Fiche de révision : Examens biologiques

Plan du Cours

  1. Principes des examens biologiques
  2. Fonctions rénale et hépatique
  3. Marqueurs de la fonction cardiaque
  4. Équilibre glycémique et ionogramme
  5. Inflammation et protéines plasmatiques
  6. Examens urinaires
  7. Interprétation des résultats biologiques

1. Principes des examens biologiques

Notions clés & Définitions

  • Examen de biologie médicale : Article L6211-1 du Code de la Santé Publique - Acte médical contribuant à la prévention, au dépistage, au diagnostic ou à l’évaluation du risque pathologique, aux décisions et prises en charge thérapeutiques, ainsi qu’au suivi de l’état physiologique ou physiopathologique.

★ À maîtriser

  • Les examens biologiques contribueraient à environ 60 à 70 % des diagnostics réalisés et participent aussi à la prévention, au suivi des maladies et au suivi des traitements.

  • La réalisation d’un examen biologique comprend trois phases :

    • pré-analytique
    • analytique
    • post-analytique
  • La phase pré-analytique exige la prise en compte de :

    • l’identitovigilance
    • du jeûne
    • de l’heure du prélèvement
    • du tube choisi
    • des modalités de transport

Compléments

  • Les prélèvements biologiques comprennent :

    • les prélèvements sanguins
    • les recueils d’urines et de selles
    • les frottis nasopharyngés
    • les ponctions de moelle osseuse
    • les prélèvements vaginaux ou de phanères
    • les expectorations
    • le sperme
    • les insectes pour les analyses entomologiques
  • Les examens peuvent être réalisés sur prescription médicale ou sans ordonnance, sauf les examens génétiques, dans un laboratoire hospitalier ou de ville, avec un prélèvement à l’hôpital, au laboratoire ou à domicile.

2. Fonctions rénale et hépatique

★ À maîtriser

  • La créatinine reflète la filtration rénale et varie selon l’âge et la masse musculaire ; l’urée devient toxique lorsqu’elle s’accumule, et le débit de filtration glomérulaire (DFG) s’exprime en mL/min.

📌 Une augmentation de la créatinine s’accompagne d’une diminution du DFG et peut signaler une insuffisance rénale.

  • Les transaminases ASAT et ALAT transfèrent des acides aminés ; l’ALAT est particulièrement présente dans le foie, tandis que l’ASAT est aussi présente dans les cellules musculaires et les globules rouges.

📌 La bilirubine est un pigment jaune-orangé issu de la dégradation des globules rouges et traité par le foie ; une hausse de bilirubine libre peut évoquer une lyse importante des hématies, tandis qu’une hausse de bilirubine conjuguée peut évoquer une insuffisance hépatique, un calcul biliaire ou une hépatite.

Compléments

  • La fonction rénale peut modifier l’élimination de : certains antibiotiques comme les aminosides, certains anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), certains anticancéreux comme le méthotrexate, certains immunosuppresseurs comme la ciclosporine

  • Une hausse des transaminases traduit un relargage dans le sang pouvant signaler une lyse cellulaire, une souffrance ou une lésion tissulaire, notamment comme effet secondaire médicamenteux.

Astuce mémo

Créatinine ↑, DFG ↓ ; bilirubine libre et conjuguée orientent vers des causes différentes.

3. Marqueurs de la fonction cardiaque

Notions clés & Définitions

  • NT-proBNP : Peptide libéré par les cellules cardiaques lorsque l’effort ou la tension est trop intense et constituant un marqueur de l’insuffisance cardiaque.

★ À maîtriser

  • Les troponines sont des protéines impliquées dans la contraction musculaire ; les sous-types T et i sont plus spécifiques du cœur que le sous-type C.

  • Une souffrance myocardique liée à une hausse des troponines i peut être associée à :

    • un syndrome coronarien aigu
    • une insuffisance cardiaque
    • une myocardite
  • La CPK participe à la production d’énergie dans les muscles et le cœur, mais manque de spécificité comme marqueur cardiaque ; son augmentation évoque surtout une atteinte musculaire.

Compléments

  • Les troponines augmentent 2 à 4 heures après le début des symptômes et leur cinétique peut être suivie en cas de doute.

4. Équilibre glycémique et ionogramme

Notions clés & Définitions

  • Glycémie : Taux de glucose dans le sang, exprimé en g/L, et pouvant être mesuré sur prélèvement veineux ou capillaire.

★ À maîtriser

  • La glycémie à jeun est adaptée au dépistage du diabète.

  • L’hémoglobine glyquée (HbA1c) mesure la quantité de sucre liée à l’hémoglobine ; le cours indique une valeur inférieure à 6 % et précise qu’elle reflète l’équilibre glycémique des 2 à 3 derniers mois.

  • Le ionogramme sanguin mesure notamment les ions Na+, K+ et Ca++ afin d’explorer l’équilibre hydroélectrolytique et d’évaluer indirectement le rein, le cœur et certains traitements.

