Fiche de révision : Lait maternel : nutrition et immunité

Plan du Cours

  1. Composition et recommandations du lait humain
  2. Macronutriments du lait maternel
  3. Micronutriments et apport énergétique
  4. Prébiotiques du lait maternel
  5. Défenses anti-infectieuses du lait
  6. Protection anti-infectieuse du lait maternel
  7. Composants immunitaires et antimicrobiens
  8. Propriétés anti-inflammatoires
  9. Implications pour la pratique clinique

1. Composition et recommandations du lait humain

★ À maîtriser

  • Le lait humain est un tissu liquide composé de cellules, de nutriments et de facteurs bioactifs, dont le nombre dépasse actuellement 200.

📌 L’OMS, l’UNICEF, l’ESPGHAN, l’HAS et de nombreuses sociétés savantes recommandent une alimentation exclusivement composée de lait humain pendant six mois.

📌 L’OMS et l’UNICEF recommandent la poursuite de l’allaitement pendant au moins deux ans, mais la durée optimale pour l’espèce humaine n’est pas connue.

Compléments

  • Le lait maternel constitue la base de l’alimentation du nourrisson pendant toute sa première année.

2. Macronutriments du lait maternel

★ À maîtriser

  • Les graisses constituent la principale source d’énergie du lait humain et s’y trouvent principalement sous forme de triglycérides, qui représentent plus de 98 % des lipides.

  • Le profil des acides gras du lait humain reflète celui de l’alimentation maternelle, contrairement à celui des préparations pour nourrissons.

  • Le lait humain contient environ 70 % de protéines du lactosérum, avec une plage de 60 à 90 %, et environ 30 % de caséines, avec une plage de 10 à 40 %.

  • Le lactose représente 90 à 95 % des glucides du lait maternel, tandis que les oligosaccharides en représentent 5 à 10 %.

Compléments

  • Les lactocytes sécrètent les triglycérides compactés au centre de globules entourés de glycoprotéines, glycolipides, phospholipides, cholestérol et enzymes.

  • La lipase du lait stimulée par les acides ou sels biliaires compense la moindre efficacité des lipases pancréatiques du nouveau-né.

📌 Les protéines du lactosérum ont un transit gastrique plus rapide et sont digérées plus rapidement que les caséines.

Astuce mémo

Le lactosérum se digère plus vite que les caséines.

3. Micronutriments et apport énergétique

★ À maîtriser

  • La concentration en lipides du lait maternel varie d’au moins un facteur deux selon le degré d’évacuation du sein.

  • La concentration en protéines du lait maternel baisse de 20 à 25 % au cours du premier mois, puis d’environ 4 % par mois durant les mois suivants.

  • La concentration en lactose du lait maternel passe d’environ 55 g/l en période colostrale à environ 70 g/l ensuite.

Compléments

  • Après expression, les globules gras se séparent en quelques minutes et la graisse forme une couche surnageante au-dessus de la fraction aqueuse.

  • La réfrigération de courte durée et la congélation de plus longue durée n’altèrent pas significativement la composition lipidique, mais la manipulation vigoureuse et la congélation peuvent rompre les globules gras.

📌 Multiplier les contenants utilisés pour le lait entraîne des pertes de lipides et d’autres nutriments par adhérence aux contenants ou à la sonde; il faut donc en minimiser le nombre.

  • Le lait préterme est plus concentré en protéines que le lait à terme, ce qui correspond aux besoins protéiques plus élevés du prématuré.

4. Prébiotiques du lait maternel

Notions clés & Définitions

  • Prébiotiques : Aliments qui résistent à l’acidité gastrique et aux enzymes digestives, atteignent le côlon et y stimulent sélectivement la croissance ou l’activité de la microflore, avec des effets bénéfiques pour l’hôte.

★ À maîtriser

  • Les oligosaccharides sont les prébiotiques dominants du lait maternel, et la lactoferrine en est l’autre prébiotique majeur.

  • Les facteurs prébiotiques du lait maternel favorisent la colonisation intestinale par des bactéries bifidogènes, notamment les bifidobactéries et les lactobacilles.

