Fiche de révision : Pathologie chirurgicale générale

Plan du Cours

  1. Méthode scientifique et fondements
  2. Chirurgie et repères historiques
  3. Infection chirurgicale et déterminants
  4. Infections superficielles des téguments
  5. Fasciite nécrosante
  6. Abcès froid tuberculeux
  7. Infections postopératoires et nosocomiales
  8. Infections lymphatiques et généralisées
  9. Tétanos et gangrène gazeuse
  10. Asepsie et antisepsie chirurgicales
  11. Traumatismes fermés et plaies
  12. Réparation et cicatrisation des plaies
  13. Cicatrices normales et pathologiques
  14. Traumatismes fermés particuliers
  15. Mécanismes et degrés des brûlures
  16. Évaluation et prise en charge des brûlures
  17. Électrocution et lésions électriques
  18. Brûlures chimiques, radiques et froid

Repères chronologiques

  1. 1842Long introduit l’anesthésie, puis Morton la développe en 1846, ce qui permet aux chirurgiens d’élargir leur champ d’action.
  2. 1881Lister introduit la ligature vasculaire au moyen de fils de suture pour contrôler l’hémorragie peropératoire.
  3. 1928Fleming découvre la pénicilline, dont l’usage est généralisé à partir de 1940 grâce à Florey.

1. Méthode scientifique et fondements

★ À maîtriser

📌 La note liminaire oppose l’ère de l’obscurantisme, fondée sur le dogmatisme, l’empirisme et l’intolérance, à l’ère du rationalisme, fondée sur la raison, l’expérimentation et la tolérance.

Compléments

  • La méthode scientifique est présentée comme indispensable à toute œuvre scientifique et comme le moyen d’apprendre en partant des fondements pour accéder aux connaissances complexes.

  • Descartes a formulé le principe philosophique du doute méthodique, qui donne à l’esprit sa liberté et son initiative.

  • Claude Bernard a défini les principes de la médecine expérimentale et a appliqué les méthodes expérimentales aux corps vivants et au corps humain.

Astuce mémo

Dogmatisme sans preuve, rationalisme fondé sur la preuve

2. Chirurgie et repères historiques

Notions clés & Définitions

  • Chirurgie : Partie de la thérapeutique qui consiste à pratiquer certaines opérations avec la main ou à l’aide d’instruments.
  • Pathologie chirurgicale générale : La pathologie chirurgicale générale rassemble les principes fondamentaux applicables aux différentes spécialités chirurgicales et ne désigne pas une spécialité opératoire unique.

Points essentiels

  • Les spécialités chirurgicales citées sont : l’urologie, la chirurgie cardio-vasculaire, la chirurgie thoracique, la chirurgie digestive, la traumatologie et l’orthopédie, la neurochirurgie, la stomatologie, la chirurgie plastique et la chirurgie pédiatrique

  • La microchirurgie utilise de petits instruments et des lunettes grossissantes ou un microscope opératoire, la cœlioscopie permet d’intervenir dans la cavité péritonéale sans large ouverture abdominale, et l’endoscopie accède aux organes cavitaires pour les explorer ou les traiter.

Astuce mémo

Anesthésie, contrôle du saignement, lutte contre l’infection

3. Infection chirurgicale et déterminants

Notions clés & Définitions

  • Infection : Ensemble des phénomènes dus à la pénétration et à la pullulation de germes pathogènes dans l’organisme.
  • Infection en chirurgie : Infection qui nécessite un traitement chirurgical ou qui résulte d’un tel traitement.

★ À maîtriser

📌 L’infection évolue éventuellement d’une forme localisée à une atteinte régionale, puis à une infection généralisée caractérisée par des décharges de germes pathogènes et de toxines dans le sang à partir d’un foyer localisé.

📌 Les infections chirurgicales superficielles restent au-dessus du plan aponévrotique, tandis que les infections profondes siègent sous ce plan et peuvent toucher les muscles, les os, les cavités fermées ou d’autres organes profonds.

