut contredire cette présomption légale
Oui, si la clause désigne les preuves qui seront présentées
Oui, si les deux parties ont accepté la clause
Non, car tout contrat relatif à la preuve est interdit

Non, elle ne peut contredire cette présomption légale

Explication

Un contrat relatif à la preuve ne peut contredire une présomption irréfragable légale. L’accord des parties ne permet donc pas d’écarter cette règle, même si les conventions sur la preuve sont possibles dans certaines limites.

63. Léa conclut un acte juridique portant sur 1 800 euros. En l’absence de dérogation, quel mode de preuve doit-elle en principe réunir pour établir cet acte ?

Un second écrit, même si aucun premier écrit n’existe
Aucun écrit, car l’acte reste valable sans document
Un témoignage, car le montant est inférieur au seuil
Un écrit, car le montant dépasse le seuil légal

Un écrit, car le montant dépasse le seuil légal

Explication

Pour un acte juridique dont l’objet dépasse 1 500 euros, l’article 1359 exige en principe une preuve écrite. L’absence d’écrit concerne la preuve et ne rend pas, à elle seule, l’acte invalide ; le seuil modique et la preuve contre un écrit répondent à d’autres situations.

64. Un contrat écrit indique un prix de 2 000 euros. Une partie soutient que le prix convenu était en réalité de 2 500 euros ; quel mode de preuve doit-elle en principe apporter ?

Une présomption judiciaire établissant le prix différent
Un témoignage établissant le prix différent
Un autre écrit établissant le prix différent
Un commencement de preuve écrit sans complément

Un autre écrit établissant le prix différent

Explication

Pour prouver contre le contenu d’un écrit constatant un acte, il faut en principe un autre écrit, quel que soit le montant de l’opération. Le seuil concerne notamment la preuve initiale d’un acte sans écrit, tandis que le témoignage et la présomption ne remplacent pas ici cette exigence.

65. Quel document constitue un commencement de preuve par écrit au sens de l’article 1362 du Code civil ?

Un écrit d’un tiers indépendant, rendant le fait allégué vraisemblable
Un témoignage oral de la personne qui conteste l’acte, rendant le fait allégué vraisemblable
Un écrit de la personne qui conteste l’acte, rendant le fait allégué vraisemblable
Un acte complet signé par les deux parties, établissant définitivement le fait allégué

Un écrit de la personne qui conteste l’acte, rendant le fait allégué vraisemblable

Explication

Le commencement de preuve par écrit émane de celui qui conteste l’acte et rend vraisemblable le fait allégué ; il peut être complété par d’autres preuves. Un écrit complet relève d’une autre catégorie, et un écrit de tiers ou un témoignage oral ne remplit pas cette définition.

66. Après un incendie constitutif de force majeure, une partie ne peut plus produire l’écrit qui établissait un acte juridique. Quelle règle peut-elle invoquer ?

La preuve par écrit n’est pas exigée en cas de perte par force majeure
La preuve par écrit n’est écartée que si les deux parties sont commerçantes
La preuve par écrit disparaît parce que l’acte devient invalide après l’incendie
La preuve par écrit reste exigée, car seul un empêchement matériel initial compte

La preuve par écrit n’est pas exigée en cas de perte par force majeure

Explication

La perte de l’écrit par force majeure dispense de l’exigence de preuve écrite. L’impossibilité initiale et l’usage de ne pas établir d’écrit sont d’autres dérogations, tandis que la règle concerne le mode de preuve et non la validité de l’acte.

67. Dans un procès, un témoin affirme avoir vu la remise d’une somme, mais son récit paraît peu fiable au juge du fond. Quelle conséquence s’applique à la force probante de ce témoignage ?

Le juge du fond apprécie librement sa force probante
La Cour de cassation apprécie directement la crédibilité du témoin
Le témoignage perd toute valeur dès qu’une partie le conteste
Le témoignage s’impose au juge dès qu’il est régulièrement présenté

Le juge du fond apprécie librement sa force probante

Explication

Selon l’article 1381, la force probante du témoignage dépend de l’appréciation du juge du fond et ne s’impose pas à lui. Le témoignage ne lie donc pas le juge, et sa crédibilité n’est pas appréciée directement par la Cour de cassation.

68. Une partie veut prouver par un voisin qu’un événement matériel s’est produit, sans qu’il s’agisse d’un acte juridique. Quel principe régit le recours au témoignage ?

