Fiche de révision : Adénomes hypophysaires et PitNET

Plan du Cours

  1. Définition et épidémiologie
  2. Tumorogenèse hypophysaire
  3. Classifications fonctionnelles et radiologiques
  4. Classification immunohistochimique et pronostique
  5. Manifestations tumorales et insuffisance
  6. Hyperprolactinémie et prolactinome
  7. Adénomes somatotropes et corticotropes
  8. Adénomes thyreotropes et gonadotropes

1. Définition et épidémiologie

Notions clés & Définitions

  • Adénome hypophysaire : Tumeur développée aux dépens de l’hypophyse, classée selon sa taille et son caractère fonctionnel.

★ À maîtriser

📌 Depuis 2017, les adénomes hypophysaires sont aussi appelés tumeurs neuroendocrines hypophysaires, ou PitNET, car le terme « adénome » suggère une stricte bénignité alors que ces tumeurs peuvent être agressives. — E. Jouanneau, R. Manet, A. Vasiljevic, G. Raverot, Adénomes hypophysaires ou tumeurs neuroendocrines hypophysaires :actualités et consensus, 2023

  • La prévalence des adénomes hypophysaires est de 78 à 94 pour 100 000 habitants et leur incidence est de 4 pour 100 000 habitants par an.

Compléments

  • Les adénomes hypophysaires représentent 10 % des tumeurs cérébrales, et 15 à 40 % sont des adénomes gonadotropes.

Astuce mémo

Microadénome ≠ macroadénome ; sécrétant ≠ non sécrétant

2. Tumorogenèse hypophysaire

★ À maîtriser

  • L’oncogène gsp, secondaire à une mutation activatrice de la sous-unité alpha des protéines G, est présent dans 40 % des adénomes somatotropes sporadiques.

  • Les mutations germinales du gène AIP sont responsables de certains adénomes hypophysaires familiaux, mais AIP ne semble pas impliqué dans la tumorogenèse des adénomes sporadiques.

Compléments

  • La tumorogenèse hypophysaire peut associer une surexpression de l’oncogène PTTG, une diminution d’expression de CDKN2A et des perturbations épigénétiques telles que l’hyperméthylation d’une région promotrice.

Astuce mémo

Mutation ou dérégulation d’expression → prolifération tumorale

3. Classifications fonctionnelles et radiologiques

★ À maîtriser

📌 Un microadénome mesure moins de 10 mm, tandis qu’un macroadénome mesure plus de 10 mm.

  • La classification fonctionnelle distingue:

    • les adénomes sécrétants
    • les adénomes silencieux
    • les adénomes non fonctionnels
  • Les principaux adénomes sécrétants sont:

    • les prolactinomes
    • les adénomes corticotropes
    • les adénomes somatotropes
    • les adénomes thyreotropes
    • les adénomes gonadotropes

Compléments

  • La classification de Hardy décrit quatre extensions:
    • l’extension intra-sellaire
    • l’extension supra-sellaire
    • l’extension infra-sellaire
    • l’extension latérale

Astuce mémo

Fonction → taille → extension

4. Classification immunohistochimique et pronostique

Points essentiels

  • La classification immunohistochimique OMS 2017 regroupe les adénomes selon les familles transcriptionnelles PIT1, Tpit et SF1. — Osamura R, Grossman A, Korbonits M, Kovacs K, Lopes M, Matsuno A, et al., Classification of tumours of endocrine organs

  • Les familles transcriptionnelles regroupent:

    • PIT1 : adénomes somatotropes, thyreotropes et lactotropes
    • Tpit : adénomes corticotropes
    • SF1 : adénomes gonadotropes

📌 Les critères de comportement atypique comprennent un index de Ki-67 supérieur à 3 %, plus de 2 mitoses par 10 champs à l’objectif 40 et une positivité de p53 supérieure à 10 noyaux par 10 champs à l’objectif 40.

📌 La classification de Trouillas distingue les tumeurs non invasives non prolifératives, non invasives prolifératives, invasives non prolifératives, invasives prolifératives et les carcinomes métastatiques.

Astuce mémo

Invasion et prolifération distinguent les grades pronostiques

5. Manifestations tumorales et insuffisance

Points essentiels

  • Le syndrome tumoral hypophysaire associe notamment des céphalées, des troubles visuels et parfois un syndrome caverneux par atteinte des nerfs oculomoteurs.

  • La compression chiasmatique peut provoquer une hémianopsie bitemporale, une quadranopsie temporale supérieure, un scotome ou un simple agrandissement de la tache de Mariotte.

