Fiche de révision : Conditionnement et thérapies comportementales

Plan du Cours

  1. Mission de la psychologie clinique
  2. Étapes de la démarche clinique
  3. Modèle interactionnel des TCC
  4. Spécificités et fondements des TCC
  5. Développement historique des TCC
  6. Conditionnement classique
  7. Phobie et conditionnement classique
  8. Sensibilisation et réponses de peur
  9. Généralisation et conditionnement secondaire
  10. Habituation et exposition thérapeutique
  11. Fuite et apprentissage opérant
  12. Feedbacks et stimulus discriminatif
  13. Apprentissage vicariant et vague cognitive
  14. Modèle du traitement de l’information
  15. Schémas cognitifs inadaptés
  16. Stratégies face aux schémas
  17. Étapes de la thérapie cognitive
  18. Principes de la troisième vague
  19. Pleine conscience et programmes MBI
  20. Thérapie comportementale dialectique
  21. Thérapie d’acceptation et d’engagement
  22. Psychologie positive et bien-être

1. Mission de la psychologie clinique

Notions clés & Définitions

  • Psychologie clinique : La psychologie clinique vise à accroître le confort psychologique d’une personne et à développer ses capacités adaptatives.

★ À maîtriser

📌 Lorsque le problème ne peut être diminué ou supprimé, le clinicien vise le développement des capacités adaptatives et de l’aptitude du patient à faire face aux situations quotidiennes.

Compléments

  • La demande en psychologie clinique porte souvent sur un inconfort ou un problème gênant la personne ou son entourage, sans nécessairement viser une pathologie précise.

  • La psychologie clinique s’inscrit dans une approche patient-thérapeute, et les TCC visent les objectifs de confort psychologique et de développement des capacités adaptatives décrits pour la psychologie clinique.

Astuce mémo

Réduire l’inconfort si possible ; développer l’adaptation si le problème persiste

2. Étapes de la démarche clinique

Notions clés & Définitions

  • Analyse fonctionnelle : Met en évidence les facteurs historiques et actuels de prédisposition, de déclenchement et de maintien du trouble.

★ À maîtriser

  • La démarche d’ingénierie du psychologue comporte l’analyse du problème et de la demande, la conception d’une intervention fondée sur les avancées scientifiques, sa réalisation, puis l’évaluation de son efficacité et son réajustement.

📌 L’identification initiale du problème repose sur des observations ou une plainte et ne constitue pas encore un diagnostic.

  • Au début de la démarche, le thérapeute recueille la plainte, formule les buts du patient et évalue sa motivation et son niveau de conscience du problème par l’entretien motivationnel.

  • La démarche clinique comprend l’évaluation pré-intervention, la mise en place de l’intervention, l’évaluation post-intervention, le réajustement éventuel et la réévaluation jusqu’à l’amélioration recherchée.

Compléments

  • La plainte initiale est subjective et peut être biaisée, tandis que l’analyse ultérieure peut conduire à une compréhension différente du problème.

  • Le diagnostic psychologique s’appuie sur le DSM-5 et des outils validés par la recherche, mais il n’a pas de valeur officielle au sens administratif et légal.

📌 Le thérapeute propose une intervention adaptée, explicite ce que le patient peut en attendre, fixe des objectifs atteignables et veille à l’informer afin qu’il reste autonome.

  • Si les symptômes ne diminuent pas, le thérapeute peut revenir sur le diagnostic et l’analyse fonctionnelle, qui peuvent être faux ou incomplets.

  • Lorsque le patient est prêt à arrêter la thérapie, la prévention de la rechute comprend des consultations de suivi, par exemple à un mois, trois mois et six mois, ainsi que des techniques favorisant son autonomie.

Astuce mémo

Analyser → concevoir → réaliser → évaluer et réajuster

3. Modèle interactionnel des TCC

Notions clés & Définitions

  • Modèle interactionnel : Modèle des TCC qui considère les interactions entre les pensées, les émotions et les comportements du patient face à une situation problématique.

★ À maîtriser

  • Au niveau fonctionnel, une situation peut susciter des émotions et des pensées dysfonctionnelles qui entraînent des comportements problématiques, les composantes se renforçant mutuellement en cercle vicieux.

  • En TCC, le patient apprend à repérer ses mécanismes, à expérimenter de nouveaux fonctionnements, à rendre ses pensées automatiques plus conformes à la réalité et à développer son autonomie face aux difficultés.