  • La survenue d’une infection chirurgicale dépend de :
    • la pathogénicité microbienne
    • les défenses de l’hôte
    • les facteurs environnementaux locaux
    • la technique chirurgicale

📌 Le traitement chirurgical d’une infection est indiqué lorsque les défenses sont altérées ou que la contamination est permanente; il consiste à drainer les collections infectées, exciser les tissus dévitalisés, extraire les corps étrangers et obturer les brèches des organes cavitaires à contenu septique.

Compléments

  • Les défenses locales comprennent l’épithélium, l’humidité cutanée, l’écoulement des fluides, les cils, le péristaltisme, le mucus, le pH digestif, l’immunité locale par les IgA et la réaction inflammatoire; les défenses générales comprennent les phagocytes, le système immunitaire et le complément.

  • Les circonstances qui dégradent les défenses de l’hôte comprennent :

    • le grand âge
    • la malnutrition
    • l’intervention chirurgicale
    • les tumeurs malignes
    • la chimiothérapie
    • les traitements immunosuppresseurs
    • la corticothérapie
  • La dévitalisation tissulaire, l’œdème, les épanchements, les corps étrangers, les accidents vasculaires périphériques et l’état de choc abaissent le PO2 tissulaire, gênent la phagocytose et favorisent la pullulation bactérienne.

  • La technique chirurgicale préventive repose sur :

    • une manipulation douce des tissus
    • l’élimination des tissus dévitalisés
    • la limitation de l’électrocautérisation
    • des sutures qui n’ischémient pas les tissus
    • un drainage adéquat
  • Les antibiotiques peuvent être utilisés à titre curatif ou prophylactique, tandis que les méthodes physiques comprennent notamment la kinésithérapie respiratoire, la mobilisation précoce au lit et l’immobilisation avec élévation d’un membre.

Astuce mémo

Défenses affaiblies ou tissus mal oxygénés → infection favorisée

4. Infections superficielles des téguments

Notions clés & Définitions

  • Phlegmon circonscrit : Infection bien limitée du tissu sous-cutané dont les limites sont généralement constituées par des néoformations conjonctives défensives.
  • Abcès chaud : Collection purulente bien limitée développée dans le tissu sous-cutané à la suite d’un phlegmon circonscrit.
  • Fasciite nécrosante : Wilson, 1952 - Infection du fascia superficialis qui s’étend secondairement aux couches profondes du panicule adipeux et entraîne une destruction tissulaire rapide sans tendance à la limitation.

★ À maîtriser

  • Lors du phlegmon circonscrit, les cellules phagocytent et digèrent les germes tandis qu’une prolifération conjonctive isole le foyer; si les germes sont maîtrisés, la lésion guérit par résolution, mais s’ils l’emportent, elle peut évoluer vers un abcès, un phlegmon diffus ou une fasciite nécrosante.

  • Les quatre signes cardinaux de l’inflammation sont (CELSE, 1er siècle après) :

    • la rougeur
    • la tuméfaction
    • la chaleur
    • la douleur
  • La fluctuation d’une tuméfaction, signe capital de l’abcès chaud, correspond au mouvement ondulatoire transmis à un liquide contenu dans une cavité lorsqu’on déprime ou percute sa paroi.

📌 Le traitement de l’abcès chaud est d’abord chirurgical, par incision et drainage de la collection, avec antibiotiques si les défenses locales ou générales sont compromises, ainsi que des antalgiques et du repos.

Compléments

  • Les plans des téguments se succèdent ainsi :

    • l’épiderme
    • le derme
    • le panicule adipeux
    • le fascia superficialis
    • le tissu cellulaire sous-cutané
  • L’érysipèle est une dermite due au streptocoque β-hémolytique du groupe A, tandis que le furoncle est une infection de l’appareil pilo-sébacé le plus souvent due au staphylocoque doré.