  • L’apoplexie hypophysaire débute brutalement par des céphalées violentes et peut associer un syndrome méningé, une paralysie oculomotrice, une confusion, un coma ou des troubles visuels aigus.

📌 Une insuffisance antéhypophysaire doit être recherchée chez tout patient porteur d’un adénome hypophysaire.

Astuce mémo

Compression chiasmatique → troubles du champ visuel

6. Hyperprolactinémie et prolactinome

Notions clés & Définitions

  • Hyperprolactinémie : Élévation de la prolactine pouvant être due à un prolactinome, à une déconnexion de la tige pituitaire, à des médicaments ou à une cause fonctionnelle.

★ À maîtriser

  • Chez la femme, l’hyperprolactinémie peut provoquer une galactorrhée, des troubles du cycle, une aménorrhée dans 90 % des cas, une infertilité et une baisse de la libido.

  • Les agonistes dopaminergiques utilisés sont:

    • la bromocriptine
    • la quinagolide
    • la cabergoline

Compléments

  • Chez l’homme, l’hyperprolactinémie peut entraîner une galactorrhée, rarement une gynécomastie, une baisse de la libido et des troubles de l’érection.

Astuce mémo

Prolactinome ≠ hyperprolactinémie de déconnexion ou médicamenteuse

7. Adénomes somatotropes et corticotropes

Notions clés & Définitions

  • Acromégalie : Syndrome dysmorphique acquis lié à un adénome somatotrope, avec élargissement des extrémités, épaississement cutané et modification progressive du visage.

Points essentiels

  • Les complications décrites comprennent:
    • une hypertrophie myocardique
    • une insuffisance cardiaque
    • une arthropathie
    • une intolérance au glucose
    • une apnée du sommeil
    • une polypose colique

📌 Le diagnostic biologique de l’acromégalie repose notamment sur le dosage de l’IGF-1 et une HGPO montrant un nadir de GH supérieur à 0,1 microgramme par litre, soit 1 UI par litre.

📌 Le traitement de l’adénome somatotrope repose souvent sur la chirurgie, avec recours à la radiothérapie en cas d’échec et aux traitements médicaux comme les analogues de la somatostatine ou le pegvisomant selon les situations.

Astuce mémo

GH excessive → acromégalie ; ACTH excessive → hypercortisolisme

8. Adénomes thyreotropes et gonadotropes

Points essentiels

  • Les signes d’hypercortisolisme comprennent:
    • une amyotrophie
    • une atrophie cutanée
    • des ecchymoses
    • des vergetures pourpres
    • un visage arrondi
    • une hypertension
    • une intolérance au glucose
    • une hypokaliémie

📌 Dans l’adénome corticotrope, la cortisolémie est élevée, le cycle nycthéméral est rompu, les tests de freinage minute et faible sont négatifs et l’ACTH est élevée mais freinable par un test de freinage fort.

  • L’adénome thyreotrope est très rare, représentant moins de 1 % des adénomes hypophysaires, et associe une FT4 élevée à une TSH normale ou élevée non freinée.

  • L’adénome gonadotrope peut provoquer chez la femme préménopausée une aménorrhée ou un syndrome d’hyperstimulation ovarienne, et chez l’homme un hypogonadisme ou un syndrome de stimulation testiculaire.

📌 L’IRM est l’examen de référence pour mettre en évidence un microadénome ou un macroadénome hypophysaire.

Astuce mémo

TSH non freinée dans l’adénome thyreotrope, FSH/LH élevées dans le gonadotrope

Tableaux de synthèse

Principales catégories d’adénomes sécrétants

AdénomeSécrétion ou anomalieÉléments cliniques ou biologiques
ProlactinomeProlactine élevéeGalactorrhée, aménorrhée ou troubles sexuels
SomatotropeGH et IGF-1 élevésAcromégalie
CorticotropeACTH et cortisol élevésHypercortisolisme
ThyreotropeFT4 élevée, TSH non freinéeHyperthyroïdie
GonadotropeFSH et LH élevéesTroubles gonadiques

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1. Concernant la définition des adénomes hypophysaires :

2. Parmi les propositions suivantes concernant l’épidémiologie des adénomes hypophysaires, la(les)quelle(s) est(sont) exacte(s) ?

Faire le QCM →

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Qu'est-ce qu'un adénome hypophysaire ?

Une tumeur développée aux dépens de l’hypophyse, classée selon sa taille et son caractère fonctionnel.

Depuis quand les adénomes hypophysaires sont-ils appelés PitNET ?

Depuis 2017.

Quelle mutation est présente dans 40 % des adénomes somatotropes sporadiques ?

Une mutation activatrice de la sous-unité alpha des protéines G (oncogène gsp).

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