Fiche de révision : Introduction à la psychologie de la santé

Plan du Cours

  1. De l’hygiène à la santé publique
  2. La santé publique en France
  3. Histoire et définition de la discipline
  4. Objectifs, prévention et promotion de la santé
  5. Santé mentale, santé globale et définitions de la santé
  6. Sujet et continuum santé-maladie
  7. Évolution des maladies et facteurs de risque et de protection
  8. Risques environnementaux et psychosociaux
  9. Vulnérabilités démographiques et psychosociales, personnalité
  10. Dimensions du modèle Big Five
  11. Personnalité et santé
  12. Fonctions des représentations sociales
  13. Représentations de santé et maladie, attributions causales
  14. Modèle d’autorégulation de Leventhal
  15. Sens et conceptions de la maladie

Repères chronologiques

  1. 1902La notion d’hygiène sociale apparaît et donne une dimension collective à la lutte contre la propagation des maladies.
  2. 1945La création de la Sécurité sociale fait basculer la France vers un système de protection collectif et solidaire.
  3. 1946L’OMS définit la santé comme un état complet de bien-être physique, mental et social, et non comme la seule absence de maladie ou d’infirmité.
  4. 1977Engel propose le modèle biopsychosocial, qui intègre les dimensions biologique, psychologique et sociale de la santé et leurs interactions pour orienter le diagnostic et la prise en charge.
  5. 1979L’American Psychological Association (APA) crée la psychologie de la santé aux États-Unis.
  6. 1986La santé est définie comme un ensemble de ressources sociales, personnelles et physiques permettant à une personne de satisfaire ses besoins et de réaliser ses aspirations.
  7. 1987Antonovsky souligne qu’il faut accorder autant d’importance aux facteurs qui permettent de rester en bonne santé qu’à ceux qui font tomber malade.
  8. 2001Le premier congrès de psychologie de la santé en langue française se tient à Bordeaux et l’association AFPSA est créée lors de ce congrès.

1. De l’hygiène à la santé publique

Notions clés & Définitions

  • Mesures prophylactiques : Visent à empêcher l’apparition, la propagation et l’aggravation d’une maladie.

★ À maîtriser

  • Dès les années 1860, Pasteur contribue à établir la théorie microbienne, qui attribue certaines maladies à des micro-organismes, plutôt qu’aux miasmes de l’air et de l’environnement.

📌 L’hygiène sociale, centrée sur les comportements individuels au service du collectif, précède la santé publique, organisée autour d’un système collectif et d’un droit à la santé.

Compléments

  • Au XIXe siècle, le comité consultatif d’hygiène publique de France avait pour but de gérer les questions sanitaires et les mesures prophylactiques.

  • La stérilisation de l’eau et du matériel est mise en place pour lutter contre les infections.

  • L’hygiène sociale cherche à moraliser les comportements individuels par des messages préventifs et la promotion de comportements sains.

  • Les premières campagnes de prévention et les carnets de santé sont mis en place pour prévenir la mortalité infantile, notamment par la vaccination et les médecins scolaires.

  • Pendant la Première Guerre mondiale, l’hygiène redevient un enjeu majeur pour éviter notamment la tuberculose et la mortalité infantile, selon une logique militaire et utilitaire.

Astuce mémo

Milieu physique → comportements individuels → organisation collective

2. La santé publique en France

Notions clés & Définitions

  • Santé publique : Discipline autonome qui s’occupe de la santé globale des populations dans ses aspects curatifs, préventifs, éducatifs et sociaux, et met en place des systèmes et des actions de promotion, de prévention, de traitement et de réadaptation.
  • Santé publique : OMS - Science et art de prévenir les maladies, de prolonger la vie et d’améliorer la santé physique et mentale aux niveaux individuel et collectif.

★ À maîtriser

  • La santé publique contemporaine est une responsabilité collective organisée par l’État et constitue un complément de la médecine curative.

  • L’agence nationale de santé publique organise son action autour de trois axes :

    • Anticiper les risques sanitaires par la veille et la surveillance.
    • Comprendre l’état de santé et les comportements pour concevoir des interventions.
    • Agir par la promotion, la prévention, l’action sur les environnements et la réponse aux crises.

Compléments

📌 La santé publique considère que la santé ne dépend pas seulement de mesures individuelles ou de la guérison curative, mais aussi de mesures collectives et de l’environnement.

