Fiche de révision : Physiologie digestive et absorption

Plan du Cours

  1. Organisation générale du tube digestif
  2. Paroi, vascularisation et innervation
  3. Cavité buccale et sécrétion salivaire
  4. Déglutition et transport œsophagien
  5. Estomac et sécrétions gastriques
  6. Motricité gastrique et régulation duodénale
  7. Régulation de la sécrétion gastrique
  8. Rôles et mécanismes du duodénum
  9. Pancréas : structure et sécrétions
  10. Foie et circulation biliaire
  11. Jéjunum, iléon et digestion
  12. Absorption des nutriments
  13. Absorption des minéraux et vitamines
  14. Anatomie et histologie du côlon
  15. Fonctions et motricité coliques
  16. Microbiote et défécation
  17. Digestion expérimentale de la pepsine
  18. Composition et chasse biliaire

1. Organisation générale du tube digestif

★ À maîtriser

  • Le tube digestif comprend : la cavité buccale, le pharynx, l’œsophage, l’estomac, l’intestin grêle : duodénum, jéjunum et iléon, le côlon et le rectum, qui s’ouvre vers l’extérieur par l’anus

  • Le système digestif assure : l’ingestion des aliments, la digestion, l’absorption des nutriments, l’élimination des déchets sous forme de selles

Compléments

  • Les glandes salivaires sécrètent la salive, le foie libère la bile dans le duodénum et le pancréas y libère le suc pancréatique.

2. Paroi, vascularisation et innervation

Notions clés & Définitions

  • Muqueuse : Tunique la plus interne, au contact de la lumière, formée d’un épithélium reposant sur le chorion et une musculaire muqueuse.

★ À maîtriser

  • La paroi digestive comporte quatre tuniques :
    • la muqueuse
    • la sous-muqueuse
    • la musculeuse
    • la séreuse

📌 Le plexus d’Auerbach, situé entre les couches de la musculeuse, régule la motricité digestive, tandis que le plexus de Meissner, dans la sous-muqueuse, régule notamment la sécrétion.

  • La musculeuse digestive comprend généralement une couche circulaire interne et une couche longitudinale externe ; l’estomac possède en plus une couche oblique.

  • Le péristaltisme est une onde de contraction qui se propage de l’œsophage à l’anus et fait avancer le contenu digestif de manière unidirectionnelle ; il nécessite des fibres musculaires lisses et des plexus myentériques et est déclenché par la distension.

Compléments

📌 Le parasympathique, notamment par le nerf vague, active la motricité et la sécrétion digestives, tandis que le sympathique inhibe la motricité sauf au niveau des sphincters, où il est activateur.

Astuce mémo

Auerbach dans la musculeuse règle la motricité ; Meissner dans la sous-muqueuse règle la sécrétion.

3. Cavité buccale et sécrétion salivaire

Notions clés & Définitions

  • Salive : Sécrétion aqueuse des glandes salivaires qui humidifie et lubrifie le bol alimentaire, facilite la déglutition et commence notamment la digestion de l’amidon.

★ À maîtriser

  • La cavité buccale participe :

    • à la mastication
    • à la salivation et à l’insalivation
    • à la gustation
    • à la déglutition
    • à la phonation
  • Les glandes salivaires majeures comprennent trois paires :

    • les parotides
    • les sous-maxillaires ou submandibulaires
    • les sublinguales
  • La salive est une solution aqueuse de pH neutre, composée d’environ 99 % d’eau ; son mucus lubrifie et protège les muqueuses, tandis que les bicarbonates neutralisent l’acidité.

📌 La salive primaire, sécrétée par les acini et isotoniqe au plasma, est modifiée dans les canaux excréteurs par réabsorption de Na+ et Cl− et sécrétion de K+ et HCO3−, ce qui la rend hypotonique au plasma.

Compléments

  • La dentition adulte permanente compte 32 dents, réparties en 16 par mâchoire : 4 incisives, 2 canines, 4 prémolaires et 3 molaires par mâchoire.

