Fiche de révision : Développement et politiques économiques

Plan du Cours

  1. Besoins, biens et choix économiques
  2. Production et facteurs de production
  3. Mesure de la production et PIB
  4. Distribution et redistribution des revenus
  5. Ressources et composantes de la demande
  6. Croissance économique et mesure
  7. Facteurs et théories de la croissance
  8. Moteurs de la croissance économique
  9. Niveau de vie et pouvoir d’achat
  10. Développement économique
  11. Développement durable
  12. Inégalités sociales
  13. Pauvreté et mesure
  14. Cohésion sociale
  15. Bien-être et indicateurs
  16. État et défaillances des marchés
  17. Politiques conjoncturelles
  18. Politiques structurelles

Repères chronologiques

  1. 1945 à 1975La période des Trente Glorieuses se caractérise par une forte croissance qui accroît rapidement le PIB par habitant et le revenu moyen réel dans les pays développés.
  2. 1987Le concept de développement durable est apparu dans un rapport commandé par les Nations Unies à l’ancienne Première ministre norvégienne Gro Harlem Brundtland.
  3. 2001Le rapport de l’OCDE consacré au capital humain et au capital social a repris le travail de recherche sur l’IBEE devenu une référence.

1. Besoins, biens et choix économiques

Notions clés & Définitions

  • Besoin : Le constat d’un manque ou d’une insatisfaction accompagné du désir ou de la nécessité de le faire disparaître, dans un contexte de rareté.
  • Économie : Pour Edmond Malinvaud, l’économie est la science qui étudie l’emploi des ressources rares pour satisfaire les besoins des hommes vivant en société et les opérations de production, de distribution et de consommation ainsi que les institutions qui les facilitent, selon Leçons de théorie microéconomique (1986).

★ À maîtriser

📌 Les besoins physiologiques concernent notamment l’alimentation, le logement et le vêtement, tandis que les besoins de civilisation, tels que les besoins affectifs, culturels, sociaux, intellectuels ou spirituels, apparaissent avec le progrès une fois les besoins physiologiques satisfaits.

📌 Les biens et services libres sont surabondants et disponibles sans transformation ni renoncement à d’autres biens, tandis que les biens et services économiques sont rares, utiles, disponibles et nécessitent un effort de production et des coûts.

  • La rareté oblige les sujets économiques à arbitrer entre des besoins illimités et des ressources limitées, afin de satisfaire le plus de besoins possible en dépensant et en faisant le moins d’efforts possible.

Compléments

  • Les besoins sont illimités en nombre, essentiellement sociaux et culturels, subjectifs selon les personnes et les époques, et leur intensité diminue à mesure qu’ils sont satisfaits.

📌 Les biens et services de consommation finale satisfont directement les besoins, ceux de consommation intermédiaire contribuent à la production d’autres biens, et ceux de production servent à produire sans être détruits ni transformés.

  • Les choix économiques portent sur les biens à produire, leur mode et leurs moyens de production, la répartition des revenus et l’utilisation des revenus pour satisfaire les besoins.

Astuce mémo

Besoin illimité, ressources rares : satisfaire l’un impose de choisir entre les autres.

2. Production et facteurs de production

Notions clés & Définitions

  • Production : L’acte par lequel des unités de production combinent des facteurs pour créer des biens et services destinés à satisfaire des besoins.
  • Travail : L’ensemble des capacités physiques et intellectuelles mobilisées par les humains pour créer des biens et services.
  • Capital : Un bien produit dans le passé et utilisé pour produire d’autres biens dans le futur.
  • Facteurs de production : Les biens et services utilisés pour produire.
  • Productivité du travail : Le rapport entre les quantités produites et la quantité de travail utilisée.
  • Productivité du capital : Le rapport entre la valeur ajoutée et le stock de capital fixe.

★ À maîtriser

📌 La production marchande est réalisée par des entreprises et vendue sur un marché, tandis que la production non marchande est réalisée par les administrations publiques et les institutions sans but lucratif au service des ménages.

Compléments

  • Les entreprises productrices marchandes comprennent :

    • les sociétés non financières
    • les sociétés financières
    • les entreprises individuelles
  • Les administrations publiques comprennent :

    • les administrations centrales
    • les administrations locales
    • les administrations de sécurité sociale
  • La quantité de travail disponible dépend du volume de la population active et de la durée du travail, tandis que sa qualité dépend de la qualification des travailleurs et de leur productivité.

📌 Le capital technique comprend le capital fixe, utilisé durablement, et le capital circulant, consommé ou incorporé dans un seul processus de production, tandis que le capital financier désigne la valeur des capitaux propres d’une entreprise.