Compléments

📌 Les interactions entre pensées, émotions et comportements ne suivent pas nécessairement un ordre temporel linéaire, car le problème peut commencer par n’importe laquelle de ces composantes.

  • Les facteurs biologiques et environnementaux peuvent modeler les pensées, les émotions et les comportements et agir comme facteurs de prédisposition, de déclenchement, de maintien ou d’amélioration des problèmes.

Astuce mémo

Un cercle où pensées, émotions et comportements s’alimentent autour d’une situation

4. Spécificités et fondements des TCC

★ À maîtriser

  • Les TCC sont une thérapie brève et structurée, qui peut durer de quelques jours à quelques mois et implique le respect d’étapes définies.

📌 En TCC, l’information donnée au patient doit être explicite et complète, adaptée à sa compréhension, afin de favoriser sa responsabilisation et son autonomie.

Compléments

  • Les TCC appliquent la psychologie scientifique à la psychothérapie et s’appuient notamment sur la psychologie cognitive, la psychologie du développement, la psychologie sociale, les neurosciences cognitives et la biologie.

  • Une méga-analyse de 2012 recense plus de 269 méta-analyses sur l’efficacité des TCC.

  • Le rapport de l’INSERM/CNRS de 2004 consacré à l’évaluation des psychothérapies a présenté les TCC comme une méthode de référence pour traiter de nombreux problèmes psychologiques.

📌 Les TCC privilégient les répercussions actuelles du problème, tout en prenant en compte le passé dans l’anamnèse de l’analyse fonctionnelle et dans le travail sur les schémas cognitifs.

5. Développement historique des TCC

★ À maîtriser

  • La première vague des TCC est comportementale, la deuxième est cognitive et la troisième intègre davantage la gestion des émotions et le contextualisme fonctionnel.

Compléments

  • La vague comportementale est associée à Pavlov et au conditionnement classique, à Skinner et au conditionnement opérant, ainsi qu’à Bandura et à l’apprentissage social.

  • Dans la vague comportementale, modifier le comportement est considéré comme un moyen de modifier les pensées et les émotions problématiques.

  • Dans la vague cognitive, les travaux d’Ellis et de Beck, durant les années 1970, portent sur les processus cognitifs et l’idée que modifier les cognitions peut changer les émotions et le comportement.

  • La vague émotionnelle inclut la gestion et l’acceptation des émotions et des pensées sous l’impulsion de Jon Kabat-Zin et Steven Hayes.

  • En France, les TCC se sont développées à partir des années 1970, notamment grâce au psychiatre Jean Cottraux et à la psychologue Martine Bouvard.

  • L’AFTCC a été fondée en 1972 et l’AFFORTHECC en 1994.

Astuce mémo

Comportement → cognition → émotions et contexte

6. Conditionnement classique

Notions clés & Définitions

  • Conditionnement classique : Apprentissage automatique et implicite par lequel un stimulus initialement neutre acquiert la capacité de déclencher une réponse après association avec un stimulus inconditionnel.

★ À maîtriser

  • Dans le conditionnement classique, un stimulus neutre est d’abord associé de façon répétée à un stimulus inconditionnel, puis le stimulus devenu conditionnel déclenche une réponse conditionnelle.

Compléments

  • Dans l’expérience de Pavlov, la nourriture est le stimulus inconditionnel qui provoque la salivation inconditionnelle du chien, tandis que la cloche, initialement neutre, devient un stimulus conditionnel déclenchant la salivation conditionnelle.

  • Le conditionnement répondant peut expliquer des réactions pathologiques telles que les phobies, et la compréhension de ce mécanisme est fondamentale en TCC.

7. Phobie et conditionnement classique

★ À maîtriser

  • Dans une phobie de l’araignée, une menace (SI) provoque naturellement la peur (RI) ; associée à l’araignée (SN), elle peut faire de celle-ci un SC qui déclenche ensuite la peur conditionnelle (RC).

Compléments

  • Une expérience de guerre traumatisante vécue en forêt peut ensuite rendre difficile une simple promenade en forêt.

  • Dans l’effet anniversaire, l’approche d’une période associée à un deuil peut provoquer de la détresse, même sans souvenir conscient de celui-ci.