3. Histoire et définition de la discipline

Notions clés & Définitions

  • Psychologie de la santé : Application des savoirs fondamentaux de la psychologie à la compréhension de la santé et de la maladie.
  • Psychologie de la santé : Matarazzo, 1984 - Étude des facteurs et processus psychologiques qui jouent un rôle dans l’apparition des maladies et peuvent accélérer ou ralentir leur évolution.

★ À maîtriser

  • En 1985, les orientations de la psychologie de la santé sont précisées :
    • Contribuer à la prévention, au diagnostic et à la prise en charge des maladies.
    • Étudier les facteurs psychologiques, sociaux, émotionnels et cognitifs liés aux comportements de santé et de maladie.
    • Développer les connaissances sur l’étiologie des maladies et les facteurs protecteurs de la santé.

Compléments

  • Dans les années 1990, la psychologie de la santé se diffuse en Europe.

4. Objectifs, prévention et promotion de la santé

Notions clés & Définitions

  • Prévention de la maladie : Vise à éviter son apparition, son développement ou son aggravation en favorisant les comportements individuels et collectifs qui réduisent le risque de maladie.
  • Promotion de la santé : Processus qui donne aux personnes et aux communautés la capacité d’améliorer leur santé et d’accroître leur contrôle sur les déterminants de santé.

★ À maîtriser

  • Sarafino (1990) met en avant trois objectifs de la psychologie de la santé :

    • Promouvoir les comportements et styles de vie sains.
    • Prévenir et traiter les maladies.
    • Améliorer la prise en soin des patients.
  • Les trois axes de la psychologie de la santé sont :

    • La prévention et la promotion des comportements et styles de vie sains.
    • La prise en charge des maladies aiguës ou chroniques par l’étude des mécanismes psychosociaux et des traitements.
    • L’étude des comportements adoptés par les malades et de leurs conséquences

📌 La promotion de la santé est centrée sur les ressources et le bien-être global et vise l’ensemble de la population, contrairement à la prévention, centrée sur la maladie ou le risque et souvent ciblée sur des populations à risque spécifique.

Compléments

  • La psychologie de la santé vise à promouvoir et maintenir la santé, prévenir et traiter les maladies, identifier leurs corrélats étiologiques, améliorer le système de soins et contribuer à la formation d’une politique de santé publique.

  • La psychologie de la santé s’appuie sur la psychologie scientifique et expérimentale, la recherche et des thérapies scientifiquement valides, et étudie les aspects psychologiques de la santé et de la maladie ainsi que l’impact des facteurs psychosociaux sur la santé.

  • La prévention est centrée sur la maladie ou le risque et cible souvent des populations exposées à un risque spécifique, comme les jeunes pour les MST.

Astuce mémo

La prévention cible le risque de maladie ; la promotion renforce les ressources et le bien-être global.

5. Santé mentale, santé globale et définitions de la santé

Notions clés & Définitions

  • Modèle biomédical : Conçoit la maladie comme un dysfonctionnement biologique mesurable, tel qu’une lésion, une infection, un déséquilibre chimique ou hormonal ou une anomalie génétique, et la guérison comme la correction de ce dysfonctionnement.

★ À maîtriser

📌 La santé physique et la santé mentale étaient considérées comme deux entités distinctes, tandis que la psychologie de la santé étudie aussi les facteurs psychologiques liés à la santé et à la maladie.

📌 La conception psychologique de la santé ajoute des facteurs psychologiques à la vision biomédicale et se distingue de la santé mentale, centrée sur le diagnostic et le traitement des troubles psychiques.

  • Les quatre caractéristiques du modèle biomédical sont :
    • le dualisme corps-esprit
    • la spécificité étiologique ou réductionnisme
    • la neutralité du médecin
    • la passivité du patient

📌 Le modèle biomédical ramène la maladie à une cause biologique spécifique selon une causalité linéaire, tandis qu’Engel propose un modèle clinique circulaire et une pathogenèse multifactorielle.

  • Les quatre postulats du modèle biopsychosocial sont :
    • les maladies psychiques ou physiques sont influencées par des phénomènes biologiques, psychologiques et sociaux
    • ces variables influencent la prédisposition, le début, le cours et l’issue des maladies
    • leur évaluation permet d’adapter la stratégie thérapeutique
    • la relation thérapeutique doit être établie et maintenue au cours du temps

Compléments

📌 La santé mentale, dans la conception présentée, relève de la psychologie sociale et de la psychopathologie et repose sur le diagnostic et le traitement des troubles psychiques.

📌 Le modèle biomédical sépare le corps du psychisme et de l’environnement social, tandis qu’Engel critique ce dualisme et propose de construire des liens entre le corps et l’esprit.

