★ À maîtriser
📌 Le travail désigne l’exercice de l’activité, tandis que l’emploi désigne le contrat passé entre le travailleur et l’employeur.
📌 Le salaire nominal mesure une rémunération en unités monétaires, tandis que le salaire réel mesure la quantité de biens qu’un salaire donné permet d’acquérir.
📐 Formule - Le taux de chômage est égal à et s’élève à 7,2 % au deuxième trimestre 2023 selon le BIT.
📌 La population active comprend les personnes exerçant ou cherchant à exercer une activité rémunérée, tandis que la population inactive regroupe celles qui n’en exercent ni n’en cherchent.
📌 Le chômage keynésien associe un excès d’offre sur les marchés des biens et services et du travail, tandis que le chômage classique associe un excès de demande sur les marchés des biens et services et un excès d’offre sur le marché du travail.
Compléments
📐 Formule - Le taux d’emploi est égal à , définie ici comme les personnes de 15 à 64 ans, et atteint 68,6 % en juillet 2023 selon l’INSEE.
📐 Formule - Le taux d’activité est égal à , définie ici comme les personnes de 15 à 64 ans, et s’élève à 73,6 % en 2022.
Le travail est l’activité ; l’emploi est le contrat.
★ À maîtriser
Au début des années 1990 en France, Abowd, Corbel et Kramarz (1999) ont montré qu’une création nette d’emploi masquait trois embauches et deux licenciements, tandis qu’une destruction nette masquait une embauche et deux licenciements.
Pôle emploi publie chaque mois le nombre de demandeurs d’emploi inscrits, indemnisés ou non, dans cinq catégories couvrant la France métropolitaine et l’Outre-mer.
📌 Le nombre d’inscrits publié par Pôle emploi n’est pas le nombre exact de chômeurs, car tous les chômeurs ne sont pas nécessairement inscrits.
📌 Les statistiques de chômage de l’INSEE permettent des comparaisons internationales selon le BIT, tandis que les règles nationales de comptage des demandeurs d’emploi de Pôle emploi ne le permettent pas.
Compléments
📌 Des taux de chômage comparables entre pays peuvent dissimuler des flux d’entrée et de sortie du chômage très différents.
Le marché du travail américain est plus sensible au cycle économique que les marchés européens, avec des flux d’entrée et de sortie plus élevés, même si cette réactivité s’est atténuée dans le dernier quart du XXe siècle.
La catégorie A de Pôle emploi regroupe les demandeurs d’emploi sans emploi qui doivent effectuer des actes positifs de recherche d’emploi.
Les catégories B et C de Pôle emploi regroupent les demandeurs d’emploi tenus de rechercher activement un emploi qui ont exercé respectivement une activité réduite de 78 heures ou moins, ou de plus de 78 heures au cours du mois.
Les catégories D et E de Pôle emploi regroupent les demandeurs d’emploi non tenus de rechercher activement un emploi, sans emploi en catégorie D et en emploi en catégorie E.
L’INSEE mesure le chômage selon la définition du BIT à partir d’une enquête trimestrielle menée auprès d’environ 70 000 ménages et couvrant les personnes âgées de 15 ans ou plus.
Pôle emploi compte les inscrits ; l’INSEE mesure le chômage selon le BIT.
★ À maîtriser
Compléments
Au Japon, le taux de chômage est resté relativement stable autour de 4 % depuis les années 1950 et atteint 2,6 % en avril 2023.
Au Japon, près de 30 % de la population a plus de 65 ans et les emplois précaires concernent environ 30 % de la population active, majoritairement des femmes.
En mai 2023, le chômage américain est redescendu à 3,7 %, dans un marché du travail tendu marqué par un manque de travailleurs et la « Grande Démission » après les confinements.
En Europe, le chômage était faible pendant les Trente Glorieuses, lorsque le PIB croissait de 4,8 % par an de 1960 à 1973, puis il s’est dégradé à partir de 1974 avec la crise liée au premier choc pétrolier.
En 1994, le taux de chômage européen atteint 11 % de la population active et l’Europe compte 19 millions de chômeurs, puis le nombre de demandeurs d’emploi tombe à 13 millions, soit 7,5 %, en 2001.