  • Les oligosaccharides sont des glucides composés de 3 à 10 oses et leur concentration passe de 20 g/l dans le colostrum à 5–14 g/l dans le lait mature.

Compléments

  • Plus de 200 oligosaccharides différents ont été dénombrés dans le lait humain, tandis que le lait bovin en contient des quantités minimes.

  • Environ 90 % des oligosaccharides du lait sont retrouvés dans les selles, où ils pourraient notamment exercer un rôle comparable à celui des fibres alimentaires.

Astuce mémo

Oligosaccharides et lactoferrine → croissance d’une flore intestinale bénéfique.

5. Défenses anti-infectieuses du lait

★ À maîtriser

  • Les composés anti-infectieux du lait maternel agissent contre les agents suivants : Escherichia coli, Vibrio cholerae, Campylobacter, Shigella, Giardia lamblia, le pneumocoque, le rotavirus, le cytomégalovirus (CMV), les virus influenza et le virus respiratoire syncytial (VRS)

  • Chez les prématurés, quelques repas quotidiens de lait maternel réduisent de 50 % le risque d’infections nosocomiales.

  • La concentration d’IgA sécrétoires peut atteindre 10 g/l dans le colostrum, où elles contribuent fortement à la défense immunitaire intestinale du nouveau-né.

Compléments

  • Les IgA sécrétoires et la lactoferrine résistent à la digestion et sont retrouvées dans le tube digestif du nouveau-né.

  • Les IgA sécrétoires constituent environ 30 % des protéines du lait humain avec la lactoferrine.

6. Protection anti-infectieuse du lait maternel

Points essentiels

  • Le lait maternel protège le nouveau-né contre les infections suivantes :
    • gastro-entérites
    • infections respiratoires hautes et basses
    • infections urinaires
    • septicémie néonatale
    • entérocolite ulcéro-nécrosante
    • otite moyenne aiguë

📌 Le lait maternel apporte une immunité passive par ses immunoglobulines et soutient durablement le système immunitaire en développement du nouveau-né.

7. Composants immunitaires et antimicrobiens

Notions clés & Définitions

  • IgA sécrétoires : Les IgA sécrétoires sont les immunoglobulines les plus importantes du lait humain et empêchent l’adhésion des bactéries et virus aux muqueuses, neutralisent les toxines microbiennes et augmentent l’excrétion des virus chez le nouveau-né.

★ À maîtriser

  • La concentration d’IgA dans le colostrum peut atteindre 10 g/l et contribue fortement à la défense immunitaire intestinale du nouveau-né contre les infections gastro-intestinales.

  • La concentration moyenne d’IgA du lait maternel diminue d’environ 51 % après congélation, 60 % après pasteurisation et 98 % après utilisation de micro-ondes.

  • La lactoferrine exerce une activité antimicrobienne contre les bactéries, champignons, virus et protozoaires, favorise la croissance épithéliale et contribue à limiter le fer disponible pour les bactéries intestinales pathogènes.

  • Le lysozyme est une protéine à propriétés anti-infectieuses et anti-inflammatoires qui, en synergie avec la lactoferrine, détruit notamment Escherichia coli et Salmonella par lyse de leur membrane.

  • Les oligosaccharides du lait humain résistent à la digestion et peuvent se lier aux récepteurs des cellules de l’hôte dans le tube digestif, empêchant ainsi certains agents pathogènes de s’y fixer.

Compléments

  • Environ 90 % des leucocytes du lait maternel sont des phagocytes, notamment des macrophages et des granulocytes neutrophiles.

  • Les granulocytes neutrophiles représentent 40 à 65 % des leucocytes du lait maternel, les macrophages ou monocytes 35 à 55 %, et les autres leucocytes comprennent les lymphocytes B ou T.

  • Les lymphocytes B produisent des anticorps, tandis que les lymphocytes T participent à la réponse immunitaire à médiation cellulaire.

  • Le PSTI, peptide de 56 acides aminés présent en concentration élevée dans le colostrum, stimule la restitution intestinale et contribue à réparer l’épithélium de la muqueuse intestinale.