3. Mesure de la production et PIB

Notions clés & Définitions

  • Produit intérieur brut : Le résultat final des activités productives des unités productrices résidentes d’un pays.

★ À maîtriser

📌 Additionner les chiffres d’affaires des entreprises surestime la production nationale, car les consommations intermédiaires seraient comptées à la fois comme production d’une entreprise et comme composante de celle d’une autre.

📐 Formule - La valeur ajoutée est égale à la production moins les consommations intermédiaires : VA=production−consommations intermeˊdiaires\text{VA} = \text{production} - \text{consommations intermédiaires}.

📌 La production de services non marchands est évaluée au coût de production en travail et en capital, assimilé à une valeur ajoutée, tandis que la production marchande est évaluée au prix du marché.

📐 Formule - Le PIB est égal à la somme des valeurs ajoutées, augmentée des impôts sur les produits et diminuée des subventions sur les produits : PIB=∑VA+impoˆts sur les produits−subventions sur les produits\text{PIB} = \sum \text{VA} + \text{impôts sur les produits} - \text{subventions sur les produits}.

Compléments

  • Au niveau microéconomique, la production peut être mesurée en quantités physiques ou en valeur ; sa valeur correspond au chiffre d’affaires auquel est ajoutée la variation des stocks de produits finis.

  • La production marchande totale d’un pays est mesurée en agrégeant les valeurs ajoutées des unités marchandes.

📌 Le PIB nominal est évalué aux prix de l’année courante, tandis que le PIB réel est calculé aux prix constants d’une année de base afin d’éliminer l’effet des variations de prix.

Astuce mémo

La production marchande se mesure au prix du marché, la non marchande à son coût de production.

4. Distribution et redistribution des revenus

Notions clés & Définitions

  • Distribution des revenus : La répartition fonctionnelle fondée sur la participation de chaque agent au processus de production et qui forme les revenus primaires.
  • Redistribution des revenus : Une répartition personnelle fondée sur la situation des agents économiques, dont l’État est le pivot.

★ À maîtriser

📌 La redistribution verticale transfère du pouvoir d’achat entre les niveaux de revenus et réduit les disparités de revenus disponibles, tandis que la redistribution horizontale transfère des ressources entre personnes selon leur exposition aux risques sociaux.

📐 Formule - Le revenu disponible est égal aux revenus primaires plus les transferts sociaux moins les prélèvements obligatoires : revenu disponible=revenus primaires+transferts sociaux−preˊleˋvements obligatoires\text{revenu disponible} = \text{revenus primaires} + \text{transferts sociaux} - \text{prélèvements obligatoires}.

Compléments

  • Les ménages perçoivent : des revenus du travail salarié, des revenus mixtes issus du travail non salarié, des revenus du patrimoine, tels que loyers, intérêts et dividendes

  • Les risques sociaux cités sont liés :

    • à la santé
    • à la vieillesse
    • à la dépendance
    • à la maternité et à la famille
    • à l’emploi
    • aux risques divers

📌 La prise en charge collective des risques sociaux suit une logique d’assurance associée à Bismarck ou une logique d’assistance et de solidarité associée à Beveridge.

  • L’État prélève des impôts, des taxes et des cotisations sociales pour financer des transferts sociaux monétaires ou en nature destinés aux bénéficiaires exposés aux risques de l’existence.

  • Le revenu disponible est utilisé pour consommer et épargner, et l’épargne est la partie du revenu qui n’est pas consommée.

Astuce mémo

Distribution selon la contribution productive ; redistribution selon la situation personnelle.

5. Ressources et composantes de la demande

Notions clés & Définitions

  • Investissement : À l’échelle macroéconomique, la formation brute de capital fixe, c’est-à-dire les acquisitions nettes d’actifs corporels ou incorporels issus de la production et utilisés dans d’autres processus productifs pendant au moins un an.

★ À maîtriser

  • Les ressources en biens et services d’une économie sont constituées par le PIB et les importations et représentent l’offre globale.

  • Les emplois des ressources sont :

    • la consommation finale
    • l’investissement
    • les exportations

Compléments

📌 La consommation finale comprend les dépenses directes des ménages, la consommation individualisable de services non marchands et les consommations collectives non individualisables des administrations publiques et des institutions sans but lucratif au service des ménages.

  • Selon la loi d’Engel, lorsque le revenu augmente, la part des dépenses alimentaires dans la dépense totale diminue. - E. Engel

  • L’investissement de remplacement remplace le capital existant et correspond à l’amortissement, tandis que l’investissement net forme du capital nouveau.