En mai 2023, le taux de chômage est de 2,7 % en Pologne contre 12,7 % en Espagne, tandis que la France se situe au-dessus de la moyenne européenne et de celle de la zone euro, donnée à 6,5 %.
La catégorie statistique de chômeur apparaît à la fin du XIXe siècle, lors du recensement de 1896.
États-Unis : chômage fluctuant ; Japon : chômage stable.
★ À maîtriser
En 2022, le taux de chômage français a diminué de 0,6 point pour atteindre 7,2 %, son niveau le plus bas depuis 1982.
En 2023, le taux de chômage en France atteint 7,2 %, son plus bas niveau depuis 1982, tandis que les taux d’emploi et d’activité atteignent respectivement 68,6 % et 73,6 %.
Compléments
En France, le chômage, inférieur à 4 % avant le premier choc pétrolier de 1973, a dépassé 8 % de la population active jusqu’au milieu des années 1980.
En France, le taux de chômage a augmenté de 2,9 points entre 2008 et 2013, s’est stabilisé de 2013 à 2015, puis a diminué de 2,4 points entre 2015 et 2021.
En 2020, les restrictions d’activité et les difficultés de recherche d’emploi ont réduit artificiellement le chômage mesuré en faisant basculer des personnes vers l’inactivité.
En France, le taux de chômage de 2022 est de 7,5 % pour les hommes et de 7,1 % pour les femmes, alors qu’avant la crise de 2008-2009 celui des hommes était nettement inférieur à celui des femmes.
En 2022, le taux de chômage atteint 13,2 % pour les actifs ayant au plus le brevet des collèges, contre 4,7 % pour les diplômés du supérieur, 7,7 % pour les titulaires d’un BEP ou CAP et 8,7 % pour les bacheliers.
En 2022, 72 % des chômeurs sont au chômage depuis moins d’un an, 57 % depuis moins de six mois, 27 % depuis un an ou plus et 13 % depuis au moins deux ans.
En mai 2023, 17,2 % des actifs de 15 à 24 ans sont au chômage en France, contre 13,9 % en moyenne dans l’Union européenne.
Depuis 1975, le taux d’activité des jeunes diminue avec l’allongement des études, tandis que celui des seniors de 50 à 64 ans se redresse depuis le milieu des années 1990 avec le recul de l’âge de départ à la retraite.
En 2022, le halo du chômage représente environ 4,5 % des personnes de 15 à 64 ans et a augmenté de 0,8 point en 2020 pendant le premier confinement.
En 2022, 4,6 % des personnes en emploi sont en sous-emploi, qui comprend notamment des personnes à temps partiel souhaitant travailler davantage et disponibles pour le faire, ainsi que des personnes au chômage partiel ou technique.
En 2020, la part du sous-emploi dans l’emploi a atteint 9,5 % sous l’effet de la crise sanitaire, tandis qu’en 2022 le sous-emploi touche 6,5 % des femmes contre 2,8 % des hommes.
En 2021, 87,4 % des personnes en emploi sont salariées et 73,7 % sont en CDI ou fonctionnaires, tandis que les formes particulières d’emploi comprennent l’intérim, les CDD, l’apprentissage et les contrats aidés.
En 2023, une entreprise française sur deux déclare rencontrer des difficultés de recrutement, alors que la croissance ralentit à 0,9 % contre 2,5 % en 2022 et que l’économie continue de créer des emplois.
Selon Stéphane Carcillo, les réformes structurelles ont réduit le coût du travail aux bas salaires et levé des obstacles à l’embauche, notamment par le CICE, le Pacte de responsabilité et des changements concernant le licenciement économique et les indemnités.
★ À maîtriser
Smith, Ricardo, Malthus et Marx accordent une importance fondamentale au travail et considèrent que le travail réalisé crée la valeur ajoutée d’une marchandise, conception appelée « valeur travail ».
Pour les classiques, le salaire tend vers le minimum de subsistance, c’est-à-dire le revenu minimal permettant au travailleur de survivre et de conserver sa capacité à offrir du travail.