  • L’amylase salivaire commence l’hydrolyse de l’amidon en rompant ses liaisons alpha 1,4, mais son activité est limitée dans l’estomac par l’acidité gastrique.

4. Déglutition et transport œsophagien

★ À maîtriser

  • La déglutition fait passer le bol alimentaire de la cavité buccale à l’estomac en trois temps : buccal, pharyngien et œsophagien.

  • Le pharynx est un carrefour aéro-digestif composé du rhinopharynx, de l’oropharynx et du laryngopharynx ; l’épiglotte ferme l’entrée des voies aériennes pendant la déglutition.

📌 Le péristaltisme œsophagien primaire est déclenché par la déglutition, tandis que le péristaltisme secondaire est déclenché par la distension de l’œsophage.

Compléments

📌 Le sphincter supérieur de l’œsophage reste tonique au repos et limite le passage d’air et les régurgitations, tandis que le sphincter inférieur participe à empêcher le reflux gastro-œsophagien.

  • L’œsophage conduit le bol alimentaire du pharynx à l’estomac par une activité mécanique péristaltique liée à la déglutition et ne possède pas d’autre sécrétion digestive que le mucus.

Astuce mémo

Buccal → pharyngien → œsophagien : le bol passe de la langue à l’œsophage, puis progresse vers l’estomac.

5. Estomac et sécrétions gastriques

★ À maîtriser

  • L’estomac est un organe réservoir d’une capacité d’environ 1,5 litre, divisé en fundus, corps et région antrale, et relié au duodénum par le pylore.

  • La jonction œso-gastrique limite le reflux grâce au sphincter inférieur de l’œsophage, à l’angle de His et à la pression exercée sur l’œsophage par le diaphragme au niveau du hiatus œsophagien.

  • Les principales sécrétions cellulaires gastriques sont : pepsinogène et lipase gastrique par les cellules principales, acide chlorhydrique et facteur intrinsèque par les cellules pariétales, gastrine par les cellules G

  • Dans l’estomac, l’acide chlorhydrique dénature les protéines et active le pepsinogène en pepsine, qui digère les protéines en clivant des liaisons peptidiques à l’intérieur des chaînes.

  • La sécrétion gastrique comprend une phase céphalique représentant environ 20 % de la sécrétion totale, une phase gastrique représentant environ 70 % et une phase intestinale inférieure à 10 %, plutôt inhibitrice.

Compléments

  • Le facteur intrinsèque, sécrété par les cellules pariétales, s’associe à la vitamine B12 dans l’estomac et permet son absorption au niveau de l’iléon.

6. Motricité gastrique et régulation duodénale

★ À maîtriser

  • Les contractions gastriques brassent le contenu et le projettent contre le pylore fermé ; les mouvements de rétropulsion fragmentent et liquéfient le chyme, tandis que de petites quantités passent progressivement dans le duodénum.

📌 Les facteurs gastriques, notamment la distension et la gastrine, favorisent la vidange, tandis que les facteurs duodénaux la ralentissent.

  • L’acidité, la distension et une osmolarité élevée du chyme duodénal, ainsi que la présence de protéines insuffisamment digérées, ralentissent la vidange gastrique.

  • Le duodénum reçoit le chyme gastrique et les sécrétions digestives, neutralise l’acidité du chyme et exerce un effet inhibiteur sur la sécrétion acide gastrique.

Compléments

  • La pompe pylorique permet une vidange gastrique progressive, adapte le volume de chyme aux capacités du duodénum et filtre le passage en retenant les gros morceaux.

  • La cholécystokinine ralentit la motricité gastrique et contracte le pylore en réponse à un chyme riche en protéines et en lipides, tandis que la sécrétine freine la motricité en réponse à un chyme trop acide.

Astuce mémo

Chyme acide, concentré ou trop abondant dans le duodénum → ralentissement de la vidange gastrique.

7. Régulation de la sécrétion gastrique

Notions clés & Définitions

  • Gastrine : Hormone endocrine produite dans la partie centrale de l’estomac et libérée dans le sang pour agir à distance sur les glandes fundiques, notamment les cellules pariétales.