  • L’investissement de capacité accroît la production possible sans modifier la proportion capital-travail, tandis que l’investissement de productivité vise des gains de productivité en modifiant cette proportion.

  • Les exportations sont un emploi réel de biens et services sortant du territoire économique, alors que leur contrepartie monétaire constitue une ressource en devises analysée dans la balance des paiements.

6. Croissance économique et mesure

Notions clés & Définitions

  • Croissance économique : L’augmentation des richesses produites par un pays sur une période suffisamment longue, souvent accompagnée de changements de structure tels que l’industrialisation et l’urbanisation.

★ À maîtriser

📐 Formule - Le taux de croissance économique est le taux de variation du PIB réel : taux de croissance=PIBt−PIBt−1PIBt−1×100\text{taux de croissance} = \frac{\text{PIB}_t - \text{PIB}_{t-1}}{\text{PIB}_{t-1}} \times 100.

Compléments

  • La croissance économique, très lente ou stagnante jusqu’à la révolution industrielle du XIXe siècle, s’est ensuite accélérée.

  • Depuis 1975, le rythme annuel de croissance s’est ralenti dans la plupart des économies occidentales, tandis que des économies émergentes comme la Chine ou le Brésil connaissent des rythmes annuels élevés.

  • La croissance n’est pas linéaire et des chocs économiques peuvent provoquer des récessions et des crises durant lesquelles le taux de croissance est négatif.

Astuce mémo

Chocs économiques → récessions et crises, avec un taux de croissance négatif.

7. Facteurs et théories de la croissance

Notions clés & Définitions

  • Destruction créatrice : Joseph Schumpeter, 1883-1950 - Le phénomène par lequel, après des innovations majeures, certaines entreprises disparaissent au profit des entreprises innovantes et certains secteurs déclinent tandis que d’autres se développent.

★ À maîtriser

📌 La croissance extensive résulte de l’utilisation d’une plus grande quantité de travail et de capital, tandis que la croissance intensive résulte d’une hausse de la productivité des facteurs.

  • Selon Joseph Schumpeter (1883-1950), les innovations des entrepreneurs comprennent :

    • les produits nouveaux
    • les procédés de fabrication nouveaux
    • les méthodes d’organisation nouvelles
    • les nouveaux marchés
  • Les nouvelles théories de la croissance identifient quatre investissements comme facteurs de croissance endogènes :

    • le capital physique
    • la recherche et développement
    • le capital humain
    • les infrastructures

Compléments

  • Romer (1986) associe l’investissement en capital physique à un effet d’apprentissage qui accroît la productivité des autres entreprises.

  • Romer (1987) associe l’investissement en recherche et développement à l’accroissement du stock de connaissances et aux innovations cumulatives.

  • Lucas (1988) associe l’investissement en capital humain, notamment par l’éducation, la formation et la santé, à l’amélioration de la qualité du travail.

  • Barro (1990) associe l’investissement en infrastructures à l’amélioration du rendement de l’investissement privé en capital physique.

  • Les investissements en capital physique, recherche et développement, capital humain et infrastructures créent des externalités positives que le secteur privé ne peut prendre totalement en charge, ce qui justifie une intervention de l’État.

Astuce mémo

Les quatre investissements endogènes : capital physique, recherche-développement, capital humain et infrastructures (CRHI).

8. Moteurs de la croissance économique

★ À maîtriser

  • La consommation finale des ménages dépend de l’évolution de leur pouvoir d’achat et de leur propension à consommer.

  • L’investissement en capital fixe des entreprises, des ménages et des administrations dépend de l’évolution de la demande, des profits réalisés et anticipés et de la capacité à les financer.

  • Les exportations dépendent de la compétitivité des produits nationaux par rapport aux produits étrangers et de la croissance du pouvoir d’achat des non-résidents.

Compléments

  • La consommation finale des administrations dépend des décisions de l’État concernant l’évolution des dépenses publiques.

  • La variation des stocks s’ajoute aux composantes de la demande considérées comme moteurs de la croissance.