Selon Smith (1776), les capitalistes, moins nombreux que les travailleurs, disposent d’un pouvoir de négociation supérieur qui fait tomber le salaire au minimum de subsistance.
Selon Ricardo (1817), le principe de population de Malthus augmente rapidement la main-d’œuvre disponible et exerce une pression à la baisse sur les salaires.
Selon RICARDO (1817), les rendements décroissants réduisent progressivement la rentabilité du capital, ralentissent son accumulation et, puisque capital et travail sont complémentaires, diminuent la demande de travail.
Compléments
Smith justifie les écarts de salaire par la pénibilité relative des tâches : les travailleurs qui acceptent les tâches les plus pénibles reçoivent un salaire supérieur au minimum de subsistance.
Pour Malthus, sans frein comme les maladies, la population croît géométriquement (2, 4, 8, 16…), tandis que la production alimentaire croît arithmétiquement (2, 3, 4, 5…), ce qui peut entraîner famines, guerres et surmortalité.
Dans MALTHUS (1798), le pouvoir multiplicateur de la population est infiniment supérieur à celui de la terre de produire les subsistances humaines.
Pour MARX, le capital est le rapport social qui permet au capitaliste d’acheter la force de travail du prolétaire, lequel ne peut vendre que cette force de travail.
Pression démographique → hausse de l’offre de travail → baisse des salaires.
★ À maîtriser
📐 Formule - Le profit de l’entreprise est maximal lorsque le salaire réel égale la productivité marginale du travail : .
📌 Une hausse du salaire réel augmente le coût d’opportunité du loisir et favorise le travail par effet de substitution, mais accroît le pouvoir d’achat et peut réduire l’offre de travail par effet de revenu ; dans le modèle classique, l’effet de substitution domine.
📌 La flexibilité du salaire réel égalise l’offre et la demande de travail et garantit le plein-emploi dans le modèle néoclassique ; le chômage involontaire n’apparaît que si le salaire réel est maintenu au-dessus de son niveau d’équilibre.
Compléments
📌 L’équilibre partiel étudie un seul bien sans tenir compte des interactions avec les autres marchés, contrairement à l’équilibre général qui prend en compte l’ensemble des échanges de l’économie.
Demande décroissante, offre croissante : leur rencontre détermine l’emploi
★ À maîtriser
Dans le job search, le chômeur compare l’acceptation immédiate d’une offre au gain attendu d’une recherche prolongée, laquelle augmente ses chances de trouver un emploi et un salaire qui lui conviennent mais entraîne des coûts de recherche.
Dans le modèle du job search, l’indemnisation du chômage peut allonger la recherche d’emploi et maintenir les salaires de réservation à un niveau élevé, ce qui en fait un facteur de rigidité et de désincitation à la reprise d’emploi.
Selon KEYNES, les entreprises embauchent la quantité de travail nécessaire pour satisfaire la demande effective anticipée, de sorte que l’incertitude et le pessimisme des entrepreneurs peuvent freiner l’embauche et l’investissement.
Dans l’approche keynésienne, le salaire nominal est fixé par négociation entre représentants syndicaux des travailleurs et des employeurs et est rigide à la baisse en raison de l’organisation des travailleurs et de l’opposition des syndicats aux baisses salariales. - KEYNES
Selon KEYNES, l’insuffisance de la demande anticipée engendre le chômage involontaire et justifie des politiques monétaires ou budgétaires de relance ; une baisse des salaires pourrait réduire la demande effective et accroître le chômage.
Compléments
Dans la parabole des îles, PHELPS (1970) décrit des marchés locaux du travail entre lesquels un travailleur doit prospecter à un coût pour connaître les salaires offerts ailleurs.
MARINESCU et SKANDALIS (2021) observent que l’effort de recherche d’emploi, mesuré par les candidatures envoyées sur une plateforme en ligne, augmente de 50 % dans l’année précédant la fin de l’indemnisation.
LE BARBANCHON, RATHELOT et ROULET (2019) estiment qu’une baisse de 10 % de la durée potentielle d’indemnisation réduirait le temps de retour à l’emploi de 1 %.