8. Sensibilisation et réponses de peur

Notions clés & Définitions

  • Sensibilisation : Diminution du seuil de déclenchement de la réponse conditionnelle, qui peut alors apparaître plus facilement et avec davantage d’intensité.

★ À maîtriser

  • Chez certaines personnes prédisposées aux troubles anxieux, un épisode de conditionnement très intense, avec une peur évaluée à ≥ 60 % de sa valeur maximale, peut suffire à entraîner une sensibilisation.

  • La sensibilisation est initialement adaptative, mais la fuite ou l’évitement peut accentuer la réponse lors des expositions suivantes et favoriser une évolution pathologique.

Compléments

  • La sensibilisation peut survenir lorsque l’exposition au stimulus conditionnel est courte ou lorsque les situations sont rares ou imprévisibles.

  • Des épisodes de stress aigu impliquant une proximité importante avec la mort réelle ou imaginée peuvent être suivis d’un trouble de stress post-traumatique.

  • La répétition d’événements subtraumatiques et la rumination de pensées négatives peuvent produire un effet de sommation et rendre la réponse de plus en plus problématique.

Astuce mémo

Exposition brève ou intense → seuil de peur abaissé

9. Généralisation et conditionnement secondaire

Notions clés & Définitions

  • Généralisation : Extension de la réponse conditionnelle à des stimuli plus ou moins similaires auxquels l’individu n’a pas été directement confronté.
  • Conditionnement de second ordre : Survient lorsqu’un stimulus neutre devient un SC2 après avoir été associé à un SC1, et déclenche alors la réponse conditionnelle sans avoir été associé directement au stimulus inconditionnel.

Points essentiels

  • Une phobie du métro peut s’étendre à la peur des espaces dont on ne peut pas s’extraire, puis à la phobie de l’ascenseur.

  • Dans le conditionnement de second ordre, l’association SC2 → RC est initialement moins forte et moins durable.

📌 Traiter rapidement une phobie spécifique aide à éviter que la généralisation n’étende le problème à de nombreux stimuli et situations.

Astuce mémo

Généralisation : stimuli similaires ; second ordre : stimulus associé au SC

10. Habituation et exposition thérapeutique

Notions clés & Définitions

  • Habituation : Diminution d’une réaction comportementale ou physiologique après la présentation répétée du stimulus qui la suscite.

★ À maîtriser

  • L’extinction est un conditionnement inhibiteur actif qui rend plus difficile le réapprentissage ultérieur de la même réponse de peur.

📌 L’exposition thérapeutique consiste à confronter le patient au stimulus conditionnel seul afin d’obtenir l’habituation de la réponse de peur.

  • Une exposition efficace est :
    • prolongée
    • répétée
    • progressive
    • surveillée par le thérapeute

Compléments

  • 🔄 La réponse de peur évolue en trois phases :

    1. La réponse de peur émerge.
    2. La réponse se stabilise en plateau.
    3. La réponse diminue jusqu’à une extinction partielle ou totale.
  • En général, 40 à 45 minutes d’exposition sont nécessaires pour obtenir une réponse d’habituation au niveau des circuits cérébraux responsables de la peur.

📌 Le passage au palier suivant d’une hiérarchie d’exposition n’est permis que lorsque la peur a diminué d’au moins 50 % au palier actuel.

Astuce mémo

Émergence → plateau → descente de la peur

11. Fuite et apprentissage opérant

Notions clés & Définitions

  • Comportement contraphobique : Action destinée à chasser la peur, comme la présence rassurante d’un proche ou d’un anxiolytique dans la poche.

★ À maîtriser

  • Dans une situation anxiogène, émotions, pensées et comportements s’influencent ; la fuite peut apporter un soulagement qui renforce le comportement et augmente la probabilité de sa répétition.

Compléments

  • Face à une situation perçue comme dangereuse, un individu peut fuir, attaquer ou perdre connaissance ; dans les phobies, la fuite et l’évitement sont les réponses les plus fréquentes.

  • L’arrêt anticipé d’une exposition peut entraîner une sensibilisation, aggraver les symptômes et renforcer l’envie de fuir lors de l’exposition suivante.

Astuce mémo

Répondant : stimulus → réponse ; opérant : comportement → conséquence

12. Feedbacks et stimulus discriminatif

Notions clés & Définitions

  • Conditionnement opérant : Skinner, 1904-1990 - Apprentissage dans lequel l’émission d’un comportement est conditionnée par ses conséquences, appelées feedbacks.