  • Pour Engel, les facteurs psychosociaux, tels que le stress, le harcèlement, l’anxiété et les conditions de travail, peuvent contribuer aux maladies physiques, tandis que des facteurs biologiques ou physiques, tels qu’une maladie chronique, un gène ou un problème de thyroïde, peuvent intervenir dans les troubles psychiques.

📌 Dans le modèle biomédical, le médecin est censé observer et agir objectivement, alors qu’Engel considère que la relation humaine et l’alliance thérapeutique constituent une source légitime d’étude scientifique.

📌 Le modèle biomédical traite le patient comme un objet passif recevant un traitement, tandis qu’Engel le considère comme un protagoniste actif dont l’expérience subjective et le pouvoir de décision doivent être pris en compte.

  • Le modèle biopsychosocial est davantage enseigné en médecine aujourd’hui, même si le modèle biomédical reste souvent dominant en pratique.

  • La définition de 1986 présente la santé comme une ressource de la vie quotidienne, et non comme un but de la vie, qui permet aussi à un individu ou à un groupe d’évoluer avec son milieu et de s’y adapter.

6. Sujet et continuum santé-maladie

Notions clés & Définitions

  • Modèle holistique : Considère l’individu comme faisant partie d’un système qui lui est propre et dont il ne peut être dissocié.

★ À maîtriser

  • La définition de la santé de 1946 implique un continuum entre la santé et la maladie, sur lequel chaque individu occupe une position déterminée.

Compléments

  • La position d’un individu sur le continuum santé-maladie varie selon ses facteurs biologiques, psychologiques et sociaux.

7. Évolution des maladies et facteurs de risque et de protection

Notions clés & Définitions

  • Facteur de vulnérabilité : Caractéristique personnelle, généralement endogène mais parfois liée à l’expérience, qui fragilise durablement l’individu face aux difficultés physiques, sociales ou psychologiques et abaisse son seuil de résistance sans causer directement le trouble.
  • Facteur de protection : Élément endogène ou exogène qui diminue la probabilité d’apparition d’un trouble et renforce la capacité de la personne à faire face aux événements.
  • Facteur de risque : Élément qui augmente statistiquement la probabilité qu’un individu développe un problème de santé sans en être nécessairement la cause unique et suffisante ; il peut être endogène ou exogène, mais est plus souvent exogène.
  • Psychologie de la santé : Domaine spécifique et intégratif de la psychologie, fondé sur des méthodologies expérimentales et rigoureuses, qui étudie les interactions entre facteurs biologiques, psychologiques et sociaux déterminant les maladies.

★ À maîtriser

  • Le recul des maladies infectieuses à la fin du XIXe siècle est attribué en majorité aux mesures préventives et à l’essor de la santé publique, plutôt qu’aux seuls progrès des traitements.

📌 Au XXe siècle, les maladies infectieuses ont continué à diminuer tandis que les maladies chroniques sont devenues le principal problème de santé.

Compléments

  • Entre le XVIe et le XIXe siècle, les principales causes de décès étaient les maladies de la nutrition et les infections.

  • Au XIXe siècle, les infections, notamment la tuberculose, étaient les principales causes de décès aux États-Unis et en Europe.

  • Vers la fin du XIXe siècle, les décès causés par la tuberculose ont diminué de 60 %.

  • Les mesures de santé publique visant à réduire les infections comprenaient :

    • l’amélioration de l’hygiène personnelle
    • une meilleure alimentation
    • l’épuration
    • l’évacuation des eaux usées
  • Les exemples de vulnérabilité comprennent :

    • un faible soutien social
    • un environnement familial défaillant
    • une faible estime de soi
    • l’isolement social
  • Les exemples de protection comprennent :

    • un soutien social perçu élevé
    • un sentiment d’auto-efficacité élevé
    • une estime de soi élevée
    • une pratique sportive régulière

Astuce mémo

Hygiène, alimentation et assainissement → recul des infections.

8. Risques environnementaux et psychosociaux

Notions clés & Définitions

  • Événement de vie stressant : Bouleversement perçu et interprété comme une menace, une perte ou un danger, qui exige des réponses physiologiques ou comportementales pour retrouver un état stable.
  • Risque climatologique : Probabilité d’altération de la santé en présence d’un paroxysme météorologique d’ampleur variable.
  • Tracas quotidiens : Événements ou problèmes irritants, frustrants ou anxiogènes rencontrés dans les interactions ordinaires avec l’environnement.