Plusieurs études citées concluent que l’allongement de l’indemnisation a des effets quasi nuls sur la qualité de l’emploi retrouvé : le salaire ne serait pas plus élevé selon LE BARBANCHON (2016), et l’emploi ne serait pas plus stable selon FACKLER, STEGMAIER et WEIGT (2019).
Depuis le 1er février 2023, la durée maximale d’indemnisation est de 22,5 mois pour les personnes âgées de 53 ou 54 ans et de 27 mois pour celles de 55 ans et plus.
📌 Le modèle du job search explique difficilement le chômage massif involontaire et durable, et son lien théorique négatif entre salaire et mobilité professionnelle n’est pas confirmé par CHERON et DING (2008), qui observent une mobilité croissante avec le salaire.
📌 Le principe de demande effective inverse la loi de JB SAY : ce n’est pas l’offre qui crée la demande, mais la demande anticipée par les producteurs qui détermine les quantités produites et offertes. - KEYNES
★ À maîtriser
Dans la théorie du déséquilibre, les prix et les salaires sont fixes ; tout déséquilibre entre offre et demande s’ajuste donc par les quantités, et les échanges sont limités par le côté court du marché.
Le chômage classique associe un excès de demande sur le marché des biens et services à un excès d’offre sur le marché du travail ; des salaires réels trop élevés limitent la rentabilité, l’emploi et la production.
Le chômage keynésien associe un excès d’offre sur les marchés des biens et services et du travail ; les contraintes de débouchés empêchent les entreprises d’augmenter l’emploi, même si les salaires baissent.
L’inflation contenue associe un excès de demande sur les marchés des biens et services et du travail, mais les prix fixes empêchent l’ajustement par leur hausse.
La théorie du déséquilibre implique de diagnostiquer la configuration du sous-emploi : la flexibilité des prix peut traiter le chômage classique, tandis que le chômage keynésien appelle des interventions publiques pour accroître les débouchés.
Compléments
Les rigidités nominales concernent le système des prix dans son ensemble, tandis que les rigidités réelles touchent des marchandises particulières.
Les causes possibles de rigidité des prix sont : (AKERLOF et MANKIW) : la concurrence imparfaite, l’interdépendance entre entreprises, les coûts de menu, notamment les frais d’impression d’un nouveau menu
📌 Pour réduire le chômage classique, il est possible de lutter contre les rigidités salariales ou d’améliorer la rentabilité des entreprises, notamment par une baisse des charges sociales ou des incitations au progrès technique.
📌 Pour réduire le chômage keynésien, il faut soutenir la demande par des politiques monétaires ou budgétaires de relance, car une baisse des salaires ne crée pas à elle seule de débouchés supplémentaires.
Chômage classique : demande de biens excédentaire ; chômage keynésien : offre de biens excédentaire
★ À maîtriser
📌 Dans la théorie de BECKER, une formation coûte du temps et de l’argent, mais peut accroître la productivité et les revenus futurs de l’individu.
Avant d’entreprendre une formation, un individu rationnel compare ses coûts à la valeur actualisée des revenus futurs supplémentaires qu’elle peut procurer.
Dans la théorie du filtre, le diplôme est une mesure imparfaite des facultés productives plutôt qu’une preuve des compétences acquises (ARROW, 1973).
Compléments
Le capital humain est un stock susceptible d’augmenter ou de diminuer selon les investissements réalisés.
Dans la théorie du capital humain, le choix de la formation relève d’une décision individuelle rationnelle et d’un arbitrage intertemporel lié à la préférence pour le présent.
Une limite de la théorie du capital humain est qu’elle n’explique pas le rôle spécifique du diplôme : elle lie le rendement à la durée des études, sans attribuer d’effet propre à l’obtention d’un diplôme.
La théorie du capital humain traite l’éducation comme une marchandise et néglige la dimension symbolique du choix des études et des diplômes, qui dépasse la seule rationalité (BEDUWE, 1997).
La théorie du capital humain ne tient pas compte des discriminations à l’embauche.