★ À maîtriser

📌 Un comportement suivi d’un renforcement augmente en fréquence, tandis qu’un comportement suivi d’une punition diminue en fréquence.

📌 Le conditionnement répondant associe un stimulus à une réponse passive et involontaire, alors que le conditionnement opérant associe un comportement actif et volontaire à ses conséquences.

Compléments

  • Dans l’étude princeps de Skinner, le rat qui appuie sur une pédale reçoit de la nourriture comme renforcement et appuie ensuite plus souvent.

  • L’apprentissage est potentialisé par les feedbacks et devient meilleur et plus rapide lorsqu’ils sont utilisés.

13. Apprentissage vicariant et vague cognitive

Notions clés & Définitions

  • Stimulus discriminatif : Stimulus qui, après avoir été associé aux conséquences d’un comportement, peut par sa simple présence dans l’environnement favoriser l’émission de ce comportement.
  • Apprentissage vicariant : Bandura - Apprentissage social par observation d’un modèle et des conséquences de ses actions, qui permet d’apprendre par imitation.
  • Pensée automatique : Production consciente ou non de l’esprit, sous forme de monologue intérieur ou d’image mentale, qui survient de façon réflexe dans une situation donnée.
  • Distorsion cognitive : Erreur de raisonnement qui biaise la perception de la réalité et peut alimenter des pensées automatiques.

★ À maîtriser

  • Le renforcement positif augmente un comportement par ajout d’un stimulus plaisant, tandis que le renforcement négatif l’augmente par retrait d’un stimulus déplaisant.

  • La punition positive diminue un comportement par ajout d’un stimulus déplaisant, tandis que la punition négative le diminue par retrait d’un stimulus plaisant.

  • Avant une intervention, il faut identifier les variables qui maintiennent un comportement inadapté ainsi que les facteurs qui favorisent la création de comportements adaptés.

  • La thérapie cognitive vise à agir sur les pensées afin de modifier les émotions et les comportements. - Épictète, ≈50-130 ap. J.-C

  • L’expérience perceptive traite des informations objectives et subjectives, cette dernière dimension étant filtrée notamment par le vécu individuel, les schémas cognitifs, la culture, les émotions et les croyances.

  • Une même réalité, comme un pommier, peut susciter des perceptions différentes selon le vécu, les intérêts, les émotions et les envies de chaque observateur.

  • Les pensées automatiques peuvent engendrer une souffrance ou modifier défavorablement le comportement ; lorsqu’elles persistent et tournent en boucle, elles peuvent devenir obsédantes.

  • Le raisonnement dichotomique supprime les nuances et transforme une situation qui n’est pas exactement souhaitée en échec total, selon une logique de tout ou rien.

📌 La maximisation et la minimisation consistent respectivement à dramatiser les aspects négatifs et à réduire l’importance des aspects positifs.

  • L’inférence arbitraire, ou conclusion hâtive, consiste à faire des prédictions sans preuve valable à partir d’un fait isolé ; elle inclut notamment la lecture de pensée et l’erreur de prévision.

Compléments

  • Les renforcements positif et négatif activent une sensation de plaisir ou de soulagement et poussent à répéter le comportement qui les a précédés.

  • Les punitions activent une sensation de déplaisir ou d’inconfort et poussent à ne plus émettre le comportement qui les a précédées.

14. Modèle du traitement de l’information

Notions clés & Définitions

  • Schéma cognitif : Contenu mental enregistré en mémoire à long terme qui reflète la vision que l’individu a du monde et des situations qui l’entourent.
  • Biais de confirmation : Biais cognitif consistant à privilégier les informations qui valident des idées préconçues et à accorder moins de poids aux informations qui les contredisent.
  • Triade cognitive de la dépression : Perception négative du passé, du présent filtré par le schéma et de l’avenir anticipé selon ce même schéma.

★ À maîtriser

  • Dans le modèle du traitement de l’information d’Aaron Beck, une situation active un schéma cognitif, qui entraîne des distorsions cognitives puis des pensées automatiques et des conséquences émotionnelles et comportementales.