9. Niveau de vie et pouvoir d’achat

Notions clés & Définitions

  • Niveau de vie : L’ensemble des biens et services qu’un individu peut se procurer avec le revenu dont il dispose et qui prend aussi en compte l’accès à certains biens et services, comme les soins, l’éducation et Internet.
  • Pouvoir d’achat : La quantité de biens et services qu’une personne peut acheter avec son revenu disponible.
  • PIB par habitant : Le PIB rapporté à la population totale d’un pays et mesure le revenu moyen d’un habitant.
  • Mode de vie : L’ensemble des manières de vivre d’un individu ou d’un groupe, déterminé par les conditions matérielles d’existence et les facteurs socioculturels qui façonnent les habitudes de consommation.
  • Qualité de vie : Le bien-être global et recouvre les biens matériels ainsi que des éléments immatériels comme la qualité de l’environnement, la sécurité individuelle et collective et les libertés politiques et économiques.

★ À maîtriser

  • Le revenu disponible par ménage ne mesure pas à lui seul le niveau de vie effectif, car celui-ci dépend aussi du nombre de personnes composant le ménage.

📌 Le PIB par habitant est un indicateur du niveau de vie, mais il ne tient pas compte de la répartition des richesses créées.

📐 Formule - Le taux d’augmentation du niveau de vie correspond au taux de croissance du PIB en volume par habitant : Taux d’augmentation du niveau de vie=Taux de croissance du PIB en volume par habitant\text{Taux d’augmentation du niveau de vie} = \text{Taux de croissance du PIB en volume par habitant}.

📌 Un taux de croissance négatif signifie que l’économie produit moins en volume que l’année précédente ; il s’accompagne d’une hausse du chômage et d’une baisse du niveau de vie, et correspond à une récession.

Compléments

  • L’évolution du pouvoir d’achat dépend de la croissance relative du revenu et de l’augmentation des prix des biens et services.

  • Les variations annuelles du PIB par habitant peuvent être causées par un effet démographique ou par un effet revenu.

  • Les finalités de la croissance sont d’accroître la consommation des ménages et de leur permettre d’épargner davantage et de se constituer un patrimoine.

Astuce mémo

Le niveau de vie englobe l’accès aux biens et services ; le pouvoir d’achat mesure ce que le revenu permet d’acheter.

10. Développement économique

Notions clés & Définitions

  • Développement : Un ensemble de transformations qualitatives accompagnant une croissance durable, notamment l’évolution des structures économiques, sociales et culturelles d’un pays.
  • Indicateur de pauvreté humaine : Mesure les privations ou exclusions fondamentales que peut supporter une partie de la population.

★ À maîtriser

  • L’indicateur de développement humain (IDH), développé par Mahbub ul Haq avec la contribution d’Amartya Sen, prend en compte le niveau de vie, l’espérance de vie à la naissance et l’alphabétisation des adultes.

📌 Le développement est une fin dont la croissance économique est le moyen, et la croissance ne peut durablement s’installer que si elle s’appuie sur un développement robuste.

Compléments

  • Le développement économique se traduit notamment par :

    • la hausse du taux d’alphabétisation
    • le développement du système de santé
    • la construction d’infrastructures
    • l’urbanisation
  • Le PIB par habitant mesure la richesse produite par la nation et par individu.

  • Les politiques de développement comprennent : l’aménagement du territoire et les infrastructures, la politique industrielle, la politique réglementaire, la politique de l’emploi

📌 La mise en œuvre des politiques de développement dépend des caractéristiques initiales des pays et de leur évolution dans le temps.

Astuce mémo

La croissance augmente la production ; le développement transforme les structures.

11. Développement durable

Notions clés & Définitions

  • Développement durable : Répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs.
  • Empreinte écologique : Mesure la pression exercée par l’homme sur la nature en évaluant la surface productive nécessaire à une population pour répondre à ses besoins de consommation de ressources et d’absorption des déchets.
  • Principe de solidarité : Recouvre la solidarité entre les personnes d’une même génération et la solidarité intergénérationnelle, et affirme le rôle de l’État dans les dimensions sociale et écologique du développement durable.

★ À maîtriser

  • La croissance économique peut engendrer des externalités négatives : la pollution, les nuisances, les gaspillages, la réduction de la biodiversité, la déforestation, l’épuisement des ressources non renouvelables comme le pétrole et le gaz naturel

  • Le développement durable comporte trois dimensions :

    • économique : lutte contre la pauvreté et réduction des déséquilibres régionaux
    • sociale : protection des droits fondamentaux et promotion de la parité entre les hommes et les femmes
    • écologique : protection de la biodiversité et promotion des énergies renouvelables
  • Les politiques de développement durable reposent sur les principes de :

    • solidarité
    • précaution
    • participation

📌 Le principe de précaution conduit à s’abstenir d’une action lorsque ses dommages sur l’environnement ou la santé humaine restent incertains au regard des connaissances scientifiques disponibles.