La relation entre le salaire et l’investissement en capital humain est incertaine, moins linéaire et plus segmentée que ne le prédit BECKER.
Dans la théorie du filtre, les écoles et les universités servent principalement à révéler des capacités préexistantes plutôt qu’à développer des capacités productives.
★ À maîtriser
SPENCE (1973) applique la théorie du signal à l’éducation supérieure : l’éducation n’augmente pas la productivité du futur employé, mais sert à prouver sa compétence à l’employeur.
En 2022, le taux de chômage des diplômés du supérieur (bac+2 ou plus) sortis de formation initiale depuis 1 à 4 ans est de 8,1 %, contre 40,9 % pour les personnes sans diplôme ou titulaires du seul brevet des collèges (INSEE).
Malgré la dépréciation relative de sa valeur, le diplôme reste un filtre discriminant et réduit l’incertitude des employeurs.
Compléments
Dans une relation principal-agent, l’agent émet un signal pour se distinguer et le principal l’interprète ; la crédibilité du signal est aussi importante que sa présence.
AKERLOF (1970) illustre la sélection adverse par le marché des voitures d’occasion : les vendeurs connaissent mieux l’état des voitures que les acheteurs, et les mauvaises voitures peuvent évincer les bonnes faute de signal de qualité.
Le coût d’acquisition du diplôme est supposé d’autant plus faible que le potentiel de l’individu est élevé, car les élèves de faible niveau peuvent être éliminés par le coût ou l’impossibilité d’obtenir un diplôme élevé.
L’offreur de travail choisit son signal en comparant les perspectives de salaire au coût du signalement afin d’en maximiser l’écart.
L’effet du diplôme comme signal dépend de sa capacité à distinguer les individus, notamment de sa rareté.
BEDUWE et GERME (2003) estiment que la massification des études accroît l’hétérogénéité des individus à chaque niveau de diplôme et réduit la confiance des employeurs dans la qualité du diplôme, ce qui déprécie sa valeur de signal.
Filtre : l’employeur trie avec le diplôme ; signal : l’individu envoie une information pour se distinguer.
★ À maîtriser
SAMUELSON et SOLOW (1960), dans leur étude des États-Unis de 1900 à 1958, relient la croissance des salaires nominaux à l’inflation et montrent qu’elle devient inflationniste lorsqu’elle dépasse les gains de productivité.
La courbe de Phillips exprime une relation décroissante et non linéaire entre le chômage et la croissance des salaires nominaux, ou entre le chômage et l’inflation dans la formulation de SAMUELSON et SOLOW.
La spirale prix-salaires enchaîne une baisse du chômage, une hausse des salaires nominaux, une hausse des prix par les entreprises, de nouvelles revendications salariales puis une nouvelle hausse des prix.
FRIEDMAN et PHELPS (1968) contestent l’arbitrage durable entre inflation et chômage : il ne serait possible que si les agents sous-estimaient systématiquement l’inflation, ce qui ne peut durer éternellement.
Selon FRIEDMAN, lorsque le chômage dépasse son niveau naturel, l’inflation diminue ; lorsqu’il lui est inférieur, l’inflation augmente.
La courbe de Phillips doit alors être formulée comme une relation entre la variation de l’inflation et le chômage, plutôt que comme une simple relation entre leur niveau et le chômage.
À court terme, une hausse des prix réduit le salaire réel lorsque les salaires nominaux sont rigides, augmente la demande de travail et réduit temporairement le chômage ; quand les salariés révisent leurs salaires nominaux, le chômage revient à son niveau d’équilibre avec une inflation plus élevée.
À long terme, la courbe de Phillips est verticale : l’arbitrage entre inflation et chômage disparaît, le chômage ne peut durablement s’écarter de son niveau naturel et la monnaie est neutre.
Selon le consensus macroéconomique présenté, la politique monétaire entraîne un arbitrage entre inflation et chômage à court terme, mais n’a pas d’effet réel sur le chômage ou la croissance à long terme.
Compléments
📌 Lorsque le chômage est faible, sa baisse entraîne une forte hausse des salaires nominaux ; lorsqu’il est élevé, la baisse du chômage entraîne une hausse plus faible des salaires, car les travailleurs se font davantage concurrence.