  • Dans le modèle de Beck, les distorsions cognitives engendrent des pensées automatiques, qui provoquent des symptômes émotionnels et comportementaux et peuvent renforcer le schéma par biais de confirmation. - modèle du traitement de l’information

Compléments

  • Le biais de confirmation renforce les schémas et rend le changement d’avis plus difficile, notamment lorsque la personne sélectionne et interprète ses souvenirs pour valider ses croyances profondes.

Astuce mémo

Situation → schéma → distorsion → pensée automatique → conséquences

15. Schémas cognitifs inadaptés

Notions clés & Définitions

  • Schéma cognitif : A. Beck - Structure mentale qui stocke les connaissances et expériences antérieures en mémoire à long terme et guide la sélection, l’organisation, la récupération et l’utilisation des informations.
  • Schéma inadapté : Croyance trop éloignée de la réalité et inadéquate à l’environnement, qui empêche l’individu de s’adapter et de satisfaire ses besoins, et engendre du mal-être.

★ À maîtriser

  • Young regroupe les schémas inadaptés en cinq catégories :

    • séparation et rejet
    • manque d’autonomie et de performance
    • manque de limites
    • orientation vers les autres
    • survigilance et inhibition
  • Les schémas sont présents à des degrés divers chez la majorité des individus et ne sont pas nécessairement pathologiques ; ils deviennent inadaptés lorsqu’ils guident systématiquement le comportement et font souvent souffrir.

  • Le développement des schémas inadaptés résulte d’une interaction entre le vécu acquis au cours du développement et des prédispositions innées, parfois appelées tempérament.

📌 Un symptôme ressemblant à un schéma inadapté peut relever d’un trouble neurobiologique ou neurodéveloppemental, comme la grandeur en épisode maniaque du trouble bipolaire de type I, le manque de discipline dans le TDAH, l’isolement social dans le TSA ou le manque de discipline et l’isolement dans la schizophrénie.

Compléments

  • Les schémas guident les croyances qui constituent la conception qu’une personne a d’elle-même, du monde et des autres.

  • Un schéma inadapté est récurrent et envahissant, lié à un enjeu spécifique, et s’active souvent dans des situations menaçantes du même type.

  • Un schéma inadapté est constitué de souvenirs ou de traces mnésiques négatives et favorise l’attention sélective ou la récupération de souvenirs qui lui correspondent.

  • Un schéma inadapté comporte des croyances rigides sur soi ou autrui, qui orientent les anticipations et conduisent à répéter des réactions similaires.

  • Les expériences négatives qui correspondent à un schéma peuvent le consolider à l’âge adulte et l’associer à un dysfonctionnement social, professionnel ou familial significatif.

  • Les exemples de schémas inadaptés comprennent l’abandon ou l’instabilité, la méfiance ou l’abus, la carence affective, la dépendance ou l’incompétence, la peur des événements incontrôlables, la surprotection, l’échec, les droits personnels exagérés, le manque de contrôle de soi, l’assujettissement, l’abnégation, le besoin d’approbation, le pessimisme, le surcontrôle émotionnel, les idéaux exigeants, la punition, l’imperfection ou la honte, et l’isolement social.

  • Une vulnérabilité et/ou une expérience précoce contribue à former un schéma latent, qu’un incident critique peut activer ; les distorsions et pensées automatiques peuvent ensuite le renforcer et favoriser des problèmes d’adaptation.

16. Stratégies face aux schémas

Notions clés & Définitions

  • Stratégies d’adaptation : Moyens de faire face à l’activation d’un schéma ; elles peuvent renforcer et maintenir ce schéma et avoir été adaptées dans l’enfance sans convenir à l’âge adulte.
  • Soumission au schéma : Young, Cottraux - Manière de tenir le schéma pour vrai sans le remettre en question et d’adopter des comportements conformes qui le renforcent, pouvant conduire à répéter les mêmes scénarios de vie.
  • Compensation du schéma : Manière de combattre ou de nier le schéma en adoptant des pensées et des comportements rigides situés à son extrême opposé, ce qui entrave l’adaptation.
  • Évitement du schéma : Manière de fuir les pensées, les émotions ou les situations liées au schéma, souvent sans en avoir pleinement conscience.

★ À maîtriser

  • Young et Cottraux distinguent trois stratégies pour faire face aux schémas (Young, Cottraux) :
    • la soumission
    • l’évitement
    • la compensation

Compléments

  • Une même personne peut passer d’un style d’adaptation à un autre selon le temps et le contexte, même si son schéma demeure stable.