  • Dans des modèles murins, les lésions gastriques étaient réduites de 75 % chez les rats nourris au lait maternel par rapport aux rats nourris avec une préparation pour nourrissons.

  • 🔄 La xanthine oxydase contribue à éliminer les germes par les étapes suivantes : (Hancock et col., 61) :

    1. Elle attire les germes pathogènes et les lie à elle.
    2. En présence d’Escherichia coli, elle produit des nitrites.
    3. Les nitrites détruisent la bactérie.

8. Propriétés anti-inflammatoires

★ À maîtriser

  • Une inflammation excessive ou non contrôlée peut endommager les tissus sains, et l’entérocolite ulcéro-nécrosante est souvent associée à une réaction inflammatoire excessive de l’intestin immature face à un germe.

  • Les cytokines anti-inflammatoires présentes dans le lait humain sont : l’interleukine-10 (IL-10), le transforming growth factor bêta (TGF-bêta), l’antagoniste du récepteur de l’IL-1, le tumor necrosis factor soluble alpha (TNF-alpha)

  • Les antioxydants protègent le nouveau-né contre les dérivés réactifs de l’oxygène et le stress oxydatif, associé à la dysplasie broncho-pulmonaire, à la rétinopathie du prématuré et à l’entérocolite ulcéro-nécrosante.

Compléments

  • Les antioxydants identifiés dans le lait maternel sont :
    • les vitamines A, C et E
    • l’acide urique
    • le bêta-carotène
    • la cystéine
    • la catalase
    • la glutathion peroxydase
    • la superoxyde dismutase

📌 La capacité antioxydante totale du colostrum maternel est significativement supérieure à celle du lait de transition ou du lait mature, et le traitement thermique diminue globalement la capacité antioxydante du lait.

  • Les inhibiteurs de protéases du lait humain contrent les protéases produites par certains pathogènes et les cellules de l’inflammation, limitant l’intrusion de ces protéases et une réaction inflammatoire excessive.

Astuce mémo

Excès d’inflammation → lésions tissulaires ; les composants du lait la contrebalancent

9. Implications pour la pratique clinique

★ À maîtriser

📌 L’allaitement maternel exclusif devrait être recommandé pour l’enfant né à terme au cours des six premiers mois de vie.

  • Le lait humain fournit des éléments nutritionnels et protecteurs grâce à sa composition en facteurs nutritionnels et immunobiologiques, ainsi que des effets anti-inflammatoires et prébiotiques.

Compléments

  • Les professionnels de santé doivent transmettre une information scientifique adaptée sur la composition et les effets du lait maternel afin d’aider les parents à faire un choix éclairé et de soutenir leur motivation à poursuivre l’allaitement.

📌 Pour les nouveau-nés qui ne reçoivent pas encore d’alimentation orale, les soins de bouche peuvent être réalisés avec le colostrum maternel afin que ses composants, particulièrement riches en IgA durant les premiers jours, soient absorbés par la muqueuse buccale.

📌 Lorsque le lait doit être tiré, les familles doivent être informées des méthodes permettant de préserver au mieux sa qualité tout en maintenant une propreté bactériologique suffisante.

  • Les professionnels de santé devraient accompagner la mère avant, pendant et après l’accouchement, durant son séjour hospitalier et par la suite, et pouvoir soutenir l’allaitement ainsi que le tirage du lait.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Lait maternel : nutrition et immunité avec 28 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quelle description caractérise le mieux le lait humain ?

2. Pendant quelle durée l’OMS, l’UNICEF et plusieurs sociétés savantes recommandent-ils une alimentation composée exclusivement de lait humain ?

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De quoi le lait humain est-il composé ?

De cellules, de nutriments et de facteurs bioactifs.

Combien de facteurs bioactifs le lait humain contient-il actuellement ?

Plus de 200.

Quelle alimentation l’OMS et l’UNICEF recommandent-elles pendant les six premiers mois ?

Une alimentation exclusivement composée de lait humain.

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