Chômage faible → salaires en hausse → prix en hausse → nouvelles revendications salariales.
★ À maîtriser
📌 Les rigidités salariales limitent la baisse des salaires à quantité de travail inchangée, tandis que les rigidités de l’emploi limitent la réduction de la quantité de travail par licenciement, non-renouvellement de contrats précaires ou chômage technique.
En raison des rigidités du marché du travail, le salaire n’est pas toujours égal à la productivité marginale du travail, contrairement à ce que suggère le modèle néoclassique.
La LPE protège les salariés en CDI mais rend plus difficile le retour au travail des chômeurs, en réduisant à la fois les flux de licenciements et les flux d’embauches.
Compléments
Les rigidités de l’emploi s’expliquent notamment par le pouvoir des syndicats sur l’organisation du travail et par la réglementation en vigueur.
Les rigidités salariales peuvent résulter du pouvoir de négociation des travailleurs, des syndicats, des choix des entreprises ou de la réglementation.
La flexibilité de l’emploi aide les entreprises à s’adapter à leur environnement, accélère l’ajustement des effectifs à la conjoncture et peut limiter le chômage de longue durée et la surprotection de certaines catégories de travailleurs.
Après un choc négatif, les créations d’emploi se concentrent sur la première année aux États-Unis, tandis qu’elles sont réparties sur 2 à 3 ans en Europe.
Une meilleure flexibilité de l’emploi ne permet pas nécessairement de réduire le chômage, selon des études de l’OCDE.
La stabilité procurée par la LPE peut inciter les salariés à se former et à s’investir davantage dans leur travail.
Dans une approche keynésienne, les indemnités de licenciement soutiennent le revenu, la consommation et, par conséquent, la demande globale.
Selon l’approche hétérodoxe présentée, la segmentation du marché du travail relève plutôt des modes de gestion des entreprises, notamment du recours aux contrats précaires, que de la LPE.
Rigidité salariale : réduire les salaires ; rigidité de l’emploi : réduire les effectifs.
★ À maîtriser
📐 Formule - Dans la relation PS, les entreprises fixent leurs prix selon , où est la marge sur salaire et le salaire nominal.
📐 Formule - Le salaire réel induit par la fixation des prix est , constant et indépendant du taux de chômage.
L’équilibre du marché du travail dans le modèle WS-PS est atteint lorsque le salaire réel négocié (WS) égale le salaire réel induit par la fixation des prix (PS) ; leur intersection détermine le chômage naturel.
Avec l’hystérèse, le chômage naturel dépend de l’évolution passée du chômage et n’est pas indépendant du chômage courant.
Compléments
Pour un salaire horaire de 10 € et une marge de 20 %, le prix du bien est de 12 € et le salaire réel de 0,83 unité de bien par heure ; avec une marge de 30 %, le prix est de 13 € et le salaire réel de 0,77 unité.
Une hausse des allocations chômage relève le salaire réel négocié à chômage donné, déplace WS vers la droite et augmente le chômage naturel.
Une hausse de la marge sur salaire μ déplace PS vers le bas, réduit le salaire réel et augmente le chômage naturel.
Le chômage de longue durée peut entraîner une dépréciation des compétences, empêcher les jeunes chômeurs de les acquérir, être interprété par les employeurs comme un signal négatif et décourager la recherche d’emploi jusqu’à la sortie des statistiques du chômage.
Selon la théorie insiders-outsiders de LINDBECK et SNOWER (1986), les outsiders précaires perdent leur emploi lors des ralentissements, tandis qu’en période de croissance les insiders peuvent obtenir des hausses de salaires au détriment de nouvelles embauches.
Le modèle du Job Search (STIGLER, 1962 ; LIPMAN et McCALL, 1979) met en évidence que les profils des chômeurs ne correspondent pas toujours aux postes vacants, ce qui peut générer du chômage structurel.
★ À maîtriser
📌 Un déplacement le long de la courbe de Beveridge traduit une évolution conjoncturelle sans changement de la structure de l’appariement, tandis qu’un déplacement de la courbe traduit une modification de la qualité de l’appariement.