  • Les pouvoirs publics utilisent :

    • la réglementation
    • la taxation
    • le marché des droits à polluer
  • Les pouvoirs publics distribuent gratuitement des droits à polluer échangeables : les entreprises qui polluent moins peuvent vendre leurs droits aux entreprises qui dépassent le niveau de pollution correspondant à leurs droits, ce qui augmente les coûts des pollueurs et procure un bénéfice aux entreprises moins polluantes.

Compléments

  • Le concept de développement durable est né de la prise de conscience des effets pervers de la croissance et de la nécessité d’en limiter les impacts.

  • Les PIB verts visent à exprimer plus justement le PIB en soustrayant les coûts liés à la dégradation de l’environnement et en ajoutant les activités non évaluées, comme le bénévolat.

  • Le principe de participation exige que le développement prenne en compte l’avis de chacun en s’appuyant sur des organisations représentatives et démocratiques.

  • La réglementation fixe des règles relatives aux activités polluantes, comme l’étiquetage des produits polluants et l’obligation de recycler les déchets industriels et ménagers.

  • La taxation impose des taxes sur les activités polluantes afin que les pollueurs supportent le coût de leur pollution.

  • Le développement durable impose de modifier les modes de production et de consommation, tout en créant des contraintes et des opportunités pour les entreprises et les ménages.

12. Inégalités sociales

Notions clés & Définitions

  • Inégalités sociales : Des traitements différents qui avantagent une personne ou un groupe par rapport à un autre et traduisent une hiérarchie sociale.

★ À maîtriser

  • Les approches de l’égalité comprennent : l’égalité des situations juridiques, l’égalité des chances par compensation des inégalités en amont du marché, l’égalité des situations, par exemple en matière de salaire, de revenus ou de patrimoine

  • L’indice de Gini mesure l’inégalité des revenus : une valeur proche de zéro indique une répartition plus égalitaire, tandis qu’une valeur proche de 100 indique une répartition très inégale.

📌 Certains considèrent les inégalités sociales comme acceptables et jugent l’égalité préjudiciable parce qu’elle entraînerait uniformité et nivellement par le bas, inefficacité et perte de liberté ; d’autres voient dans les inégalités une domination à limiter au nom de la justice sociale.

Compléments

  • Un salaire inférieur pour les femmes par rapport aux hommes constitue une inégalité qui réduit leur pouvoir d’achat et leur prestige social.

  • Des différences deviennent des inégalités lorsque la société les valorise :

    • l’âge
    • la profession
    • la situation matrimoniale
    • l’apparence physique
    • le niveau d’études
  • Les écarts de niveau de diplôme peuvent entraîner une inégalité d’accès aux postes à responsabilité.

  • À diplôme égal, les femmes ou les travailleurs d’origine étrangère peuvent être désavantagés dans l’accès aux postes à responsabilité.

  • Amartya Sen, prix Nobel 1998, pose la question fondatrice de la justice sociale : « l’égalité de quoi ? ». - Amatya Sen

  • Selon L.-P. Fitoussi, l’affirmation d’un principe d’égalité possède son négatif social, le consentement à d’autres inégalités, et l’égalité des chances peut s’accommoder d’inégalités de réalisation et de positions.

  • La courbe de Lorenz représente les effectifs cumulés en pourcentage de la population et les revenus cumulés.

  • Les inégalités d’accès aux diplômes peuvent être mesurées en croisant l’origine sociale des parents avec les taux de réussite par diplôme ou en comparant les chances de diplôme des fils de cadres et des fils d’ouvriers.

13. Pauvreté et mesure

Notions clés & Définitions

  • Pauvreté : L’état d’une personne ou d’un ménage manquant de ressources matérielles ou non, de manière absolue ou relative, et pouvant conduire à sa marginalisation vis-à-vis du groupe ou de la société.
  • Pauvreté humaine : La pauvreté humaine, sociale ou en conditions de vie inclut parmi les besoins fondamentaux l’alimentation, le vêtement, l’habitat, la santé, l’éducation et l’accès à l’eau, notamment par des biens et services fournis collectivement.
  • Pauvreté d’exclusion : Associe les privations matérielles ou de services sociaux à un processus de désintégration sociale, dans lequel le travail est un moyen d’existence et un vecteur de lien et d’identité sociales.

★ À maîtriser

📌 La pauvreté monétaire concerne les individus ou ménages dont le revenu ou les dépenses sont inférieurs à un seuil de pauvreté, tandis que la pauvreté en conditions de vie porte sur des privations non monétaires.