★ À maîtriser

  • L’acétylcholine stimule les cellules pariétales et principales, la sécrétion de mucus et la pompe à protons H+/K+ responsable de la sécrétion d’HCl.

  • La gastrine stimule la sécrétion d’HCl et augmente l’acidité du contenu gastrique ; lorsque le pH devient trop acide, sa sécrétion, l’activité des cellules G et la stimulation des cellules pariétales diminuent.

Compléments

📌 Les réflexes courts passent par les plexus locaux, tandis que les réflexes longs passent par le SNC puis reviennent par le nerf vague.

  • L’histamine, libérée sous l’effet de l’acétylcholine et de la gastrine, maintient une sécrétion acide basale et amplifie la sécrétion d’HCl pendant la digestion.

  • La caféine, l’alcool, le stress, la fatigue intense et les émotions fortes stimulent la sécrétion gastrique ou l’acidité.

Astuce mémo

pH trop acide → gastrine et stimulation pariétale diminuent

8. Rôles et mécanismes du duodénum

Notions clés & Définitions

  • Duodénum : Premier segment de l’intestin grêle, relié à l’estomac par le pylore et au jéjunum à son extrémité distale.

★ À maîtriser

  • Le duodénum reçoit le chyme et les sécrétions digestives, régule la digestion et contribue à neutraliser l’acidité du chyme tout en inhibant la sécrétion acide gastrique.

  • Les quatre parties du duodénum sont :

    • la portion supérieure qui fait suite au pylore
    • la partie descendante
    • la portion horizontale
    • la portion terminale qui rejoint le jéjunum
  • Les voies biliaires et pancréatiques s’ouvrent dans la partie descendante du duodénum au niveau de l’ampoule de Vater, fermée par le sphincter d’Oddi.

  • Le mucus des glandes de Brünner protège la paroi contre :

    • l’acidité gastrique
    • les sécrétions bilio-pancréatiques
    • les sels biliaires
    • les enzymes pancréatiques
  • Dans le duodénum, le chyme est neutralisé par mélange successif avec le mucus, la bile puis le suc pancréatique, qui contribuent à faire remonter son pH d’environ 2 vers 8.

  • Les sels biliaires fragmentent les grosses gouttelettes lipidiques en micelles et stabilisent l’émulsion, ce qui augmente la surface de contact avec la lipase pancréatique.

Compléments

  • Le duodénum forme un cadre autour de la tête du pancréas, avec lequel il partage une vascularisation et des rapports anatomiques étroits.

  • Le chyme hyperosmolaire déclenche des mouvements d’eau par osmose à travers la muqueuse duodénale, ce qui en diminue l’osmolarité.

9. Pancréas : structure et sécrétions

Notions clés & Définitions

  • Pancréas : Glande amphicrine dont la fonction endocrine sécrète l’insuline et le glucagon, tandis que la fonction exocrine déverse le suc pancréatique dans le duodénum.

★ À maîtriser

  • Les îlots de Langerhans constituent la partie endocrine du pancréas et sont dispersés dans le tissu pancréatique ; les cellules bêta, majoritaires à 70 %, sécrètent l’insuline hypoglycémiante.

  • Les cellules alpha des îlots sécrètent le glucagon hyperglycémiant, tandis que les cellules bêta sécrètent l’insuline hypoglycémiante ; ces deux types cellulaires régulent la glycémie.

  • La fonction exocrine représente 99 % du tissu pancréatique et s’organise en acini drainés par des canaux excréteurs.

  • Le canal de Wirsung traverse le pancréas depuis la queue et rejoint le canal cholédoque au niveau de la tête pour former le canal commun qui s’ouvre dans le duodénum par l’ampoule de Vater et le sphincter d’Oddi.

  • Pendant la phase intestinale, l’acidité du chyme stimule la sécrétine, qui augmente la sécrétion d’eau et de bicarbonates par les cellules canalaires afin de neutraliser le chyme et d’augmenter son pH.