Compléments
L’efficacité de l’appariement se mesure à la vitesse à laquelle les contacts entre l’offre et la demande de travail deviennent des embauches.
Les tensions sont particulièrement fortes dans les secteurs et métiers suivants :
L’indicateur de tension élaboré par la Dares et Pôle emploi en 2020 combine le rapport entre flux d’offres et flux de demandeurs d’emploi, le taux d’écoulement de la demande d’emploi et la part des projets de recrutement anticipés comme difficiles.
Le long de la courbe : conjoncture ; la courbe elle-même : qualité de l’appariement.
★ À maîtriser
Dans la théorie du déversement, les gains de productivité agricoles augmentent les quantités produites et réduisent les prix, ce qui accroît le pouvoir d’achat et oriente la demande vers les biens supérieurs des secteurs secondaire et tertiaire, où des emplois sont créés.
Selon les données américaines étudiées par KATZ et MURPHY (1992), les salaires des travailleurs formés dans le supérieur ont augmenté de 10 % entre 1971 et 1987, tandis que ceux des travailleurs issus de l’enseignement secondaire depuis moins de cinq ans ont baissé de 20 % sur la même période.
Pour un coefficient β de 0,4, comme dans le cas de la France et des États-Unis, une croissance supérieure d’un point à la croissance normale entraîne une baisse de 0,4 % du taux de chômage.
Compléments
Selon les lois d’ENGEL (1857), la part du revenu consacrée aux dépenses alimentaires diminue lorsque le revenu augmente.
La théorie du déversement suppose que la main-d’œuvre peut s’adapter rapidement au changement grâce à la formation.
📌 Le progrès technique profite aux consommateurs et aux travailleurs des secteurs émergents, mais peut nuire aux travailleurs des secteurs en déclin, qui risquent un chômage prolongé ou des concessions salariales.
ACEMOGLU et NEWMAN (1997) qualifient de biaisé le progrès technique dont les nouvelles technologies profitent aux travailleurs les plus qualifiés.
Le coefficient β de la loi d’Okun mesure l’impact sur le taux de chômage d’un écart de croissance du PIB par rapport à la croissance normale et représente le contenu en emploi de la croissance.
L’emploi s’ajuste dans un rapport inférieur à un pour un, car certains postes sont nécessaires quel que soit le niveau de production et parce que former et intégrer de nouveaux employés coûte cher, ce qui incite les entreprises à retenir leur main-d’œuvre.
Gains de productivité agricoles → pouvoir d’achat accru → demande de biens supérieurs → emplois secondaires et tertiaires.
★ À maîtriser
📌 Le secteur primaire offre des salaires supérieurs au salaire concurrentiel, une forte stabilité de l’emploi, de bonnes conditions de travail et des perspectives de carrière, tandis que le secteur secondaire se caractérise par de faibles salaires, des conditions difficiles, une forte rotation et peu de perspectives de carrière.
📌 Les insiders sont des salariés intégrés, syndiqués, formés, qualifiés et expérimentés, tandis que les outsiders sont des candidats à l’embauche, souvent chômeurs, peu qualifiés et facilement remplaçables. - LINDBECK et SNOWER, 1986
Les coûts de rotation liés à l’embauche, à la formation et au licenciement donnent aux insiders un moyen de négocier une rémunération supérieure, au détriment des outsiders. - LINDBECK et SNOWER, 1986
En période de crise, les insiders résistent aux baisses de salaires, ce qui peut entraîner des licenciements, tandis qu’en reprise ils réclament des hausses salariales qui freinent l’embauche des outsiders. - LINDBECK et SNOWER, 1986
Compléments
📌 Le marché interne est organisé par des règles de rémunération et d’affectation du travail, tandis que le marché externe résulte de la confrontation concurrentielle entre l’offre et la demande de travail.
Insiders intégrés et protégés ; outsiders précaires et exclus.