📌 La pauvreté absolue désigne l’insuffisance de ressources pour couvrir les besoins essentiels, tandis que la pauvreté relative désigne des ressources trop faibles pour accéder aux modes de vie minimaux acceptables dans une société.

  • La pauvreté relative est mesurée par rapport au revenu disponible médian ou moyen : le seuil retenu est de 50 % ou 60 % selon les statistiques et les pays.

  • L’indice de pauvreté multidimensionnelle (IPM) du PNUD a été créé en 2010 sur la base de la théorie des capabilités développée par A. Sen, prix Nobel 1998.

Compléments

  • La pauvreté absolue peut empêcher de satisfaire les besoins élémentaires suivants :

    • se nourrir
    • se vêtir
    • se loger
    • se chauffer
    • faire subsister sa famille
  • Selon l’Union Européenne, la pauvreté relative concerne les individus ou familles dont les ressources matérielles, culturelles et sociales sont si faibles qu’ils sont exclus des modes de vie minimaux acceptables.

  • La pauvreté en conditions de vie peut être repérée par : l’insuffisance des revenus, les retards de paiement des loyers, l’équipement insuffisant du logement en éléments de confort indispensables, comme une douche

  • La pauvreté absolue s’évalue en monnaie comme un minimum vital, c’est-à-dire une certaine quantité d’argent nécessaire par personne.

📌 Le seuil de pauvreté relative de 60 % du revenu médian ou moyen classe davantage de personnes comme pauvres que le seuil de 50 %.

  • Les indicateurs de pauvreté non monétaire portent notamment sur : le logement, l’accès à la culture, l’accès aux infrastructures de garde d’enfants

14. Cohésion sociale

Notions clés & Définitions

  • Cohésion sociale : La situation d’un groupe fortement solidaire et intégré, caractérisée par des buts communs, l’attraction mutuelle des individus et leur attachement au groupe.

★ À maîtriser

  • La cohésion sociale favorise l’intégration des individus, c’est-à-dire leur participation à un réseau de relations sociales qui leur confère aussi une identité propre.

  • Il n’existe pas d’indicateur mesurant directement la force ou la faiblesse de la cohésion sociale, mais certains indicateurs statistiques peuvent signaler l’évolution des liens sociaux.

Compléments

  • Les indicateurs indirects de cohésion sociale comprennent : la formation et la dissolution des couples, la création d’associations, les pratiques religieuses anciennes et nouvelles, les emplois précaires et le chômage, la délinquance et la criminalité

  • La cohésion sociale pose la question de la compatibilité entre discipline et normes communes, d’une part, et liberté, autonomie et individualisme, d’autre part.

  • La cohésion sociale pose la question de la capacité du travail à assurer l’intégration dans une société multipolaire où l’accès au travail n’est pas garanti.

15. Bien-être et indicateurs

Notions clés & Définitions

  • Bien-être : L’ensemble des facteurs dont une personne a besoin pour jouir d’une bonne qualité de vie, d’une existence tranquille et d’un état de satisfaction.

★ À maîtriser

  • Le bien-être social comprend notamment :
    • un emploi digne
    • des ressources économiques suffisantes
    • un logement
    • l’accès à l’éducation et à la santé
    • du temps pour les loisirs

📌 Le bien-être est subjectif, mais le bien-être social est associé à des facteurs économiques objectifs.

📌 L’État est tenu de promouvoir le bien-être social par des mesures corrigeant les inégalités du marché capitaliste, notamment la répartition des revenus et le développement de services sociaux libres et gratuits.

  • L’indicateur de bien-être économique (IBEE), proposé par Lars Osberg et Andrew Sharpe, mesure l’évolution du bien-être et de la prospérité dans différents pays.

  • Les quatre indicateurs synthétiques de l’IBEE portent sur :

    • les flux de consommation courante
    • l’accumulation nette de stocks de ressources productives
    • la répartition des revenus, les inégalités et la pauvreté économique
    • le degré de sécurité ou d’insécurité économique

Compléments

  • Dans l’exemple présenté, une famille de quatre personnes a besoin de 1 968 000 FCFA par mois pour répondre à ses besoins de base, et une famille disposant de 984 000 FCFA par mois, soit la moitié, risque de connaître des carences alimentaires et de moindres perspectives de vie.

📌 La généralisation du bien-être social nécessite des richesses permettant de financer les dépenses de l’État, auquel il appartient aussi d’assurer la génération de richesses.