  • La CCK stimule la sécrétion d’enzymes par les cellules acineuses, provoque la contraction de la vésicule biliaire et ralentit la sécrétion ainsi que la vidange gastriques.

Compléments

  • Les régions du pancréas sont : la tête au contact du duodénum, le col ou isthme, le corps transversal, la queue ou apex située à gauche près du hile de la rate

  • Les cellules delta, qui représentent 5 à 10 % des îlots, sécrètent la somatostatine inhibitrice, tandis que les cellules PP sécrètent le polypeptide pancréatique qui inhibe la sécrétion exocrine.

  • Le drainage pancréatique passe des canaux centro-acineux aux canaux intercalaires, puis aux canaux intralobulaires et interlobulaires, avant de rejoindre les conduits pancréatiques.

  • Le canal accessoire de Santorini draine une partie de la tête du pancréas et s’ouvre dans le duodénum au-dessus de l’ampoule de Vater, à la papille duodénale mineure.

Astuce mémo

Îlots endocrines dans le sang, acini exocrines vers les canaux

10. Foie et circulation biliaire

★ À maîtriser

  • Le foie synthétise et sécrète la bile, les protéines plasmatiques, la transferrine, les facteurs de coagulation et l’angiotensinogène, participe au métabolisme du glucose et de l’azote, et détoxifie notamment les médicaments et l’alcool.

  • La veine porte apporte au foie un sang riche en nutriments issu du tube digestif, tandis que l’artère hépatique apporte un sang oxygéné à rôle nutritif.

  • Dans le lobule hépatique, le sang circule de la périphérie vers la veine centro-lobulaire, alors que la bile circule des hépatocytes vers les espaces portes et les canaux biliaires.

  • La vésicule biliaire stocke la bile entre les repas et se vide pendant les phases prandiales et postprandiales sous l’action de la CCK.

  • Le foie produit en moyenne 500 à 600 ml de bile par jour, composée principalement d’eau et contenant notamment des sels biliaires, des phospholipides, du cholestérol, de la bilirubine, des protéines et des ions bicarbonate.

  • Les sels biliaires synthétisés à partir du cholestérol sont libérés dans la bile, atteignent le duodénum, sont réabsorbés par la paroi intestinale vers la veine porte puis recyclés par le foie ; une petite partie est éliminée dans les selles après transformation bactérienne dans le côlon.

Compléments

  • La veine porte assure 90 à 95 % de l’apport sanguin hépatique, tandis que l’artère hépatique en assure 20 à 30 % selon les valeurs indiquées dans le cours.

  • Les espaces portes contiennent des branches de l’artère hépatique et de la veine porte ainsi que des canaux biliaires.

  • Les cellules de Kupffer sont des macrophages des capillaires sinusoïdes qui nettoient le sang provenant du tube digestif et exercent une fonction immunitaire.

Astuce mémo

Le sang converge vers le centre du lobule, la bile part vers sa périphérie

11. Jéjunum, iléon et digestion

Notions clés & Définitions

  • Digestion : Ensemble des phénomènes chimiques et mécaniques qui transforme les molécules complexes en nutriments simples, non hydrolysables et absorbables par l’organisme.

★ À maîtriser

  • La valvule de Bauhin relie l’iléon au côlon et assure le passage unidirectionnel du contenu digestif en limitant son reflux.

  • Les plis circulaires, les villosités intestinales et les microvillosités augmentent la surface d’échange de l’intestin grêle.

📌 La segmentation mélange le contenu intestinal avec les sécrétions par des contractions localisées, tandis que le péristaltisme propulse le contenu de façon unidirectionnelle vers le côlon.

  • Les enzymes de la bordure en brosse poursuivent la digestion dans le jéjunum et l’iléon : les peptidases agissent sur les peptides, les disaccharidases libèrent des oses, les lipases digèrent les lipides et les nucléosidases interviennent sur les acides nucléiques.