★ À maîtriser
Compléments
La nouvelle économie keynésienne considère que les salaires sont imparfaitement flexibles et ne s’ajustent pas instantanément à la productivité marginale du travail. - AKERLOF, MANKIW, SHAPIRO, STIGLITZ
Dans un contrat implicite, le salaire constant est inférieur à la productivité marginale en période de croissance, mais il est maintenu lorsque la conjoncture est mauvaise.
En période de crise, le salaire contractuel peut devenir supérieur au salaire de marché et conduire l’entreprise à licencier, notamment dans le secteur secondaire.
L’expérience de Ford en 1914 a porté le salaire des employés qualifiés à 5 dollars pour une journée de 8 heures, contre une moyenne de 2,34 dollars pour 9 heures de travail.
Chez Ford, le turnover est passé de 370 % en 1913 à 16 % en 1915, l’absentéisme de 10 % en 1913 à 2,5 % en 1914, et la productivité a augmenté de 30 % à 50 % en un an.
Les salaires d’efficience peuvent réduire le turnover en fidélisant les salariés par une rémunération supérieure à leur salaire de réservation, comme l’expliquent LINDBECK et SNOWER (1989).
Selon SHAPIRO et STIGLITZ (1984), un salaire élevé accroît le coût d’opportunité du licenciement et incite les travailleurs à fournir l’effort attendu lorsque cet effort est difficile à observer.
★ À maîtriser
Dans le modèle des droits à gérer de NICKELL et ANDREWS (1982), le syndicat négocie uniquement le salaire tandis que l’entreprise fixe l’emploi, de sorte qu’un pouvoir syndical accru augmente les salaires et réduit l’emploi.
Dans le modèle des contrats optimaux de Mc DONALD et SOLOW (1981), le syndicat et l’entreprise négocient simultanément le salaire et l’emploi, et un pouvoir syndical accru augmente les deux.
CALMFORS et DRIFFILL (1988), à la suite de BRUNO et SACHS (1985), jugent souhaitables les négociations centralisées, qui modèrent les revendications en tenant compte des externalités, et les négociations décentralisées, qui prennent mieux en compte les spécificités des entreprises, mais non le niveau intermédiaire de branche.
Compléments
📌 Le théorème d’impossibilité d’ARROW (1951), qui confirme le paradoxe de CONDORCET (1785), affirme qu’aucun processus de choix social ne permet d’agréger les préférences individuelles en une hiérarchie collective valide.
Le taux de syndicalisation est d’environ 8 % en France, contre plus de 50 % dans les pays d’Europe du Nord.
Les tests de NICKELL et ANDREWS (1983) valident empiriquement le modèle des droits à gérer, dans lequel l’emploi diminue lorsque le salaire négocié augmente.
Droits à gérer : seul le salaire est négocié ; contrats optimaux : salaire et emploi.
| Situation | Marché des biens | Marché du travail | Réponse indiquée |
|---|---|---|---|
| Chômage classique | Excès de demande | Excès d’offre | Flexibilité salariale ou rentabilité accrue |
| Chômage keynésien | Excès d’offre | Excès d’offre | Relance de la demande |
| Inflation contenue | Excès de demande | Excès de demande | Relâchement du contrôle des prix |
| Modèle | Négociation | Effet du pouvoir syndical |
|---|---|---|
| Droits à gérer | Salaire seulement | Salaire en hausse, emploi en baisse |
| Contrats optimaux | Salaire et emploi | Salaire et emploi en hausse |
Teste tes connaissances sur Théories du chômage et du diplôme avec 54 questions à choix multiples et corrections détaillées.
1. Concernant le travail comme facteur de production :
2. Parmi les propositions suivantes concernant la distinction entre travail et emploi, la(les)quelle(s) est(sont) exacte(s) ?
Mémorisez les concepts clés de Théories du chômage et du diplôme avec 96 flashcards interactives.
Quelles activités le travail désigne-t-il comme facteur de production ?
Toute activité humaine contribuant à concevoir ou produire un bien ou un service.
Que désigne l’emploi, par opposition au travail ?
Le contrat passé entre le travailleur et l’employeur.
Que mesure le salaire réel ?
La quantité de biens qu’un salaire donné permet d’acquérir.
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