  • La natrémie de référence est de 135 à 145 mmol/L et explore l’équilibre hydrique de l’organisme ; une hypernatrémie correspond à une déshydratation.

  • La kaliémie de référence est de 3,5 à 4,5 mmol/L et son interprétation concerne l’équilibre électrolytique, la fonction rénale et les troubles du rythme cardiaque.

Compléments

  • L’HbA1c aide à évaluer l’efficacité des traitements selon les objectifs fixés, tandis que la mesure continue du glucose peut aider à adapter le traitement par insuline.

  • L’hyperglycémie prolongée peut entraîner : des atteintes vasculaires : maladies cardiovasculaires, rétinopathie et néphropathie, des atteintes cellulaires : neuropathie, des atteintes infectieuses par diminution des défenses immunitaires

  • Une fausse hyperkaliémie peut être causée par le garrot, la température, une lyse ou le tube utilisé ; un prélèvement du côté d’une perfusion appelle aussi à la prudence.

  • La calcémie de référence est de 2,2 à 2,6 mmol/L et explore le métabolisme du calcium, en lien avec les reins, les os et les glandes parathyroïdes.

5. Inflammation et protéines plasmatiques

Notions clés & Définitions

  • CRP : Protéine synthétisée majoritairement par le foie en cas d’inflammation ou de syndrome infectieux et participant à la défense immunitaire.

★ À maîtriser

  • Une hausse de la CRP peut témoigner d’une infection bactérienne, plus rarement virale, d’une maladie inflammatoire auto-immune ou d’un traumatisme ; son suivi peut aider à vérifier l’efficacité d’une antibiothérapie.

Compléments

  • La valeur de référence de la CRP est inférieure à 5 mg/L.

  • Le dosage isolé de l’albumine ou de la préalbumine reflète l’état nutritionnel du patient.

  • L’électrophorèse des protéines plasmatiques aide au suivi ou au diagnostic de pathologies inflammatoires, hépatiques ou hématologiques.

6. Examens urinaires

★ À maîtriser

  • La bandelette urinaire est un test d’orientation rapide, qualitatif et peu coûteux en cas de suspicion de cystite aiguë simple sans facteur de complication, d’atteinte rénale ou de troubles glycémiques.

  • Un ECBU peut être réalisé après une bandelette urinaire positive ou être prescrit d’emblée ; il quantifie les globules blancs et rouges, met en évidence des cristaux, des cellules ou des cylindres, et recherche une bactérie ou une levure impliquée dans une infection urinaire.

  • L’arbre urinaire est physiologiquement stérile, à l’exception de l’urètre distal qui est colonisé.

  • L’interprétation de la culture d’un ECBU dépend des renseignements cliniques ; selon les symptômes, le contexte et la présence de leucocytes, une culture identique peut ne pas conduire aux mêmes décisions d’antibiogramme.

Compléments

  • Dans l’ECBU, le cours indique une référence inférieure à 10/mm3 pour les globules blancs et rouges.
  • Les urines peuvent être recueillies :

    • sur milieu de jet
    • sur collecteur
    • sur sonde urinaire à demeure ou sonde JJ
    • sur stomie urinaire
    • par sondage aller-retour ou autosondage
    • par voie transcutanée
  • La protéinurie est recherchée pour dépister une atteinte rénale liée notamment au diabète ou à une maladie rénale, ainsi qu’une complication de grossesse telle qu’une suspicion de prééclampsie.

Astuce mémo

Bandelette d’orientation, ECBU d’analyse, protéinurie de dépistage.

7. Interprétation des résultats biologiques

★ À maîtriser

  • L’interprétation biologique dépend du contexte clinique, notamment des pathologies connues, de l’âge et du sexe, et nécessite d’exclure un problème pré-analytique par un examen critique du résultat.

📌 La transmission des résultats doit tenir compte de leur urgence, de leur impact sur la prise en charge et de leur impact épidémiologique.

Compléments

  • Les valeurs de référence sont adaptées à l’âge et au sexe.

  • La traçabilité des examens biologiques doit préciser qui est intervenu et quand.

Teste tes connaissances

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1. Quel rôle caractérise un examen de biologie médicale au sens de l’article L6211-1 du Code de la santé publique ?

2. Un prélèvement est réalisé sur un patient dont l’identité est mal vérifiée et dont le tube a été transporté dans des conditions inadaptées. Quelle conséquence faut-il envisager ?

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Selon l’article L6211-1 du Code de la Santé Publique, qu’est-ce qu’un examen de biologie médicale ?

Un acte médical contribuant à la prévention, au dépistage, au diagnostic, aux décisions thérapeutiques et au suivi physiologique ou physiopathologique.

Quels éléments doivent être pris en compte pendant la phase pré-analytique d’un examen biologique ?

L’identitovigilance, le jeûne, l’heure du prélèvement, le tube choisi et les modalités de transport.

Que reflète la créatinine et de quels facteurs varie-t-elle ?

Elle reflète la filtration rénale et varie selon l’âge et la masse musculaire.

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