Astuce mémo

Soumission : le schéma est tenu pour vrai ; compensation : il est combattu par des conduites opposées

17. Étapes de la thérapie cognitive

★ À maîtriser

  • La thérapie cognitive vise à réduire l’impact des schémas, des distorsions cognitives et des pensées automatiques, en les supprimant ou en les modifiant et en les assouplissant pour les rendre plus adaptés au contexte, à l’individu et à sa culture.

  • La démarche thérapeutique commence par l’identification des situations problématiques, des distorsions et des pensées automatiques, avec un apprentissage de l’auto-observation et leur consignation au quotidien.

Compléments

  • Le patient apprend ensuite à prendre conscience du caractère subjectif de ses pensées et peut identifier les schémas cognitifs qui sous-tendent ses biais.

  • Le questionnement socratique et la flèche descendante peuvent aider le patient à confronter ses croyances et ses biais à la réalité afin de les discréditer ou de les assouplir.

  • La perception moins distordue des situations permet au patient de gagner en objectivité et en rationalité.

Astuce mémo

Repérer les biais → prendre conscience de leur subjectivité → confronter les croyances à la réalité

18. Principes de la troisième vague

★ À maîtriser

  • L’implémentation de l’assouplissement cognitif consiste à interpréter les situations in situ afin de modifier les pensées, les émotions et les comportements au moment où elles surviennent.

  • La troisième vague des TCC, appelée contextualisme fonctionnel, est située depuis 1990 et porte une attention particulière à la composante émotionnelle.

📌 Les thérapies contextuelles apprennent à considérer les pensées et émotions négatives comme normales, à les accepter sans jugement et à modifier la relation entretenue avec elles plutôt qu’à les éviter ou les supprimer.

Compléments

📌 Lorsque le problème ne peut être supprimé ni envisagé plus objectivement, le patient apprend à s’y adapter pour en limiter les conséquences délétères.

  • Dans les thérapies de troisième vague, l’exposition au problème précède le travail sur la relation que la personne entretient avec lui, puis l’acceptation soutient la conscience du problème et les capacités d’adaptation.

Astuce mémo

Surfer sur les vagues plutôt que chercher à les arrêter.

19. Pleine conscience et programmes MBI

★ À maîtriser

  • La pleine conscience consiste à porter délibérément son attention sur l’expérience du moment présent et à l’observer sans jugement ni réaction automatique.

  • Le MBSR est un programme de huit semaines axé sur la gestion du stress, des douleurs chroniques et de l’anxiété, associant principalement la pleine conscience à des principes comportementaux. - Kabat-Zinn

  • Le MBCT est un programme de huit semaines visant le traitement et la prévention des rechutes dans les troubles dépressifs récurrents, associant principalement la pleine conscience à des principes de thérapie cognitive. - Segale, Teasdale, & Williams

Compléments

  • Jon Kabat-Zinn a créé la Stress Reduction Clinic en 1979 et développé durant les années 1990 un programme thérapeutique de pleine conscience visant notamment le stress chronique et ses effets sur la santé.

📌 La méditation formelle se pratique dans un cadre structuré en temps et en espace, tandis que la méditation informelle s’intègre à des situations quotidiennes.

  • Le MBRP vise la prévention des rechutes dans les troubles liés à l’abus de substances et associe la pleine conscience à des techniques de prévention des rechutes issues d’autres vagues des TCC. - Marlatt

Astuce mémo

MBSR cible le stress, MBCT la dépression et MBRP les rechutes liées aux substances.

20. Thérapie comportementale dialectique

Notions clés & Définitions

  • Dialectique : Marx et Hegel - La dialectique, dont s’inspire la TCD, réconcilie des opposés par un processus de synthèse afin de trouver un juste milieu.

★ À maîtriser

📌 La TCD associe l’acceptation du patient sans volonté immédiate de le modifier à la promotion progressive du changement.

  • La TCD comprend quatre modules :
    • Pleine conscience
    • Tolérance à la détresse
    • Gestion des émotions
    • Efficacité personnelle

Compléments

  • Marsha Linehan a développé la thérapie comportementale dialectique vers 1990 pour répondre notamment aux difficultés rencontrées dans la prise en charge du trouble de la personnalité borderline.

