Fiche de révision : Aspects aéromédicaux et premiers secours

Plan du Cours

  1. Atmosphère et pression en altitude
  2. Sécheresse de l’air en vol
  3. Ozone et risques toxicologiques
  4. Hypoxie et besoins en oxygène
  5. Loi de Boyle-Mariotte
  6. Barotraumatismes des cavités
  7. Décompression et conduite d’urgence
  8. Sommeil et rythme circadien
  9. Décalage horaire et adaptation
  10. Mal de l’air et prise en charge

1. Atmosphère et pression en altitude

★ À maîtriser

  • L’air inspiré contient 21 % d’oxygène, 78 % d’azote et 1 % de gaz rares, tandis que l’air expiré contient 15 % d’oxygène, 78 % d’azote, 1 % de gaz rares, 5 % de gaz carbonique et 5 % de vapeur d’eau.

📌 Quand on monte en altitude, la proportion des composants de l’air inspiré reste identique, mais la pression de l’air diminue progressivement.

  • La pression atmosphérique est de 1013 hPa au niveau de la mer, de 506 hPa à 5500 m et de 250 hPa à 10200 m.

Compléments

  • La température atmosphérique diminue d’environ 6,5 °C par 1000 mètres jusqu’à 10 000 m, puis reste approximativement constante autour de −56 °C entre 10 000 et 20 000 m.

Astuce mémo

Altitude accrue → pression atmosphérique et pression partielle d’oxygène diminuées

2. Sécheresse de l’air en vol

Notions clés & Définitions

  • Degré hygrométrique : le taux de saturation de l’air en vapeur d’eau, égal à 0 % pour un air parfaitement sec et à 100 % pour un air saturé

Points essentiels

  • Le degré hygrométrique varie de 7 % à 95 % selon les climats et devient pratiquement nul au-delà de 10 000 m.

  • Dans un avion commercial volant en altitude, le degré hygrométrique est seulement de 5 à 7 %, contre environ 50 % en climat tempéré.

📌 Pour prévenir la déshydratation en vol, il faut boire environ 1 litre toutes les 4 heures, en petites quantités répétées.

Astuce mémo

Air commercial sec à 5–7 % contre climat tempéré à 50 %

3. Ozone et risques toxicologiques

★ À maîtriser

  • La concentration d’ozone augmente surtout à partir de 12 000 m et atteint son maximum entre 15 000 et 25 000 m.

  • Une brève exposition à l’ozone peut provoquer une irritation des yeux, des voies nasales et de la gorge, ainsi qu’une toux et des maux de tête.

Compléments

  • L’ozone est un gaz toxique au pouvoir très oxydant, mais son danger est négligeable jusqu’à 10 000 à 12 000 m pour les personnes exposées.

Astuce mémo

Concentration croissante dès 12 000 m → maximum entre 15 000 et 25 000 m → destruction dans les compresseurs

4. Hypoxie et besoins en oxygène

Notions clés & Définitions

  • Hypoxie : la diminution de la quantité d’oxygène apportée aux organes par le sang, conséquence de l’hypoxémie
  • Anoxie : l’absence totale d’oxygène au niveau des tissus de l’organisme, conséquence d’une anoxémie

Points essentiels

  • L’anoxie du cerveau peut provoquer une perte de connaissance, une convulsion ou un coma parfois irréversible.

  • À 1000 m, l’hypoxie peut provoquer une altération du jugement, une perte de mémoire, une somnolence, une apathie, une incoordination et une baisse de la fonction visuelle.

Astuce mémo

Hypoxie : oxygène diminué ; anoxie : absence totale d’oxygène tissulaire

5. Loi de Boyle-Mariotte

Notions clés & Définitions

  • Barotraumatisme : un trouble provoqué par les variations de pression dans une cavité semi-close dont l’égalisation avec l’air extérieur est retardée ou impossible

Points essentiels

📐 Formule — La loi de Boyle-Mariotte établit que la pression d’un gaz est inversement proportionnelle à son volume : P∝1VP \propto \frac{1}{V}.

  • Un gaz occupant 1 litre au niveau de la mer à 1013 hPa occupe 2 litres à 5500 m lorsque la pression est de 506 hPa.

📌 Lors de la montée, la diminution de la pression augmente le volume des gaz, tandis que lors de la descente, l’augmentation de la pression diminue leur volume.

Astuce mémo

Montée : pression baisse, volume augmente ; descente : pression augmente, volume diminue

6. Barotraumatismes des cavités

★ À maîtriser

  • À la montée, la pression diminue, l’air de l’oreille moyenne augmente de volume, le tympan bombe vers l’extérieur et la trompe d’Eustache laisse s’échapper une petite quantité d’air.

📌 En cas de sinusite, il faut soigner l’inflammation avant de prendre l’avion et éviter de voler pendant une sinusite évolutive.

  • Une dent cariée ou contenant de l’air entre le plombage et la dent peut provoquer en altitude une douleur dentaire vive et pulsatile, voire une chute du plombage.

Compléments

  • Les sinus comprennent deux sinus frontaux au-dessus des orbites et deux sinus maxillaires sous les orbites, de chaque côté des fosses nasales.