  • Le traitement du phlegmon circonscrit est médical et associe des antibiotiques à large spectre et à haute dose, de préférence efficaces contre les streptocoques et les staphylocoques, des anti-inflammatoires, des antalgiques et le repos.

  • L’abcès chaud comprend une coque inflammatoire périphérique et du pus constitué par la lyse de cellules, de tissus et de corps microbiens; le pus peut contenir de nombreux microbes au début, puis de moins en moins.

  • La fasciite nécrosante peut être favorisée par des germes très virulents et par un organisme déficient, notamment en cas de SIDA, de diabète ou de dénutrition; des lésions locales comme un traumatisme avec nécrose étendue ou une artérite favorisent aussi l’infection.

  • La gangrène de Fournier est la localisation de la fasciite nécrosante aux organes génitaux externes, survenant brutalement chez des sujets sains.

Astuce mémo

Le phlegmon circonscrit se limite, la fasciite nécrosante diffuse

5. Fasciite nécrosante

★ À maîtriser

  • La fasciite nécrosante atteint le fascia superficialis et secondairement le tissu adipeux sous-cutané, tout en laissant classiquement intacts les fascias musculaires et les muscles.

  • 🔄 La fasciite nécrosante évolue en quatre phases :

    1. épaississement tissulaire sans pus
    2. formation de pus non collecté
    3. suppuration franche avec nécrose
    4. réparation avec apparition d’un tissu de granulation
  • Sans traitement, la fasciite nécrosante s’aggrave et entraîne la mort en quelques jours dans la majorité des cas ; son taux de mortalité reste autour de 20 % malgré les progrès thérapeutiques.

📌 Le traitement de la fasciite nécrosante associe précocement des antibiotiques couvrant les germes aérobies et anaérobies à des gestes chirurgicaux adaptés à la phase : incisions de drainage au début, exérèse large des tissus nécrotiques en phase de nécrose, puis couverture des pertes cutanées en phase de réparation.

Compléments

  • La biopsie peut affirmer précocement le diagnostic de fasciite nécrosante en phase de début en révélant les lésions histologiques décrites par Stamenkovic en 1984.

  • L’imagerie peut mettre en évidence un emphysème sous-cutané ; la radiographie sans préparation est systématique, l’échographie peut être réalisée et la tomodensitométrie est utilisée si les examens précédents ne sont pas concluants.

Astuce mémo

Tissu gris sans pus, pus non collecté, nécrose, puis granulation

6. Abcès froid tuberculeux

Notions clés & Définitions

  • Abcès froid : Collection purulente qui se forme lentement en l’absence des signes cardinaux de l’inflammation.
  • Follicule tuberculeux : Constitué d’une cellule géante entourée d’une couronne de cellules épithélioïdes, elle-même entourée d’une couche de cellules lymphoïdes.

★ À maîtriser

  • L’abcès froid sous-cutané est le plus souvent dû au bacille de Koch ; il peut aussi être dû à des champignons et, exceptionnellement, à des bactéries.

  • Le tuberculome se nécrose et se ramollit en son centre pour former du caséum, puis la cavité s’étend vers les tissus voisins et peut s’ouvrir à l’extérieur en fistule ; celle-ci laisse une cicatrice adhérente et rétractée lorsqu’elle guérit.

📌 Le pus de l’abcès froid est jaunâtre et séreux, avec des débris caséeux et peu de bacilles de Koch, tandis que le pus de l’abcès chaud est lié et crémeux.

📌 L’abcès froid ne doit pas être simplement incisé, car ce geste expose à une fistule ou à une surinfection ; le tuberculome ou l’abcès est traité par exérèse en bloc en passant dans les tissus sains.

Compléments

  • Chez un patient tuberculeux, l’auto-inoculation cutanée peut suivre la fonte d’une adénopathie tuberculeuse, une ostéite tuberculeuse ou une arthrite tuberculeuse ; l’inoculation se fait souvent par voie sanguine depuis un foyer latent ou caché.