  • L’IBEE a été appliqué à six pays de l’OCDE :

    • les États-Unis
    • le Royaume-Uni
    • le Canada
    • l’Australie
    • la Norvège
    • la Suède
  • Le premier indicateur couvre : la consommation de biens et services marchands, les flux réels de production domestique, les loisirs, les autres biens et services non marchands

  • L’indicateur d’accumulation de l’IBEE comprend les biens corporels, les parcs de logements, les biens durables, les capitaux humain et social, la recherche et développement, les ressources naturelles, les coûts environnementaux et l’endettement extérieur net.

  • L’indicateur de sécurité économique couvre les risques liés :

    • au chômage
    • à la maladie
    • à la vieillesse
    • aux ruptures de la cellule familiale
    • à la pauvreté chez les personnes âgées

16. État et défaillances des marchés

Notions clés & Définitions

  • État : Un ensemble d’institutions incarnant le pouvoir suprême de la nation et existant indépendamment des hommes politiques et des fonctionnaires qui le servent.
  • Asymétrie d’information : Une situation où les acheteurs connaissent mal la qualité d’un bien qu’ils envisagent d’acquérir, ce qui peut conduire les vendeurs à le proposer à un prix excessif et réduire les échanges.
  • Externalité : Une situation où l’action d’un agent économique a un impact sur un tiers ou un milieu sans compensation financière.
  • Bien public : Susceptible d’être consommé par plusieurs consommateurs en même temps.

★ À maîtriser

📌 La doctrine libérale préconise une intervention minimale de l’État, limitée notamment à la stabilité monétaire et aux règles de concurrence, tandis que la doctrine keynésienne recommande une intervention plus directe et permanente pour rétablir les équilibres et lutter contre le chômage.

📌 Une externalité positive produit un bienfait pour un tiers, tandis qu’une externalité négative produit un dommage non compensé, comme la pollution d’une usine chimique pour les riverains, la faune, la flore et les nappes phréatiques.

  • Un bien public est indivisible, car la consommation d’un individu ne réduit pas la quantité disponible pour les autres et il n’existe pas de rivalité entre consommateurs.

  • Un bien public est non excluable, car il est impossible d’exclure un consommateur de son accès par un mécanisme de prix.

📌 Le marché ne satisfait pas les biens publics parce qu’une entreprise privée ne peut généralement pas les produire avec profit et que les consommateurs peuvent adopter un comportement de passager clandestin.

📌 L’État assume la fourniture des biens publics, seul ou en partenariat avec un organisme privé, et en fait supporter le coût à la collectivité par la fiscalité.

Compléments

  • En tant que puissance publique, l’État détient le monopole de la violence légale.

  • Dans une économie de marché, l’État décide et engage des politiques publiques dans les domaines économiques et sociaux.

📌 Les libéraux recommandent des règles strictes de politique économique afin de limiter son caractère déstabilisant et de préserver le libre fonctionnement des marchés et la libre concurrence.

📌 Les keynésiens préconisent des politiques discrétionnaires modifiables selon les besoins de la conjoncture économique.

  • Les dysfonctionnements des marchés peuvent concerner l’information relative aux biens échangés ou le comportement des offreurs et coûter aux consommateurs en quantités disponibles et en prix.

  • L’insuffisance d’information signifie que l’information du consommateur est limitée et que la publicité ne fournit pas toujours des informations fiables.

Astuce mémo

Le libéralisme limite l’intervention ; le keynésianisme la mobilise pour rétablir les équilibres.

17. Politiques conjoncturelles

Notions clés & Définitions

  • Politique économique : L’ensemble des décisions prises par l’État pour orienter l’activité économique et atteindre les objectifs économiques et sociaux qu’il s’est fixés.
  • Politique conjoncturelle : Régule l’activité économique à court terme pour garantir une croissance forte sans déséquilibres tels que le chômage, l’inflation ou le déficit budgétaire.
  • Politique de relance : La politique conjoncturelle de relance, d’inspiration keynésienne, privilégie la stimulation de la croissance économique et la lutte contre le chômage en accroissant la demande globale.
  • Politique de rigueur : La politique conjoncturelle de rigueur, d’inspiration libérale, privilégie la lutte contre l’inflation et la réduction des déficits, souvent au prix d’un ralentissement de la croissance.

★ À maîtriser

  • Une politique économique comprend :
    • des finalités
    • des objectifs
    • des instruments
    • des outils de contrôle

📌 Une politique conjoncturelle est procyclique lorsqu’elle agit dans le sens de la conjoncture pour l’amplifier, et contracyclique lorsqu’elle intervient pour contrer une évolution conjoncturelle indésirable.