  • Le suc intestinal contient du mucus, de l’eau et des électrolytes, a un pH légèrement alcalin d’environ 8 et ne contient pas d’enzymes digestives, lesquelles proviennent de la bordure en brosse.

Compléments

  • Les cellules M, présentes principalement dans l’iléon, présentent des antigènes aux macrophages, tandis que les plaques de Peyer contribuent à intercepter les antigènes et les microorganismes.

Astuce mémo

Trois étages de replis — plis, villosités, microvillosités — agrandissent la surface d’échange

12. Absorption des nutriments

Notions clés & Définitions

  • Absorption : Mécanisme qui permet aux nutriments de traverser la muqueuse intestinale vers le compartiment sanguin ou lymphatique selon le nutriment.

★ À maîtriser

  • Le fructose entre dans l’entérocyte par le transporteur apical GLUT 5 et en sort par le transporteur basolatéral GLUT 2, tous deux par diffusion facilitée.

  • Les acides gras à chaîne courte et moyenne rejoignent la voie sanguine, tandis que les acides gras à chaîne longue et les monoglycérides sont réassemblés en triglycérides dans le réticulum endoplasmique lisse, associés au cholestérol et aux protéines en chylomicrons, puis absorbés par voie lymphatique.

  • Le fer est absorbé principalement dans le duodénum et la première partie du jéjunum ; le fer d’origine animale est héminique et celui d’origine végétale est non héminique.

Compléments

  • L’eau est absorbée principalement par voie paracellulaire par diffusion, selon les gradients hydrostatiques et osmotiques, et peut se déplacer dans les deux sens.

  • L’absorption des dipeptides et des acides aminés utilise des transporteurs membranaires, notamment sodium-dépendants ou liés aux ions H+, puis ces nutriments rejoignent le sang.

  • Le sodium est absorbé principalement par voie transcellulaire et sert de moteur à certains cotransports, notamment SGLT1 ; ses mouvements contribuent aussi à l’absorption de l’eau par osmose.

  • Le calcium traverse la membrane apicale par un canal, est acheminé dans l’entérocyte par la protéine CaBP, puis rejoint le milieu intérieur par transport membranaire actif ou par antiport couplé à l’entrée du sodium.

  • La vitamine D active stimule la synthèse des transporteurs du calcium et de la protéine CaBP, tandis que la parathormone contribue indirectement à l’absorption en activant la vitamine D.

Astuce mémo

Les nutriments solubles rejoignent le sang, les chylomicrons la lymphe

13. Absorption des minéraux et vitamines

★ À maîtriser

  • Le calcium est absorbé par voie paracellulaire en suivant le gradient osmotique, ou par voie transcellulaire après passage apical par diffusion facilitée, liaison à la CaBP et acheminement vers le pôle basal.

📌 Au pôle basal, le calcium rejoint le milieu intérieur par transport actif primaire utilisant l’ATP ou par antiport actif secondaire couplé à l’entrée du sodium, dont le gradient est maintenu par la pompe Na/K.

  • La vitamine D active, ou calcitriol, stimule la synthèse des transporteurs du calcium et de la CaBP, tandis que la parathormone participe à l’activation de la vitamine D.

📌 Le fer héminique d’origine animale est absorbé sous forme de complexe hème-fer reconnu par des récepteurs et endocyté, tandis que le fer non héminique d’origine végétale est absorbé après conversion du Fe3+ en Fe2+ et par un transport dépendant de H+.

  • La vitamine B12 se lie au facteur intrinsèque dans l’estomac, le complexe est transporté jusqu’à l’iléon terminal où il est reconnu par des récepteurs spécifiques, puis la vitamine libérée rejoint le sang et se fixe à la transcobalamine.

  • Les sels biliaires libérés dans le duodénum stabilisent les micelles, sont réabsorbés dans l’iléon et le côlon, puis reviennent au foie par la veine porte pour être réutilisés ; ce cycle peut se répéter une dizaine de fois avant qu’une fraction soit éliminée dans les selles.

Compléments

  • La vitamine C et l’acide chlorhydrique gastrique favorisent la conversion du fer ferrique Fe3+, difficilement absorbable, en fer ferreux Fe2+.