Astuce mémo

Nécrose caséeuse → extension excentrique → fistule

7. Infections postopératoires et nosocomiales

Notions clés & Définitions

  • Infection superficielle : Se situe au-dessus du plan aponévrotique et est affirmée dans les 30 jours suivant l’intervention selon les critères cliniques ou bactériologiques décrits dans le cours.
  • Infection nosocomiale : Acquise ou se développe à l’hôpital et peut atteindre les organes opérés ou d’autres organes pendant l’hospitalisation.

★ À maîtriser

📌 L’infection profonde de la plaie opératoire siège sous le plan aponévrotique et est recherchée dans les 30 jours suivant l’intervention en l’absence de prothèse, ou dans les 12 mois lorsqu’un implant a été posé.

  • Le risque infectieux des plaies opératoires est inférieur ou égal à 5 % pour les plaies propres, inférieur à 10 % pour les plaies propres-contaminées, inférieur à 20 % pour les plaies contaminées et supérieur à 30 % pour les plaies sales.

📌 Aucun antibiotique n’est prescrit pour une plaie aseptique ; une antibiothérapie préventive de courte durée est utilisée en chirurgie propre-contaminée ou contaminée, tandis qu’une antibiothérapie curative est prescrite en chirurgie sale.

Compléments

  • Les germes hospitaliers sont d’emblée résistants à la plupart des antibiotiques, et les infections nosocomiales touchent surtout les patients affaiblis par une maladie antérieure.

Astuce mémo

Préventive pour un risque hypothétique, curative pour une infection en cours

8. Infections lymphatiques et généralisées

Notions clés & Définitions

  • Lymphangite : Inflammation des vaisseaux et des troncs lymphatiques due à la pénétration de microbes dans le tissu lymphatique.
  • Adénite : Inflammation des ganglions lymphatiques due à la pénétration de microbes dans le tissu lymphatique.
  • Septicémie : État pathologique caractérisé par des décharges répétées dans la circulation sanguine de bactéries et de leurs toxines provenant d’un foyer septique connu ou inconnu.
  • Tétanos : Toxi-infection due au Clostridium tetani, germe anaérobie strict, Gram positif et d’origine tellurique, dont la pathogénicité est exercée par une exotoxine qui diffuse le long des nerfs et se fixe sur le système nerveux central.

Points essentiels

  • 🔄 Lors d’une infection régionale, les germes : gagnent les espaces lymphatiques et les réseaux d’origine, remontent par les vaisseaux et les troncs lymphatiques, atteignent les ganglions, sont généralement neutralisés par phagocytose

  • L’hémoculture apporte la preuve d’une septicémie et doit être répétée ; elle est réalisée notamment en présence de frissons, d’une fièvre supérieure ou égale à 38,5 °C, d’une hypothermie ou d’un état de choc inexpliqué.

  • Le diagnostic clinique du tétanos repose sur la tétrade classique du trismus, de la raideur de la nuque, de la dysphagie et de l’absence de fièvre.

Astuce mémo

Foyer local → lymphatiques → ganglions → circulation sanguine

9. Tétanos et gangrène gazeuse

Notions clés & Définitions

  • Gangrène gazeuse : Phlegmon nécrosant du tissu musculaire associé à une myonécrose et dû à des germes anaérobies stricts gazogènes.

★ À maîtriser

  • Dans le tétanos, après 2 à 5 jours, les contractures se généralisent selon une marche descendante et peuvent fixer le malade en opisthotonos.

📌 La sérothérapie antitétanique ne neutralise pas la toxine déjà fixée sur le système nerveux central ; le traitement curatif vise aussi l’infection, les contractures et les complications.

  • La vaccination antitétanique à long terme comprend 3 injections sous-cutanées à un mois d’intervalle, un rappel un an après, puis des rappels tous les 5 ans.

