★ À maîtriser
La pédopsychiatrie repose sur un travail complémentaire et pluridisciplinaire qui accompagne l’enfant et ses parents, avec une évaluation initiale puis régulière.
La démarche clinique recueille des données objectives et subjectives par l’anamnèse, distingue les signes fonctionnels des signes physiques et formule des hypothèses diagnostiques, pronostiques et thérapeutiques.
📌 Un trouble psychiatrique associe un syndrome psychiatrique établi cliniquement, une évolution temporelle éventuellement marquée par une rupture avec l’état antérieur et un retentissement familial, social ou scolaire, après exclusion d’une hypothèse non psychiatrique.
Compléments
Les hypothèses non psychiatriques à éliminer comprennent les causes toxiques et les causes médicales générales, notamment métaboliques, neurologiques et endocrinologiques.
La sémiologie, c’est-à-dire l’étude des signes et des symptômes, occupe une place importante en pédopsychiatrie, dont la démarche clinique est identique à celle des autres spécialités médicales.
★ À maîtriser
L’approche intégrative, développée à partir des sciences cognitives dès 1950 et mise en avant dans les années 1990, étudie les mécanismes cérébraux de la perception, des émotions, de la mémoire et du langage, et considère les facteurs biologiques, psychologiques et sociaux du développement de l’enfant.
En 2024, l’OMS estime que 14 % des jeunes de 10 à 19 ans souffrent de troubles mentaux et que 15 % des enfants présentent un trouble du neurodéveloppement.
La CIM-11 (2022), le DSM-5-TR (2022) et la CFTMEA sont des classifications nosographiques ; la CIM est publiée par l’OMS, le DSM par l’APA, et la CFTMEA est une classification française peu utilisée en recherche.
Compléments
Les théories psychanalytiques du début du XXe siècle mettent l’accent sur l’environnement, notamment les parents, et les conflits inconscients ; leurs techniques thérapeutiques s’appuient sur l’association libre et le transfert.
L’approche comportementale et cognitive, fondée sur la psychologie expérimentale et l’apprentissage, émerge dans les années 1950-1960 et donne naissance aux thérapies cognitivo-comportementales.
Les perspectives systémiques des années 1950-1970 se centrent sur les interactions familiales et sur la fonction du symptôme pour la famille, conduisant à l’émergence des thérapies systémiques.
L’essor des neurosciences dès 1945 met en avant les mécanismes neurobiologiques dans la psychopathologie et accompagne le développement des psychotropes, dont le méthylphénidate.
Le suicide est la troisième cause de mortalité chez les 15-19 ans, selon l’ONS en 2022.
Entre mars 2020 et juillet 2021, un enfant sur six a eu besoin de soins de santé mentale, selon la DRESS en 2021.
Les admissions pour tentative de suicide de moins de 15 ans aux urgences de l’hôpital Robert-Debré ont augmenté de 299 % entre juillet 2019 et avril 2021.
Les classifications nosographiques servent à regrouper l’expérience clinique, théoriser la pratique, aider au diagnostic, communiquer, faire de la recherche et développer un langage commun.
★ À maîtriser
Une demande peut être adressée par : la famille directement, les médecins généralistes, tout professionnel de santé, l’Éducation nationale, par ses médecins, infirmiers et psychologues scolaires
La circulaire du 15 mars 1960 définit la sectorisation comme l’organisation territoriale où une même équipe médico-sociale assure la continuité du dépistage, du traitement sans hospitalisation et de la surveillance post-cure ; son existence légale est confirmée en 1985.
La sectorisation distingue trois types de secteurs :
Les soins sans urgence peuvent être assurés : dans le secteur public par les CMPEA et les hôpitaux de jour, dans le secteur médico-social par les CAMSP (0-6 ans) et les CMPP (0-20 ans), en libéral en cabinet ou en clinique, dans des centres experts : CRA, CREDAH et CRTLA
Pour les urgences, les moins de 15 ans et 3 mois relèvent des urgences pédiatriques, tandis qu’au-delà de 15 ans et 3 mois ils relèvent du SECOP.
Le pédopsychiatre assure :
Compléments
★ À maîtriser
🔄 La prise en charge pédopsychiatrique suit une démarche :
La prise en charge est souvent pluridisciplinaire et coordonnée par le pédopsychiatre.
Compléments
Pour certains troubles, un dossier MDPH permet une reconnaissance de handicap et des adaptations de la scolarité.
Les modalités de prise en charge comprennent : les interventions médicale, paramédicale, psychologique, rééducative et éducative, le travail familial, les médicaments, la prise en charge groupale, l’accompagnement familial et individuel, l’éducation thérapeutique et la psychothérapie, la rééducation orthophonique et l’accompagnement en psychomotricité, le suivi éducatif et social, voire des mesures de protection
En 1989, l’ONU adopte la Convention internationale des droits de l’enfant, qui reconnaît le droit de chaque enfant à être protégé de la violence, de la maltraitance et de toute forme d’abus et d’exploitation ; la France la ratifie en 1990.
La protection de l’enfance vise à prévenir les difficultés des parents dans l’exercice de leurs responsabilités éducatives, accompagner les familles, prendre en charge partiellement ou totalement les mineurs selon leurs besoins et garantir la prise en compte des besoins fondamentaux de l’enfant.
La protection de l’enfance vise à : soutenir le développement physique, affectif, intellectuel et social de l’enfant, préserver sa santé, préserver sa sécurité, préserver sa moralité et son éducation, respecter ses droits
📌 Un mineur en danger avéré subit des violences physiques, sexuelles ou psychologiques, ou des négligences lourdes ayant des conséquences graves sur son développement physique ou psychologique.