★ À maîtriser

📌 Le travail est associé à une meilleure santé globale que l’inactivité, mais certaines conditions de travail — tâches répétitives, horaires décalés et problèmes relationnels — peuvent nuire à la santé.

  • La manière dont l’individu perçoit un événement de vie est plus déterminante que l’événement lui-même pour son effet sur la santé.

📌 Les tracas quotidiens sont de meilleurs prédicteurs de l’état de santé ultérieur que les événements de vie stressants.

Compléments

  • Les événements catastrophiques surviennent soudainement et touchent simultanément de nombreuses personnes.

  • Les dangers chimiques ou gazeux au domicile ou au travail, comme l’exposition au plomb, constituent des risques sanitaires, mais tous les produits chimiques ou les gaz ne sont pas dangereux.

  • Une exposition récurrente au soleil augmente l’apparition de certains cancers.

  • Selon l’Observatoire national de la route, plus de 50 000 accidents corporels ont été recensés en 2016 ; le jeune âge comme l’âge avancé sont présentés comme des vulnérabilités associées aux accidents routiers.

  • Les événements de vie stressants peuvent précéder l’apparition d’une maladie somatique ou l’aggraver, mais leur association avec la mortalité ultérieure est décrite comme peu importante.

9. Vulnérabilités démographiques et psychosociales, personnalité

Notions clés & Définitions

  • Soutien social : Ensemble des personnes avec lesquelles l’individu est en contact et qui jouent un rôle protecteur.
  • Personnalité selon Allport : Pour Allport (1937), la personnalité est « l’organisation dynamique, au sein de l’individu, des systèmes psychophysiques qui déterminent son comportement caractéristique et ses pensées ».
  • Personnalité selon Cattell : Pour Cattell (1950), la personnalité est « ce qui permet une prédiction de ce que va faire une personne dans une situation donnée ».
  • Personnalité selon Eysenck : Pour Eysenck (1953), la personnalité est l’organisation plus ou moins ferme et durable du caractère, du tempérament, de l’intelligence et du physique, qui détermine l’adaptation unique de la personne à son milieu.

★ À maîtriser

  • Dans les sociétés développées, les femmes ont une espérance de vie supérieure de 5 ans à celle des hommes, mais présentent davantage de morbidité et d’hospitalisations.

  • Le niveau socio-économique peut fragiliser une personne en limitant ses ressources pour faire face aux risques, notamment par un accès moindre aux soins et à un logement salubre.

📌 La personnalité désigne ici les traits de personnalité et ne doit pas être confondue avec les troubles de la personnalité décrits dans le DSM.

  • Dans le monde scientifique, la personnalité renvoie à la consistance, à la causalité interne et à la distinctivité propre à chaque individu.

📌 Chez Eysenck, le caractère est acquis par l’expérience, l’éducation, la culture et les interactions avec l’environnement, tandis que le tempérament est inné, biologique et présent dès la naissance.

Compléments

  • La probabilité de développer des maladies augmente avec l’âge, même si les personnes âgées peuvent adopter des comportements plus sains et faire davantage attention que les jeunes.

  • Le sexe biologique influence l’exposition à certains troubles physiologiques ; les hormones sexuelles sont présentées comme protégeant les femmes jusqu’à la ménopause.

  • Le niveau socio-économique conditionne l’environnement des individus et implique une interdépendance entre différentes variables.

  • L’isolement social prive la personne de ressources pour faire face aux événements de vie et à la maladie, et amplifie leur impact.

  • Carver et Scheirer (2000) décrivent la personnalité comme une organisation active et dynamique, à bases physiologiques, force interne déterminant le comportement, composée de patterns de réponses récurrentes et constantes, et englobant comportements, pensées et sentiments.

  • Le modèle Big Five, également appelé modèle OCEAN, est présenté comme un modèle de personnalité à cinq facteurs.

10. Dimensions du modèle Big Five

★ À maîtriser

  • Le modèle Big Five, aussi appelé modèle OCEAN, comprend cinq dimensions : ouverture à l’expérience, conscienciosité, extraversion, agréabilité et névrosisme.

📌 Un score élevé de conscienciosité renvoie à l’organisation, à la discipline et à l’efficacité, tandis qu’un score faible est associé à la distraction et au manque de motivation pour terminer les tâches commencées.

Compléments

  • Un score élevé d’ouverture à l’expérience est associé à la créativité, la curiosité, l’imagination et la recherche de nouveauté, tandis qu’un score faible correspond à une préférence pour les événements connus.