  • La tétrade évocatrice associe :

    • une odeur fétide
    • un œdème
    • un emphysème sous-cutané
    • des lésions cutanées

📌 Le traitement de la gangrène gazeuse associe rapidement excision des tissus nécrotiques, plaie laissée ouverte, oxygénothérapie hyperbare et antibiothérapie aéro-anaérobie.

Compléments

  • Le tétanos atteint son intensité maximale autour du 4e jour et la guérison survient généralement entre le 20e et le 30e jour.

Astuce mémo

Le tétanos contracture ; la gangrène gazeuse nécrose et produit des gaz.

10. Asepsie et antisepsie chirurgicales

Notions clés & Définitions

  • Asepsie : Ensemble des mesures destinées à prévenir la contamination des plaies, notamment avant et pendant l’intervention.
  • Antisepsie : Consiste à combattre ou prévenir l’infection chirurgicale en détruisant les microorganismes qui en sont la cause.

★ À maîtriser

📌 La stérilisation supprime complètement et durablement les microorganismes sur les corps inertes, tandis que la désinfection réduit temporairement les germes présents sur la peau.

Compléments

  • L’autoclave stérilise par vapeur à 120 °C et 1,06 kg/cm² pendant environ une heure.

  • La chaleur sèche en étuve de Poupinel stérilise à 160 °C pendant 120 minutes.

Astuce mémo

Asepsie : prévenir la contamination ; antisepsie : combattre les microorganismes chez le malade.

11. Traumatismes fermés et plaies

★ À maîtriser

📌 Une contusion est une lésion due à la pression ou au choc d’un corps mousse qui laisse les téguments intacts, tandis qu’une plaie crée une solution de continuité des téguments.

  • Dans une contusion, l’hémorragie capillaire produit une ecchymose, tandis que l’atteinte de vaisseaux plus importants forme un hématome.

📌 Une plaie accidentelle examinée avant 6 à 8 heures peut être rendue aseptique par toilette ou parage et bénéficier d’une suture primitive ; au-delà de 8 heures, elle est traitée comme une plaie infectée et la suture est secondaire.

Compléments

📌 Une plaie par piqûre peut inoculer profondément des microbes malgré des lésions anatomiques limitées, tandis qu’une plaie contuse broie les tissus et présente des bords irréguliers et dévitalisés.

📌 Une plaie pénétrante crée une brèche dans la paroi du tronc sans blesser les viscères, tandis qu’une plaie perforante associe cette brèche à une lésion viscérale.

  • Les explorations d’une plaie servent notamment à rechercher un corps étranger, évaluer les conséquences générales du traumatisme ou détecter des lésions associées.

Astuce mémo

La contusion garde les téguments intacts ; la plaie les ouvre.

12. Réparation et cicatrisation des plaies

★ À maîtriser

📌 La cicatrisation par première intention rapproche exactement les berges d’une plaie sans brèche et produit une cicatrice linéaire en une dizaine de jours, tandis que la seconde intention comble une perte de substance ou une plaie déhiscente par tissu de granulation et rétraction.

  • 🔄 La cicatrisation repose successivement sur :
    1. l’hémostase
    2. la détersion
    3. la réparation conjonctive et épithéliale

📌 La cicatrisation par première intention exige des berges affrontées bord à bord, l’absence de corps étrangers, de caillots et de tissus dévitalisés, ainsi qu’une plaie aseptique.

Compléments

  • La cicatrisation concerne principalement les 15 premiers jours, tandis que la cicatrice définitive se stabilise en 6 à 12 mois.

Astuce mémo

Hémostase, détersion, puis réparation conjonctive et épithéliale.

13. Cicatrices normales et pathologiques

Notions clés & Définitions

  • Cicatrice hypertrophique : La cicatrice hypertrophique est une exagération du mécanisme normal de cicatrisation qui reste limitée à la zone de la plaie et régresse souvent en quelques mois, avant un an.
  • Cicatrice chéloïdienne : La cicatrice chéloïdienne est une croissance désordonnée du tissu cicatriciel, avec production excessive de collagène, qui peut envahir la peau voisine.