Astuce mémo

Un ballon d’air piégé dans l’oreille, les sinus ou une dent se dilate en altitude

7. Décompression et conduite d’urgence

Points essentiels

📌 Après une opération chirurgicale, il faut généralement attendre au minimum un mois avant de prendre l’avion, en respectant le délai prescrit par le chirurgien.

  • Une décompression brutale peut provoquer une hypoxie majeure, un barotraumatisme grave des oreilles et des sinus, une rupture des alvéoles pulmonaires et des blessures par projection.

  • À 10 000 m, le temps de conscience utile en cas d’hypoxie majeure est d’environ 1 minute.

  • En cas de décompression, il faut rassurer et calmer les passagers, utiliser immédiatement les masques à oxygène, faire attacher les passagers, arrimer les objets et se couvrir.

Astuce mémo

Rassurer → oxygène → attacher les passagers → arrimer les objets → se couvrir

8. Sommeil et rythme circadien

★ À maîtriser

  • Le sommeil est constitué d’une succession de cycles d’environ 90 minutes, chaque cycle comprenant une phase de sommeil profond se terminant par une phase de sommeil paradoxal.

  • Les effets du manque de sommeil comprennent:

    • Troubles de l’humeur
    • Troubles de la concentration et de la mémoire
    • Allongement des temps de réaction et des réflexes
    • Augmentation de l’appétit
    • Troubles de la motricité et de la vision
    • Perte de moral

Compléments

📌 Pour préserver la vigilance, chacun doit respecter son besoin optimal de sommeil et son profil de sommeil, qu’il soit plutôt du soir ou du matin.

Astuce mémo

Cycle d’environ 90 minutes : sommeil profond puis sommeil paradoxal

9. Décalage horaire et adaptation

Notions clés & Définitions

  • Décalage horaire : une désorientation provoquée par la traversée rapide de plusieurs fuseaux horaires, qui perturbe les rythmes biologiques et nécessite une adaptation variable selon les individus

★ À maîtriser

  • Les signes du décalage horaire comprennent:
    • Fatigue et somnolence
    • Irritabilité
    • Confusion générale
    • Nausées et vertiges
    • Maux de tête
    • Difficultés de concentration et oublis

📌 Pour un séjour de plus de 72 heures avec au moins quatre fuseaux horaires de décalage, la prise d’un traitement peut être décalée de 2 heures plus tôt chaque jour vers l’Est ou de 2 heures plus tard chaque jour vers l’Ouest.

Compléments

  • La récupération du décalage horaire varie de 3 à 10 jours selon l’âge, le nombre de fuseaux traversés, le temps d’escale et l’hygiène de vie.

Astuce mémo

Vers l’Est : prise du traitement plus tôt ; vers l’Ouest : plus tard

10. Mal de l’air et prise en charge

Notions clés & Définitions

  • Mal de l’air : une nausée apparaissant pendant un déplacement en avion, liée à un déséquilibre neurovégétatif et à une opposition entre les informations visuelles et vestibulaires

Points essentiels

  • Les trois catégories de facteurs déclenchants du mal de l’air sont l’état du vol, l’état du passager et l’état de la cabine.

  • Le mal de l’air évolue d’une phase prémonitoire avec bâillements, hypersalivation, nausées, pâleur, sueurs et vertiges vers une phase confirmée avec vomissements, puis régresse rapidement après le vol.

📌 Un médicament antinauséeux doit être pris environ 30 minutes avant son effet, peut provoquer une somnolence pendant 3 à 4 heures et agit environ 6 heures.

  • 🔄 La prise en charge du mal de l’air confirmé consiste à:
    1. Donner un sac vomitoire et laisser vomir le passager
    2. Le placer demi-assis en lui calant la tête
    3. Desserrer ses vêtements
    4. Améliorer la ventilation
    5. Ne pas lui donner à manger
    6. Utiliser un désodorisant

Astuce mémo

Phase prémonitoire → vomissements → régression après le vol

Tableaux de synthèse

Effets de l’altitude sur les cavités

CavitéPrincipaux signesConduite à tenir
OreillesOtalgie, oreille bouchée, otite barotraumatiqueTraiter les infections ORL, déglutir à la descente, antalgiques
SinusDouleurs sinusiennesTraiter les sinusites, antalgiques
Dents cariéesNévralgies dentairesSoins dentaires, bonne hygiène, antalgiques
Bulles pulmonairesDouleur thoracique, détresse respiratoire, pneumothoraxPosition demi-assise, oxygène, appel médical

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1. Que devient l’air inspiré lorsqu’un avion gagne de l’altitude ?

2. Quelle pression atmosphérique est attendue vers 5 500 mètres d’altitude ?

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Révisez avec les flashcards

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Quelle est la composition en oxygène de l'air inspiré ?

L'air inspiré contient 21 % d'oxygène.

Quelle est la proportion d'azote dans l'air expiré ?

L'air expiré contient 78 % d'azote.

Quels gaz apparaissent dans l'air expiré mais pas dans l'air inspiré ?

Le gaz carbonique et la vapeur d'eau apparaissent dans l'air expiré.

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