  • Les objectifs de la politique conjoncturelle sont : la croissance du PIB, le plein emploi, la stabilité des prix, l’équilibre des échanges et des paiements extérieurs
  • Le carré magique de Nicholas Kaldor (1971) comprend :

    • le taux de croissance
    • le taux de chômage
    • le taux d’inflation
    • le solde de la balance commerciale
  • La régulation conjoncturelle s’effectue au moyen de la politique budgétaire, qui agit sur le budget de l’État, et de la politique monétaire, qui agit sur le taux d’intérêt.

  • 🔄 Le mécanisme de la politique budgétaire expansionniste est le suivant : hausse des dépenses publiques et baisse des impôts, hausse du revenu disponible des ménages, hausse de la consommation, hausse de la production des entreprises et de l’emploi

  • Une politique monétaire expansionniste baisse les taux d’intérêt, ce qui facilite le financement, augmente les crédits et les échanges, puis stimule l’activité économique et l’emploi.

Compléments

  • Les finalités comprennent : l’amélioration du niveau de vie et de la qualité de vie, la réduction des inégalités, la justice sociale, la solidarité nationale

  • Les objectifs d’une politique économique sont des étapes vers ses finalités et portent sur les grandes variables économiques, comme la croissance, l’emploi et l’inflation.

  • Les deux instruments coordonnés des institutions publiques sont le budget de l’État et la monnaie en circulation.

📌 Les outils de contrôle évaluent les résultats d’une politique économique au regard des objectifs fixés.

  • Les contraintes des politiques économiques peuvent être :
    • nationales, comme la loi de finances
    • régionales, comme l’UEMOA
    • internationales, comme l’OMC et le FMI

Astuce mémo

Relance : stimuler la demande ; rigueur : freiner l’inflation et les déficits.

18. Politiques structurelles

Notions clés & Définitions

  • Politique structurelle : L’ensemble des actions des pouvoirs publics qui transforment le système économique pour en améliorer le fonctionnement, assurer durablement la croissance et renforcer la compétitivité à moyen et long terme.

★ À maîtriser

  • Les politiques structurelles nationales visent à : accroître les possibilités de production, orienter l’activité vers des secteurs d’avenir, renforcer la concurrence par la réglementation, mettre en place des autorités indépendantes de régulation

  • Les principales politiques structurelles nationales sont les politiques industrielle, énergétique, de recherche et d’innovation, de formation et d’aménagement du territoire.

  • Au niveau européen, les politiques structurelles portent principalement sur :

    • l’agriculture
    • la concurrence
    • le social
    • l’environnement

Compléments

  • Les politiques structurelles régionales visent à supprimer les obstacles économiques à la croissance et à améliorer le fonctionnement des marchés en renforçant la concurrence.

  • La politique agricole commune (PAC) vise à protéger l’agriculture européenne, assurer l’indépendance alimentaire de la zone et entretenir le patrimoine naturel.

  • La politique européenne de concurrence défend les intérêts des consommateurs et lutte contre les monopoles et les pratiques anticoncurrentielles, comme les ententes et les abus de position dominante.

  • La politique sociale européenne vise à éviter l’harmonisation par le bas des taux d’imposition et des cotisations sociales.

  • La politique européenne de l’environnement vise à lutter contre la pollution, prévenir les risques et protéger la biodiversité.

Tableaux de synthèse

Instruments de politique durable

InstrumentPrincipeEffet attendu
RéglementationFixer des règles aux activités polluantesEncadrer les pratiques
TaxationFaire payer le coût de la pollutionFaire supporter le coût aux pollueurs
Droits à polluerDistribuer des droits échangeablesRécompenser les entreprises moins polluantes

Teste tes connaissances

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1. Dans un contexte de rareté, que désigne un besoin pour une personne qui ressent une privation et souhaite y remédier ?

2. Après avoir satisfait ses besoins alimentaires et de logement, une personne cherche à participer à des activités culturelles et à renforcer ses liens sociaux. Comment classer ces besoins ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

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Qu’est-ce qu’un besoin dans un contexte de rareté ?

Le constat d’un manque ou d’une insatisfaction accompagné du désir ou de la nécessité de le faire disparaître.

Quels besoins apparaissent avec le progrès après la satisfaction des besoins physiologiques ?

Les besoins de civilisation.

Qu’est-ce qui distingue les biens et services libres des biens et services économiques ?

Les biens et services libres sont surabondants et accessibles sans transformation ni renoncement, tandis que les biens et services économiques sont rares et nécessitent production et coûts.

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