★ À maîtriser

  • Une cicatrice normale mature apparaît après 6 à 12 mois ; elle est plane, pigmentée, souple, indolore et fine, et son activité métabolique est ralentie.

Compléments

  • Les cicatrices hypertrophiques et chéloïdiennes évoluent par une phase progressive avec signes inflammatoires et augmentation de la lésion, puis une phase de repos correspondant à la maturation du tissu conjonctif.

📌 La cicatrice hypertrophique apparaît précocement et régresse souvent, tandis que la cicatrice chéloïdienne apparaît tardivement, parfois des années après la plaie, et envahit la peau voisine.

  • La cicatrice hypertrophique peut être traitée par des bandages compressifs, tandis que la cicatrice chéloïdienne est traitée notamment par infiltrations locales de corticoïdes, radiothérapie ou exérèse chirurgicale ou au laser, sans traitement étiologique.

Astuce mémo

Hypertrophique : reste dans la plaie ; chéloïde : déborde sur la peau voisine.

14. Traumatismes fermés particuliers

Notions clés & Définitions

  • Crush syndrome : Bywater, 1941 - Le crush syndrome est l’ensemble des manifestations locales et générales dues à un écrasement musculaire massif ; sa gravité tient notamment à l’insuffisance rénale aiguë.
  • Blast injury : Le blast injury désigne les blessures créées par le souffle d’une explosion, qui atteint fréquemment le cerveau, l’oreille, les viscères gorgés de sang et les organes remplis d’air.

★ À maîtriser

  • Dans le crush syndrome, l’hypovolémie et la myoglobine issue de la dégradation musculaire contribuent à la nécrose des cellules tubulaires rénales ; les produits acides du métabolisme anaérobie aggravent l’insuffisance rénale aiguë.

📌 Le crush syndrome est une urgence chirurgicale traitée localement par débridement large des tissus écrasés ou amputation du membre atteint, et généralement par prévention ou traitement de l’insuffisance rénale aiguë.

Compléments

  • Les causes décrites sont : une compression prolongée de masses musculaires importantes, un ensevelissement, un polytraumatisme, surtout polyfracturé, un garrot trop serré et gardé trop longtemps, une replantation de membre

  • Avant que l’insuffisance rénale aiguë ne soit constituée, le cours cite le Rhéomacrodex, le mannitol et les diurétiques pour améliorer la perfusion rénale ; une insuffisance établie peut nécessiter des diurétiques, la correction des troubles hydroélectrolytiques ou une épuration extra-rénale.

Astuce mémo

Écrasement musculaire → myoglobine et hypovolémie → atteinte rénale.

15. Mécanismes et degrés des brûlures

Notions clés & Définitions

  • Brûlure : Une brûlure est une lésion localisée des téguments, avec ou sans atteinte des structures sous-jacentes, provoquée par un agent physique ou chimique ; si sa surface est importante, elle peut aussi entraîner des manifestations générales graves.

★ À maîtriser

📌 Les brûlures de contact solide sont souvent limitées mais profondes après un contact prolongé, tandis que celles dues aux liquides sont souvent étendues mais peu profondes.

  • La gravité des lésions thermiques augmente avec la vitesse du transfert thermique et la durée d’exposition, tandis qu’une conduction thermique plus importante limite les lésions.

  • En dessous de 44 °C, les agents thermiques ne provoquent pas de lésions sauf après plusieurs heures d’exposition ; entre 45 °C et 50 °C, les dégâts cellulaires doublent par degré, au-dessus de 50 °C les protéines se dénaturent rapidement et à partir de 60 °C elles coagulent immédiatement.

Compléments

  • Les brûlures thermiques, dues aux corps chauds, représentent plus de 90 % des brûlures décrites dans le cours.

📌 Les brûlures par flamme sont souvent étendues et profondes, celles par gaz sont généralement étendues et en mosaïque de zones profondes et superficielles, et celles par rayonnement ultraviolet sont très étendues mais peu profondes.