  • Dans l’entérocyte, le fer peut être stocké avec la ferritine ou rejoindre le sang, où la transferrine le transporte notamment vers le foie.

📌 Les composés chélateurs du contenu intestinal fixent le fer ou le calcium et empêchent leur absorption intestinale.

  • Les vitamines liposolubles A, D, E et K sont absorbées après hydrolyse de leurs esters dans la lumière digestive, puis ré-estérifiées dans la cellule et incorporées au cœur hydrophobe des chylomicrons pour être acheminées vers le foie.

14. Anatomie et histologie du côlon

Notions clés & Définitions

  • Côlon : Portion terminale du tube digestif, qui s’étend de la valvule iléo-caecale jusqu’à l’anus.

★ À maîtriser

  • Les segments du côlon sont :
    • le caecum
    • le côlon ascendant
    • le côlon transverse
    • le côlon descendant
    • le côlon sigmoïde
    • le rectum

📌 Le sphincter anal interne est lisse et involontaire, tandis que le sphincter anal externe est strié et volontaire.

  • L’artère mésentérique supérieure vascularise le caecum, le côlon ascendant et les deux tiers du côlon transverse, tandis que l’artère mésentérique inférieure vascularise le côlon descendant, le sigmoïde et le rectum.

📌 La muqueuse colique ne présente ni valvules conniventes ni villosités, mais conserve des entérocytes à bordure en brosse moins développée, des cellules caliciformes et des glandes de Lieberkühn moins profondes.

Compléments

  • Le caecum est un segment en cul-de-sac situé dans la fosse iliaque droite ; il communique avec l’intestin grêle par la valvule de Bauhin et porte l’appendice vermiforme.

  • Le côlon ascendant atteint l’hypocondre droit et forme l’angle hépatique avec le côlon transverse, tandis que l’angle splénique relie le côlon transverse au côlon descendant.

  • Les veines mésentériques supérieure et inférieure convergent vers la veine porte, tandis que le réseau veineux de la portion terminale à partir du rectum se draine vers la veine cave inférieure.

  • Les cellules caliciformes du côlon sécrètent un mucus qui lubrifie et hydrate les selles.

  • Le côlon possède trois bandes longitudinales musculaires, deux postérieures et une antérieure, et sa couche circulaire forme les haustrations.

Astuce mémo

Caecum → ascendant → transverse → descendant → sigmoïde → rectum

15. Fonctions et motricité coliques

★ À maîtriser

  • Le côlon absorbe l’eau et les électrolytes, entrepose son contenu et participe à la formation des selles.

  • La réabsorption finale de l’eau se déroule essentiellement dans le côlon ascendant et le côlon transverse, le côlon ascendant ayant une forte capacité d’absorption.

  • Dans le côlon droit, la réabsorption active du Na+ entraîne l’eau par osmose, tandis que des ions HCO3− sont sécrétés dans la lumière et alcalinisent le contenu colique.

📌 Dans le côlon droit, les contractions amples brassent le contenu et favorisent l’absorption d’eau, tandis que dans le côlon gauche, les contractions plus lentes ralentissent la progression et favorisent le stockage et le mélange avec le mucus.

Compléments

  • Avant l’arrivée du contenu intestinal dans le côlon, 70 à 80 % de l’eau a déjà été absorbée dans l’intestin grêle.

  • La réabsorption colique est régulée par des voies nerveuses et par l’aldostérone, qui stimule la réabsorption du Na+.

  • Les mouvements de segmentation divisent le contenu colique et participent au brassage ainsi qu’au moulage des selles.

Astuce mémo

À droite, brassage et absorption ; à gauche, ralentissement et stockage

16. Microbiote et défécation

★ À maîtriser

  • La flore de fermentation utilise les résidus glucidiques, dont la cellulose, pour produire des acides gras à chaîne courte, du CO2 et de l’hydrogène ; ses bactéries possèdent une bêta-glucosidase qui clive les liaisons bêta-1,4 de la cellulose.