  • Le trouble de la personnalité borderline peut comporter :

    • Une forte vulnérabilité émotionnelle
    • Des relations interpersonnelles instables
    • Une perturbation de l’identité
    • De l’impulsivité
    • Des comportements suicidaires
    • Des tendances à l’automutilation
    • Une instabilité de l’humeur
    • Un sentiment de vide chronique
    • Des difficultés à contrôler la colère
    • Des idéations persécutoires en situation de stress
  • Le module de tolérance à la détresse aide à repérer les événements déclencheurs des crises de colère et des comportements autoagressifs afin de contrer les réponses impulsives.

Astuce mémo

Accepter le patient tel qu’il est tout en l’aidant à changer.

21. Thérapie d’acceptation et d’engagement

Notions clés & Définitions

  • ACT : L’ACT est une thérapie développée par Steven Hayes qui vise à augmenter la flexibilité psychologique en acceptant les pensées et émotions négatives, en s’y confrontant et en orientant les actes vers les valeurs plutôt que vers les symptômes.
  • Flexibilité psychologique : La flexibilité psychologique est la capacité d’adapter ses réactions et comportements aux changements de l’environnement, ce qui favorise la résilience et l’adaptation clinique.

★ À maîtriser

  • Les six axes thérapeutiques de l’ACT sont : (Hayes, 2006) :
    • Acceptation
    • Défusion
    • Instant présent
    • Soi comme contexte
    • Valeurs
    • Action engagée

Compléments

📌 La défusion consiste à considérer les pensées comme des phénomènes mentaux subjectifs plutôt que comme des faits.

  • L’action engagée consiste à agir en accord avec les valeurs fondamentales identifiées afin de donner du sens aux choix et de réduire la dissonance entre aspirations et actions.

22. Psychologie positive et bien-être

Notions clés & Définitions

  • Bien-être : Dictionnaire Médical - Le bien-être est un état agréable mais transitoire, procuré par la satisfaction des besoins du corps et la tranquillité de l’esprit.
  • Santé : OMS - La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, qui ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité.
  • Santé mentale : OMS - La santé mentale est un état de bien-être dans lequel une personne peut se réaliser, surmonter les tensions normales de la vie, accomplir un travail productif et contribuer à la vie de sa communauté.

★ À maîtriser

  • Martin Seligman a lancé la psychologie positive en réaction à une psychologie centrée sur les aspects négatifs, afin de développer les forces et ressources plutôt que de se limiter à réduire les difficultés.

📌 Les forces de caractère peuvent être développées et entretenues, contrairement aux compétences, talents, intérêts et ressources souvent dépendants de facteurs externes et associés à un plaisir éphémère.

📌 La psychologie positive est une discipline scientifique qui étudie les facteurs du bien-être, tandis que la pensée positive est décrite comme un mouvement pseudoscientifique et ésotérique né dans les années 1950.

Compléments

  • Dans son modèle de 2004, Seligman identifie six vertus et vingt-quatre forces de caractère, aussi appelées valeurs en action.

📌 La psychologie positive ne demande pas de positiver à tout prix : elle étudie scientifiquement les facteurs du bien-être tout en maintenant lucidité et objectivité face aux difficultés.

  • Les facteurs de bien-être cités comprennent :
    • La décentration vers le point de vue d’autrui
    • La bienveillance envers soi et autrui
    • La gratitude sincère
    • Les pratiques créatives
    • L’accord des actions avec les valeurs
    • La concentration
    • L’humour
    • La réduction de la comparaison sociale

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Conditionnement et thérapies comportementales avec 43 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Une psychologue analyse une demande, prépare une intervention, la met en œuvre puis examine ses résultats. Parmi les propositions suivantes concernant la démarche clinique, lesquelles sont exactes ?

2. Au début d’une prise en charge, le thérapeute recueille la plainte et explore la disposition du patient au changement. Quelles propositions décrivent correctement cette démarche ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Conditionnement et thérapies comportementales avec 94 flashcards interactives.

Quel est l’objectif de la psychologie clinique ?

Accroître le confort psychologique et développer les capacités adaptatives.

Que vise le clinicien si le problème ne peut être diminué ou supprimé ?

Développer les capacités adaptatives du patient et son aptitude à faire face aux situations quotidiennes.

Quelles sont les étapes de la démarche d’ingénierie du psychologue ?

Analyser le problème et la demande, concevoir et réaliser une intervention, puis évaluer son efficacité et la réajuster.

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