16. Évaluation et prise en charge des brûlures

★ À maîtriser

  • La profondeur détermine principalement l’évolution locale et le pronostic fonctionnel d’une brûlure, tandis que sa surface détermine ses conséquences générales et le pronostic vital.

  • La brûlure du premier degré atteint les couches superficielles de l’épiderme et guérit sans cicatrice, tandis que la brûlure du troisième degré détruit l’épiderme et le derme, avec disparition de la vascularisation et de l’innervation cutanées.

  • La règle des 9 de A. B. Wallace estime la surface brûlée chez l’adulte : tête et cou 9 %, chaque face du tronc 9 %, chaque membre supérieur 9 %, chaque membre inférieur 18 % et organes génitaux 1 % ; elle doit être modifiée chez l’enfant.

  • Une brûlure est dite étendue à partir de 15 à 20 % de la surface corporelle chez l’adulte et de 5 à 10 % chez l’enfant.

  • 🔄 L’évolution générale comprend trois périodes :

    1. Les 48 premières heures, marquées par les pertes hydriques et le choc.
    2. La période jusqu’au 6e jour, marquée par la résorption des œdèmes et une surcharge vasculaire.
    3. La période à partir du 7e jour, marquée par le risque d’infection et de dénutrition.

Compléments

  • Selon l’indice de Baux, la somme de l’âge et de la surface brûlée est associée à une guérison très probable si elle est inférieure à 50, à une guérison espérée dans la moitié des cas entre 50 et 100, et à une mort très probable au-dessus de 100 ; cet indice n’a pas de valeur chez l’enfant.

Astuce mémo

48 heures de pertes, résorption jusqu’au 6e jour, puis maladie des brûlés.

17. Électrocution et lésions électriques

Notions clés & Définitions

  • Électrocution : Accident dû au contact du courant électrique avec l’organisme, entraînant des conséquences locales et générales.

★ À maîtriser

📌 Les lésions électriques locales comprennent les lésions de coagulation provoquées par le courant dans les tissus traversés et les brûlures thermiques provoquées par le flash électrique.

📐 Formule - La loi de Joule exprime la chaleur produite par le courant électrique par J=RI2TJ = R I^2 T, où R est la résistance, I l’intensité et T le temps d’application.

📌 Les lésions de bas voltage, autour de 250 volts, sont généralement peu graves et liées aux accidents domestiques, tandis que les lésions de haut voltage, de 800 à 1000 volts, sont graves et liées au courant industriel.

  • Sur le lieu de l’accident, il faut éloigner la victime de la source électrique en coupant le courant ou en utilisant un matériel isolant, puis assurer les fonctions vitales si nécessaire.

Compléments

  • Les six paramètres physiques de l’électrocution sont :
    • l’intensité
    • le voltage
    • la résistance
    • le temps de contact
    • la quantité de chaleur
    • la fréquence du courant

Astuce mémo

Le courant dépolarise et chauffe → lésions musculaires, cardiaques et profondes.