  • Un score élevé d’extraversion correspond à une personne vive, bavarde et attirée par les interactions sociales, tandis qu’un score faible renvoie à l’introversion, à la réserve et au calme.

  • Un score élevé d’agréabilité renvoie à la douceur, à la gentillesse et à l’altruisme, tandis qu’un score faible est associé à une attitude brusque, têtue et sceptique.

  • Un score élevé de névrosisme est associé à l’anxiété et à une plus grande vulnérabilité au stress et aux troubles dépressifs, tandis qu’un score faible renvoie à davantage de sérénité et de stabilité.

  • Les cinq dimensions du Big Five ne sont pas mutuellement exclusives : une personne peut présenter plusieurs traits à la fois.

Astuce mémo

OCEAN : les initiales des cinq dimensions.

11. Personnalité et santé

Notions clés & Définitions

  • Dynamiques des individus : Interaction entre les caractéristiques personnelles et l’environnement psychosocial, dans un processus où l’individu agit aussi sur son environnement.
  • Tropisme : Tendance qui pousse les individus à se tourner vers des environnements favorables à la santé ou, au contraire, plus dangereux.

★ À maîtriser

  • Les effets des dynamiques individuelles sur la santé sont modérés par deux mécanismes : les réactions psychophysiologiques aux événements, comme la sécrétion de cortisol, et les comportements de santé adoptés, comme modifier sa consommation d’alcool ou de tabac.

  • Les traits de personnalité contribuent à prédire la fragilité ou la robustesse face à certaines maladies ou à certains problèmes de santé, mais n’expliquent qu’une faible part de la variance étudiée.

Compléments

  • Des études longitudinales indiquent que la personnalité de l’enfant et les pressions sociales peuvent prédire des troubles anxieux ou dépressifs ainsi que des consommations de drogues.

  • La conscienciosité peut favoriser l’observance des traitements.

  • Une personne ayant un névrosisme élevé peut être attirée par des environnements évitants et protecteurs, susceptibles de protéger sa santé.

Astuce mémo

Traits et environnement interagissent → réactions psychophysiologiques et comportements de santé.

12. Fonctions des représentations sociales

Notions clés & Définitions

  • Représentations sociales : Moscovici, 1961 - Formes de savoir naïf qui organisent les conduites et orientent les communications.

★ À maîtriser

  • Selon Abric, les représentations sociales remplissent quatre fonctions : savoir, identité, orientation et justification.

Compléments

  • Le savoir naïf est un savoir de sens commun construit dans la vie quotidienne, par opposition au savoir scientifique.

  • Les représentations sont sociales parce qu’elles sont partagées par un groupe et construites par la communication.

  • Selon Moscovici (1961), les représentations fournissent des modèles explicatifs qui permettent aux personnes de donner du sens au monde qui les entoure.

13. Représentations de santé et maladie, attributions causales

Notions clés & Définitions

  • Représentations de santé : Perceptions et croyances subjectives concernant la santé, la maladie ou le handicap, notamment leurs causes, leur gravité, leur évolution et leurs traitements.
  • Attribution causale : L’attribution causale est la manière dont un individu explique les causes des événements, notamment des succès et des échecs, selon la théorie de Weiner (1979).
  • Locus de contrôle : Le locus de contrôle est, selon Rotter (1966), un trait de personnalité correspondant à la tendance d’un individu à percevoir l’origine d’un événement comme interne, liée à son influence, ou externe.
  • Théories profanes : Savoirs non spécialistes issus de l’individu, de la société ou de l’environnement culturel et social, par opposition aux théories expertes.

★ À maîtriser

  • Les représentations subjectives du patient coexistent avec les savoirs scientifiques et médicaux, et leur congruence ou leur divergence peut influer sur les comportements adoptés.

  • Les représentations de santé sont stockées en mémoire à long terme et résistent au changement, de sorte qu’une simple explication médicale ne suffit pas à les effacer.

  • Les représentations de santé contribuent à déterminer les comportements de santé et la relation du patient avec le professionnel de santé.

  • Le travail thérapeutique sur les représentations sociales peut favoriser des changements de comportement bénéfiques pour la santé.

  • Dans la théorie de Weiner (1979), l’attribution causale se décline selon :

    • le locus de causalité
    • la stabilité
    • la contrôlabilité

Compléments

  • Les représentations de santé fournissent une grille de lecture pour interpréter l’évolution de la maladie, l’apparition ou la disparition des symptômes, les ressentis et les douleurs.