📌 Un mineur à risque de danger vit dans des conditions susceptibles de mettre en danger ou de compromettre gravement sa santé, sa sécurité, sa moralité, son éducation ou son développement physique, affectif, intellectuel et social, sans que cela implique nécessairement une maltraitance.
Danger avéré : violence ou négligence grave ; risque de danger : conditions menaçantes, sans maltraitance nécessaire.
★ À maîtriser
Les facteurs intrinsèques de vulnérabilité de l’enfant sont : le jeune âge de moins d’un an, la prématurité, une grossesse non désirée ou pathologique, le fait de ne pas répondre aux attentes parentales, un handicap intellectuel ou physique, des troubles du comportement
Les facteurs liés aux parents comprennent : les troubles mentaux, dont les addictions, les antécédents de maltraitance dans leur enfance, le très jeune âge de la mère, le manque de connaissances sur le développement de l’enfant, les attentes irréalistes, les difficultés à établir un lien
Compléments
Les facteurs liés à la famille comprennent : l’isolement social, le faible soutien, les conflits conjugaux, la monoparentalité, les familles de plus de quatre enfants, la vie avec un parent qui n’est pas le parent biologique de l’enfant
Les facteurs liés au contexte comprennent :
La maltraitance peut concerner tous les milieux sociaux, même si un faible niveau socio-économique augmente le risque.
La prévention de la maltraitance commence dès la grossesse, notamment par le suivi médical, la protection sociale, la préparation à la parentalité et la PMI.
★ À maîtriser
Les signes cliniques de maltraitance comprennent : les atteintes physiques, comme les lésions cutanées, les fractures ou les atteintes neurologiques, les négligences lourdes alimentaires, de stimulation, de scolarité ou de soins, les atteintes psychologiques, comme l’insécurité affective, le rejet, les troubles relationnels ou du comportement, les atteintes sexuelles
Les comportements parentaux d’alerte comprennent : un événement suspect ou un récit non plausible, l’absence en consultation ou des consultations répétées, le refus de soins, le manque d’intérêt pour la gravité des lésions, le détournement de l’attention ou de la responsabilité, le nomadisme médical
Compléments
★ À maîtriser
Toute personne peut signaler des mauvais traitements infligés à un enfant.
Le professionnel de santé doit informer les autorités judiciaires, médicales ou administratives des privations ou sévices, y compris sexuels, connus et infligés à un mineur de moins de quinze ans ou à une personne incapable de se protéger en raison de son âge ou de son état physique ou psychique, malgré le secret professionnel.
Selon l’article 434-3 du Code pénal, ne pas informer les autorités judiciaires ou administratives des privations ou sévices concernés est puni de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende, sans exception pour les personnes tenues au secret professionnel.
Compléments
Croire, interdire, encourager, protéger.
★ À maîtriser
📌 L’information préoccupante concerne un mineur en danger ou à risque de danger sans danger avéré nécessitant une protection immédiate, sans éléments constitutifs d’infraction pénale ni suspicion d’abus sexuel, lorsque la famille peut adhérer et collaborer à des mesures administratives suffisamment protectrices.
Compléments
La protection administrative, mise en œuvre par l’ASE à des fins de prévention, vise à évaluer la situation et à aider la famille.
Les aides administratives de l’ASE comprennent : l’accompagnement économique, social et familial, les aides financières, l’accueil ou l’hébergement provisoire, l’aide à domicile par une TISF ou une auxiliaire de vie, l’aide éducative à domicile (AED)
CRIP → évaluation → classement, protection administrative ou saisine judiciaire.
★ À maîtriser
📌 Le signalement concerne un mineur en danger grave et immédiat, victime d’actes susceptibles de constituer une infraction pénale, dont les mesures préventives ont échoué, dont la famille refuse les mesures de l’ASE ou ne peut collaborer, ou dont la situation ne peut être évaluée.
La procédure judiciaire vise à protéger le mineur et prévoit un bilan complet par un service d’investigation, sous la forme d’une enquête pluridisciplinaire de six mois.
Le juge des enfants peut ordonner : une ordonnance de placement provisoire en urgence pour mettre immédiatement le mineur à l’abri, une mesure judiciaire d’investigation éducative (MIJE), une aide éducative en milieu ouvert (AEMO), une mesure de placement en CDEF, MECS ou chez un tiers de confiance, une mesure judiciaire d’accompagnement à la gestion du budget familial (MJAGBF)
Compléments
Un signalement est rédigé dans un écrit daté et signé qui identifie le mineur et ses parents, précise les dates, lieux et faits constatés ou rapportés ou les paroles du mineur, et reste neutre et objectif; les parents sont informés sauf intérêt contraire du mineur ou risque d’entraver une enquête pénale.
Le signalement est envoyé au parquet, c’est-à-dire au procureur de la République, pour enquête pénale et peut conduire à une décision du juge des enfants; une copie est systématiquement transmise à la CRIP.
Le juge aux affaires familiales peut décider du retrait ou de la délégation de l’autorité parentale, mesure qui est loin d’être systématique.
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1. Dans le suivi d’un enfant, quelle organisation correspond à la démarche pédopsychiatrique décrite ?
2. Lors d’une première consultation, une équipe recueille les observations des parents et de l’enfant, examine les signes physiques et fonctionnels, puis envisage plusieurs pistes de prise en charge. Quelle démarche suit-elle ?
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Sur quoi repose la pédopsychiatrie pour accompagner l’enfant et ses parents ?
Sur un travail complémentaire et pluridisciplinaire.
À quels moments l’évaluation pédopsychiatrique est-elle réalisée ?
Initialement puis régulièrement.
Quelles données la démarche clinique pédopsychiatrique recueille-t-elle ?
Des données objectives et subjectives.
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