18. Brûlures chimiques, radiques et froid

Notions clés & Définitions

  • Brûlure chimique : Lésion due au contact de l’organisme avec un produit chimique, qui peut détruire les protéines, dégager de la chaleur ou inhiber des fonctions métaboliques cellulaires.
  • Sinus : Trajet anormal permanent dans les tissus, délimité par du tissu de granulation, qui relie un foyer inflammatoire à une surface épithéliale et est colonisé par des bactéries.
  • Fistule : Trajet permanent entre deux surfaces épithéliales, généralement délimité par du tissu de granulation et colonisé par des bactéries, mais parfois entièrement épithélialisé et non colonisé.
  • Gangrène : Nécrose qui se constitue soit avec putréfaction sous l’influence de bactéries, formant une gangrène humide, soit avec dessiccation ou momification après un infarctus, formant une gangrène sèche.
  • Ulcère : Perte du revêtement cutané ou muqueux qui a peu tendance à se cicatriser.
  • Ulcère phagédénique : Une plaie qui s’étend en surface et en profondeur et résiste aux traitements habituels des plaies ; il est aussi appelé ulcère tropical ou ulcus tropicum.
  • Myosite : Une infection du tissu musculaire aboutissant à un abcès, d’étiologie incertaine, observée fréquemment chez les enfants ou adultes dénutris, diabétiques ou immunodéprimés.
  • Histoplasmose africaine : L’histoplasmose africaine est une infection par Histoplasma duboisii, champignon dimorphique sous forme de levure in vivo et de filament en culture, qui provoque un granulome inflammatoire et suppuratif pouvant atteindre peau, muscles, os, ganglions lymphatiques et viscères.
  • Éléphantiasis : Une augmentation considérable d’une partie du corps due à un œdème dur et chronique du tissu sous-cutané et du derme, avec hypertrophie et sclérose des téguments.

Points essentiels

📌 La neutralisation d’un produit caustique est inutile et dangereuse, tandis que le traitement universel consiste en un lavage immédiat et prolongé à l’eau pour diluer l’agent.

📌 L’engelure superficielle touche la peau et les tissus sous-cutanés immédiats, tandis que l’engelure profonde peut nécroser toutes les couches de la peau et atteindre l’os.

  • La pathologie tropicale regroupe des affections transmissibles ou non liées aux régions tropicales, dont la spécificité est associée à des facteurs raciaux, climatiques et socio-économiques.

  • L’ulcère phagédénique siège surtout à la jambe ou au pied et est attribué à des traumatismes répétés surinfectés par des fuso-spirochètes.

  • L’ulcère phagédénique n’a pas de tendance à la guérison spontanée, peut durer des années, éroder les parties molles puis l’os, et évolue vers la cancérisation dans 10 % des cas.

📌 La morsure de serpent pince la peau sans pénétration des crochets ni inoculation de venin, la piqûre fait pénétrer les crochets sans nécessairement inoculer le venin, et l’envenimation correspond à l’inoculation du venin dans les tissus.

  • Le syndrome vipérin est lié à des enzymes protéolytiques, à une hyaluronidase et à une substance activant la bradykinine, tandis que le syndrome cobraïque est neurotoxique et provoque un tableau comparable à la curarisation.

Astuce mémo

Lavage à l’eau pour le caustique ; radioprotection contre l’irradiation.

Tableaux de synthèse

Types de greffes selon le donneur

TypeRelation donneur-receveurRisque de rejet indiqué
AutogreffeMême individuPas de rejet
IsogreffeIndividus génétiquement identiquesNe devrait pas exister
AllogreffeMême espèce, individus génétiquement différentsExposée au rejet
XénogreffeEspèces différentesRejet constant et violent pour les transferts d’organes rapportés

Modalités des greffes libres et pédiculées

Type de greffeVascularisationImplantation
Libre non vasculariséeSéparée de sa vascularisationSurvit grâce à la vascularisation du site receveur
PédiculéeConservéeUtilisée près du site de prélèvement
Libre vraieAxe vasculaire prélevé avec le greffonImplantée à distance après anastomose microchirurgicale

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Teste tes connaissances sur Pathologie chirurgicale générale avec 63 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quelle opposition caractérise les ères de l’obscurantisme et du rationalisme ?

2. Quel principe philosophique Descartes a-t-il formulé pour donner à l’esprit liberté et initiative ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Pathologie chirurgicale générale avec 95 flashcards interactives.

Sur quoi repose l’ère de l’obscurantisme selon la note liminaire ?

Sur le dogmatisme, l’empirisme et l’intolérance.

Sur quoi repose l’ère du rationalisme selon la note liminaire ?

Sur la raison, l’expérimentation et la tolérance.

Qu’est-ce que la chirurgie ?

Une partie de la thérapeutique qui consiste à pratiquer des opérations avec la main ou des instruments.

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