Le fait juridique doit être établi par un acte authentique reçu par un officier public
Le fait juridique peut être prouvé par témoignage et par tout moyen
Le fait juridique ne peut être prouvé par témoignage qu’avec un commencement d’écrit
Le fait juridique exige un écrit dès que sa valeur dépasse 1 500 euros

Le fait juridique peut être prouvé par témoignage et par tout moyen

Explication

Le témoignage peut servir à prouver un fait juridique par tout moyen. Le seuil de 1 500 euros concerne en principe la preuve des actes juridiques, et non celle des faits juridiques.

69. Une partie défère un serment à l’autre pour que le jugement dépende de sa réponse. Quel effet distingue ce serment du serment déféré d’office par le juge ?

Le serment décisoire lie le juge
Le serment décisoire lie seulement la partie qui le prête
Les deux serments ont une force probante identique et ne lient pas le juge
Le serment déféré d’office lie le juge

Le serment décisoire lie le juge

Explication

Le serment décisoire est déféré par une partie à l’autre afin que le jugement dépende de sa réponse, et il lie le juge. Le serment déféré d’office par le juge ne le lie pas ; cette distinction ne se confond pas avec celle de l’aveu judiciaire.

70. Un règlement autonome adopté dans une matière qui n’est pas réservée à la loi ne respecte pas un principe général du droit. Quelle règle s’applique au contrôle de cet acte ?

Le principe général du droit est inférieur au règlement et ne peut pas lui être opposé.
Il doit respecter le principe général du droit, supérieur au règlement mais inférieur à la loi.
Il n’a pas à respecter le principe général du droit puisqu’aucune loi ne s’applique.
Il est contrôlé au regard des lois, même si la matière relève du règlement autonome.

Il doit respecter le principe général du droit, supérieur au règlement mais inférieur à la loi.

Explication

Les règlements autonomes ne sont pas contrôlés au regard des lois, mais doivent respecter les principes généraux du droit, qui leur sont supérieurs. L’absence de loi ne supprime donc pas toute norme supérieure; le contrôle au regard des lois confond deux catégories, et placer le principe général sous le règlement inverse la hiérarchie.

71. Un débiteur constitue un gage par écrit sans remettre le bien au créancier. Pour que ce gage soit opposable aux tiers, quelle démarche suffit ?

Faire posséder le bien par le créancier ou un tiers convenu, ou le publier sur un registre spécial.
Remettre le bien au créancier, sans possibilité de recourir à une publication.
Établir un écrit, sans possession du bien ni publication sur un registre spécial.
Publier le gage sur un registre général, sans établir d’écrit ni organiser la possession.

Faire posséder le bien par le créancier ou un tiers convenu, ou le publier sur un registre spécial.

Explication

Le gage peut être constitué sans dépossession par écrit, mais son opposabilité aux tiers exige soit la possession du créancier ou d’un tiers convenu, soit une publication sur un registre spécial. L’écrit seul concerne la constitution, la possession n’est pas l’unique voie d’opposabilité, et une publication générale ne correspond pas au registre spécial prévu.

72. Camille possède un vélo et doit établir qu’elle en est propriétaire. Quelle règle de preuve s’applique à ce meuble ?

Le contrat de vente vaut titre
La publication d’un registre vaut titre
La possession du vélo vaut titre
La preuve de propriété du vendeur vaut titre

La possession du vélo vaut titre

Explication

Pour un meuble, l’article 2276, alinéa 1, du Code civil prévoit que la possession vaut titre. La publicité foncière concerne les immeubles, tandis que la preuve de propriété du vendeur et le contrat ne sont pas la règle énoncée ici.

73. Dans un litige, une partie invoque plusieurs indices pour établir un fait. À quelle condition le juge peut-il retenir cette présomption judiciaire ?

Si elle lie le juge par leur nombre
Si elle est précise, même sans autres qualités
Si elle aménage la charge de la preuve
Si elle est grave, précise et concordante

Si elle est grave, précise et concordante

Explication

La présomption judiciaire est un mode de preuve apprécié par le juge, qui ne l’admet que si elle est grave, précise et concordante. L’aménagement de la charge de la preuve relève de la présomption légale; le nombre d’indices ou la seule précision ne suffisent pas à remplacer les critères requis.

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les réponses avec 96 flashcards sur Sources et application du droit.

Quel est le double objectif de l’introduction au droit ?

Apprendre le langage juridique et connaître un fond commun de règles.

Que régit principalement le droit privé ?

Les rapports entre particuliers ou avec des groupements privés.

Quelle juridiction traite un litige de droit public ?

Les juridictions administratives.

Voir les flashcards →

Approfondir avec la fiche

Consultez la fiche de révision complète sur Sources et application du droit.

Voir la fiche →

Cours similaires

Crée tes propres QCM

Importe ton cours et l'IA génère des QCM avec corrections en 30 secondes.

Générateur de QCM