  • Selon Rosch (1978), la théorie des prototypes décrit l’organisation des connaissances en mémoire autour d’exemples typiques regroupés en catégories. - Rosh

  • Selon Fischer et Tarquinio (2006), face à un symptôme, une personne compare son vécu et ses ressentis aux expériences qu’elle connaît, puis retient la meilleure correspondance avec ces expériences.

📌 Les représentations de santé peuvent être construites à partir du vécu individuel ou transmises par l’environnement social et culturel, mais elles restent dans les deux cas des savoirs naïfs.

  • Explorer les représentations de santé permet d’en discuter et de les faire converger avec les savoirs scientifiques.

  • Arrêter de fumer réduit de 35 % les morts par cancer.

📌 Dans la théorie de Weiner, le locus de causalité est interne lorsque la cause est liée à la personne et externe lorsqu’elle est liée à l’environnement.

Astuce mémo

Travail thérapeutique → changement de comportement bénéfique pour la santé

14. Modèle d’autorégulation de Leventhal

Notions clés & Définitions

  • Modèle SRM : Le modèle SRM de Leventhal (1980) est un modèle d’autorégulation dans lequel les patients construisent des représentations cognitives et émotionnelles de leur maladie à partir des informations auxquelles ils ont accès, pour lui donner du sens et mieux la gérer.

★ À maîtriser

  • Dans le modèle de Leventhal, les cinq dimensions cognitives des représentations de la maladie sont :
    • l’identité
    • la cause perçue
    • la durée
    • les conséquences
    • le contrôle perçu

Compléments

📌 Dans le modèle de Leventhal, l’identité désigne le nom de la maladie et ses symptômes associés ; un nombre élevé de symptômes est lié à une perception plus sévère de la maladie.

  • Dans le modèle de Leventhal, la durée perçue d’une maladie peut être :
    • aiguë
    • chronique
    • cyclique

📌 Dans le modèle de Leventhal, les conséquences perçues de la maladie sur la vie familiale ou économique sont subjectives et peuvent peser davantage que l’état de santé objectif.

  • Dans le modèle de Leventhal, les représentations cognitives et émotionnelles de la maladie sont dynamiques et évoluent avec le traitement ou le vécu de la personne.

📌 Dans le modèle de Leventhal, les informations de santé influencent davantage les représentations mentales lorsqu’elles sont congruentes avec les croyances antérieures.

15. Sens et conceptions de la maladie

★ À maîtriser

  • Selon Lipowski (1971), la maladie peut être vécue comme :

    • un défi
    • une valeur
    • un soulagement
    • une stratégie
    • une faiblesse
    • une perte
    • une ennemie
    • une punition
  • Herzlich (1969) distingue trois conceptions de la maladie :

    • la maladie destructrice
    • la maladie libératrice
    • la maladie métier

Compléments

  • Lipowski (1971) a élaboré sa classification des significations de la maladie à partir d’entretiens réalisés auprès de femmes atteintes d’un cancer du sein.

  • Selon Lipowski (1971), plusieurs significations de la maladie, y compris contradictoires, peuvent coexister chez une personne et varier selon son interlocuteur.

  • Dans la conception destructrice de Herzlich, l’inactivité forcée et la perte du rôle social sont vécues négativement, comme une exclusion et une dépendance envers les autres et les traitements.

  • Dans la conception libératrice de Herzlich, la rupture avec la vie quotidienne et la perte du rôle social peuvent être vécues comme un répit, un enrichissement personnel et une occasion de réfléchir à soi et à la vie.

  • Dans la conception de la maladie métier de Herzlich, le malade reconnaît la maladie comme réelle, mobilise son énergie pour la combattre, suit les traitements et exerce un pouvoir sur la maladie avec l’aide complémentaire du médecin.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Introduction à la psychologie de la santé avec 49 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Une campagne vise à empêcher qu’une maladie apparaisse, se propage et s’aggrave dans une population. Quel type de mesures décrit cet objectif ?

2. Une mesure adoptée en 1902 cherche à freiner la propagation des maladies en donnant à la lutte sanitaire une dimension collective. De quelle notion s’agit-il ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Introduction à la psychologie de la santé avec 94 flashcards interactives.

Que visent les mesures prophylactiques ?

Empêcher l’apparition, la propagation et l’aggravation d’une maladie.

En quelle année apparaît la notion d’hygiène sociale ?

En 1902.

En quelle année la création de la Sécurité sociale fait-elle basculer la France vers une protection collective et solidaire ?

En 1945.

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