  • La flore de putréfaction dégrade les acides aminés présents dans le contenu colique et produit notamment de l’ammoniaque et de l’hydrogène sulfuré.

  • L’arrivée des selles distend le rectum, active les plexus et la musculeuse, puis déclenche un réflexe qui renforce la progression des selles depuis le côlon sigmoïde et relâche le sphincter anal interne.

📌 La défécation volontaire exige le relâchement du sphincter anal externe strié ; si celui-ci reste contracté, l’émission est retardée et l’intensité des ondes péristaltiques diminue.

Compléments

  • Le microbiote colique comprend de nombreuses bactéries anaérobies, parmi lesquelles le cours indique aussi la présence de bactéries pathogènes.

  • La défécation est facilitée par une inspiration, la fermeture de la glotte et la contraction du diaphragme et des muscles abdominaux, qui augmentent la pression abdominale.

📌 Le report répété de la défécation prolonge la réabsorption d’eau, rend les selles plus solides et les rend plus difficiles à expulser.

Astuce mémo

Fermentation des glucides ; putréfaction des acides aminés

17. Digestion expérimentale de la pepsine

Notions clés & Définitions

  • Pepsine : Enzyme protéolytique dont l’activité maximale observée correspond aux conditions gastriques testées, notamment un pH de 2 et une température de 37,5 °C.

★ À maîtriser

  • Dans les expériences sur le blanc d’œuf, la pepsine le digère à pH 2 mais reste inefficace à pH 7 et à pH 10.

  • À 37,5 °C, la pepsine présente une activité maximale dans les conditions testées, tandis qu’à 0 °C et à 100 °C les flocons de blanc d’œuf restent en suspension.

Compléments

  • Après une incubation à 0 °C, le retour du tube à 37,5 °C permet à la pepsine de digérer le blanc d’œuf.

Astuce mémo

Pepsine active à pH 2 et 37,5 °C, inactive à pH neutre ou basique

18. Composition et chasse biliaire

★ À maîtriser

📌 La bile hépatique contient davantage d’eau et de sels minéraux que la bile vésiculaire, tandis que la bile vésiculaire est davantage concentrée en bilirubine, sels biliaires, cholestérol et lécithines ; le mucus y est également enrichi.

  • Dans la vésicule biliaire, la réabsorption de sels puis d’eau concentre la bile, tandis que la sécrétion de mucus par la paroi contribue à sa lubrification et à la protection contre l’irritation.

📌 La chasse biliaire est régulée par l’étirement de la vésicule, qui déclenche une contraction réflexe, et par la CCK sécrétée lors de l’arrivée dans le duodénum d’un chyme riche en lipides et en acides aminés.

Compléments

  • Pendant le remplissage de la vésicule biliaire, la distension de sa paroi écarte les cellules épithéliales et crée des espaces intercellulaires favorisant le passage paracellulaire de l’eau par osmose vers le milieu intérieur.

Astuce mémo

Réabsorption de sels et d’eau → bile concentrée ; CCK → contraction vésiculaire

Tableaux de synthèse

Comparaison des fl ores coliques

FloreSubstratsProduits principaux
FermentationRésidus glucidiques, dont celluloseAcides gras à chaîne courte, CO2 et hydrogène
PutréfactionAcides aminésAmmoniaque et hydrogène sulfuré

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1. Quel trajet décrit l’étendue du tube digestif musculo-membraneux et les principaux segments qui le composent ?

2. Après l’ingestion d’un repas, quelles fonctions d’ensemble le système digestif remplit-il ?

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Entre quels organes s’étend le tube digestif musculo-membraneux ?

De la cavité buccale à l’anus.

Quels organes composent le tube digestif musculo-membraneux ?

Le pharynx, l’œsophage, l’estomac, l’intestin grêle, le côlon et le rectum.

Quelles fonctions le système digestif assure-t-il ?

L’ingestion, la digestion, l’absorption des nutriments et l’élimination des déchets sous forme de selles.

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